Vous l'aurez plus ou moins compris, j'ai eu vraiment du mal avec ce chapitre ... À votre place je serais grave vénère de ce décalage ( ouais, c'est la Marseillaise en moi qui parle là ), je m'excuse donc très platement ... & pour ce faire le chapitre est même XXL. & en parlant de taille, il est aussi M d'ailleurs ( waw, quel humour, je suis en forme ... ), enfin, vous verrez bien !
Merci encore à tous ceux qui ont la patience de m'attendre et l'amabilité de commenter : Serieslover44, Mystik.7, Evil queen Momo, LeyyOUaT, Angele751, Artemis972, Ruby02, Regina2015, justinejannedu0760, Solveig5, Bonne Ame, Raphi5930, GratSponthex ( ton pseudo est génial ^^), Waty, JunkieWoman, evilhayleyregal et dreydrey76 & tous les autres qui favorisent, lisent ...
Je suis vraiment pas sûre de ce que j'ai écris et de la manière dont j'ai tourné mes personnages mais il fallait bien le publier, alors voilà, l'avant dernier chapitre ... Bonne lecture, j'attends votre avis avec autant d'impatience que vous avez peut-être attendu ce chapitre ^^
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Chapitre 25
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La chasseuse de primes resta figée un long moment, uniquement sortie de sa torpeur par une autre voix.
- Tu l'as trouvée ?
- Oui, Henry.
Muette elle observa l'enfant pousser la porte qu'elle avait entrouverte et foncer sur elle. La blonde manqua tomber quand elle dut amortir le choc de son corps contre le sien, ses bras allant l'entourer par automatisme malgré la douleur de sa cheville qui accusa le coup.
- Qu'est-ce que vous vous êtes fait ? Demanda la brune en face d'elle.
- Emma ! Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ?
- Je suis tombée, mentit-elle facilement. Qu'est-ce que vous faites là ?
- Ce que ma fille ne peut pas faire.
- Il lui est arrivé quelque chose ? s'inquiéta-t-elle immédiatement, un bras déjà crispé sur l'enfant.
Cora prit le temps de l'observer encore quelques secondes, ayant clairement remarqué sa réaction qui ne laissait pas un doute sur le manque absolu de confiance qu'elle lui faisait.
- Vous êtes partie, finit-elle par répondre.
Elle tenta en vain d'interpréter cette phrase mais elle savait que si quelque chose de grave était arrivé à la Reine, Henry ne pourrait pas être dans cet état. À moins que Cora lui ait jeté un sort. La blonde avala avec difficulté sa salive, elle s'était levée plus éreintée que jamais et ne se sentait absolument pas d'affronter qui que ce soit. De toute manière elle était pratiquement impuissante sans magie et l'ancienne Reine portait plus qu'en évidence la dague du Ténébreux à sa ceinture. Elle se demanda brièvement comment elle avait fait pour voyager jusqu'ici sans se faire remarquer et la peur de devoir être à nouveau une marionnette entre les mains de la sorcière lui fit serrer les poings.
Sa réaction étira un sourire en coin sur le visage de son interlocutrice dont le regard venait de se fixer sur le bracelet en cuir qu'elle portait.
- Quelle horreur.
- Q...Quoi ?
- Ce bracelet ne vous va pas du tout.
- Qu'est-ce que vous faites là ? préféra-t-elle répéter.
Elle n'eut pas le temps de reculer, se plaçant simplement devant Henry quand la sorcière avança pour s'inviter dans l'appartement et l'acculer presque contre le mur du hall d'entrée. Quelque chose effleura sa main et l'instant d'après elle serait tombé si elle n'avait pas été retenue par une poigne de fer, le corps parcouru de frissons qui semblaient venir du plus profond de ses os. Sa cheville émit un craquement étrange et elle prit vaguement conscience que le fourmillement qu'elle sentait dans tous ses membres était de la magie mais elle n'eut pas l'occasion d'en faire la remarque à haute voix.
- On vous attend là, sembla se moquer la brune quand elle se dirigea vers les toilettes.
Debout devant le lavabo blanc où l'eau coulait à flots elle mit du temps avant de se rendre compte que son reflet n'avait plus rien à voir avec ce qu'il avait été quelques minutes auparavant. D'accord, elle était pâle, pâle comme quelqu'un qui vient de vider le contenu d'un estomac pour la deuxième fois en moins d'une heure, mais sa lèvre n'était plus fendue. Son arcade était aussi neuve que la veille et ses cheveux étincelants au point qu'elle eut du mal à croire qu'ils soient les siens.
Cora Mills l'avait soignée, réalisa-t-elle.
Et plus encore à en croire le reflet qui brillait dans ses yeux. Un tourbillon d'argent qui avait du mal à se calmer. La main qu'elle leva devant elle n'était plus ornée de ce ridicule morceau de cuir. En face d'elle un sourire bête se peignit sur le visage de son reflet quand elle réussit à faire naître quelques éclairs bleus au bout de ses doigts. Elle avait retrouvé sa magie.
Son cœur se mit à battre la chamade avant qu'elle n'ait le temps de le réaliser. Cela voulait-il dire que Regina avait réussi ? Avait-elle pu donner à sa mère une nouvelle vie grâce au cœur qui battait désormais dans sa poitrine ou la sorcière était-elle là pour d'autres raisons ? Pour la manipuler ?
Tentant de maîtriser la foule de sentiments qui l'assaillaient, la jeune femme se rinça à nouveau la bouche avant de sortir de sa salle de bain.
Elle resta immobile quelques secondes sur le seuil de son salon. Henry était en train de jouer au baby-foot design qui y trônait, visiblement contre Cora qui regardait la partie d'un œil depuis un coin de la pièce, l'autre fixé sur sa collection de DVD et jeux vidéos.
- Votre cœur, ça a tout changé, n'est-ce pas ?
Sa question fit se retourner la femme, stoppant immédiatement le match en cours. Elles s'observèrent quelques secondes encore en silence.
- Oui.
- Mamie est géniale ! intervint Henry.
- Uniquement parce que je t'ai laissé venir avec moi, enchaîna l'intéressée qui avait grincé des dents au surnom dont elle venait d'être affublée.
- Comment est-ce que je sais que c'est pas un piège ?
- Je suppose qu'il faudra me croire sur parole.
- Non, refusa-t-elle simplement.
- Non ? De toute manière ça m'est égal. Vous venez de grès ou de force.
- Je crois pas non, répondit-elle en serrant les poings, sentant déjà sa magie prête à répondre à son appel.
- Oh calmez-vous, je vous amène à Storybrook.
- Je ne peux pas ... Maléfique a ... a fait en sorte que je ne puisse pas. Et puis pourquoi ? C'est à cause de vous que je suis ici non ?
- Et bien le problème est résolu, je vous ordonne de venir avec moi.
- Pourquoi ? répéta-t-elle en tentant d'ignorer la sensation de la magie qui s'insinuait en elle.
- Parce que je veux le bonheur de ma fille, pas qu'elle passe sa vie à courir après des milliers de personnes sans intérêt.
- Qu...Quoi ?
L'idée que Regina ait pu se précipiter dans les bras d'autres personnes aussi vite ne lui était jamais venue et la simple pensée que cela ait pu être le cas provoqua un vertige qui la força à s'agripper au chambranle de la porte.
- Non, pas dans ce sens là, clarifia-t-elle quand elle se rendit compte de ce qu'Emma était en train de penser.
- Quoi alors ?
- On vous expliquera dans la voiture.
- On ? Releva-t-elle, incapable de résister à la proposition.
- Faites votre sac, nous vous attendons, lui répondit-elle à côté.
Un grand sourire aux lèvres, Henry lui confirma l'affirmation de sa grand mère avant de se replonger dans le match qui avait repris sur le terrain du babyfoot. Avant qu'elle n'ait compris les conséquences de sa décision, la jeune femme se précipita dans sa chambre pour sortir du dressing le sac qu'elle avait amené avec elle pour son premier départ à Storybrook il y a de ça ce qui lui semblait une éternité. Elle n'y jeta qu'une paire de bottes, une paire d'escarpins et deux tenues avec l'espoir qu'elle pourrait conjurer des vêtements d'un simple claquement de doigts une fois là bas si elle en avait besoin.
- Voilà ! annonça-t-elle moins de cinq minutes plus tard dans le salon.
Cora leva les yeux du cadre qu'elle était en train d'examiner pour l'observer un sourire en coin dessiné sur son visage qui lui donnait un air étrangement satisfait d'elle même. Henry n'attendit pas une seconde de plus pour se précipiter sur la porte d'entrée, bientôt suivi de la brune qui l'invita à en faire de même d'un signe de la tête.
- Alors ? Ces explications ? commença-t-elle dès qu'ils eurent atteint l'ascenseur.
- Je tente d'acheter ma liberté en prouvant à ma fille que je suis de bonne foi, sembla-t-elle répondre avec honnêteté.
- Votre liberté ?
Elle avait du mal à l'imaginer prisonnière de la Reine malgré ce que lui avait annoncé Hope la veille. Quelques jours après l'incident peut être, mais aujourd'hui Cora semblait avoir de la magie et toujours le contrôle du Ténébreux.
- Ma fille refuse de me laisser aller dans sa ville tant qu'elle n'a pas réglé mon ... cas.
- C'est à dire ?
- Les cœurs. Elle est en train d'en faire une grande distribution.
- Comment elle sait à qui ils appartiennent ? Et puis Gold m'avait dit qu'ils n'étaient pas tous à des habitants de Storybrook.
- Elle sait. Et elle voyage. Comment croyez-vous que j'ai pu avoir l'occasion de m'échapper ?
- Regina ne sait pas que vous avez pris Henry ?
- Non mais quand elle s'en rendra compte elle aura autre chose en tête.
Elle allait répondre quand la porte d'entrée de l'immeuble lui fut ouverte sur une vue qu'elle n'aurait jamais pu envisager. En costard foncé comme à son habitude, Gold se tenait près d'une grosse Mercedes grise aux vitres teintées. L'air toujours aussi impatient que d'accoutumé, le sorcier tenait un chapeau brodé en lettres d'or à la main qu'il s'empressa de mettre lorsque Cora descendit les marches devant elle.
- Voiturier ? lut-elle à voix basse avec un rire qu'elle eut du mal à retenir.
Le regard meurtrier que lui lança l'intéressé la calma instantanément. Visiblement Cora n'avait pas changé sur tous les plans et elle se demanda si Regina l'avait forcée ou non à renoncer à sa vendetta.
- C'est le seul petit écart que m'a permis ma fille, expliqua l'intéressée à haute voix comme si elle avait pu lire dans ses pensées.
Il faudrait qu'elle ait une conversation avec lui réalisa-t-elle en montant dans la berline. Pour déterminer si on exerçait toujours le même contrôle sur lui et pour éclaircir les circonstances dans lesquelles il l'avait soignée avant qu'elle ne se réveille dans la chambre d'hôpital où Maléfique était en train de veiller sur elle.
- On est dans la voiture maintenant, ne tarda-t-elle pas à remarquer quand personne ne parla. J'attends la suite.
- Qu'est-ce que vous voulez savoir Miss Swan ?
- Ce qu'il s'est passé après que Regina nous ait ... Quand je me suis évanouie.
- Je n'en sais pas plus que vous. Elle a apparemment disparu de Storybrook un moment avant de récupérer mon petit fils. Certainement quand elle a pu à nouveau maîtriser sa magie. Elle a surpris son ex belle fille en train de tenter de voler mon cœur.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi Snow voudrait-elle de votre cœur ? Je la vois mal en train de vous contrôler.
- Non, elle comptait simplement me tuer. Vous n'avez pas idée de ce qu'on est capable de faire quand on vous enlève l'amour de votre vie, n'est-ce pas ?
- Vous croyez que je suis comment là ?
- Non Miss Swan, que vous y aviez été forcée ou non, c'est vous qui vous êtes éloignée de ma fille, personne ne vous l'a arrachée des mains. Je ne vous souhaite jamais de connaître la différence. Regina l'a connu et elle est devenue la Méchante Reine.
- Et aujourd'hui ?
- Hum ?
- Quand elle m'a perdue. Comment est-ce qu'elle a réagi ?
- Mal. Elle a presque tué sa meilleure amie, ses pouvoirs sont toujours instables parce qu'elle refuse de les maîtriser comme elle devrait et aujourd'hui elle se plonge dans une mission impossible pour oublier.
- Quelle mission ?
- Je vous l'ai dit.
- Redistribuer tous les cœurs que vous avez volés ?
- Exact.
- Et vous pensez faire d'une pierre deux coups en me ramenant ? Sauver votre fille et l'empêcher de vous enlever vos pouvoirs ?
- Croyez-le ou non Miss Swan, mais je n'ai pas besoin de tout ces cœurs pour être puissante. Rumple, arrête toi au restaurant à l'angle de la rue.
- J'ai pas faim, prévint-elle alors que l'intéressé s'exécutait.
- Ce n'est pas pour vous.
À contre cœur elle sortit de la voiture à la suite d'Henry qui était déjà en train d'examiner la carte.
- Je peux avoir un Sunday mamie ?
- Ce que tu veux.
Plus que de voir Cora Mills lui parler sans avoir l'air de la juger indigne de sa présence et de pouvoir l'imaginer sans arrière pensée, elle trouvait ses interactions avec Henry encore plus étonnantes. Elle qui n'avait jamais eu l'habitude de les voir côte à côte avait du mal à croire en l'affection presque palpable qui émanait des deux.
- Henry ? demanda-t-elle en se rapprochant de lui quand il se dirigea vers le comptoir pour passer sa commande.
- Oui ?
- Euh ... Comment ça se passe avec Cora ?
- Bien, répondit-il simplement. Tu t'y feras.
- À quoi ?
- Au fait qu'elle soit sympa. Depuis qu'elle était revenue à Storybrook, je voulais la rencontrer ... Avec Graham c'était difficile de fuir mais quand maman m'a confié à Archie ... J'ai commencé à sortir le soir en cachette ... Je voulais la revoir et ... essayer de comprendre des trucs.
- Comment est-ce que tu as fait pour que ta mère ne soit pas au courant ?
- J'ai demandé un service à Gold.
- Quoi ?!
Elle avait du mal à croire que derrière ce visage d'ange, l'enfant puisse être aussi malin mais elle oubliait souvent qu'il n'était plus un enfant depuis des années.
- J'ai pas réussi à la voir, sauf ce soir là ...
Au moins cette fois il avait l'honnêteté de sembler un peu honteux de lui même.
- Tu te rends compte des risques que tu prenais ? Des conséquences que ça a eu ? s'emporta-t-elle en tentant de garder la voix basse.
- Je sais. Maman m'a puni. Moi aussi j'ai été interdit de sortie. C'est pour ça que j'ai pu apprendre à connaître Cora.
La chasseuse de primes ne répondit pas, serrant les dents quand la serveuse apporta son dessert à l'enfant. Son regard balaya le reste de la pièce à la recherche de la sorcière et elle crut défaillir quand son regard se posa sur la personne avec laquelle elle était en train de parler. Elle entendit vaguement Henry lui demander si tout allait bien mais son sang battait si fort dans ses tympans qu'elle dut s'accrocher au comptoir du restaurant. Fébrilement elle pinça sa cuisse, fermant plusieurs fois les yeux avant de les rouvrir, sourcils froncés. Les médicaments qu'elle prenait avaient beaucoup d'effet secondaires mais elle doutait qu'ils puissent la faire voir ce genre de choses. Assis à une table devant une assiette d'œuf au bacon, Graham était visiblement en train de se faire remonter les bretelles par la mère de Regina, les yeux baissés et un air contrit sur le visage. C'était pour lui qu'ils s'étaient arrêtés ici, réalisa-t-elle.
- Qu'est-ce ... Qu'est-ce ... Il est ... Il est vivant ? s'entendit-elle bafouiller.
- Maman avait conservé son corps. Elle a utilisé la magie des coeurs de grand mère et de son âme soeur pour le ramener à la vie, répondit Henry sans cacher la fierté de sa voix.
- Son âme soeur ?
- Ruby.
- Oh ... Waw.
Elle resta un long moment immobile les yeux fixés sur l'homme qu'elle avait cru perdu à tout jamais par sa faute. Elle n'avait donc pas rêvé quand elle avait cru l'apercevoir dans les rues de Boston ni quand elle avait senti une présence la surveiller. Aujourd'hui elle avait la preuve que ses hallucinations n'en avaient pas été mais elle ne trouvait toujours aucune explication à sa présence ici ni au fait que Cora soit apparemment en train de le sermonner. Avant qu'elle ait pu y réfléchir ses pieds la menèrent tout droit dans leur direction et elle frissonna en croisant enfin le regard gris qui la transperça l'espace d'un instant avant de la scanner de la tête aux pieds.
- C'était toi, réalisa-t-elle à voix basse.
La veille dans l'état alcoolisé où elle était, elle ne les avait pas reconnus, mais aujourd'hui il lui semblait impossible qu'ils aient appartenu à quelqu'un d'autre. Hier soir Graham l'avait sauvée. Lui avait peut-être même sauvé la vie. La réalisation infusa en elle un nouvel attachement qui la fit intervenir dans la dispute qui avait l'air de tenir place.
- Qu'est-ce qu'il se passe là ?
- Graham ne veut pas rentrer tant qu'il n'en a pas obtenu l'ordre direct.
- L'ordre de qui ?
- Regina, répondit simplement l'intéressé.
- Ma fille n'est pas là et ne reviendra pas avant quelques jours, ne soyez pas borné je ne veux pas avoir à vous forcer.
- Qu'est-ce q...
- Graham ! préféra-t-elle intervenir en le coupant avant qu'une dispute n'éclate dans le restaurant. Est-ce que je peux te voir ... En privé ?
Le chasseur mit quelques secondes à lui répondre d'un signe de tête en se levant. Elle n'attendit pas qu'il ouvre la bouche, tournant les talons pour l'entraîner à sa suite dans les toilettes où il pénétra avec réticence peu après elle.
- Tout va bien Emma ?
- Tout va bien ? répéta-t-elle incrédule.
- Je ...
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- C'est le seul hôtel que j'ai trouvé pas loin de chez toi et qui ressemble un peu au Granny, je ... Je suis dés...
- Tu me suivais ? coupa-t-elle sans attendre ses excuses.
- Oui. Regina ... Regina m'a ordonné de veiller sur toi.
Sa réponse coupa toute forme de remontrance qu'elle avait été sur le point de lui faire. Elle ne savait pas si elle devait rire ou pleurer. A l'idée que Regina ne l'ait pas totalement abandonné, à celle qu'il ait sauvé sa vie la veille au soir ou bien tout simplement au fait de le voir lui même en vie alors qu'elle avait pleuré sa mort. Elle ne réfléchit pas une seconde de plus avant de s'avancer vers l'homme pour le prendre dans ses bras, appréciant l'embrasse qu'il lui rendit bien plus qu'elle n'en avait apprécié depuis des lustres.
- C'est moi qui suis désolée, finit-elle par avouer.
- Pour quoi ?
- Pour ce que je t'ai forcé à faire.
- Tu ne m'as forcé à rien Emma. J'ai prêté serment il y a longtemps, je donnerais ma vie pour la Reine et je le referai encore si elle en avait besoin. C'est comme ça que ça marche.
- Je ... Je te remercie pour elle, fut la seule réponse qu'elle trouva à lui donner. Et si le dernier ordre que tu as reçu de Regina était de me suivre, c'est à Storybrook qu'est ta place désormais.
En face d'elle l'homme resta immobile quelques secondes en donnant la claire impression de ne pas savoir où se mettre et elle se décida pour lui adresser un autre sourire avant d'ouvrir la porte des toilettes.
- Félicitations pour Ruby au fait, reprit-elle en tentant d'ignorer le regard suspicieux de Cora qui l'observait sortir de la pièce exiguë avec le Shérif.
Sur le trajet la fatigue et peut être les émotions l'avaient épuisé au point qu'elle s'endorme, le visage collé contre la vitre froide de la berline. Il faisait nuit lorsqu'elle fut réveillée par la sensation de tomber dans le vide, réalisant au dernier moment que c'était exactement ce qui était en train de se passer. Une poigne de fer la rattrapa au dernier moment et elle ouvrit réellement les yeux sur une paire d'escarpins noirs.
- Vous auriez pu me réveiller autrement, gronda-t-elle.
- C'est vrai, concéda la sorcière.
- Où sommes-nous ?
- Chez vous.
- Storybrook, réalisa-t-elle à voix basse en se relevant pour admirer la bâtisse qui se dressait devant elle.
- Puis-je disposer ? entendit-elle Gold demander derrière elle.
- Le mot magique Rumple ...
- Puis-je disposer, s'il vous plaît ? répéta-t-il docilement les dents serrées.
- Bien sûr mon cher, je suis sûre que votre fils vous attend avec impatience.
La phrase lui fit froncer les sourcils mais elle ne releva pas, la main crispée sur la poignée de son sac de voyage. La dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans cette allée, elle avait eu l'impression de tomber en morceau et pourtant aujourd'hui elle n'était pas sûre d'être en meilleure forme. La porte d'entrée s'ouvrit à leur approche et elle sentit son coeur faire un bond.
- Ce n'est que moi, la rassura Cora. Je vous ai dit qu'elle n'était pas là.
- Elle aurait pu rentrer quand vous étiez à Boston.
- Croyez moi, vous le sauriez si ma fille était dans les parages.
Elle ne répondit pas, se laissant conduire dans la maison qu'elle connaissait comme si elle lui avait appartenue, souriant à la vision qu'offrit Graham lorsqu'il porta Henry dans ses bras jusque dans sa chambre où il fut couvé du regard quelques secondes par sa grand mère. L'intéressée ne mit pas longtemps à capter l'intensité avec laquelle la chasseuse de primes l'observait et tourna les talons en lui souhaitant une bonne nuit. Graham s'excusa peu de temps après et elle se retrouva à nouveau seule dans le couloir familier. Avec une lenteur délibérée elle s'achemina vers la chambre dont elle avait rêvé trop de fois depuis son départ avant de l'ouvrir prudemment.
La pièce n'avait pas changé, aussi impeccable que ce qu'elle l'avait quittée mais elle faillit étouffer un sanglot en remarquant l'immense peluche qui trônait sur un fauteuil où avait été jeté plusieurs écharpes. L'ours qu'elle lui avait offert à la fête foraine. Elle n'aurait jamais cru qu'elle puisse le garder. Un éclat bleu attira son regard dans un coin de la pièce et elle se retourna vivement.
- Sidney !
- Miss Swan ... fut la réponse bien moins gaie que la sienne.
- Vous avez l'air ravi de me revoir.
- Je réserve mon jugement.
- Comment va-t-elle ?
- Comment allez-vous ?
- Mal, répondit-elle simplement.
- Et bien vous avez votre réponse. Bonne nuit Miss Swan.
Elle n'eut pas le temps de lui répondre avant qu'il ne disparaisse, contemplant la possibilité qu'il puisse ou non dormir dans son état "physique" actuel. Son regard tomba sur l'immense lit qu'elle ne quitta pas des yeux lorsqu'elle se déshabilla pour enfiler un tee shirt XXL ciglé d'un groupe de rock qu'elle avait apprécié plus jeune. Elle frissonnait des pieds à la tête lorsqu'elle se glissa sous les draps et la couverture dont l'odeur lui fit réprimer des larmes mais la tête enfouie dans un oreiller en plumes elle n'eut pas besoin de plus de quelques secondes avant de sombrer.
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Elle se réveilla en sueur d'un rêve où elle assistait impuissante au meurtre de la Reine par une foule en colère. Les doigts crispés sur les draps en coton égyptien elle tenta de faire passer l'angoisse qui avait noué son estomac.
- Sidney ! s'entendit-elle demander d'une voix ferme malgré le brouillard dans lequel elle avait encore l'impression d'être plongée.
- Il faut arrêter de croire que je suis à votre ser...
- Montre moi Regina, coupa-t-elle avant qu'il n'ait fini de s'en prendre à elle.
- Je vous demande pardon ?
- Regina, répéta-t-elle en se levant tant bien que mal pour aller se poster devant l'immense miroir qui ornait presque un pan entier du mur au dessus de deux commodes qu'elle savait remplies de produits de beauté.
Le génie sembla la considérer quelques secondes en silence, ses sourcils froncés de réflexion avant de disparaître pour faire place à un décors qu'elle ne connaissait pas. Elle avait beau ne pas connaitre le monde fantastique dans lequel les habitants de Storybrook avaient évolué avant d'y venir, elle aurait mis sa main à couper qu'elle était en train d'assister à une scène qui se déroulait dans la forêt enchantée. Dans le château de Méchante Reine même à en croire les tentures drapées de rouge, noir et or et la figure impressionnante de prestance qui trônait sur un immense fauteuil.
- Je ne vois pas le problème, disait-elle.
- Majesté, ces hommes sont peut être morts à l'heure qu'il est.
- Trouvez-moi leurs cadavres alors.
- Mais j...
L'homme fut incapable de finir sa phrase, les lèvres soudain soudées l'une à l'autre jusqu'à ce qu'il ait l'air suffisamment résigné pour que la sorcière lève le charme.
- Dehors. Demain dernier délai.
- Oui Majesté.
Les hommes prirent retraite et elle observa quelques minutes la brune demeurer silencieuse, apparemment perdue dans ses pensées. Elle n'avait pas l'air en danger et Emma arrêta momentanément de respirer lorsque sa silhouette se déplia pour dévoiler une longue robe moulante d'un bleu nuit éclairé de diamants à ses extrémités. Elle n'avait pas besoin de sa couronne pour faire comprendre aux autres que c'était elle qui commandait, l'air de supériorité qu'elle affichait en tant que Maire de Storybrook désormais accentué par le cadre où elle évoluait et le maquillage beaucoup plus sombre. Inconsciemment la chasseuse de primes se rapprocha du miroir, dévorant du regard celle qu'elle n'avait pas vu depuis ce qui lui semblait une éternité. Ses doigts effleurèrent la surface glacée. Elle aurait tout donné pour pouvoir le traverser mais elle n'avait aucune idée de ce qu'elle pourrait dire à la Reine. Elle allait devoir y réfléchir.
L'image se brouilla l'espace d'un instant et si elle était sur le point de protester, elle se renfrogna quand elle comprit qu'elle suivait la brune qui arpentait un long couloir désert. Au fur et à mesure de ses pas, l'expression de la sorcière s'assombrit jusqu'à ce qu'elle puisse y discerner quelque chose qui ressemblait à de la colère. Son intuition fut confirmée lorsque les deux battants d'une immense porte en bois furent claqués derrière elle avec une force surnaturelle. Les sourcils froncés elle observa son amante arracher le collier en perles qui avait encerclé son cou et se débarrasser de sa robe d'un mouvement de la main qui révéla des sous-vêtements noirs. Elle était en train de se demander pour qui est-ce qu'elle pouvait bien porter des bas et une guêpière porte-jarretelles lorsqu'un bruit derrière elle la fit sursauter.
- Si vous comptez espionner ma fille je vous conseille d'utiliser votre propre magie, pas son génie à qui vous offrez la possibilité de voir tout ce que vous voyez.
- Qu ... Quoi ?! s'écria-t-elle sa honte vite remplacée par de la colère.
- Sidney ! Cessez immédiatement ce manège !
Le nom avait claqué comme un fouet et elle n'eut aucun mal à revoir en elle la femme sans coeur qu'elle pouvait être.
- Mes excuses, le génie eut-il le cran de répondre.
La jeune femme observa jusqu'au dernier instant la silhouette de son amante qui se dissipa en une brume bleutée.
- Henry a exprimé le désir d'aller prendre son petit déjeuner chez Granny. Devons-nous vous attendre ? entendit-elle Cora demander derrière elle.
Dans le miroir elle croisa le regard chargé d'interrogation et se contenta de hocher la tête. Oui, elle viendrait.
Après une bref passage dans la douche qui lui remémora des souvenirs qu'elle aurait voulu garder enfouis un peu plus longtemps, elle enfila une des tenues qu'elle avait pliées dans son sac de voyage pour descendre les escaliers du manoir. Sur le perron Henry totalement absorbé par la contemplation d'un oiseau en vol stationnaire à quelques centimètres de lui.
- Je croyais que c'était Snow qui parlait aux animaux ? se moqua-t-elle en voyant Cora non loin.
- Tout le monde peut avec un peu d'entraînement ... Vous êtes prête ?
- Il me semble.
- Tant mieux.
Cette fois elle garda son sérieux à l'approche de la voiture conduite par Gold, plaisantant durant tout le trajet avec l'enfant qui lui avait manqué réalisait-elle. Elle ne savait pas à quoi s'attendre lorsqu'elle sortit de la berline aux sièges en cuir beige, pénétrant dans le restaurant. Elle qui avait envisagé une éventuelle hostilité de la part des habitants à l'encontre de la sorcière qu'ils n'avaient pas vue en liberté depuis longtemps ne trouva que de l'intérêt avide, des grands yeux ronds où la curiosité se mua parfois en étonnement heureux quand ils remarquèrent la présence de la blonde à ses côtés.
- Emma ?!
Derrière le comptoir la voix de la serveuse la fit tourner sur elle même, anxieuse à l'idée de recevoir une quelconque remontrance mais elle eut à peine le temps de lui adresser un sourire timide avant d'être enveloppée par des bras qui firent craquer sa colonne vertébrale.
- Je suis tellement contente de te voir ...
- Moi aussi Ruby ...
Quand elle avait revu Graham et entendu dire que la louve était son âme sœur, elle avait eu une peur terrible de la réaction qu'aurait son amie. Après tout elle ne lui avait jamais révélé sa mort et encore moins les circonstances dans lesquelles elle était arrivée. Aujourd'hui elle ne savait pas si elle devait considérer sa réaction comme une preuve qu'elle n'avait pas été mise au courant ou bien celle qu'elle lui avait déjà pardonné.
- Tu ne repars plus, n'est-ce pas ?
- Je ...
Elle fut prise de court par cette question pourtant si simple. Non, elle n'avait pas la moindre envie de repartir mais elle savait que la réponse dépendrait uniquement de la réaction de Regina. Comme elle le lui avait répété à plusieurs reprises, elle même décidait de son destin. Le fait qu'on lui ait révélé qu'elles soient âmes sœurs ne changerait rien à sa décision si elle n'avait pas envie de partager sa vie avec elle. Mais ce n'était pas une raison pour qu'elle ne se batte pas pour lui faire accepter ce qu'elles ressentaient l'une pour l'autre.
- Je ferai tout ce qui est en mon possible, finit-elle par promettre.
- J'en doute pas. Est-ce que Cora est digne de confiance ? rajouta-t-elle à voix basse.
- J'en sais rien mais Regina la tient apparemment.
- Ouais, enfin elle, elle tient toujours Gold.
- C'est une autre histoire.
Elle traqua du regard l'intéressé qui les avait suivi à l'extérieur de la Mercedes, souriant à l'allure que lui donnait le costume et la cane. Il rejoignait Belle, réalisa-t-elle en la voyant assise non loin de là à une table mais quelque chose la fit froncer les sourcils.
- C'est qui le gamin dans les bras de Belle ?
- C'est ... Euh ... C'est Neal.
- Quoi ?!
- Euh ouais ... Moi aussi ça m'a un peu choquée mais apparemment il avait besoin d'une seconde jeunesse et Regina l'a pris un peu au pied de la lettre.
- Regina ?
- Qui d'autre ?
- Je sais pas ... Cora ? proposa-t-elle.
- Non, en fait c'est bien moi qui ait lancé le sort mais c'était l'idée de ma fille, clarifia la sorcière qui était venue à leur rencontre.
Un sourire sincère étira ses lèvres à l'idée que Regina ait pu répondre au vœu de Neal de cette manière, certainement parce qu'elle ne l'aimait pas. Gold avait donc l'occasion de recommencer à zéro avec son fils et Belle qui semblait avoir développé un esprit maternel sans problème. Elle ne pouvait pas nier que l'idée d'un Neal transformé en nourrisson lui donnait envie de rire à gorge déployée et l'embarras de l'antiquaire qui ne semblait pas très à l'aise auprès de lui était un à côté que devait certainement apprécier Cora Mills.
- Qui est-ce ? demanda-t-elle lorsque son regard tomba sur deux figures enveloppées dans des capes qui ne ressemblaient en rien à l'apparat des gens de Storybrook.
- Maléfique et une ... amie je crois. Je ne reconnais pas sa signature.
L'éclat brillant de longs cheveux noirs lui fit immédiatement penser à la femme qu'elle avait libérée dans le salon privé d'Ursula et elle profita de l'arrivée d'Henry qui commandait un petit déjeuner monstrueux au comptoir pour se diriger dans leur direction.
- Bonjour, s'annonça-t-elle simplement.
Sous la cape noire en satin brodé elle croisa un regard peuplé d'une myriade de serpents qui s'enroulaient autour d'une pupille rétrécie de suspicion. Mais la femme détourna presque aussitôt le visage, cherchant visiblement un signe ou une instruction de la part de son interlocutrice. La blonde lui adressa un vague signe de la main et la chasseuse de primes fronça les sourcils en apercevant des veines noires courir sous la peau pale.
- Tu peux y aller, l'entendit-elle joindre la parole au geste.
- Je serai à l...
- Je sais.
Elle resta interdite devant leur interaction en se demandant si les deux s'étaient connues avant Storybrook et si oui combien d'histoires il y avait encore que personne n'avait contées.
- Vous êtes amie avec cette femme ? demanda-t-elle une fois qu'elle eut passé le seuil du restaurant.
- C'est un plaisir de vous revoir Emma, répondit-elle à côté.
- Vraiment ? Pourtant c'est à cause de vous que j'étais partie.
- À cause de Cora, s'il vous plaît, ne confondez pas. Je n'ai jamais eu aucune intention de vous causer du tort, sans quoi je l'aurais fait bien avant ... Grâce au coeur de mon dragon, j'étais son ultime arme.
- Comment ça ?
- Se venger de sa fille était la dernière chose qu'elle comptait faire. La séparer de vous en lui faisant croire que vous n'aviez jamais été celle que vous prétendiez être. Quand elle est tombée j'ai obéit à son dernier ordre en vous forçant à partir... La perte d'une âme soeur réveille en certaines personnes des pouvoirs insoupçonnés et tout le monde sait à quel point Cora désirait que sa fille ait du pouvoir ...
- Et ça a marché ?
- Pas vraiment. Elle prévoyait que Regina pense que vous l'aviez trahie. Ce n'est pas le cas.
- Alors pourquoi n'a-t-elle pas réagi quand j'ai été forcée à quitter la ville ?
- Je ne sais pas. Je ne suis plus dans ses bonnes grâces.
Bien que toujours cachée par la cape d'un vert profond qui la couvrait, elle aurait pu jurer que le visage de Maléfique affichait du dédain. Une colère mal contrôlée réchauffa son ventre et lui coupa la faim.
- Vous croyez que vous ne le méritez pas ? gronda-t-elle.
- Cora le méritait, répondit tranquillement son interlocutrice. Je vous ai offert mon coeur ce jour là dans la clairière en espérant que vous arriveriez à vos fins avant qu'elle ne s'en serve pour faire ... le mal.
- Et bien vous n'auriez jamais du le faire ! cracha-t-elle presque.
- Miss Swan ne rejetez pas votre incompétence sur ma tête. Si vous aviez compris plus tôt certaines choses nous n'en serions pas là.
- Vous saviez ? devina-t-elle.
- Que Regina était votre âme soeur ? Bien sûr et ce n'est pas faute d'avoir essayé de vous le faire comprendre même après que vous ayez brisé la malédiction.
- Pardon ?
- Dans la clairière je vous ai lancé une malédiction de mon cru, Regina l'a immédiatement su et elle vous en a tiré ... De la seule manière dont on peut réveiller quelqu'un de ce genre de malédiction mais même là vous n'aviez pas compris !
- Et vous n'auriez pas pu me dire clairement ?
- Non. Non seulement j'avais fait une promesse mais en plus Regina avait placé un puissant sort en nous interdisant à tous d'en parler. Elle ne l'a levé que très récemment d'ailleurs. J'ignore pourquoi.
Elle ne répondit pas. Elle aussi ignorait totalement la raison pour laquelle soudain tout le monde avait semblé au courant de ce qui l'unissait à la Reine. En face d'elle la blonde s'empara de la tasse de thé posée devant elle pour la porter à ses lèvres.
- Qu'est-ce qu'elle vous a fait ?
- Hum ?
- Regina. Cora m'a dit qu'elle s'en était pris à vous.
- Oui.
- C'est pour ça que vous portez une cape ?
- Peut être.
- Votre amie aussi ou est-ce qu'elle le fait par solidarité ?
La suggestion provoqua un petit rire qui l'agaça mais elle attendit patiemment que l'autre soit prête à parler.
- Meduse n'a rien à voir là dedans. Elle porte cette cape parce qu'elle n'aime pas le regard des autres. Je n'avais rien contre ça jusqu'à peu mais ...
La chasseuse de primes se raidit lorsqu'en face d'elle la femme fit tomber sa cape sur ses épaules, saisie par l'envie de détourner la tête. Le contraste étonnant des veines noires et de la peau pale qu'elle avait aperçu sur ses mains s'étendait sur tout son corps à en croire celles qu'elle pouvait voir défigurer son visage. A l'exception du fait que ses traits avaient été déformés par une brûlure qui avait creusé tant et si bien sa peau qu'on pouvait presque y discerner l'os de sa mâchoire à plusieurs endroits. Et si elle fut tentée de plonger son regard dans les perles claires qui lui avait souvent rappelé la couleur des yeux du dragon qu'elle pouvait être, elle avala avec difficulté sa salive en constatant qu'elles n'étaient plus là, laissant place à deux plaies noircies.
- P...Pourquoi est-ce que vous ne vous êtes vous pas guérie ? trouva-t-elle difficilement à dire.
- Parce que je ne peux pas.
- Elle vous a privé de votre magie ?
- Non, mais elle en a utilisé une qui m'empêche de remédier au problème.
Elle aurait voulu dire que le sort était cruel et qu'elle ne méritait pas ce qu'on lui avait fait mais elle n'était pas sûre de ce dont elle aurait été capable à la place de Regina.
- Couvrez-vous, demanda-t-elle à voix basse.
Les lèvres s'étirèrent en un sourire qui tendit la peau au point qu'elle puisse y voir encore un peu plus au travers et elle détourna la tête, son regard tombant sur celui de Cora qui les observait avec intérêt au dessus d'une tasse de café. Elle ne savait pas si elle serait capable de manger après une telle vision mais ce qui la préoccupa plus fut l'expression d'effarement total qu'affichait Henry. Elle n'eut pas besoin de l'interroger pour savoir qu'en dépit de ce qu'il savait de sa mère, faire face aux conséquences de certains de ses actes ne lui plaisait absolument pas. Avant qu'elle ait pu réfléchir à son geste et que l'aspect physique de la sorcière ne la révulse, elle s'empara de la main qui était restée posée sur la table.
- Qu'est-ce...
En face d'elle la femme ne finit pas son exclamation, le souffle coupé par ce qu'elle espérait ne pas être de la douleur. C'était la première fois qu'elle tentait d'utiliser sa magie depuis qu'elle avait ôté le bracelet de cuir qui l'en empêchait mais malgré les appréhensions qu'elle avait eu à utiliser ses sentiments pour Regina pour focaliser ses pouvoirs, sa tentative avait l'air d'être fructueuse. Sous ses doigts la peau devint brûlante mais elle se força à ne lâcher prise que quand la sorcière manifesta son désir de retirer sa main.
- Ça va ? demanda-t-elle au bout d'un moment, luttant contre un vertige d'épuisement et la faim qui lui avait de nouveau donné envie de vomir.
La tête baissée, la sorcière examinait apparemment ses mains mais la capuche qu'elle revêtait l'empêchait encore de voir si elle avait pu faire des miracles ou non. Du coin de l'œil elle aperçut la silhouette de Cora se déplier pour venir à leur rencontre. Elle eut un sourire en croisant l'éclat de deux iris chargés d'une magie verte dans l'obscurité qu'apportait la cape.
- Comment ?
- Quand on veut on peut, répondit-elle simplement.
Maléfique ne répondit pas, le visage désormais levé vers celle qui s'était approchée d'elles et la chasseuse de primes sentit une main se poser sur son épaule. Elle ne savait pas encore comme accueillir ce simple contact. Le personnage de Cora Mills était définitivement quelque chose sur lequel elle allait devoir travailler. À son tour elle chercha à croiser le regard de la brune qui venait de se poster derrière elle et fut surprise de le voir déjà rivé sur elle avec une intensité qu'elle lui avait rarement vu.
Elle était sur le point d'en faire la remarque quand la grand mère d'Henry lui adressa un sourire qui la déstabilisa tant il lui fit penser à Regina.
- Qu'est-ce qu'il y a ? en demanda-t-elle tellement désarçonnée par la surprise.
- Rien du tout. Il n'y a rien. Je croyais que vous deviez prendre votre petit déjeuner avec nous ?
- Euh ... Oui. J'arrive.
- Bien.
La brune tourna les talons, s'éloignant avec autant de légèreté qu'elle était arrivée jusqu'à leur table et elle se demanda encore une fois comment elle allait faire pour la cerner.
- Je vous remercie, entendit-elle Maléfique lui souffler.
- C'est rien. Je sais ... Je sais que ce n'était pas entièrement votre faute. C'est juste dur à accepter.
En face d'elle la sorcière la regarda en silence quelques secondes avant de lui adresser un petit sourire.
- C'est étrange comme vous semblez ne pas en vouloir à la seule personne responsable de ce fiasco.
- Cora ?
- ... Mais après tout il est vrai que des âmes soeurs partagent tout ... Je suppose que ses faiblesses sont également les vôtres.
Elle n'eut pas l'occasion de répondre, observant bouche bée la blonde prendre congé d'elle d'un signe de la tête et sortir du restaurant, un billet de vingt laissé sur sa table.
Emma reporta son regard sur Henry et sa grand mère, tentant de réfléchir à ce qui venait de lui être dit. Elle éprouvait une profonde antipathie pour l'ancienne Reine, une antipathie qu'elle avait fait taire par respect pour la femme qu'elle aimait mais aujourd'hui elle devait se rendre à l'évidence qu'elle aurait eu le droit de se montrer impardonnable avec elle. Au lieu de ça elle avait accepté de la suivre, peut-être parce qu'elle avait fait confiance aux encouragements d'Henry mais qu'elle ait eu un coeur ou non à l'époque des faits, il n'en restait pas moins que ce qu'elle avait fait aurait du la propulser au premier rang de ses ennemis.
Et ce n'était pas le cas.
Si elle avait d'abord éprouvé une colère quasi incontrôlable à son égard quand elle l'avait vu sous son vrai jour, aujourd'hui Cora Mills ne lui inspirait que de la curiosité et elle n'avait aucune idée de la véritable raison. D'ailleurs celle que lui avait donnée Maléfique ne lui convenait pas non plus pour être honnête.
À l'autre bout du restaurant l'intéressée lui adressa un signe de tête pour l'inviter à se lever et les rejoindre et elle eut une grimace en se rendant compte qu'elle y obéissait.
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..
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Le reste de la journée était passée en un tourbillon de rencontres. David et Mary-Margarett dont Cora ne cachait pas son dédain, Archie qui vantait les mérites des universités où il avait pu se rendre pour assister à des conférences, Mulan qui encouragée par Ruby et Belle s'était aventurée à plusieurs reprises dans le "monde réel" sans le préférer à Storybrook et le Docteur Whale qui s'émerveillait sur les progrès scientifiques qu'on lui avait semble-t-il jusque là cachés.
Henry avait été confiée à Kathryn, une amie de Regina qu'Emma n'avait jamais vraiment eu l'occasion de connaître et elle était ainsi restée sous ce qui lui semblait être l'étroite surveillance de Cora au point de lui affirmer à plusieurs reprises qu'elle n'avait aucune intention de fuir.
Finalement elle s'était décidée à retourner dans le manoir, entourée du fantôme de la présence de la femme qu'elle aimait. Elle avait voulu refuser de manger mais avait été forcée par la nouvelle maîtresse des lieux à avaler un potage comme elle n'en avait plus mangé depuis sa dernière grippe avant de filer s'enfermer dans la chambre parentale.
Les yeux rivés sur le plafond moulé, la jeune femme tentait en vain de s'endormir. À plusieurs reprises elle avait tenté d'utiliser sa magie pour obtenir une image de Regina et elle avait été sur le point de redemander son aide à Sidney quand elle s'était rappelée de ce que lui avait appris Cora le matin même. Les poings serrés elle s'était remise au lit, attendant un Morphée qui ne semblait pas vouloir venir. Elle était en train de se demander s'il était possible que les Dieux Grecs aient existé dans une réalité quelconque quand quelque chose vrilla sa colonne vertébrale.
De la magie. Non pas un sort qu'on lui aurait lancé mais la présence d'une magie qui n'avait rien d'avenant dans les alentours.
Elle sauta hors du lit sans avoir besoin d'y réfléchir, des éclairs bleus crépitant déjà au bout de ses doigts lorsqu'elle se posta derrière l'immense fenêtre pour observer les yeux plissés la silhouette enroulée dans une longue cape immobile dans le jardin. Seuls les cheveux longs qu'elle aperçut lui rappelèrent ceux de la sorcière qu'elle avait vu partager une table avec Maléfique plus tôt dans la journée mais avant qu'elle ait eu le temps de s'horrifier sur la scène qui lui donnait froid dans le dos, la forme se mit en mouvement.
- Non non non ... souffla-t-elle contre la vitre qui s'embua.
Brièvement elle envisagea la possibilité d'aller réveiller Cora qui dormait à l'autre bout du couloir mais un vieil orgueil lui rappela que dans une autre vie elle avait été une chasseuse de primes sans peur et elle se contenta d'enfiler une robe de chambre qui ne lui appartenait pas par dessus le tee shirt qu'elle portait.
Ce ne fut pas la peur qui la fit frissonner dans les escaliers mais l'air frais qui venait de s'engouffrer dans le manoir dont quelqu'un venait de forcer la porte. En silence elle descendit les dernières marches, les poings fourmillants d'une magie qu'elle avait presque hâte de pouvoir déchaîner. Les yeux plissés elle repéra la silhouette glisser vers le salon.
- Un geste de plus et je vous brise le cou, s'annonça-t-elle la voix ferme.
- J'ignorais m'être offert les services d'un garde à domicile ...
La main qu'elle avait levée devant elle se crispa et l'adrénaline qui l'avait conduite à descendre de la chambre redoubla lorsque la femme se retourna pour lui faire face. Elle n'était pas prête réalisa-t-elle en faisant glisser son regard des pieds à la tête de la nouvelle venue. Depuis que Cora l'avait tirée de son appartement à Boston elle avait su qu'elle devrait lui faire face tôt ou tard mais n'avait jamais eu le temps de se préparer à ce qu'elle aurait du lui dire. Dans un silence que l'autre ne semblait pas avoir de mal à prolonger, la blonde prit le temps de réfléchir à ce qu'elle était en train de ressentir.
D'accord, elle était perdue. Noyée dans un océan d'appréhension et d'une foule d'autres sentiments sur laquelle elle n'arrivait pas à mettre le doigt. De la peur certainement mêlée à la joie de revoir la femme qu'elle aimait, l'envie de lui sauter dessus sans pouvoir déterminer si elle devait la rouer de coups ou lui faire l'amour. Un éclat fauve illumina brièvement les traits de la brune avant de se précipiter dans la lampe la plus proche pour leur donner un peu plus de lumière. La longue cape en velours noir qui couvrait partiellement une robe d'apparat sortait visiblement tout droit de la garde robe de la méchante Reine et elle dut se faire violence pour chercher une distraction et ignorer le désir viscéral qui était en train de chauffer son ventre.
- De ... Depuis quand est-ce que tu as les cheveux longs ? trouva-t-elle à demander, furieuse contre sa voix trop basse.
- Ça ne te plaît pas ?
La réponse la surprit et malgré elle la jeune femme s'imagina déjà y passer la main. Non, cela ne lui déplaisait pas mais elle avait mille fois plus l'impression de faire face à quelqu'un qu'elle ne reconnaissait pas. Comme si elle avait pu lire dans ses pensées Regina agita une main en l'air, aussitôt entourée d'une fumée violette qui la fit réapparaître dans une simple robe noire, les cheveux effleurant ses épaules.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je suis chez moi Emma ...
- Je croyais que tu avais des choses à faire dans la forêt enchantée.
- Sidney m'a dit que tu étais ici, sembla-t-elle avouer.
- Et ça t'a fait revenir ?
- Oui, répondit-elle simplement sur le ton des gens qui prononcent des évidences.
Cette fois elle était certaine que ce qui rongeait son estomac était de la colère.
- Et tu trouves ça normal ?
- Nor...
- Qu'est-ce qui va pas bien chez toi ? Pourquoi est-ce que tu as laissé Maléfique m'ordonner de partir ?
- Je l'ai su trop tard.
- Trop tard pour quoi ? gronda-t-elle en tentant de garder sa voix à un niveau sonore acceptable. Pour prendre ta voiture et venir me dire la vérité ? Qu'est-ce qui t'en empêchait au lieu de fuir à la première occasion sous prétexte de rendre des coeurs à je ne sais qui ...
- Je ne savais pas où t...
- Menteuse ! Je t'avais amenée dans mon appartement ! Je t'ai appelée, pourquoi est-ce que tu n'as pas décroché ton téléphone ?
- Parce qu'il n'existait pas là où je me trouvais.
- Parce que tu n'avais pas envie d'affronter la réalité !
- Ne dis pas n'importe quoi ...
Quelque part derrière elle un vase explosa mais elle ne fit pas l'effort de calmer sa magie.
- Comment est-ce que tu oses réagir comme ça avec toutes les conneries que tu as faites ?
- Pardon ?
- Non, ya pas de pardon qui tienne Regina ! Fais pas les innocentes !
- Je ne j...
- Et ne me prend pas de haut non plus. Je te l'ai déjà dit, on est pas dans la forêt enchantée où tu peux mener tout le monde par le bout du nez ! Depuis quand tu savais que j'étais ton âme sœur ?
- Je ne vois pas le rapport.
- Le rapport ? Bordel le rapport Regina c'est qu'on s'aime ! On s'aime et toi tu as passé ta vie à pourrir la mienne depuis que je suis ici et apprendre qui j'étais n'a fait qu'empirer les choses au lieu de les améliorer. Tu as travaillé contre moi au lieu de t'allier à moi. On aurait évité la mort de Graham, tout le mal que ta mère a fait et moi ... Moi, tu sais à quel point j'ai souffert ?
- Tu crois que ça a été une partie de plaisir pour moi ?
En toute autre circonstance, elle aurait certainement souri au fait que Regina ne niait pas que les sentiments étaient réciproques, mais le vide total qu'elle avait affronté depuis son départ pour Boston venait soudain d'être comblé d'une colère qu'elle dirigeait entièrement contre la brune.
- Mais moi j'ai rien ! s'emporta-t-elle. Tu as la belle vie, une baraque de fou, un gamin que t'aime plus que tout et ta mère que tu viens de retrouver ! Tu sais ce que j'ai moi ? Un boulot ! Des heures à travailler derrière un écran, à faire des planques en pensant à toi et à courir après des salopards en espérant que je pourrais les taper pour me défouler un peu ... J'ai rien ... Que toi. Et quand on m'a jeté un sort pour me forcer à partir ... La seule personne à laquelle je tenais vraiment n'a pas levé un doigt pour l'empêcher alors que ...
- Alors que quoi ? lui demanda l'intéressée d'une voix qui semblait cassée par les larmes qu'elle retenait.
- Alors que je sais pertinemment à quel point tu es puissante et que tu aurais pu lever le sort bien avant ! Ta mère a claqué des doigts et c'était fait ...
- Emma ...
Pour la première fois depuis le début de leur confrontation, la sorcière sortit de son immobilité pour avancer de quelques pas en sa direction et s'arrêter à quelques centimètres d'elle. Un courant électrique chargea l'air autour d'elle et la Reine inspira brusquement comme si elle s'était retenue de le faire pendant trop longtemps, ses pupilles s'irisant d'une magie argentée où quelques éclats pourpres virevoltaient.
Ce fut elle qui trouva la force de reculer, s'éloignant de la présence écrasante de l'autre pour lutter contre l'envie qu'elle avait de se jeter sur elle.
- On ne choisi pas son âme sœur, entendit-elle soufflé à voix basse. C'est le Destin qui le fait pour nous ... Une notion que je n'ai jamais acceptée et c'est pour ça que je n'ai eu aucun mal à sacrifier cet ... Cet homme pour lancer la malédiction. Je ne voulais pas être forcée à prendre part dans une relation dont je n'avais pas envie.
- Tu n'as pas envie d'être avec moi ?
- Ce n'est pas ce que j'ai dit.
- Essaie ... Essaie d'être honnête avec moi alors, d'accord ?
La brune ne lui répondit pas d'un long moment, une éternité s'écoulant durant laquelle elles se dévisagèrent dans la pénombre de la cuisine.
- J'ai peur.
- De quoi ? demanda-t-elle immédiatement.
- De toi. De nous. De ce que je deviens à ton contact.
- Trop puissante ?
- Trop instable.
- Tu ne peux pas tout contrôler dans la vie Regina.
- Je le sais très bien.
- Regina je ... Je suis prête à te donner du temps et de l'espace si tu veux, mais je te laisserai pas tout gâcher parce que tu refuses d'affronter la réalité. À moins que tu ne m'aimes pas ... Dans ce cas ...
- Non !
La protestation avait fusé, visiblement échappé à la femme qui le regretta immédiatement tournant les talons pour se diriger vers le frigo qui éclaira la pièce d'une lumière blafarde lorsqu'elle en sortit une carafe d'eau. La blonde laissa son regard glisser le long de la silhouette élancée sur des talons aiguilles noirs qu'elle savait qu'elle ne pourrait jamais oublier. Aujourd'hui elle ne pouvait plus remettre en question le fait que Regina et elle soient des âmes sœurs, pourtant la sorcière continuait à affirmer qu'elle s'était sentie la main forcée par le destin.
Un nœud s'empara de son estomac, la figeant comme si elle avait soudain été enracinée au sol en marbre. Et si Regina n'avait pas eu le choix ? Si elle avait subi ce choix du destin sans le désirer autant qu'Emma le désirait ? Après tout, ce n'était pas parce qu'un baiser d'amour véritable brisait une malédiction que l'on était amoureux de l'autre n'est-ce pas ? Comment le Prince aurait-il fait pour sortir la Belle aux bois dormants de son sommeil alors qu'ils ne s'étaient jamais rencontré ? Dans ce cas c'était peut-être leur premier baiser qui avait brisé la malédiction de Regina, pas celui qu'elles avaient échangé à l'hôtel la nuit où la brune lui avait avoué tenir à elle.
- Emma ?
Son prénom lui fit relever la tête, réalisant que sa vision était brouillée de larmes brûlantes. Quand bien même aurait-elle trouvé les mots pour lui répondre, sa mâchoire tremblait trop pour qu'elle eut pu articuler la moindre phrase. Dans ses poings serrés elle sentit clairement un courant électrique grésiller, zébrant l'obscurité de la pièce d'une lueur bleue.
- Emma ? Qu'est-ce qu'il se passe ?
Elle fit un bond lorsque la main de la Reine se posa sur son bras, retrouvant assez de mobilité pour tenter d'échapper au contact dont irradiait une chaleur rassurante qui manqua la faire éclater en sanglot.
- Emma ... Je t'en prie, parle moi.
- Tu ... Tu ne m'aimes pas, n'est-ce pas ? murmura-t-elle d'une voix éteinte. C'est pour ça que tu ne voulais pas entendre parler de cette histoire. Parce que c'est le destin qui m'a mis sur ta route mais que tu ne te serais jamais arrêtée sinon, n'est-ce pas ? Pas comme moi. Tu ... Tu as sauté sur l'occasion quand Maléfique m'a renvoyée à Boston parce que même si ça te faisait mal, tu savais que c'était mieux pour toi. Et moi je ... Je ...
- ... Suis une idiote. Tu es une idiote Emma Swan, ne te permets jamais plus de prononcer des mots comme ceux là.
La main qui s'était posée sur son bras descendit entourer sa taille pour la plaquer contre son corps, l'autre essuyant ses joues trempées. La chasseuse de primes ne réprima pas le frisson qui agita sa colonne vertébrale lorsque leurs fronts se touchèrent.
- Je n'ai pas eu besoin de savoir qui tu étais pour avoir envie de toi. Le destin n'avait rien à voir avec ça au début j'étais très heureuse comme ça. J'ai pris peur en comprenant la profondeur que ça pouvait prendre mais je t'en prie ... Ne crois pas que tes sentiments ne sont pas partagés, c'est f...
- Dis le moi.
- Je ... Te le dire ?
- Oui.
Les doigts fins jouèrent avec quelques mèches de cheveux à la base de son cou avant de l'écarter fermement d'elle pour lui permettre de plonger son regard dans le sien. Les pupilles dilatées par l'obscurité brillaient d'un éclat qu'elle ne leur avait jamais vu mais aucune trace de magie ne coloraient les iris d'ébène.
- Je ... Je suis tombée amoureuse de toi Emma. J'en suis terrifiée mais rien ni personne pourra y changer quoi que ce soit. Je t'interdis de te faire du mal à croire le contraire. Tu crois que j'ai une vie remplie parce que j'ai un métier prenant et un semblant de famille mais j'étais ... désespérément vide quand tu es partie. Je n'arrivais pas à regarder Henry dans les yeux et j'ai fait ce qu'on fait de mieux toutes les deux. J'ai fui. Je t'aime Emma, plus que je ne pourrais jamais te le prouver et je te le répéterai des centaines de fois si tu en as besoin mais je t'en prie ne te mets pas dans des états comme ça à croire le contraire.
Parce qu'elle tentait visiblement de la convaincre, Regina était sur le point de reprendre la parole lorsqu'elle renonça à tout effort, ses bras jusque là ballants sortant de leur immobilité pour enserrer la taille de la brune qu'elle entendit pousser un soupir dans son cou. Quelques secondes elle profita de la sensation qui lui avait manqué au point qu'elle lui semble à présent presque étrangère. L'ambiance chargée d'électricité sembla se figer l'espace d'une seconde avant de se précipiter sur elle lorsque des lèvres se posèrent quelque part sous son oreille.
- Qu'est-ce que tu comptais faire en revenant ici ?
- Me glisser dans le lit et voir comment tu réagirais demain matin, sembla-t-elle avouer.
- J'en aurais certainement pas cru mes yeux.
- Pas l'habitude de retrouver des jeunes femmes dans ton lit ? demanda la brune en faisant glisser sa bouche le long de sa mâchoire.
- Non ! J'ai même pas pu ... coucher avec quelqu'un d'autre depuis que je suis partie.
Le grondement qu'elle entendit poussé contre sa peau lui fit clairement comprendre que l'option contraire aurait profondément dérangé la sorcière et elle n'eut pas l'occasion de lui retourner la question avant que des lèvres pulpeuses ne s'attachent aux siennes avec une douceur presque inhabituelle. Ce fut elle qui approfondit le baiser, tentant d'ignorer le tremblement de ses mains accrochées au tissu de la robe du maire de Storybrook.
Elle n'aurait pas pu décrire le mélange d'émotion qui tourbillonnaient en elle. Le soulagement, la colère, l'amour et le désir quasi incontrôlable qu'elle avait d'à nouveau pouvoir l'entendre crier son nom. Les mains tremblantes, la jeune femme se contenta pourtant de faire courir ses doigts le long de la colonne vertébrale de la brune dont le gémissement lui fit perdre ses moyens. La chasseuse de primes força une jambe à venir s'enrouler autour de ses hanches avec l'intention de la percher sur l'îlot central de la cuisine sans faire cas des divers objets qui implosaient autour d'elles. Elle sentit presque son coeur se briser lorsque son amante s'écarta d'elle.
- Je ne peux pas.
Elle fixa un long moment les yeux sombres aux pupilles dilatées mangées par une magie qui lui donnait un air irréel avant de prononcer le seul mot qui lui vint à l'esprit.
- Pourquoi ?
- Regarde autour de nous ... Je ne contrôle pas ma magie. J'ai besoin de me réhabituer à ta présence.
Emma obéit, balayant du regard la cuisine dont le vernis des meubles était entièrement craquelé, deux grands vases brisés ainsi que la vitre du four. Elle se doutait qu'il aurait bien pu avoir une tornade dans la pièce avant qu'elle s'en rende compte comme à son habitude quand elle était en sa présence.
- Regina ... Quand je suis sortie de ma chambre d'hôpital avant de quitter Storybrook, je suis passée ici et la maison était dévastée. C'est moi qui ait tout arrangé.
- Je sais, j'ai senti ta magie quand je suis revenue.
- Alors à nous deux on devrait bien pouvoir arranger les dégâts qu'on causera non ?
Elle eut honte du ton presque suppliant sur lequel elle venait de faire sa proposition.
- Pas comme ça, pas avec Henry dans la maison et le risque de ...
- Ok, accepta-t-elle simplement l'excuse à moitié formulée. Est-ce que ... Si je vais me recoucher, est-ce que tu viens avec moi ?
- Je veux le côté droit du lit.
Le Shérif ne répondit pas, trop heureuse du sourire qui s'était naturellement dessiné sur ses lèvres. Elle n'était pas sûre du chemin qu'elles auraient à faire ensemble et des embuches qu'elles y trouveraient, mais elle savait déjà que Regina n'aurait aucun mal à la rendre heureuse.
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..
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Elle n'aurait pas su dire combien de temps il lui avait fallu pour s'endormir dans les bras de la brune. Elle avait d'abord cru que sa proximité retrouvée et les événements qui venaient de se produire l'empêcheraient de trouver le sommeil, mais comme pour la faire mentir, elle ne se rappelait même plus du moment où elle avait sombré, un bras fermement accroché autour de la taille de Regina. Dans la nuit elles n'avaient visiblement pas beaucoup bougé à en croire la position dans laquelle elle la retrouva lorsque ses yeux furent agressés par un premier rayon de soleil.
D'un mouvement du poignet la chasseuse de primes commanda aux rideaux qu'elle avait laissés entr'ouverts la veille de se fermer, grinçant des dents au bruit qu'ils firent mais qui ne sembla pas suffisant pour réveiller la Reine à ses côtés. Un sourire aux lèvres elle écarta une mèche de cheveux pour observer le visage qui lui avait tant manqué. Endormie, personne n'aurait pu croire qu'elle puisse devenir une femme volontaire dont un seul regard pliait l'échine de n'importe quel homme. Prudemment elle avança une main pour retracer du bout des doigts la courbe de sa joue, surprise quand le simple geste provoqua des étincelles dorées qu'elle réussit à emprisonner dans son poing avant qu'elles ne s'échappent dans la chambre. Sous sa peau elle sentit la magie réagir à celle qui tenta en vain de se libérer de son emprise quelques instant avant de s'éteindre comme une flamme qu'on aurait privé d'air.
Son regard se rattacha à la femme qui n'avait montré aucun signe de vie à ses côtés, glissant sur les traits de son visage et la cicatrice qui ne parvenait qu'à le rendre encore plus attirant avant de parcourir la courbe de son épaule et de ses seins. Quelques semaines auparavant elle n'aurait pas hésité à soulever les draps pour se glisser au plus près du corps qu'elle avait envie de cambrer de plaisir mais aujourd'hui elle n'était plus certaine d'en avoir l'autorisation.
- Em-ma ...
Son prénom presque gémit lui fit se mordre la lèvre et sortir de sa transe, frappée par un désir qu'elle n'avait pas ressenti depuis la première fois qu'elle l'avait vue.
- Qu'est-ce que tu fais ? Je peux pratiquement sentir ton regard ...
Elle ne répondit pas tout de suite, incapable de trouver sa voix mais réussit à croiser le regard encore sombre de sommeil de la sorcière qui partageait son lit. Il y avait de la confusion dans les pupilles dilatées qui la fixaient, des interrogations qu'elle n'aurait pas su déterminer avec précision mais aucune interdiction. Aucune colère. Les perles d'ébènes suivirent le mouvement de son doigt lorsqu'il se rapprocha d'elle pour effleurer sa joue et ses lèvres.
- Laisse-moi te faire l'amour ...
Sa requête provoqua de nouvelles courbes d'électricité qu'elle chassa du revers de la main. Elle aurait pu sourire de la manifestation physique du désir qu'elle provoquait chez son amante, mais le besoin qu'elle ressentait avait capturé toute son attention.
- S'il te pl...
Elle n'eut pas l'occasion de finir sa phrase qui mourut sur les lèvres de Regina dont le baiser ne ressemblait en rien à celui presque timide qu'elle avait initié la veille. La chasseuse de primes faillit protester lorsque des dents percèrent sa lèvre inférieure avec l'impression de revivre leurs premières entrevues, le souvenir du désir viscéral qu'elle avait toujours eu pour la brune manquant lui faire arracher le seul vêtement que l'intéressée portait sur elle. Les talons de la sorcières caressèrent ses mollets et elle en profita pour s'emparer d'une cuisse qu'elle enroula autour de sa taille.
- Emma, si je perds le contrôle de ma magie ...
- Je serais là. Je serais toujours là.
Quelques instants encore elle maintint le regard de braises qui la fixait avec une appréhension non dissimulée, cherchant à effacer les derniers doutes qu'elle pouvait encore avoir à leur propos. Elle n'était pas sûre de ce qui les attendait, mais comme elle l'avait promis à la Reine, elle ne lui laisserait plus l'occasion de se défiler. Joignant le geste à la pensée, la blonde l'attira un peu plus à elle pour entourer sa silhouette d'un bras possessif, faisant taire l'interrogation qu'elle avait vu naître sur ses lèvres d'un baiser autoritaire.
La jeune femme dompta le désir qui lui criait d'arracher le morceau de tissus satiné qu'elle sentait sous ses doigts et les laissa courir le long des flans de la brune, fronçant les sourcils lorsqu'elle sentit distinctement ses côtes. Comme si elle n'avait pas eu envie qu'elle s'y attarde trop Regina s'empara de sa main pour la guider sur un sein et elle perdit le cours de ses pensées lorsque le mouvement provoqua un nouveau gémissement.
Elle avait presque l'impression de la toucher pour la première fois réalisa-t-elle lorsqu'elle fit rouler la pointe d'un de ses seins entre deux doigts avant de les remplacer par ses lèvres par dessus la chemise de nuit. Des ongles manucurés retracèrent la ligne de sa colonne vertébrale et se fut elle qui gémit lorsqu'elle sentit l'électricité qu'ils y semaient.
- Emma, je ...
- Fais moi confiance.
Regina ne lui répondit pas, l'emprisonnant un peu plus étroitement contre elle lorsqu'elle l'attira pour un baiser que sa position ne l'empêcha pas de dominer. Le vêtement délavé qu'elle portait s'évapora et elle eut presque honte du grondement animal qu'elle poussa lorsqu'elle put sentir le sexe humide de son amante contre sa cuisse, ne perdant pas une seconde pour se détacher des lèvres pulpeuses et tracer un chemin qui s'arrêta brièvement entre ses seins et sur son ventre avant de finir là où elle avait eu envie d'être depuis son réveil.
Quelque chose explosa dans la pièce, le bruit presque masqué par le cri que la brune avait poussé en se cambrant soudain tant et si bien qu'elle dut passer un bras autour de sa taille pour l'empêcher d'échapper à son emprise. Chaque coup de langue qu'elle donnait sur toute la longueur du sexe de son amante provoquait de nouveaux encouragements et elle sourit en sentant une main agripper ses cheveux pour la plaquer un peu plus là où elle était déjà. Elle discerna clairement le bruit d'un miroir qui se brisait quand elle plongea en elle, presque impressionnée par le regard qu'elle croisa emplit d'une magie qu'elle n'y avait uniquement vu lorsque la sorcière était au comble de sa colère.
La main qui la tenait se détacha soudain et elle faillit s'interrompre quand elle se rendit compte qu'elle brûlait d'un feu noir aux éclats dorés. D'instinct, la blonde laissa la main jusque là posée dans le creux du genoux de Regina remonter le long de sa cuisse avant de s'emparer de la sienne pour y éteindre la magie qu'elle sentit la brûler de l'intérieur, parcourut d'un frisson qui n'avait rien de naturel.
Sous elle le corps svelte se cambra un peu plus, un talon se plantant dans son dos et elle fut presque surprise par la possessivité qu'elle sentit l'enflammer, détachant ses lèvres de son sexe trempé pour marquer l'intérieur de sa cuisse à coup de dents.
- Emma !
La protestation mourut en un gémissement lorsqu'elle la pénétra de deux doigts qui glissèrent facilement en elle. Les vas et viens eurent beau être lents, ils semblèrent suffisant pour la mener au bord de l'orgasme à en juger par les muscles étroitement resserrés autour d'elle et les suppliques étouffées dans le coussin en plumes. Autour d'elles, l'air changea brusquement au point qu'elle soit tentée d'arrêter ce qu'elle était en train de faire, empêchée par la brune dont les ongles labourèrent ses cheveux. Incapable de se soucier des conséquences, la jeune femme se vengea en recourbant ses doigts, refermant ses lèvres autour du clitoris de la Reine qui se cambra encore un peu plus. Une main tremblante la tira vers le haut, forcée à adopter un rythme plus soutenu par les hanches qui venaient à la rencontre de ses doigts. L'immense fenêtre de la chambre s'ouvrit à la volée, les vitres se brisant en milles éclats juste avant qu'elle n'étouffe d'un baiser le cri de Regina lorsqu'elle bascula enfin dans un orgasme qu'elle prolongea aussi longtemps qu'elle put.
Parce que la brune ne semblait pas capable de bouger, ce fut elle qui répara les dégâts causés dans la pièce d'un simple mouvement de la main, souriant aux éclats de magie dorée qui refusèrent de s'effacer des murs, les pailletant d'une lueur irréelle la chambre encore plongée dans une relative obscurité.
- Tu n'aimais plus la tapisserie comme elle était ? s'enquit-elle un rire dans la voix.
- Tais-toi.
- Oui Majesté.
Comme d'habitude, le surnom provoqua un grondement sourd juste avant qu'elle ne soit propulsée de son côté du lit, coincée entre le matelas et le corps encore tremblant de son amante qui l'observa quelques instants avec une intensité rare.
- Tu es tellement belle Emma ...
- Moi ? Tu plaisantes non ? Tu t'es vue ?
Sa question fut chassée d'un mouvement agacé de la main qui la fit rire, forçant Regina qui s'était assise sur elle à inverser leurs positions. La brune ne se laissa pas pour autant faire, se redressant assez pour lui faire face, un bras passé autour de son cou pour les lier un peu plus étroitement. Elle qui pensait que la sorcière allait l'embrasser manqua être déçue quand sa bouche atterrit sur sa mâchoire pour tracer un chemin jusqu'au lobe de son oreille qu'elle prit dans sa bouche.
- Ne me quitte plus jamais.
- Ne me laisse plus partir, répondit-elle du tac-o-tac.
Elle ne lui fit pas la promesse qu'elle attendait de sa part, se contentant de lui sourire avec une adoration qui lui serra l'estomac. Le baiser qu'elles échangèrent fut beaucoup plus doux que les précédents. Regina la touchait presque comme on aurait caressé un animal sauvage ou une poupée en porcelaine, habité par la peur de la casser. Pourtant elle n'eut pas besoin de plus de quelques secondes pour mettre le feu à chaque centimètre carré de sa peau, son sang tant chauffé par le désir qu'elle avait l'impression d'être sur le point de s'enflammer, sentant distinctement chaque battement effréné de son coeur jusque dans son sexe.
- Oh mon dieu ... s'entendit-elle gémir dans le cou de la sorcière lorsqu'elle la pénétra enfin.
- Dieu n'a rien à voir là dedans.
La voix rauque raisonnait en elle comme un nouveau sort qu'on lui aurait jeté et à en juger par le petit sourire que l'autre lui adressait, elle en était tout à fait consciente. Chaque vas et viens l'emplissait un peu plus d'une tension qui la fit trembler, une magie qu'elle sentait presque grésiller sous sa peau.
- Regarde moi.
Elle dut faire un effort considérable pour obéir et détacher son visage du creux du cou où il s'était niché, aidée par une main qui avait agrippé la base de sa nuque. Les yeux rivés dans les perles d'ébènes qui la dévoraient, elle dut lutter pour ne pas désobéir quand un doigt s'ajouta aux deux autres qui étaient déjà en elle pour continuer la lente torture que Regina avait visiblement décidé de lui faire subir. En face d'elle les pupilles s'illuminèrent d'une magie mal contrôlée et ce fut elle qui craqua la première en se précipitant sur les lèvres pulpeuses.
Ajoutant de la force à ses mouvements, la Reine se fit un plaisir d'étouffer ses cris dans un baiser qu'elle maintint beaucoup plus doux que le désir qu'elle sentait palpiter entre elles. La main toujours emmêlée dans ses cheveux la força à s'écarter et offrir son cou à des dents qui la marquèrent avec application. Emma profita de son inattention pour serrer un peu plus le corps halé entre ses cuisses et accélérer les vas et viens qui la firent gémir de plus belle. Contre sa peau la brune émit un grondement de désaccord sans pour autant l'empêcher de continuer ce qu'elle était en train de faire.
- Tu ne peux pas t'empêcher de n'en faire qu'à ta tête hein ? l'entendit-elle souffler dans son oreille.
Elle allait tenter d'aligner quelques mots pour former une phrase cohérente quand le pouce de son amante alla s'écraser sur son clitoris et entamer des mouvements circulaires. Cette fois ces cris ne furent pas étouffés. Tel une vague de magie, elle avait sentit son orgasme soudain réchauffer son ventre avant d'y exploser, court-circuitant tous ses muscles qui tremblèrent longtemps après que les deux amantes se soient arrêtées de bouger.
- Je t'aime Emma Swan. Je veux être la seule à pouvoir faire ça.
Les mots presque couverts par leurs respirations haletantes malgré le fait qu'ils aient été murmurés dans son oreille la firent à nouveau frissonner. Evidement qu'elle serait la seule. Elle ne survivrait même pas une autre rupture, elle en était persuadée. Regina était son âme soeur parce qu'elle lui avait volé la sienne à l'instant où elle avait posé les yeux sur elle.
- Moi aussi ... Moi aussi je t'aime, répondit-elle simplement, incapable de déterminer si de grands aveux étaient de rigueur ou non.
Son estomac choisit cet instant pour protester du manque d'attention qu'on lui avait accordé, faisant rire la brune qui se dégagea de l'amas de draps froissés après avoir déposé un baiser sur son nez.
- Douche et petit déjeuner ?
- Ça me va.
Plaquée contre la paroi glacée de la douche elle oublia momentanément sa faim, le prénom de la Reine, l'unique mot qu'elle parvint à articuler les yeux rivés dans ceux de la femme qui la fixait agenouillée devant elle jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus tenir sur ses jambes flageolantes. Le sourire aux lèvres elle resta quelques minutes de plus qu'elle sous le jet d'eau brûlante, tirée de l'immense salle de bains par les protestations de son estomac. Glissée dans un bas de jogging gris et un pull noir en flanelle qu'elle avait trouvé dans les tiroirs de la propriétaire du manoir, elle descendit les escaliers sur la pointe des pieds.
- ... rien de ce monde !
- Oh mon dieu Regina, arrête de me traiter comme si j'étais une enfant !
- Mon fils en sait plus que toi !
- Une chance qu'il ait été avec moi alors ! Et puis je suis de retour. Avec ton Emma. L'histoire est close.
- Non pas du tout ! Si tu crois que je vais te laisser saborder mon autorité aupr...
- Tu délires chérie. Ce n'est pas dans mon intention. En revanche tu es en train de saborder ton petit déjeuner.
- Je del...
- Bonjour ! choisit-elle d'interrompre en entrant dans la pièce.
Assise à la grande table du salon, Cora ne leva pas les yeux du journal qu'elle était en train de lire, lui adressant un simple salut de la main qui aurait pu la faire sourire s'il n'était pas venu d'elle. À quelques pas d'elle Regina se tenait les poings sur les hanches, un air encore revêche peint sur le visage.
- Où est Henry ?
- Dehors avec des amis, répondit la plus âgée d'un ton détaché. Regina, ta pâte est en train de brûler.
L'intéressée émit un grondement qu'elle entendit depuis là où elle se tenait, ses pupilles se teintant visiblement d'argent avant qu'elle ne choisisse de tourner les talons pour se diriger vers la cuisine où la chasseuse de primes la suivit.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle à voix basse.
- Il se passe que j'ai l'impression de devoir élever un enfant sans jugeote ! lui répondit la brune sans prendre la peine de parler doucement en s'emparant de la poêle pour en vider le contenu brûlé dans la poubelle.
Elle allait répondre quand l'odeur parvint à son nez, la figeant un instant avant que le spasme ne retourne son estomac dont elle vida le faible contenu dans l'évier qui se trouvait heureusement sur son chemin.
- Emma ? Tout va bien ?
Elle sentit ses cheveux être tirés en une queue de cheval qui s'attacha toute seule sur le haut de sa tête mais le vertige qui la forçait à se tenir fermement au rebord du comptoir l'empêcha de manifester sa gratitude. Elle se sentit tournée sur elle même, ouvrant les yeux pour croiser le regard inquiet de son amante.
- Ça va, répondit-elle finalement.
- Non, visiblement ça ne va pas Emma.
Elle ne lutta pas contre la magie qu'elle sentit s'insinuer en elle, des doigts effleurant le tissu de ses vêtements d'une chaleur qui manqua la brûler lorsqu'elle atteint son ventre qui se tordit à nouveau sans pour autant lui donner une nouvelle fois envie de vomir.
- Oh mon dieu ...
L'inquiétude avait soudain fait place à une émotion qu'elle savait qu'elle détestait voir portée par la sorcière malgré le peu de fois où elle l'avait pu l'apercevoir. La trahison. Le choc et l'incompréhension.
- Qu'est-ce ...
Les perles d'ébènes étaient restées fixées sur son ventre et par acquis de conscience elle y passa une main sans pourtant remarquer quoi que ce soit d'inhabituel.
- Regina ? tenta-t-elle à nouveau quand elle n'obtint aucune réponse.
L'intéressée sembla sortir de sa transe, levant une main en l'air comme pour lui demander de lui accorder quelques secondes avant de secouer la tête ayant visiblement changé d'avis.
- Regina ? insista-t-elle lorsqu'elle lui tourna le dos pour se diriger vers le salon. Regina !
Son corps s'élança mais la main qu'elle avait avancée pour attraper le bras de la sorcière se referma sur une fumée d'un violet profond et elle resta quelques secondes immobile, la bouche encore entrouverte par la surprise. Dans le salon Cora avait cessé de lire son journal, les yeux désormais fixés aux siens quand ils se trouvèrent et elle manqua exploser de colère quand elle discerna son sourire en coin.
- Qu'est-ce qu'il y a ? aboya-t-elle.
- Rien. Rien Emma. Ne vous inquiétez pas pour ma fille, elle ne sait pas encore que le bébé est d'elle.
- Pardon ? Le ... Le quoi ?!
Solveig5, cette fin de chapitre était pour toi ;) Suite & fin au prochain épisode les amis !
