25 Severus reste à Poudlard.
Snape porta sa potion à la fillette malade et revint à Poudlard deux heures plus tard. L'enfant réagissait bien au remède qu'il avait concocté et d'ici deux jours elle pourrait s'en passer, déjà Lilas-Belle allait beaucoup mieux. Il n'avait pas mis Harry au courant de l'état de la fillette, il n'était pas prêt de le voir revenir près d'eux, peut-être qu'il avait tort d'agir ainsi mais pas question qu'il les approche, que cela soit Lilas-Belle, Lucius ou lui.
Harry comme à ses habitudes corrigeait des copies consciencieusement dans son bureau, il avait éradiqué le mot « Sortie » de son vocabulaire. Parfois il allait à Pré-au-Lard mais juste pour acheter du matériel ou parce que Draco ou Ron, ou encore Scott le sortaient de force pour lui faire prendre l'air, disaient-ils le plus souvent pour le motiver.
Difficile de dire non à ces entêtés quand ils avaient décidé de le dérider. Pourtant malgré ça les autres voyaient bien que Harry n'allait pas bien, en fait tous le voyaient, même Severus en eut conscience quand peu à peu il le vit s'enfermer délibérément dans ses quartiers quand ses cours étaient finis.
Trois semaines plus tard, une après-midi, le survivant plus meurtri que jamais, accompagné de Draco qui ne voulait pas le laisser seul, croisa malheureusement Lucius et Severus dans un couloir. Aucun des deux hommes ne lança un regard vers lui ni même une parole, ils saluèrent le blond et firent comme si Harry n'existait pas, comme s'il était transparent. Draco avait failli hurler de colère après son père et son parrain mais Harry l'avait apaisé en posant sa main sur son bras, fatigué et vidé.
-Ils ne sont pas responsables, Dray, ne t'en prends pas à eux, je suis le seul coupable dans cette affaire, bredouilla le jeune homme au regard triste et éteint.
-Harry ! S'indigna le blond. Ça ne peut plus durer ainsi, il faut qu'ils sachent ce que tu as …pourquoi ne pas leur dire dans quel enfer tu vis ?
-Si c'est ce qu'ils veulent, m'ignorer, pourquoi pas, après tout c'est leur droit, l'interrompit le brun. Et je t'interdis de leur dire quoi que ce soit, tu as promis, hein ?
La discussion s'arrêta là, le Serpentard n'ayant pas trouvé les mots justes pour répondre à ça. Il savait que Harry avait des torts, mais Merlin il n'était pas responsable de tout non plus !
Le professeur de Magie Avancée posa sa cape sur le fauteuil après que Draco soit parti avec regret. Il s'affala sur celui-ci devant la cheminée ou un petit feu grignotait le reste d'une bûche, et laissa ses bras retomber de chaque côté des accoudoirs avant d'étendre ses jambes sur la table basse.
Il est des choses que son père et Severus devaient savoir, gronda Draco tout bas en refermant la porte des quartiers de Harry. Surtout son père d'ailleurs, mais à chaque fois qu'il abordait le problème, Lucius ne voulait pas l'écouter, il était trop en colère et déçu par Harry, il fallait attendre qu'il soit prêt pour ça.
Et justement Draco pensa que son père l'était, prêt, c'est pourquoi il se rendit chez Remus pour l'avertir qu'il devait se rendre ce soir au manoir Malfoy en trouvant un prétexte quelconque pour ne pas affoler son loup chéri.
La nuit tomba sur l'école, l'heure du repas était passée et pourtant le Gryffondor n'avait pas bougé de place devant sa cheminée. On aurait pu penser qu'il réfléchissait, mais même pas. Il avait fait le vide dans son esprit, ses yeux fixaient l'âtre sans même le voir. Il rigola en pensant que Snape, tout bon légilimens qu'il soit aurait été bien en peine ce soir de percer ses défenses et ses secrets.
Draco regarda son amour qui avait le nez plongé sur ses parchemins, voilà bien cinq minutes qu'il le contemplait, il était si beau avec son air consciencieux, son amant, pensa le jeune Serpentard. L'homme sentit enfin un regard sur lui, il releva la tête de son travail et sourit, heureux.
-Je venais t'avertir que je devais me rendre au manoir, mon père m'y attend, dit le blond en enfilant sa cape qu'il attacha avec sa broche en argent. Une affaire de papiers, ne t'inquiète pas.
-Veux-tu que je t'accompagne ?
-Non, tu as déjà assez de travail comme ça, et puis je ne serai pas long.
L'homme reposa sa plume, se leva de sa chaise et enlaça son compagnon qui l'étreignit à son tour.
-Fais-vite, murmura le lycan.
-Je serai là dès que possible, je te rejoindrai directement ici, pouffa Draco de sentir l'impatience de Remus qui n'aimait pas le savoir loin de lui.
L'homme l'embrassa puis le lâcha avec regrets. Il regarda son ange blond partir puis il reprit ses corrections, résigné. Draco lui manquait déjà.
-Père, salua Draco en entrant dans le salon où Lucius Malfoy fumait un fin cigare qui parfumait la pièce.
-Draco ! Je n'attendais pas ta visite, s'étonna l'aristocrate.
-Elle n'était pas prévue, si je suis venu ce soir c'est pour que nous ayons une conversation importante….. pour ne pas dire capitale.
-Si le sujet est Harry alors inutile d'aller plus loin, je ne veux rien entendre, fils.
-Pourtant vous allez le faire, insista Draco.
-Et au nom de quoi, je te prie ? Se raidit Lucius.
-De la survie de Harry…
-Survie ! Laisse-moi rire, ce Gryffondor se sort de toutes les situations, je ne crois pas qu'il soit….
-Asseyez-vous, père, et pour une fois dans votre vie écoutez-moi !
L'aristocrate obéit, surpris par la colère de son fils qui ne lui avait jamais parlé sur ce ton.
-Il a essayé de mettre fin à ses jours par deux fois, s'énerva Draco, et je crains que la troisième ne soit la bonne. Il n'est plus temps de faire semblant et de fermer les yeux devant sa détresse évidente. Je ne peux pas l'aider seul.
-Comment ?
-Il a tenté de se suicider par deux fois, répéta le fils de Lucius.
-Pourquoi n'en ai-je rien su avant ? Lui reprocha l'homme en jetant son cigare dans la cheminée d'un geste rageur.
-J'ai fait un serment avec lui, il m'a fait jurer de ne jamais rien dire…
-Tandis que maintenant tu le peux ? Le coupa Lucius.
-Tant pis pour ça, j'en suis délivré maintenant puisque vous êtes revenu, j'avais juré de garder le secret tant que vous seriez partis, Severus et vous. Mais ça Harry l'ignore.
-Pourquoi ne pas me l'avoir dit avant ? Lui reprocha l'aristocrate d'une voix acerbe.
-Vous ne vouliez pas m'écouter, répondit Draco d'une voix toute aussi acide.
-Comment a-t-il….
-La première fois il s'est ouvert la gorge, Merlin merci je suis arrivé à temps. La deuxième fois il s'est lancé le Sectumsempra à pleine puissance, et vous connaissez sa magie ! Je vous laisse imaginer les dégâts. Pour un peu il y laissait sa vie si je n'étais pas arrivé à temps, j'ai mis plus d'une heure à le faire revenir à lui, j'ai bien cru que jamais je n'allais pas parvenir à le sortir de là.
-A-t-il recommencé depuis ?
-Non, mais je le sens prêt à recommencer, il faut l'en empêcher par tous les moyens car cette fois il ne se loupera pas.
-Où est-il en ce moment ?
-Dans ses quartiers, je viens de le quitter et je dois dire qu'il n'est pas au mieux de sa forme, pire que ces derniers mois.
-Ne sort-il plus le soir pour….
-Non, depuis la fin des vacances il reste cloîtré à Poudlard.
-Depuis plus de huit mois ? S'étonna l'homme blond.
Draco opina gravement.
Harry assis dans son fauteuil plongeait dramatiquement dans ses pensées encore et encore. Et si Lucius et Severus repartaient ? Et s'ils ne revenaient plus jamais ? Et s'ils l'oubliaient complètement ? Et s'il n'était vraiment rien pour eux ?
Il voulait en finir pour de bon, il voulait la paix éternelle et ne plus souffrir car sa vie sera une perpétuelle souffrance. Il ne se faisait aucune illusion sur ça maintenant.
Cette idée fut de trop pour Harry qui éclata en sanglots déchirants dans ses appartements. Des pleurs qui résonnèrent dans la pièce et qui firent secouer la tête de certains personnages de tableaux qui trouvaient bien triste que le sauveur du monde sorcier soit si malheureux et si seul depuis des mois.
Les cris de détresse furent entendus par un homme aux longs cheveux blonds qui était entré après avoir frappé plusieurs fois sans avoir entendu de réponse. L'homme resta sur le pas de la porte, surpris, puis il avança lentement, mortifié d'entendre la détresse du gamin, mortifié de voir les soubresauts du corps et le désespoir qui transparaissait dans des sanglots déroutants pour lui.
Ce pourrait-il que Draco ait raison et que Harry ait vraiment des remords ? Se demanda Lucius que son fils avait tanné ce soir pour qu'il l'entende enfin. Il l'avait même menacé, son propre fils, pour qu'il s'assoit et l'écoute en silence jusqu'à ce qu'il ait fini son histoire. Il l'avait écouté jusqu'au bout, pourtant il savait que Draco n'avait pas tout dit, et les non-dits devaient être infiniment plus sordides que ce qu'il avait bien voulu lui raconter.
Le plus jeune des Malfoy savait lui ce que Harry avait subi. Les autres aussi mais ils avaient semblé oublier.
Un reniflement plus fort que les autres le ramena au présent. Le Serpentard avait une urgente envie de ressortir des quartiers du survivant pourtant il se fit violence et pénétra plus avant dans la pièce plongée dans le noir.
-As-tu fini de te lamenter sur ton sort ? Dit-il d'une voix tranchante et froide en ranimant le feu qui éclaira un peu plus le salon de Harry et par là même sa silhouette écrasée dans le fauteuil.
Le jeune homme tressaillit et garda la tête baissée. Pas par peur mais plutôt par honte de ce qu'il avait été et de ce qu'il était encore, d'après lui.
-Je ne me lamente pas, chuchota-t-il au bout d'un certain temps qui parut très long à Lucius.
-Oh ! Et que fais-tu là alors ?
Harry frotta ses yeux rougis et douloureux, ne sachant quoi répondre au blond.
-Ne me raconte pas que tu as une poussière dans l'œil, je ne te croirais pas, ricana Lucius.
-Alors je ne le dirais pas, souffla le jeune homme qui sentit les larmes revenir en entendant le mépris dans la voix de l'homme.
-Cependant j'attends toujours une explication ! J'ai là devant moi une image d'un Harry Potter que je ne connais pas et j'avoue que cela me laisse perplexe.
-J'en suis désolé pour toi….
-Ce n'est pas pour moi que tu devrais être désolé mais plutôt pour toi.
-Qu'est-ce que tu fais ici ? Se résigna le jeune professeur qui gardait toujours la tête baissée.
-J'attends une réponse, Harry, dois-je tout répéter trente-six fois ?
-Quelle était la question déjà, excuse-moi, j'ai oublié.
-As-tu fini de te lamenter sur ton sort ? Voilà ma question.
-Je n'ai pas de réponse à te fournir puisque je n'en sais rien moi-même.
-Est-ce que tu veux que je te mette sur la voie ?
-Non, Lucius, s'il te plait arrête, gémit le jeune homme en se renfonçant dans le fauteuil.
Le Serpentard sortit sa baguette et fit tourner le siège de Harry vers lui.
-Voilà qui est mieux, clama l'homme en rangeant son morceau de bois dans son étui tout en toisant le Gryffondor qui tremblait en essuyant une larme peu discrète qui descendait sur sa joue blême.
-Severus…
-Severus ne sait pas que je suis ici, il me croit au manoir, c'est Draco qui est venu me parler de toi ce soir.
-Oh !
-Tu sais que Sev t'en veut énormément ?
-Je sais, répondit Harry en se sentant de plus en plus mal à l'aise.
-Pourquoi as-tu agi ainsi ?
-Je ne sais pas, j'étais irresponsable je crois bien.
-Non, Harry, et tu le sais parfaitement ! Tu as agi ainsi malgré toi, pour des raisons qui t'étaient propres et qui ont fait ton malheur. Je te l'ai dit, Draco est venu me parler ce soir.
Le Gryffondor releva la tête, étonné que Lucius ait réussi à percer son secret en sachant que Dray ne lui avait certainement pas tout dit, se rassura-t-il en pensant aux tentatives de suicides.
-C'était plus fort que moi, finit-il par répondre. Un besoin vital et…. obsédant qu'il me fallait assouvir quel qu'en soit le prix. Voir du monde, sortir, ne pas rester seul, ramener un étranger à chaque fois et me perdre en lui. Je….suis désolé, je ne pouvais pas m'arrêter C'était primordial pour ma survie mental, tu comprends !
-Maintenant oui. Pourtant nous étions là Severus et moi, pourquoi ne pas…
-Je…j'ai…c'est si difficile, Lucius. C'est…..
-Les mots ne veulent pas sortir, n'est-ce pas ?
-Ils m'étouffent, ils m'écrasent, je sens constamment leurs poids sur mon cœur et dans ma tête. C'est…je ne sais pas l'expliquer, tout est dans ma tête et ne veux pas en sortir. Ils me hantent, ces mots, elles me détruisent, ces images. Je me sens au bord du précipice sans que je ne puisse rien faire pour m'en écarter, tu comprends ? Le monde autour de moi était là pour me raccrocher à quelque chose de tangible mais en même temps futile, mais depuis des semaines je n'ai plus rien. Je pars, je le sais bien, je pars vers le néant et je ne peux rien n'y faire.
Lucius vit avec clarté la souffrance de Harry, un Harry perdu qui ne savait plus vers qui se tourner. Draco avait bien fait de venir lui parler aujourd'hui. L'homme se demanda comment il n'avait pas pu le voir bien avant, il avait bien soupçonné quelque chose, mais pas un tel désespoir, pas un tel abandon de soi, pas cette détresse que le garçon avait su si bien cacher. Voldemort avait brisé Harry de l'intérieur et les dégâts devaient être importants, peut-être même irréparables et irréversibles.
-Il faut que tu ailles voir un psychomage, Harry. Lui seul pourra t'aider à t'en sortir. Je me demande même pourquoi personne ne t'a proposé cette solution qui me paraît vital pour ta survie.
-Ils l'ont fait mais je n'ai pas voulu les écouter, pourtant j'y ai déjà réfléchi sérieusement mais je ne me suis jamais décidé et puis parler à quelqu'un me paraissait une chose insurmontable.
-Seule une personne compétente pourra réussir à faire sortir le pire de tes souvenirs et à te rendre comme avant, et ils ne sont pas tous des charlatans, il y en a de très bons dans le monde magique.
-Comme avant, ricana Harry démoralisé. Me rendre comme avant ! Mais qu'est-ce qu'ils en savent si j'étais heureux avant ?
-Tu ne l'étais pas ?
-Aucune importance, le passé est le passé, je dois m'occuper du présent pour l'instant.
-Tu serais vraiment prêt à essayer ?
-Oui, absolument.
-Très bien dans ce cas demain je t'accompagnerai chez un de mes amis, un psychomage de renom, très discret. Je pense que tu t'entendras bien avec lui, acceptes-tu de le rencontrer ?
-Si l'homme n'étale pas ma vie privée dans la Gazette alors oui, j'accepte de le rencontrer.
-Tiens-toi prêt demain à dix-sept heures trente, après la fin de tes cours je viendrai te chercher.
Le jeune homme hocha la tête puis son regard vide revint malgré lui vers la cheminée.
Lucius fit demi-tour et allait sortir de la pièce quand il entendit Harry se racler la gorge.
-Pourquoi ? chuchota le survivant.
-Pour Severus… simplement pour Severus.
-Je…..et toi ?
-Je ne sais pas encore, pour l'instant je pense à lui…..et à toi.
-Mais…..
-Il t'aime toujours et il souffre, je ne supporte plus de le voir ainsi alors j'agis pour lui. En ce qui me concerne ne m'en demande pas trop, pour l'instant je n'ai pas changé d'avis sur toi bien que tu aies des circonstances atténuantes.
Harry ferma les yeux et n'ajouta rien. Le Serpentard quant à lui sortit de la pièce et Harry retourna son fauteuil devant la cheminée qu'il raviva d'un geste de la main.
L'aristocrate traversa les couloirs et arriva dans le hall où son fils l'attendait.
-Alors ? Fut la demande soucieuse de Draco, comment a-t-il réagi ?
-Il a accepté, il n'a ni rechigné ni tenté de se soustraire à ma demande, et tu avais raison il est véritablement détérioré de l'intérieur, c'est un gâchis qui aurait pu peut-être s'éviter, enfin il est inutile de revenir en arrière. Pour l'instant profitons qu'il veuille vraiment en finir avec tout ça, qu'enfin ses tourments cessent de le briser et de le foutre en l'air.
-Voilà un pas de fait, père, peut-être maintenant va-t-il prendre conscience qu'on l'aide vraiment et que le mot amitié et amour n'est pas un vain mot.
-N'en parle à personne, pas la peine de donner de faux espoirs à Sirius, Remus et à Severus.
-Pas un mot, ma bouche restera cousue, maintenant excusez-moi mais je dois rejoindre Remus. Père…tenez-moi au courant pour demain, j'aimerai savoir…
-Je le ferai, bonsoir, fils, et à demain.
Lucius songea qu'il avait omis de dire à Harry que le rendez-vous avait été pris avant qu'il ne se rende chez lui. Il avait envoyez un parchemin à son ami, Pimpol Têtenbois, le meilleur psychomage de tous les temps. Celui-ci lui avait répondu aussitôt et lui avait demandé d'amener Harry le jour suivant pour se faire un premier avis sur le jeune homme.
Le Gryffondor passa le reste de la soirée et la nuit sur son fauteuil, pas le courage de se lever, pas envie de faire le moindre effort. Il était fatigué tant moralement que physiquement. Pourtant le matin il dut se forcer à se lever, à se doucher et à s'habiller. Quand il entra dans sa classe, après avoir une fois de plus évité la grande salle, il se reprit quelque peu et débuta ses cours avec les quatrièmes années qui restèrent assez calmes dans l'ensemble.
A treize heures Sirius passa le voir, râlant parce qu'il n'était pas venu manger avec eux.
-Je n'ai pas faim, Siri, rien ne passera aujourd'hui, s'excusa Harry au lieu de tempêter comme à son habitude, ce qui alarma l'animagus.
-Eh bien force-toi sinon Remus risque de foncer ici et de t'enfoncer la nourriture directement dans la gorge, ou ailleurs, on ne sait jamais avec lui.
-Il en serait bien capable, ricana le survivant, mais ce n'est pas ça qui me fera changer d'avis.
-Comme tu veux !
-Très gentil de te part, Sirius, ironisa Harry, de me laisser mon libre arbitre.
-Ne viens pas dire que je ne t'aurai pas prévenu ! Et puis ce n'est pas la peine d'être ironique, on croirait entendre Snivellus, qu'est-ce qu'il peut être de mauvais poil en ce moment celui-là !
-Peut-être parce que tu l'appelles encore comme ça.
-Hein ! Mais non, je ne le fais plus depuis qu'il est revenu, Lucius serait capable de me lancer un mauvais sort si je le faisais, tu sais comment il est ?
-Oui je sais, très protecteur, d'ailleurs c'est une chose que je n'aurai jamais imaginé venant de lui.
-Si tu avais pris le temps de les connaître, tu aurais appris plusieurs choses venant d'eux, répondit étourdiment le maraudeur.
-Inutile de me le rappeler, j'ai tout foiré, je ne le sais que trop.
-Excuse-moi, je n'aurai pas dû dire ça, désolé.
-Tu n'as pas à t'excuser, tu as raison, j'aurai dû être à leur écoute au lieu de juste profiter d'eux.
-Au moins tu le reconnais.
-Ouais, et ça m'avance à quoi, tu peux me le dire ?
-A commencer par voir clair en toi, Harry.
-Il y a un moment déjà où j'ai vu clair, tu peux me croire.
-Je m'en suis rendu compte, cela dit je trouve que tu n'es pas mieux pour autant, je dirai que c'est même pire qu'avant.
-J'essaie de m'en sortir mais ce n'est pas évident, ajouta Harry sans mentionner à son parrain que bientôt il allait bénéficier de l'aide précieuse d'un psychomage. Je te remercie d'être passé, tu diras à Remus que demain je viendrai déjeuner à table, promis.
-Je vais le lui dire, tu as intérêt à le faire, tu sais qu'il ne se déplacera pas pour rien, il te tirera par la peau des fesses jusqu'à table, ricana l'animagus en aboyant.
-J'ai de la chance de vous avoir, murmura le Gryffondor, merci d'être là, Siri.
-De rien, gamin, après tout c'est notre rôle de parents à Remus et à moi, et on prend notre tâche très à cœur.
-Oui, c'est vrai, vous ne m'avez pas lâché depuis des mois, même quand je vous ai envoyé bouler.
-On est comme des tiques, tu ne peux pas te débarrasser de nous facilement, sourit l'homme avant de repartir vers ses quartiers sans être tranquille pour autant en sachant que son filleul serait capable de faire une grosse bêtise.
^o^o^
Relu et corrigé par TiteNana. J'ai eu le temps ce matin de le poster, vous avez de la chance, lol.
