Hé non, il ne faut pas désespérer, voici enfin le 25 qui arrive, tout frais, avec les oeufs de Pâques
Chapitre 25 : Retour à la normale
« Ouiiiiiiiiiinnnnnnnnnnnn ! »
Le cri désormais familier de la petite Irène résonnait dans l'appartement des Peacecraft. La petite fille avait presque un mois, mais ne faisait pas encore ses nuits. Zechs s'éveilla, mais, laissant Lucrezia sommeiller tranquillement il se glissa hors du lit et passa dans la chambre de sa fille. Il vint la prendre dans ses bras et chuchota :
« Chuttt, mon bébé, chut, papa est là… »
La petite fille se calma, et il passa dans la cuisine. Là attendait, dans le chauffe-biberon, l'objet de la convoitise du bébé. Lucrezia allaitait sa fille mais, pour la nuit, afin que Zechs puisse la nourrir aussi, elle tirait son lait. D'une main experte, il continua de bercer sa fille pendant que le biberon chauffait, afin qu'elle prît patience et ne réveillât pas ni sa mère, ni son frère aîné. Enfin, elle put se sustenter, dardant son regard bleu clair dans celui de son père, dont le sourire attestait l'adoration inconditionnelle qu'il lui portait…
Une fois rassasiée, Irène se rendormit et il put aller la recoucher. Mais, quand il regagna sa propre chambre, il trouvait Lucrezia éveillée, qui l'attendait. Elle lui sourit et dit :
« Je vais te recommander pour le prix du père modèle de l'année… »
Zechs sourit et s'assit à côté d'elle. Lucrezia, bien qu'un peu pâle, avait tout de même bonne mine et s'était bien remise de son accouchement. Seule sa poitrine encore alourdie de lait attestait qu'elle venait d'être maman, mais nul n'aurait pu le voir autrement. Il sourit plus largement encore et répondit :
« Tu as fait tout le travail pendant neuf mois, je peux bien prendre un peu le relais à présent… »
Depuis la naissance d'Irène, Zechs se sentait rempli d'une plénitude supplémentaire, il rayonnait positivement. Surtout, il avait mis un point d'honneur à faire en sorte qu'Aidan ne se sente pas écarté. Bien sûr, le petit garçon adorait sa petite sœur, mais il y avait parfois des bouderies, parfaitement normales. Lucrezia, dès avant la naissance de sa fille, avait demandé conseil à Tricia, qui avait deux enfants, et celle-ci lui avait répondu qu'il fallait toujours qu'il y ait une place pour l'aîné, que ses parents disposent de temps pour lui, et, même si le temps d'adaptation serait un peu difficile, tout se passerait bien ensuite…
Colonie L2
Un nouveau matin se levait sur la colonie, et il était temps pour Duo de se lever pour aller travailler. Sa main s'égara sur la cuisse d'Hilde, encore endormie, puis sous la nuisette de satin, mais il se maîtrisa et se leva. Ce matin, il attendait des livraisons importantes, il ne pouvait pas se permettre d'être en retard. Hilde soupira, et se retourna…
Il se lava, puis s'habilla. Il était en train de prendre son petit déjeuner quand elle le rejoignit. Il lui trouva les traits quelque peu tirés, et un peu plus pâle qu'à son habitude. Inquiet, il demanda :
« Tu vas bien ? »
Hilde lui sourit :
« Mais oui, pourquoi ? »
Il finit d'avaler sa dernière tartine, le fond de son bol de thé et dit :
« A tout à l'heure, mon cœur ! »
Il l'embrassa sur le front, et fila, comme tous les matins, sous le regard attendri de sa jeune épouse. Hilde alors s'étira, souriant davantage. Tout à l'heure, lorsqu'elle le rejoindrait, elle aurait eu confirmation de ce qu'elle subodorait depuis quelques semaines, et nul doute qu'il en serait heureux…
Colonie L4, locaux de la maison mère du groupe Winner
Quatre soupira: encore une invitation à une réception mondaine. Il jeta le carton et l'enveloppe sur son bureau, et se demanda s'il allait s'y rendre. Il n'avait jamais vraiment apprécié cela, mais c'était son devoir de représentation, et il ne pouvait s'y soustraire. C'était l'un des inconvénients d'être le PDG d'un des plus grands groupes terrestres et coloniaux.
Quatre eût été heureux de vivre dans le désert, sous une tente, comme ses ancêtres, en touareg nomade, mais les hasards de la vie avaient fait de lui ce qu'il était, le destin l'avait placé là, et il se devait de relever ce défi…
Son téléphone sonna, et la voix familière d'un de ses directeurs résonna :
« Monsieur Winner, comment allez-vous ? »
Surpris par le ton jovial, il répondit :
« Bien, bien, merci…et vous ? »
Le directeur sembla sourire davantage :
« Je vais très bien, et je voulais vous remercier, vous m'avez envoyé une perle… »
Une perle ? Quatre ne comprenait pas de quoi il voulait parler, et il répéta :
« Une perle ? »
Le directeur reprit :
« Oui, la jeune assistante de direction, Maria, que vous avez engagée, c'est une perle. Je n'ai jamais vu personne travailler si bien et si efficacement… »
Maria ? Ah oui, cette jeune personne orpheline que ses sœurs lui avaient demandé d'engager. Eh bien, en tout cas il n'avait pas fait d'erreur, c'était déjà ça. Il sourit et répondit :
« Je suis content qu'elle vous convienne… »
Quand le directeur eut raccroché, Quatre se souvint avec gêne de l'effet très…particulier qu'elle avait produit sur lui. Pourquoi elle, alors qu'il rencontrait des femmes tous les jours ?Il n'aurait pu le dire. Cela lui rappelait qu'il n'était qu'un humain, doté de réactions normales…
Il était vrai aussi qu'il lui arrivait de penser à elle quand son esprit se mettait à dériver vers la rêverie, à ses cheveux roux semblables à une bordée de flammes, à ses yeux verts aussi profonds que l'océan…
Il rougit violemment, soudain très gêné, et revint immédiatement à son travail…
Hôpital de Beika, 4 mai 201
C'était un grand jour pour Heero et Relena. Après cinq mois de couveuse, ils allaient pouvoir ramener Tim-Odin chez eux, où sa chambre l'attendait depuis des mois. Le bébé, grand prématuré, avait lentement remonté la pente et, cinq mois après sa naissance difficile, avait atteint une taille et un poids suffisants pour qu'il puisse être pris en charge par ses parents. Pourtant, il serait soigneusement suivi, car les médecins pensaient qu'il pourrait probablement avoir des séquelles dues à sa prématurité. Il restait petit et léger pour son âge, mais se nourrissait bien et respirait seul à présent, signe que ses poumons avaient fini leur maturation. Un duvet foncé ornait son crâne, et sa peau avait perdu son aspect translucide pour enfin prendre un aspect de bébé normal…
Devant les parents émus, l'infirmière le sortit de la couveuse, le posa sur une couverture, le débrancha patiemment de tous les câbles et perfusions qu'il avait encore. Tim-Odin gémit, et se mit à pleurer alors que le médecin l'examinait une dernière fois avant sa sortie avant de laisser l'infirmière l'habiller et de dire aux parents :
« Il va bien, mais il va falloir le surveiller. Au moindre signe suspect, amenez-le… »
Relena avait ramené de quoi soigneusement couvrir son fils, qui prit place dans un couffin rembourré. Heero, attendri, caressa la joue de son fils qui s'endormit alors que sa mère disait :
« Merci beaucoup, docteur, pour tout ce que vous avez fait… »
Tim bailla, et le docteur dit :
« Il revient de loin, ce petit, mais il devrait s'en sortir correctement maintenant… »
Heero prit le couffin, et serra la main du médecin avec émotion. Relena fit de même, et ils sortirent de l'hôpital pour gagner la maison. Relena avait dû revendre les habits taille naissance, et en avait racheté d'autres, adaptés à la taille actuelle de son fils et en prévision de sa croissance. Néanmoins, la chambre tendue de bleu, avec son mobilier blanc, était prête à recevoir son hôte minuscule avec tout le confort possible.
Dès qu'ils furent arrivés, Heero posa doucement le couffin à terre pour ne pas éveiller le petit garçon, et Relena tira les rideaux. D'un commun accord, ils avaient décidé de ne pas le sortir de son couffin pour l'instant, pour qu'il ne prenne pas peur en se réveillant dans un lit étranger. Sur la pointe des pieds, ils sortirent de la chambre, le laissant dormir…
Heero prit Relena dans ses bras, et dit :
« Je n'arrive pas à croire qu'il est enfin avec nous, c'est un miracle ! »
Relena, aussi émue que lui, rit doucement et dit :
« Je pense que tu vas vite t'en apercevoir lorsque tu devras te lever cette nuit, car je te rappelle qu'il ne fait pas encore ses nuits… »
Heero sourit en retour et répondit :
« Hé bien je me lèverai, voilà tout, pour que tu puisses dormir, madame le vice-ministre… »
Et il déposa un baiser léger sur sa bouche…
Mars
Zechs, tirant la langue pour se concentrer, tentait de terminer une tour de cubes, aidé par son fils aîné. Aidan posa un cube en haut et s'exclama :
« Gané ! »
Il parlait assez bien, mais, parfois, il lui manquait des lettres ou des syllabes, ce qui faisait que son langage était assez personnel, mais cela attendrissait ses parents qui se disaient que cela disparaîtrait assez rapidement, vu l'évolution de l'enfant. Zechs posa un autre cube sur le sommet et dit :
« Non, c'est papa qui a gagné, Aidan ! »
Le petit garçon sourit et se précipita dans les bras de son père, provoquant la chute finale de la tour. L'ancien pilote du Tallgeese souleva son fils et lui dit :
« Au bain, bonhomme ! »
C'était lui qui s'occupait d'Aidan, Lucrezia ayant emmené Irène chez le pédiatre pour sa visite du premier mois. Du coup, Zechs en profitait pour passer du temps avec son fils aîné et faire en sorte qu'Aidan ne se sente pas délaissé. Jusque-là, le petit garçon ne semblait pas tellement souffrir de la présence de sa petite sœur, et ses parents faisaient en sorte que tout se passe bien…
Une demi-heure et des litres d'eau répandus plus tard, Zechs, trempé jusqu'aux os, amenait son fils dans sa chambre pour lui mettre son pyjama. Il n'eut pas le temps de finir car sa mère, portant Irène, entra et il se précipita vers elle. De son toucher maladroit de bébé, il caressa sa petite sœur et tendit les bras pour que sa mère le prenne lui aussi, mais elle lui dit :
« Non, Aidan, je ne peux pas te prendre aussi… »
Zechs, alors, souleva le petit garçon pour le mettre à la hauteur de sa petite sœur. Irène, de son regard bleu clair, observa alors son grand frère avec intérêt. Aidan, ravi, tendit son doigt vers le visage de sa sœur pour lui caresser la joue mais sa mère l'arrêta :
« Doucement, mon chéri, tu vas lui faire mal… »
Irène, alors, commença à pleurer, signifiant qu'elle avait faim, et Lucrezia alla s'installer dans le salon pour l'allaiter. Elle entendit les pleurs d'Aidan, probablement persuadé d'avoir fait du mal à sa sœur alors que ce n'était nullement le cas. Décidément, ce n'était pas simple d'être mère, mais elle n'aurait échangé sa situation pour rien au monde…
Un peu plus tard, les enfants couchés, Zechs regardait les dossiers qu'il avait ramenés pendant que Lucrezia, assise devant son terminal, faisait sa correspondance. Il y avait là des nouvelles de tous leurs amis et connaissances : Lady Une annonçait le passage brillant en première de Mariemeia, Heero et Relena envoyaient les premières photos de Tim-Odin à la maison, Sally, restée sur Terre, leur parlait de ses recherches en cours, Wu Fei, concis comme à son habitude, demandait des nouvelles d'Aidan, son filleul, Quatre, probablement surbooké comme d'habitude, avait écrit quelques lignes seulement, ainsi que Trowa, peu prolixe. La dernière missive la fit sourire, et elle se retourna :
« Zechs, nous venons de recevoir une bonne nouvelle… »
Il leva la tête et dit :
« Ah ? De qui, donc ? »
Lucrezia sourit et dit :
« De Duo et Hilde. Ils vont avoir un bébé… »
Zechs rit franchement :
« Hé bien, ils n'ont pas tellement perdu de temps. En tout cas, voyons comment ce boute en train de Duo va réagir lorsqu'il sera réveillé toutes les nuits pendant un bon moment… »
Lucrezia se leva, s'approcha de lui en lui souriant d'un air mutin :
« Comme si tu n'étais pas heureux d'être père ! »
Zechs enserra la taille de son épouse, et leurs regards se perdirent l'un dans l'autre un bon moment avant qu'il ne dise :
« Je suis encore plus heureux d'être ton époux… »
Son regard bleu s'éclaira d'une lueur qu'elle ne connaissait que trop bien, et il la souleva avant de dire :
« Et si nous en faisions un troisième ? »
Lucrezia se mit à rire et répondit :
« D'accord, si c'est toi qui le porte pendant neuf mois… »
Zechs rit, et posa ses lèvres sur le nez de son épouse avant de la regarder intensément. Il allait l'embrasser de nouveau, de façon nettement moins innocente lorsque un cri vint du système qui surveillait électroniquement la chambre d'Irène. Avec un soupir, Lucrezia se dégagea de l'étreinte de son époux et dit :
« Achevons déjà d'élever celle-ci avant d'en faire un troisième, si tu veux bien… »
Avec un petit sourire, il la laissa aller nourrir la petite fille avant de s'autoriser un soupir. La vie de père, quel défi !
Terre, résidence de Relena
Heero tentait d'encourager Tim-Odin à finir son biberon, mais le petit garçon n'avait nullement l'air pressé. Bien souvent, il était lent à boire, mais le médecin avait dit que ce n'était pas problématique, seulement que cela était dû à sa prématurité. Il fallait près d'une heure pour lui faire avaler les quelques millilitres de sa nourriture, et, aussi patient qu'il fût, Heero perdait quelquefois patience.
« Allez, Tim, encore quelques gouttes, sinon maman va s'inquiéter… »
Pauvre bébé, arrivé trop tôt dans ce monde, miraculé par la médecine et qui tentait, à présent, d'avoir une vie normale, au milieu de ses parents. Il était bien souvent léthargique, dormait plus que les bébés de son âge, et Heero savait que ce qui était normal pour les autres ne l'était pas pour lui. Les grandes étapes de son développement étaient bouleversées par le fait qu'il soit prématuré, mais il rejoindrait les autres un peu plus tard.
Relena entra alors dans la pièce, un dossier à la main, et dit :
« Il mange encore ? »
Heero hocha la tête :
« Oui, tu sais bien qu'il n'est guère pressé lorsqu'il doit avaler son biberon, mais il vient de finir… »
Il posa le biberon sur la table et, avec précautions, mit le bébé debout contre son épaule. Il frotta son dos, et Tim-Odin fit entendre un rot retentissant. Heero le remit assis et dit :
« Au moins, même s'il mange lentement, il mange, c'est déjà ça de gagné… »
Les parents se regardèrent, et partagèrent un regard langoureux, prometteur de délices, pendant que Tim-Odin continuait patiemment à avaler son lait...
A SUIVRE
