Chapitre treize- partie quatre

Certains pensent que le monde finira dans les flammes,

D'autres dans la glace.

Le désir ayant embrasé mon âme,

Je suis de ceux qui penchent pour les flammes.

Mais s'il fallait que deux fois je trépasse

Je crois connaître assez la haine

Pour savoir que dans ce domaine

La glace serait toute aussi souveraine

Et efficace.

« Feu et glace » de Robert Frost.

Obi-Wan est tellement surpris par la voix de Luke qu'il relâche son emprise sur Malorum, l'envoyant rouler sur le sable. Il baisse également le sabre écarlate, puis le désactive la seconde d'après. Il inspire profondément, tentant de reprendre le contrôle sur ses émotions. Il a presque failli employer le côté obscur de la Force pour tuer un homme. Quand il était Jedi, il avait lutté contre son attrait, ici, il n'a jamais été aussi proche de basculer. Il ne s'en est même pas rendu compte, jusqu'à ce qu'il soit trop tard.

Est-ce ainsi qu'Anakin avait sombré ? Anakin n'avait jamais combattu ses émotions. Avait-il fait ça parce qu'il avait l'impression que c'était la bonne chose à suivre, suivre son cœur à la place des valeurs enseignées par Obi-Wan ? Cela lui rappela quelque chose que Maître Yoda lui avait dit quand il n'était alors qu'un simple Initié : « Parfois, on doit choisir entre faire le bien, et faire ce qu'il nous semble bien."

Il se dirige vers Luke et voit que le garçon tient son sabre-laser, le poignet étant bien trop grand pour ses petites mains. Il se baisse et le garçon lui tend l'arme, la mine inquiète. Obi-Wan plonge dans leur lien et lui envoie une vague de réconfort pour apaiser ses peurs.

« Tout va bien » murmure-t-il, autant à lui-même qu'à Luke.

La Force lui envoie tout à coup un avertissement et il enflamme instinctivement son sabre-laser. Il a juste le temps de bloquer un coup asséné par Malorum qui a récupéré son arme et le charge tandis qu'il a le dos tourné. Maudissant sa folie, il pare un autre coup. Puis il tourne sur sa droite, lève le bras et sa lame atteint son adversaire à la taille, le coupant en deux, comme il l'avait fait avec Maul, il y a de nombreuses années de cela.

« Ferme les yeux, Luke ! »

Après avoir vérifié que le garçon lui a obéi, il baisse les yeux vers l'homme mort dont le visage est figé dans une grimace de rage. Il se penche et fouille dans ses vêtements trouvant un peu de crédits, et, pendu à une chaine autour de son cou, une amulette. Il la retire prudemment et est surpris de sentir une aura d'obscurité entourer le corps de Malorum. Il peut maintenant sentir les vestiges de la présence de Malorum qui traversent la Force !

Il jette un œil sur l'amulette. Il a entendu parler de ces objets quand il étudiait l'histoire des Jedi. L'amulette est fabriquée grâce aux nodules d'un taozin. Cette créature redoutable fait partie des rares espèces dans la galaxie à être invisibles à la Force, altérant les sens Jedi. De ce qu'il se rappelle, elles sont originaires de la lune de Va 'art. Certaines personnes, répertoriées dans leurs dossiers, ont utilisé des nodules de taozin afin d'obtenir un effet similaire. Les taozins ont normalement disparu. Que les agents des Sith aient accès à de tels objets, cachés par les Jedi, est inquiétant.

« Je peux ouvrir les yeux, maintenant ? » demande Luke.

Obi-Wan revient vers l'enfant, s'agenouille et l'étreint contre lui, passant une main dans ses cheveux doux. Il place alors l'amulette autour du cou de Luke et la glisse sous sa tunique. L'enfant se tortille et ouvre les yeux, essayant de voir ce qu'il a mis. Obi-Wan attrape les mains de l'enfant et le fixe droit dans les yeux.

« Ne perd jamais cette amulette. Elle t'aidera à te garder en sécurité. »

« Des méchants ? » Luke regarde le corps. Obi-Wan saisit doucement son menton, éloignant son regard du cadavre.

« Ne regarde pas. Tu auras des cauchemars. »

« Je suis courageux ! » rétorque l'enfant, bien que ses yeux l'évitent.

« C'est vrai. Mais parfois être courageux signifie ne pas faire des choses plutôt que de les faire. Cette amulette t'aidera à te cacher. Tu me promets de la porter ? »

L'enfant hoche la tête avec ferveur. Obi-Wan le serre dans ses bras, chuchotant des paroles qu'il avait été incapable de dire jusque là.

« Je t'aime, mon fils. »