Chapitre 25 ! J'espère qu'il vous plaira... Et un grand merci à vous, je viens de voir que la fic a eu plus de 300 review, donc je tiens à saluer ce nombre qui représente beaucoup, merci à tous les reviewers, qu'ils soient laconiques et enthousiastes, ou critiques et pointilleux, ou encore amoureux... Non je m'égare ^^
Pour l'avancée de la fic, j'ai fini le chapitre 26 mais je n'ai pas avancé depuis, à cause de soucis irl cette fois, mais je pense que je pourrai écrire quand même donc ça devrait aller, je vais conserver le délai d'une semaine pour me donner le temps.
Oubliettes : chapitre 25
Parler
"Hermione.
Elle ferma les yeux. Son prénom dans sa bouche semblait comme revivre. Elle se retourna lentement. Lui parlerait-il enfin ?
- Je me suis attaché à toi, articula-t-il difficilement.
Elle le fixa, comme pour juger de sa sincérité. Ses yeux noirs étaient naturels, troublés, lumineux peut-être. Ils se regardèrent un moment puis il lui tendit sa plume.
- Je n'aurais pas du dire que... C'était idiot.
- Oui.
- Ce n'est pas purement sexuel.
Elle sentit comme un poids se volatiliser.
- Cela faisait longtemps.
Elle acquiesça. Il leva de nouveau les yeux vers elle.
- Et si jeune... murmura-t-il en la regardant dans les yeux.
Elle frémit. Elle ne savait pas quoi répondre. Alors elle prit sa main dans la sienne et caressa doucement ses doigts fins. Il haussa les sourcils, se brusqua, puis accepta le contact.
Soudain, des voix, des cris, des rires se firent entendre et Hermione eut la sensation de recevoir une gifle. Snape retira sa main et pivota sur ses talons alors que la cohue d'élèves entrait dans la grande salle pour le déjeuner. Hermione demeurait là, paralysée.
- Eh Granger, tu nous empêches de passer ! dit la voix traînante de Malefoy.
Elle se retourna et le vit avec ses fidèles acolytes qui souriaient, goguenards. Elle haussa un sourcil indifférent et rejoignit la table des Griffondor sans leur adresser un mot. Malefoy ne l'atteignait plus vraiment, et ça devait le vexer puisqu'elle entendit dans son dos :
- C'est pas gentil de m'ignorer sang-de-bourbe... Cochonsort !
Elle n'eut le temps de réagir mais une déflagration retentit dans la salle. Le silence se fit et elle se retourna lentement pour découvrir Malefoy à terre.
- Monsieur Malefoy, évitez de vous abaisser à de telles imbécillités, je vous en serais gré, déclara la voix froide de Snape.
Hermione le regarda, surprise, et il repartit s'asseoir sous les yeux médusés de toute l'assistance. Elle fit de même avant d'être la cible des regards, et elle s'assit aux côtés de Ginny qui s'était déjà installée et avait commencé à manger.
- J'imagine que ça s'est arrangé entre vous, dit-elle avec nonchalance."
Hermione hocha la tête et but une grande gorgée d'eau. Vite, se rafraîchir.
ooo
Ses examens filèrent sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle dut encore une fois improviser quelques sortilèges mais se débrouilla et admit qu'elle devrait obtenir au moins un Effort Exceptionnel dans toutes les matières. Ron ne cessait de lui demander de l'aide pour ses propres devoirs, comme si sa soudaine inactivité lui permettait d'être à son service nuit et jour. Elle acceptait néanmoins sans rechigner, étudier avec toujours été un plaisir pour elle, et maintenant, de manière naturelle, enseigner le devenait.
Elle s'inquiétait parfois de sa jeunesse face à des étudiants du même âge qu'elle : saurait-elle imposer son autorité ? Et puis elle pensait à Snape. Et elle réalisait qu'elle n'avait jamais été aussi forte, patiente, et têtue de toute sa courte existence. Au moins, elle pouvait être sûre qu'il l'avait formée à enseigner, sans le vouloir non plus.
Et puis chaque jour passait avec une plénitude qu'elle savourait, le plus souvent avec un sourire béat sur le visage. Car elle savait qu'il serait là. Et qu'il était enfin à elle, autant qu'elle lui appartenait.
Quant aux cours, ses derniers cours, elle s'y rendait avec une curiosité nouvelle, comme si elle était passée... de l'autre côté. Elle notait les efforts pédagogiques de Flitwick, la faculté de se faire respecter de McGonagall, et le sens aigu du retirement de points de Snape.
"Miss Granger, chassez ce sourire niais de votre visage et concentrez-vous sur votre baguette, voulez-vous ?
La voix froide la tira de sa rêverie. Elle posa les yeux sur Snape qui s'éloignait dans un tournoiement de cape. Elle l'observa jusqu'à ce qu'il s'assoit à son bureau, et la vit en train de le regarder. Elle aurait voulu lui sourire, mais cela aurait été déplacé. Elle tâcha de faire passer tout son amour par son seul regard et curieusement - avait-elle rêvé ? - les joues de Snape parurent rosir.
Cette fois, elle ne retint pas son sourire.
C'était son dernier cours avec lui si elle avait réussi ses examens. Pourquoi était-elle nostalgique ? Après tout, elle devrait au contraire brûler d'impatience qu'il se termine pour avoir enfin l'opportunité d'être son égale... Mais elle le regardait, et elle aimait, malgré toute sa retenue, éprouver cet amour dans l'interdit d'une salle de classe.
C'était - le mot lui écorchait la bouche - excitant.
Quand il repassa dans les rangs, elle ne put détacher son regard de sa cape noire, de ses mains fines, détaillant sans pudeur le moindre de ses gestes, la simple caresse de sa main contre sa cape accélérant sa respiration. Elle ne craignait plus qu'il comprenne qu'elle le désirait. Au contraire, elle voulait qu'il le sache.
Il devait avoir compris.
Ce fut ce qu'elle pensa quand il s'arrêta derrière elle qui se tenait assise, au dernier rang, la baguette pointée sur un verre d'eau dont elle faisait tourner le liquide sans briser le verre.
Et, lorsqu'il se décala légèrement sur le côté, sa cape frôlant la sienne, elle sentit ses joues la brûler.
"Miss Granger, auriez-vous trop chaud ? susurra-t-il à son oreille.
Le murmure la fit fermer les yeux.
- Non, professeur.
Etrangement, le rappel de son statut la fit rougir un peu plus.
- Vous rougissez, continua-t-il.
Elle déglutit.
- Arrête... le supplia-t-elle dans un souffle.
Il haussa les sourcils, et sa main frôla le bras d'Hermione.
Elle sursauta et le verre se brisa.
- Miss Granger, vous viendrez me voir à la fin de l'heure, que je vous apprenne les bases de la magie.
Il l'avait piégée ! Elle sentit une vague de fureur indignée mais opina du chef comme si de rien n'était.
Cependant, elle ne pouvait nier la chaleur qui avait envahi son bas-ventre, et plus précisément se signalait par une humidité évidente entre ses jambes.
Aussi, lorsque le cours prit fin, ce fut avec appréhension qu'elle approcha du bureau, les joues roses et le souffle court. Snape ne faisait pas un geste et attendait sur sa chaise, tout en la regardant, tandis que les élèves sortaient.
Hermione n'arrivait pas à soutenir son regard. C'était intolérable.
La porte se ferma dans un claquement sourd.
- Puis-je estimer que les ASPICS auront été passés avec succès ? demanda-t-il d'une voix rauque.
Elle leva enfin les yeux vers lui, surprenant l'éclat brûlant de ses iris noirs.
- Oui.
- Il serait prudent d'attendre néanmoins...
Elle hocha la tête sans le quitter des yeux. Elle était à deux doigts de le supplier de l'emmener chez lui, quitte à perdre toute fierté.
- Quoi qu'il en soit, tu es à moi, déclara-t-il d'une voix ferme et tendue à la fois.
Elle frissonna.
- Je suis à toi, répéta-t-elle.
Il eut un sourire, un sourire sincère, vrai, qu'elle ne lui avait jamais vu, un sourire si peu familier qu'elle lui rendit avec une moue surprise.
- Il ne reste que quelques jours à attendre.
Il se leva, et descendit de l'estrade avec élégance. Il prit un verre, le remplit d'eau et la regarda. Hermione perplexe, haussa les sourcils.
- Recommence le sort, il me semble que tu étais déconcentrée tout à l'heure.
- Ah... Et il est évident que je serai plus concentrée maintenant, fit-elle ironique.
Il plissa les yeux, puis passa derrière elle pour se soustraire à son champ de vision. Elle se concentra et recommença, avec succès, bien entendu. Toutefois, le souffle de Snape troublait ses gestes et le verre tremblait sur la table. Alors, la main chaude du professeur s'empara de la sienne, avec une douce fermeté, et guida le mouvement circulaire de sa main. Elle ferma les yeux. L'eau tournoyait à la perfection.
Il était plus proche. Juste derrière elle. Son torse contre son dos. Il posa son autre main sur sa hanche. Et se rapprocha encore. Elle sentit la bosse de son pantalon et soupira.
Sa main caressa son ventre, puis descendit, passa sous la cape, enserra sa jambe, puis entrouvrit ses cuisses et se glissa entre ses lèvres. Elle lâcha sa baguette et le sort s'arrêta net mais il ne délaissa pas sa main et l'attira vers lui, se décalant à peine pour qu'elle puisse caresser son membre dur à travers le tissu.
- Doucement, lui intima-t-il dans un murmure.
Elle entreprit une lent mouvement de va-et-vient, sans être parfaitement sûre d'elle, et de plus en plus sensible aux caresses de son amant. Ses doigts n'entraient pas en elle, se contentant de tourner délicatement autour de son clitoris.
Sa respiration se faisait plus rapide.
Elle accéléra ses caresses, se faisant plus ardente. Elle voulait qu'il jouisse maintenant.
Et il avait manifestement la même envie la concernant.
- Jouis, dit-il sourdement à son oreille.
Elle gémit, et son ordre se répéta encore. Enfin, elle retint son souffle, et serra la main de Snape entre ses cuisses. Et elle l'entendit grogner de satisfaction, dans un orgasme puissant à son tour.
Ils restèrent l'un à l'autre le temps de reprendre leur souffle. Puis Snape retira sa main, laissant un grand vide derrière lui et tous deux réajustèrent leurs vêtements. Enfin, Hermione se retourna, et lui sourit avec tendresse.
- Comment aurait-on pu tenir une année entière ? demanda-t-elle les yeux brillants.
- J'imagine que je serais parti, fit-il en soupirant.
Il s'appuya à la table et croisa les bras. Hermione sentit qu'il disait la vérité, et quelque part, c'était assez surprenant qu'il révèle ainsi ses réflexions sentimentales alors que jusque là, elle ne pouvait le juger que sur ses actes.
- Vraiment ?
Elle avait besoin qu'il le confirme. Il la regarda, puis secoua la tête, irrité.
- Autant vous êtes une brillante sorcière miss Granger, autant vous manquer parfois de perspicacité, dit-il d'une voix doucereuse.
Hermione fronça les sourcils, vexée.
- Et sur quoi se fonde cette remarque, professeur Snape ?
Il grimaça et reprit :
- Je pensais, compte tenu des circonstances, que tu me connaissais un tant soit peu. Je ne suis pas un homme qui parle de lui avec facilité, et encore moins de ses émotions, et si je le fais, cela signifie réellement quelque chose malgré les euphémismes...
La jeune femme plongea dans une intense réflexion, le raisonnement qui en sortit était le suivant : quand il disait s'être attaché à elle, il insinuait peut-être bien plus... Et quand il disait le contraire, ou rien du tout, cela insinuait également quelque chose pour lui... Diable, quel homme compliqué.
- C'est vrai que j'aurais du comprendre que par "je ne vous aime pas", tu voulais dire "j'ai des sentiments pour toi", c'est tellement évident, se moqua-t-elle.
Mais derrière la moquerie se cachait une tentative inespérée d'avoir une réponse à sa question implicite : avait-il des sentiments depuis le départ ?
- Peste.
Ca, ce n'était pas vraiment une réponse.
- Idiot.
Ils se regardèrent, chacun soutenant les yeux de l'autre. Puis Hermione éclata de rire et Snape haussa un sourcil amusé. Ils se quittèrent enfin, chacun devant rejoindre la grande salle, et estimant préférable de ne pas s'y rendre simultanément.
Hermione retrouva Harry qui avait un air étrangement compatissant sur son visage. Curieux, songea-t-elle. Quelqu'un était mort ?
- Ca s'est bien passé avec Snape ?
La jeune femme le fixa sans comprendre et serra sa fourchette avec une telle force que ses jointures avaient jauni.
- Comment ça ? demanda-t-elle apeurée.
- Eh bien, il devait te montrer... Pour le sort... expliqua Harry perplexe.
- Ah ! Oui, j'avais oublié ! Enfin, je veux dire... Je l'ai envoyé paître et il m'a laissé partir... mentit-elle.
- Tu l'as envoyé paître ? Snape ? C'est fou, je crois que je ne m'habituerai jamais, marmonna Ron."
Elle sourit et se concentra sur sa soupe. Quand aurait-elle enfin ses résultats ?
ooo
La question la taraudait jour et nuit, stimulant des rêves de plus en plus angoissés et impatients, échauffant son esprit cartésien. Elle regardait Snape l'air désolé, comme si l'attente était de sa faute. Et puis elle craignait qu'il n'y accorde aucune importance. Peut-être que sa jeunesse la rendait ainsi, et non l'amour.
Et, enfin, le jour vint où elle eut confirmation que sa vie prenait un tournant, et qu'elle irait de l'avant. C'était un lundi matin, deux semaines après les examens.
Les élèves déjeunaient avec dépit, car la journée s'annonçait longue, et Hermione elle-même ne prêtait plus attention aux hiboux qui volaient sous le plafond brumeux tant elle s'était épuisée psychologiquement à toujours rêver d'avoir son courrier tant attendu.
Mais cette fois, un hibou majestueux s'arrêta, avec une élégance très officielle, devant son assiette. Comme Hermione ne lui accordait pas vraiment son attention, il émit un hululement sonore et la moitié des étudiants de Griffondor se tournèrent vers lui, le souffle coupé.
"C'est quoi ce hibou ? Ca vient du ministre ? demanda une voix curieuse.
Hermione observa l'oiseau et reconnut le sceau qui ornait les portes de l'institut d'éducation magique. Il était là pour elle ! Fébrile, elle tendit la main et décrocha l'enveloppe, laissant l'oiseau reprendre son envol, manifestement pressé.
- Les résultats ? demanda la voix tendue de Ginny.
Hermione la regarda et oublia de lui répondre. Puis, elle jeta un discret coup d'oeil vers la table des professeurs. Snape la fixait, mais aussi la majorité d'entre eux. Elle rosit et déchira le papier, sous les yeux avides de ses camarades.
- Alors ? interrogea Ron alors qu'elle dépliait tout juste le parchemin.
Le sourire rayonnant qu'elle lui offrit fut aussi explicite qu'une réponse verbale.
- C'est bon ? demanda tout de même Ginny.
- C'est bon.
C'était bon. C'était bon. Son coeur battait à une vitesse folle. Peu importait les lettres qui accompagnaient chacune des matières, seul importait la confirmation de sa réussite, en bas à droite. C'était bon.
- Bravo ! Tu as optimal dans presque toutes les matières, c'est génial ! s'exclama Harry."
Elle leva les yeux vers lui, il regardait le parchemin, avec ses amis dans son dos, bientôt rejoints par d'autre Griffondor curieux. Les laissant à leurs observation réjouie, elle se retourna vers Snape. Quand elle le vit, les yeux toujours fixés sur elle, elle ne put s'empêcher de lui sourire sans se préoccuper des regards des autres professeurs.
Si elle avait pu courir pour l'embrasser à l'instant même, elle l'aurait fait.
Il fit un discret hochement de tête. Dumbledore lui adressa le même hochement de tête, ainsi que ses voisins.
C'était enfin fini. Elle pouvait être avec lui.
Elle regarda de nouveau ses camarades puis, sans un mot, elle se leva et sortit de la salle.
ooo
Le soleil peinait à percer la brume et une vague clarté s'étendait dans le parc, sans être étouffante : au contraire, elle donnait à Hermione le sentiment d'une liberté ineffable. Elle respirait à plein poumons, inspirant de grandes gorgées d'air pur, marchant les yeux fermés. Sûre d'elle.
Elle avait envie de pleurer.
Toute la tension qui s'était accumulée s'évaporait dans un souffle.
Elle s'assit, indifférente à l'humidité de l'herbe. La rosée ? Quelle importance ? C'était agréable après tout... Un peu de fraîcheur. Un bruit singulier attira son attention. Elle était persuadée d'avoir entendu un... miaulement ?
Elle regarda autour d'elle et aperçut une touffe de poils orangés, aux pieds d'une robe d'un bleu argenté.
"Pattenrond ! s'écria-t-elle.
Le chat avait pris ses libertés depuis quelques temps, mais il réapparaissait toujours quand il le fallait. Elle le caressa avec tendresse.
- Votre chat est un guide merveilleux miss Granger, remarquablement intelligent.
Dumbledore la regardait de toute sa hauteur, radieux. Puis il jeta un coup d'oeil au lac.
- Rien ne vaut le spectacle du lac un matin de brume, vous ne trouvez pas ?
Elle observa à son tour. Il n'avait pas tort.
- Vous devriez me suivre dans mon bureau, nous avons des détails à régler.
Quelques minutes plus tard, elle faisait face au directeur assis, entourée de Sidouris McGonagall, et Snape. Chacun des professeurs lui donna quelques conseils et Snape fut invité à lui apporter son aide durant les premières semaines, ainsi que son programme pour qu'elle n'ait pas de trop importante préparation dans les premiers jours.
- Je suis bien entendu disponible, j'aimerais éviter les étudiants deviennent plus bêtes qu'ils ne le sont.
Elle le regarda avec un sourire. Ses sarcasmes avaient quelque chose de joué maintenant et ils l'amusaient plus qu'autre chose. Snape haussa un sourcil et McGonagall eut un sourire fier.
- Parfait Severus, je vous remercie.
Dumbledore fronçait les sourcils, visiblement en pleine réflexion.
- Miss Granger, je vais vous montrer vos appartements, poursuivit-il après un temps.
- Mes appartements ?
- Vous êtes professeur maintenant.
Elle déglutit.
- Albus, j'espère que vous ne l'obligerez pas à manger à notre table, miss Granger peut profiter de sa dernière année en compagnie de ses amis... dit McGonagall sur un ton de reproche.
- Je crois que nous n'avons pas le choix Minerva, il s'agit d'officialiser son poste, et d'instituer son autorité, expliqua le directeur.
Hermione qui commençait à se sentir exclue de la conversation échangea un regard avec Snape, qui semblait s'ennuyer à son tour.
- Je peux manger à votre table, ça ne me dérange pas, conclut-elle pour mettre un terme à leur discussion devenue animée.
- C'est vous qui voyez. Et appelez-moi Minerva dans ce cas.
Hermione la regarda les yeux ronds. L'idée d'appeler McGonagall Minerva lui paraissait aussi saugrenue que de devenir attrapeuse de l'équipe de Griffondor.
Quand elle découvrit ses appartements, et qu'en plus Dumbledore lui parla de son compte à Gringott afin de verser un salaire mensuel, Hermione se sentit définitivement adulte, affublée de toutes nouvelles responsabilités.
Ils ressemblaients beaucoup à ceux de Snape, hormis que la chambre était plus grande et meublée. Pour le reste, elle commença à songer à la décoration et regardait pensive les murs, se demandant comment il serait possible de faire apparaître une fenêtre par magie.
- Ils vous conviennent ?
Elle hocha la tête, convaincue que la question ne pouvait être que rhétorique.
- J'espère que la proximité des appartements de votre professeur de défense, ou plutôt collègue n'est pas un problème, ajouta-t-il.
Elle répondit sans réfléchir en le suivant dans le couloir :
- Bien sûr que non.
Mais quand elle vit son regard pénétrant se poser sur elle et un sourire pensif orner ses lèvres, elle crut bon de poursuivre :
- Après sept ans, j'ai eu le temps de m'habituer à son caractère, bien qu'il soit toujours ignoble."
Elle était peut-être allée un peu loin mais elle n'aimait pas beaucoup la perspicacité du directeur. Mais elle ne put savoir si cela avait été suffisant : il marchait déjà à grands pas vers son bureau.
Il la congédia, lui suggérant de déménager ses affaires avec l'aide des elfes si elle le souhaitait, et de se reposer pour sa journée. Elle aurait cours dans deux jours, dès que Sidouris serait absent.
ooo
Comme elle était maintenant libre de ses faits et gestes, elle décida de sortir du château. Elle en profita pour se balader dans Pré-au-Lard, avant de transplaner chez ses parents où elle déjeuna et partagea son nouvel enthousiasme.
Quand elle revint, elle s'occupa d'apporter ses affaires elle-même, pour le côté symbolique du déménagement. Mais ce fut avec un pincement au coeur qu'elle décrocha ses photographies des murs. Elle serait bien plus éloignée de ses amis, du dortoir, de la salle commune... Pourrait-elle revenir ? Elle jeta un coup d'oeil au lit de Ginny avec amertume.
Puis quand elle passa devant la cheminée, elle eut un sourire triste. Les images traversaient son esprit, lui rappelant les bons - et mauvais - moments passés en compagnie de Ron et Harry. Elle espéra qu'ils ne changeraient pas d'attitude envers elle. Elle songea d'ailleurs qu'elle ferait mieux de ne pas parler de sa relation avec Snape, cela pourrait noircir le tableau plus encore. Pourvu que rien ne change... Mais comment pouvait-elle être aussi idiote ! Bien sûr que tout allait changer...
Elle eut un soupir quand des premières années entrèrent. Elle les salua d'un signe de tête sans doute décontenançant puisqu'ils la regardèrent avec un sourire timide. Enfin, elle sortit, traînant une valise lourde et portant un sac à bandoulière lui striant l'épaule. Cela faisait du bien de se passer de magie de temps en temps.
ooo
Hermione ne perdit rien de sa nostalgie durant le repas. Quelque part, elle se sentait comme furieuse contre ses amis qui ne voyaient pas que ce repas avait de l'importance pour elle, parce que c'était le dernier à leur table. Elle aurait voulu que ce soit aussi spécial pour eux que pour elle. Mais cela ne l'était pas. Elle mangea peu.
Heureusement, elle pensait à ce qu'elle ferait ce soir. Elle se demandait si elle pouvait retrouver Snape. Etait-ce trop tôt ? De toute façon elle irait dans ses appartements. Mais alors qu'elle réfléchissait à cette possibilité, Ron, Harry Et Ginny ne semblaient pas l'inviter à rester avec eux dans la salle commune. Elle étouffa sa rancoeur et les salua froidement pour retrouver ses quartiers. Elle serait bien mieux là-bas ! Elle pourrait justement commencer à décorer...
Mais alors qu'elle marchait, elle sentit une chaleur dans sa poche. Sans comprendre, elle plongea sa main et en sortit un gallion. La gallion de l'AD ! Elle avait complètement oublié tant c'était devenu une habitude de le mettre dans sa poche ! Elle lut l'inscription : Rendez-vous dans la salle sur demande.
Intriguée, elle fit demi-tour.
Que se passait-il ? Quelqu'un était-il en danger ? Harry souhaitait-il donner des cours de Défense, comme autrefois ? C'était absurde... Elle marchait de plus en plus vite, le coeur battant à tout rompre dans sa poitrine. Soudain, elle sursauta. Elle avait senti quelque chose contre son cou. Elle se retourna et attrapa au vol un bout de papier. Encore un message ?
Rendez-vous chez moi, S.
Etrange. S, c'était Snape bien entendu. Severus.
Elle sourit à la formulation du mot. Ce n'était pas une invitation mais une sorte d'ordre sous le couvert d'un impersonnel plus poli. Elle commençait à bien le connaître. Peut-être craignait-il qu'elle ne vienne pas ? Elle hésitait. Mais sa curiosité était trop forte, malgré le bonheur que procurait cette seule invitation.
Elle continua donc jusqu'à la salle sur demande. Ne sachant trop ce dont elle avait besoin, elle tenta : "j'ai besoin d'un endroit où j'ai rendez-vous". Elle répéta trois fois et une porte apparut. Elle prit une grande respiration et entra.
"Surprise !
Les voix crièrent en choeur. Et un fracas de pétards retentit, avec des étincelles et une fumée rouge douteuse. Hermione interloquée, restait figée sur le pas de la porte.
- Entre vite ou on va se faire repérer ! s'écria un rouquin qui n'avait rien à faire là.
- Fred, mais comment es-tu venu !
- Hermione, tu doutes encore de nos talents ? interrogea Geogre en feignant d'être vexé.
Elle sourit et regarda autour d'elle. Presque toute leur année de Griffondor était là, mais aussi des Poufsouffle et des Serdaigle ! Luna parlait avec Neville, Cho avec Dean, et il y avait même... un groupe de musique !
Elle ouvrit la bouche de stupeur.
- Tu ne croyais pas qu'on n'allait pas fêter ça ! dit Ron qui arrivait avec Harry.
Elle rougit, se voulut d'y avoir pensé et les remercia chaleureusement.
Les heures qui suivirent furent consacrés à de joyeuses conversations, à de l'ingurgitation de bièraubeurre et à des spectacles de farces par les jumeaux Weasley. Hermione en avait oublié Snape et le rendez-vous tant sa surprise et les festivités l'avaient déboussolée.
Finalement, la salle sur demande se vida peu à peu, les élèves ayant cours le lendemain. Hermione, Harry, Ron et Ginny furent les derniers à partir, alors qu'il était minuit passé.
- Harry, mets la cape ! Si on vous voit, on pourrait vous retirer des points ! Et d'ailleurs, je suis en position de le faire maintenant, ajouta-t-elle narquoise.
Ron grogna et marmonna quelque chose comme "rabat-joie" avant de trébucher dans en se prenant les pieds dans la robe de sa soeur.
La nouvelle professeur rit et dit d'une voix claironnante :
- Snape n'a qu'à bien se tenir !
Ils rirent de bon coeur et se séparèrent sur ces bonnes paroles. Elle les observa disparaître et soupira, le sourire aux lèvres. Elle était perdue maintenant... Comme si elle savait qu'elle n'avait pas à les suivre mais qu'elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle dormait ce soir... Soudain, un murmure la fit bondir :
- Snape n'a qu'à bien se tenir ?
Elle se retourna vivement et vit l'intéressé la regarder avec un rictus moqueur.
- Oh... C'est-à-dire que... Je plaisantais, s'excusa-t-elle.
Elle plongea ses yeux dans les siens. Tout lui revint : le rendez-vous. Le rendez-vous ! Elle rougit et regarda ailleurs sous ses yeux pénétrants.
- Comment tu m'as trouvée ?
- Sort de localisation. Ton nom n'apparaissait nulle part alors j'ai supposé que tu étais ici. J'ai donc attendu, retiré des points, et attendu encore.
- Pardon, j'avais oublié... Et ils ne m'avaient rien dit...
- Très bien, trancha-t-il.
Elle lui sourit, se sentant effroyablement coupable devant cet effort qu'il avait mis en oeuvre pour la trouver.
- Je peux toujours venir ?
Il fit un geste indifférent de la main et prit la direction des appartements. Alors, elle le suivit, interprétant cela comme un oui.
Il lui ouvrit sa porte sans un mot et Hermione eut l'étrange impression qu'ils auraient leur premier rendez-vous, à la manière de n'importe quel couple. Elle sourit intérieurement à cette idée, persuadée que Snape en était autant gêné qu'elle.
- Whisky pur-feu ?
- J'ai déjà bu assez de bièraubeurres pour la soirée, refusa-t-elle poliment.
Il haussa un sourcils, eut une hésitation, et se servit un verre avant de s'asseoir sur le canapé. Il fit apparaître un fauteuil rouge et Hermione s'assit à son tour face à lui.
Ils se regardèrent un instant puis Snape fronça les sourcils et but une grande gorgée. A cet instant-là, la jeune femme ne put réprimer l'éclat de rire qui se frayait un chemin en elle. Snape faillit faire tomber son verre et lui jeta un regard vexé.
- Quoi ?
Elle fit non de la tête.
- Tu peux partir si tu veux.
- Mais non, c'est juste étrange... Je ne suis pas habituée...
- Il ne faut pas se forcer non plus.
- Je ne me force pas.
Elle rajouta, nerveuse :
- Tu te forces ?
- Non.
Elle hocha la tête, rassurée. Puis elle détourna le regard vers la bibliothèque.
- Je peux... ?
- Oui. Mais n'abîme rien.
Elle se leva sans manquer de lui adresser un regard de reproche et contempla les ouvrages, se demandant lequel elle pourrait lire le lendemain.
Elle trouva un ouvrage sur les potions et découvrit des annotations à l'intérieur. Elle regarda par-dessus son épaule. Il l'observait depuis le canapé. Elle lui sourit.
- Pourquoi le Prince de sang-mêlé ? demanda-t-elle enfin.
Il se raidit subrepticement et posa son verre sur la table basse.
- Une ambition démesurée de jeunesse. Un peu la même qui pousse à tenter un concours de professorat avant tout le monde.
Elle lui sourit de nouveau et retourna s'asseoir, cette fois à ses côtés.
- Raconte-moi... ce que tu pensais durant tous ces mois... murmura-t-elle en le regardant de biais.
Il se tourna vers elle, perplexe.
- Je veux savoir quand ça a commencé, tu comprends ? Ce n'est pas juste autrement.
- La vie est injuste, il faut vous y faire...
Le vouvoiement la refroidit mais elle insista :
- S'il-te-plaît.
Elle posa sa main sur sa jambe et fit son regard suppliant le plus réussi qu'elle avait en réserve. Il céda dans un soupir.
- Comment résister ? Bien...
Il croisa ses mains et commença à parler.
fin du chapitre 25 ! Et à votre avis, "cochonsort", ça aurait fait quoi ?
Alors, soulagées ?
