Disclamair:Les personnages de Naruto ne m'appartiennent en aucun cas. Ils sont à Masashi Kishimoto.

Résumé: Naruto, jeune lycéen de 16 ans, sort depuis deux ans avec Sasuke. Son couple bat de l'aile quand il découvre que celui-ci le trompe avec son meilleur ami, Neji. Le cœur brisé, Naruto devra faire face seul aux dangers qui le guettent

Couples :NaruNeji, NaruSasu, GaaraShino, SasuNeji, KibaHIna, NaruSai, SaiHaku, NaruIta. Ca va d'un seul baiser à un lemon.

Genres: OOC, UA, POV Naruto, Romance, Humour.

Réponse aux reviews :

Umiko13:Je n'ai pas très bien compris ta review, j crois qu'il manque des bouts de phrase donc si tu pouvais me le renvoyer ce serait bien comme ça je pourrais répondre à tes questions. En attendant, bonne lecture ^^

Tenshi-Lily-Hime-Sama : Merci pour ta review. Bonne lecture ^^

Darkmoonlady : il ne faut pas accuser Kabuto trop vite...il n'a aucun rapport avec l'accident de Naruto. Bonne lecture,

Mama : Et Oui, les parents sont bien vivants. Naru a perdu sa mémoire à cause de son coma ^^. Bonne lecture.

Alisa-kun : J'avoue que j'ai pensé à Harry Potter pour l'école, honte à moi XD. Merci pour ta review, bonne lecture ^^

Streema : Pour les noms de famille, tu saurais plus tard que Uzumaki n'est pas vraiment un nom de famille dans le monde des Chimères. J'ai voulu un peu innové. Du coup, Naruto s'appelle normalement Naruto Namikaze. Voilà, je te souhaite une bonne lecture ^^. Ce chapitre devrait te plaire je crois.

Angel66 : Merci pour ta review, elle m'a fait énormément plaisir. Normalement tes questions devraient trouver réponse dans les prochains chapitres. En attendant, bonne lecture ^^

Kawaii-Sama : Youkou est un surnom que les parents de Naruto lui ont donné. Ca signifie « lumière Soleil ou Soleil». Voilà, je te souhaite une bonne lecture ^^

Stormtrooper2 : Ca a dû te prendre beaucoup de temps pour tout lire d'une traite. Merci d'autant aimé. C'est la fragilité mentale de Naruto qui l 'a poussé à autant s'accrocher à Sasuke. Pour Kabuto, c'est brai que j'en fais un personnage mystérieux mais ne t'inquiète pas, vous saurez tout à son propos dans peu de temps. Tu découvriras dans ce chapitre la version de Kabuto sur son départ ^^ mais elle est à nuancée. Et oui, Kabuto est obsédé par Naruto mais j'expliquerais plus en détail dans deux chapitres. En attendant, bonne lecture ^^

Loveless-972 : Merci pou ta review. Je crois que ce chapitre devrait te plaire ^^. Bonne lecture et merci de continuer à lire ma fic. Tu es une de mes lectrices régulières et c'est toujours un plaisir de te voir au rendez-vous. Bonne lecture ^^

Mimuconi : Je suis contente que Kabuto te plaise, même si ca en a pas l'air, c'est l'un de mes personnages préférés. Au début, je le voulais gentil mais après ça a dérapé. Je me demande souvent comment j'ai pu le faire en méchant, c'est te dire à quel point mon histoire m'échappe mais surtout mes personnages. Pour le coup de poing, ça n'a pas vraiment eu d'effet sur Naruto. Les bébés Chimères sont protégés par une barrière pour justement éviter ces incidents. Les bébés Chimères sont tellement rares que la Chimère fait tout pour le protéger. Mais tu as bien fait de me le préciser ? J'essaierai de le dire dans un chapitre, c'est vrai que ce n'est pas évident à savoir. Pour la famille de Naruto, je vous expliquerai tout plus tard dans le chapitre suivant. Et pour le nom de Kyubi, c'est bien Kurama, j'ai été vérifié. Tu peux me dire pourquoi tu as pensé à Samara ? Tu l'as lu dans un scan ^^ ?. Merci encore pour ta review et ne t'en fais pas si elle est longue, ça me fait toujours plaisir d'en lire. Voilà, je te souhaite une agréable lecture ^^

Disikas : Merci pour ta review, je suis contente que mon style d'écriture te plaise ^^. Bonne lecture ^^

Guest : Voici enfin la suite, je crois que je te devais bien ça. Bonne lecture ^^

Merci encore pour vos reviews. C'est un plaisir de les lire à chaque fois.

Merci à ma bêta-correctrice Misaki-sama pour ses fabuleuses corrections. je t'aime ma belle.

Chapitre 24

"Il arrive qu'une Chimère se révèle pour la première fois à son hôte après l'enfance de celui-ci. C'est très rare mais possible. Toutefois, se réveiller aussi tôt peut être un risque pour l'hôte. Celui-ci, s'il n'accepte pas Sa présence, peut entraîner la mort de La Chimère."

Livre des Chimères, Section: connaître sa Chimère, leçon 36

Un mois est passé depuis ma conversation avec Kabuto. J'ai suivi son conseil et ai quitté le lycée même si ça n'a pas été facile. Mes absences répétées avaient eu raison de leur acceptation. Je n'ai eu aucun mal à faire croire au directeur que ma maladie était plus grave que je ne le pensais. C'est dans ces moments là que je me dit que l'éducation en France est vraiment bien contrôlé. Heureusement que Kabuto m'a fourni un certificat médical.

J'ai passé ce mois enfermé dans la maison, sans pouvoir voir quelqu'un. Sauf Kabuto...et Kurama. C'est étonnant la façon dont je me suis autant attaché à lui. Il m'est devenu indispensable en l'espace de quelques jours seulement. je n'arrive toujours pas à expliquer ce lien qui semble nous unir et à vrai dire lui non plus, ce qui est assez déroutant. D'après lui, quelque chose semble plus fort entre nous et cette chose, on ne la retrouve chez aucune autre Chimère.

Je continue toujours à lui poser des questions sur ma vie d'avant mais il se s'en souvient pas lui-même. D'après Kurama, nous ne sommes restés ensemble qu'un an avant l'accident. Quand j'ai essayé d'en savoir plus sur mon enfance, il s'est révélé qu'il ne se rappelait pas vraiment de tout, juste de petits fragments. Autre chose qui m'a vraiment surpris, c'est mon nom de famille. D'après Kurama, je ne m'appelle pas Uzumaki, je porte un autre nom dont lui-même ne se souvient pas. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a dit que je le disais rarement et que peut-être l'accident avait aussi eu des conséquences sur sa mémoire. Nous sommes donc deux à être amnésiques. Autre fait aussi qui m'a étonné, c'est sa présence ou plutôt sa non-présence. Lui non plus ne sait pas pourquoi il ne s'est pas manifesté plus tôt à moi. D'après Kabuto, une Chimère se dévoile à son hôte dès l'enfance et je crois savoir qu'elle reste avec lui tout le temps. Kurama ne s'explique pas non plus cela. C'est comme s'il avait dormi toutes ces années. il avait conscience de lui en étant à l'intérieur de moi sans pour autant savoir qui il était. C'est un peu bizarre à expliquer et encore plus à comprendre. Il a mit plus d 'une heure à mettre les mots sur ce qu'il voulait me dire. Cependant, il s'est fait une joie de me raconter tout ce qu'on avait fait étant enfant et honnêtement, ça m'a fait du bien. J'ai pris conscience que ma vie n'avait pas toujours été aussi...misérable.

J'ai donc passé ce mois à apprendre plus sur mon enfance. Kurama a été très patient et a essayé de répondre aussi précisément que possible à mes questions. Je me suis rendu compte que j'avais beaucoup changé niveau caractère. Je ne suis plus aussi joyeux qu'avant d'après Kurama. En même temps, il faut aussi dire que ma vie ne me l'a pas vraiment permis alors je suis un peu énervé contre Kurama. Le passé qu'il me dépeint, j'aurais aimé le vivre encore. Sentir que je faisais partie de quelque chose et être entouré me manque. Dans cette période où je ne sais pas vraiment qui je suis cela ma manque vraiment beaucoup. Après tout, bientôt je deviendrais le modèle d'un petit être. Il faut donc que je commence dès maintenant à me construire, à aller de l'avant. Espérons juste que je trouve vite qui je veux devenir.

Ce mois aussi m'a aidé à accepter le bébé même si je n'y arrive pas très bien. il est très choquant mais surtout effrayant de se dire que l'on est capable d'avoir un bébé. Déjà pour les jeunes filles c'est difficile à accepter alors pour moi. J'aimerais afficher le même air réjouit qu'à Kurama à chaque fois qu'il touche mon ventre légèrement arrondi. J'aimerais m'extasier devant les vêtements pour bébé que je consulte sur des sites faute de pouvoir les voir moi même car je ne peux pas sortir. J'aimerais afficher la même détermination que lui à trouver un nom pour le bébé et qui ne lui fera pas honte. J'aimerais pouvoir toucher mon ventre sans avoir cet air de dégoût en sachant que je suis un homme capable de pouvoir donner la vie. J'aimerais ne plus me voir comme une anomalie ou un monstre chaque fois que Kabuto s'obstine à vouloir me montrer une échographie du bébé prise à partir d'un échographe volé à l'hôpital par les soins de Kabuto. J'aimerais pouvoir dormir sans me réveiller en plein milieu de la nuit parce que j'ai peur de ce que l'avenir me réserve.

J'aimerais tout simplement être un adolescent de dix-sept ans préoccupé par sa petite amie vierge et par ses parents qui le gavent. Oui, j'aimerais être normal.

Mais je ne le suis pas et ne le peux plus. Il ne me reste plus qu'à prendre mes responsabilités. Il n'a pas demandé à naître et moi non plus. A vrai dire, il n'y a pas de responsable. Tout ce qui me reste à faire, c'est faire de mon mieux et espérer que je puisse l'élever correctement. C'est une partie de moi après tout !

J'en suis là dans mes réflexions quand Kabuto entre dans le salon, après avoir été faire les courses. Je lui ai bien sûr proposé de l'accompagner mais il n'a pas voulut.

- Les gens pourraient te voir et se poser des questions. Il ne faut pas que l'existence des Chimères soit connu des humains.

Voici ce qu'il me dit à chaque fois que je veux aller dehors. J'ai l'impression d'être dans une cage dorée. J'ai tout ce que je veux matériellement sans pour autant pouvoir voir le monde extérieur. Je ne peux que sortir dans le jardin et encore, seulement en pleine nuit. Si c'est une vie ça.

- Tu veux que je t'aide à ranger ?

- Oui, s'il te plaît.

Je le suis dans la cuisine et l'aide à ranger les courses. Tout cela se fait dans un silence agréable. Avec Kabuto, je n'ai pas besoin de tout le temps parler.

- Tu as bien dormi cette nuit ? Le bébé ne t'as pas gêné ?

Récemment, je me suis pris à avoir des crampes d'estomac en plein milieu de la nuit. Elles ne durent généralement pas longtemps mais la douleur est tellement intense que je me réveille en pleurs. Si au début Kabuto me rejoignait à chaque fois, j'ai fini par le convaincre d'abandonner. Je lui prend déjà assez de son temps.

- Ça va, je ne me suis réveillé que trois fois. J'espère que mon corps va bientôt s'habituer au bébé.

J'ai aussi oublié de préciser. Comme je suis une Chimère de la Vie récemment découvert et qu'en plus je suis enceint, mon corps doit s'habituer à cette nouvelle présence et faire assez de place en moi pour que le bébé puisse se développer normalement. Ne me demander pas comment, je n'en sais rien moi-même. Mais putain que ça fait mal.

- Tu devrais penser à décorer sa chambre, Naruto. Vaut mieux faire ces choses à l'avance.

- Tu veux vraiment que je...reste ...ici ? Avec toi ?

Kabuto stoppe ces mouvements et me regarde, surpris.

- Parce que tu comptais partir ?

Comme il voit que je ne lui répond pas, il continue sur sa lancée.

- Naruto, il est hors de question que je te laisse seul avec un bébé. Tu as pensé à tous les efforts que ça demande ? Pense-tu pouvoir t'en occuper tout seul ? Il est hors de question que tu t'en ailles, j'ai bien eu assez de mal à te retrouver comme ça. Je ne veux pas te perdre une fois de plus.

Il contourne le plan de cuisine et se met près de moi.

- Je compte être présent aussi longtemps que je le pourrais et ce n'est pas négociable. Compris ?

Plus par habitude, j' hoche la tête tandis que Kabuto m'enlace.

- Alors tu restes?

J'éclate de rire et me desserre de son emprise avant de lui tapoter amicalement l'épaule.

-Tu vas devoir me supporter encore quelque temps.

Il n'a pas le temps de me répondre que mon portable vibre dans ma poche. Regardant qui c'était et pour éviter les mauvaises surprises comme Hidan qui m' harcèle pour que j'aille le voir, je vois le nom d'Itachi apparaître. Ça fait longtemps que je ne lui ai pas parlé et ça me manque un peu. L'air de rien, je me suis habitué à ce qu'il m'appelle pour prendre de mes nouvelles. Adressant un regard d'excuse à Kabuto, je vais dans le salon noir et blanc tandis que j'échappe au regard réprobateur de Kabuto. Je sais que j'aurais droit à des remontrances plus tard.

Parvenu au salon, je fais attention à fermer la porte qui communique avec la cuisine. Récemment, j'ai découvert Kabuto entrain de fouiller dans mes affaires pour trouver mon portable. Il voulait vérifier que je n'avais pas répondu à des SMS ou passé des coups de fil. Il tient beaucoup à ce que je ne communique plus avec le monde extérieur. D'après lui, le secret des Chimères et ma sécurité passent avant tout. Je ne sais pas s'il se rend compte de sa sur-protection. Même si pour l'instant je fais avec, il n'est pas dit que je ne craque pas dans un futur que je sens très proche.

- Allô Itachi?

Je plaque le portable sur mon oreille droite et m'affale peu élégamment dans le fauteuil.

- Naruto? Tu vas bien?

- Oui ça va. Et toi?

Il me répond assez joyeusement, il a vraiment l'air de bonne humeur aujourd'hui.

- Apparemment, il semblerait que je rentre plus tôt que prévu du Japon. Je serais à Paris dans un mois.

- C'est géniale. Tu as dû avoir le mal du pays là-bas. Mais dis-moi, c'est comment le Japon?

Itachi me fait un résumé si détaillé que j'ai l'impression d'avoir déjà visité cette ville. Il enrobe son récit de beaucoup de blagues drôles et d'histoire plus folles les unes que les autres. Je ne soupçonnais pas qu'il aimait la neige. J'ai été très surpris quand il m'a avoué avoir fait un énorme bonhomme de neige. Même qu'il m'a promis de montrer une photo.

Les minutes s'écoulent très vite et nous passons d'un sujet à l'autre sans que ça ne gêne l'autre. Parfois même, on parle pour ne rien dire, juste pour entendre la voix de l'autre. Je ne sais pas trop comment l'expliquer, on semble complice mais on se parle respectueusement. A chaque vanne d'Itachi, je réponds machinalement, sans aucune gêne, comme si je parlais à mon...meilleur ami? D'un commun accord , nous ne parlons pas de Sasuke. Pas parce que c'est gênant ou autre. Mais tout simplement parce que pour la première fois depuis des mois, mon monde ne tourne pas autour de lui. Je me sens libéré là maintenant. Pouvoir parler sans que son souvenir ne me hante est très...satisfaisant, merveilleux? Au bout de quinze minutes, Itachi me demande si j'ai une adresse de messagerie pour qu'on puisse se voir. J'hésite à lui répondre mais accepte quand il insiste. Je me précipite dans ma chambre et sort mon ordi portable. Deux minutes plus tard, je peux voir Itachi grâce à la webcam. Au début, on est un peu gêné de se parler. Discuter au téléphone et se voir n'est pas pareil. Je ne me souviens même plus de la dernière fois que j'ai eu une conversation avec Itachi tellement ça fait longtemps. Une fois la gêne passé, nous parlons tranquillement tandis que je prends la peine de regarder Itachi. Il n'a pas du tout changé, à part ces cheveux qui m'ont l'air plus longs. Étonnamment, je le trouve plus pâle et les énormes cernes sous ses yeux ne me rassurent pas. Derrière lui, je peux voir un grand cadre photo avec toute la famille Uchiwa représenté. Ce qui signifie qu'il se trouve dans sa chambre.

- Tu vas bien Itachi ? Tu m'as l'air malade ?

Je le vois froncer les sourcils avant qu'un sourire fatigué ne se dessine sur son visage.

- Ce n'est rien. Juste des problèmes...personnels.

En disant cela, son regard a dérivé vers sa gauche et il me semble même entendre une voix d'homme lui parler.

- Tu n'es pas tout seul ?

Itachi reporte son attention sur moi et secoue vivement la tête. Mais je vois bien qu'il n'est pas très à l'aise. Les furtifs regards qu'il lance à sa gauche et son air peu à peu colérique ne le rend pas vraiment crédible.

- Tu veux peut-être que je vous laisse ?

Il paraît surpris par ma question.

- Non, ne t'en fais pas Naruto. Ce n'est rien d'important. Justement, cette personne comptait partir. N'est-ce pas ?

Sa question est plus comme un ordre, ce à quoi la personne mystérieuse répond en riant. Il ne semble pas plus affecté par le ton d'Itachi. J'entends un dernier mot incompréhensible tandis que les traits d'Itachi s'adoucissent même si une lueur inquiète persiste dans son regard.

- Excuse-moi, Naruto mais je vais devoir te laisser. On se voit dans un mois, je compte bien t'inviter au restaurant. Tu es d'accord ?

- Désolé mais je ne serais pas libre à ce moment là.

- Pourquoi ? Tu as déjà quelque chose de prévu ?

- Non mais...c'est à dire que...on ne pourra plus...jamais se voir.

Oui je sais, j'aurais dû fermer ma grande gueule mais c'est sorti tout seul. Je ne voulais pas réellement lui dire ça. C'est juste que je me sentirais coupable si jamais Itachi venait à m'en vouloir d'avoir disparu sans prévenir. Je ne compte plus le revoir après la naissance du bébé, c'est trop dangereux pour moi. Je ne tiens pas à ce que Sasuke sache que je suis enceint de lui, ça ferait mauvais effet. Mais je sais au fond de moi que ce n'est pas la vraie raison même si je ne veux pas le reconnaître. Une fois né, ce bébé sera réel. Non pas qu'il ne le soit pas maintenant mais il le sera encore plus puisque je pourrais le voir en vrai. Je n'aurais plus cette idée que c'est une chose abstraite, sans réelle consistance qui arrivera bientôt. J'ai lu quelque part que lorsque la mère tient son bébé pour la première fois, il se crée un lien mystérieux. Imaginez que ce lien se forme avec mon bébé et que par la suite, je sois obligé de le partager avec d'autres personnes ou encore pire, de le donner. Parce que je sais que si jamais Sasuke venait à apprendre son existence, il voudrait faire partie de sa vie et je ne pense pas que je le supporterais. Je me rends bien compte que je suis égoïste mais que voulez-vous?

- Pourquoi on se verra plus, Naruto?

- Parce que...je suis malade...très gravement malade.

Itachi fronce les sourcils pendant que je me traite d'imbécile. Putain mais pourquoi je lui ai dis ça alors qu'il est médecin?

- Quelle genre de maladie? Le cancer? Le SIDA? Un problème cardiaque? Une leucémie? A quelle stade es-tu et qu'a dit ton médecin?

- Euh... ce n'est pas ce genre de maladie.

- C'est quoi alors? C'est si grave que ça?

- Plus ou moins.

Itachi soupire et se pince le nez, profondément agacé.

- Crache le morceau Naruto. Qu'est-ce qui t'arrive?

Je garde le silence, je ne sais plus quoi dire. Je ne vais tout de même pas lui avouer que je suis enceint de son frère parce que je suis une Chimère de la Vie. Mais heureusement, quelqu'un nous interromps à temps. Malheureusement, cette personne est...Sasuke. Merde.

- Itachi, tu n'aurais pas vu mon kimono noir? Neji en a...besoin.

Il s'arrête de parler quand il voit à qui son frère parle. Nous somme tous les deux figés par la surprise. Lui, sans doute de me voir parler avec son frère que je connais à peine et moi, de le voir après tout ce temps et éprouver ce même sentiment d'amour. Est-il possible d'être aussi masochiste?

- Naruto?

Il a murmuré mon nom entre l'incrédulité, la surprise mais aussi un soupçon de...joie? Je n'en suis pas sûr moi même . J'hésite entre lui répondre gentiment ou l'abreuver d'insultes . Finalement c'est Itachi qui s'en charge.

- Je t'ai déjà dis de ne pas rentrer sans frapper et non, je n'ai pas ton kimono. Demande à maman.

Itachi m'a l'air plutôt énervé mais je ne vérifie pas tellement je suis pétrifié. Sasuke et moi nous quittons pas du regard, C'est comme si le monde entier avait disparu. L'espace d'une infime seconde, je souhaite pouvoir le toucher pour vérifier que tout cela est bien réel. Malheureusement je déchante vite quand me viennent à l'esprit toutes les horreurs que j'ai subit par sa faute. Vous avez déjà eu l'impression de toucher le paradis du bout des doigts pour dans la seconde après tomber en enfer? C'est exactement ce que je ressens en ce moment et putain que ça fait mal. Plus que la douleur, c'est de la haine que je ressens désormais face à Sasuke. Haine de m'avoir abandonné mais surtout, haine de m'avoir mis dans cette situation et abandonner avec un putain de bébé.

- Naruto? C'est bien toi?

Il n'a pas le temps d'en rajouter plus que j'entends la porte de la chambre s'ouvrir de nouveau. Et je n'ai pas de mal à deviner qui est entré puisque cette personne s'en charge à ma place.

- Tu l'as trouvé, Sasuke? Il faut absolument que je vois la couture de plus près, j'aimerais que mes vêtements de cérémonie prennent exemple...

De nouveau, Neji s'arrête de parler tout comme Sasuke et me fixe.

- Naruto?

Le temps semble comme s'être figé de nouveau. Je peux même entendre la respiration sifflante d'Itachi tellement le silence est total. Neji n'a toujours pas refermer sa bouche et Sasuke me dévisage comme si il n'arrivait pas y croire. La haine qui m'a pris plus tôt fond comme neige au soleil quand je crois discerner une lueur d'excuse mais aussi de bonheur sur les traits de Sasuke. Dire que je suis choquée est un euphémisme. Pourquoi est-il heureux?

- Naruto, c'est bien toi? Je ne rêve pas?

Est-ce moi ou j'entends de la crainte dans la voix de Neji?

- Non, c'est mon fantôme. Évidemment que c'est moi.

- Oui, excuse-moi. Tu...vas...bien?

- Je pète la forme et toi?

Il m'adresse un petit sourire avant de regarder Sasuke. Celui-ci semble s'être repris et se racle la gorge.

- Je ne m'attendais pas à te voir, Naruto. J'ignorais que tu avais gardé contact avec mon frère.

En disant cela, il jette un regard désapprobateur à Itachi qui ne baisse même pas les yeux et le fixe avec une certaine arrogance? Je ne sais pas trop, tout ce que je vois, c'est que Itachi ne semble pas plus gêné que ça de voir l'ex-petit ami de son frère derrière son dos.

- Eh bien, ce n'est pas parce qu'on est séparé que ça veut dire que je dois couper tout lien avec les membres de ta famille. N'est-ce pas?

Sasuke semble surpris par mon attitude tout comme Neji. S'attendaient-ils à ce que je pète une durite ou quelque chose dans ce goût là? C'est pas que l'envie m'en manque mais je veux me retenir et agir en adulte. Il m'a quitté pour un autre? Oui. Est-ce que je l'aime toujours? Sans doute. Est-ce que je suis en colère? Sans blague? Ai-je envie de le frapper à mort pour le ressusciter et le re-frapper encore? Tu m'étonnes. Est-ce que j'ai décidé d'agir en adulte pour le bébé que je porte? Mouais. Est-ce que j'ai envie de dire à Sasuke qu'il m'a mit en cloque? Hors de question. Donc, est-ce que je peux et surtout veux tourner la page? Affirmatif.

Donc putain de bordel de purée de merde, pourquoi je suis autant énervé et touché que Neji pose son bras sur l'épaule de Sasuke alors que celui-ci lui sourit en retour?

Suis-je maso ou quoi?

Apparemment, Itachi ne l'est pas puisque qu'il demande gentiment à Sasuke et Neji de foutre le camp vite fait bien fait mais pauvre de lui, il faut croire que je suis vraiment maso parce que j'ose poser la question que même un abruti de première ne poserait jamais, à savoir:

- Tu vas vraiment te marier Sasuke? Avec Neji?

Abruti de moi. Mais pourquoi j'ai dis ça? Au moins, Sasuke ne s'attendait pas à ça vu le regard choqué qu'il me lance. Itachi lui ne sait pas quoi dire, je crois qu'il se demande comme moi pour quelle raison j'ai demandé ça. S'il trouve la réponse, qu'il me dise autrement je n'aurais d'autre choix que de me suicider. Je suis sérieux.

- Oui, je vais me marier avec Neji, Naruto.

Et il me dit ça en me regardant dans les yeux l'enfoiré. Vite, un flingue que je le tue.

Avant que je n'aie à répondre, Itachi souffle bruyamment et tourne la caméra, de façon à ce que je ne vois que lui.

- On va devoir te laisser, Naruto. Je te contacte demain dans la journée, passe une bonne soirée.

Il éteint la caméra et avant que l'image ne disparaisse, je vois Neji me lancer un regard meurtrier pendant que Sasuke enlève son bras de son épaule. Cependant, je n'ai pas le temps de m'attarder dessus que Kabuto entre dans ma chambre sans frapper.

- Tu as finis?

Je ravale la remarque acerbe qui me venait et lui fais signe que oui. Doucement, il s'approche de mon lit et s'assoit, de sorte de se retrouver face à moi. La conversation que je redoutais tant arrive plus vite que prévu. Je pensais qu'il me laisserait au moins jusqu'à demain.

- Qu'est-ce que je t'ai dit Naruto?

Je fais semblant de ne pas comprendre et affiche mon regard le plus innocent.

- Ne t'ai-je pas déjà dis que je ne voulais pas que tu acceptes les appels de tes amis? Ça pourrait être...

- Dangereux pour les Chimères, oui je sais. Tu n'arrêtes pas de me le répéter depuis un mois et franchement je commence à en avoir marre. De quoi as-tu donc si peur? Ce n'est pas parce que je parle à des amis que cela veut dire que je leur raconte tout. Je ne suis pas débile non plus.

Kabuto se pince le nez et son regard passe du tout au tout. Il n'a plus cette lueur bienveillante mais une lueur glacée. Je sais que je ne dois pas avoir peur de lui mais quand même. Il ne m'avait jamais regardé comme ça.

- Tu ne sais pas de quoi tu parles Naruto. Beaucoup de mauvaises choses sont arrivées pour si peu, crois-moi.

- De quoi tu parles?

Il a chuchoté sa dernière phrase, comme s'il me confiait un secret. Il a l'air attristé d'un coup. Sans doute des mauvais souvenirs qui remontent à la surface.

- Être une Chimère a des conséquences, Naruto. Ce n'est pas toujours joyeux ni rose, tu peux me croire. Certains payent le prix fort simplement pour avoir osé mentionner les Chimères devant un humain.

- Tu connais quelqu'un qui a osé faire ça?

Kabuto hoche la tête et regarde par la fenêtre. Il semble posséder par la mélancolie.

- Mes parents. Ils en ont parlé avec des amis humains et les Cinq en ont entendus parler. Ils ont alors décidés de les punir et mes parents se sont retrouvés en quarantaine pendant dix ans. S'ils étaient des Chimères, celles-ci auraient été endormis jusqu'à leur mort.

- Je ne savais pas. C'est pour ça que tu ne vis plus avec eux?

- Oui, c'est arrivé peu de temps après que je t'ai quitté. Je devais avoir quatorze ans.

- Mais c'est quoi être mis en quarantaine?

- C'est quand tu n'as plus accès à rien. La plupart des métiers et même si tu as un diplôme, te sont fermés. Les Chimères ne sont pas connus mais exercent une très grande influence. A la moindre incartade pendant la quarantaine, les Cinq peuvent demander ta mise à mort ou encore ton emprisonnement. C'est très horrible, surtout pour les Chimères qui ont désobéi. Être écarté de la communauté des Chimères est parfois pire que la mort.

- Je suppose que tes parents n'ont pas apprécié que tu sois une Chimère alors?

Kabuto éclate d'un rire qui sonne faux. Je vois bien que cette histoire l'a plus touché que ce qu'il veut bien montrer.

- C'est un euphémisme. Disons juste qu'ils ont sauté de joie quand ils ont appris que j'avais acheté cette maison et que je comptais vivre seul. Je crois qu'ils n'ont jamais digéré le fait que je sois parmi ceux qui les ont contraints à cette vie de misère.

-Mais je croyais que ta famille était riche? N'avait-elle aucun pouvoir dans le monde des Chimères?

- Ce ne sont pas vraiment mes parents qui sont riches mais moi. Apparemment, ma Chimère est très puissante, par conséquent, je bénéficie de certains privilèges comme la richesse entre autres. C'est désolant de voir à quoi en ai réduit le monde Chimérique. Toute richesse dépend de la puissance de ta Chimère mais ça ne veut pas dire qu'il y ait des gens pauvres. Disons que les Chimères avec de faibles pouvoirs vivent normalement avec l'argent nécessaire à une bonne vie. Ils ne sont pas à plaindre non plus.

- Tous les Chimères sont concernées par ce partage de richesse?

- Non, les familles royales en sont exemptées.

Nous restons silencieux quelque minutes, le temps que Kabuto se remette de ses émotions. D'un côté, je suis heureux qu'il m'ait un peu parler de lui. Ça n'avait plus été le cas depuis longtemps et sans le savoir, ça me manquait pas mal.

- Tu ne m'as jamais dit pourquoi tu étais parti, Kabuto.

- Zabuza ne voulait plus que je t'approche à cause de mes parents.

Je reste sidéré. Est-ce que je comprend bien ce qu'il vient de me dire?

- Zabuza était une Chimère?

Kabuto hoche affirmativement de la tête et rajoute avec un petit rire dans la voix.

- Oui mais il faisait toujours attention à ce que tu ne découvres rien. Tu ne t'es jamais demandé où il disparaissait certains soirs?

Je secoue la tête. Je ne m'étais même jamais demandé en quoi consistait exactement le travail de Zabuza. Il avait beau me dire qu'il était avocat, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi un avocat se baladait avec plusieurs listes d'adresses avec des noms d'enfants à côté. J'étais plutôt fouineur quand j'étais petit et malgré que j'ai toujours eu peur de Zabuza, je n'hésitais pas à fouiller dans ces affaires pour m'amuser.

- Même s'il se doutait que plus tard tu en viendrais lui poser des questions, il tenait à ce que tu grandisses normalement.

- Savait-il que j'étais une Chimère?

- Peut-être, on ne peut pas vraiment en être sûr. S'il le savait, il ne m'en a jamais rien dit en tout cas.

- Parce qu'il savait que tu étais une Chimère, n'est-ce pas?

- Oui, au début il s'en doutait mais une fois qu'il a vu mes parents et surtout su leurs nom, il en a eu la preuve. Je peux te dire que j'ai passé un sale moment. Il ne voulait pas que je m'occupe de toi et que je te révèle par mégarde des informations secrètes. Disons que ma persévérance et le temps ont fait qu'il a finalement accepté mais par la suite, il devenait trop dangereux pour moi d'être près de toi. Ma Chimère commençait à me poser quelques problèmes et je pouvais blesser quelqu'un à tout moment.

- Qu'aurais-tu fait si jamais il t'avait défendu dès le début de ne plus me voir?

-J'aurais trouvé un autre moyen, évidemment.

Il me le dit de façon si évidente que j'en parais bête.

- Pourquoi tiens-tu tellement à moi?

La question a fusé comme ça. Je ne comptais même pas la poser. Mais Kabuto ne semble pas s'en offusquer puisqu'il s'approche de moi et me caresse tendrement la joue.

- Parce que tu m'es précieux, Naruto. Je t'aime tellement.

Doucement, il pose ses lèvres sur les miennes.

Pov Extérieur

Prenant une grande inspiration, la jeune fille poussa le loquet de la porte et colla un joyeux sourire sur ses lèvres. Avec une assurance qu'elle ne possédait pas, elle s'approcha du lit et regarda le bel endormi. A son souffle régulier, elle sut qu'il dormait bel et bien, aussi elle poussa avec précaution la chaise près du lit et s'y assit. Levant la main, elle caressa tendrement la joue de l'endormi et effleura de ses lèvres la bouche si attirante.

- Tu m'as tellement manqué.

Elle passa une heure à le regarder, à se repaître de ses traits, à penser à tous les bienfaits que cet homme avait apporté dans sa vie. Mais surtout à son amour pour lui.

Née orpheline, elle n'avait pas vraiment eu une enfance joyeuse. trimbalé de famille en famille, elle s'était forgée une carapace que personne ne pouvait franchir. Plus rien ne semblait l'atteindre et c'était tant mieux pour elle. Ne pas avoir d'attachement signifiait que personne ne pourrait la blesser. N'étant pas de nature à s' apitoyer sur son sort, elle avait tout fait pour survivre, même accepter que son troisième beau-père la viole si cela signifiait qu'elle aurait un toit et de quoi manger. Contrairement à ce que tous pensaient, elle n'était pas traumatisée par cette partie de son histoire. Elle ne s'en souvenait que par bribe et la plupart du temps, à part un petit malaise qui ne durait pas longtemps, elle ne ressentait rien d'autre. Juste de l'indifférence et même de la lassitude.

Parvenue à l'âge de neuf ans, elle fut recueilli par une énième famille qui se révéla assez bien dans l'ensemble. Même si elle ne les avait jamais appelé Papa et Maman, c'étaient tout de même les personnes qui s'en rapprochaient le plus pour elle. Dans son petit monde étriqué, glauque et sans espoir, elle avait enfin eu l'espoir de s'en sortir dans la vie. Ils l'avaient inscrite à un collège avec un assez bon niveau et même si au début elle avait eu du mal à s'adapter, elle s'était accroché. Elle savait que c'était la seule façon pour elle d'avoir un avenir digne de ce nom, aussi elle s'était impliquée à fond, quitte à passer des nuits blanches pour rattraper son retard. Elle se disait qu'au moins, si jamais cette famille d'accueil venait à la rejeter, elle aurait au moins un assez bon niveau pour pouvoir suivre des cours plus tard et pourquoi pas, intégrer l'université. Ce n'était qu'un rêve mais c'était déjà beaucoup pour une jeune enfant qui n'avait jamais rien possédée .

La première fois qu'elle le rencontra, c'était pendant sa dernière année de primaire. Un petit nouveau avait atterri dans sa classe et bien qu'elle ne l'ait pas apprécié au début, quelque chose en lui la fascina. Il avait ce même regard qu'elle. Ce regard qui disait qu'il n'avait plus aucun espoir et qui montrait si bien sa haine envers ce monde injuste. Ce regard qui invitait le monde entier à l'écraser et à le rabaisser. Tout dans son attitude montrait à quel point tout ce qui se passait le laissait indifférent.

Les mains dans les poches, les épaules rentrées, les vêtements vieux, les yeux cachés par une frange et un sourire ironique sur les lèvres, Suigetsu était le portrait craché de Karin. Et rien que pour cela, elle commença à le détester. Il lui rappelait trop ce passé qu'elle cherchait à oublier. Ses mauvaises manières, son attitude sauvage, ces mots si francs et cet éternel sourie moqueur avait le don de l'énerver mais aussi de lui faire peur. Oui, elle avait peur. Même si elle savait qu'un jour elle retournerait à l'orphelinat, elle ne pouvait s'y résoudre. Le confort, la sécurité et même l'amour que semblait lui porter ses parents adoptifs la réconfortait. Elle éprouvait le besoin que tout cela soit réel, que ce ne soit pas juste une période de sa vie qu'elle évoquerait avec nostalgie quand sa vie lui paraîtrait plus misérable. Elle voulait rester dans ce monde qui, pour la première fois de sa vie, semblait lui sourire et lui dire: Tu n'es pas une merde, Karin. Elle voulait garder cette impression d'appartenir à quelque chose, de ne pas être laissé pour compte. parce qu'elle savait que si jamais elle perdait ça, elle ne pourrait pas s'en remettre.

Plusieurs mois passèrent et Karin resta sur ses positions. Même si elle arrivait à tolérer sa présence, il n'en restait pas moins qu'elle ne lui adressait ni la parole ni le regard. C'était comme si il n'existait pas. Et malheureusement pour elle, Suigetsu prit ça pour un jeu. Pendant plus de trois mois, il harcela Karin pour qu'elle lui parle et utilisait même des moyens tordus pour y arriver. Elle se souvenait très bien de la fois où il avait raconté à tout le monde l'enfance édulcorée de Karin en y rajoutant des événements faux et parfois même insolites. Karin n'avait rien fait ou dit pour démonter ces rumeurs mais une avait eu finalement raison d'elle. Même si la plupart du temps elle se contentait d'ignorer les murmures sur son passage ou encore les petits papiers qui tombaient comme par hasard sur sa table et qui étaient des questions sur son enfance, elle n'avait pu rester de marbre quand une fille avait sous-entendu devant elle que sa mère était une ancienne prostituée qui était tombée enceinte d'un camé et avait du confier son bébé à l'orphelinat avant de mourir étranglée par un de ses clients. Même si Karin ne savait rien de sa mère, il n'en restait pas moins qu'elle avait imaginé un souvenir d'elle et de comment elle serait si jamais elle l'avait élevé aussi. Entendre quelqu'un l'insultée de la sorte l'avait mise dans une rage complète. Elle avait saisit la fille par les cheveux et l'avait projeté contre un mur. Alors qu'elle s'en approchait pour la frapper, une main l'avait cintrée à la taille. Elle s'était débattue, réflexe qu'elle avait gardé de son enfance en orphelinat, et était parvenue à atteindre son assaillant en pleine jambe. Elle eut juste le temps d'entendre un son de douleur avant que la personne ne réplique et la frappe à son tour. Quand elle s'était retournée, elle avait les yeux de Suigetsu et là, comme une détonation, elle s'était jeté contre lui et l'avait roué de coup tandis qu'il lui rendait la pareille. S'en était suivit une bataille où tous les coups étaient permis. Même si elle avait mal et que ces côtes la faisaient souffrir, Karin éprouva un sentiment de liberté incroyable. Elle se sentait pleinement vivante pour la première fois de sa vie. Ce n'était pas seulement Suigetsu qu'elle frappait mais toutes les personnes qui l'avaient humiliée, rabaissée, abandonnée, frappée et violée. C'était eux qu'elle voyait à travers Suigetsu et du s'en rendre compte puisqu'il arrêta de se débattre et accepta les coups de la jeune furie. Ce n'est que quand un surveillant les sépara qu'elle se rendit compte de la situation et regarda effrayé Suigetsu qui ne bougeait plus.

Après cela, tout s'était passé très vite, elle s'était retrouvé dans le bureau du directeur tandis que Suigetsu était transporté à l'hôpital le plus proche, ses blessures à elle étant très minimes. Elle avait eu un avertissement et le lendemain, s'était précipitée à l'hôpital pour voir si l'autre crétin s'en était sorti. Il lui avait demandé d'entrer dans sa chambre et après un silence pour le moins chargé de reproches des deux parties, Suigetsu avait soupiré et lui avait demandé pardon. C'était tellement inattendu que Karin avait explosé de rire. Elle ne savait pas pourquoi, elle en avait eu juste envie sur le coup. Maintenant qu'elle y repensait, cette haine qu'elle éprouvait pour Suigetsu était bien risible. Ce n'était pas lui qu'elle détestait mais elle-même. Encore aujourd'hui, elle avait du mal à penser à son enfance sans colère.

Elle se souvint encore de la période qui avait suivi la sortie de l'hôpital. Elle l'ignorait plus autant mais ils n'étaient pas pour autant amis. C'était plutôt étrange comme relation mais Suigetsu avait su s'en contenter. Il ne la cherchait plus et lui adressait même un petit sourire à chaque fois qu'il croisait son regard. Il semblait lui aussi avoir changé.

Et du changement, Karin en avait connu beaucoup. Après leur dispute elle s'était rendue compte qu'elle entendait parfois des voix. Croyant que c'était le fruit de son imagination, elle avait refoulé tout cela dans un coin de son esprit et s'était même habitué à cette petite voix douce qui lui parlait parfois. Mais un mois plus tard, elle avait du admettre que c' était trop étrange et qu'il fallait absolument qu'elle en découvre la provenance. D'autant plus que la voix l'empêchait de dormir la nuit et qu'elle allait en cours avec une tête de déterrée. Elle essaya bien de prendre des somnifères mais rien n'y fit. Elle avait l'air tellement fatigué que ses parents et même Suigetsu lui demandèrent si elle n'était pas malade. Elle ne pouvait leur parler de cette voix au risque de passer pour une folle, aussi leur avait-elle dit qu'elle ne se sentait juste pas bien. Quelques jours plus tard, en se réveillant d'une nuit agitée, elle avait aperçu des poils roux sur son lit. Intriguée, elle avait suivit des yeux le chemin que semblait avoir laissé ces poils et avait découvert avec ahurissement et une certaine peur un petit panda roux qui la regardait fixement. Elle avait crû s'évanouir quand le panda roux parla d'une voix de femme très douce.

- Il était temps Karin, je commençais à m'inquiéter.

Karin se souvenait encore de sa réaction quand le panda avait parlé. Elle avait hurlé de tous ces poumons et avait jeté son coussin sur le pauvre animal qui le reçut, choqué. Il avait ensuite disparu.

Il lui avait fallu longtemps à Karin pour assimiler le fait qu'elle soit une Chimère. Elle ne pensait pas qu'un truc aussi énorme puisse lui arriver. Accepter qu'une autre personne avait accès à son corps à son insu l'avait déstabilise et mise mal à l'aise. Son corps lui était devenue étranger et il fallu que sa Chimère, Kiara, lui explique de fond en comble son état de Chimère.

Karin était retourné en cours, l'esprit tranquille.

Là, assise sur la chaise, près du lit d'hôpital, elle se demanda ce qu'aurait été sa vie si Kiara n'avait pas été là. Elle lui en était tellement reconnaissante. Elle n'aurait pas supportée tous ces événements tragiques si Kiara ne l'avait soutenue et réconfortée.

Elle aimait tellement sa Chimère.