25. Ouvert et fermé
Percy avait l'impression d'être drogué.
Normalement, il aurait été accablé à l'idée d'avoir perdu une pizza, mais les lèvres d'Annabeth étaient bien plus addictives qu'il n'aurait pu imaginer.
Waouh ! Ça se passe vraiment ! pensa-t-il. La surprise arrêta tous les muscles de son corps. Ses bras étaient tendus face à lui, comme une poupée assise sur un étagère. Annabeth l'embrassait. Annabeth, la fille dont Percy, croyant qu'elle était un mec, était sérieusement amoureux, l'embrassait, lui. Les yeux d'Annabeth étaient fermés, et elle avait un goût de chocolat, même si ses lèvres étaient fermes contre sa bouche, comme si elle s'attendait à que quelque chose de mauvais arrive, ou à qu'une décharge électrique les ramène à la réalité. Et quelque chose comme ça se passait presque, mais aucun des deux ne semblait s'en préoccuper. Les lèvres d'Annabeth tremblèrent et s'adoucissement légèrement, permettant à Percy de glisser les siennes au-dessus et d'avancer son menton.
Waouh ! pensa-t-il de nouveau en fermant les yeux et soupirant de bonheur, ça se passe vraiment.
Ses bras recommencèrent finalement à écouter son cerveau, et ils entourèrent le corps d'Annabeth, la rapprochant de lui. Elle était si fine, si légère. Il pouvait sentir la fermeté du bandage sur son dos à travers son pull, la maintenant enfermée. Oubliez les papillons il avait un concert de rock entier dans son ventre. Son cœur battait sans limites, vibrant dans tout son corps comme une batterie. Ses oreilles résonnaient comme s'il était trop près d'enceintes diffusant un solo de guitare. Ses pensées imitaient la foule en délire, hurlant à la bande de continuer. Et il était complétement absorbé par elle.
Annabeth recula un instant, haletant, puis elle trouva ses lèvres à nouveau, et cette fois-ci les siennes étaient ouvertes et demandantes. Elle se laissait porter par l'instinct, par l'instant. L'Annabeth qui avait une stratégie complète pour chaque minute de sa vie en garçon était bien loin. Elle était en train de lui montrer qui elle était vraiment brillante, magnifique, sa meilleure amie… et quelqu'un qui embrassait terriblement mal. Ses lèvres s'étirèrent quand il sourit et Annabeth recula, sentant le changement.
- Qu… Qu'est-ce qu'il y a ? murmura-t-elle à quelques millimètres de son visage.
Ses joues étaient éclairées par l'écran bleu de la télévision, ses yeux gris étaient deux grains lumineux déterminés à briller dans le noir.
Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire. Il avança de nouveau, et ses dents pincèrent la lèvre inférieure d'Annabeth. Elle suivit, et il pouvait sentir la chaleur émanant de son visage ou peut-être était-ce celle qu'il dégageait qui se réfractait. Les mains d'Annabeth, qui avaient commencés sur sa poitrine, glissèrent de haut en bas de sa colonne vertébrale, envoyant des frissons dans ses genoux. Elles tremblaient tout en bougeant, comme si elle était nerveuse et excitée en même temps. Finalement, elles se posèrent à l'arrière de son cou, chaudes et douces. Avidement, Percy fit de même, et tenu la base de sa tête, les boucles blondes entre ses doigts. Il tira doucement, s'assurant que tout était réel, qu'il ne rêvait pas.
De nouveaux sentiments, des sentiments confirmés, tétanisaient son corps. Il ne pouvait pas croire que ça se passait vraiment, et la preuve étaient juste là à ses lèvres. Il la voulait. Il la voulait tellement. Tout ce qu'il pouvait faire pour le prouver était l'embrasser encore. Il espérait juste qu'il compensait pour la dernière fois, car même s'il ne s'en souvenait pas, ça avait dû être une horrible expérience.
Elle fit un pas en avant, se rapprochant de lui, mais l'équilibre devint précaire et Percy trébucha en arrière, l'entraînant dans sa chute. Ensemble, ils trébuchèrent contre les pieds de l'autre, n'osant pas se détacher, et Percy tomba de dos sur son lit. Ils pouffèrent ensemble un moment, leurs nez se touchant, et ils s'embrassèrent de nouveau pendant qu'Annabeth s'installait à ses côtés. Elle s'améliorait plus relaxée, moins perfectionniste, plus de langue (toujours un bonus).
Elle était timide au début, peut-être ne sachant pas si elle se débrouillait bien, mais ça ne dérangeait pas Percy. Sa tête nageait en sensations, s'exaltant sur tout ce qui avait pu mener à ce moment. Pour lui, la seule chose qui était importante dans le monde était Annabeth. Son odeur, celle de savon de douche pour homme familière aux vestiaires de la piscine, Percy ne pouvait trop en avoir. Les mesures qu'elle prenait pour garder cette façade d'elle-même pour que personne de suspecte qu'elle était quelqu'un d'autre qu'un mec normal… Il la voulait encore plus, car il n'y avait plus rien à cacher entre eux.
Annabeth devint gourmande et se pencha pour embrasser sa lèvre supérieure, mais leurs dents claquèrent si fort qu'elle mit une main contre sa bouche, choquée.
- Oh non, désolée, dit-elle. Désolée ! Tu vas bien ? Je ne voulais pas…
- C'est pas grave, soupira-t-il, l'embrassant légèrement. Qui veut des dents, de toute façon ?
- Je suis super nulle à ça, dit-t-elle, souriante.
- Non, c'est pas vrai.
- Si. Parce que, murmura-t-elle, tu es mon premier baiser. Mon premier vrai baiser.
- Je ne m'en suis pas rendu compte.
Il écarta la main d'Annabeth, remarqua sa petite taille comparée à la sienne, et l'embrassa de nouveau. Elle tordit son poignet et entremêla ses doigts à ceux de Percy, soupirant comme si on lui volait son oxygène. Percy roula, les ressorts du matelas couinèrent, et il se plaça au-dessus d'Annabeth, la laissant découvrir comment fonctionnait l'histoire du baiser : ce qu'elle ressentait quand elle suçait sa lèvre inférieure, ce qui picotait quand leurs langues se rencontraient, comment un gémissement pouvait signifier tellement.
Avec son autre main, Percy caressa sa mâchoire, laissant à peine ses doigts toucher les petits poils sur sa peau, et il pouvait sentir ses muscles se tendre et la chair de poule apparaître à son contact. Il l'embrassa, passionnément, en voulant plus, et tourna son visage de côté. Il embrassa sa joue, sa mâchoire, et glissa le long de son cou. Il voulait désespérément sucer les endroits les plus doux de sa peau, la faire trembler de plaisir et supplier d'en avoir plus, mais elle l'arrêta en posant ses mains à chaque côté de son visage avant qu'il puisse en faire plus.
- Tu vas me faire un suçon, dit-elle en le faisant remonter.
Percy leva la tête, mais de très peu. Elle avait raison. Si quelqu'un voyait un suçon sur son cou, on allait se poser des questions. Ils étaient au collège. Personne n'ignorait un suçon. Donc il l'embrassa sur la bouche à nouveau.
Ses paumes étaient douces et chaudes sur ses joues, il voulait se souvenir de ce moment pour le reste de sa vie. Quand elle respirait par le nez, l'air glissait sur sa peau et il sentit son sourire à nouveau, ce qui le fit sourire à son tour. Une expression disait que si tu fais une tête trop longtemps, ton visage resterai comme ça à jamais, et, disons que Percy ne serait pas contre avoir ce sourire collé à son visage pour le restant de ses jours.
- Donc tu n'as jamais fait l'amour ?
- Non, répondit Percy alors qu'ils étaient blottis l'un contre l'autre dans son lit.
C'était épuisant, s'embrasser pendant plus de six heures (ah oui, et battre un nouveau record de natation mais qui contait de toute façon ?), donc il avait une bonne raison d'être fatigué. Mais Percy était trop excité pour dormir, pas quand son bras était atour d'Annabeth, sa tête sur la poitrine de Percy pendant qu'ils discutaient alors qu'il faisait déjà jour. La boîte de pizza, qu'Annabeth avait laissé tomber longtemps auparavant, avait finalement été ramassée et rangée dans le petit frigo pour plus tard. Aucun des deux n'avait faim maintenant qu'ils avaient l'autre.
- Mais tu as déjà eu des copines, dit-elle en se basant sur leur conversation antérieure.
- Ouais.
- Donc ça fait quoi de moi tout ça ?
Elle leva la tête et la tourna, de façon à laisser Percy voir la forme générale de son visage illuminée par les rayons de soleils venant de la fenêtre.
- On va donner un nom à ce qu'il arrive ?
- Tu es ma… copine ? copain ? C'est important ?
- Un peu. Je suis Annabeth ici, mais dehors… Qu'est-ce que penseraient les gens ?
- Et alors ?
Annabeth haussa une épaule.
- Attends, tu te repentis de ton baiser ? blagua Percy. Je voudrais que tu saches que le Percy-ville Express est strictement non remboursable.
- Le Percy-ville Express ? rigola Annabeth, le frappant sur l'épaule.
- Ouais, parce qu'une fois parti, je suis presque instopable !
Il mima un train de ses mains.
Annabeth leva les yeux au plafond mais sourit de toute façon.
- Non, j'ai aimé t'embrasser, genre, vraiment aimé t'embrasser. Mais les choses sont différentes maintenant, non ?
- Différentes dans un bon sens, je crois.
Ils restèrent couchés là un moment encore alors que les oiseaux commençaient à chanter. Percy ne changerait rien de ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Ça avait été la meilleure nuit de sa vie, finalement. Ses lèvres étaient encore engourdies et picotantes, probablement roses et définitivement un peu gercées. Ils avaient, en quelques sortes, rattrapé le temps perdu.
- Tu aurais cru que ça se passerait comme ça ? demanda Annabeth, la voix douce.
C'était comme si elle pensait à la même chose que lui.
- Non, ria-t-il. Mais je ne me plains pas.
Annabeth posa sa main sur le pull de Percy et y reposa son menton en le regardant. Elle était magnifique. Il voulait l'embrasser de nouveau. Mais il voyait son cerveau travailler derrières ces yeux gris. Elle réfléchissait à tout ceci, comment ça pouvait affecter leurs vies à partir de maintenant, qui elle pouvait être.
- Et si j'étais un homme ? demanda-t-elle. Ça changerait quelque chose ?
Percy laissa la question flotter dans l'air un moment, mais répondit sincèrement :
- Non.
C'est la réponse la plus simple et la plus honnête qu'il pouvait lui donner.
- Tu me plais.
Les joues d'Annabeth tremblèrent puis elle sourit.
- Toi aussi tu me plais. Mais les choses sont compliquées maintenant.
- Je crois qu'à ce stade j'ai compris que tu n'allais rien rendre facile pour moi.
Elle eut l'air un peu blessée quand il parla.
- Viens-là, dit-il, bougeant un peu pour lui laisser de la place sur le lit.
Annabeth grogna quand elle se releva à son niveau et se recroquevilla contre lui, sa tête sur son épaule.
- Tu me plais, beaucoup. Et je ne veux pas que tu sois inconfortable à cause de quoi que ce soit. Si tu préfères, on peut garder ça entre nous.
- Et Piper.
- Et Piper et Jason.
- Et Jason, accorda Annabeth.
De toute façon, ils ne pouvaient pas leur cacher grand-chose. Connaissant Piper, son radar à relations amoureuses clignotait comme jamais en ce moment même.
- Si tu as peur de ce que les autres vont penser, je comprends. Même moi je ne suis pas sûr de tout comprendre…
Mais il comprenait qu'il voulait être avec Annabeth. Ce n'était pas dur du tout à comprendre.
- Je sais que je ne devrais pas avoir honte à cause de ça…
Elle commençait à s'assoupir, Percy l'entendait dans sa voix, à la manière qu'elle avait de devenir plus aiguë et basse quand elle parlait.
- Je ne veux pas faire attention à ce que les autres vont penser, mais je ne veux pas attirer l'attention sur moi. Sur toi.
Percy se tut. Tout le monde les verrait comme un couple homosexuel. Elle était inquiète pour lui, inquiète de ce que les autres pourraient lui dire, ou même lui faire. Percy voulait dire « qu'ils aillent se faire foutre » mais il comprenait. Le monde serait un endroit meilleur si tout le monde se sortait la tête du…
Elle continua.
- Pour toi, je suis moi pour eux, je… ne le suis pas.
Annabeth cala sa tête contre son épaule, plus confortable chaque seconde.
- Je comprends, dit-il. Journaliste le jour…
Il était plus facile de blaguer et la calmer qu'essayer de lui dire que rien de mal allait arriver. Il ne pouvait pas lui promettre ça. Mais il allait promettre faire tout son possible pour la protéger. Il n'était pas inquet pour lui-même. Annabeth était la priorité. Elle avait beaucoup plus à perdre que lui, et il ferait tout pour sauver ça. Il pouvait le garantir.
- Je suis sérieuse, dit-elle.
- Moi aussi.
Percy ne s'était pas rendu compte qu'il avait les yeux fermés. Il était tellement fatigué que les ouvrir de nouveau serait un exploit. Il se sentait flotter sur la surface de l'océan, baignant dans un rêve d'été.
- Percy ? demanda Annabeth, juste au-dessus qu'un murmure.
Il parvint à faire un faible « mhh ? » alors que le sommeil l'envahissait.
- Je… Bonne nuit.
Il ne rêva pas. Il n'en avait pas besoin, pas quand il avait Annabeth à ses côtés, qu'il était sûr de son existence, dissoute dans la certitude qu'elle serait toujours là.
Il ne se réveilla que parce que son réveil le lui ordonna.
Il lui hurlait de trainer ses fesses en cours pour ne pas être en retard, et il bougea pour l'éteindre mais trouva Annabeth toujours sur lui, quoi que plus réveillée maintenant que son oreiller personnel Percy lui avait était retiré. Ils étaient un mélange de corps fatigués avant qu'Annabeth se traine par-dessus lui pour éteindre le réveil.
Son haleine était probablement moins qu'idéale, surtout avec ce qu'il savait être une rivière de bave sèche sur sa joue, et il clignait des yeux fatigués, mais Annabeth l'embrassa de toute façon. Mieux qu'une tasse de café.
Elle aurait pu sucer ses chaussettes de gym sales ou du thon pourri pour ce qu'il en avait à faire, parce qu'elle avait un goût aussi doux que la nuit d'avant. (L'haleine matinale était-elle un obstacle à… ce que « c' » était, non ? Serait-il assez imprudent pour penser que ce n'était qu'une petite amourette ?) Mais Annabeth recula légèrement et le regardant en souriant, le pli de son pull marqué sur sa joue, ses boucles désordonnées, ses yeux encerclés par de légères marques pourpres par manque de sommeil, mais ça ne l'empêchait pas d'être magnifique.
- Donc c'est arrivé, dit-elle.
- Ouais.
Il sourit, nettoyant le reste de bave de sa manche.
- Oh, tu sais quoi, j'ai oublié un truc…
Il s'appuya sur son coude et lui vola un autre baiser.
Elle se rapprocha, soupirant par tentation de rester au lit toute la journée et ne faisant que ça, et elle resta assez longtemps pour que Percy croie qu'elle le ferait vraiment avant qu'elle ne recule et grogne.
- Je devrais prendre une douche.
- Vas-y, dit-il, son corps pas encore tout à fait… bon, une partie de son corps était bel et bien réveillée.
Annabeth l'embrassant une nouvelle fois avant de se lever. Elle retira son pull par-dessus sa tête, entrainant son t-shirt en même temps, révélant les bandages qui entouraient fermement sa peau. Percy vu la peau rouge, irritée et enflée, et essaya de l'attraper avant qu'elle ne parte vers la salle de bain. Il réussit à attraper un bout de son t-shirt et tira. Sourcils froncés, elle le laissa la tirer vers le lit, mais quand elle vit son regard elle essaya de se dégager.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Percy. C'est à cause… c'est à cause des bandages ?
Il ne s'était pas rendu compte. Il n'aurait jamais cru que…
- Ce n'est rien.
- Ça n'a pas l'air d'être rien.
- Percy…
Il était debout, à présent.
- Je peux voir, s'il te plait ? Ça a l'air grave.
- Ce n'est pas si mal aujourd'hui, honnêtement.
- Donc ça a déjà été pire ?
Annabeth grinça des dents, piégée par ses propres mots, mais elle ne se débattit pas quand Percy releva son t-shirt sur son dos. Ça avait l'air douloureux, et frais, et, réalisa-t-il avec un pincement au cœur, ça avait probablement été comme ça depuis des semaines, des mois peut-être. Elle faisait comme si tout allait bien, et elle allait devoir le supporter encore trop longtemps.
- Annabeth…
- Ce n'est rien, dit-elle, rabaissant son t-shirt. J'ai juste dormi avec les bandages accidentellement. Ça a juste l'air pire que ce que c'est réellement.
Percy ne la cru pas un instant. Il lui adressa « le regard », le regard que sa mère savait si bien faire, lèvres pincées, sourcils froncés, désapprobation silencieuse, et Annabeth refusa de tomber. Il soupira, peiné pour elle, et la laissa partir. Il ne voulait pas être la mère d'Annabeth.
- On va être en retard, dit-elle. Je vais me doucher vite fait, et après tu peux y aller.
Il ne voulait pas qu'elle soit aussi inquiète, ou énervée, alors il l'attrapa par les hanches et l'embrassa, laissant ses sentiments couler. Il essaya de lui dire que ce qui lui arrivait était important pour lui, qu'il était inquiet pour sa santé. Puis ils se séparèrent et elle s'attarda près de ses lèvres un moment avant de serer légèrement ses avant-bras et se diriger vers la salle de bain.
Message reçu.
Quand Annabeth sortit de la salle de bain, rafraichie et prête à partir, Percy attendait. Il devait avoir décidé de sauter la douche, parce qu'il était complétement vêtu de son uniforme, debout au milieu de la pièce et regardant son portable. Il ne la regarda même pas quand la porte s'ouvrit, trop concentré sur l'écran. Sa langue sortait du coin de sa bouche pendant qu'il lisait.
Elle essaya de cacher que les bandages autour de sa poitrine lui perçaient la peau en tirant discrètement dessus à travers son t-shirt, mais Percy ne s'en aperçu même pas. Quoi qu'il soit en train de lire, ça devait être important. Peut-être était-ce quelque chose sur sa course. Curieuse, elle voulut lire.
- Tu es sur les journaux ? demanda-t-elle, regardant par-dessus son épaule.
Il verrouilla son téléphone et se retourna pour lui faire face.
- Oh, non. Je faisais juste des recherches.
- Sur quoi ?
Il répondit avec un baiser. Elle ne put s'empêcher d'avoir des papillons dans l'estomac, ses pensées se brouillant.
- C'est pas juste, dit-elle quand il recula. Tu ne peux pas te sauver parce que maintenant tu peux m'embrasser.
Il lui sourit et l'embrassa sur le front.
- Je peux essayer.
Annabeth pouvait lui donner raison.
- Allez, allons déjeuner, dit Percy, mettant son portable dans sa poche et attrapant la main d'Annabeth.
Elle le suivit jusqu'à la porte, mais pas avant avoir attrapé son sac et l'avoir glissée sur son épaule. Elle crut un instant que c'était ce à quoi une vie normale ressemblait se faire guider par son copain (wow, copain) et ne pas pouvoir arrêter de sourire car tout était si…
La porte se ferma derrière elle et une nuée d'élèves circulait dans le couloir.
Annabeth détacha sa main de celle de Percy et la cacha derrière son dos, juste au moment où ils le repérèrent.
- Le voilà ! cria l'un d'eux, et le reste bloqua le couloir en s'agroupant autour de Percy, un torrent de cris et de félicitations pour sa victoire.
Avant qu'elle réalise ce qu'il arrivait, Percy était emmené avec les masses et lui criait par-dessus les têtes qu'il la verrait en cours. Puis Annabeth était seule.
Sa main était froide maintenant qu'elle l'avait laissé partir, mais c'était ce qu'elle devait faire. Si quelqu'un les voyait ensemble, ce serait de mauvaises nouvelles. L'attention sur elle, même positive, était mauvaise pour elle. Il valait mieux qu'elle se fonde dans la foule, être comme les autres mecs, au moins jusqu'à obtenir son diplôme. C'était jusque-là qu'elle avait planifié. Le future était encore un mystère, mais elle pouvait voir la ligne d'arrivée, une lumière de succès, et elle savait qu'elle y arriverait. Elle le savait.
- Donc… fit une voix qui la fit se retourner.
Debout plus loin dans le couloir était Marc Seever. Il était bien plus grand de près, et bien plus séduisant maintenant qu'il ne la regardait pas comme si elle avait marché sur ses pieds.
- Andy, c'est ça ?
- Ouais, dit-elle, fronçant légèrement les sourcils.
Est-ce que Percy lui avait parlé d'elle ? D'un côté elle était un peu flattée, mais quelque chose ne lui semblait pas normal. Mark se rapprocha d'elle avec assurance, les mains dans les poches et des traits fermés sur son visage. Le cœur d'Annabeth battait à la chamade.
Il s'arrêta à quelques centimètres d'elle, la mesurant de ses yeux noirs.
- Je t'ai vu hier, pendant la course.
- Ouais, tu as bien nagé.
- Mmh, dit Mark comme s'il avait avalé un citron.
Il regarda derrière elle, comme s'il s'attendait à voir revenir Percy.
- Percy aussi.
- Tu es quand même qualifié pour les Nationaux, dit Annabeth, essayant de sourire. C'est très impressionnant.
Les yeux de Marc se posèrent de nouveau sur elle.
- Pas assez impressionnant.
Annabeth grimaça, s'efforçant de ne rien dire pour ne rien regretter ensuite. Elle n'aurait pas cru rencontrer quelqu'un d'aussi irritant si tôt dans la journée. Il brillait presque d'intensité. Évidemment, les athlètes devaient être sérieux dans leurs sports, disciplinés par l'entraînement, concentrés par l'expérience, passionnés par leur travail. Mais là c'était un peu trop. C'était comme l'opposé de Percy.
- Bon, je dois partir. C'était chouette…
Elle essaya de le contourner mais Mark lui bloqua le passage avec son bras. Elle s'arrêta juste avant qu'il puisse la toucher. Leurs yeux se croisèrent et Annabeth était déterminée à ne pas détourner le regard. Il était bien plus grand qu'elle, et bien plus large aussi. S'il voulait, il pouvait facilement la lancer sur le mur, mais ils ne firent que rester debout là, aucun des deux prêts à rompre le regard.
- Tu sais, dit Mark, la voix basse. Je pourrais presque penser que tu étais le porte-bonheur de Percy.
Annabeth sera les dents.
- J'ai vu la manière qu'il avait de te regarder, continua Mark.
- Il y avait beaucoup de monde.
Mark sourit, mais pas amicalement du tout. C'était comme s'il parlait à un enfant qui posait des questions débiles.
- Il n'a jamais nagé comme ça avant.
- Alors tu devrais peut-être te mettre à niveau, dit Annabeth. Je doute fort qu'il ait besoin d'un porte-bonheur ou de quoi que ce soit pour te battre.
Un feu brûlait dans les yeux de Mark.
- On verra.
Le cœur d'Annabeth lui disait qu'il était temps de partir. Elle n'était pas du tout à l'aise autour de lui, mais elle ne pouvait pas lui montrer. Mais elle refusait de le laisser gagner.
Elle posa sa main sur le poignet de Mark et le poussa hors de son chemin fermement tout en marchant le long du couloir. Elle le sentait la regardant et ferma les yeux en inspirant. Quand elle tournant dans le coin, finalement hors de vue de Mark, elle réussit à murmurer « connard ».
Note de l'auteure (la vraie, pas la traductrice) : Pour mes fans trans (et ceux qui font des cosplays !) : Souvenez-vous utiliser des bandages médicaux pour cacher la poitrine n'est jamais la solution. Même s'il serait bien que tout le monde ait un Percy qui s'inquiète pour votre santé, il y a des ressources pour trouver des méthodes alternatives et plus saines. Google est votre ami.
Salut à tous! Je suis désolée pour cet enorme retard! J'ai eu beaucoup de mal avec la première partie de ce chapitre (c'est très difficile d'écrire les baisers, vous saviez, ça? Surtout qu'en français on a pas la distinction his/her qui aide à savoir à qui appartient quoi...)
Bref, vous savez comment on mîme un train? Moi nonplus.
J'espère que vous avez passez de belles vacances de Noël et un très bon réveillon. Je voulais finir ce chapitre avant la fin des vacances, mais j'ai retrouvé ma famille et avant que je m'en rende compte... BAM! Le nouveau semestre m'est tombé sur la tête. (Qu'est-ce qui m'a prit aussi de faire ingénieur...)
Réponse aux reviews:
FougasseOdC: Merci à toi de lire! Tes amis ont l'air super chouettes! (Oui, je dis chouette, je suis née en 1867)
LadyElle PJO: Voilà la suite :) Désolée pour le grand retard.
Pour le tome 2, il va faloir attendre un peu, j'ai vraiment pas beaucoup de temps pour écrire en ce moment, la fac prends beaucoup de temps, désolée :(
Mon couple préféré c'est Percabeth! Je les trouve géniaux. Il n'y aura pas de Reynico (je ne fais que traduire, et la fic originale maintient le canon d'un Nico gay)
Désolée d'avoir autant de temps à répondre; mais je ne peux pas te répondre avant de poster un nouveau chapitre si tu est un Guest...
Yume-chan: Coucou! Et oui, le bisou! On l'attendait, celui-là! Nico me fait beaucoup de peine, le pauvre... Sally est géniale; je suis contente que Gaby soit transformé en pierre. Mark est là pour bien embêter tout le monde, surtout notre belle Annabeth. Merci pour le long commentaire!
Joyeux Noël (très en retard) à toi aussi! C'est gentil d'avoir pensé à moi :D
NotTheRealAthna: Merci beaucoup! Je suis contente que ça te plaise. Et pas de problème, une review ne doit pas être longue pour faire plaisir! Chaque petit mot me fait chaud au coeur!
