C'est un chapitre printanier plein d'humour à deux balles ! J'espère que vous aimerez après le côté glauque que je vous ai fait endurer !
Merci à tout les reviewers ! Merci à ceux qui me lise mais qui ont la flemme de reviewer ! Merci tout court serait approprié.
Chapitre 25
«Débris de paradis perdu de ce mépris
Nous dévorant lentement du feu du croyant
Qui prie et expie la folie de nos envies ;
Chimères de l'esprit, ou serpents ondoyants. »
Dans la maison, une ambiance différente virevolte allégrement. Les toasts sautent en même temps que la bouilloire. Je les sors pour les beurrer, puis je mets une couche de confiture dessus. Je sers du thé dans une tasse, et du lait dans un verre. En sifflotant, je me rends dans le salon pour mettre une chaîne musicale. Tant que j'y suis, j'ouvre une porte coulissante pour faire rentrer un peu d'air. Dehors, le soleil brille chaleureusement, et des oiseaux sifflent depuis leurs arbres fleuris.
-« Sasuke ! Le petit-déjeuner est prêt ! »
Je retourne dans la cuisine en souriant et m'assois à table sans plus attendre. A petits pas hésitants, je le vois entrer dans la pièce et tendre les mains pour saisir une chaise. Pendant qu'il s'assied, je lui place son assiette et son thé devant lui. Il fait la grimace.
-« Encore des toasts. »
-« Si t'es pas content, t'as qu'à le faire toi-même. »
Il ne répond pas et mord dans son toast. Satisfait, je souris et termine de manger de mon côté. Une fois fait, je débarrasse la table en tapant tout dans l'évier. Je m'en retourne ensuite devant la télé pour l'éteindre. Je mets mes chaussures sans oublier mon portefeuille.
-« Je vais faire des courses ! » je signale.
Un grognement dans la cuisine. Bon, il a compris que je sortais. Il saura s'occuper pendant que je ne suis pas là. Je sors et souris immédiatement. Il fait un temps splendide à Konoha, un parfum de printemps flotte dans l'air, je suis en congé, et je peux sortir faire ce qu'il me plait. C'est le bonheur !
Je file jusqu'en ville, me retenant à grands peine de ne pas courir comme un gamin. Il y a beaucoup de gens qui se promènent pour profiter du soleil, mais aussi des personnes qui font les boutiques avec leurs amis et des enfants qui jouent sous le regard des parents. Personne ne me regarde de travers et ça me fait un bien fou. J'ai envie de sautiller et chanter bien que je me dise que ce serait ridicule. Et puis il faut faire les courses.
Je rentre dans un conbini* où je salue la vendeuse. Il y fait plus frais que dehors, pourtant il y a autant de gens qu'à l'extérieur. Je croise Yun qui est avec sa copine au bras. L'air gêné, il me fait un distrait signe de la main tandis que la jolie fille lui demande ce qu'il voudrait manger ce soir. Je me retiens de rire. Bah, il a de la chance ! Quant à moi, je pourrais raconter ça à aux autres la prochaine fois.
Dans les rayons, il y a beaucoup de choses qui me tentent – des ramens par exemple – cependant, je ne cesse de revoir Sasuke me faire rentrer dans le crâne qu'il faut que j'achète uniquement ce qu'il y a sur la liste de courses et pas ce que j'ai envie. Résigné, je me saisis du bout de papier en pensant que c'est quand même du gâchis. Alors, avec un sourire malicieux, je me rends compte que je peux bien acheter dix boîtes de ramens, Sasuke ne les verra quand même pas ! Il suffit que je lui rapporte ce qu'il veut, moi je prends ce que j'ai envie.
Oui, en théorie c'est sympa, seulement voilà, une fois à la caisse, je constate que je n'aurais pas assez de sous pour tout. J'hésite jusqu'à la dernière minute avant d'être miraculeusement sauvé par Lee. Il me propose de payer le restant de mes courses si je lui rembourse. Bien entendu, j'accepte et nous nous retrouvons dans la rue à marcher avec nos sacs pleins. Joyeux, je lui demande s'il a encore progressé en taijutsu et il me répond que oui, mais pas encore assez pour battre Gaï-sensei. En y réfléchissant, je remarque qu'il y a longtemps que je ne l'ai plus vu. Lee m'apprend ainsi qu'il était sur une longue mission jusqu'à hier. C'est la raison pour laquelle il fait les courses : il l'a invité à venir manger.
L'idée de les voir en tête à tête me fait rire. Pourtant, je me souviens qu'avant, Lee vivait avec Sakura. Il doit très certainement se sentir seul. Je me tais donc pour ne pas ternir la journée qui vient de commencer. Peine perdue quand j'aperçois Ino. J'ai beau essayé de me cacher, elle m'a vu et fonce droit sur moi. Elle s'arrête à quelques centimètres de nous, les poings sur les hanches.
-« Naruto ! Qu'est ce que tu fais ici à flâner comme un imbécile ?! »
-« Ben, je fais les courses. Ca se voit pas ? » je réplique en rentrant la tête dans les épaules.
Ino à sa tête des mauvais jours, ceux où elle a tendance à se souvenir que c'est moi qui ai tué ses parents. Sauf qu'en l'occurrence, ce n'est pas ce qui la préoccupe.
-« Tu as laissé Sasuke tout seul ?! Tu es fou ou simplement con ?! Il pourrait lui arriver quelque chose !!! »
Heureusement, c'est le moment que choisit Lee pour intervenir.
-« Ino, je pense que Sasuke s'est habitué à sa situation maintenant. Il doit apprendre à se débrouiller seul. »
Elle le fusille du regard et il baisse aussitôt la tête. Pas facile de tenir tête à cette furie quand elle a décidé quelque chose. Le seul qui la calme, c'est Saï, et il n'est pas en vue. Il n'est jamais là quand on a besoin de lui…
-« Ca fait à peine trois jours ! Il ne peut pas se déplacer en dehors de la maison, et on sait tous qu'essayer de retenir Sasuke entre quatre murs c'est aussi simple que d'empêcher Tsunade de jouer ! » Elle semble réfléchir deux secondes sur ce qu'elle vient de dire à propos du Hokage, puis l'écarte d'un coup de cheveux. « Bref, tu ne peux pas sortir t'amuser avec un sourire béat. Et ne fais pas cette tête, tu avais l'air d'un môme à qui on offre une glace ! »
-« Mais je ne peux pas rester cloitré pour toujours non plus ! » je proteste.
-« Dans ce cas emmène Sasuke avec toi ! »
-« Tu viens de dire qu'il ne devait pas sortir de la maison ! »
-« Quand il est seul, crétin ! Si tu es là pour le guider, il n'y a pas de problème. »
Comme je me demandais de quelle façon je pouvais réussir un tel miracle, Ino pique soudain un fard et change brusquement d'attitude.
-« Enfin, je veux dire ! Tu peux le promener par la mai…Non ! Je veux dire, heu…Lui tenir le bras ! Ou pas… »
Elle repousse une mèche de cheveux et bredouille encore quelque chose que je n'entends pas avant de prendre une mine embarrassée.
-« Je retire ce que j'ai dit…Mais n'oublie pas de rentrer vite ! »
Sur ces dernières paroles, elle tourne les talons et s'enfonce dans la foule devenue compacte. Je suis encore déboussolé quand Lee me dit qu'elle n'a pas tout à fait tord. Avec un soupir, je prends congé et rentre péniblement. J'arrive en face de l'entrée où je me retrouve nez à nez avec Sasuke. Bon, Ino n'avait pas tout à fait tord, c'est vrai…
-« Qu'est ce que tu fais là ? » je lui demande. « Tu es supposé rester à l'intérieur et ne pas te promener tout seul ! »
Il penche la tête sur le côté avant de sourire légèrement.
-« Naruto. »
Comme je rougis violemment et que je suis on ne peut plus furieux, je l'envoie gentiment balader en lui ordonnant de rentrer illico presto. Il n'y a rien à faire. Depuis qu'il est aveugle, il est soit bougon, soit déprimé, soit heureux pour un rien. Et il a toujours le don de se rendre, on ne sait comment, très mignon dans certaine circonstance. Impossible de savoir s'il le fait exprès ou non.
Tsunade ne sait pas jusqu'à quand sa cécité va perdurer. Il pourrait très bien recouvrer la vue tout de suite. Ou alors dans un an. C'est très rare chez les Uchihas d'user les pupilles à ce point. Normalement, ils s'emparent d'autres yeux avant d'en arriver là. Cependant, Sasuke est le dernier de son clan. Il va devoir faire avec.
En l'observant, on peut voir qu'il s'en accommode assez vite. Pour l'instant, ce qui l'énerve c'est de ne pas pouvoir sortir de sa propre maison. Je repense à ce qu'Ino m'a dit tout à l'heure et l'explique à Sasuke. Je finis de ranger les courses pendant qu'il classe ces informations, les trie et en arrive à une conclusion.
-« Ce n'est pas une mauvaise idée… »
Je m'arrête pile poile dans mon geste.
-« Quoi ? Tu veux que je te promène dehors ? Comme un chien ? »
Il fronce les sourcils alors que je souris en repensant qu'il y a peu, c'est ce qu'il avait l'intention de faire avec moi. Tout compte fait, c'est plutôt une bonne façon de se venger.
-« D'accord, » je dis précipitamment pour ne pas qu'il proteste. « Tu n'as qu'à mettre tes chaussures, j'arrive. »
Un peu désarçonné, il se lève avec lenteur. Je termine de mettre les affaires en ordre – plus ou moins – pour le retrouver devant l'entrée en train de chercher ses chaussures. Avec un pincement au cœur, je les ramasse pour lui sans un mot. Il a juste oublié de les remettre à leur place. Alors il ne savait pas où chercher. C'est une des raisons pour lesquelles il n'a pas encore le droit de rester seul. C'est une des raisons pour lesquelles je suis obligé de vivre là.
Une fois qu'il est prêt, je lui demande de me suivre. J'avance jusqu'au portail, tourne au coin pour m'engager hors du domaine de son clan. Vu que je ne sais pas où il veut aller, je me retourne pour lui poser la question. Au même instant, j'entends un bruit mat et le vois apparaître en tendant les mains, l'air agacé. L'idée qu'il se soit fait mal ne m'effleure même pas. Avec un soupir, je lui pose ma question. Il réfléchit un peu avant de répondre qu'il s'en fiche du moment qu'il peut sortir d'ici. On n'est pas près de revenir j'ai l'impression…
Je recommence à marcher du côté extérieur de Konoha pour éviter le village. Il y a trop de gens sur place et je ne vois pas comment Sasuke réussirait à ne pas se cogner ou se perdre. Vraiment, on dirait un gosse. Sauf qu'il n'a rien d'un enfant sur tous les autres points. C'est bien ce qui m'agace d'ailleurs.
Nous marchons lentement. Très attentif, Sasuke écoute le son de mes pas pour avancer à ma suite. Moi, j'essaie juste de veiller à ce qu'il ne finisse pas dans le lac. Bah, au moins je profite du beau temps. J'aurais préféré flâner en ville et manger des ramens ce midi n'empêche. Les mains dans les poches, je ne peux m'empêcher de soupirer. Parfois, c'est une excellente punition que de le voir trébucher sur tout, c'est même jouissif. Mais là, c'est juste moi que ça fait chier.
Je remarque alors que je n'entends plus de bruit dans mon dos. Je me retourne et découvre que Sasuke s'est arrêté en plein milieu du chemin. J'ai du mal à savoir ce qu'il observe. Intrigué, je m'approche de lui et il se tourne aussitôt vers moi. Avec un air mystérieux, il me dit :
-« Elle est passée par ici il n'y a pas longtemps. »
-« Qui ça ? » je demande.
Il lève son nez en l'air. Je l'imite et découvre un parfum fleuris. Je n'y ai pas fait attention parce que nous sommes en pleine nature et que, forcément, des fleurs il y en a un peu partout. Sasuke l'a pourtant tout de suite remarqué. On dirait un chien pisteur… D'ailleurs, il se remet en route un peu plus vite et je suis obligé de le rattraper en courant à moitié. Je lui reproche de foncer tête baissée et il m'ignore complètement. C'est la raison pour laquelle je lui fais un croche-pied.
-« Voilà ! Tu allais trop vite et je n'ai pas pu te dire qu'il y avait une branche là, sur la route ! » je dis d'un air satisfait alors qu'il se redresse lentement.
Je ne suis pas sûr qu'il me croie. Il n'a pas de preuve cela dit. C'est donc d'une démarche plus modérée que nous continuons jusqu'à retrouver Hinata. Elle porte un large chapeau tressé et une robe blanche. Elle tient un panier avec diverses affaires telles que des kunaïs, des shurikens, des remèdes, des pilules de combat, des katana…En me voyant, elle pique son fard habituel.
-« Naruto-kun…Bonjour… » dit-elle d'une toute petite voix avant de remarquer Sasuke. « Sasuke-kun est là aussi ? Tu es sûr qu'il peut sortir… ? »
-« Je suis aveugle, pas sourd, » répond ce dernier. « C'est moi qui voulais sortir. »
-« Ca te ressembles bien, » dit Hinata d'un ton qui m'est inconnu.
Au vu de son sourire, j'aurais presque l'impression…qu'elle se moque de Sasuke. Mais connaissant Hinata, c'est impossible. Ce n'est absolument pas dans son caractère.
-« Tu as fait les courses pour ton clan ? » je demande brusquement. « Pourtant tu es le chef de clan, non ? »
-« Oui, mais je n'aime pas donner des ordres à ceux qui m'ont vu grandir, et j'aime bien donner un coup de main de temps à autre. Aujourd'hui j'avais le temps d'aller en ville alors je leur ai proposé de faire leurs achats, voilà tout. »
Sasuke renifle dédaigneusement dans mon dos pour une raison que j'ignore. Le sourire de la Hyuga s'accentue bizarrement.
-« Je me doute que ce n'est pas toi qui l'aurais fait à ma place Sasuke, » répond-t-elle avec une certaine malice. « Vu l'état dans lequel tu es, ce n'est pas demain la veille. »
Alors que je percute enfin la pique d'Hinata, elle s'approche de Sasuke pour lui dire quelque chose que je n'entends pas. Ce à quoi il répond avec indignation et colère :
-« Comment ?! »
Hinata rit en s'enfuyant légèrement en amont. Elle se retourne un peu plus haut pour me saluer avec un grand sourire et disparaît la seconde d'après. Perplexe, je me tourne vers Sasuke qui semble fulminer sur place.
-« Qu'est ce qu'elle t'as dit ? »
-« T'occupes ! » dit-il en passant sous mon nez comme un bolide.
Avant même de s'en rendre compte, il se retrouve en train de rouler en bas d'une pente. Je suis tout simplement tordu de rire. Le spectacle est hilarant. Sasuke en train de rouler le long d'une pente parce qu'il est sortit du sentier ! J'aurais vraiment tout vu !
Hilare, je ne suis même pas en mesure de lui répondre quoi que ce soit pendant qu'il beugle depuis le bas. Furieux, il essaye de me tourner le dos et de poursuivre sa route…dans le lac. Cette fois, je suis mort de rire, ne sachant plus me retenir du tout. Il pousse un cri de frustration et de rage et moi je hurle de rire. Les larmes aux yeux, j'essaie de reprendre mon souffle, pour repartir dans un fou rire. Le simple fait de le voir nager lamentablement en ne sachant où aller est un plaisir de vengeance savourée. Le dernier des Uchiha pataugeant dans l'eau comme un gamin !
-« Naruto ! Sors-moi de là ! Tu vas te calmer, oui ?! Je t'ai dit de me sortir de là ! »
Je me calme enfin, quoique encore secoué d'un rire silencieux. Ma mâchoire me fait mal d'avoir tant ris. Depuis combien de temps ça ne m'était plus arrivé ? Je ne sais plus. Il y a bien longtemps, des années j'ai l'impression. Des années passées dans la solitude et la peine. A cause de lui.
Je descends lentement la pente pendant qu'il continue de crier pour toute la vallée en nageant péniblement tantôt vers la berge, tantôt vers les profondeurs du lac. En réalité, je pourrais très bien le laisser s'épuiser là. Il finirait probablement par se noyer. Son corps disparaitrait sans laisser de trace, avec seulement moi pour témoin, et moi seul pour m'inquiéter de sa disparition.
-« Naruto ? »
Il a cessé de crier. Et dans sa voix, on semblerait qu'il a compris mes pensées. Une nuance de panique. Il arrête de nager pour juste rester sur place, essayer d'entendre quoi que ce soit. Il s'est éloigné du bord, assez pour se noyer convenablement. Pas de chance pour lui. Il aurait très bien pu tomber du côté où le lac est peu profond et où l'eau lèche le rivage, mais en l'occurrence, il est du côté où l'eau est profonde, sombre.
Il m'appelle à nouveau. Dans son cri il y a une véritable panique cette fois. Ainsi qu'autre chose…Une chose qui me déchire la poitrine.
Je le sors de l'eau en tirant sur une de ses manches. Il se laisse faire sans broncher et je le remets sur ses jambes. Il met quelques instants avant de parvenir à concentrer son chakra sous les pieds. Une fois qu'il y parviens, je soupire et retourne vers le large. C'est à ce moment que Sasuke empoigne mon bras à deux mains. J'ai un hoquet de surprise quand son visage se retrouve collé au mien. D'abord parce que son corps est glacé, ensuite parce qu'il rate complètement son coup et que son front s'écrase sur mon nez. Légèrement sonnés, nous nous observons en retrait, lui la tête penchée pour mieux entendre, moi la main sur mon nez douloureux.
-« On rentre, » je dis d'une voix sec.
Il ne répond pas et je reprends ma route en me demandant pourquoi je suis aussi affolé. Il me suit plus lentement, tellement en fait, que je suis obligé de l'attraper et de le tirer derrière moi. C'est à la quatrième vitesse que nous rentrons dans son domaine. Je le pousse en avant et lui dit de prendre un bain chaud en lui ordonnant de se changer le plus vite possible. Il obtempère sans un mot. C'est avec soulagement que je me laisse tomber sur une chaise.
Dehors, le ciel est toujours bleu. J'observe le soleil et les nuages. La maison est paisible et je n'entends que le chant des oiseaux. Les battements de mon cœur ralentissent enfin. Lasse, je me lève pour aller me coucher sur la terrasse dehors, où je soupire de bonheur au contact des rayons du soleil. Le vent est frais, mais ainsi positionné, il effleure à peine le haut de mon crâne et je peux donc fermé les yeux avec sérénité. Avoir une maison avec un jardin, c'est le bonheur ! Même si ce n'est pas ma maison…
Bercé par cette tranquillité, je somnole sans plus me soucier de rien en réfléchissant au menu de ce soir et à mes prochaines missions. Pas besoin de me tracasser pour d'autres choses en ce lieu qui inspire le calme et la sérénité. Je dois quand même me rendre à l'évidence une fois que le vent se rafraîchit. Déçu, je me relève en baillant, et contemple encore une fois le jardin avant de rentrer me réchauffer.
Je suis surpris de voir que l'heure du dîner est déjà passée. Après un coup d'œil en cuisine, et n'ayant pas vu la moindre trace de Sasuke dans les parages, je me faufile à l'intérieur pour fouiller les placards dans lequel je prends une de mes nouvelles boîtes de ramens. Je verse de l'eau chaude depuis la bouilloire à thé et tressaute pendant les interminables trois minutes de patience recommandée sur les paquets. Enfin, je peux savourer le nouveau mets offert par Lee et c'est d'un plaisir incommensurable que j'avale la boîte de ramens. Je rigole tout bas en rangeant le tout. Personne pour me dire quand je dois manger ! C'est vraiment le pied !
Au vu de l'heure, je me dis que j'ai encore le temps avant de devoir faire le souper. Malgré tout, je me souviens des menaces d'Ino et commence à me demander si l'aveugle ne s'est pas carapaté de la maison pendant ma sieste. Avec tous mes talents de ninjas – c'est-à-dire, en marchant sur la pointe des pieds – je fais le tour des pièces de la maison et n'y trouve pas âme qui vive sauf quelques bestioles indésirables. Je sors dans le jardin et refais le tour de la propriété sans rien voir. Etant donné que l'idée de me faire passer un savon par Ino et Tsunade m'est insupportable, je décide d'aller voir dans le domaine Uchiha.
Je me promène en observant les alentours de loin, très loin. Ces vieilles bâtisses ne m'inspirent rien de bon, et j'ai des frissons en repensant à ce qu'il s'est produit ici il y a plusieurs années. Je me demande si leurs âmes ne hantent pas les lieux. C'est à ce moment que j'entends un bruit en provenance d'une grande ruine et que je sursaute. On aurait dit…que quelqu'un grattait. Un fantôme ?! Effrayé, mais aussi curieux, je m'approche lentement, doucement, en retenant ma respiration de cet endroit maudit.
La porte est grande ouverte, mangée par les termites, et à l'intérieure, nombre de toiles d'araignées flottent à travers la pièce. Le bruit devient plus fort. J'avale lentement en prenant une grande respiration. Les fantômes n'existent pas voyons…Pas besoin d'avoir peur ! Je marche sur une latte de tatamis qui s'effondre dans un boucan insoutenable. Je crie, et mets mes mains devant ma bouche. C'est le silence. Le bruit de grattement s'est arrêté depuis ma gaffe. Une ombre se dessine alors au fond du bâtiment. Elle se redresse et regarde dans ma direction.
-« UN FANTÔMEEEEE !!! » je hurle malgré moi.
Je sors en trébuchant, la tête prise dans une toile pleine de poussière et atterrit le visage sur le sol. Endoloris, je m'assis en râlant contre les tarés qui laissaient des fantômes après leurs meurtres puis j'entends un grincement depuis la porte branlante de l'entrée et me fige complètement. Les morts ne sortent pas en plein jour, hein… ?
-« Je peux savoir à quoi tu joues ? »
Sidéré, je regarde Sasuke descendre la marche, couvert de poussières, des toiles accrochées à ses cheveux, et ses mains noires de terres. Il tient quelque chose dans ses mains qu'il dissimule dans son dos. C'est alors que le poids de la honte me tombe dessus. Je rougis si vite qu'il n'aurait pas été aveugle je me serais enfuis.
-« Je…Heu…Je, je…En fait…Je… »
-« Froussard, » dit-il en arrivant à ma hauteur d'une voix devenue très adulte tout d'un coup. « Croire encore aux fantômes à ton âge…Franchement… »
Je bégaie quelques mots et décide de la fermer avant de m'enfoncer encore plus. Il passe sous mon nez et s'engage sur le chemin de la maison. Penaud, je le suis sans rien dire bien que j'aimerais l'engueuler pour être partit sans rien dire. Quelque chose me dit que si j'essaie, il va se foutre de ma gueule pour de bon.
A peine rentré, il déclare qu'il va se laver et disparaît sans rien dire de plus. Je le regarde en râlant puis, pour passer mes nerfs, allume la cuisinière et commence à cuisiner. Il débarque après, les cheveux encore dégoulinants et s'assied à table. Agacé de le voir, je lui demande ce qu'il fout ici puisque ce n'est pas encore prêt.
-« Ca sentait bon, alors je suis venu, » dit-il simplement.
Il m'énerve, mais alors franchement, il m'énerve ! Et c'est quoi cet air blasé alors qu'il y a encore quelque jours, monsieur était prêt à mourir de mes mains soit disant ! Je touille avec force dans la casserole en essayant de penser à autre chose que Sasuke. Cet imbécile qui fait vraiment tout de travers ! Alors que tout est de sa faute ! Il m'énerve, point barre.
Je pose la casserole sur la table, le riz, et les bols et les baguettes, tout ça en faisant un bruit excessif, suivit des verres remplis d'eau. Je marmonne un bon appétit et commence à manger en continuant de râler. Sasuke goûte le repas avant de faire la grimace et de reposer le tout.
-« C'est du porc aigre-douce, » dit-il.
-« Et alors ? »
-« Alors tu sais que je n'aime pas les choses sucrées, » réplique l'aveugle d'un ton agacé.
-« La sauce aigre-douce c'est du sucré ? » je demande innocemment.
-« Evidemment ! »
-« Ben je le saurais pour la prochaine fois, » je conclus. « En l'occurrence il n'y a que ça. »
-« Je n'en veux pas. »
-« On reconnaît bien le gosse pourri gâté… »
Sasuke jette alors son bol en direction de ma figure et vise…juste. La porcelaine éclate et me fait une entaille, répand tout le riz et sa sauce dans ma direction, tout comme les débris de verres. En fait, je suis très surpris qu'il ait réussis à me toucher. Je pensais qu'il n'y arriverait pas. Le silence retombe brusquement. Un filet de sang coule de la blessure occasionnée. Lentement, je me lève, puis je me baisse et commence à ramasser tout ce qui est tombé par terre.
-« Je ne comprend pas…Pourquoi tu as choisis de me garder en vie ? » dit-il brusquement. « Qu'est ce que tu attends de moi au juste ? Qu'est ce que tu veux ? »
-« Ca fait beaucoup de questions… » je fais remarquer en jetant une partie dans la poubelle.
Je me remets à genoux pour terminer de nettoyer le tout en espérant qu'il s'arrête là mais il semblerait que j'aie enclenché la machine et que rien ne l'arrête.
-« Pourquoi, Naruto ? Pourquoi tu ne m'as pas tué ? Pourquoi tu ne te venges pas de moi alors que je suis à ta merci ? Si ce n'est pas pour ça que tu me gardes en vie, alors pour quelle raison ? »
-« La ferme ! » je l'interromps.
Il se tait bien que son visage se modifie légèrement. Il ouvre alors ses yeux. Ses yeux vides de vie, ternes, et l'angoisse me rattrape, immédiatement transformé en pitié.
-« Tu es mon ami Sasuke, mon premier ami. Je ne veux plus perdre d'ami… »
-« Je ne veux pas de cette merde, d'accord ?! » crie-t-il. « Tu peux garder tes belles paroles pour les autres, mais je refuse que tu me parles ainsi ! Je t'ai forcé à tué, à être détesté, je t'ai rabaissé à un statut inhumain ! Je t'ai avoué mes sentiments ! Je suis à moitié fou ! Et toi, tu essaie de me faire croire que je suis ton ami ?!!! »
-« Un ami fou, probablement… » je remarque pour moi-même sans prendre garde à la limite que je viens de dépasser.
Sasuke se précipité sur moi, tombe carrément à genoux sur mon torse et me coupe le souffle. Visiblement, il attendait le moment de savoir avec précision l'endroit où je me trouvais. Avec ses mains, il cherche mon cou mais attrape d'abord mes cheveux et se fige. J'essaie de me dégager sans grand succès, coincé entre la table et le meuble de cuisine.
-« Tu…m'étouffes… » je dis.
Ses genoux glissent de ma poitrine mais ce sont ses fesses qui se retrouvent sur moi. Pendant ce temps, ses mains caressent mes cheveux et la petite voix de la prudence se met à hurler dans ma tête.
-« Dégage de là, » je dis en essayant de prendre un ton menaçant.
-« Pourquoi ? Si tu ne veux pas te servir de moi pour te venger, pourquoi suis-je encore en vie, Naruto ? »
Ses mains semblent entourer mon visage, le palper doucement, glisser sur l'arête de mon nez, s'arrêter sur l'entaille, repasser dans mes cheveux. J'ai l'impression que la chaleur de l'été vient frapper mon visage et j'ai l'étrange peur qu'il puisse entendre les battements de mon cœur. J'ai beau me répéter que je suis bien plus fort que lui, que je peux le broyer dés que j'en aurais envie, je suis figé sur place.
Lorsqu'il se penche vers moi, une lumière semble s'éteindre dans un recoin de ma tête, et toute raison quitter mon être. Il pose doucement ses lèvres sur les miennes, les retirent, puis les embrassent doucement. Tout devient si diffus, si lointain, que je me demande pourquoi la voix de la prudence crie toujours. Ma poitrine est sur le point d'éclater sous la pression de mon cœur. Sa main effleure toujours mes cheveux. Quand sa bouche s'éloigne de la mienne, je frisonne. Il se relève brusquement et sort de la pièce.
La réalité devient soudain beaucoup plus dure à admettre. Pétrifié, je ne sais pas où donner de la tête ni quel sentiment écouté. Je m'assis en serrant mes genoux contre ma poitrine pour essayer de reprendre mon souffle. Qu'est ce que je suis en train de faire ? Qu'est ce que je dois faire ? Comment vais-je pouvoir à nouveau le regarder en face ? Et pourquoi, pourquoi est-ce que j'ai eu l'impression d'être abandonné lorsqu'il est partit ? Lui, entre tous…Après tout ce qu'il m'a fait endurer…Après tout ce qu'il a fait autour de lui…
Pourquoi faut-il que ce soit lui ?
To be continued in « Breath »…
Conbini*: petite supérette japonaise ouverte 24/24h où l'on trouve de tout.
