Hellooo°°° !

Quoi d'neuf les gens ?

Ici il fait beau et chaud (magnifique exemple de contrepèterie belge...), l'arrière saison est plus qu'agréable, même si les nuits sont bien trop fraîches - mais ça offre une excuse en or pour se coller au jules sous la couette :D -

Ma poisse en série est enfin passée, ça n'aura duré que 48 heures ma foi ! Depuis, je me fais un plaisir de passer sous les échelles, de caresser mon chat noir, de mettre le pain à l'envers sur la table, d'ouvrir le parapluie à l'intérieur de la maison...

Bon, j'arrête de dérailler deux minutes et je garde mon sérieux. Difficile, très, trèèèèèèès difficile... Mais pour vous, je vais faire un effort. Vous n'imaginez même pas l'effort intense que je dois fournir en plus, bande d'ingrat(e)s !

Une fois de plus, j'ai eu droit à pas mal de théories de votre part, certaines étaient même très bonnes ! Par contre, pour répondre aux reviews ça va être un peu galère vu le nombre de "Guest", donc je vais faire ça dans l'ordre mais faut pas m'en vouloir s'y je m'emmêle les pinceaux dans les numéros de Guest...

Allez, on s'y met !

...

...

...

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GO !

Isoname : Mouais, c'est la bérézina dans la smala Cullen ! et pour être incontrôlable, ça oui, Edward l'est ! Preuve en est dans ce chapitre ;)

Guest#2 : Ô merci fan vénéré de reconnaître mon génialissime talent ! Non, non, je passe toujours aux portes et je n'ai aucun problème pour mettre mes godasses, pourquoi ? Oui, je sais, Carlisle est lourd mais c'est comme ça ! et il le restera encore pendant quelques chapitres. Tes théories ne sont pas mauvaises du tout mais... c'est pas ça ! enfin... tu verras ! Comment ça? Rien ne t'étonne venant de moi? Suis-je donc si inventive que ça? Hmmm... ouiiii ! ET oui, ma série de poisse est enfin finie :D

AND ZE WINNER IS...

Attila : Oui, non, peut-être, ça n'en fait des choses à dire, hein? Des théories assez intéressantes pour la plupart et un "sans faute" sur ta déduction de l'entité. On a un(e) gagnant(e) les gens ! Edward est bien une créature hybride, mélange de vampire et de ce qu'est Bella ! Pas la peine de faire de la lèche, je n'en dirai pas plus pour le moment ! Et oui, la cruche a un autre rôle à jouer...

Guest#4 : Ah mais non ! toi c'est Kadronya, suis-je bête ! mais bon, aujourd'hui tu seras Guest #4 puisque tu as osé (vilaine ! un coup de martinet !)signer ta review sous guest... Pourquoi tant de haine? Pas la peine d'avoir des envies de mettre des baffes ou assassiner qui que ce soit, tu vas finir par te taper un ulcère avant l'âge 8| Pour tes théories, on verra plus tard, on en est pas encore là :D Et pour l'arc-en-ciel ben... tu fais fausse route ! UN autre indice... Si tu as suivi ma fic "N'oublie Jamais", j'ai fait intervenir à la fin plusieurs tribus différentes... L'une d'elles t'apportera la bonne réponse :D

Guest#5 : Mais c'est mon but dans la vie : vous laisser sur le Q ! Tu as cependant vu juste, Bella leur ment uniquement pour les protéger ! mais tu sauras pourquoi dans plusieurs chapitres, toc ! Je te rassure, moi aussi je sens beaucoup de choses en moi... oups ! je m'égare... Et pour Edward, cela vient seulement du fait qu'il n'avait aucune connaissance de sa nature d'hybride, cela n'avait jamais été non plus "activé" avant. à++

Louvecb :espèce de droguiste ! l'addiction c'est mal ! sauf évidemment en ce qui concerne les fic... d'ailleurs, l'abus de fanfictions est recommandé pour la santé ! comme les fruits et légumes, il en faut une dose quotidienne de cinq minimum ! Ne t'inquiète pas, Rosalie finira par remonter dans ton estime ! un jour... lointain... et pour tes théories ben... cherche encore, na !

Triskelle Sparrow : à mon avis, Carlisle a dû bouffer un cerf sous acide, mais alors un très, très mauvais trip... et pour Tanya... hmmm... yeah ! Mais je ne sais pas si cela suffira à la soigner vu son intelligence de poisson rouge trépané. Bien, tu as fait ta pénitence, tu es alors sur le chemin de la rédemption ! Par contre, le fou rire dans la BU... je ne dirais rien dessus puisque fut un temps éloigné, j'ai carrément été interdite de BU... Pas génial quand tu es en pleine période de partiels... Une petite astuce pour le clavier : assures-toi qu'il soit en US international (panneau de configuration + clavier+ langue) et ensuite ctrl+e = é, ctrl+a = àet ainsi de suite. à bientôt !

Merci à Guest#1, Camelia Bella, PtitCoeurFragile, AurélieM, Guest#3 (les yeux de cocker larmoyant ne marchent pas avec moi, na!), Guest#6, Sandry et Nedwige Stew pour vos reviews !

et une ovation pour Méla Cullen, ma charmante bêtasse adorée !

Sur ce, je ne vous tiendrai pas plus longtemps ! Bon week-end, bonne lecture et...

... ENJOY ! ! !


POV Jasper :

Edward venait tout juste de sortir en claquant la porte que Rosalie roulait des yeux, exaspérée par le comportement soit disant puéril de notre petit frère. On voit bien qu'elle n'est pas à sa place ! Avoir une chienne en rut collée aux basques 24h/24 qui passe son temps à se faire des films – porno hard-core je précise – à son sujet et va jusqu'à l'agresser physiquement dès qu'elle en a l'occasion, ça a de quoi le dégoûter de la gente féminine à vie ! Quoique, connaissant ma sœur, avoir un prétendant plus qu'entreprenant ne la dérangerait pas : Rosalie serait prête à tout pour qu'on fasse attention à elle ! Une chose qu'elle n'avait d'ailleurs jamais aimé chez Edward, il ne la voyait que comme une sœur et non une compagne ou une conquête potentielle. Et ça, bien que Rosalie n'ait jamais considéré Edward de cette manière, elle ne le digérait pas.

Carlisle, de son côté, ne comprenait pas la réaction d'Edward, il la trouvait exagérée ! Oh papa, descends de ta petite planète cinq minutes ! Lui demander de s'excuser pour un acte qu'il n'a pas commis ? Eh faut pas pousser mémé !

Ouhlala… Voilà que je me mets à parler comme Emmett !

Edward s'était senti profondément trahi par la réaction de notre père et entre nous, il y a de quoi ! Voir que son propre père préfère croire les mensonges d'un tiers, il y a de quoi décevoir…

Carlisle ne comprenait plus Edward, qu'il trouvait bien trop changé à son goût. Bien sûr que mon frère a changé ! Désormais, il est heureux. Souriant, confiant, pétillant de joie… un sacré changement par rapport à avant ! Et ça, il faut bien l'admettre, il le doit, d'une part à cette étrange créature interceptée lors des rave-party, mais principalement à Bella. Je devenais complètement dingue, malade de désir et brûlant d'envie lorsqu'il se mettait à penser à cette jeune femme, c'est à dire constamment, et ma douce Alice risquait, à force, d'avoir des échauffements...

Mais justement, le problème selon Carlisle était bien Bella. Plus précisément la peur qu'elle faisait naître en lui… Carlisle ne supportait pas de ne pas savoir ce qu'elle était, et pour être franc, je ne le supportais pas moi-même, mais par-dessus tout, il avait peur de ce qu'il pourrait arriver à notre famille, sachant que cette fille était potentiellement dangereuse. Il avait peur pour Edward, peur qu'il se fasse avoir. En résultait donc son comportement particulièrement autoritaire à l'égard de mon frère…

Je dois admettre que cette Bella, quoiqu'elle soit, pourrait se révéler problématique si elle se décidait à nous attaquer. Sa puissance était telle qu'à nous 7 nous n'en viendrions pas à bout… Pour tout dire, fait que j'avais d'ailleurs caché à ma famille pour ne pas en rajouter une couche, l'armée au grand complet des Volturi ne tiendrait pas longtemps face à elle…

Moi aussi j'avais peur, peur de l'inconnu, peur de ce qu'elle représentait, de ce qu'elle était, mais il fallait vraiment être aveugle pour ne pas voir qu'elle ne nous souhaitait aucun mal. Au contraire, je pense que les sentiments qu'Edward lui porte sont plus que partagés ! Enfin… je pense… Avec elle, rien n'est moins sûr. Je ne percevais jamais la moindre émotion, mon Alice n'apercevait aucune bribe de futur, Edward pas la moindre pensée… Mais je sentais, non, savais que nous ne risquions rien d'elle. Preuve en est, elle s'était portée garante pour nous auprès des Quileute, leur intimant de ne pas nous toucher au risque de représailles. En parlant de Quileute, le frangin devrait se méfier du jeune clébard brun-roux, il regarde la petite Bella avec des allures de propriétaire qui ne me disent rien qui vaille…

Un hennissement hystérique me ramena à la réalité et j'aperçus du coin de l'œil Irina roulée en boule sur un sofa, se moquant de sa sœur. Arf ! Je les avais presque oubliées ces deux-là ! Notez bien le presque : évidemment, une chienne en rut et une chatte en chaleur, ça ne passe pas vraiment inaperçu…

Tanya venait de tomber après s'être cassé un talon et sa jupe trop serrée s'était déchirée, dévoilant son intimité exposée sans aucune pudeur à la vue de tous.

- Todos Dios ! N'as-tu donc aucune pudeur Tanya ? Va vite te mettre quelque chose sur les fesses ou tu peux rentrer à Denali immédiatement !

Carmen était horrifiée par l'impudeur de Tanya, leur soit disant chef de clan, et se répandait en excuses auprès de nous. Esmée roula des yeux avant de lui dire que nous étions habitués, à force, au comportement outrancier de la blondasse. Quelques secondes plus tard, la dinde revint à nos côtés comme si de rien n'était, vêtue d'un jeans taille basse ultra-moulant et d'un haut au décolleté vertigineux, talons aiguilles aux pieds.

- Arf ! Et c'est moi que tu traites de « grosse tanche » ? Si t'avais vu toute la cellulite que tu as sur les cuisses, ma pauvre ! Ricana Irina.

Tanya s'affola avant de s'observer sous toutes les coutures en hurlant « de la cellulite ! Où ça ? Où ça ? » sans même penser une seule seconde qu'étant un vampire, elle ne peut pas en avoir… Rosalie finit par avoir pitié de la pauvre idiote et lui rappela que la cellulite était inexistante chez les femelles vampires…

- Ah bon ? T'es sure Rosie-Rosa?

- Oui Tanya. Les imperfections n'existent pas chez les vampires.

- C'est pas vrai ça ! Un jour, je suis tombée sur un mâle, il avait une toute petite bite ! Seulement 19cm, tu te rends compte !

- C'est sûr que si tu ne te tapes que des ânes…

Ma douce Alice roula des yeux, se demandant s'il fallait rire ou pleurer, avant de se figer, perdue dans une vision. Lorsque ses yeux retrouvèrent leur clarté habituelle, je m'inquiétais en y lisant l'angoisse qui s'y reflétait. Alice se releva d'un bond, affolée, et je l'enlaçais afin de la calmer.

- Alice ? Mais que t'arrive-t-il ? Demanda doucement Esmée, inquiète de voir ma compagne aussi agitée.

- Edward ! Je ne le vois plus ! Il a disparu ! DISPARU !

- Pfff ! Pas la peine d'en faire toute une montagne, il doit sûrement être avec l'autre ! Cracha Rosalie avec le dédain qui la caractérise.

- L'autre ? Quel autre ? Demanda Irina, les sourcils froncés.

- Pas quel, mais quelle ! Bella ! Il ne jure que par elle, le crétin ! Répondit ma sœur.

- Edwarrrd ? Avec une autre fille ? Mais pourquoi il aurait disparu, Edwarrrd ?

La jalousie que je ressentais en provenance d'Irina se mêlait clairement à la colère. Une autre femelle, en plus de sa sœur, marchait sur ses plates-bandes… Décidément, ces deux blondes ne comprendront jamais ! Pas étonnant qu'il y ait autant de blagues sur la bêtise faramineuse des blondes, Irina et Tanya en sont le parfait exemple !

- L'ado attardé a disparu parce qu'Alice ne voit pas cette fille, donc quand l'autre idiot est avec elle, il disparaît. Il n'y a pas de quoi en faire tout un plat ! Répliqua Rosalie en guise d'explication.

- Non, ce n'est pas ça ! On doit aller le chercher !

- Alice ! Calmes-toi, ma chérie ! Que se passe-t-il ?

- Le s montagnes, Jazz, je l'ai vu se diriger inconsciemment vers les Goat Rocks !

Je me tendis en entendant ses paroles et m'aperçus que ma famille faisait de même. Je me rappelais alors les paroles de cette Bella « N'allez pas dans les Goat Rocks. Si possible évitez les montagnes. »

- Ah ! Ah ! Comme si Edwarrrd risquait de se faire attaquer dans les montagnes ! Par qui ? Le Petit Chaperon Rouge et le Grand Méchant Loup ? Rigola franchement Irina.

Ses lèvres s'affaissèrent lorsqu'elle vit à quel point notre humeur s'était assombrie.

Carlisle résuma alors la situation, révélant au passage que Bella n'était pas aussi humaine que ce que l'on croyait au départ, ce qui renforça la haine de Tanya – et la jalousie d'Irina – mais surtout que la jeune femme nous avait mis en garde d'éviter les montagnes, principalement les Goat Rocks.

- Mais qu'est-ce que ce crétin a eu comme idée derrière la tête pour aller là-bas ? Ragea Rosalie à grand renfort de grognements.

- Je ne pense pas qu'il y soit allé volontairement, Rosie ! Tu connais Eddy, quand il est énervé, il a besoin de courir n'importe où. Il n'a pas dû faire attention au chemin qu'il a pris, c'est tout… Tenta Emmett, espérant calmer la colère de sa femme.

- C'est un crétin inconscient, c'est tout ! Un idiot qui se fout des autres et qui ne pense qu'à lui !

Je toussotais et la foudroyais du regard, celle qui se fout des autres et ne pense qu'à elle n'étant rien d'autre que Rosalie. Elle me renvoya mon regard puis releva le menton, un profond dédain clairement lisible sur le visage.

- Carlisle, il faut aller le chercher ! Supplia Esmée, inquiète pour mon frère.

Notre père se pinça l'arête du nez – un tic qu'il avait emprunté à Edward – puis se passa une main dans les cheveux – autre tic emprunté à mon frère – avant de souffler longuement et d'acquiescer d'un hochement de tête.

Au cas où Edward changerait d'avis et se déciderait à rentrer à la maison, ce dont je doutais fortement, il fut décidé que Carmen et Esmée resteraient à la villa. Éléazar, Irina et Tanya nous accompagnaient donc, le premier par curiosité, il voulait tant découvrir les secrets de Bella depuis que Carlisle lui en avait parlé, et les secondes par pure jalousie. À la fois envieuses l'une de l'autre, mais principalement de Bella pour avoir tapé dans l'œil de mon frère…

Combattant averti et meilleur traqueur de la famille, je pris la tête de notre délégation. Nous avancions en formation serrée, à vive allure, nous enfonçant au cœur de la forêt, en direction des montagnes. Plus nous cheminions entre les arbres, plus je ne pouvais éviter cette sensation de malaise grandissant, comme si la forêt avait peur, craignait quelque chose. Il y régnait une aura malfaisante, je n'aimais pas ça…

De temps à autre, nous nous arrêtions afin qu'Alice puisse décider de notre direction. Comme elle ne voyait ni Bella, ni Edward qui était désormais avec la jeune femme, il lui suffisait de se focaliser sur une destination. Si cette dernière était claire, pas la peine de l'emprunter, si elle disparaissait, c'était la bonne.

Finalement, je finis par percevoir les émotions de mon frère. Elles étaient si intenses que je les ressentais de loin. Il éprouvait un étrange mélange d'effroi, de chagrin, d'amour, de colère, de vénération, de désir et de dégoût. Wah ! Dans le genre « je change d'émotion plus souvent que de boxer », Eddy est champion !

Enfin, je finis par apercevoir leurs silhouettes au loin, ils se trouvaient dans une petite trouée au beau milieu des bois. Notre petite délégation accéléra alors le pas pour les rejoindre au plus vite.

Sourire aux lèvres, j'eus l'impression d'être un intrus en les voyant mains entrelacées et posées sur le torse d'Edward, leurs regards ancrés l'un à l'autre tels leurs ports d'attache et j'étouffais un rire lorsque Alice se mit à gémir en voyant notre frère embrasser le front de Bella, elle les trouvait adorables. Malheureusement, ce moment de tendresse fut interrompu par les grognements intempestifs de Tanya, Edward et Bella se séparèrent donc, sans pour autant se lâcher la main.

Carlisle était envahi par un mélange de déception et de consternation, Edward lui avait ouvertement désobéi puisque notre père ne voulait plus les savoir l'un avec l'autre. Alors que Carlisle exigeait des réponses, un hurlement d'Emmett me fit sursauter.

- Bon Dieu de bon sang de bordel de merde ! Qu'est-ce que c'est que ça ?

Je suivis son doigt du regard et ce que je vis me glaça le sang. Les trois nomades qui nous avaient nargués sur notre terrain de base-ball gisaient au sol, morts, assassinés à en juger leurs blessures. Bizarrement, leurs bras étaient croisés sur leurs torses, des fleurs coincées entre les mains. La fureur, le dégoût et la haine qui m'atteignirent de tous côtés ne furent pas loin de me mettre à genoux, surtout celle de Rosalie qui demanda alors à la jeune femme si elle avait tué les nomades.

Alors qu'Edward hurlait un « non » outré, Bella répondit simplement « oui ». Je fus un instant enclin à croire que mon frère voulait couvrir son triple meurtre, mais deux choses clochaient. Tout d'abord, Edward ne mentait jamais, sauf en cas d'extrême recours mais surtout pas à la famille, et ensuite, la surprise et l'effarement qui l'envahirent ne coïncidaient pas. Si cette Bella avait réellement assassiné les nomades comme elle le prétendait, Edward ne ressentirait pas ces émotions.

Je ne comprenais pas pourquoi elle s'accusait d'un crime qu'elle n'avait apparemment pas commis, et en voyant les visages de mon Alice et de mon frère, ils ne comprenaient pas non plus...

Cependant, le soi-disant aveu de la jeune femme fut suffisant pour déclencher les foudres de Rosalie, Irina, Tanya et – incroyable mais vrai – Emmett. Alors qu'Edward se débattait comme un acharné, maintenu de force par Carlisle et Éléazar, les suppliant de ne pas faire de mal à Bella, nous observions, totalement impuissants, une attaque en bonne et due forme. Emmett, Rosalie, Irina et Tanya fonçaient à toute vitesse sur Bella qui, un sourire triste aux lèvres, leva péniblement sa main, paume vers nous. Arrivés à moins d'un mètre de son corps, ses assaillants furent violemment catapultés dans la forêt. Je me retrouvais à genoux, courbé par la flamboyance du choc, la douleur des miens, l'effarante puissance de Bella. Impossible… Je n'aurais jamais imaginé qu'une telle puissance puisse exister ! Plus puissante encore et dévastatrice que la déflagration causée par une bombe atomique…

Carlisle et Éléazar, profondément choqués et dégoûtés par la violence dont ils venaient d'être témoins, s'empressèrent de rejoindre les blessés, essayant tant bien que mal de les rafistoler.

Edward, à genoux au sol, avait les yeux rivés sur Bella. À la façon dont ils se dévoraient du regard, j'eus l'impression qu'ils communiquaient silencieusement. Puis le regard de la jeune femme s'emplit d'un sentiment qui ne me dit rien qui vaille, la résignation. Edward sembla alors perdre toute retenue avant de crier, en proie à la désespérance la plus totale.

- Bella, non ! Je t'en supplie, ne fais pas ça ! Ne me fais pas ça !

- Je ne vois pas de quoi tu parles, vampire. Tu ferais mieux de t'occuper des tiens, ils m'ont l'air plutôt mal en point.

La voix de la jeune femme, tout comme son visage et son regard, était dénuée de vie et de toute trace de sentiment. Elle se tourna alors vers les cadavres des trois nomades et claqua des doigts, un brasier enflamma instantanément les corps. Je ne pus empêcher le hoquet de stupeur qui s'échappa de mes lèvres, complètement choqué par ce dont je venais d'être témoin. Une puissante vague de répulsion m'atteignit alors et je n'eus aucun mal à en déceler l'origine. Carlisle, épouvanté de voir dans quel état se trouvaient ses enfants et nos amies, fit face à la jeune femme, le regard révulsé.

- Tu n'es qu'un monstre. Un monstre !

Bella haussa les épaules nonchalamment mais j'eus le temps d'apercevoir un éclat de tristesse passer furtivement dans son regard. Elle nous toisa tous une dernière fois et lorsque ses yeux s'ancrèrent aux miens, j'eus bien des difficultés à rester impassible.

Prends soin de lui, je t'en prie !

Je hochais discrètement la tête avant qu'elle ne se volatilise d'ici, dissimulée par l'épaisse fumée mauve émanant du brasier.

Carlisle se mit alors à invectiver mon pauvre frère, lui rappelant encore et encore comment il l'avait mis en garde d'éviter Bella à tout prix, qu'elle était dangereuse, blablabla et blablabla… Incroyable ! Il n'y a décidément pas plus aveugle que celui qui refuse de voir… J'envoyais toute ma sympathie à Edward, lui témoignant ainsi mon soutien et Alice lui pressa affectueusement la main. Si les autres lui tournaient le dos, il pourrait toujours compter sur nous !

Carlisle nous demanda alors d'aider Rosalie et Emmett à chasser. Il est vrai qu'ils étaient plutôt mal en point… Et dire qu'elle ne les avait même pas touchés !

Alors que je soutenais Emmett, Alice faisant de même avec Rosalie, Carlisle s'en prit une fois de plus à Edward, l'envoyant à la maison tel un petit garçon désobéissant, puis l'obligea à prévenir Esmée et Carmen de ce qu'il s'était passé ici. Edward, lui, semblait résigné. Quoiqu'il fasse ou dise, de toute façon, cela n'arrangerait rien bien au contraire… Mais lorsque Carlisle lui cracha au visage qu'Emmett et Rosalie payaient une fois de plus le prix de ses erreurs, je faillis tomber à genoux sous la violence des émotions de mon frère. Les sentiments négatifs qui l'avaient habité pendant de trop nombreuses décennies firent un retour flagrant et j'eus envie de frapper Carlisle pour cela.

Finalement, nous nous mîmes en route, quittant les montagnes aussi vite que nous le pouvions et une fois de retour dans la forêt, j'emmenais Emmett à la recherche d'un ours. Après trois proies, il était capable de se nourrir seul, au bout de cinq, complètement retapé et à la huitième, sa frustration l'emporta.

- La vache, quelle dérouillée ! Une nana, j'me suis fait défoncer par une nana !

Il marmonnait toujours lorsque les autres nous rejoignirent et je fus heureux de voir que Rosalie, Tanya et Irina avaient bien meilleure mine. Ma joie fut cependant de courte durée, j'en avais assez de leurs simagrées…

Nous étions à peine réunis que le lynchage commença. Edward gnagnagna, le monstre blablabla, Edward gnagnagna, le monstre blablabla… et ainsi de suite. Rosalie s'en donnait à cœur joie, répétant à qui voulait bien l'entendre qu'elle n'avait cessé de nous prévenir du danger que représentait Bella. Et Carlisle, lui, s'excusait de ne pas avoir été à la hauteur, car un père digne de ce nom aurait dû écouter les mises en garde de sa fille et ainsi empêcher son fils de faire de telles erreurs.

Éléazar, lui, était étrangement silencieux. Ce que je percevais venant de lui ne me plaisait pas particulièrement. De la peur, évidemment, mais surtout de la curiosité – n'oublions pas qu'il avait été le chasseur de talents officiel des Volturi pendant de nombreux siècles – mais aussi de la convoitise… Lorsqu'il s'aperçut que je lui portais une attention particulière, il s'empressa de penser à autre chose afin que ses émotions changent.

- Idiot ! Débile ! Crétin ! Ne pense qu'avec sa bite ! On est dans la merde à cause de lui ! C'est de sa faute, Carlisle, c'est lui qui a amené cette… chose ici ! Il n'a plus sa place dans notre famille, on est en danger à cause de lui !

- Je sais, Rosalie, mais il est toujours ton frère, c'est mon fils ! Nous devons plutôt trouver une solution pour le désenvoûter, ce monstre a une emprise malfaisante sur lui ! Mon pauvre fils est toujours là, je le sais, caché sous toute cette révolte et toute cette perversion, mais il est toujours là !

Je roulais des yeux lorsque Carlisle osa dire que mon petit frère était perverti. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre ! C'est dingue, ils ne se rendaient même pas compte qu'Edward n'avait pas changé en mal comme ils semblaient le croire, mais en bien ! Heureux, confiant, croyant en son avenir, amoureux tout simplement. Connaissant Rosalie, je savais que ce dernier point était une partie du problème, Edward osait regarder une autre femme alors qu'il ne l'avait jamais vue, elle.

- … Penses quoi, Jasper ?

- Hein ? Tu disais Carlisle ?

Il leva les yeux, exaspéré que je ne l'aie pas écouté, puis reformula sa question.

- Nous devons absolument trouver une solution pour protéger Edward de ce monstre manipulateur tueur de vampires. Tu en penses quoi ?

- Manipulateur ? Et en quoi ? Tueur de vampires ? Mais quelle preuve as-tu Carlisle, que c'est bien cette fille qui les a tués ?

Carlisle donna l'impression de s'être prit une gifle puis il serra les dents, le regard noir.

- Es-tu aveugle et sourd, Jasper ? Et les cadavres ! Les aveux même de ce monstre !

- Voyons Carlisle, n'as-tu pas encore compris ? Si cette fille avait dit qu'elle était innocente du crime dont vous l'accusez, tu ne l'aurais pas crue ! Tu cherchais un coupable pour ces trois morts et tu en avais un tout désigné sous les mains ! Dois-je te rappeler que, lorsque tu étais encore humain, ton père t'obligeait à participer à la « Chasse aux sorcières » ? N'étais-tu pas horrifié du nombre d'innocents qui étaient chaque jour envoyés au bûcher parce qu'ils étaient de soi-disant vampires ou autres mages noirs ?

- Et toi, as-tu oublié ce qu'elle a dit aux clébards, hein ? Qu'elle allait s'occuper des nomades parce qu'ils avaient tués des humains sur nos terres ? Cracha Rosalie avec véhémence.

- Tu as une mémoire sélective, Rosalie, car si elle a bien dit cela, elle a également prévenu les Quileute qu'elle ne les tuerait pas.

- Bon sang ! Mais de quel côté tu es ? Celui de ta famille ou celui de ce monstre ? S'enflamma ma sœur.

- Je ne suis pour personne, je veux juste savoir ce qu'il s'est passé, et je sais qu'elle ne les a pas tués !

- Jasper ! Oublions cinq minutes la mort de ces nomades, as-tu vu ce qu'elle a fait à ton frère ? Ta sœur ? Nos amies ? Implora Carlisle.

Je secouais la tête, blasé. Cette discussion ne mènerait nulle part.

- Dis-moi Carlisle, si les Quileute nous attaquaient injustement, sans aucune raison, et que… Rosalie par exemple, en blessait trois, tu dirais quoi ?

- Mais voyons, c'est évident ! Bien que je condamne la violence, Rosalie n'agirait qu'en cas de légitime défense !

- Alors en quoi est-ce différent de ce que cette Bella a fait, hein ?

Je n'attendis pas qu'il me réponde, de toute façon, il était bien trop choqué par mes paroles, et agrippais la main de mon Alice avant de retourner à la villa. Ma douce épouse était profondément attristée. Elle qui espérait tant pour Edward, qui attendait tant de cette Bella, ne supportait pas de voir que la peur de l'inconnu obscurcissait les pensées rationnelles de notre père. Venant de Rosalie, elle ne s'attendait plus à grand chose, Rosalie ne pense qu'à elle et à son intérêt, mais de voir notre père, en temps normal si compréhensif et compatissant, désormais déraisonnable et médisant, cela la choquait profondément.

Une fois à la maison, je fus surpris de voir Edward auprès de Carmen et Esmée, et lorsque je scannais les émotions des deux femmes, je fus heureux d'y trouver soutien et compassion à l'égard de mon frère. Je prévins alors Edward qu'un véritable lynchage à son sujet avait déjà eu lieu mais qu'un autre l'attendait, autant qu'il s'y prépare ! Il hocha la tête afin de me remercier mais n'eut pas le temps d'ajouter quoique ce soit que les autres entraient déjà.

Lorsque Carlisle s'aperçut qu'Edward était aux côtés de sa femme, il s'enflamma, persuadé que mon frère avait oublié de raconter les évènements de la soirée, et lorsqu'Esmée lui fit face, choquée qu'il dise prendre Edward pour un menteur, Carlisle n'eut plus qu'une chose en tête : Esmée et Carmen étaient à leur tour victimes de l'envoûtement de cette Bella.
À esprit étriqué, pensée étriquée.

Esmée était particulièrement peinée de la réaction démesurée de Carlisle, elle ne reconnaissait pas son époux en cet instant, et lorsque Carlisle s'exclama qu'il n'avait pas besoin de témoins pour être certain que Bella avait bien tué les nomades, Esmée ne put s'empêcher d'en rire. Franchement, il y a de quoi !

- Mais enfin, Carlisle, pourquoi aurait-elle nié les avoir tués ? Tu t'es tellement persuadé que cette pauvre fille est une menace que quoiqu'elle dise ou fasse, elle est coupable ! Je suis certaine que si elle avait dit ne pas savoir qui avait tué ces pauvres nomades, tu ne l'aurais pas crue et lui aurais mis les meurtres sur le dos ! Tu sais très bien qu'Edward ne ment pas lorsqu'il te dit que cette fille n'a rien fait, mais tu préfères les accuser à tort ! Que t'arrive-t-il, Carlisle ?

Dire que Carlisle s'était pris une gifle était un euphémisme ! Par contre, un qui s'en prit vraiment une bonne fut Edward, Rosalie ne l'avait pas raté. Le lynchage recommença de plus belle…

- Tout ça c'est de ta faute, une fois de plus ! C'est à cause de toi que ce monstre nous a brutalisés ! Défigurés ! C'est à cause de toi, même indirectement, si ces nomades sont morts, assassinés ! Tout ça parce que Monsieur Edward est trop bien pour faire comme tout le monde, il vaut mieux que ça ! Ça fait des années et des années que je sais que tu n'as pas ta place dans cette famille, mais là c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase ! Tu devrais avoir honte et te cacher au fin fond d'une grotte pour tous les torts que tu as causés, tout le mal que tu fais à cette famille ! À cause de toi, Carlisle et Esmée se déchirent ! À cause de toi, j'ai failli perdre mon Emmett ! Tu n'es qu'un égoïste ! Égocentrique !

Esmée avait beau lui demander d'arrêter, Rosalie n'en démordait pas, elle déballait son sac. Aaaah… La pauvre petite Rosalie… Sacrée menteuse et manipulatrice qui parvient à cacher ce qu'elle pense réellement ! Ainsi donc, Madame en veut à Edward parce qu'il ne lui a jamais accordé le moindre intérêt ? Et s'il n'y avait que ça ! Voir notre frère souffrir et être dégoûté de sa personne au point de vouloir la mort pendant de nombreuses décennies n'est pas un problème pour Rosalie, mais déménager régulièrement, si ! La colère nous en fait dire beaucoup parfois, et là, Rosalie ne se retenait plus. Elle détestait tellement Edward pour sa « différence » qu'elle le voulait malheureux. Pour elle, c'était inconcevable que notre frère ait droit au bonheur ! C'est donc pour ça qu'elle faisait tout pour le caser avec la Denali et Denali bis ? Tsk tsk tsk, Rosalie !

Selon elle, Edward méritait de souffrir parce qu'il le lui devait.

Je tournais vivement mon regard vers Emmett, il n'en revenait pas… Le pauvre, s'apercevoir que sa femme est un monstre d'égoïsme a de quoi retourner, non ?

Tout le monde était plus ou moins choqué par la véhémence de ma sœur, moi-même n'en revenait pas de voir à quel point elle était une garce sans scrupules, et un élan de fierté m'envahit lorsque j'aperçus Edward, mort de rire. Ouhlala ! Rosalie n'apprécie pas !

- Moi, égoïste ? Égocentrique ? Je ne pense qu'à moi ? Elle est bien belle, celle-là ! Qui est vexée que je ne remarque pas sa « stupéfiante splendeur », hein ? Qui veut me voir malheureux parce que je n'ai jamais fait attention à sa misérable petite personne ? Qui ne supporte pas que le monde entier ne tourne pas autour de sa misérable petite personne ? Ce n'est pas moi, Rosalie mais bien toi ! Tu te demandes pourquoi je ne me suis jamais intéressé à toi, mais la réponse est pourtant simple, Rosalie ! Tu es excessivement vaniteuse et imbue de ta pitoyable petite personne, tu as une personnalité insipide et dénuée d'intérêt. Hormis toi et toi-même, tu ne t'intéresses à rien ! Et quand tu ne penses pas à toi, à ton maquillage, à ta coiffure, à tes vêtements, à ton physique, à tes voitures, à toi, toi et encore à toi, là tu te préoccupes 5 minutes d'Emmett ! Je plains sincèrement mon pauvre frère, il n'a rien fait dans sa vie humaine pour mériter un monstre d'égoïsme tel que toi !

Emmett regardait sa femme d'un œil nouveau, à la fois dégoûté et profondément déçu. Malheureusement, il ne pouvait empêcher ses sentiments et il aimait Rosalie à la folie.

Lorsque Carlisle leur intima de se taire, je soufflais de soulagement, ce fut malheureusement de courte durée…

- Si j'étais à ta place, je me tairais, Edward ! Comme je disais, Rosalie ne tenait peut-être pas des propos plaisants…

- C'est le moins qu'on puisse dire ! Sifflai-je entre mes dents, exaspéré.

- Jasper, je me passerai de tes commentaires, merci. Le problème n'est pas là. Rosalie a peut-être… abusé, néanmoins elle a mis le doigt sur le fond du problème. Depuis que tu fréquentes cette… Bella, ton comportement s'est considérablement détérioré. Tu ne soutiens même plus ta famille ! Tu préfères soutenir cette… fille démoniaque au prix de notre sérénité familiale, ce qui en résulte des disputes sans fin ! Ce qu'il s'est passé cette nuit, ton frère, ta sœur et nos amies blessés n'en est qu'une triste conséquence ! Cela ne peut plus continuer, Edward, il va falloir te ressaisir au plus vite !

Incroyable ! Edward se fait descendre en flèche par notre sœur mais c'est lui qui prend ! C'est le monde à l'envers !

Mon frère préféra retenir ses paroles, résigné, mais la colère continuait à enfler en lui. Une violente colère, comme je n'en avais encore jamais ressentie chez lui…

Je me focalisais sur mon frère, en cet instant il en avait particulièrement besoin, et tiquais lorsque je me rendis compte de quelque chose d'anormal. Un deuxième foyer de cette rage se faisait sentir en lui, comme si Edward se… dédoublait. Une bataille semblait se mener en lui entre ses deux colères, à savoir laquelle prendrait le pas sur l'autre. J'essayais de le calmer, ça ne marchait pas. Comme si mon talent était bloqué par sa rage…

Le regard noirci par la colère, le front plissé et les sourcils froncés, Edward écoutait les pensées des uns et des autres et ce qu'il percevait nourrissait sa rage, une rage meurtrière.

Je me tournais vers la source de sa colère et compris. Je ne sais pas à quoi Tanya pouvait bien penser mais au vu de la jalousie et de la haine qui émanaient d'elle à grands flots, ça ne devait pas être joli-joli… Edward se mit à gronder doucement, un grognement mauvais, macabre, puis il ouvrit les yeux et incendia la Denali de ses prunelles obsidiennes. Le feulement d'avertissement de mon frère n'aida pourtant pas la gourde à se ressaisir, bien au contraire…

Puis tout se passa très vite, si vite que je peinais à voir.

Telle une lance, le bras d'Edward fusa en direction de Tanya à une vitesse ahurissante avant que la main de mon frère ne s'enroule étroitement autour de son cou. Une seconde ils étaient à côté de nous, et l'autre il la maintenait plaquée contre le mur, leurs visages au même niveau. D'ignobles borborygmes sortaient de la bouche de Tanya alors qu'elle se faisait pratiquement étrangler par mon frère, désormais dominé par cette rage étrangère, violente, meurtrière, et ce que je vis sur son visage me fit peur. Il n'y avait plus une once d'humanité désormais, Edward n'était plus qu'un prédateur avide de sang et de mort. Mais le changement le plus frappant, et ce qui me marqua le plus, fut ses yeux. Ses prunelles étaient passées d'un onyx pur à cette étrange couleur dorée et argentée à la fois, ces deux billes de cristal que nous avions vues lors des rave-party… Sauf que cette fois-ci, ses pupilles étaient rouge sang. Deux minuscules points carmin entachant cette étrangeté lumineuse. Un sourire démoniaque étirait ses lèvres pleines alors que nous étions tous bien trop hébétés pour réagir.

- Je vais te tuer cette fois-ci, Tanya… Je t'avais pourtant prévenue, encore et encore, mais non, tu es incapable de comprendre une simple demande, hein ? Tu es nuisible, une menace à ma tranquillité, et il est hors de question que tu me pourrisses l'existence une seule minute de plus…

La voix de mon frère était étrangement sifflante et modulée, à la fois semblable mais tellement différente de sa voix habituelle !

Éléazar regardait la scène avec une sorte de curiosité morbide qui ne me plaisait pas du tout tandis que Carmen et Irina pleuraient dans les bras l'une de l'autre. Carmen inquiète qu'Edward ne s'en remette pas s'il en venait réellement à tuer Tanya, Irina terrorisée à l'idée de subir un sort identique à sa sœur.

Les yeux roulant dans leurs orbites, les lèvres légèrement entrouvertes, un sifflement rauque sortant de sa gorge, la tête rejetée en arrière, Edward semblait particulièrement létal alors qu'il aspirait l'air.

- JASPER ! FAIS QUELQUE CHOSE ! S'époumona Carlisle les yeux exorbités, effrayé.

- Ça ne marche pas, il me bloque !

Une étrange vapeur rouge émana alors du corps de Tanya, par tous les pores de sa peau, avant que sa bouche ne s'entrouvre également, apparemment contre sa volonté puisque Tanya semblait particulièrement terrorisée. Ce que je vis ensuite me perturba autant que cela m'horrifia. Au fur et à mesure qu'Edward aspirait, Tanya semblait se… dessécher alors qu'une boule lumineuse rouge enflait dans sa bouche. Les bras et jambes désormais malingres, les joues creuses, les cheveux filasses, le visage semblant avoir pris 1000 ans, le corps émacié et cette lumière rouge emplissant totalement sa bouche, Tanya faisait peur à voir. Une terreur pure habitait la Denali qui n'avait plus la force de se débattre, l'un de ses bras venant de se détacher tout seul de son épaule. Mon frère, lui, semblait en transe, comme s'il n'était plus aux commandes de son propre corps…

Carlisle et Rosalie se jetèrent alors sur Edward et essayèrent de l'obliger à relâcher la Denali.

- ARRÊTE EDWARD ! ARRÊTE, FILS ! TU VAS LA TUER !

Mais Edward n'était plus là, et je pris peur lorsqu'il reporta son attention sur Carlisle et Rosalie, ses yeux se fermant de plaisir et les narines frémissantes. Tanya, ressemblant désormais plus à une momie desséchée qu'à autre chose, eut droit à un léger moment de répit, l'étrange lumière rouge toujours coincée dans la bouche, lorsque la Chose qui avait pris les commandes d'Edward se focalisa sur notre père et notre sœur. Eux aussi furent rapidement desséchés, plus vite encore que Tanya - peut-être est-ce une question d'âge ? – les boules lumineuses rouges gonflant entre leurs lèvres, aspirant leur vitalité.

Je compris alors une chose, mes entrailles se tordant de frayeur et dévasté par l'impuissance face à cette situation désespérée: il ne fallait pas que ces… lumières, quelles qu'elles soient, quittent leurs corps et ne soient surtout pas avalées par « Edward », sinon nous pouvions faire une croix sur eux, ils mourraient...

Esmée suppliait Edward d'arrêter entre deux pleurs hystériques mais il n'était plus là depuis longtemps… La curiosité morbide d'Éléazar, elle, atteignit des sommets.

Je me débattais avec Emmett, l'empêchant de se ruer sur Edward de peur qu'il ne subisse le même sort, lorsque la porte s'ouvrit dans un fracas terrifiant. Ce que je vis me cloua sur place.

Bella était là, dans toute son inhumaine splendeur, ses prunelles d'ordinaire d'un chocolat fondu désormais cristallisées, luminescentes, réfléchissant la lumière. Elle fondit sur Edward bien trop rapidement pour nos yeux et lui referma violemment la bouche, appuyant férocement sur sa mâchoire inférieure.

- ARRÊTE EDWARD ! TU VAS LES TUER !

Oh mon Dieu… Sa voix !

À la fois déformée, modulée et démultipliée, comme si une centaine de voix différentes fusionnaient en une seule.

Pour seule réponse, la… chose qui avait pris l'apparence de mon frère siffla furieusement et rouvrit la bouche avant d'aspirer de plus belle. La jeune femme secoua la tête avec condescendance lorsque trois boules rouges lumineuses quittèrent simultanément les corps de Tanya, Carlisle et Rosalie qui, tels des pantins désarticulés, étaient grotesquement figés contre le mur.

Désormais à genoux, accablé par le chagrin, la terreur et l'angoisse des uns et des autres, j'eus bien du mal à percevoir la suite des évènements. Subitement, alors que les billes carmin étaient à mi-chemin entre leurs propriétaires et Edward, Bella fit un geste de la main rappelant étrangement le smash d'un tennisman, et renvoya les boules lumineuses, apparemment leurs essences vitales, dans les corps de Tanya, Carlisle et Rosalie qui gisaient au sol, amoindris, avant de s'approcher de mon frère si rapidement que je n'avais rien perçu de son déplacement. Elle approcha ses lèvres de celles de mon frère et cela aurait pu ressembler à un acte amoureux si elle n'aspirait pas à son tour, dans un sifflement rauque, les yeux rivés sur Edward. Plus rapidement que ce qu'il s'était produit depuis que la « chose » avait pris possession de mon frère, une boule noire et opaque quitta sa bouche, rapidement engloutie par Bella qui déglutit difficilement. De violents frissons parcoururent son petit corps et elle rejeta la tête en arrière avant d'exhaler un nuage de poussières noires qui percutèrent bruyamment le sol, au moment où mon frère tombait lourdement au sol, à moitié conscient.

Bella, le dos courbé et les mains sur les genoux, peinait à reprendre son souffle. Elle toussa à quelques reprises, crachotant quelques unes de ces «poussières» qui étaient restées coincées dans sa bouche, avant de se tourner vers Carlisle, Rosalie et Tanya, son regard étrangement luminescent affichait clairement son soulagement. Je me tournais alors vers eux et m'apaisais instantanément en voyant qu'ils avaient retrouvés leurs apparences normales, bien qu'ils semblaient particulièrement secoués. Entre nous, il y a de quoi… Je relâchais mon emprise sur Emmett et il se précipita vers Rosalie, l'enlaçant étroitement au point de lui broyer les os.

- Rosie ! Tu vas bien ma louloute ?

Rosalie se contenta de hocher la tête, encore abrutie par les évènements qui venaient de se produire, tandis qu'Emmett la palpait de haut en bas afin de s'assurer qu'elle n'avait rien. Esmée, quant à elle, enlaça étroitement Carlisle avant de l'examiner sous toutes les coutures puis, satisfaite de voir qu'il allait relativement bien, elle l'embrassa sans aucune retenue. Voyant que personne ne semblait se préoccuper de son état, Tanya commença à pleurnicher jusqu'à ce qu'Irina, prise de pitié, n'aille l'éteindre en roulant des yeux. Elles frémirent de peur lorsque leurs regards se posèrent furtivement sur Edward, un contre-coup de ce qu'il venait d'arriver, et feulèrent furieusement lorsqu'elles aperçurent Bella à ses côtés. Aaaah jalousie, quand tu nous tiens !

Edward était secoué par de violents spasmes et Bella s'agenouilla à côté de sa tête avant de la poser délicatement sur ses genoux et de se pencher au-dessus de son visage. Elle exhala alors lentement et mon frère gémit, de plaisir sembla-t-il, avant de fermer les yeux et de tomber dans une forme d'inconscience. Alors que Bella lui caressait tendrement les cheveux, enlevant les quelques mèches qui lui barraient le front, Esmée la héla doucement. Bella se tourna vers elle, un sourcil haussé.

- Je voulais juste te remercier pour ce que tu as fait pour nous et…

- Je ne l'ai pas fait pour vous, je l'ai fait pour lui ! Si les choses avaient mal tourné…

Une grimace chagrine déforma son beau visage lorsqu'elle pensa à ce qu'il serait advenu de mon frère s'il s'était retrouvé avec leurs trois morts sur la conscience, puis elle haussa les épaules avant de cajoler le visage d'Edward qui semblait dormir paisiblement, la tête sur ses genoux.

Alice souhaitant s'approcher d'eux, j'enroulais étroitement mes bras autour de sa taille, tiraillé par la peur. Du haut de son mètre 55, elle me toisa d'un regard noir avant d'enfoncer violemment son talon sur mes orteils pour que je la relâche. Bon gré, mal gré, je la laissais partir et elle se laissa délicatement tomber à genoux à leurs côtés.

- Il dort ? Chuchota-elle de peur de le réveiller.

- Non. Je l'ai plongé dans une sorte d'état méditatif profond qui l'aide à se mettre en phase avec son moi intérieur. Répondit Bella sans cesser ses caresses.

- Gnééé ?

- Ce qu'il s'est passé n'aurait jamais, jamais dû se produire… Il n'est pas prêt, les conséquences auraient pu être désastreuses, à la fois pour vous mais surtout pour lui. Il a besoin de se régénérer, c'est pour ça que je le garde sous mon contrôle…

Plusieurs vagues de fureur m'atteignirent à la suite des paroles de Bella et du coin de l'œil, j'aperçus Rosalie qui repoussait violemment Emmett avant de se ruer sur la jeune femme et de l'arracher des côtés de mon frère. Étrangement, Bella se laissa faire sans broncher, le regard impassible, alors que ma sœur la secouait telle une poupée de chiffons avant de la plaquer brutalement contre le mur.

- Espèce de monstre… Qu'as-tu fait à mon frère ?

- Depuis quand te préoccupes-tu d'autre chose que de son malheur, Rosalie ?

- Tu ne sais rien !

Alors que Rosalie continuait à cogner la jeune femme contre le mur, Carlisle posa une main sur son épaule.

- Relâche-la, Rosalie, ça ne résoudra rien.

- Mais enfin, Carlisle !

- Lâche-la !

Rosalie geignit avant de libérer Bella de son emprise. Cette dernière avait un petit sourire sardonique aux lèvres. Au bout de plusieurs longues secondes de silence, Carlisle se tourna vers elle, dégoûté.

- J'ai empêché ma fille de te faire du mal, tu pourrais au moins dire « merci » ! Cracha-t-il avec dédain.

- Je ne t'ai pas entendu me remercier lorsque j'ai préservé vos existences, Carlisle Cullen ! Et ta fille, me faire mal ? Tu plaisantes, j'espère !

Son éclat de rire fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase. Le visage de mon père se déforma de fureur.

- Qu'as-tu fait à mon fils ? Et ne réponds pas « rien », tu l'as avoué ! Tu as avoué que tu le contrôlais ! Que lui as-tu fait ?

- J'ai dit que je contrôlais son espèce de sommeil, pas que je le contrôlais lui. Et je ne lui ai rien fait.

- MENSONGES ! Cette… chose qui nous a attaqués n'était pas mon fils, il était sous ton contrôle !

- Non Carlisle, il n'était que le résultat de votre haine et de votre colère, injustifiées à son égard. Vous êtes responsables de son état…

Alors que Carlisle et Rosalie continuaient à invectiver la jeune femme, rapidement aidés par Irina et Tanya qui s'en donnaient à cœur joie, le double foyer de fureur que j'avais senti plus tôt dans la soirée fit son apparition, mais bien plus violent. Si violent que je me retrouvais à genoux pour essayer de la contenir. Edward s'était relevé d'un bond, bien plus rapide qu'il ne l'était en temps normal, et une fois de plus je n'étais pas face à mon frère mais à la… chose qui avait pris le contrôle de son corps.

Bombardé de haine, de terreur, de rage, d'effroi… de tous côtés, je n'arrivais plus à me contenir et bientôt, j'entendis la voix puissante de Bella nous implorer tous.

- Pas de sentiments négatifs, surtout pas ! Focalisez-vous sur la joie ! La sérénité ! L'amour ! Jasper, aide-moi ! AIDE-MOI !

Ses prunelles luminescentes me clouaient sur place tandis que celles de mon frère, légèrement plus opaques et aux pupilles rouge sang me terrorisaient. J'essayais de faire ce que Bella me demandait mais n'y arrivais pas. Autour de moi, ils étaient tous à genoux, terrassés par la haine, la colère, la fureur et l'effroi que je leur projetais tandis qu'Edward semblait exulter de toute cette négativité.

- JASPER ! RESSAISIS-TOI !

Je compris alors que la… chose qui avait pris possession de mon frère se nourrissait de toutes ces émotions négatives et, au prix d'un intense effort, je répondis à la supplique de Bella. Me focalisant sur l'amour de mon Alice, la paix que j'avais trouvée auprès des Cullen, la fraternité que j'avais découvert avec Edward et Emmett, le plaisir de vivre une existence paisible et projetais ces émotions dans la pièce, bombardant tout le monde et les obligeant ainsi à ressentir eux-mêmes ces sentiments positifs. La lueur carmin présente dans les prunelles d'Edward s'oblitéra et mon frère, les yeux toujours aussi étranges, à la fois semblables à ceux de Bella de par leur luminescence mais surtout d'un noir d'encre, tomba à genoux, le corps parcouru de violents spasmes tel un humain en crise de manque. Me focalisant sur son ressenti, je m'aperçus qu'il était affamé.

Son regard croisa celui de Bella et je perçus tout d'abord sa surprise, il ne s'était apparemment pas rendu compte de sa présence, puis un violent sentiment de trahison lorsqu'il aperçut prunelles de la jeune femme, et enfin une profonde impuissance.

- Bella… aide… moi…

Ses derniers mots flottaient encore dans l'air alors qu'ils avaient tous deux disparus, volatilisés. Je clignais des yeux à plusieurs reprises afin de m'assurer que je ne délirais pas lorsqu'Emmett parla d'une voix blanche.

- Ben mes aïeux, c'est quoi c'bordel ?