P.S. Je ne suis pas César, je tiens donc à souligner que tout ce qui appartient J. K. Rowling lui appartient, le prénom de Nagini ne m'appartient pas, évidemment, mais le reste de sa personne, si. Le scénario de cette histoire provient de ma propre tête, mais j'ai sûrement dû m'inspirer des autres histoires pour en avoir l'idée.
CHAPITRE 23 : La maltraitance réduit les capacités d'adaptation
Nous étions rentrer par un le moyen d'un étrange autobus qui me fit amèrement regretter le transplanage. Sentant mon repas remonter, j'avais refusé de discuter à qui que ce soit avant d'être de retour sur la terre ferme et que ma tête cesse de tourner. Tom n'ayant pas particulièrement envi d'être des plus social à ce moment où il devrait rencontrer sa nouvelle famille, ne pipait pas plus de mots que moi. Sophie dut faire comprendre à ses fils que Tom et moi n'étions pas en état d'être d'un grand divertissement et de nous laisser tranquille. Ils étaient déçus, évidemment, mais puisque leur mère le leur disait, ils ne doutaient pas d'elle une seconde et commencèrent plutôt à discuter énergiquement entre eux.
Nous arrivâmes à la maison des Harrison pour l'heure du souper. Tom m'aida à descendre du bus et refusa ensuite de me rendre ma main. Satisfaite, je le laissai faire, et puis… j'étais encore méchamment étourdie, alors garder mes appuies sur lui n'était pas une mauvaise idée.
– Comment vont-ils?, demanda Samuel à sa mère.
– Nous sommes arrivés, tu n'as qu'à leur demander toi-même.
Les deux frères se consultèrent du regard et coururent jusqu'à la maison.
– Je ne comprends pas toute leur énergie, confiai-je à mon ami.
– Moi non plus, mais nous pouvons supposer qu'ils se connaîssent bien, eux et ma nouvelle famille. Tu ressemblais à ça quand tu venais de me retrouver.
– Pas comme ça, répondis-je dédaigneusement. J'étais heureuse mais je ne ressemblais pas à une puce bourrée de café…
Puis vint à moi la mauvaise humeur enfantine et maladive que j'avais eue avant son arrivée. Je refusai de lui en faire part et il refusa de commenter mon précédent commentaire. Enfin, c'est ce que je cru avant que l'un de ses sourires machiavéliques ne couvre son visage :
– Plutôt à une puce en manque de café.
Je détournai la tête pour le bouder mais gardai sa main dans la mienne. Juste derrière nous se trouvait Sophie qui s'amusait de notre interaction. La porte de la maison avait été laissée grande ouverte derrière les garçons et nous hésitâmes à rentrer. D'une légère pression sous nos omoplates, Sophie nous amena à l'intérieur. Si la maison dans laquelle je vivais était coquette et lumineuse, celle dans laquelle Tom vivrait était intime et chaleureuse. La fillette de un an, la suce au bec, nous regardait debout sur ses deux pattes chancelantes.
– Si je ne me trompe pas, expliquai-je à Tom, elle s'appelle Célia.
Il serra ma main, Tom n'était pas particulièrement à l'aise avec les enfants, ne serait-ce parce qu'il n'avait pas l'habitude qu'ils puissent cohabiter en harmonie. Généralement, il évitait les plus jeunes à l'orphelinat. Lorsqu'une fois j'avais réussi à le convaincre de m'aider à prendre soin des plus jeunes, il avait fini par me tendre le bébé qu'il tentait de nourrir au biberon, incapable de calmer ses pleurs. J'avais tenter de lui faire comprendre que ça n'avait rien à voir avec lui, mais il n'avait manifestement pas du tout aimé son expérience, et refusait de me croire. L'enfant tendit les bras vers nous et ouvrit et ferma à quelques reprises ses menottes. Je lâchai Tom et m'empressai de la rejoindre avant que ses mouvements la déstabilisent au point de la faire tomber.
– Bonjour, lui chantonnai-je. Tu n'es pas encore au lit?
– Ne m'en parle pas, soupira sa mère qui venait tout juste de rentrer dans le salon où nous nous trouvions. Elle a dû sentir que quelque chose allait se passer car elle a refusé de fermer l'œil de tout l'après-midi. Tu dois être Tom, je suis enchantée, je m'appelle Margaux et je te souhaite la bienvenue dans la famille Harrison. Mon mari ne devrait pas tarder, il a deux boulets aux pieds qui le ralentissent.
Tom haussa les épaules, bougon.
– On t'a présenté Célia?
– Oui. Enchanté moi aussi.
Elle lui sourit alors qu'au même moment arrivait son mari traînant avec ses pieds les deux fils de Sophie fermement accrochés à ses jambes.
– Enchanté, je m'appelle Charles, se présenta l'homme en tendant la main que Tom saisit avec professionnalisme.
– Tout le plaisir est pour moi.
Je serrai la main de Tom pour m'empêcher de grimacer au ton qu'il avait décidé de prendre.
– Vous pouvez vous diriger vers la cuisine, le repas est presque prêt, nous invita sa nouvelle maman. Chéri, peux-tu remettre Célia dans son parc?
Incapable de se débarrasser des deux monstres à ses pieds, Charles dû transporter le poids de trois personnes en plus du sien. Sophie alla prendre la malle de Tom pour la porter dans sa chambre. Nous nous assîmes à table et je ne pus ignorer plus longtemps la rigidité de Tom, il était à fleur de peau et très peu réceptif. Je n'avais pas dû être dans de bien meilleur disposition moi-même, il y a quelques semaines, et je dois admettre que je me braquais contre les frères, mais j'étais triste pour Tom. C'était sa première famille, durant toutes ces années, personnes n'avaient voulu de lui, et voilà que tout d'un coup, une famille lui ouvrait grands ses portes?... Nous en sentions un certain scepticisme, disons. J'avais le don d'être aimée mais Tom… je ne parle pas d'à l'école, bien sûr, il était adoré, à l'école mais… enfin, j'espérais que ça ne tourne pas comme à l'orphelinat… et à la vue de son manque de réception… ça s'engageait mal.
Et c'est là que je me découvris loquace… non, pire, j'étais un torrent de mots effrénés. Je lui contai tous ce que j'avais découvert, appris, ce que je continuais à me demander comme question, ce que je comptais lire, approfondir, découvrir. Je le couvris de mots pour qu'il cesse de penser à où nous étions, à quel point tout cela nous était étrange, à quel point nous avions peur, à quel point nous espérions que… quelque part, nous avions le droit de leur faire confiance, qu'il y avait des personnes sur cette Terre qui… pouvait nous aimer, prendre soin de nous. Je parlais parce que laisser quelqu'un nous aimer est terrifiant, parce que c'est tellement dangereux. Je parlais parce que j'avais peur pour nous deux, parce que en parlant avec lui, nous pouvions les oublier. Au début, il était peu réceptif à mon monologue, nous n'avions pas l'habitude de parler durant un temps si long, mais s'y adapta relativement vite, préférant sans doute cela au reste, et commença à se détendre et à interagir avec moi. Je le divertie à un tel point que ça en était impoli, nous n'adressions la parole à personne d'autre et nous les ignorions délibérément, mais je crois que ce que nous faisions était pour le mieux quand même, parce que, mine de rien, nous ne pouvions pas vraiment les oublier, nous profitions donc d'être sur une autre planète pour les étudier.
Henri arriva pour le dessert et s'excusa de son retard, tendit que Tom se levait.
– Oh, vous devez être Tom, enchanté.
– Enchanté, monsieur, répondit Tom en lui tendant la main. Je voulais vous remercier vous et votre femme d'avoir bien voulu prendre soin de Nagini.
– C'est avec plaisir que nous l'accueillons chez nous. Ton amie est un ange et elle est vive d'esprit.
– Je sais… malgré tout, me taquina-t-il.
– Tom!, me plaignis-je à moitié.
– C'est vrai, tu n'apprends pas vite sur tous les plans, s'amusa-t-il.
– Toi non plus, lui rappelai-je.
Antony se pencha vers son frère et chuchota à voix haute :
– C'est ce que l'on appelle l'amour vache, rigola-t-il.
Et il se coltina deux regards furibonds qui semblèrent le doucher un peu.
– C'était une plaisanterie.
– Plansanterie provient du mot plaisant, ce qui n'était pas le cas, répondit du tac-o-tac Tom en se rassoyant pour bouder.
Je levai les yeux au ciel et me rassit. Je fis signe à ma… à Sophie de ne pas s'inquiéter : Tom et moi avions des piques verbales assez souvent, il suffisait de ne pas insister lorsque nous en vivions une. J'en déduisais que ce n'était pas l'arrêt de mort de l'adaptation de Tom à son nouvel environnement. Au bout d'un moment, je me remis à parler de tout et de rien et Tom embarqua rapidement dans ma conversation qui, je crois, le soulageait vraiment, rendu-là.
