Port-Real, 285 AC
Un soleil radieux se lève ce matin, illuminant la cité encore endormie de Port-Real. Pourtant, au sein du Donjon Rouge, dans les appartements du Maître des Navires, des rires et des gémissements se font entendre: Stannis et Serena font l'amour, comme tous les matins. Ils ont repoussé les draps, et leurs corps luisant de sueur glissent l'un sur l'autre. La chaleur est étouffante en ce moment dans la capitale, et ce quelque soit l'heure du jour ou de la nuit. Cela n'entrave en rien le désir dévorant des deux époux, et Serena mord violemment l'épaule de Stannis en jouissant. Poisseux et moite, Stannis l'embrasse rapidement avant de se laisser tomber à côté d'elle, puis d'aller se laver dans un baquet d'eau. Il s'habille ensuite sous le regard de sa femme, et l'embrasse une dernière fois avant de vaquer à ses occupations. Serena se rendort souvent, puis, à son réveil, elle suit le même rituel que son époux. Elle va réveiller Jon, et tous deux rejoignent le roi, qui se réveille bien plus tard que tous les membres de son conseil restreint. Là, ils retrouvent Stannis, et partagent leur repas tous ensemble. Ce matin, le tout nouveau seigneur de Peyredragon a décidé d'aller acheter une jument à son épouse et Serena s'est dit qu'elle lui achèterait aussi un étalon, en remplacement de celui perdu durant le siège d'Accalmie. Prenant avec eux quelques gardes, et tenant la main de Jon, ils quittent le donjon rouge pour le cœur de la ville. Serena prend soin d'emporter avec elle des pièces, afin de les donner aux plus nécessiteux. La jeune Lady est très appréciée par la population: douce, aimable, généreuse, intelligente, elle a vite compris que se faire aimer du peuple était un bien plus grand pouvoir que ce que croyait les autres seigneurs. Alors qu'ils traversent quelques quartiers pauvres pour se rendre aux écuries où ils trouveront leur bonheur, elle distribue pièces et morceaux de pain. La rébellion a laissé le pays exsangue: nombreux parmi les plus pauvres ont tout perdu. Maison, mari, épouse, enfant... Serena ne peut que compatir à leur malheur et essayer, du mieux qu'elle peut, de leur redonner du baume au cœur. Les gens la bénissent de ses attentions, et bientôt, elle n'a plus rien à leur donner. Elle lance des regards désolés à ceux qu'elle n'a pu aider, et suit son époux vers les écuries. Ils sont accueilli par le propriétaire des chevaux, qui leur montre les différentes montures qui sont disponibles. Serena en essaye plusieurs, mais ils sont soit trop mous, soit trop nerveux, jusqu'à ce qu'elle enfourche une superbe jument gris souris: des crins noirs, longs et soyeux qui lui tombent presque devant les yeux, une robe grise qui brille sous le soleil, le bas des jambes noires de jais. Elle en tombe amoureuse immédiatement, et, alors qu'elle la fait marcher, elle est admirative de son pas, harmonieux, et racé. Elle demande son nom au propriétaire, qui lui répond qu'elle s'appelle Vif-Argent. Stannis sourit en la regardant et hoche la tête légèrement. Serena sourit et caresse l'encolure de la jument. Son époux paye pour la jument, et se choisit un superbe étalon pie noir, que Serena tient à payer. Ils repartent avec leurs chevaux, Vif-Argent et Onyx.
Alors qu'ils se séparent à nouveau au Donjon Rouge, Serena se rend au bal de la Reine: c'est une superbe pièce au cœur de la citadelle de Maegor. La cour de la reine y est réunie, et Serena se doit de s'y rendre. Elle emmène Jon avec elle, malgré le fait qu'il n'y ait pas de jeune enfant pour jouer avec lui: la reine n'est même pas encore enceinte. Alors qu'elle tient Jon par la main, elle entre dans la pièce gardée par deux hommes. Les lambris ciselés, les miroirs étincelants l'aveugle presque, et elle grimace légèrement en entrant. Cersei est assise au milieu de sa cour, sirotant un verre de vin. Elle semble s'ennuyer à mourir.
« Regardez, voici la louve et son louveteau » s'exclame t'elle en voyant entrer Serena et Jon. La dame de Peyredragon se retient de lui cracher au visage et fait une révérence.
« Majesté » salue t'elle, imitée par la petite voix fluette de son fils. Elle se mord la lèvre pour ne pas rire, et laisse Jon jouer à terre avec des petits soldats de bois. Elle s'assoit à côté de Lysa Arryn, la femme de Jon et la soeur de Catelyn Stark. Silencieusement, elle sort un manteau qu'elle a commencé, pour Stannis, et continue son ouvrage. Soudain, quelqu'un le lui arrache des mains. Elle est sur le point de protester mais lève les yeux: c'est Cersei qui lui a arraché le manteau des mains, et qui maintenant, le détaille des yeux avec une moue dégoûtée.
« Est-ce ainsi que vous le récompensez d'être un si gentil mari? J'ose espérer que vous vous servez d'autre chose pour cela » crache t'elle en lui balançant le manteau. Si Serena ne connaissait pas Cersei aussi bien, elle jurerait qu'elle est jalouse. Mais de quoi? Elle est la femme la plus riche et puissante du royaume. Elle est une Lannister, et une reine. Que pourrait-elle rêver de plus? Serena essaye de se calmer, et reprend sa couture. Cersei se rassoit, buvant du vin à nouveau.
« Alors, chère belle soeur, comment est votre époux? »
N'étant pas sûre de comprendre, Serena fronce les sourcils:
« Il est très bien, majesté »
Cersei part dans un grand éclat de rire. Elle devrait rire plus souvent, se dit Serena. Cela la rend encore plus belle.
« Au lit » précise la reine, et Serena se sent rougir, d'autant plus que les autres dames de compagnie la fixe des yeux.
« Il est parfait, majesté » Serena marmonne, embarrassée. Elle n'aime pas parler de sa vie privée, et pourtant elle aimerait raconter à tout le monde à quel point Stannis la rend heureuse.
« Au moins, il vous a donné un fils » soupire la reine et Serena la regarde gentiment.
« Vous êtes jeunes, majesté, vous aurez des enfants. Si je peux vous donner un conseil... »
Cersei l'interrompt d'un geste:
« Je n'ai pas besoin de conseil d'une Stark. Je sais bien que vos femmes sont des poules pondeuses » dit-elle d'un ton si méprisant que des murmures choqués parcourent la pièce. Serena baisse les yeux, honteuse, en colère. Elle aimerait lui répondre, mais les mots dépasseraient sa pensée et elle ne peut faire ça: Cersei est la reine. Elle en vient à avoir hâte de partir pour Peyredragon, même si elle y apprécie beaucoup moins la vie: au moins, elle n'a pas à subir ces humiliations incessantes. « Je suis désolée si je vous ai offensée, majesté » Serena rassemble ce qui lui reste de calme pour s'excuser.
Cersei hoche légèrement la tête comme si pardonner à Serena relevait de l'exploit pour elle. La jeune femme reprend la couture du manteau de Stannis, et Jon marche vers elle, tire sur sa robe avec insistance:
« Lait! » demande-t-il.
Serena le prend sur ses genoux et dénude son sein pour allaiter le bambin. Cersei fait une moue dégoûtée à nouveau:
« Votre fils devrait déjà être sevré »
« Dans le Nord » commencé Serena avant de se mordre la lèvre. Mais le mal est fait. Cersei se lève, s'approche d'elle et relève son menton avec brutalité.
« Vous n'êtes plus dans le Nord, ma fille. Il est grand temps que vous vous en rendiez compte. Et lui » pointe t'elle du doigt Jon. « porte le nom de Baratheon, pas de Stark. Cela aussi, il faut que vous le réalisiez »
Serena ne peut empêcher son regard noir. Jon, une goutte de lait perlant au coin de ses lèvres, regarde, étonné, la reine.
« Je ne suis pas votre fille, majesté » dit-elle froidement. « Ne me touchez pas, ou je me plaindrais au roi » serre t'elle Jon contre son sein.
La reine a un sourire narquois et son ton devient soudainement doucereux:
« Je dis ca pour votre bien, madame. Inutile de le prendre si mal »
Elle se rassoit et Serena quitte le bal de la Reine aussi tôt qu'elle le peut. Elle passe son après-midi avec Jon, jouant avec lui, lui lisant des histoires, le câlinant. Ils rejoignent Stannis pour le dîner, qu'ils partagent en famille, et elle dépose un Jon endormi dans son lit. Elle caresse en souriant les boucles noires, et a une pensée pour son petit, reposant dans le tombeau de sa soeur Lyanna. Avant de rejoindre Stannis, elle embrasse le front de son enfant, et caresse son visage paisiblement endormi. Elle sort sur la pointe des pieds, ferme la porte, et marche jusqu'à la chambre qu'elle partage avec son époux. Stannis et elle ont des appartements séparés, mais y sont très rarement. Ils préfèrent être ensemble, et supportent difficilement de ne pas dormir dans le même lit. Quand elle entre, son mari est déjà couché dans son lit, lisant quelques missives, faisant une moue qu'elle trouve adorable. Elle ferme la porte derrière elle et Stannis lève les yeux pour la regarder. Elle a l'air heureuse, pense-t-il en la dévisageant. Pourtant, il y a quelques semaines, elle a fait une fausse couche. Cressen avait été incapable de dire pourquoi, mais elle s'était sentie terriblement coupable. Stannis n'a pas vécu cet événement de la même manière: un corps ne rejette pas un enfant sans raison. Et puis, elle a déjà eu un enfant, en bonne santé. Ils en auront d'autres, il en est persuadé. Il regarde sa femme enlever sa robe, comme le jour de leur mariage, et elle est nue, comme cette nuit là. Elle se tient debout devant le lit, souriant, plaçant ses cheveux derrière ses épaules pour laisser Stannis la regarder à loisir. La maternité l'a changée, pense Stannis. Ses hanches sont plus marquées, ses seins plus lourds. Elle ressemble plus à une femme qu'à une adolescente, malgré son jeune âge. Il pose les parchemins à côté de son lit quand elle rampe jusqu'à lui, le chevauchant. Stannis se redresse, appuyant son dos aux montants du lit, et l'attire à lui, l'embrassant passionnément, se sentant excité, déjà. Serena l'est aussi, apparemment, car sa main prend prestement son sexe pour l'enfoncer en elle. Il la dévore des yeux alors qu'ils font l'amour, s'embrassant, se caressant, échangeant des mots doux. Elle reste contre lui après, reprenant son souffle, lui racontant ce qu'a dit Cersei cette matinée. Serena ne cache rien à Stannis. Elle n'aime pas l'idée d'avoir plus de secrets que celui, si lourd, qu'on lui a imposé. Stannis aussi lui dit tout, du moins le croit-elle. Il lui parle du respect qu'il a pour Jon, de ses conflits avec Robert, de son inquiétude envers Renly, qui, en grandissant, ressemble de plus en plus au roi. Puis, après de dernières caresses, ils s'endorment dans les bras l'un de l'autre.
