Voilà, je vous mets l'épilogue cet aprem et le topo de remerciements... Good Read!

Parfois je me maudits pour mes actes passés. Quelle idée de boire autant, je suis incapable de trouver sa rue, même avec l'adresse exacte écrite sur un bout de papier. Et en plus de ça, mon sac commence à se faire lourd sur mon épaule.

- Excusez-moi !

Et voilà que cette femme se retourne à peine avant d'accélérer le pas. Par Merlin Madame, je n'ai pas envie de vous agresser, j'ai juste besoin d'aide. De l'aide pour trouver cette adresse et aussi, si vous pouviez me dire comment se comporter avec une meilleure amie amoureuse de vous…

- Pardon Monsieur !

Ouf, il ne s'échappe pas lui ! Mais il me regarde bizarrement. Avec la chance que j'ai, il doit travailler au ministère et est en train de se dire qu'il devrait peut-être m'amener dans une cellule de dégrisement.

- Est-ce que vous pourriez m'indiquer où se trouve cette rue ?

- Juste derrière vous.

Et merde, c'est ce qui s'appelle avoir l'air con. Pourtant, j'en aurai donné ma main au feu, elle n'était pas là il y a deux minutes. Impossible.

- Oh… merci. Désolée pour le dérangement.

Je me retourne avant de voir son regard se poser de nouveau sur moi, suspicieux. Ne te déconcentre pas vieux. Tu sais ce que tu dois faire…

J'ai jamais eu l'impression qu'il était difficile de frapper à une porte. Avant aujourd'hui. C'est vrai, il est étrange de devoir fermer son poing et de lui faire rencontrer la porte. Sans frapper trop fort mais bien assez pour qu'on nous entende.

J'ai dû m'y reprendre à trois fois avant d'être satisfait.

Et voilà qu'elle m'ouvre et qu'elle reste comme pétrifiée. J'ignorais que j'étais aussi doué qu'un basilique dans la pétrification.

- Qu'est-ce que tu fais là ?

J'aurais bien aimé qu'elle m'en donne la réponse plutôt que de me poser la question. Je ne sais pas ce que je fais là… enfin, j'ai dû le savoir mais tout d'un coup, je ne sais plus. Alors je me contente de rentrer chez elle sans qu'elle ne me l'ait demandé. De toute façon, elle ne l'aurait pas fait.

- Ron… je n'ai pas envie de te voir.

Comme absorbé par ce qu'il y a autour de moi, j'ai l'impression de prendre conscience d'un fait : elle est belle et bien partie de chez moi. Et elle ne reviendra pas. Ca, je sais que je ne le voulais pas.

- Je m'installe chez toi.

- Quoi ?

Oui quoi ? J'aurais pu me poser la même question. Comme si deux démons se faisaient la guerre à l'intérieur de mon esprit. J'ai encore du mal à imaginer que je viens de dire ce que j'ai dis. Et pourtant, je me force à reprendre :

- Oui, je m'installe chez toi.

- Ron, tu n'es pas sérieux.

- Oh je vois. Tu es la seule qui est autorisée à être sérieuse ? Et bien tu vois, je peux l'être aussi.

Je sais, ça ne veut rien dire. Mais essayez de boire du whisky pur feu en moins d'une heure et vous me direz si vous arrivez à un meilleur résultat.

- Tu as bu, Ron.

- Et alors ? Oui j'ai bu ! J'ai bu parce qu'il m'en fallait du courage pour venir te voir crois-moi !

- Tu n'avais qu'à ne pas venir.

- Ah oui ! Ca aurait été plus simple pour toi non ? Je te laissais partir sans te demander de raisons à tes actes et on en parlait plus. Et bien désolé, je préfère percer l'abcès !

- Parce que tu m'en as donné des raisons à tes actes toi ? Tu m'as dis pourquoi tu avais choisi de te… de te prostituer pour me trouver un emploi.

Et là, c'est plus fort que moi. La plus grosse maladresse de ma vie : je me mets à rire. Je me mets à rire parce que le verbe prostituer sonne comme un gros mot dans la bouche de Hermione. Je me mets à rire parce que c'est idiot de penser ça, je ne me suis pas prostitué. Non je lui ai juste offert ce qu'elle voulait : à savoir un peu de présence.

- Je ne trouve pas ça drôle !

- Si ! Redis-le !

Inutile de me dire que c'est idiot, ses yeux me l'ont fait comprendre en quelques secondes à peine.

- 'Mione… tu crois sérieusement que je serais capable de coucher avec… enfin, sois sérieuse !

- Ce n'est pas ce qu'elle m'a dit, Ron.

- Et tu préfères croire qui ? Ton meilleur ami ou une vieille fille frustrée ?

Elle détourne les yeux et je sais que j'ai touché le point sensible. Allez savoir pourquoi depuis qu'elle est partie travailler hors de l'Angleterre, elle semble être touchée par une vague de culpabilité.

- Alors tu n'es pas avec ?

- Pas exactement…

- Mais tu t'es quand même vendu pour que je puisse avoir cet emploi ?

- Un emploi… pas cet emploi. Celui-là, tu l'as eu toute seule…

Je sais qu'elle se force à ne pas sourire. Mais je sais aussi qu'elle est soulagée de cette réponse.

- Mais tu imagines quand même que ce n'est pas le genre de choses que tu as à faire… enfin Ron ! C'est du chantage ! Mais par Merlin Ron ! Lemoineau ! Qu'est-ce que tu fous avec !

- A vrai dire… il risque de ne plus rien y avoir à voir après ce que j'ai appris aujourd'hui.

- Tu ne peux pas jouer avec les sentiments des gens Ron !

Et voilà, j'ai réussi à la mettre en colère. Et par la même occasion, je perds mon sang froid.

- En fait le fond du problème, ce n'est pas réellement ce que j'ai bien pu faire avec Marthe.

- Bien sûr que si Ron !

- Non… le problème c'est ce que j'ai bien pu faire avec toutes les filles.

- Tu…

Elle est de nouveau paralysée, stoïque devant moi, filtrant mon regard au cas où je lui mentirai. Mais non Hermione, j'ai bien dis ce que j'ai dis.

- Regarde-moi Hermione.

Pourvu que je ne dessaoule pas sur le champ ou je regretterais d'avoir pris son menton entre mes doigts.

- Déjà, je regrette de m'être laissé emporter là. Je regrette aussi de ne pas avoir su ça avant… enfin, le fait que tu… t'intéressais à moi. Non regarde moi.

Ses yeux brillent et je m'en veux de lui faire subir ça. Je viens de réaliser un fait que je fus le seul à ignorer. Par Merlin… cette fille est amoureuse de moi. Et pas du même amour que toutes les autres. Non, elle m'aime vraiment. Elle aime le Ron qu'elle a connu. Et a su supporter celui que je suis devenu.

- Si je l'avais su Hermione. Je ne sais pas ce que j'aurais fais parce que là déjà, je me sens perdu. Mais je n'aurais pas fais ça. Tu vois, si le cas avait été différent, je suis certain que l'on en aurait ri…

- C'est faux Ron… tu le sais très bien.

- Oui tu n'as pas tord… Lemoineau, j'ai fais fort quand même… Ecoute Hermione. Je ne vais pas te dire que je suis moi aussi amoureux de toi… j'en sais rien. Mais je sais que je t'aime assez fort pour vouloir te rendre heureuse. C'est aussi pour ça que j'ai fais ce que je pouvais pour cet emploi. Maladroitement, mais ça c'est une chose qui ne changera pas chez moi. Ecoute, je sais pas quoi te dire… Je suis flatté… c'est ça, flatté. Regarde toi, tu es jolie… intelligente… et en plus tu arrives à me supporter. D'ailleurs maintenant que j'y pense, je ne sais pas comment j'ai fais jusqu'alors pour ne pas, excuse-moi du propos, te sauter dessus.

Et ce que je ne lui avouerai pas, c'est que cette idée n'est pas d'aujourd'hui. Seulement, c'est bien ce moment là que j'ai choisi pour la faire rougir. Et elle, pour me rendre :

- Ron, tu as trop bu… tu as les paroles d'une personne ivre.

- C'est normal, tu me soules Hermione ! Tu me soules à ne pas vouloir comprendre que là tu as devant toi un mec complètement paniqué. J'ai pas envie de te faire souffrir Hermione, tu comprends !

- C'est déjà trop tard…

- Tu continues ! Ce que je veux dire c'est que…

Que rien ne sera plus comme avant et que la prochaine phrase a intérêt d'être la bonne si tu ne veux pas lui faire de mal…

- Je t'aime Hermione. Mais... Je ne sais pas comment je t'aime mais pas comme toi.

- J'ai compris Ron…

- Non je ne crois pas.

Cette fois, tu n'as plus le choix mon ami… Tu sais ce que tu veux à cet instant précis non ? Alors lance-toi.

Et c'est ce que je fais. Un soupir, je ferme les yeux et m'approche d'elle. Jamais un baiser n'aura eu le même goût. Une sorte de défiance au désir que j'entretenais à son égard. Et je sais qu'elle l'attendait. Je le sais alors qu'au contraire, je n'aurais jamais pu penser qu'Hermione Granger puisse embrasser de cette manière.

- Apprends-moi, Hermione. Apprends-moi à t'aimer dignement.

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Harry par Merlin mais que fais-tu. Le pire c'est que je ne sais même pas si j'ai réellement envie de te voir. Ne sais même pas si j'ai réellement envie d'emménager dans cet appartement. Mais bon, voyons la vérité en face, il fallait bien un jour ou l'autre que je prenne mon indépendance. Non en fait, intimement, j'espérais pouvoir vivre avec lui… comme un couple peut-être.

Enfin te voilà. Tu dois avoir les bras bien chargé, j'ai dû tendre l'oreille plusieurs fois, peu certaine d'avoir entendu quelqu'un frapper à ma porte. Seulement… seulement lorsque je l'ouvre, j'ai l'impression que le monde s'écroule autour de moi. M'aurais-tu vendue ?

- Qu'est-ce que tu fais là ?

C'est ce qu'on appelle de la franchise. Et du courage aussi. Je suis presque étonnée d'entendre que la voix qui sort de ma gorge n'a même pas la tremblote. Avec toutes les larmes que j'ai versées pour toi, je n'ai qu'une chose à dire :

- Ron… je n'ai pas envie de te voir.

Il ne réagit pas, la tête ailleurs. Ca aurait été trop beau. Après avoir fais l'effort de venir jusqu'ici, il faut se rendre à l'évidence, il n'allait pas repartir comme ça.

- Je m'installe chez toi.

Là, par contre, j'ai du mal entendre.

- Quoi ?

- Oui, je m'installe chez toi.

Le pire là-dedans, c'est qu'il n'y a pas l'ombre d'une seule hésitation dans sa voix. Je dois presque m'assurer que :

- Ron, tu n'es pas sérieux.

- Oh je vois. Tu es la seule qui est autorisée à être sérieuse ? Et bien tu vois, je peux l'être aussi.

Il passe près de moi et je sens une odeur âcre parvenir à mes narines. Ca aurait té trop beau bien sûr…

- Tu as bu, Ron.

- Et alors ? Oui j'ai bu ! J'ai bu parce qu'il m'en fallait du courage pour venir te voir crois-moi !

- Tu n'avais qu'à ne pas venir.

- Ah oui ! Ca aurait été plus simple pour toi non ? Je te laissais partir sans te demander de raisons à tes actes et on en parlait plus. Et bien désolé, je préfère percer l'abcès !

- Parce que tu m'en as donné des raisons à tes actes toi ? Tu m'as dis pourquoi tu avais choisi de te… de te prostituer pour me trouver un emploi.

Il se met à rire. Comme un enfant il se met à rire et moi, je me retiens de le baffer ou mieux encore, de le pétrifier d'un sort bien placé. Mais sérieusement, après toute cette histoire, qui est-il pour venir chez moi et rire ! Rire alors que moi-même je suis sur le point de rendre les armes ?

- Je ne trouve pas ça drôle !

- Si ! Redis-le !

Le Ron de ces derniers jours était déjà bien détestable. Le Ron ivre est pire que ça…

- 'Mione… tu crois sérieusement que je serais capable de coucher avec… enfin, sois sérieuse !

- Ce n'est pas ce qu'elle m'a dit, Ron.

- Et tu préfères croire qui ? Ton meilleur ami ou une vieille fille frustrée ?

Comment fait-il pour retourner la situation… Et moi, comment pourrais-je croire celui qui m'a caché un tel acte délibérément ?

- Alors tu n'es pas avec ?

- Pas exactement…

- Mais tu t'es quand même vendu pour que je puisse avoir cet emploi ?

- Un emploi… pas cet emploi. Celui-là, tu l'as eu toute seule…

L'impression de pouvoir respirer de nouveau. J'osais espérer que Gustave ne soit pas sympathique pour rien. J'osais espérer qu'il ne se forçait pas à être aimable devant mon boulot miteux. J'osais simplement espérer que j'avais bel et bien eu mon emploi pour mes capacités. Ca m'aurait presque fais plaisir si… le sang se déchaîne dans mes veines.

- Mais tu imagines quand même que ce n'est pas le genre de choses que tu as à faire… enfin Ron ! C'est du chantage ! Mais par Merlin Ron ! Lemoineau ! Qu'est-ce que tu fous avec !

- A vrai dire… il risque de ne plus rien à voir après ce que j'ai appris aujourd'hui.

- Tu ne peux pas jouer avec les sentiments des gens Ron !

- En fait le fond du problème, ce n'est pas réellement ce que j'ai bien pu faire avec Marthe.

- Bien sûr que si Ron !

- Non… le problème c'est ce que j'ai bien pu faire avec toutes les filles.

- Tu…

Par Merlin, Ron. Comment fais-tu ? Comment fais-tu pour me faire passer du chaud au froid si rapidement ? Du sucré au salé ? Du doux à l'amer…

- Regarde-moi Hermione.

Ses doigts se posent sur mon menton et je me sens défaillir. Je ne peux plus m'enfouir, pourquoi me tient-il ? Je ne suis plus capable du moindre mouvement.

- Déjà, je regrette de m'être laissé emporter là. Je regrette aussi de ne pas avoir su ça avant… enfin, le fait que tu… t'intéressais à moi. Non regarde moi.

Voilà, il l'a dit. Il vient de dire tout haut ce que j'essayais de m'empêcher de penser. Je ne sais pas si c'est une délivrance, ou un échec.

- Si je l'avais su Hermione. Je ne sais pas ce que j'aurais fais parce que là déjà, je me sens perdu. Mais je n'aurais pas fais ça. Tu vois, si le cas avait été différent, je suis certain que l'on en aurait ri…

- C'est faux Ron… tu le sais très bien.

- Oui tu n'as pas tord… Lemoineau, j'ai fais fort quand même… Ecoute Hermione. Je ne vais pas te dire que je suis moi aussi amoureux de toi… j'en sais rien. Mais je sais que je t'aime assez fort pour vouloir te rendre heureuse. C'est aussi pour ça que j'ai fais ce que je pouvais pour cet emploi. Maladroitement, mais ça c'est une chose qui ne changera pas chez moi. Ecoute, je sais pas quoi te dire… Je suis flatté… c'est ça, flatté. Regarde toi, tu es jolie… intelligente… et en plus tu arrives à me supporter. D'ailleurs maintenant que j'y pense, je ne sais pas comment j'ai fais jusque alors pour ne pas, excuse-moi du propos, te sauter dessus.

Ca serait presque trop beau de l'entendre dire ça. Peut-être ce que j'avais attendu… des mots maladroits de sa part. Maladroits mais touchants. Qui pourtant ne semblent pas être assez lui…

- Ron, tu as trop bu… tu as les paroles d'une personne ivre.

- C'est normal, tu me soules Hermione ! Tu me soules à ne pas vouloir comprendre que là tu as devant toi un mec complètement paniqué. J'ai pas envie de te faire souffrir Hermione, tu comprends !

- C'est déjà trop tard…

- Tu continues ! Ce que je veux dire c'est que… Je t'aime Hermione. Mais... Je ne sais pas comment je t'aime mais pas comme toi.

- J'ai compris Ron…

Au moins il aura été clair. Il ne pourra jamais rien y avoir d'autre entre nous qu'une amitié.

- Non je ne crois pas.

Une nouvelle fois, Ron s'amuse à me faire passer par les extrêmes. Ses lèvres se posent sur les miennes. Délicatement. Moi qui avais cru que les baisers de Ron devaient être à son image. Mais non, ils sont doux. Tous comme les mots qu'il s'est efforcé à me dire. Ils sont tout autant passionnés et remplis d'une phrase que j'ai attendue et qu'il me murmure enfin :

- Apprends-moi, Hermione. Apprends-moi à t'aimer dignement.