Voilà le 25e chapitre :) Merci à seamea pour son commentaire!
Aussi, puisque le prochain chapitre n'est que le 27, joyeux Noël à ceux et celles qui le font :)
-Donc... ils sortent ensemble ?
-Pourquoi tu ne vas pas leur demander ? Ça irait plus vite, lança Augustus à côté de lui.
Les éclats des voix des dizaines d'élèves qui l'entouraient parvenaient à ses oreilles sans que cela ne semble déranger Scorpius. Les sourcils légèrement froncés, son regard était rivé à l'autre bout de la Grande Salle, où étaient assis Albus, Anson et Phebe.
-Non, protesta Scorpius. On ne se parle plus, au cas où tu aurais manqué ça.
-Oui, et tu devrais remédier à ça, d'ailleurs, fit Augustus. Phebe est cool, elle me manque. Et Anson aussi.
-Je n'ai pas dit que toi tu ne devais pas leur parler, raisonna Scorpius, sans défroncer les sourcils ni lui accorder un regard.
-Tu plaisantes ? lança Augustus. L'autre jour, j'ai prêté de l'encre à Phebe et j'ai cru que tu allais me lancer un stupéfix. J'ai choisi ton côté et je veux y rester, mais... ce serait plus facile si tu étais moins... rancunier.
-Moi ? répéta Scorpius, incrédule, en se tournant vers lui cette fois. Rancunier ? C'est n'importe quoi.
Il entendit Rose, qui était assis à côté d'eux, rire doucement sans relever les yeux de son manuel. Scorpius la fusilla du regard.
-Et puis... lorsque tu parles d'Albus, c'est presque comme si tu voulais prouver que vous n'aviez jamais vraiment été ami – même lorsque personne ne parle de lui ! protesta Augustus.
-Tu plaisantes ? coupa Scorpius. Je ne l'insulte jamais...
-... tu es passif-agressif...
-Non, intervint Scorpius, une seconde fois. Je ne suis jamais passif-agressif, moi, contrairement à certaines personnes.
Il faisait référence à Albus, encore une fois. Car s'il était sûr qu'Albus ne voulait pas lui parler, Scorpius se doutait bien que ce n'était pas le cas avec Anson et Phebe, vu le nombre de fois où ils les regardaient, eux aussi.
-Quoiqu'il en soit... s'ils se sont bien embrassés au bal, comme vous m'avez dit... souffla Augustus. Oui, ils sortent ensemble.
-Pas forcément, intervint alors Rose.
-Pour quelle autre raison tu embrasserais quelqu'un, toi ?
-Je ne sais pas, répondit Rose. C'était peut-être... qu'une seule fois. Enfin, peut-être que ça ne voulait rien dire.
Scorpius haussa les épaules en laissant échapper un grognement. Peut-être qu'elle avait raison. Dans tous les cas, voir Albus et Phebe ensemble – rien que supposer qu'ils puissent être en couple – ça lui retourner l'estomac, pour une raison qui lui échappait. C'était juste que... il ne voyait pas pourquoi ils devraient être ensemble, c'est tout.
-Ton père est au courant que vous ne vous parlez plus ? demanda alors Rose.
-Bien sûr, souffla Scorpius. Je lui ai tout dit par lettres.
-Qu'est ce qu'il en pense ?
Scorpius s'arrêta, prit une profonde inspiration.
-Pas grand chose, soupira-t-il. C'était pas vraiment lui qui me donnait des conseils, avant. C'était plus... ma mère.
-Je vois, dit alors Rose, le souffle court.
Sa voix s'éteignit, et ils restèrent silencieux quelques instants encore. C'était une matinée difficile, Scorpius le sentait, et il allait avoir du mal à suivre ses cours.
-On devrait aller en métamorphose, lui dit alors Augustus, en se redressant. Ou alors, Mrs. Bronte va encore nous enlever des points.
Scorpius l'imita, jetant son sac sur ses épaules, et le suivant alors qu'ils quittaient la Grande Salle. Le cour de métamorphose, qu'ils partageaient avec les Serdaigle, avait lieu à l'autre bout du château, et déjà, les couloirs étaient emplis d'élèves.
-Augustus ! souffla une petite voix, tandis que Scorpius entendait des bruits de pas derrière eux.
-Non, protesta celui-ci, la voix traînante. Margret, va-t'en. Je dois aller en cours.
Il ne s'arrêta pas alors que la silhouette de sa petite sœur, nettement plus petite qu'eux, le blason bleu de Serdaigle sur son uniforme, apparaissait face à Augustus. Margret Purcell n'avait pas hérité de la taille de son frère ou de sa mère, mais avait le même regard éveillé, la même peau sombre, et de ce que Scorpius en avait vu, le même air intimidant que Mrs. Purcell.
-Bonjour, Scorpius, fit-elle tout bas, sur un air un peu timide, avant de se retourner vers son frère. Je me demandais juste si tu pouvais rester à Poudlard pour les vacances...
-Et pourquoi je ferais ça ? rétorqua Augustus.
Sa sœur leva les sourcils, sembla réfléchir quelques secondes.
-Par gentillesse, peut-être ? tenta-t-elle.
-Hors de question, reprit Augustu, sur un ton plus dur. Tu vas rester au château.
-Je vais envoyer un hibou à maman, menaça sa sœur en s'arrêtant derrière eux.
-Très bien, fait ça, lui lança son frère en poursuivant sa route.
Il poussa un soupir alors qu'ils entraient dans la cour de métamorphose, pas loin de la salle de classe.
-Dis-moi que vous n'avez pas le même type de relation qu'Albus et son frère, fit Scorpius au bout d'un moment. J'ai assez donné.
-Scorpius, le coupa sèchement son ami. Je te promets que si tu mentionnes encore une fois le nom d'Albus, je te traîne dans la salle commune de Serpentard pour te forcer à lui parler.
Enfin, ils arrivèrent face aux portes de la salle de métamorphose, et s'adossèrent au mur de pierre. Si Scorpius en croyait sa montre, le cour ne commencerait pas avant au moins cinq minutes – Mrs. Bronte était souvent en retard.
-Sinon, souffla Augustus, en tournant ses yeux vers lui. Rose et toi ?
-Rose et moi ? répéta Scorpius. Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
-Je ne sais pas, fit innocemment Augustus. Tu as l'air de penser que vu que Phebe et Albus sont allés au bal ensemble, ils sont en couple, mais... tu y es allé avec Rose, toi.
-Ce n'est pas pareil, protesta Scorpius. Je n'ai pas embrassé Rose, moi...
-Et c'est reparti, soupira Augustus. C'est pas croyable, Scorpius. Je vais finir par penser que tu es amoureux de Phebe.
Scorpius se raidit, alors qu'il sentait son cœur s'emballait. Lui... amoureux de Phebe... c'était... ridicule.
-Quoi ? articula-t-il avec le peu de souffle qui lui restait. Pourquoi je... qu'est ce qui te fait penser ça ?
-Tu as plutôt l'air d'être jaloux d'Albus, si tu veux mon avis, ajouta Augustus.
Scorpius laissa échapper un rire nerveux, détourna son regard du sien. Enfin, il prit une profonde inspiration, et se mit à réfléchir. Autour d'eux, les élèves de leur classe commençaient à affluer.
-Enfin... c'est vrai que Rose est sympa, admit-il. Elle est très jolie, aussi. Et drôle. Et elle est plus proche que moi que Albus, par exemple.
-Arrête, Scorpius, le coupa Augustus. Toi et Albus, vous étiez meilleurs amis – tu ne penses quand même pas que votre amitié va disparaître comme ça ?
Mais ils avaient déjà fait le tour de cette conversation des centaines de fois à présent, envisageant une manière ou une autre de retirer le problème – et Scorpius commençait à s'en lasser. Une nouvelle fois, il poussa un soupir.
-Je te l'ai déjà dit, Augustus, fit-il enfin. Ce n'est pas à moi d'aller parler à Albus, mais à lui de venir me voir. Ce n'est pas moi qui a fait une erreur.
-Et donc... reprit son ami. Tu penses que parler de lui tous les jours, en bien comme en mal, va lui donner envie d'aller te parler ?
Mais Scorpius voyait se profiler la silhouette de Phebe, pas loin, qui approchait, entourée des autres filles de Poufsouffle Freida Steen et Lina Robson – et sa voix se tut.
-On verra plus tard, Augustus, dit-il alors d'une voix plate.
Et la conversation s'arrêta là. En même temps que les derniers élèves arrivaient, et que Mrs. Bronte devait être en route vers la salle de classe, à son tour, Scorpius ne pouvait détourner ses pensées d'Albus, d'Albus et de Phebe, et de l'idée qu'ils pouvaient être en couple.
oOo
Les cours d'arithmancie n'avaient jamais été aussi ennuyeux que depuis que Scorpius ne parlait plus à Albus, et sa tête reposant sur sa main, ses sens tout de mêmes alertes face à la possibilité d'une interruption de sa professeure, Scorpius tachait de somnoler sans attarder l'attention sur lui, tout en s'assurant de suivre un minimum le monologue de Mrs. Vector.
À côté de lui, il sentait la présence d'Albus qui, à défaut de suivre ou de dormir, c'était encore une fois réfugié dans ses petits dessins habituels, dans le coin de son bout de parchemin, qui n'était qu'à peine traversé de notes. Sous ce parchemin, un épais tas de feuilles, retenu que grossièrement par une ficelle, constituait un support pour ses dessins, et laissait apercevoir ses notes – des Optimal, des Efforts Exceptionnels, au moins.
Scorpius se surprit à se réjouir pour lui. Rose les avait averti pendant des mois que l'arithmancie était une des branches les plus complexes de la magie, et pourtant, Albus n'avait jamais eu d'aussi bonnes notes. Peut-être que son cerveau était plus pratique, plus mathématique, que théorique, comme la plupart des cours enseignés à Poudlard étaient. Scorpius n'aurait jamais cru que tout ça lui manquerait – les dessins qu'Albus dessinait à l'encre noire lorsqu'il s'ennuyait, la manière dont il semblait ne pas se soucier un seul moment de ce que ses professeurs racontaient, et même sa présence, à côté de lui, alors qu'ils n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Ces moments, les cours d'arithmancie, étaient devenus les pires de la semaine, car c'était là que Scorpius était saisi de regrets.
Car Albus lui manquait horriblement et il ne savait pas s'il pouvait tenir comme ça encore longtemps. Poussant un soupir, Scorpius abandonna sa plume, qui n'avait pas touché le parchemin depuis une dizaine de minutes maintenant, ainsi que ses espoirs d'obtenir une bonne note à son prochain contrôle. Il se redressa, s'étira quelques instants pour oublier son ennui, et s'immobilisa. La peur, une sorte d'inquiétude si poussée qu'elle lui retournait l'estomac, l'avait saisi, et Scorpius tenta de dissiper cette angoisse en toussotant – ce qui n'eut pour effet que de ne le gêner encore plus.
-Donc, fit-il d'une voix un peu cassée, après avoir trouvé la force d'articuler ces paroles. Tu sors avec Phebe ?
Lentement, il vit Albus poser sa plume sur la table, et se redresser, sans pour autant oser croiser son regard au sien, malgré tous les efforts de Scorpius.
-Pourquoi ça t'intéresses ? demanda-t-il alors, d'un ton dénué de douceur.
-Très bien, souffla Scorpius, en laissant échapper un rire nerveux. Je vois.
Et sa voix s'éteignit, rejoignant les bruits de la pluie qui s'abattait de plus en plus forts contre les carreaux, les murmures presque silencieux de ses camarades de classe, et la voix, plus perçante, presque pointue, de sa professeure. Scorpius resta silencieux, et immobile, surtout, sentant la chaleur qui émanait du bras d'Albus, sa présence et tout le poids qu'il apportait sur la table il pouvait presque discerner la respiration à laquelle il s'était habitué les deux années précédentes malgré le charivari qu'étaient tous les sons présents dans la salle – mais pas l'espace d'un instant, tandis qu'il sentait l'angoisse, le poids des possibilités peser sur ses épaules pas l'espace d'un instant, il ne rouvrit la bouche, ne laissa un son passer ses lèvres, ou ne fit un geste en sa direction.
Il aurait dû. Scorpius savait qu'il aurait dû, et savoir qu'il était trop lâche pour ne serait-ce que témoigner de la sympathie pour Albus, lui donner envie de vomir, frapper un mur, briser un miroir. Il était fatigué. Il en avait marre de tout ça.
Mais il ne fit rien, et le cours s'acheva dans le même silence que les cours précédents, de la même manière qu'il avait commencé. Et à peine la cloche avait-elle sonné qu'Albus s'était déjà évaporé auprès d'Anson, prenant la direction du cours d'histoire de la magie – Scorpius se rappelait qu'après l'arithmancie, les Serpentard avaient histoire de la magie.
Et il fit de même, jetant son sac sur ses épaules, et quittant la salle de classe en même temps que tous les autres élèves, s'éloignant dans la direction de la Bibliothèque alors qu'il devinait Albus et Anson prendre le chemin inverse. Et aussitôt, il le regretta. Traverser le château – et encore pire, traverser le château seul – était devenu de plus en plus dur au fil des années. Au tout début, il n'avait rien remarqué, c'est vrai. Et puis, au début de la deuxième année, les murmures, les regards qu'on lui accordait, s'étaient révélés plus pesants, plus lourds que Scorpius ne l'avait pensé au premier abord. C'était les murmures qui pouvaient être interprétés d'une manière ou d'une autre, bien que le plus couramment, c'était à propos de son père. Son père le Mangemort. Avant, c'était difficile, maintenant, Scorpius était presque sûr que s'il entendait ça, il sortirait aussitôt sa baguette. Quoiqu'il en soit, lorsqu'il était avec Rose, ou Augustus, ou n'importe qui, il n'y prêtait pas attention – car ça n'en valait pas la peine.
Mais cette année, beaucoup de choses avaient changé. Déjà, la mort (et il pensa ce mot avec un nœud dans la gorge) de sa mère. Depuis, la maison était triste, terne, mais ce que Scorpius n'avait pas envisagé, c'était comment ça allait être à l'école. Car désormais, les murmures et les regards étaient différents, et il était presque certain que le sujet était le même lui, son père le Mangemort, et sa mère morte. Oui, tout ça. Et il en était fatigué, aussi.
C'était une traversée très difficile et la Bibliothèque était à l'autre bout du château, aussi.
-C'est pas Scorpius Malefoy ? entendit-il alors qu'il venait de passer devant un groupe de Gryffondor plus âgés, alors qu'il tressaillait à l'entente de son nom, mais qu'il s'efforçait de continuer sa route malgré tout.
-Si, répondit un autre, sur un air plus amusé. Honnêtement, je suis étonné qu'on ait laissé des Mangemorts se marier et avoir des enfants. Ces gens-là, on aurait mieux fait de les tuer juste après la guerre.
Scorpius sentit ses épaules se raidirent il avait parlé juste assez fort pour que lui – et sûrement toutes les personnes autour d'eux – aient pu l'entendre, et il sentit un mélange de colère et de honte l'envahir alors qu'il entendait le rire, si lent, si fort, pourtant, de l'élève derrière lui. Il entendait leurs bruits de pas, dans son dos, qui le suivaient sans vraiment prêter attention à lui ou au fait qu'il pouvait les entendre – presque comme si Scorpius interrompait une conversation privée.
-Arrête, souffla alors une fille, le poussant à se taire malgré le ton amusé de sa voix, et le garçon cessa assez vite de rire. Il t'a peut-être entendu.
-On s'en fiche, rétorqua son ami.
Scorpius entendait son sang battre à ses oreilles alors que ses jambes se faisaient de plus en plus lourdes il marchait en direction de la porte donnant sur la cage d'escalier, se mordant la lèvre comme pour s'empêcher de réagir, s'empêcher de parler, ou de faire quoique ce soit qui pourrait le trahir.
-C'est pas vrai, Eddie, fit un autre garçon, un sourire se lisant dans ses paroles. Tu penses qu'il nous a entendu ?
Scorpius entendit les bruits de pas se rapprocher, se faire plus fort, et plus vite qu'il ne l'aurait pensé, il sentit la présence d'un des garçons de Gryffondor dans son dos.
-Hé, petit, appela-t-il, malgré le fait que Scorpius était en troisième année, et qu'il protestait le fait qu'on l'appelle 'petit', maintenant. Tu nous as entendu – hé !
Il posa sa main sur son épaule, et ce geste suffit à Scorpius pour le faire s'immobiliser. Il s'arrêta, ayant à la fois trop chaud et trop froid, et se retourna vers lui. Il était beaucoup plus grand que lui, avait un visage long, des cheveux blonds qui lui tombaient sur les épaules, et lui et son groupe d'amis lui faisait face et tout de suite, Scorpius se sentit intimidé. Mais aucune remarque ne ressortit, personne ne lui adressa la parole, et, au bout d'un moment, il vit un grand sourire se dessiner sur un des visages qui l'entouraient.
-Fais attention, Bill, souffla alors un autre garçon. Il va peut-être te lancer un sortilège Doloris.
Scorpius entendit un nouveau rire, alors que sa gorge se serrer. Enfin, la même fille que tout à l'heure, et la seule du groupe, prit un air sérieux pendant quelques secondes.
-Allez, les garçons, reprit-elle, malgré le sourire qui était également présent à ses lèvres, et le rire qu'elle luttait pour retenir. On a un cours de botanique.
-C'est bon, coupa le premier garçon en riant. On s'amuse...
-Scorpius ?
Celui-ci s'arrêta, et prit une profonde inspiration, fermant les yeux, alors que cette voix amie résonnait à ses oreilles. Il se retourna, en même temps que le groupe de Gryffondor. Dominique Weasley, son sac noir aux multiples lanières de cuir sur ses épaules, tenu par ses bras cerclés d'une dizaines d'épais bracelets colorés, ses cheveux teints en un blond encore plus blond que celui de Scorpius, s'avançait vers eux. D'un air calme, confiant, elle arriva au niveau des Gryffondors, et traversa leur groupe sans sourciller. Scorpius avait entendu dire qu'elle avait un peu de sang de vélane dans les veines, mais si ça avait été le cas, il ne l'aurait pas su avant aujourd'hui. Elle s'arrêta à côté de lui et, passant son bras autour de ses épaules, se retournant vers les élèves plus âgés, plus grands qu'elle aussi.
-Justement, je te cherchais, pour aller à la volière, dit-elle à l'attention de Scorpius. À moins que... désolé, j'avais pas vu que tu étais occupé. Qu'est ce que vous faites ?
-Rien, répondit sur un air hésitant le garçon de Gryffondor, après un coup d'œil échangé avec ses amis. On était simplement en train de s'amuser. Pas vrai, Scorpius ?
Celui-ci ne répondit pas déjà, le fait que ce type savait comment il s'appelait alors qu'il n'avait pas la moindre idée de qui il pouvait être le déranger. Il sentit Dominique resserrer son étreinte et réduire l'espace qui les séparait, à côté de lui.
-Je suis sûre que vous pouvez vous amuser ailleurs, fit-elle alors, avec un sourire plus que forcé, et d'une voix forte. Au moins, vous ne ferez perdre votre temps à personne.
Scorpius vit le groupe d'élèves perdre son expression amusé, et se remettre en route le long du couloir, tandis que Dominique l'entraînait d'un autre côté.
-Bientôt, on ne pourra plus rire de rien, entendit-il un d'entre eux se plaindre, alors qu'ils s'éloignaient.
Mais Scorpius ne se souciait plus de ça. Dominique l'avait lâché, à présent, et ils entraient dans un escalier moins fréquenté, plus calme, tandis qu'il reprenait une respiration normale.
-C'est n'importe quoi, dit-elle au bout d'un moment. Les Gryffondor sont les pires. Enfin... les Serdaigle, Serpentard et Poufsouffle peuvent être horribles, mais... les Gryffondor sont vraiment les pires. Tu devrais aller le dire à McGonagall.
Scorpius, qui n'avait pas ouvert la bouche du trajet, tiqua aussitôt. Le dire à McGonagall ? Il ne voulait pas attirer l'attention sur lui. Imaginons que ces élèves apprenaient qu'il les ait balancé à McGonagall... ils le lui feraient payer. Scorpius connaissait les gens comme ça.
-Quoi ? balbutia-t-il. Non ! Ce... ce n'est pas grave.
-Ce n'est pas grave ? répéta Dominique. Tu as entendu comme moi ce qu'ils ont dit ?
Elle s'arrêta en un soupir. Ils arrivaient au deuxième étage, là où se trouvait la Bibliothèque, route qu'ils avaient prise sans s'en apercevoir.
-Enfin, reprit-elle. Promets-moi que si ça recommence... tu iras le dire à McGonagall – ou alors, je vais devoir les stupéfixer moi-même.
-Dominique... souffla Scorpius, se sentant dépasser par les événements, alors qu'ils se retrouvaient encore une fois dans une foule d'élèves.
-Pardon, soupira celle-ci, en baissant les yeux d'un air désolé, se grattant la tête d'un air pensif, en un tintement métallique dû à ses bracelets. C'est juste que... j'ai vu ce genre de trucs, en primaire... et je n'ai pas envie de revoir du harcèlement. Pas à Poudlard.
Ce mot résonna étrangement aux oreilles de Scorpius. Harcèlement. Il n'avait jamais pensé que ce mot pouvait prendre ce sens, que ce qu'il venait de vivre pouvait s'en rapprocher même un petit peu, mais il se tenait debout au milieu du couloir, ne sentait pas ses jambes, avait la tête qui tournait encore à cause de ce qui venait de se passer, et Dominique était face à lui. Elle avait vraiment l'air de savoir de quoi elle parlait. Elle était un peu intimidante, maintenant qu'il y repensait.
-Merci, souffla-t-il alors.
-C'est normal, assura-t-elle en lui adressant un sourire.
-Hum... je suppose que tu n'avais pas vraiment prévu d'aller à la volière, dit Scorpius, alors qu'elle esquissait un geste pour tourner les talons.
-Pas vraiment, avoua-t-elle avec un petit rire.
Et Scorpius la vit s'éloigner dans la foule, se mêler aux élèves qui circulaient dans le couloir, alors qu'il devinait Augustus à quelques mètres, dans la Bibliothèque.
-Au faite, Scorpius, ajouta Dominique dans sa direction, se retournant une dernière fois. Tu devrais vraiment essayer de reparler à Albus. Je ne lui parle pas trop... mais Poudlard n'est plus pareil lorsque vous êtes en froid.
Et elle se fondit dans le couloir. Scorpius resta debout, immobile. Il ne savait pas que sa dispute avec Albus s'était étendu à tout Poudlard – mais les mots circulaient vite dans les couloirs, il le savait. Quoiqu'il en soit, les mots de Dominique résonnaient dans son esprit. Scorpius avait passé tellement de temps à penser à sa propre colère, à sa propre peine, à toutes les raisons qui faisaient qu'il ne voulait plus parler à Albus, qu'il n'avait pas envisagé une seconde comment les choses pouvaient être pour lui.
Peut-être qu'Albus voulait vraiment lui parler, lui aussi. Peut-être qu'il en était triste, ou furieux. Une nouvelle voix le fit sortir de ses pensées.
-Hé, Scorpius ! Qu'est ce que tu fais seul dans le couloir ?
Augustus arrivait à côté de lui. Un faible sourire se dessinant sur ses lèvres, Scorpius lui répondit :
-Je parlais à Dominique.
N'hésitez pas à laisser un commentaire! ce serait un bon cadeau de Noël
