Avant dernier chapitre
Que peut-il bien y avoir comme suite ? Et bien il faut finir ce qui a été commencé…
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Il y a des militantes devant leur écran (Mumuse elles vont te faire une pétition pour obtenir le tutoiement : p )
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Capitaine : arrête la voyance : )
Ninja : oui je sais que je suis incurable !
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Spéciale dédicace aux fidèles mousquetaires !
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Merci Jany pour la remarque
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Bonne lecture !
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Assis dans son canapé, Fusco lisait le dépliant d'un air circonspect, indécis sur le menu. La sonnette interrompit ses réflexions
-« C'est quoi ça ? » grogna t-il « Pour une fois que je termine tôt ! » Il jeta un coup d'œil par le judas et ouvrit aussitôt
-« Finch ? Qu'est ce que vous faites là ? » Demanda t-il perplexe
-« Bonsoir inspecteur. Je vous dérange ? »
-« Non, entrez » l'invita Fusco en s'écartant. Il referma la porte et se pencha vers Bear « Salut mon pote »
-« Je ne serais pas long et je ne suis pas venu solliciter vos services. Pour une fois que vous êtes en repos »
-« C'est sympa Finch mais si vous avez des ennuis… »
-« Je n'en ai plus et vous y êtes pour beaucoup »
Fusco eut un sourire malicieux
-« Restez pas debout Finch »
-« Merci» L'informaticien fit un pas vers le fauteuil mais sentit que Bear s'agitait. Il tourna la tête et vit alors Isatis apparaître sur le seuil de la chambre. Le félin lança les pattes en avant comme s'il plongeait pour mieux s'étirer, commençant déjà à ronronner, puis il trotta tranquillement vers eux et vint se frotter au malinois qui en échange lui donna un grand coup de langue
-« Ils sont beaux à voir ces deux là. Deux vrais copains »
-« En effet » approuva Finch. Il détacha la laisse et Bear se mit à jouer avec le matou. L'informaticien ôta son manteau et prit place dans le fauteuil, posant sa serviette devant lui
-« Je vous prépare un café Finch ? » proposa Fusco « Ah non ! Un thé ? » Corrigea t-il
-« Volontiers si cela ne vous gêne pas »
-« Bien sur que non » lança l'inspecteur en se dirigeant vers la cuisine pour mettre de l'eau à chauffer
-« Et superman ? »
-« Il termine une mission »
-« Sans moi ? »
-« Ce n'est pas un cas très important inspecteur. Pour une fois je pense qu'il pourra confier le coupable à l'un de vos collègues »
-« Hey ! Ça va faire baisser mes stats ! » Se plaignit Lionel
-« Oh je pense qu'elles resteront tout de même suffisantes »
Fusco revint dans la pièce avec une tasse et un sucrier qu'il posa devant son visiteur
-« Et heu… tout va bien entre vous ? »
-« Parfaitement bien. Nous nous retrouvons un peu plus chaque jours »
-« Cool » approuva Fusco
A cet instant Isatis vint frôler les jambes de l'informaticien puis après un instant d'observation il bondit sur ses genoux « Miaou ? » lança t-il en le fixant. Finch sourit et le caressa doucement. Satisfait, le petit félin décida aussitôt de s'installer plus confortablement et se cala en manchon sur les accueillants genoux
-« Heu Finch… il va vous mettre des poils partout » prévint Lionel. Le matou adressa un regard vexé à son maître comme s'il avait compris
-« Tant pis. Je m'en voudrais de le chasser alors qu'il semble si bien »
-« Je vous aurais prévenu » s'amusa l'inspecteur en retournant dans la cuisine. Il revint avec la théière et remplit la tasse
-« Merci »
Lionel reprit sa place dans le canapé et Bear vint s'installer à ses pieds « Bon chien » le flatta t-il
-« Inspecteur Fusco j'étais venu dans l'intention de vous remercier » Lionel voulu protester mais l'informaticien l'arrêta d'un geste « Je me devais de le faire. Je ne sais comment toute cette histoire se serait terminé sans vos conseils et votre entêtement » continua t-il en appuyant sur le dernier mot avec un sourire entendu. « Mal sans doute »
-« C'est que vous avez de sacrés caractères tout les deux ! »
-« En effet. Mais avec votre aide cela s'est bien terminé. Vous avez trouvé les mots pour me faire réaliser mes erreurs et j'ai pu compter sur votre soutien. Je vous assure que vous m'avez vraiment aidé et que je vous en suis infiniment reconnaissant »
-« C'est rien Finch »
-« Je crois que cette épreuve, même si elle nous fut très pénible à vivre, nous a permis d'avancer » jugea Finch « J'ai pris conscience que je ne pouvais pas vivre avec John et le tenir à l'écart d'une partie de ma vie »
-« Un couple c'est du partage Finch »
-« Maintenant je ne l'oublierais plus »
-« Au pire je vous le rappellerais » affirma Fusco pour le taquiner
-« Merci inspecteur. Pour tout »
-« Vous aussi vous en avez bien assez fait » affirma Lionel en désignant d'un geste l'appartement
-« C'est une action dont je me félicite quotidiennement car elle est favorable à un brave homme »
-« Merci Finch » murmura l'inspecteur touché
-« Je tenais aussi à vous offrir ceci » ajouta l'informaticien en lui tendant une longue boite rectangulaire
-« Oh ! » protesta l'inspecteur en reculant
-« Prenez-le comme un gage d'amitié ? »
-« Bon là forcement » Il prit la boite et l'ouvrit découvrant une demi douzaine de cravate de toute les teintes. Isatis leva aussitôt la tête, hautement intéressé « Ah non ! Celles là je les planque ! » Affirma son maître « Merci Finch j'en avais bien besoin. Mais… heu… c'est de la soie ?! » s'exclama t-il
-« En effet. Aussi je ne saurais trop vous inviter à les garder dans un tiroir fermant à clé » s'amusa Finch
-« Harold je ne peux pas accepter ! C'est pas possible ! De la soie : ça coute une fortune ! »
-« Inspecteur… »
-« Bon Ok. Je sais que pour vous ça doit pas être grand-chose mais quand même ! » Fusco observa à nouveau le précieux tissu « C'est pas parce qu'il y a plusieurs zéro sur votre compte en banque qu'il faut faire des folies ! » Ajouta t-il d'un ton moqueur pour cacher son émotion
-« C'est vrai mais l'essentiel n'est pas là » Finch posa la main sur le bras de son vis-à-vis « Vous m'avez aidé à retrouver ma plus grande richesse : John. C'est lui qui me rend vraiment riche et sa valeur ne se chiffre pas avec des zéros »
Lionel se mordit les lèvres, ne sachant plus quoi dire. Il repensa au jour où Finch lui avait fait signer son bail. Il avait décidément le don de le réduire au silence !
-« Merci » dit-il seulement « Et tachez de ne plus recommencer tout les deux ! »
-« Oh c'est exclu ! » Affirma Finch. Il se réinstalla au fond du fauteuil et Isatis en profita pour se lover un peu plus confortablement, ronronnant comme une turbine
-« J'ai rarement entendu un chat avec un ronronnement aussi fort »
-« Ouais. Des fois on l'entend d'une pièce à l'autre. On sait tout de suite quand il arrive » commenta Fusco
Le portable de l'informaticien vibra. Il décrocha et enclencha le haut parleur
-« Oui M Reese ? »
-« C'est bouclé Finch. Mitch vient d'être embarqué »
-« Très bien. Vous n'êtes pas blessé ? »
-« Non ne vous inquiétez pas. Je rentre à la bibliothèque »
-« Nous n'y sommes pas pour l'instant John »
-« Ou êtes vous ?» interrogea aussitôt l'ex agent
-« Nous avons rendu une petite visite à l'inspecteur Fusco »
-« Salut superman ! » lança joyeusement celui-ci
-« Salut Lionel »
-« Tu peux venir récupérer Finch mais ta place est prise John ! »
-« Inspecteur ! » gronda Finch amusé
-« Que veux-tu dire Lionel ? »
-« Qu'il t'as trouvé un remplaçant »
-« Vraiment ? »
-« Viens vérifier si tu ne me crois pas ! » gloussa Fusco
-« J'arrive Lionel » affirma Reese en raccrochant
-« Je vais peut être devoir planquer mon chat ? »
-« Je crains que vous ne l'ayez mis en danger »
John débarqua quelques minutes plus tard. Il se doutait que Fusco cherchait à le taquiner mais il n'en était pas moins tendu en arrivant. Il entra et observa alors la tendre image qui s'offrait à lui de Finch tranquillement installé dans le fauteuil, un matou béatement lové sur ses genoux. Le félin entrouvrit les yeux pour vérifier l'identité de l'arrivant puis reprit la pose. Reese se pencha vers son compagnon pour lui donner un baiser
-« Isatis a de la chance de n'être qu'un chat. Je déteste la concurrence » Il s'assit à l'autre bout du canapé et caressa son chien « Et toi tu le laisse prendre ma place parce que c'est ton copain ? » lui demanda t-il « Je ne suis pas content » Bear lui donna un petit coup de tête affectueux
-« S'il pouvait rigoler il ne se gênerait pas ! » commenta Fusco
-« Fait attention Lionel. Si je ne peux pas m'en prendre au coupable je peux viser son maître »
-« Hey ! » protesta l'inspecteur « Bon les gars » ajouta t-il ensuite « Je m'apprêtais à me commander une pizza pour le dîner, ça vous dit ? »
-« Nous ne voulons pas vous envahir. C'est votre soirée de repos »
-« Ca me fera de la compagnie Finch. Puis votre présence est souhaitée ! »
Finch baissa les yeux vers le matou
-« Dans ce cas » jugea t-il. Il se tourna vers son compagnon, interrogatif
-« Ok pour une soirée pizza » approuva Reese
-« Je vous laisse choisir et j'appelle ! » affirma Lionel en se levant et en tendant le dépliant à l'ex agent « Une bière John ? »
-« D'accord »
Reese donna le prospectus à son partenaire
-« Je sais ce que vous allez choisir »
-« Mais moi aussi M Reese » répondit l'informaticien taquin
John se leva pour ôter son manteau. Passant près de son partenaire il lui chuchota à l'oreille :
-« Par contre pour le dessert j'attendrais d'être chez nous »
Finch frémit de sentir son souffle dans son cou
-« Et si je n'ai plus faim ? »
-« Je sais comment vous ouvrir l'appétit Harold » répliqua John en l'embrassant dans le cou. Sentant bouger son "coussin" Isatis ouvrit ses yeux d'ambre « Miaou ? »
-« Oh toi ne te plains pas : je te tolère à ma place c'est déjà bien » marmonna Reese
-« John, vous n'avez pas l'impression d'exagérer ? »
-« Non. Je ne partage pas c'est tout »
-« Vous êtes impossible » jugea l'informaticien. Tandis qu'ils discutaient le petit félin, intrigué, c'était assis pour les observer. Puis il se hissa, posant une patte sur l'épaule de l'informaticien, il tenta de l'autre de saisir la main de l'ex agent
-« Tu essayes de m'amadouer ? » marmonna celui-ci. Il caressa le matou qui frotta aussitôt sa tête dans sa main, câlin.
-« Il joue de son charme » jugea Finch « C'est drôle il a les mêmes techniques que vous » gloussa t-il
-« Ca vous amuse ? » remarqua Reese en se redressant
-« Ah ça il sait y faire ! » affirma Fusco qui revenait dans la pièce « Vous avez choisit ? »
Finch énonça aussitôt son choix tout en fixant son compagnon. Reese soutint son regard et répondit à son tour. Fusco observa leur manège sans comprendre
-« Ok. Je vais appeler » affirma t-il renonçant à comprendre
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La conversation s'anima pendant qu'ils attendaient le livreur. Brusquement Finch eut un hoquet surprit. Fusco se mit à rire
-« Ca fait aussi partie de ses techniques » gloussa t-il. Isatis, décidant de se lever, avait entrepris de se faire les griffes sur le pantalon de l'informaticien avant de quitter son "coussin" Il lui adressa un regard étonné devant son sursaut puis sauta au sol et trottina jusqu'à la cuisine
-« C'est un peu… » Commença Finch cherchant ses mots
-« Piquant » compléta Lionel. La sonnette retentit et il se leva pour aller récupérer la livraison. Il fit la distribution et remis à chacun son choix. Il observa d'un regard perplexe ses deux invités échanger leur boite. « Qu'est ce que vous faite ? »
-« Nous récupérons notre commande » précisa Reese
-« Vous avez choisit l'un pour l'autre » devina Lionel
-« Question d'habitude»
-« Mouais » marmonna ce dernier qui se sentait vaguement de trop mais cela lui faisait très plaisir finalement.
Ils dinèrent tranquillement puis vers 21H30 Finch donna le signal du départ
-« Merci pour cette soirée inspecteur »
-« De rien Finch. Merci pour le stock »
John revenait avec le manteau de son partenaire et l'aida à l'enfiler
-« Lee va râler d'avoir raté Bear » constata Lionel en observant le malinois allongé le long du canapé, Isatis étendu à côté après qu'ils aient tout deux profité du dîner et joué ensemble.
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La porte de l'ascenseur s'ouvrit et Finch s'y glissa. A peine fut-il entré qu'il se retrouva plaqué contre la paroi par son partenaire qui l'embrassa avec impatience. Il posa les mains sur les épaules de son compagnon et lui rendit ses baisers. Mais lorsqu'il sentit Reese retirer sa main de sa hanche et la tendre il protesta :
-« John non ! »
-« Non ? »
-« Non ! »
-« Cinq minutes ? »
-« Non ! »
-« Deux ? »
-« John, laissez… descendre… cet appareil ! » s'efforça t-il d'énoncer
L'ex agent soupira
-« Vous êtes trop strict Harold » se lamenta t-il
-« Votre obsession des ascenseurs a quelque chose d'inquiétant vous savez ? »
-« Vous croyez ? » demanda John d'un air innocent
-« C'est évident M Reese »
-« Vous savez que je n'abandonne jamais une idée ? »
-« John ! » protesta l'informaticien en rougissant
-« D'autant que je suis seul dans mon immeuble alors si l'ascenseur est, disons, "momentanément indisponible" cela ne gênera personne »
-« Si : moi »
-« Non puisque vous serez dedans avec moi » s'amusa Reese. Il lui donna un baiser « Je saurais bien vous faire changer d'avis ! »
Finch secoua la tête, désabusé, et ne répondit pas. La cabine étant arrivée à destination, il la quitta
-« Il est temps de rentrer »
-« Pour le dessert » le taquina Reese
L'informaticien ne put retenir un mince sourire. Toutefois au moment où il s'apprêtait à monter en voiture, John lui tenant la portière, la sonnerie d'un téléphone retentit. Les deux hommes se tournèrent vers la cabine publique puis échangèrent un regard
-« Je crains que vous ne soyez privé de dessert M Reese »
-« Momentanément Finch. Devons nous passer à la bibliothèque ? Vous seriez mieux à la maison »
-« Je peux très bien commencer les recherches là bas »
-« D'accord, montez, je vais écouter le message »
L'ex agent alla prendre l'appel puis revint à la voiture
-« J'aurais dû emmener mon ordinateur portable » marmonna Finch ennuyé
-« Nous ne sommes pas loin de la maison. Et pour une fois que nous avions une soirée de détente »
-« Vous avez raison cela peut attendre quelques minutes »
-« Et Lionel était plutôt sage ce soir » ajouta Reese avec un clin d'œil
Finch marmonna quelques mots inintelligibles qui firent rire son partenaire
Le trajet était court. L'informaticien descendit et gagna la maison pendant que John garait la berline un peu plus loin préférant ne pas la remiser au garage, se doutant qu'il en aurait encore besoin. Lorsqu'il rentra à son tour il trouva son partenaire devant son ordinateur entrant les données.
-« C'est plus simple avec les livres » jugea t-il
-« Sans, cela prend quelques secondes de plus » Reese passa dans la cuisine remplir les gamelles de Bear. En revenant au salon il remarqua immédiatement l'air contrarié de son compagnon
-« Finch ? »
-« C'est une connaissance M Reese. A nouveau le numéro de Monsieur Wastersen »
-« C'est pas vrai ! » protesta l'ex agent « Je n'ai aucune envie de revoir ce type »
-« Je m'en doute »
-« Hors de question que je reparte dans je ne sais quelle tournée en vous laissant ici »
Finch ne put retenir un sourire
-« Je vous rappelle que Monsieur Wastersen est sous le coup d'une inculpation et assigné à résidence, il n'est plus question de concert pour lui en ce moment »
-« Tant mieux. Mais où est-il ? »
-« Ici à New York. Son avocat a obtenu qu'il soit assigné dans le luxueux duplex qu'il possède en centre ville »
-« Donc je n'aurais pas à aller trop loin ? »
-« Non je vous rassure »
-« Sinon il se débrouillait seul »
Finch se tourna vers son agent pour voir s'il était sérieux et son expression sombre le lui confirma
-« Je vous envoie l'adresse sur votre téléphone, mais cet immeuble est réputé pour sa sécurité, un vrai bunker si l'on en croit la description de l'architecte »
-« S'il est le coupable c'est sans importance »
-« Mais s'il est la victime cela le protégera »
-« Un assassin bien motivé trouve toujours la faille »
-« Cette fois j'ai l'intuition qu'il sera la victime. Il s'est fait beaucoup d'ennemis »
-« Et c'est normal » répliqua Reese
-« Je vous envoie le code de sécurité dès que possible pour que vous puissiez entrer » Finch continua ses manipulations mais le silence soudain de son agent l'interpella. Il se tourna vers lui
-« Quelque chose ne va pas John ? »
-« Ce type, cette mission. C'est trop de mauvais souvenirs » avoua Reese avec réticence
L'informaticien se leva et vint l'enlacer
-« Nous nous en créerons de meilleurs. Et nous en avons déjà de merveilleux, ils ne se sont pas effacés »
-« Non c'est vrai »
-« Et tout n'est pas si noir. Notre couple a évolué. De façon douloureuse c'est vrai mais constructive. C'était nécessaire » estima Finch « Et puis j'ai rencontré un formidable magicien » ajouta t-il taquin
Reese nicha son visage dans son cou
-« A votre service M Wren » chuchota t-il. L'informaticien prit son visage dans ses mains
-« Finissons vite cette mission alors, j'ai hâte de profiter de votre prochain spectacle ! » affirma t-il avant de l'embrasser. Reese lui rendit son baiser et lui sourit. Il se résigna à le lâcher et à quitter la maison pour entamer l'enquête. Un peu rasséréné par les paroles de son compagnon mais Finch trouvait toujours les mots dont il avait besoin.
Dix minutes plus tard il se garait devant l'immeuble d'Erno. Il ne s'attendait pas à ce qu'il découvrit…
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Finch était trop nerveux pour dormir. Les yeux ouverts sur la nuit il guettait le moindre bruit annonçant le retour de son agent. Finalement il crut percevoir le bruit de la porte d'entrée. Son impression fut confirmée lorsqu'il vit Bear se lever et quitter la chambre
John entra cinq minutes plus tard. Il perçu le bruit des étoffes froissées comme il se déshabillait puis il s'allongea de son côté du lit, prenant soin de ne pas être trop brusque, le croyant sans doute endormi. Il s'allongea sur le dos et posa un bras sur ses yeux. Finch s'inquiéta instantanément. Son attitude lui rappelait celle qu'il avait adoptée durant quelques jours après son retour chez eux juste après leur réconciliation mais il chassa cette pensée. Son instinct l'avertissait que son compagnon n'allait pas bien, il pressentit que la mission s'était mal passée.
-« John » murmura t-il en se redressant légèrement. N'obtenant pas de réponse, il se tourna vers lui et posa une main timide sur son torse « John vous allez bien ? »
-« Je suis arrivé trop tard Finch » répondit l'ex agent d'une voix sourde, sans bouger « Erno est mort »
Finch se raidit, percevant immédiatement le danger : John détestait échouer lors d'une mission. Cela se produisait rarement mais dans ces moments là Reese se mettait invariablement à douter de tout et surtout de lui. Il n'était pas bien et Finch ne pouvait tolérer cela. Il se redressa et s'assit prés de son agent
-« Que s'est-il passé ? »
-« Je n'ai pas été assez rapide »
-« Mais auriez vous pu l'être? »
-« J'aurais dû »
-« Il y a une différence entre vouloir et pouvoir John » Doucement il saisit son poignet et écarta son bras. Reese le laissa faire mais détourna le regard « Racontez-moi » demanda Finch. Il fallait qu'il s'exprime, qu'il partage son fardeau. L'ex agent soupira. Il le fixa un instant puis tourna la tête. L'informaticien se pencha vers lui s'appuyant contre sa poitrine « John ? » Ce dernier prit sa main
-« Lorsque je suis arrivé devant l'immeuble il régnait une certaine agitation. Un camion de pompier s'est garé presque en même temps que moi et j'ai remarqué la fumée qui s'échappait du rez de chaussée de l'immeuble. L'alarme incendie s'était déclenché vingt minutes plus tôt et les résidents avaient évacué les lieux. J'ai essayé de trouver Erno mais je ne le voyais nulle part. En passant près d'un pompier j'ai entendu un homme lui expliquer qu'il avait frappé aux portes en descendant mais qu'il n'avait pas eu de réponse au sixième, l'étage d'Erno. J'ai compris qu'il n'avait sans doute pas voulu partir, cela lui ressemblait assez d'agir ainsi »
-« Cela colle au personnage » estima Finch
-« J'ai réussi à me faufiler dans l'immeuble par une issue à l'arrière et je suis monté au sixième sans être vu des pompiers trop occupés à déployer leur matériel. Lorsque je suis arrivé devant la porte de l'appartement j'ai constaté qu'elle n'était pas fermée. En observant de plus près j'ai vu que quelqu'un avait dû faire sauter la serrure d'une balle. Je suis entré inspecter les lieux. Il y avait des traces de lutte, des meubles renversés, des objets brisés un peu partout mais l'appartement était vide. J'en ai déduit que l'agresseur avait emmené Erno. Je suis ressorti et à force d'examiner le couloir j'ai aperçu les traces de sang sur le sol, des gouttes très petites mais suffisantes pour que je puisse suivre la piste. Elle m'a conduite jusqu'au troisième. Je ne pouvais plus avancer aussi rapidement que je le voulais, les pompiers quadrillaient les lieux, deux vigiles aussi qui arpentaient les couloirs, c'est peut être ce qui a forcé l'assassin à changer ses plans. Je pense qu'il projetait d'emmener Erno pour le retenir quelque part mais qu'il a du bâcler le travail »
-« A cause de l'incendie ? »
-« Il n'y avait pas d'incendie. C'était juste un feu de poubelle. Je pense que c'est l'assassin qui l'avait allumé. C'était une diversion pour faire sortir Erno mais comme il n'a pas bougé il a du aller le chercher et le forcer à le suivre mais tout cela a pris beaucoup de temps, vu l'état de l'appartement Erno a du se défendre âprement »
-« Pourquoi l'emmener ? Pour obtenir une rançon ? »
-« Non. Plutôt pour se venger de lui. Mais il a du en finir plus vite que prévu. La piste s'arrêtait devant la porte d'un local technique au troisième. J'ai ouvert et j'ai découvert le corps d'Erno. Il avait de nombreuses traces de coup sur le visage mais un seul impact mortel. Un coup très précis, destiné à provoquer une hémorragie. Il est mort de s'être vidé de son sang. Cela a du prendre quelques minutes mais une fois le coup porté il était presque impossible de le sauver »
-« La méthode est cruelle » murmura Finch un peu impressionné
-« Adaptée pour une vengeance. Mais je crois qu'il aurait connu pire si son assassin n'avait pas été contraint de précipiter les choses »
-« Vous savez qui l'a tué ? » interrogea Finch surprit de son assurance
-« Il avait laissé sa signature. J'ai trouvé une photo de Jenna épinglée sur le sweet d'Erno »
-« Oh ! » s'exclama Finch
-« Et c'était même plus explicite encore en l'examinant, c'était une photo dédicacée par Jenna "A Oliver le premier de mes fans" »
-« C'est donc lui qui a commis ce crime ? Il a voulu venger la mort de la femme qu'il aimait »
-« Oui. Peu lui importait que ce soit sans espoir : il l'aimait » affirma Reese
-« Je suppose que dans ces conditions il avait du très mal prendre la remise en liberté de son meurtrier. Enfin de celui qui avait commandité le crime »
-« C'est certainement ce qui l'a poussé à agir »
-« Il a put supposer que M Wastersen chercherait à fuir »
-« C'était une possibilité. Ou alors il craignait qu'il ne soit pas suffisamment puni »
-« Il est vrai que les charges retenues contre lui étaient davantage des présomptions que des faits. Il n'y avait guère de preuves formelles contre lui. Hormis le témoignage de sa complice. C'est d'ailleurs ce qui a permis sa remise en liberté sous caution »
-« Oliver avait prévenu qu'il n'avait pas confiance dans la justice des hommes »
-« Alors il a décidé de l'exercer lui-même » soupira Finch « Mais l'avez-vous vu ? »
-« Non. Il n'y avait plus aucune trace de lui. Il a du s'enfuir en se mêlant aux résidents ou à la foule qui s'était rassemblée au pied de l'immeuble. Et je pense qu'il a du préparer un plan pour la suite. Il va certainement quitter le pays »
-« Mais la police va diffuser son signalement aux gares et aux aéroports »
-« Il faudra d'abord qu'elle comprenne ce qui s'est passé. Même avec la dédicace, ils n'ont qu'un prénom. Ils n'ont pas autant d'éléments que nous, il va d'abord leur falloir reconstituer l'histoire»
-« Le temps qu'ils y parviennent M Bejawar sera loin, il aura probablement déjà franchit la frontière » estima l'informaticien
- « J'aurais dû essayer de le pister. C'est un criminel »
-« Par amour » murmura l'informaticien
-« J'aurais du l'arrêter, faire échouer son plan » Jugea l'ex agent en serrant les poings
-« Vous ne pouvez pas toujours réussir M Reese »
-« C'est mon travail »
-« Exécuter les missions. Vous n'avez pas d'obligation de réussite ! »
-« Si. Je dois réussir » s'entêta John
Finch chercha comment atténuer la tension en lui
-« Bien dans ce cas je ne vous paierais pas votre salaire le mois prochain »
-« Je suis sérieux Finch » soupira l'ex agent
-« Moi aussi M Reese »
Ce dernier compris qu'il ne céderait pas, voulant lui faire admettre qu'il avait aussi le droit d'échouer. Il voulait le préserver, il l'avait écouté et maintenant il cherchait à apaiser sa conscience troublée. Il se sentit envahi d'une vague de reconnaissance pour ces efforts
-« Vous allez manquer de beignets si je n'ai plus de quoi payer vos petits déjeuner » dit-il finalement, jouant le jeu. Son partenaire parut réfléchir quelques secondes puis affirma, sérieux mais rougissant :
-« Vous manquerez de "rondeur" dans ce cas »
Cette fois John ne put s'empêcher de sourire
-« J'aime toujours autant vous voir rougir » murmura t-il
-« J'aime toujours autant vous voir sourire » rétorqua Finch
Une lueur de tendresse glissa dans le regard de l'ex agent, il caressa doucement la joue de son compagnon
-« Merci Harold » chuchota t-il
Finch sourit satisfait. Il se rallongea et l'attira contre lui. John posa la tête contre son épaule avec un soupir. D'une main Harold caressa lentement ses cheveux en un geste apaisant. Il le sentit se détendre progressivement. Après de longues minute, lorsqu'il le sentit rendre les armes, il posa un baiser sur son front et se laissa aller à son tour au sommeil, rassuré.
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Le bruit de la pluie frappant contre les vitres réveilla l'ex agent. Il cligna des paupières puis s'étira avant de tendre la main par reflexe pour sentir la présence de son compagnon, reflexe que rien, même les semaines de séparation, n'avait pu effacer. Mais ce matin il ne rencontra que le vide. Il se tourna vers la place désertée, passa la main sur le drap comme pour y retrouver l'empreinte de son corps, les souvenirs de son retour dans la nuit lui revinrent. Encore une fois Finch avait su trouver les mots pour l'apaiser. Lui seul savait les mots qui le réconforteraient dans les pires situations, lui seul savait combien il détestait échouer dans leur mission. Peu importe que la victime se soit révélée le criminel il détestait l'échec. Autrefois lorsque cela se produisait la colère grandissait en lui, la frustration, le remord, un mal être. Mais personne n'était là pour lui. Puis il avait commencé sa seconde vie lorsque Finch l'avait embauché. Il avait cru que tout continuerait de la même façon. Mais c'est alors qu'il avait découvert que parfois un autre être pouvait vous comprendre, vous montrer de l'empathie, vouloir vous aider à surmonter les épreuves. Au fond il savait que cela existait mais il ne pensait pas que cela pourrait exister pour lui. Lui l'homme au passé trop lourd, trop sombre n'avait jamais connu cela. Mais Finch l'avait aidé, soutenu, soigné, et cette attitude avait sans doute amené en lui les premiers germes des sentiments profonds qui devaient grandir en lui et lui faire aimer aussi passionnément son partenaire. La force de leurs sentiments ne les empêchaient pas d'avoir faillit se perdre mais John se promit à nouveau que cela ne se reproduirait plus.
Il se leva, enfila un tee shirt et quitta la chambre. Il descendit l'escalier et s'arrêta sur le seuil de la cuisine, un sourire s'épanouit sur ses lèvres devant le spectacle qui s'offrait à lui. Installé devant la cuisinière, vêtu de son pantalon de pyjama et d'une chemise froissée, Finch semblait particulièrement concentré. Bear assied à ses pieds épiant le moindre de ses gestes. Reese s'approcha et entoura sa taille de ses bras
-« Bonjour Harold. Qu'est ce que vous faite ? »
-« Bonjour John. Je prépare le petit déjeuner »
-« Vous en cuisine ? »S'amusa Reese
-« Oui. Et ne me déconcentrez pas ! Je voudrais réussir ces œufs » grogna l'informaticien vexé
-« Cela me paraît impossible : Vous fixez cette poêle comme si votre vie en dépendait » s'amusa l'ex agent
-« Ne vous moquez pas » protesta Finch
John l'embrassa dans le cou puis posa le menton sur son épaule
-« Je ne vous dérangerais pas »
-« Vous pourriez peut être vous asseoir en attendant que je finisse ? »
-« Je suis sage » remarqua Reese sans bouger. Mais un détail attira son attention « Harold ? »
-« Oui ? »
-« J'ai l'impression que cette chemise n'est pas à votre taille » L'ex agent observa son partenaire pincer les lèvres tandis qu'une légère rougeur lui montait aux joues
-« Je vous la rendrais » murmura l'informaticien gêné
-« Non. J'aime la voir sur vous »
Finch hésita
-« Je voulais… j'avais besoin de sentir votre présence » avoua t-il en rougissant un peu plus. Alors qu'il souffrait d'être loin de lui il n'avait trouvé que ce moyen, cette chemise abandonnée, où il avait retrouvé son parfum, un peu de sa chaleur. Reese ne résista pas à cet aveu qui voulait dire tellement. Il le fit doucement basculer à demi dans ses bras, sa main glissa vers la nuque fragile pour la soutenir et il l'embrassa avec tendresse. Finch lui rendit son baiser avec la même ferveur et le prolongea. Reese laissa glisser sa main jusqu'au bouton de la chemise qu'il s'employa à ouvrir, mais un jappement de Bear les rappela à l'ordre. Finch se tourna aussitôt vers la cuisinière
-« Oh mon omelette ! » s'exclama t-il inquiet. Reese retira la poêle du feu d'un geste vif
-« Juste à temps » commenta t-il
-« Elle est trop cuite »
-« Je suis sure qu'elle sera parfaite »
Finch soupira
-« Je savais bien… » Commença t-il mais John le fit taire à sa façon
-« Chut » murmura t-il contre ses lèvres « Elle sera parfaite » répéta t-il. Finch comprit l'intention, il passa les bras autour de son cou
-« Vous ne le saurez qu'en la goutant » affirma t-il
-« Oh mais c'est bien mon objectif ! » répliqua l'ex agent avant de l'embrasser à nouveau tout en l'agrippant par les hanches. Avant qu'il n'ait pu protester il le souleva et le fit assoir au bord de la table. Il le relâcha et saisit la poêle et une fourchette. Il prit une première bouchée
-« Elle est très bonne » affirma t-il en tendant la bouchée suivante à son compagnon. Finch l'avala docilement
-« Si je dis que c'est trop cuit vous n'en tiendrez pas compte ? »
-« Non » rétorqua Reese « Et je vous en empêcherais » précisa t-il en posant ses lèvres sur les siennes
Finch sourit et renonça à protester, laissant son partenaire continuer à le nourrir en partageant le plat
-« Parmesan ? » interrogea Reese. Finch approuva de la tête. Reese fronça les sourcils « Qu'avez-vous ajouté d'autre ? » demanda t-il perplexe
-« Des noix. Vous aimez ? » S'inquiéta l'informaticien
-« C'est original ça me plait » approuva Reese « Est ce que vous vous êtes mis à lire des sites de cuisine ? » s'amusa t-il
-« De temps en temps. Mais juste pour ce genre de détail. Le reste c'est vraiment… compliqué » jugea l'informaticien dubitatif
-« C'est juste une question d'apprentissage, comme la moto. Je peux être votre professeur vous savez »
-« J'imagine, mais honnêtement je ne me sens pas à la hauteur »
-« Il suffit de le vouloir» Reese reposa la poêle et enlaça son partenaire « Vous me devez un dessert depuis hier »
-« Un dessert au petit déjeuner M Reese ? » demanda Finch ironique
-« Il y en a qu'on peut consommer à tout heure Harold »
L'informaticien prit son visage entre ses mains
-« Vous êtes gourmand John. Cela vous perdra »
-« Tant que c'est dans vos bras ça me convient » chuchota ce dernier avant de l'embrasser à nouveau, impatient. Il sentit les mains de son partenaire glisser dans ses cheveux comme les siennes s'immisçaient sous la chemise trop large cherchant le contact avec sa peau. Il abandonna ses lèvres pour parcourir son cou, suivi la courbe de l'épaule. Finch pencha la tête pour lui donner plus d'espace, sa main dérivant au creux de ses reins pour le rapprocher de lui. Il commençait à se sentir perdre pied lorsque le téléphone de John vibra. L'ex agent grogna « Pas maintenant ! » protesta t-il. Levant la tête il croisa le regard de son compagnon, lisant la même frustration dans ses yeux pales. Il se résigna à tendre la main vers l'appareil
-« Oui ? »
-« Salut John…. »
-« C'est urgent Lionel ? » l'interrompit Reese, le regard rivé à celui de son compagnon
-« Pardon ? »
-« Ton appel, c'est urgent ? » précisa l'ex agent. Leurs regards toujours liés l'un à l'autre ne se quittaient pas. Il posa la main sur la joue de son compagnon et celui-ci frotta son visage contre sa paume avant d'y poser un baiser. Reese se mordit les lèvres devant ce geste
-« Non. Je voulais juste partager les derniers infos et … »
-« Rappelle-moi dans deux heures Lionel » intima John. Finch se pencha et posa furtivement ses lèvres sur les siennes
-« Quoi ? » demanda Fusco
-« Non. Trois » corrigea Reese avant de lâcher le téléphone qui atterrit sur la table avec un petit bruit sourd. Il avait saisit son compagnon par la taille pour le faire descendre de la table sans cesser de l'embrasser. Finch agrippa son tee shirt, se collant contre lui. John le guida vers l'entrée de la pièce puis l'entraina vers l'escalier. Il se résigna à briser leur baiser pour reprendre son souffle et l'entrainer à l'étage. Parvenu sur le palier il ôta son tee shirt d'un geste souple et retira la chemise de son compagnon. Finch l'attira sur le lit. Reese s'installa au dessus de lui et s'accorda un instant pour l'observer, son regard assombrit, son souffle court, ce corps tentateur
-« Qu'y a-t-il ? » demanda Finch surprit de son immobilité soudaine
-« Je regrette mes paroles » murmura John. Il l'attira contre lui et chuchota à son oreille « J'aurais du dire à Lionel de rappeler ce soir
Finch glissa ses doigts dans ses cheveux et lui adressa un sourire mutin
-« Vous n'aurez qu'à laisser sonner » chuchota t-il avant de l'embrasser et John songea que pour cette fois il resterait sourd à tout ce qui n'était pas lui…
