Bonne année ! Bonne santé et tout ce qui va avec ;)
Chapitre 25
Bilbo se redressa sur son lit, concentré sur un point imaginaire.
Il passa sa main sous son tee-shirt et caressa distraitement sa peau là où il avait été mordu par Thorin. Là où Kira affirmait qu'il avait été mordu à nouveau la nuit de la pleine lune. Nuit dont il n'avait aucun souvenir. Sa mémoire était floue avant son réveil chez Deaton. Plus ou moins quelques images. Les dos de Stiles et de Lydia. Une traînée de sang s'étalant sous son corps. Des yeux rouges. Une gorge ouverte. Arrachée. L'obscurité.
Il resserra brusquement sa main sur son flanc, se griffant jusqu'à se faire mal.
Il avait peur. Il était perdu. Il se sentait si seul… et il était conscient que quelque chose ne tournait pas rond avec lui. Qu'il était différent. Il avait bien compris qu'il n'était pas un loup-garou. Ça, ça n'était plus un secret pour personne. Ses sens ne s'étaient pas affinés, et il ne se sentait pas plus résistant. Au contraire, il était même plus effrayé qu'avant. La seule différence notable était son humeur. Il était tout le temps sur les nerfs, et toujours en colère.
Il secoua la tête et se leva. Il descendit mollement dans la cuisine où sa mère l'accueillit avec un sourire. Heureusement pour Bilbo, elle ne s'était rendue compte de rien.
- Du thé mon cœur ?
- Non, merci.
Son ton avait été un peu sec alors il se rattrapa en esquissant un petit sourire.
- Où est papa ?
- Dans le salon, répondit sa mère avec un signe de tête.
Bilbo tapota la table de la cuisine en fixant l'ex Mme Baggins, avant de sortir. Il y avait quelque chose d'étrange. Un calme inattendu régnait entre ses deux parents. Sa mère semblait moins irritée d'être de retour dans cette maison. Bilbo avait le sentiment que ses géniteurs s'étaient parlés en son absence. Peut-être même avait-il profité de la nuit qu'il avait passé chez Derek pour recoller quelques morceaux.
Du moins, c'était ce qu'au fond de son cœur, Bilbo espérait. L'idée que sa famille se reforme lui plaisait, et même si il ne devait pas trop espérer, ça ne faisait pas de mal. Il l'embrassa sur la joue en passant et traversa le couloir pour entrer dans le salon. Mr Baggins avait le nez plongé dans un livre, confortablement assis dans le canapé. Quand Bilbo s'avança, il délaissa sa lecture.
- Tu te sens comment aujourd'hui ? demanda-t-il d'une voix bienveillante.
Bilbo haussa les épaules.
- Papa, j'aimerais te demander quelque chose.
Mr Baggins marqua sa page puis ferma son livre. Bilbo s'approcha et s'assit à côté de son père. Il se tortilla les doigts en réfléchissant à ses mots.
- Je me demandais… est-ce que j'ai changé dernièrement ?
- Changé ? répéta Mr Baggins surprit. Pas que je sache. Tu as l'impression que tu es différent ?
- Pas qu'un peu…
Mr Baggins se redressa et passa un bras autour des épaules de son fils dans un geste réconfortant qui réchauffa le cœur de Bilbo.
- Depuis ton agression ?
Bilbo hocha la tête. Son père le sonda longuement avant de se rapprocher de lui.
- Mon garçon, commença-t-il à mi-voix, vérifiant que son ex-femme ne pouvait pas l'entendre, je vais me confier à toi si tu permets.
Bilbo ferma les yeux, déçu. Il n'était pas d'humeur à écouter son père. Il aurait préféré que ce dernier dise que non, tout paraissait normal. Mais pas qu'il entame un monologue. Se faisant violence, il prêta tout de même l'oreille aux paroles de son paternel.
- Tu sais que ta mère et moi, nous nous sommes rencontré à San Fransisco, au début de ma carrière. Et que très longtemps, j'ai refusé toute relation avec elle alors qu'elle me plaisait. Et tu sais pourquoi ? Parce que j'étais originaire de Beacon Hills.
Bilbo fronça les sourcils.
- J'ai longtemps pensé que pour la sécurité de mes proches, je ne devais pas trop les mêler à Beacon Hills. Notre ville n'est pas comme les autres Bilbo. Et tu l'as découvert à tes frais.
- T-tu savais ? s'horrifia Bilbo en s'écartant légèrement.
- Je sais que les pères paraissent idiots et d'un autre temps pour leurs enfants Bilbo, mais oui, quand il s'agit de Beacon Hills, je suis étonnement à jour dans l'actualité. Alors oui, quand j'ai vu la morsure et le sang noir sur mon fils, je peux te dire que j'ai très bien compris qu'un loup-garou t'avait mordu.
Là, Bilbo était soufflé. Il n'arrivait plus à aligner deux mots dans sa tête. Il ne pouvait s'empêcher de regarder son père avec des yeux de merlan. Mr Baggins lui tapota la nuque. Ce mouvement appaisa le remue ménage qui avait lieu dans la tête de Bilbo.
- Je sais que tu es différent maintenant, continua son père. Et je sais que c'est notre voisin, Thorin qui t'a mordu.
- Mais… tu n'as jamais réagi ! Tu ne lui en a même pas voulu.
- Si bien sûr, contra Mr Baggins avec colère. Mais il m'a semblé qu'il se flagellait suffisamment lui-même pour ne pas en rajouter une couche. À sa décharge, ton odeur devait être insupportablement alléchante.
- Pardon ? s'énerva Bilbo.
Mr Baggins le calma d'un simple geste de main et cela marcha plutôt bien.
- Je sais depuis toujours que dans ma famille certains ont une odeur qui attire les êtres surnaturels. Cela peut sauter plusieurs générations. C'est une odeur qu'on pourrait qualifier d'aimant.
Bilbo ferma les yeux et agita frénétiquement les mains devant lui pour faire taire son père.
- C'est trop là. Tu viens juste de me dire que tu étais au courant depuis toujours pour le surnaturel et tout ?
Mr Baggins hocha la tête.
- Pas moyen. Pour Scott aussi ?
Nouveau hochement de tête.
- Bilbo, il y a bien plus de gens au courant qu'on ne se l'imagine quand on débarque là-dedans. Tu pensais vraiment que ces gens surnaturels vivaient cachés sans que personne ne le sache ? Bien sûr qu'il y a une minorité au courant ! On nous appelle les Grimm.
Bilbo arqua un sourcil. Il leva les yeux au ciel et se passa les mains sur le visage.
- Et c'est quoi ça ? Des chasseurs ?
- Nous ne sommes pas des chasseurs. Pas des druides non plus. Nous sommes une sorte de… des gardiens du secret. Nous sommes moralement chargés de couvrir et dissimuler toute trace de l'existence du surnaturel. Les Grimm très connus dont nous tirons notre surnom ont transformés des faits réels en contes pour cacher la vérité. Combien d'événements surnaturels se sont produits et ont été étouffés au fil des siècles ? Combien de problèmes les loups par exemple, ont-ils créés ? Et combien ont été expliqués aux populations ignorantes ?
Bilbo hallucinait. Il avait l'impression de nager en plein délire. Étrangement, il savait qu'il pouvait prendre ces révélations plutôt bien. Il n'avait aucune raison de s'énerver. Tout semblait logique. Sauf que quelque chose au fond de lui le poussait à en vouloir à son père.
- Et tu pensais me le dire un jour ça ? siffla-t-il rageusement.
- Non, avoua Mr Baggins.
Bilbo fronça les sourcils et esquissa un mouvement de colère que son père stoppa.
- Quand ta mère est partie, quand elle t'a emmené loin de Beacon Hills ça m'a brisé le cœur mais je me suis fait à l'idée que c'était ce qu'il y avait de mieux pour toi. Tu n'avais pas à être mêlé à ça. Tu n'avais pas à être un Grimm. Tu pouvais échapper à tout ça.
- Sérieux je comprends pas ! hurla soudainement Bilbo. Tu attendais que ton couple se brise pour te décharger de ce mensonge ? Si j'étais plus là, plus besoin de rien dire c'est ça ?! C'est ce que tu attendais ?! Que maman se tire avec moi pour que ta vie soit moins stressante !?
- Bilbo… tenta Mr Baggins.
Mais son fils ne l'écouta pas. Il sortit en furie du salon, bousculant sans ménagement sa mère qui accourait au passage.
- Je m'en occupe, assura Mr Baggins en se levant vivement.
Les sens de Bilbo étaient brouillés par la colère. Il avait soudainement très mal au crâne et cela ne faisait que l'énerver d'avantage. Il se sentait trahis et minable dans le même temps. C'était pire que tout ce qu'il avait pu ressentir dernièrement. Il en avait marre.
Il quitta la maison et fila droit sur la villa des Durin. Il la contourna sans se poser de question. Violation de propriété privé ? Le propriétaire l'avait mordu à mort, c'était une raison suffisante à son goût pour entrer comme il voulait. Il se faufila par l'entrée de la terrasse et ne rencontrant personne, se glissa comme un voleur jusqu'à la chambre de Thorin.
Il entra en silence dans la pièce où le loup était seul, assoupit. Bilbo grogna en le voyant. Soudain, tout devenait sa faute. Il devait payer.
Les yeux de Bilbo rougeoyèrent et sans vraiment réfléchir, il se jeta violemment sur Thorin. L'anglais se réveilla sous le choc, et eut tout juste le temps de se protéger le visage.
Bilbo lui tomba lourdement dessus et tenta de l'étrangler. Thorin l'évita et parvint à lui saisir les poignets. Cela ne fit que mettre Bilbo hors de lui. Il ne réalisa pas que ses ongles s'allongeaient en griffes et que ses dents devenaient des crocs. Toutes ses pensées étaient bloquées sur Thorin et sur le meilleur moyen de lui faire du mal.
Thorin réussit tout de même à avoir de dessus et sans même se transformer, il immobilisa l'adolescent sous lui en plaquant ses poignets de part et d'autre de sa tête et un genou sur ses jambes.
La porte s'ouvrit brusquement derrière eux. Plusieurs loups entrèrent mais Thorin les arrêta d'un regard.
- Bilbo, grogna-t-il. Calme-toi. Calme-toi !
Il avait du mal à parler, son souffle était saccadé. Bilbo ne semblait pas l'entendre et cela l'irrita. Il fit rougeoyer ses yeux et appuya plus durement sur sa prise. Bilbo se crispa et finit par se calmer peu à peu. Thorin attendit que le jeune homme se soit totalement apaisé et ait repris totalement forme humaine avant de s'écarter.
- C'est bon les gars, assura Thorin à bout de souffle.
Les loups hésitèrent, jetant un regard noir à Bilbo.
- C'est bon, insista Thorin.
Les hommes hochèrent finalement la tête et sortirent. Bilbo s'assit en tailleur sur le lit, les sourcils froncés et les poings serrés sur ses chevilles. Il était toujours en colère, mais la voix de Thorin l'avait étrangement calmé.
- Tu me détestes ?
La question de l'anglais le fit sursauter. Bilbo n'osa pas le regarder et secoua la tête.
- Non pas vraiment. Mais si tu brûlais et que j'avais de l'eau, je pense que je la boirais.
Thorin éclata de rire.
- C'était pas censé être drôle, siffla Bilbo.
- Avoue que c'était pas mal.
Bilbo haussa les épaules. Thorin s'installa plus confortablement en grognant sous l'effort puis observa l'intrus.
- Que me vaut le plaisir de me faire agresser par toi ?
- J'ai besoin de me défouler, supposa Bilbo pas très sûr de lui.
- Charmant.
Bilbo haussa les épaules à nouveau. Il tapotait nerveusement ses pieds l'un contre l'autre maintenant.
- Sérieusement, Bilbo, qu'est ce qui se passe ? Je ne comprends rien avec toi.
- On est deux alors. Parce que depuis que tu m'as mordu tout merde chez moi. Et j'en ai franchement marre !
Il avait crié involontairement sa dernière phrase et se mordit rudement la lèvre en le réalisant. Thorin lui s'en moquait.
- Je t'ai mordu. Tu t'es transformé. Point. Passe à autre chose, ça t'aidera sûrement à te sentir mieux. Moi ce que j'aimerais comprendre c'est comment je dois me comporter avec toi. Un coup tu es mielleux, un coup tu veux me tuer. Je ne sais plus sur quel pied danser moi.
- Si je savais ce que je veux ça m'aiderais aussi, s'énerva Bilbo.
Un regard noir de Thorin le fit se ratatiner sur lui. Même en convalescence, l'anglais gardait ce regard et cette aura effrayante quai rappelait bien qu'il ne fallait pas le prendre pour un chiot sans défense.
- Tu as demandé à votre druide ? fit-il en calant un oreiller sous son dos.
- Non.
- Tu pourrais commencer par là.
- Je sais pas trop si j'ai envie de savoir. Je ne suis pas un loup hein…
- Je ne pense pas non. Tu n'es pas non plus mon bêta.
Bilbo releva lentement la tête.
- Donc basiquement… je suis un monstre.
- Hum… non. Un monstre, c'est ce en quoi se transforme une mère après qu'elle ait compté jusqu'à 3. Crois-moi, j'en ai fait l'expérience. Rien n'est plus monstrueux qu'une mère après un décompte infructueux.
La réponse de Thorin arracha un ricanement à Bilbo.
- Un être surnaturel n'est pas un monstre, continua Thorin. C'est juste quelqu'un de différent de la majorité des vivants.
Bilbo soupira.
- La différence entre ce que tu es et qui tu es réside dans ce que tu fais, conclut Thorin.
- Justement… j'aimerais savoir ce que j'ai fait la nuit de la pleine lune. Mais je n'arrive pas à me souvenir.
Bilbo serra rudement sa mâchoire jusqu'à avoir mal. Thorin s'approcha doucement, et très lentement, comme pour laisser le temps à Bilbo de s'échapper, il le prit contre lui.
- Quoi que tu sois, ça ne fait pas de toi un monstre, met toi bien ça en tête.
- J'ai peur…
- Je te prendrais pour un idiot si tu n'avais pas peur.
Bilbo esquissa un sourire. L'odeur de Thorin le détendit complètement. Sa colère s'estompa jusqu'à disparaître.
- J'ai dit des trucs idiots à mon père, murmura-t-il. Qu'il avait toujours attendu que maman le quitte et qu'on parte…
- Pourquoi tu as dit ça ?
- Il a dit que j'étais un Grimm comme lui. Ou un truc du genre.
Thorin redressa brusquement Bilbo.
- Ton père est un Grimm ?!
- Heu… il semblerait.
- OK, je me sens mal d'un coup…
- P-pourquoi ? s'inquiéta Bilbo. Ce n'est que mon père.
- C'est un Grimm. Ça signifie qu'il sait pour moi et ma meute. Pire. Je ne serais pas étonné si… non me dite pas que…
- Que quoi ? s'énerva Bilbo. Qu'est ce que tu viens de comprendre et que tu dis pas ?!
Des coups à la porte les interrompirent. Dwalin entra sans attendre de réponse.
- Il y a quelqu'un pour le petit, dit-il.
Bilbo allait lui répliquer quelque chose de peu agréable sur l'emploi du terme petit mais n'en fit rien. Le loup sortit de la pièce et une autre personne entra à son tour. Mr Baggins esquissa un sourire forcé. Thorin voulut sortir du lit mais une vive douleur l'arrêta. Mr Baggins se précipita vers lui et l'obligea à tenir le lit. Un médecin restait un médecin.
- Je sais que ça prête à confusion, mais vraiment, il n'y a rien entre moi et votre fils, assura Thorin.
Bilbo le regarda avec de grands yeux avant de comprendre pourquoi il disait ça. Il était dans ses bras, sur un lit aux draps en vrac. Mr Baggins eut un petit rire.
- Ce n'est rien, dit-il. Mon fils fait ce qu'il veut tant qu'il ne me fait pas part des détails.
Bilbo rougit violemment et cacha son visage tant bien que mal derrière ses mains. Son père venait vraiment de faire ce genre d'allusion ?
- Vous êtes venu le chercher, supposa Thorin.
- Oui. Et non.
Mr Baggins s'approcha du lit et s'assit près de la table de chevet.
- Je voudrais m'entretenir avec vous au sujet de ce que vous avez fait à mon fils.
Thorin grimaça – un truc ressemblant à un sourire gêné- et s'écarta sensiblement de Bilbo, ce qui ne plut pas trop au jeune homme.
- Vous l'avez mordu, dit Mr Baggins.
Thorin hocha gravement la tête.
- Est-il votre bêta ?
- C'est là que les choses se corsent, commença Thorin. Il semblerait que votre fils ne se soit pas transformé en loup.
- Je pensais bien que non, soupira Mr Baggins.
- Tu peux répéter ? siffla Bilbo. Tu savais ?!
- Si tu me permets de t'expliquer plus en détails ce que j'ai commencé à te dire tout à l'heure, tu comprendras tout.
Bilbo se renfrogna.
- Je t'ai dit que ton odeur attirait les êtres surnaturels. Le fait est que ceux qui portent une odeur aussi alléchante, comme toi, lorsqu'ils sont mordus, et qu'ils acceptent la morsure, prennent corps pour protéger leur ancre.
- Leur ancre ?
- Ils se transforment en créature la plus apte à protéger leur ancre, la personne qui leur permet de ne pas perdre les pédales.
- J'en ai entendu parler, murmura Thorin. Gandalf m'a parlé de ça après Gina…
- Ha oui Gandalf, répéta Mr Baggins avec un petit sourire amusé.
Thorin tiqua.
- Vous connaissez Gandalf ?
Mr Baggins ne répondit pas, se contentant de lui lancer un regard plein de mystère.
- On peut revenir à moi, s'il vous plaît ? implora Bilbo. J'angoisse à ne pas savoir ce que je suis !
- Qui est ton ancre ? demanda Mr Baggins.
- Lydia.
- Lydia Martin ? s'étonna Mr Baggins.
- C'est la banshee n'est-ce pas ? questionna Thorin.
Bilbo hocha la tête. Mr Baggins réfléchit un instant avant de pâlir violemment. Il se releva en se tapant nerveusement les poings l'un contre l'autre.
- Quoi ? s'inquiéta Bilbo. Papa, tu sais c'est ça ? Tu viens de comprendre ?
- J'ai besoin de le vérifier.
- Tu sais oui ou non !?
- Peut être… Je rentre vérifier ça. Préviens Scott, Bilbo. Et Deaton. Mieux vaut que tout le monde soit présent si c'est ce que je pense…
- Papa ! tenta Bilbo.
Mr Baggins l'ignora et partit plus vite que son ombre. Bilbo resta atterré aux côtés de Thorin.
- Il sait, murmura Bilbo.
- Apparemment…
Un silence suivit.
- Ouah, souffla finalement Thorin comme si il avait attendu un siècle pour lâcher ce soupir. C'est pas tous les jours qu'on rencontre un Grimm.
- Ha ouais ?
Bilbo ne voyait vraiment pas ce qu'il y avait d'extraordinaire avec son père ou avec les Grimm. C'étaient juste des gars au courant de tout, non ?
Thorin secoua la tête en se passant les mains dans les cheveux. Il se tourna ensuite vers Bilbo qui était sombre. Le jeune homme avait tiré son téléphone de sa poche et tapait rageusement ses messages à ses amis. Thorin posa une de ses mains sur son épaule. Aussitôt, Bilbo se détendit. Il rougit et se laissa aller contre l'anglais.
- En ce qui nous concerne… si jamais en fait j'étais une maman après le décompte jusqu'à 3… tu penses que ce serait quand même possible entre nous ?
Thorin sourit et posa son menton sur le crâne du plus jeune.
- La différence n'a jamais empêché un cœur d'aimer. Tu pourrais m'accepter après ce que je t'ai fait ?
- J'ai pas dit que ça allait être tout beau tout rose, avec des cœurs dans les nuages et des rayons de soleil à chaque coin de rue, rétorqua Bilbo. Je dis juste que j'ai envie de tenter avec toi. Et que si toi t'es d'accord…
Thorin le fit taire en relevant son menton. Bilbo sentit son cœur ralentir et ses joues chauffer. Thorin pressa ses lèvres contre celles de Bilbo. Puis il plongea son regard dans celui de l'adolescent.
- Je cherchais l'extra dans l'ordinaire. Avec toi ça me va de chercher l'ordinaire dans l'extra.
A nouveau, Bilbo rougit jusqu'aux oreilles.
X
Quand Mr Baggins revint un peu plus tard, les deux meutes avaient été réunies dans le salon des Durin. Thorin avait été transporté en chaise roulante, ce qui l'avait un peu contrarié. On aurait dit un blessé de guerre selon lui. Ce qu'il était, d'après sa sœur.
Bilbo se tenait rigide, aux côtés de Scott. Dire qu'il était nerveux était un bel euphémisme. Stiles et Malia était près de Lydia, alors que Kira et Liam était aux côtés de Deaton. Ce dernier regardait curieusement le médecin. C'était une étrange réunion.
Mr Baggins inspira un grand coup et s'avança vers le centre, là où tout le monde pouvait le voir.
- Je suis un Grimm, dit-il sans préambule. Pour ceux qui ne savent pas, un Grimm est un gardien du secret. Mon rôle dans votre monde, et par votre j'entends, monde surnaturel, est de vous garder caché aux yeux des humains.
- Vous l'avez toujours été ou c'est nouveau ? ne put s'empêcher de demander Stiles.
- Tu as toujours été sarcastique ou c'est nouveau ? répliqua Mr Baggins avec amusement.
Stiles haussa les épaules avec un petit rire qui lui était propre. L'atmosphère se détendit et quelques sourires se dessinèrent.
- J'ai été contacté par un vieil ami de ma famille il y a quelques mois pour superviser l'arrivé et la dissimulation de votre meute, expliqua Mr Baggins en se tournant vers Thorin.
- Vous êtes le contact de Gandalf… c'est vous qui avez préparé cet endroit pour nous…
Mr Baggins hocha la tête. Un murmure se répandit parmi les Durin. Thorin le fit cesser d'un geste.
- Et pour Bilbo ? demanda-t-il.
Mr Baggins inspira profondément. Ses yeux rencontrèrent ceux de son fils qui y lut comme un encouragement. Bilbo serra les dents, prêt à savoir.
- Lydia, commença Mr Baggins. Tu es l'ancre de Bilbo. Décris-moi ce que tu as vu de lui la nuit de la pleine lune.
Lydia déglutit péniblement, surprise d'être celle qui devait parler.
- Il était très stressé je crois. S-ses yeux étaient rouges. Ça je ne l'oublierais pas… Il y avait comme un halo autour et ils étaient plus sombres que ceux de Scott. Il n'y… Je ne me souviens pas d'autre chose de particulier.
Mr Baggins lui sourit et hocha la tête.
- Et cette nuit là, avez-vous vu un chien ? demanda-t-il plus généralement.
La question de Mr Baggins figea tout le monde. Les américains s'entre-regardèrent pas sûr de leur réponse. Finalement, ce fut Kira qui se reprit la première.
- Oui. Il a tué un des loups qui s'en prenait à Thorin. Et il l'a aussi mordu. Il a mordu Thorin, précisa-t-elle.
- Vous avez ensuite vu les mêmes morsures sur Bilbo, n'est-ce pas ? conclut Mr Baggins.
Tout le monde hocha la tête.
- Bilbo, reprit le médecin en s'adressant directement à son fils. Tu es un Black Shuck.
Le jeune homme resta interdit.
- Un quoi ?
- Un chien fantôme, répondit Deaton stupéfait, comme si il venait d'avoir une révélation.
Mr Baggins appuya le druide.
- Lydia est une banshee, expliqua-t-il. Elle est ton ancre. Quand tu as été mordu par Thorin, la première réaction de ton corps a été de rejeter la morsure. Mais le temps que Lydia a passé à ton chevet a changé la donne. La morsure a réveillé tes sens surnaturels qui comme je te l'ai dit peuvent sauter des générations dans notre famille. Autrement dit, tu aurais dû mourir de la morsure de Thorin. Mais la présence de Lydia a d'une façon incertaine, fait de toi une créature. Et tu as pris la seule forme capable de protéger une banshee. Ta banshee. Un Black Shuck.
- Attendez, intervint Fili. Ce qu'on a vu l'autre nuit. Le chien, c'était Bilbo ?
- Précisément.
- Ouah, mais t'es carrément flippant, souffla Liam.
Bilbo aurait voulu répondre, mais il n'avait ni les mots, ni les pensées pour.
- C'est quoi cette histoire de protection encore ? demanda Lydia.
- Le Black Shuck connaît plusieurs légendes, développa Deaton. Ce sont des chiens fantômes. Ils sont un présage de mort et apparaissent dans des carrefours. Ils sont les gardiens du monde souterrain d'où les effets négatifs et l'atmosphère qu'ils génèrent. La plupart des légendes en font des créatures malveillantes mais pas forcément directement dangereuses. Et si j'ai bien saisi, Bilbo est un Black Shuck qui a un lien direct avec une banshee. C'est une chose rare.
- Et ça change quelque chose ? s'inquiéta l'intéressé.
- Une légende moins connue dit que les banshees se servent des Black Shuck pour exécuter la mort qu'elles annoncent. Ils sont leurs bourreaux personnels.
Bilbo lança un regard en biais à Lydia.
- Tu ferais de moi un meurtrier de masse ?
Lydia leva les yeux au ciel.
- C'est bien joli tout ça, mais ça n'explique pas pourquoi Bilbo a mordu Thorin, intervint Fili.
Mr Baggins se passa une main sur le visage.
- C'est Thorin qui l'a mordu, dit-il simplement.
- Et ? s'enquit Dis.
- La fidélité du chien pour son maître ? supposa Stiles.
Bilbo lui jeta un regard lourd de reproche. Son ami lui offrit un sourire pincé en haussant les épaules.
- Je suis pas le seul à y avoir pensé, se défendit-il.
- Supposons, reprit Fili. Et ça lui aurait servi à quoi ?
- Bilbo a été mordu par Thorin, c'est que Stiles voulait dire, précisa Deaton. De là, même si le Black Shuck est fidèle à sa banshee, il l'est aussi à celui qui l'a transformé.
- Ce qui ne répond toujours pas à la question, nota Derek depuis son poste reculé près de la fenêtre.
Mr Baggins s'assit contre le canapé où était assissent Malia et Lydia, et croisa les bras sur son torse.
- Bilbo a un lien très particulier avec Thorin, expliqua Deaton. Il n'est pas son bêta mais il a comme un dette de sang envers lui. Le Black Shuck est capable d'aspirer une blessure mortelle en la mordant assez profondément pour parvenir à sa source. Il a sauvé Thorin en le vidant de son sang empoisonné.
- Mais on a retrouvé Bilbo mordu au même endroit ! contra Kira qui était perdu.
- Le Black Shuck a aspiré la blessure et se l'ait approprié, lui répondit Mr Baggins. Que ce soit sous sa forme animale ou humaine, Bilbo aurait guérit. Il ne peut guérir rapidement que des blessures qu'il aspire.
- Quand vous me l'avez amené après la pleine lune, il était déjà à moitié régénéré, confirma Deaton.
Bilbo gonfla ses joues, accusant comme il pouvait ce qu'il venait d'apprendre.
- En outre, je pense que je peux te rassurer sur une chose Lydia, rajouta Mr Baggins. Les corps trouvé chez toi ont été placé là par Bilbo.
- Pardon ?! s'écrièrent la jeune fille et l'intéressé d'une même voix.
- C'était une sorte d'offrande, expliqua Mr Baggins. Pour prouver ton allégeance. Archaïque certes, mais pas l'œuvre d'un psychopathe.
Bilbo se plia en deux en posant une main sur la bouche, prit de vertige. Lydia était livide.
- Bilbo on va établir des règles si tu dois me protéger ou quoi, souffla-t-elle.
Bilbo hocha la tête. Il se redressa avec l'aide de Scott qui lui frottait le dos, et inspira profondément.
- Bon, fit-il en tapant dans ses mains. Moi ça me va. Je suis badass apparemment.
- Tu es surtout carrément flippant, corrigea Stiles.
- Et à tendance psychopathe, compléta Scott.
- Vous êtes le meilleur soutien que je pouvais avoir, soupira Bilbo.
Stiles allait répliquer quelque chose de fin -pour pas changer- quand des bruits dans l'entrée se firent entendre. La porte du salon s'ouvrit d'un coup toute grande laissant paraître un homme avec un chapeau hautement ridicule.
- Thorin, dit-il joyeusement. Nous l'avons ENFIN trouvé. Et il est là.
- Et je vous ferais savoir que je ne suis pas en retard, gronda une grosse voix bourrue depuis le hall. Ni en avance, mais ça apparemment avec vos conditions c'était impossible. Je suis précisément à l'heure prévue !
Le retour des Cliffangers ! Haaa... ça m'avait manqué :3 *joke*
Bon maintenant vous avez plein de nouvelles données ! En espérant que ça passe hein, que ça paraisse pas trop farfelu :p
Bon pour Bilbo j'espère que vous êtes pas trop déçu hein. Sachant que mon idée d'origine pour lui a été volé par Jeff Davis et c'est un autre personnage qui est cette créature, j'ai meublé comme j'ai pu en gardant au maximum ma première idée. Et puis oui, je reprend le mythe du Black Shuck un peu à ma sauce :p
J'ai pas grand chose d'autre à dire donc je passe direct aux reviews !
justelaura : Si t'as pas d'ambiance en soirée, prend un Bilbo. Bons moments garanti.
Avoue tu as aimé le rêve de Stiles :3 Avoue. Oh ça va je pense que tu peux t'en remettre :D Par contre t'as pas le droit d'en faire des fanarts. Je veux pas faire de cauchemars XD
Je crois que ça lui avait fait trop d'effet de dormir avec Derek en vrai.
Les alliances commencent au sein de la meute. Tout va bien. Moi je dis que Thorin et Derek ils ont intérêt à faire gaffe à leurs fesses.
Maeva Cerise : Merci bonne année !
Bilbo a beau être mignon, j'ai quand même décidé d'en faire quelque chose de sinistre :p
J'espère que t'es pas trop déçu hein XD
Entropythings : En vrai c'est même pas que je te l'ai caché, c'est que je l'ai écrit sur le point de poster ce que tu avais lu. Du coup, ben c'était un truc de dernière minute XD
Tu y as cru au rêve ?
Oui le Filia c'est mon petit truc préféré :3
Nemerys : Je vais pas revenir sur toutes tes reviews mais bravo pour ta lecture x)
En vrai voilà, comme je te vois tout le temps, je vais pas te raconter ma vie en texte hein XD
J'ai hâte de vous poster le chapitre suivant en vrai parce que y a un perso qui apparaît et pour lui j'ai trop envie de voir vos réactions :p A bientôt donc !
