Pas grand chose à dire, sauf que je suis super contente d'avoir retrouvé toutes mes revieuses : Yellou, Thokyo etc. L'Homme ne s'étant pas manifesté, j'en ai conclu que je n'avais que des filles comme lectorat. Go girls go !

Un grand merci à Chloé pour avoir pris le temps de me laisser un commentaire. Ne t'inquiète pas, ça ne sera qu'une pause. J'espère finir cette fic… dans un an… Mince, je n'ai même pas fini la première partie de mon scénarii.

Ce soir, c'est spécial dédicace pour Genzô Wakabayashi, une lectrice fidèle ! Merci snif snif.

Et mon plus grand câlin vers mes irréductibles

Chacha et FicAndRea/Asuka, Yellou et Kiito/Nix sur fanfiction.

Thokyo, Letie, Genzô Wakabayashi, Cristina, Flo, Yayoi, TokikoFun sur Fanfic-fr

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Publié 07 Janvier

Chap 24 – Quand l'appétit va tout va.

C'était comme si Kojirô avait plongé la tête dans une cuvette d'eau. Instantanément, il fut coupé de tout son, à l'exception des battements de son cœur qui s'étaient mis à tambouriner dans ses oreilles et l'écho sans fin des crissements de pneus accompagnés du cri de Neeve. Un hurlement de terreur pure. Il sprinta comme il n'avait jamais sprinté, abandonnant Mamoru derrière lui. Son regard était fixé sur cette rangée d'arbres qui lui bouchait le vue, qui l'empêchait de voir et qui lui donnait toutes les raisons de craindre le pire. Allait-il trouver le corps de son petit frère disloqué par l'impact, ou dans une mare de sang ? Allait-il voir son frère mourir dans ses bras ? Il dérapa dans l'herbe humide en prenant son virage trop sec et s'affala de tout son poids. Mais il avait eu le temps de voir et il sut qu'il avait eu de la chance. Une sacrée chance de pendu…

De la chance que la rue derrière la rangée d'arbres ne soit qu'une rue à deux voies. De la chance qu'il ne soit pas encore onze heures ce dimanche et que la rue soit presque déserte. De la chance que le conducteur qui venait directement en face ait vu le ballon déboucher alors qu'il s'approchait et que, dans un éclair de lucidité, sut qu'un gamin allait à son tour déboucher et commença à freiner. De la chance que la voie de l'autre côté soit presque libre, permettant au conducteur de se déporter légèrement quand il réalisa qu'il n'aurait pas le temps de s'arrêter. De la chance que le conducteur de la voiture roulant en sens contraire ait également le réflexe de ralentir et put s'arrêter avant de heurter la première voiture. De la chance que Neeve ait réussit à agripper le col du chandail de Takeru par le bout des doigts et ait pu le tirer de côté, l'étreignant pour le protéger alors qu'ils roulaient à terre.

Il se releva et se précipita vers les deux formes allongées sur le bitume de la route. Neeve était assise par terre et tenait dans ses bras un Takeru qui sanglotait complètement hystérique. Elle le serrait contre elle en répétant encore et encore que tout allait bien, que c'était fini et que tout allait bien. En effet, à part quelques égratignures et des bleus à venir, les deux étaient totalement indemnes. Les deux voitures étaient également en parfait état. Les conducteurs, deux hommes, étaient aux côtés de Kojirô, tout aussi blanc l'un que l'autre, et Kojirô se douta, tout aussi blanc que lui. Il se confondit en excuses et récupéra le cadavre du ballon qui avait été écrasé. Mamoru arriva à ce moment. Il secoua un peu Takeru qui se reprit et le traîna hors de la route. D'autres voitures étaient arrivées et se trouvaient bloquées. Les klaxons et les questions impatientes commençaient à s'élever. Neeve se releva à son tour et boitilla jusqu'au trottoir.
- « Tu t'es fait mal ? » demanda faiblement Kojirô. Il venait de vieillir de vingt ans en dix secondes.
- « Non… Et si on rentrait ? »
- « D'abord je m'assois. » Il joignit le geste à la parole et se laissa tomber sur le banc le plus proche. Takeru lui monta sur les genoux et demanda un câlin, ce qui était inhabituel pour lui. Kojirô serra son frère à l'étouffer, ne pensant même pas à le gronder. Takeru avait eu la peur de sa vie et n'allait plus jamais traverser sans regarder. Après un moment passé dans le silence le plus complet, il se leva, reposant son frère à terre. « Allez, on rentre. »

Mamoru se laissa glisser du banc et Takeru vint immédiatement lui prendre la main. Neeve commença à marcher, mais elle boitait toujours autant.
- « Tu t'es fait mal ! » accusa Kojirô en la forçant à se rasseoir sur le banc.
- « Mais non ! Ce n'est qu'une foulure. Ça va passer. » répliqua-t-elle en tentant de repousser Kojirô. Celui-ci lui dédia une œillade meurtrière.
- « J'ai déjà eut assez d'émotions comme ça, donc la ferme ! » Cela calma Neeve immédiatement et elle le laissa s'accroupir devant elle, ôter sa chaussure et examiner sa cheville. Elle grimaça quand il tâta le pied, puis gémit fortement quand il fit bouger la cheville. « Ouais, une bonne entorse. »
- « Je te l'avais dit. » bougonna Neeve en remettant sa chaussure.
- « Hase, une foulure mal soignée--- »
- « Peut être plus redoutable qu'une fracture, oui je sais. » coupa Neeve. « Je peux dire adieu au récital de fin d'année. » ajouta-t-elle tristement.
- « Désolé ! » murmura Takeru avec les larmes aux yeux. Il était absolument contrit de voir que Neeve s'était blessée à cause de lui.
- « Mais non ! » fit Neeve joyeusement…. Un peu trop fortement. « De tout façon, les répétitions me faisaient chier ! »
- « Hé, t'as dit un gros mot ! » s'exclama Mamoru.
- « Et j'en dirai encore bien d'autres. » conclut Neeve en se remettant debout. Elle s'accrocha au bras de Kojirô qui dut la supporter presque entièrement.
- « Je t'avais dit que tu étais bancale. » railla-t-il.
- « Je t'avais dit que c'était une mauvaise idée de me faire jouer au foot. »
Les deux plus jeunes Hyûga rirent. Un rire d'abord incertain, puis qui s'amplifia au point que Neeve et Kojirô rirent aussi. La tension et la peur se dissipaient avec leurs éclats de rire. Un couple qui passait par là les dévisagea, ce qui fit redoubler les rires.

Ils se calmèrent enfin, et lentement, rentrèrent à la maison. Kojirô dut porter Neeve dans ses bras quand ils arrivèrent au pied des escaliers qu'ils avaient tous dévalés en venant.
- « Pff, t'es lourde ! » protesta-t-il.
- « C'est toi qui est faible. A quoi ils te servent tous ces muscles ? A faire beau ? » répondit-elle du tac au tac en cognant sur sa poitrine.
- « Tu parles, je suis capable de te porter jusqu'à la maison comme ça. C'est juste que tu es grosse. »
- « Qu'est-ce que tu t'y connais en grosse ou pas ? » Neeve faisait la moue.
- « Souffre en silence ! » tonna Kojirô. Il ne voulait pas se chamailler ainsi devant Mamoru, se rappelant soudain leur conversation de seulement hier. Bon sang, on dirait une éternité déjà !
Malgré ses fanfaronnades, il posa Neeve par terre en haut des escaliers, tout en continuant à la soutenir. Elle s'appuyait de plus en plus sur lui, et Kojirô voyait qu'elle se mordait les lèvres parfois. Cahin-caha, ils arrivèrent enfin.

Neeve s'assit sur le sofa, le pied en hauteur sur un coussin posé sur la table basse. Mamoru lui apporta de la glace dans un torchon. Kojirô ressortit la trousse de secours pour soigner les égratignures de Takeru, qui les compara à celles de Mamoru en un défi « j'ai les plus grosses. » Puis il s'assit près de Neeve. Il lui tendit un cachet d'anti-douleur pour sa cheville avec un grand verre. Obéissante, elle avala le cachet. Il entreprit de désinfecter les écorchures sur la main et son genou.
- « Aïe, ça fait mal ! »
- « Arrête de faire ta douillette. »
- « En fait, je ne me sens pas très bien… » murmura Neeve. Kojirô lui jeta un coup d'œil distrait en fouillant dans la boîte à la recherche de pansements. C'est que le stock commençait à diminuer. Elle était un peu pâle mais c'était compréhensible. Ils avaient eu des émotions fortes aujourd'hui.
- « Petite nature ! »
- « Je te jure… »
- « 'Pas très bien' comment ? Mal à la tête ? » demanda-t-il en se penchant sur sa main. Mais elle le repoussa violemment, se pencha en avant et vomit par terre. Elle resta pliée en deux sur sa jambe, en cherchant son souffle.
- « Beeeurk dégoûtant ! » commenta Mamoru, n'ayant pas du tout l'air dégoûté.
Kojirô soupira et tapota le dos de la jeune fille, tout en essayant de rattraper ses longs cheveux qui lui tombaient sur le visage.
- « C'est bon ? »
- « Humgr… »
Takeru revenait déjà avec une bassine d'eau et une serpillière.
- « Je vais nettoyer… » fit Neeve.
- « Ah, non ! » commanda Kojirô. « Tu restes assise et tu ne me fais pas chier. Mamoru, va lui chercher un verre d'eau. » Il commença à nettoyer. La tache n'était pas très grosse et il eut vite finit. Mais il fronça les sourcils. La tache n'étaitvraiment pas bien grosse, juste du café et le cachet même pas digéré.
- « Neeve ? » appela-t-il.
- « Hum ? » Neeve avait posé la tête sur le haut du sofa et fermé les yeux.
- « A quand remonte ton dernier repas ? » questionna-t-il d'une voix suspicieuse. Elle avait passé tout son temps enfermée dans sa chambre et n'était pas descendue pour manger.
- « Vrai repas ou snack ? » demanda-t-elle distraitement.
- « Vrai repas. »
- « Sûrement vendredi midi… » lâcha-t-elle.
- « QUOI ? »
- « Ben quoi ? » demanda-t-elle en ouvrant les yeux et en le regardant d'un air étonné.
- « Mais tu es folle ! Comment peux-tu rester presque deux jours sans manger ? »
- « Je ne suis pas un ventre sans fin comme toi, c'est tout. Je n'avais pas faim. »
Grommelant et pestant, Kojirô alla lui prépara un sandwich. Il lui tendit l'assiette d'un geste brusque. Neeve examina la nourriture et referma les yeux.
- « Non merci. » dit-elle en posant l'assiette sur la table basse.
- « Hase, tu manges. » ordonna-t-il d'un ton ferme.
- « Je n'ai vraiment pas faim. »
- « Tu manges. Tout. Maintenant ! » répéta-t-il plus fort.
- « Non… S'il te plaît… » supplia-t-elle. « Ecoute, juste regarder la nourriture me rend malade ! »
- « Justement, il faut que tu aies quelque chose dans le ventre ! » Kojirô sentait sa patience s'épuiser.
- « Si ne je mange pas, je ne serai pas malade. » Elle le regarda d'un air pathétique.
- « HASE ! »
- « Je…ne…veux…pas… » bredouilla-t-elle en se mettant à pleurer. Kojirô n'avait prévu pas ça. Il la contempla, bouche bée, tandis que Mamoru et Takeru le regardaient, lui, accusateurs.
- « Neeve, arrête de pleurer !» dit-il fortement. Il avait toujours de l'effet quand il menaçait de sa voix de capitaine. Mais Neeve n'était pas un joueur de foot. Elle se tassa dans le sofa et pleura de plus belle.
- « Tu…tu n'es pas…gentil… »
- « Mais non, c'est toi qui es stupide ! » Kojirô commençait à paniquer. Il ne savait pas quoi faire devant les filles qui pleuraient. Il n'avait jamais fait pleurer de fille avant. En tout cas, pas devant lui.
- « Tu vois…tu…tu…c'est toi… qui… n'est pas…gentil ! » Les sanglots secouaient ses épaules et sa respiration était tellement hachée qu'elle en attrapa le hoquet.
- « Neeeeeeve ! » implora Kojirô en regardant ses frères à la recherche d'une aide quelconque. Ils essayèrent les cajoleries sans aucun succès. Pendant ce temps, elle continua à pleurer à fendre l'âme. Ce fut Mamoru qui trouva la solution. Il grimpa sur le canapé près d'elle et la força à le prendre dans ses bras. Il lui fit un gros câlin et petit à petit elle se calma. Elle finit par ne faire que renifler et par avoir un hoquet. Toujours depuis ses genoux, Mamoru lui ordonna de sa petite voix de se moucher, de boire son verre d'eau et de prendre son nouveau cachet. Bizarrement, elle obtempéra. Elle but tout le verre d'un coup, ce qui arrêta son hoquet.
- « Tu as encore pleuré. Tu me dois une tarte. » Puis il lui ordonna de manger son sandwich.
- « Nii-san ! » Kojirô sursauta un peu. Il n'en croyait pas ses yeux et ses oreilles. Voilà maintenant que son benjamin savait s'y prendre avec les jeunes filles en pleurs… et qu'il lui donnait des ordres. « Porte-la dans sa chambre ! »
- « Qui, moi ? »
- « Qui d'autre ? »

Il obéit en râlant silencieusement. Neeve se laissa faire. Elle dormait presque. Il monta les escaliers, poussa la porte de sa chambre du pied et l'installa dans son lit, qu'elle avait refait avant de partir. Sa tête n'avait pas aussitôt touché l'oreiller qu'elle s'endormait pour de bon. Le footballeur prit la peine de lui mettre la cheville en hauteur. Il se sentait un peu coupable de l'avoir fait pleurer, même s'il savait que ce n'était pas tant sa faute que les nerfs de la jeune fille qui avaient lâchés. Mais tout de même...

Il prépara des sandwiches pour lui et ses frères, qu'ils mangèrent depuis le sofa, devant la télé. Il avait ouvert le rabat qui servait de repose-pied et avait étalé son grand corps sous une couverture pour se tenir chaud. Le week-end avait été chargé en émotions pour tout le monde, et bientôt les trois Hyûga dormaient à poings fermés, Mamoru roulé en boule à gauche de Kojirô, Takeru la tête sur les genoux de son frère aîné. Ils auraient pu passer toute la nuit comme ça, mais Kojirô se réveilla soudainement en sentant une présence dans la pièce. Il redressa la tête brusquement et s'étouffa un peu avec le ronflement qui avait commencé à se former dans sa gorge. A ce moment, il fut aveuglé par un flash.
- « Oh non, vous étiez si mignons ! » déplora Keiko.
Elle et Shouta venaient de rentrer de leur week-end en amoureux, et avaient trouvé la maison silencieuse. Depuis le palier, elle avait vu ses trois garçons endormis les uns sur les autres, et s'était approchée à pas de loup pour prendre une photo. Le mouvement de Kojirô réveilla les petits. Tous s'étirèrent et grommelèrent.
- « Natsuko ne va pas tarder, donc je vais préparer le dîner. Un grand festin.»
- « Ouais ! J'ai faim moi ! » s'exclama Mamoru en trottinant après sa mère.
- « Moi aussi ! » Takeru leur emboîta le pas.
- « Holala ! On dirait que vous n'avez pas mangé ! » plaisanta leur mère.
- « Ben, Nii-san cuisine toujours aussi mal… » grogna Mamoru.
- « Mais… pourquoi est-ce que Neeve n'a pas cuisiné ? »
Les trois Hyûga se figèrent. Mince, qu'allaient-ils dire ? Kojirô n'avait pas envie de raconter l'histoire du primaire, sa prise de gueule avec Neeve, le fait qu'elle n'ait rien mangé et enfin l'incident du matin.
- « En parlant de Neeve, » Kojirô détourna la conversation, « je crois qu'elle s'est foulée la cheville ce matin. »
- « Comment ? » Shouta arrivait à ce moment, une valisa à la main. Il déposa son fardeau et monta les escaliers quatre à quatre. Kojirô trouva l'excuse parfaite pour s'éclipser. Il ramassa la valise et la porta dans la chambre de ses parents. A son retour, Shouta descendait les marches en portant Neeve dans ses bras.
- « Papa, je peux marcher, tu sais… »
- « Non ! Mets ton manteau. » Il posa sa fille doucement à terre et lui tendit son manteau. « Je l'emmène à l'hôpital pour passer une radio. Ça ne devrait pas être trop long. »
- « C'est si grave ? » interrogea Keiko, soucieuse.
- « Passi grave que ça, mais suffisamment pour aller passer une radio. »
- « Désolée… » marmotta Neeve d'un ton grincheux.
- « C'est moi qui suis désolé. Avoir une fille incapable de shooter dans un ballon… » Shouta s'éclipsa le temps de récupérer le carnet de santé de Neeve.
- « Je lui ai dit que j'étais tombée en jouant au foot. » chuchota cette dernière à Kojirô. Il sourit. Ce n'était pas si loin de la vérité et connaissant les talents d'actrice de Neeve, il était certain que Shouta avait tout avalé. Sympa de sa part de couvrir une part du désastre…

Natsuko rentra de chez son amie avant Shouta et Neeve. Avec son instinct de sœur, elle sut que quelque chose n'allait pas le moment où elle franchit le pas de la porte. Elle alla directement voir Mamoru et Takeru et utilisa de tout son pouvoir de grande sœur pour tirer cette affaire au clair. Elle eut un reniflement dédaigneux et alla prendre une douche, laissant ses petits frères en colère contre elle pour ce reniflement de Mademoiselle-je-sais-tout. Elle sortait de la salle de bains quand Shouta arriva dans le salon, Neeve toujours dans ses bras.
- « Je vais chercher les béquilles ! » dit-il en installant Neeve directement sur une chaise de la table à manger.
- « Tu sais bien que je ne vais pas les utiliser ! »
- « Neeve, tu vas utiliser tes béquilles ou je m'en sers pour te taper ! »
- « Papaaaaa ! »
- « Le docteur a dit une semaine avec les béquilles. A moins que tu veuilles dire adieu à ta cheville ? Plus de danse ? »
- « De toute façon, je voulais arrêter la danse. »
- « Pourquoi ça ? » se désola Keiko en servant la soupe miso. Elle manœuvra élégamment autour de la table, évitant de toucher à la cheville de Neeve, posée sur une chaise à l'écart. « Takeru ! » gronda-t-elle. « Ne cours pas autour de la table, et fais attention à la cheville de ta sœur ! »
- « Boff j'en ai un peu marre. Et puis il n'y a pas de troupe de danse à Tôhô… »
- « Qu'est-ce que tu vas faire alors ? Membre du conseil des élèves ? » demanda Kojirô qui s'était étranglé avec sa soupe en remarquant qu'il ne s'était pas étranglé avec sa soupe en entendant le « cheville de ta sœur ».
- « Sûrement pas ! J'ai donné pendant quatre ans. Ça prend bien trop de temps ! »
- « Mais alors, que vas-tu faire ? » Shouta s'asseyait en bout de table, après avoir déposé les cannes près de sa fille.
- « Rien. » déclara celle-ci calmement.
- « Comment ça, rien ? » Son père fronça les sourcils.
- « Ben oui, rien. Pas d'activité extrascolaire en vue pour le moment. Je vais profiter du temps. J'irai voir mon copain, je passerai plus de temps avec mes frères et sœurs et j'irai étudier à la bibliothèque plus pour entrer à l'université de mon choix. »
- « Je vois que tu as un sens des priorités aiguises. Shun avant tout…. » releva Shouta.
- « Oui Shun avant tout, parce que depuis que mon père a décidé de me changer d'école, j'aurai de moins en moins de temps avec lui. »
- « Oh, tu ne vas pas remettre ça sur le tapis ! »
- « C'est toi qui a commencé ! »

Neeve resta à la maison le lendemain, parce que sa cheville était encore bien enflée. Au plus grand désappointement de Mamoru, elle n'avait pas de plâtre sur lequel dessiner mais un strapping. C'était donc à son tour de ne pas pouvoir se doucher convenablement, et elle dut se rabattre sur le système de douchette de la salle de bains japonaise. Assise sur le rebord en carrelage, le pied sur un tabouret en plastique, elle se débattait avec le tuyau tandis que Kojirô se prélassait dans la douche désormais libre à toute heure.

Quand il rentra de son entraînement lundi soir, il trouva ses frères et sœurs attablées dans la partie salle à manger du salon, en train de faire des origamis. Neeve s'était fortement ennuyée, toute seule toute la journée. Elle avait accueilli le retour de Takeru, le premier à rentrer, avec joie. Elle l'avait aidé à faire ses devoirs, puis ils avaient joué aux dominos pour finir avec les origamis. A ce moment, Natsuko et Mamoru étaient rentrés et avaient voulu montrer leurs talents en pliage. Sur la table trônaient donc des grues, des girafes et des chiens. Neeve se faisait expliquer comment faire un poisson et elle s'appliquait, le bout de sa langue pointant entre ses dents alors qu'elle se concentrait. Pris au jeu malgré lui, Kojirô s'assit et se réessaya au pliage.
- « Elle est moche ta grue ! » commenta Neeve, qui l'avait regardé faire. Il devait admettre qu'elle n'était pas bien réussie, car après tout, cela faisait presque dix ans qu'il avait fait d'origami. « Elle a une aile plus longue que l'autre et sa queue est plus épaisse que son bec.»
Dépité et vexé, Kojirô s'empara d'une autre feuille mais eut un vide. Il ne se rappelait que de la grue ! Pour ne pas montrer son embarras, il commença un pliage en se cachant derrière son coude, pour éviter les regards insidieux de Neeve.
- « Tiens, regarde-moi ce chef-d'œuvre ! »
- « C'est un bateau… Tout le monde sait faire les bateaux. »
- « Ben, fais-en un, si t'es si forte. » Décidément, il était vexé. Il reprit son bateau d'un air protecteur.
- « J'ai encore mieux ! » Et un avion en papier fila sous son nez.
- « Ça je sais faire ! » Au bout d'un moment, une nuée d'aéroplanes voletait plus ou moins habilement dans le salon.
- « Tada ! »
- « Mais qu'est-ce que tu as fait à ma grue ! » s'insurgea Kojirô en récupérant son premier pliage des mains impitoyables de Neeve. « Elle ne ressemble plus à rien ! » D'accord, elle ne ressemblait pas à grand chose avant, mais pas la peine d'en rajouter.
- « C'était une gruesom. Elle a évolué en un tigruesom ! » Neeve avait dessiné au feutre noir des longs crocs au bec, des rayures semblables à celles du tigre aux ailes, et inscrit un gros « 10 » sur le dos.
- « Ouais ! Pokemon ! » s'exclama Takeru.

Kojirô n'avait jamais su si Neeve partageait véritablement la passion de Takeru ou si elle faisait semblant pour lui faire plaisir. Néanmoins, il posa son… tigruesom… devant lui et le regarda d'un air comblé. Ma foi, elle s'était même rappelée qu'il portait le numéro dix.
- « Bon, ce n'est pas tout. Je dois bosser ! »
- « Dis Nii-san ! regarde ma page d'écriture ! » fit Takeru tout fier.
Kojirô se retrouva à travailler dans le salon. Natsuko révisait toujours pour ses examens et demandait de l 'aide ici et là à Neeve ou Kojirô. La jeune fille avait reçu un message d'Ayame qui lui avait communiqué la liste de devoirs et Kojirô devait finir une page de devoirs sur les réactions chimiques. Tout allait bien jusqu'à ce que Neeve s'abatte sur la table avec un long soupir.
- « J'y comprends rien ! Je hais les maths ! »
- « Neeve, tu m'embêtes ! » rouspéta Mamoru en écartant les longs cheveux de sa sœur qui s'étaient répandus sur ses cahiers. Kojirô jeta un coup d'œil sur l'énoncé du problème et le brouillon à moitie froissé.
- « C'est normal que tu coinces, la fonction n'existe pas sur - ∞; 1 »
- « Ah ? » Neeve avait fermé les yeux en un geste dramatique.
- « Et puis, comment tu veux t'en sortir sans étudier le signe de la fonction ? »
- « Le quoi ? » Elle avait rouvert les yeux et le regardait, inquiète.
- « Ben, la dérivée ! »
- « Oh, le coup où on diminue les « x », c'est ça ?»
- « Le coup où on diminue… » répéta un Kojirô incrédule. « Mais tu n'y comprends vraiment rien ! »
- « Non… »
Kojirô tira Neeve à lui et lui expliqua comment résoudre son problème. Rapidement, il comprit qu'elle n'avait rien retenu des bases et dut revenir à la définition de la dérivée et du domaine de définition. Elle l'écoutait, sourcils froncés en se mordillant les lèvres.
- « Donc, si j'ai bien compris… » fit-elle d'une voix hésitante, « ici, ma fonction est toujours positive parce que c'est une parabole. Et ici c'est une hyperbole et elle passera sur l'axe des abscisses en – 2 ? »
- « Ben voilà… » railla Kojirô.
- « Mais alors, pourquoi est-ce que j'ai faux ici ? » gémit Neeve en lui présentant un autre exercice.
- « Parce que -2x-3, ça fait 6 et pas -6, et que ½ c'est sinus (л/6), pas cosinus. »
- « Ah ouais ? »
- « Ben ouais… »
- « Cool ! Merci. Tu es meilleur prof que mon père. » Toute contente d'elle-même, elle rangea ses cahiers.
Kojirô soupira encore. Ils avaient la belle vie, au collège. Maintenant qu'il était au lycée, non seulement il avait plus d'heures de cours, mais aussi plus de boulot. Il finit son exercice de physique et chercha son livre d'anglais pour récupérer la feuille d'exercice qu'il avait glissé dedans.
- « Mais… je n'y crois pas ! » explosa-t-il. « J'ai oublié mon livre d'anglais ! » Il était pourtant sûr de l'avoir sortit sur la table.
- « Tu veux dire, celui-ci ? » demanda Neeve en montrant le livre qu'elle lisait.
- « Oui ! » rugit-il. « Qu'est-ce que tu fabriques avec mon livre d'anglais ! »
- « Je regardais ce qu'on étudie en première année de lycée. Les romans politiques, c'est quand même mieux que les sempiternels Charles Dickens et Shakespeare…». Elle lui tendit le manuel. « Non ? »
- « Si tu le dis…. » Il grommela et lui jeta un regard mauvais. Elle haussa les épaules et dirigea son attention sur Mamoru et sa rédaction. Il passa presqu'une demi-heure à peiner sur ses questions de compréhension de texte, et il posa son stylo avec grognement satisfait.
- « Fini ? Je peux reprendre ma lecture ? »
- « Tu n'es vraiment pas bien… » Kojirô secoua la tête en lui tendant son livre. « Ne perds ma feuille, c'est tout ! »
- « Ça ? »
- « Oui ça ! »
- « C'est pourri de fautes ! » dit Neeve en parcourant la feuille rapidement. « C'est « example » avec un 'a' et pas un 'e' ». Elle prit un stylo en papier et commença à corriger. « On 'say something to somebody' et on 'tell somebody something' et pas l'inverse. On dit 'hold something for somebody'. Explainto someone. Cette phrase ne veut rien dire. Celle-ci non plus. 'Actually' est un faux-ami, ça veut dire 'finalement'… » Elle lui rendit sa copie maintenant couverte de ratures et de notations.
- « Ah ouais ? »
- « Ben ouais… »

Mardi matin, Neeve retourna en cours. Shun vint la chercher en scooter. Kojirô ricana un peu, ils avaient l'air ridicule comme ça, avec les béquilles en l'air. Mais le voir tous les matins avec sa gueule d'abruti le mettait toujours autant hors de lui. A son plus grand bonheur, il reçut une assez bonne note – pour ses standards – en anglais, et s'attira les jalousies de Ken et Kazuki qui décidèrent de débarquer chez lui dimanche après-midi pour que Neeve corrige leur fiche de lecture.
- « Mais non ! Je refuse ! » protesta Kojirô, jeudi soir, alors qu'ils se changeaient après l'entraînement.
- « Pourquoi ? Et puis, je voudrais passer pour voir comment sa cheville guérit. » plaida Ken.
- « Tu veux la garder rien que pour toi, hein ? » Kazuki se prit un T-shirt puant en pleine tête.
- « Ça va faire louche si on se paye tous des bonnes notes ! »
- « Pff, elle va juste corriger nos fautes, pas les idées ! »
- « C'est sûr que si elle devait corriger tes idées, elle n'aurait pas beaucoup de boulot… » Ken évita habillement le T-shirt puant – le retour ! – et le poussa du pied vers son propriétaire. Kojirô le ramassa et le jeta en boule dans son sac.
- « Non, c'est non ! » râla-t-il. Il tira trop fort sur sa chaussette qui se déchira. Il regarda ses orteils qui dépassaient hors du tissu et grogna. « Vous êtes contents ? »
- « Bah, tu pourras faire du raccommodage pendant que Neeve corrigera nos copies… »

Kojirô sut qu'il ne gagnerait pas cette guerre à deux contre un. Il sortit du vestiaire à grand pas, se dirigeant vers le centre-commercial pour s'acheter de nouvelles chaussettes. Toutes ses paires commençaient à être fatiguées et on pouvait voir le jour à travers la plupart des talons. Il fonça à la boutique de sports, piqua deux lots de trois paires noires et un lot de trois paires blanches, et allait payer quand il vit Neeve, béquilles sous les bras.
- « Hase, qu'est-ce que tu fais ici ? »
- « Euh… » Elle rosit.
- « Avec ta cheville, tu veux t'acheter des rollers ? »
- « En fait, j'achetais un skate. »
- « Un skate ? »
- « Tu vas rire… »
- « Non. »
- « Promis ? »
- « Oui, promis… » Ce qu'elle pouvait être gamine par moment.
- « Ben, c'est pour Mamoru. »
- « Mam ? »
- « Parce que… les skates…c'est cool. Et… et toi, tu ne fais pas de skate.»
Kojirô la détailla et Neeve rosit encore plus. Il fut touché par son attention. C'est sûr, il ne faisait pas de skateboard. Pas moyen qu'il prenne le risque de se péter un genou ou une cheville. Et oui, le skate donnait toujours un côté casse-cou et rebelle. Peut-être que Mamoru se débarrasserait-il de son complexe s'il trouvait quelque chose qui fasse remonter sa propre estime ?
- « Mais je vais lui acheter le casque et les protections ! » rajouta vivement Neeve, en se méprenant sur son expression. « Non ? »
- « Si, c'est une bonne idée… Mais j'ai le mot final pour le choix des couleurs. » annonça-t-il en posant son sac sur le comptoir.
- « Pourquoi toi ? » se récria Neeve.
- « Parce ce que tu es une fille et que tu vas lui prendre un truc horrible. Genre rose à froufou. »
L'idée d'un skate rose à froufrou était hilarante. Après une longue discussion, ils choisirent un skate vert et noir avec l'image d'un serpent sur la planche. Ils prirent un casque noir, avec les protège-coudes et genoux qui allaient avec. Neeve prit le tout et alla payer. Kojirô fit passer ses articles avec, et porta les sacs, vu que Neeve naviguait difficilement avec ses cannes.
- « Pourquoi il faut que je paie pour tes chaussettes, hein ? » bougonna-t-elle.
- « Parce que comme ça, tu peux jeter les vieilles sans avoir à les raccommoder. »
- « Pff, je ne sais même pas coudre… »
- « Hein, tu es une fille et tu ne sais pas coudre ? »
- « J'espère pour toi que tu plaisantes… » Elle leva sa béquille d'un air menaçant.
- « Mais oui… » En fait, pas vraiment mais il ne l'avoua pas.
- « Je sais déjà cuisiner c'est suffisant… »
- « C'est vrai, tu cuisines plutôt bien… »
- « Y'a intérêt, avec les cours que je me suis tapée… »
- « Tu as pris des cours ? »
- « Ben ouais… C'était ça ou mourir de faim. Ou se contenter de boites et plats surgelés… »
- « Mais ta…grand-mère ne t'a pas appris ? » Il se retint juste à temps pour ne pas dire « mère. »
- « Un peu, mais nous avons déménagé quand j'avais onze, juste quand j'étais assez grande pour apprendre. Donc je me suis retrouvée avec mon père et j'ai réussi à survivre pendant deux mois avant que je prenne les choses en mains. »
- « Oui je ne vois pas Shouta cuisiner. »
- « En effet. Et puis ça m'occupait. Je me suis ennuyée ferme pendant ma convalescence. En plus, j'ai repris du poids facilement… »
- « Euh… Neeve ? »
- « Hum ? »
- « Qu'est-ce que tu as eu, pour avoir à redoubler une classe ? »
- « Une pneumonie avec complications. Un choc septique. »
- « Un quoi ? »
- « Un déséquilibre du système immunitaire qui entraîne une mauvaise distribution du sang ou une infection des tissus. Ça peut toucher le cœur, les intestins, ou comme moi, les poumons. C'est pour ça que mon père me couve autant. Je suis encore fragile niveau poumons. Mais même si je choppe un rhume, je ne vais pas fondre… »
- « D'accord, d'accord ! »

Le skate plut énormément à Mamoru, inquiéta fortement Keiko et contraria Takeru qui devint vert de jalousie. Shouta le consola en lui promettant de l'inscrire à un dojo. L'offre n'était pas anodine. Takeru s'était pris d'intérêt pour le karaté après avoir vu Ken, au point que les Pokemon perdaient un peu de leur éclat à ses yeux. Rassasiés jusqu'aux yeux des Pokemon, la famille encourageait fortement Takeru à persister dans la voie des arts martiaux.

Vendredi arriva. Kojirô était content parce qu'ils n'avaient pas de match le lendemain et l'entraîneur leur avait promis un entraînement léger à la place. Le match suivant était contre la Meiwa, l'ancienne équipe de Ken et Kojirô, et leur adversaire le plus sérieux dans le tournoi de qualification. Pour le moment, Tôhô était invaincue, et Meiwa avait un match nul, ce qui leur donnait un désavantage certain. De plus, le match était organisé à Tôhô. Kojirô sentait son sang bouillonner à l'idée de ce match, bien qu'il ne devait se jouer que dans une semaine.

Il se leva de bonne humeur, bien déterminé à profiter de son week-end. Les parents partaient tôt le samedi pour aller à un mariage à Kyoto. Et pour le moment, aucune crise à l'horizon. Pour se changer les idées, il décida de faire son circuit de distribution de journaux à l'envers. Un peu de changement de temps en temps faisait du bien. Il avait eu un flair d'enfer. Il allait déposer la gazette dans une boîte aux lettres quand quelqu'un l'interpella depuis la terrasse.
- « Hé, donne-le moi directement ! » Un jeune homme, peut-être âgé de quelques années de plus que Kojirô descendait l'allée de sa maison. « Je vais pouvoir le lire durant ma pause café ! C'est rare que le journal soit livré si tôt. » Kojirô lança le périodique d'un geste ample.
- « Oui, j'ai changé mon itinéraire. »
- « C'est donc mon jour de chance. »
- « Euh… excusez-moi, mais… vous êtes policier ? » L'homme venait de fermer le portail derrière lui, et Kojirô vit qu'il était en uniforme.
- « Pas encore… mais oui, je suis dans la police. Pourquoi ? »
Se sentant de plus en plus stupide à mesure qu'il parlait, le footballeur expliqua rapidement l'épisode du gang au primaire. A son plus grand étonnement, son interlocuteur le prit très au sérieux. Il sortit même un calepin pour prendre des notes et demanda plus de détails.
- « Tu as bien fait de m'en parler. »
- « Ah ? »
- « Les histoires de gang sont généralement minimes. Mais elles peuvent dégénérer rapidement. Ces gamins peuvent tout autant se reconvertir en de parfaits lycéens qu'en de parfaits criminels. Et le fait que des mioches de dix ans sont impliqués… Ce n'est pas beau. »
- « Mieux faut prévenir que guérir ? »
- « Exactement. Ne t'inquiète pas, la police est sur le coup. Après tout, tout le monde a tendance à l'oublier, mais nous sommes une force de proximité avant tout autre chose. Notre quotidien est généralement plus fait de chats perdus que de mafioso en cavale. »
- « Pas très romantique… Euh, désolé, je ne voulais pas dire ça… »
- « Mais c'est tout à fait la vérité. Nous ramassons la merde de ce monde. »
- « Bon, je dois y aller ! » Kojirô s'éloigna en courant, balle aux pieds. Gentil mais quand même bizarre, ce flic.

La journée se déroula plutôt bien. Il parvint à se concentrer pendant la plupart des cours, et se concentra vraiment pour les cours de Japonais, pour remercier la professeur de son aide la semaine précédente. Il rentra de son entraînement en sifflotant. Mais sa bonne humeur s'envola quand il remarqua un scooter noir garé dans l'allée. Pourquoi est-ce que l'abruti était encore là ? Qu'est-ce qu'il avait à se payer l'incruste ?

Shun était bel et bien là. Assis au milieu du sofa, à la place que Kojirô occupait généralement quand ils s'asseyaient en famille. En train de jouer à la console avec ses frères. Neeve était assise près de lui, et l'encourageait. Kojirô grimaça quand Shun gagna et il fut absolument horrifié de voir qu'il était arrivé à battre ses records.
- « Salut tout le monde ! » lança-t-il.
- « M'ouais ! » grommela tout le monde, concentré sur la nouvelle course de voiture. Se sentant ignoré, Kojirô alla se servir un verre de coca puis poussa Mamoru pour s'installer au milieu de l'autre sofa. Celui-ci ne protesta pas et lui passa même la manette directement.
- « Allez, fous-lui la pâté de sa vie ! » chuchota-t-il.
- « Pourquoi tu n'aimes pas Shun ? » répondit l'aîné sur le même ton.
- « Il m'énerve, il me traite comme un gamin. Et je n'aime pas comment il regarde Neeve. »
- « Bravo Shun ! » acclama Neeve en battant des mains. « Tu as encore gagné ! Et tu bats un autre record ! »
- « Oui. J'espère que cela ne te dérange pas ? » demanda-t-il en regardant Kojirô avec un air suffisant qui alluma l'esprit de compétition en ce dernier.
- « Pas du tout. De toute façon, je pense bien les battre… »
- « Ah ouais ? »
- « Ouais. »
- « C'est parti. »
Les deux jeunes hommes commencèrent un jeu de course endiablé. Ils étaient aussi bon l'un que l'autre, mais Kojirô avait deux supporters, alors que Shun n'en avait qu'une. Et elle encourageait également Kojirô. Les étincelles commencèrent à voler. Il était maintenant évident qu'ils ne faisaient pas que jouer. Ils réglaient leurs comptes. Rapidement, ils passèrent au jeu de baston et l'atmosphère se fit lourde. Shun avait les dents serrées et Kojirô avait les mains moites. Mais pas question de reculer devant l'autre. Avec la montée d'agressivité, Neeve s'assombrissait.
- « Et si nous jouions en équipe ? » proposa-t-elle.
- « Non ! » tonitruèrent-ils ensemble.
- « Oh la. Il faut vous calmer. Bien trop de testostérone ici. » Ils la dévisagèrent tous les deux. « Ce n'est qu'un jeu vous savez. » ajouta-t-elle.
A ce moment, Shouta rentra de l'hôpital, Keiko avec lui.
- « Bonsoir famille ! »
- « Bonsoir ! »
- « Ahaha, Shun-kun ! Cela faisait longtemps. » Kojirô roula les yeux quand Shun se leva pour aller serrer la main de Shouta. « Merci pour ton aide. C'est très gentil d'emmener et de ramener Neeve comme ça ! »
- « Mais c'est avec grand plaisir. »
- « Alors, comment va ton père ? »
- « Très bien. Il vous invite toujours à venir au country club un de ses jours. » Purée, le lèche-cul !!!!
- « Ahahah ! Avec le handicap de ton père ? Je n'oserai même pas ! » Quel bourge ! Du golf !
- « Tu restes manger avec nous ce soir ? » Shouta donna une claque sur l'épaule de Shun.
- « Ah…euh… à vrai dire… » Allez, casse-toi !
Pour marquer le point, Kojirô passa son bras autour de la taille de Neeve, pour l'aider à marcher jusqu'à la table, bien sûr.
- « Mais si, mais si… Keiko ? Nous avons assez pour un autre ventre affamé ? »
- « Mais bien sûr ! » Kojirô regarda sa mère ajouter une assiette supplémentaire. « Nous avons commandé suffisamment de pizza pour tous ! » Shun glissa un regard appuyé vers Kojirô qui prit aussitôt la mouche. Pauvre débile.
- « Ouais ! Pizza ! » s'écria Takeru.
- « Heureux de faire votre connaissance. » Shun s'inclinait devant Keiko. « Je suis Shun Fujita. »
- « Mais c'est moi qui suis heureuse ! Neeve m'a tellement parlé de toi ! Que du bien je te rassure. » Vraiment ? Est-ce que tu sais qu'elle ment toujours ?
Kojirô regarda l'autre abruti se glisser dans les petits papiers de sa mère et séduire Natsuko qui le regardait comme s'il était Zeus en personne. Neeve le regardait avec un air tout aussi con. Takeru succomba rapidement quand il apprit que Shun avait fait du karaté et du kendo. Seul Mamoru resta fidèle à ses côtés.

Il avait une envie folle de prendre Shun par la peau du cou et le jeter dehors à grand renfort de coups de pieds aux fesses dans la rue. Ce qu'il pouvait l'énerver. Mince, si ce con le regardait encore une fois, il allait lui fracasser son sourire colgate.
La soirée allait être longue, très longue… Il s'assit à table avec une envie soudaine de steak… bien saignant… le sang de Shun si possible. Assez pour qu'il crève d'hémorragie. Et c'était bien connu, l'appétit de Kojirô était sans limite.
Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres de Kojirô.

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Fight ! Fight Fight ! Deux corps d'hommes qui se roulent dans la boue, hum…. [Ici NyaPowa court après son cerveau qui vient de s'éclipser du côté Yaoi. Ohoho.. Et si je mettais Shun avec Kojirô, et Neeve qui compte les pâquerettes… Ohohoh[Cerveau en grève. Ohohohohoh.