Bonjour à toutes et tous,
Ce chapitre est un peu brouillon et beaucoup trop long, mais...c'est la st-valentin...et je voulais publier pour vous laisser un air d'amour! (Je ne savais pas où j'aurais pu couper le chapitre...)
AVERTISSEMENT :
J'AI DÉCIDÉ D'ÉTUDIER MIEUX LES PRINCIPES RELIGIEUX EN MATIÈRE DE FIANÇAILLES DANS CES ANNÉES OÙ LA RELIGION INTERDISAIT LES RAPPROCHEMENTS.
J'ESPÈRE NE PAS VOUS OFFUSQUER PAR QUELQUES SCÈNES "INDÉCENTES". J'AI DÉCIDÉ DE NE PAS CHANGER LA CLASSIFICATION DE CETTE HISTOIRE POUR LA LETTRE "M". MON INTENTION N'EST PAS D'ÊTRE VULGUAIRE OU DÉPLACÉE MAIS SIMPLEMENT DE DÉMONTRER L'ATTACHEMENT DE NOS DEUX FIANCÉS ET LEUR LUTTE POUR SE CONFORMER AUX INTERDICTIONS. SI VOUS JUGEZ QUE J'AI ÉTÉ TROP LOIN OU DÉPLACÉE, ÉCRIVEZ-MOI ET JE ME RAVISERAI
Darcy se languissait d'arriver à Pemberly. Ce dernier voyage, sur une route poussiéreuse et raboteuse, annonçait la fin de cette mésaventure et le retour auprès de sa fiancée. Il détestait devoir s'ingérer dans les affaires d'autrui. Il priait pour que Lady Catherine le laisse finalement tranquille.
Il ne resterait pas longtemps au Derbyshire. Le temps de retourner Lady Catherine chez elle et de finaliser quelques travaux. Il avait promis à Élizabeth de commencer les rénovations dans sa chambre. Cependant, c'était bien plus par plaisir que par honneur qu'il désirait tenir parole.
À son arrivée à Pemberly, il s'empressa de se laver et de se changer. Sa Grâce n'apprécierait certainement pas le voir dans une telle tenue.
Une fois préparé, il se dirigea vers le salon où il ne trouva pas sa tante.
Il visita ses appartements en l'aile nord, cependant, il ne la trouva point.
-Mr Hill, demanda Darcy en croisant l'intendant administratif. Savez-vous où se trouve Lady Catherine ?
-Monsieur, Lady Catherine est partie dans le comté du Hertfordshire.
Darcy blanchit à ses mots mais laissa son domestique continuer
-Elle est partie rencontrer Miss Élizabeth Bennet.
-Et quand est-elle partie ? Tressaillit Darcy
-Tout juste après votre départ pour le Kent, Monsieur.
« Dieu du ciel, pensa Darcy. Elle est avec Élizabeth depuis trois longues semaines »
-Je partirai pour le Hertfordshire également demain.
-Mais monsieur, il y a plusieurs affaires qui attendent votre jugement.
-Lesquelles ? Il faut faire vite.
-Les Farley ont perdu tout leur bétail lors d'un incendie. Ils n'ont rien pour passer l'hiver. Mr Farley est venu en personne pour déposer sa requête.
- Donnez-leur de quoi se nourrir. Ils sont loyaux et honnêtes, ils seront reconnaissants. Si mon impression est juste, ils nous rembourseront en argent ou en temps. Ensuite ?
-Les Wilson, ont perdu leur plus vieux fils. Leur garçon était le plus travaillant des hommes. Il ne s'est pas relevé d'une sévère quinte de toux. Probablement une mauvaise grippe. Il leur manquera lors de la moisson.
-Trouvez leur un employé en ville qui pourrait les aider. Je paierai son salaire pour cette moisson. Demain…marmonna Darcy, avant de partir pour le Hertfordshire, je leur rendrai visite pour leur offrir mes condoléances. J'imagine leur désarroi. Autre chose ?
-Miss Georgiana…Mme Richard nous a avertis de sa prochaine visite.
-Georgiana? Je lui écrirai, je lui demanderai de me rejoindre au Hertfordshire. J'ai bien l'intention de rester un bon moment là-bas.
Les deux hommes continuèrent ainsi leur mise à jour et travaillèrent à finaliser tous les jugements urgents.
Il devait retourner voir Élizabeth. Pas seulement par amour, mais pour la sauver des griffes de Lady Catherine.
Darcy s'empressa de visiter les Farley qui avaient perdu un enfant. À son retour à Pemberly, comme si un mauvais sort lui était jeté, un autre visiteur inattendu l'attendait.
OoOoO
-Colonel FittzWilliam ?
-Darcy. Pardonnez ma visite inattendue, mais j'ai entendu de fortes rumeurs déplaisantes. Je devais vous en parler en face.
-Qu'elles sont-elles ?
-Épouserez-vous Miss Élizabeth?
-Oui, en effet. En quoi serait-ce une rumeur si déplaisante?
-Vous me rassurez mon ami. J'ai entendu que… il semblait que…le colonel se racla la gorge et s'interrompit, espérant que Darcy comprenne son allusion.
Darcy hocha les épaules comme seule question
-Eh bien…Miss Élizabeth est une dame d'exception qui mérite respect et honneur. Pourquoi n'êtes vous pas déjà mariés ? Plusieurs croient déjà qu'elle est votre amante hors des liens sacrés.
-Maitresse ? Gémit Darcy fulminant
-Je suis heureux que ceci vous offusque. Je puis croire que vos intentions sont honnêtes.
-Absolument ! Je n'ai pas à défendre mes…décisions…fit-il sur un drôle d'air.
-Darcy. Fit étrangement le Colonel. Je vous connais… Vous me cachez quelque chose.
Darcy tourna en rond quelques instants.
-Mr Bennet nous impose six mois de fiançailles.
-Oh.
-Ne dites rien Colonel, je ne vous ai toujours pas pardonné votre trahison.
Le colonel fixa le sol comme toute réponse.
- Votre intervention est superflue. Vous n'êtes pas son protecteur, colonel. Continua Darcy flegmatiquement.
-Et l'êtes-vous ? Ne l'avez-vous pas abandonné à Longbourn depuis plus d'un mois ?
-Je quitte à l'instant la retrouver.
-Ne voulez vous pas entendre l'autre rumeur persistante provenant du Hertfordshire ?
Darcy plongea les yeux vers le ciel ne voulant pas réellement entendre cette affirmation mais l'autorisa finalement
-J'ai entendu que Mr Martin trouvait bien du contentement au Hertfordshire depuis que vous êtes parti.
Darcy ravala sa salive, ne voulant pas croire cette supposition.
Une idée prenait une mauvaise tournure en son esprit. Élizabeth l'aimait-elle réellement ? Aurait-elle pu l'accepter tout en profitant à son aise de ses anciennes relations ? Mr Martin pouvait-il tenter de la conquérir ?
-Vous me voyez désolé, Colonel, je dois partir, fit-il aussi détaché que possible. Le seul obstacle à nos retrouvailles est l'homme qui se tient devant moi.
Le Colonel toucha son chapeau, et se retourna pour quitter
-Je vous interdis d'aller la voir ! s'exclama Darcy les dents serrées
Le colonel cessa son pas et revint face à son cousin
-Seriez-vous inquiet ? Croyez-vous qu'elle pourrait me préférer à vous ? Taquina méchamment le Colonel
-Élizabeth a toute ma confiance. Mentit Darcy par obligation. Je ne peux dire la même chose de vous.
-Vous pardonnez difficilement, mon ami.
-Mais vous le saviez déjà lorsque vous m'avez trahi.
-Je me suis repenti depuis fort longtemps. Je suis venu ici pour vous apporter mon aide. Vous n'avez pas à vous inquiéter de moi. Allez retrouver votre fiancée, avant que Mr Martin ne lui ait fait oublier votre existence
Le colonel le salua bien solennellement et quitta.
OoOoO
-Ne faites pas ceci ainsi ! Vous paraissez être ridicule. Tournez votre tasse de cette manière et soyez plus élégante quand vous agrippez l'anse de votre tasse. Dieu du ciel! Vous m'épuisez, mademoiselle. Quand j'y pense j'ai pitié de mon neveu. Si Dieu vous permet de procréer, il faudra vite engager une gouvernante. Vous risqueriez de leur inculquer vos vilains défauts.
Les dernières semaines avaient été fort épuisantes. Élizabeth avait développé une nouvelle habitude, celle de serrer les dents. Plutôt deux, elle pleurait désormais tous les soirs à grand sanglots dans son oreiller.
Qu'avait-elle fait ? Pourquoi avait-elle accepté un si grand projet ? Pourquoi sa mère avait-elle si insolemment négligé leur éducation ? Pourquoi était-elle amoureuse d'un homme d'une si haute importance ?
Elle savait pourtant qu'elle l'aimait. Elle était prête à tout pour lui faire plaisir. Elle voulait être celle qu'il désirait. Être une épouse parfaite.
Mais y arrivera-t-elle ? Sera-t-il satisfait de ses efforts?
Ce fardeau lui pressait tant l'estomac qu'elle errait maintenant ses pensées à s'imaginer ce qu'aurait été sa vie au bras du Colonel FittzWilliam, ou de celui de Mr Martin. La vie aurait-elle été plus légère ?
Sera-t-elle réellement plus heureuse avec l'homme qu'elle aime ? Se lasserait-il d'elle au moindre faux pas ?
-Miss Bennet ! s'exclama Lady Catherine qui la fit sortir de ses rêveries. Votre respiration est bien trop bruyante ! Vous respirez comme un âne qui court à la poursuite de son ombre. Quant à votre air absent, il vous donne une allure insipide.
-J'implore votre pardon, votre grâce. J'ai effectivement l'esprit égaré. Vous disiez ?
-Je me répèterai cette fois-ci parce qu'il s'agit d'un principe de la plus grande importance. Je disais que vous devrez être éternellement reconnaissante pour tout ce que je vous donne. Mon neveu sera certainement plus fier de vous quand il reviendra. Quoi que je ne dis pas que votre éducation est terminée. Loin de là. Il voudra sûrement que je continue à vous enseigner pendant plusieurs années. S'il me demande mon opinion sur vous, je serai intransigeante. S'il tient toujours à vous épouser, il ne pourra rien vous confier. Il vous faudra rester muette et obéir à votre époux. Si vous vous contenter de cela, peut-être ferez-vous l'affaire.
-Vous êtes si bonne, votre Grâce. Fit finalement Élizabeth esprit abattu, toujours un sanglot coincé dans la gorge.
On frappa soudainement à la porte, le domestique annonça humblement,
-Votre Grâce, Mr Darcy.
Darcy pénétra la pièce, en plongeant les yeux sur sa fiancée, qui ne leva pas même les yeux. Connaissant les convenances habituelles il salua sa tante, la première, selon son rang. Elle ne manqua pas d'accaparer son neveu avant qu'il ne s'adresse à Élizabeth
-Mais que faites-vous ici, Darcy ? Vous êtes revenu bien trop tô la vieille en blêmissant
-L'affaire qui vous concerne est complètement réglé, ma tante. J'ai le bonheur de vous annoncer que vous pourrez retourner à Rosing Park. Nous discuterons plus tard des détails.
Puis il se tourna aussitôt vers Élizabeth, inquiet de ne pas s'être fait accueillir chaleureusement
-Miss Élizabeth
Le fuyant du regard, elle plia le genou, comme simple réponse
-Vous portez-vous bien ? Questionna le fiancé
-Parfaitement, merci Monsieur.
Le lourd silence s'installait quand Lady Catherine tenta
-J'ai pris à ma charge l'éducation de Miss Élizabeth. Je suis heureuse, sans néanmoins être comblée de ses améliorations. Son insolence et son indiscipline sont mieux contrôlées qu'à mon arrivée. Je lui ai conseillé de garder le silence, cela lui vaut mieux.
Darcy se dirigea vers Élizabeth et s'installa à ses côtés.
-Votre famille se porte bien, miss Élizabeth ?
-Je suppose que oui. Monsieur. Répondit Lizzy trop solennellement
Il fronça les sourcils en regardant sa tante.
-Je ne lui ai pas permis de vaquer à sa correspondance. C'est une évidence qu'elle n'avait pas un instant à perdre à de vagues nouvelles. Qui plus est, sa famille est insignifiante, elle ne lui a apporté que du laxisme. La correspondance est utile quand les relations en valent la peine, sans cela, c'est une perte de temps. Pouffa Lady Catherine avec arrogance.
Darcy scruta un moment Élizabeth. Elle avait changé. Son visage était pâle, elle avait mincit et son air espiègle avait disparu. Mais où était sa fougue ? Son caractère vif qui lui avait tant fait perdre la tête ?
-Miss Élizabeth. Allez au piano toute suite et montrez à Mr Darcy vos progrès.
Élizabeth s'exécuta si imperturbablement et sans riposte qu'il eut du mal à reconnaître celle qui l'avait charmé par son esprit intrépide.
Elle joua un morceau, assez parfaitement pour être applaudie. Mais sans aucune joie ni variation mélodique.
Elle revint s'assoir froidement à sa place.
Il l'observa de nouveau et son visage lui rappela soudainement une effigie connue.
Son sang se glaça dans se veines quand il reconnut la physionomie terrassée de sa cousine Anne. Blancheur, minceur, soumission excessive, cœur lourd.
Il se leva brusquement,
-Miss Élizabeth, laissez-moi vous reconduire à Longbourn. Souffla-t-il promptement
-Comment ? Je n'ai pas terminé son éducation, mon cher. Rouspéta la vieille
-Vous avez suffisamment fait, ma tante. Miss Élizabeth, fit Darcy en lui agrippant délicatement la main pour l'aider à se lever. Faites préparer vos effets, je vous ramène chez vous.
-Mais…interrompit la tante qui se tenait désormais debout devant son neveu
-La décision est prise, ma tante.
Lady Catherine se rassit à cette insistante déclaration, accrocha son éventail pour ventiler sa colère.
OoOoO
Tous deux installés dans la voiture, en se dirigeant vers Longbourn, Darcy fulminait en pensant à ce qu'Élizabeth avait bien pu subir.
-Miss Élizabeth, je suis heureux de vous revoir.
Élizabeth acquiesça d'un simple hochement.
-Vous semblez fatiguée, continua-t-il
Mais Élizabeth se contenta de garder ses yeux au sol, ne protestant pas même à ce déplaisant commentaire.
-Que vous a-t-elle donc fait ? Je ne vous reconnais plus.
À cette question, elle se ressaisit et visa tristement son fiancé
-Elle n'a fait que se conformer à votre demande, Monsieur. J'espère que les efforts que j'ai déployés vous satisferont.
-Je n'ai rien demandé
Élizabeth ouvrit la bouche et la referma ne comprenant plus la situation
-J'ignorais qu'elle était ici. Je la croyais encore à Pemberly. Insista Darcy
Élizabeth scruta Darcy sérieusement puis osa
-Je ne comprends pas. C'est à votre demande qu'elle est venue me rencontrer et changer mes mauvaises habitudes ? Vous avez réclamé que je sois mieux préparée à être la maîtresse de Pemberly. Vous avez exigé une tutelle et l'opinion de votre tante était le gage de votre décision finale quant à notre union.
Darcy qui s'était installé face à elle dans la voiture, étira la main pour prendre la sienne. Mais, effrayée par son geste, elle la retira.
-Elle vous a trompé, Miss Élizabeth, souffla-t-il déçu de la nouvelle attitude de sa fiancée. Elle vous a mentit. J'insiste : je n'ai jamais désiré que vous changiez, Fit-il en appuyant sur les mots. Vous saviez déjà, lorsque je vous ai déclaré mon affection que je vous aimais de tout mon cœur. Mon affection n'a subi aucune variation. Qui plus est, je ne vous aurais pas fait cet affront. Si vous me déplaisiez en quoi que ce soit, je vous en aurais parlé en privé. Quant à ma décision, elle est ferme et sans condition. Ma tante n'a aucune opinion à avoir sur notre bonheur.
À ces mots, Élizabeth éclata en sanglots.
-Je suis désolé, miss Élizabeth. Ma tante est une femme particulière qui aime s'ingérer dans les affaires des autres. Si j'avais su que vous étiez sa « prisonnière » fit-il sur un drôle d'air, je serais revenu avant.
-Avant ? Alors, vous admettez que vous aviez le loisir de revenir avant ? Et quelles sont ses affaires si urgentes qui vous empêchaient d'être près de votre fiancée? Dites-moi y a-t-il d'autres affaires prioritaires qui n'ont pas été réglées ? Osa Élizabeth pour se décharger de sa souffrance
-Élizabeth! Je crains que vous soyez fatiguée. Nous arrivons bientôt à Longbourn. Nous reparlerons de tout ceci un autre jour. En attendant, je vous déposerai chez vous et retournerai voir ma tante pour la réprimander. Elle ne se mêlera plus de mes affaires, je vous le promets.
Élizabeth souffla profondément, essuyant ses larmes et battant l'air pour refroidir son visage rougit par la douleur.
À leur arrivée à Longbourn, Darcy réclama une rencontre privée avec Mr Bennet.
-Monsieur, j'ai bien peur qu'Élizabeth ait été manipulée par ma tante. Je connais ma tante et les ravages qu'elle laisse suite à son passage. Ces méthodes sont violentes et amères. Je vous demande, bien humblement, de prendre soin d'elle.
-Votre requête monsieur, est presque insultante. N'ai-je pas protégé ma fille depuis sa naissance?
-Oui, Monsieur, pardonnez-moi, j'ai peur de ne pas être compris.
-N'est-ce pas vous, Mr Darcy qui avez réclamé que ma fille change et perfectionne son éducation?
-Non, Monsieur. Si vous me laissiez parler, je vous expliquerais! S'exclama Darcy en montant le ton.
-Elle était sensée être sous votre protection depuis vos fiançailles. Souligna le vieux.
-Mr Bennet! Souffla Darcy suffisamment fort pour être écouter. Ma tante a abusé de mon absence pour maltraiter Élizabeth. Elle a probablement tenté de la décourager à m'épouser. Mais je n'ai rien demandé ni rien désiré. Élizabeth est parfaite comme elle est. (Insista Darcy en gesticulant) Si je vous demande de prendre soin d'elle, c'est que je m'inquiète de sa santé. J'ai supposé que vous n'accepteriez pas que je l'amène avec moi à Netherfield et que je la soigne moi-même. Si nous étions mariés, fit-il en avalant sa salive, je ferais venir le médecin et je resterais à son chevet jour et nuit! Alors, Monsieur, si vous cherchez à m'accuser, je vous autorise à me réprimander sur bien des choses, mais je ne porterai pas le blâme de cette situation!
Mr Bennet fixait son futur gendre avec étonnement. Il avait bien cru que c'était Darcy qui avait réclamé une telle tutelle. Il paraissait tout naturel que l'homme si bien éduqué en demanderait autant de sa compagne.
Il était abasourdi. Mr Darcy avait parlé avec assurance pour défendre sa fille et avec beaucoup d'anxiété concernant sa santé. Sans nul doute, cet homme tenait énormément à sa fille.
-Partez maintenant, jeune homme, fit Mr Bennet flegmatiquement. Je vais rencontrer ma fille et juger de ses besoins.
-Je reviendrai la voir demain. Conclut Darcy sans demander la permission.
OoOoO
Couché dans son lit, Darcy se tournait et se retournait depuis des heures.
Sa chère et douce Élizabeth avait changé. Elle avait refusé le contact de sa main, froidement.
Elle qui avait été tellement généreuse en acceptant d'être enlacée, d'être embrassée lors de son dernier séjour. Comment deux fiancées ayant goutés les lèvres de l'autre pouvaient avoir perdu toute leur complicité. Jadis, Ils s'étaient cachés comme des gamins, pour se voler des baisers interdits et complotaient pour se retrouver seuls, pour savourer un instant de chaleur dans les bras l'un de l'autre.
Il s'était pourtant tellement languis de la retrouver. Ces six semaines loin d'elle l'avait fait beaucoup souffrir. Il ne cessait de repasser en son esprit, la douceur des lèvres de sa bien-aimée. La chaleur de son corps lorsqu'il l'avait pressé contre lui. Il se mourait de reprendre ses tendresses là où il les avait laissées. Mais hélas, elle ne lui réservait plus ce bel accueil. Il eut jadis gouté le miel si précieux pour finalement en être privé. Quelle déception!
Lady Catherine paierait cher ses manigances et ses méchancetés. Mais cela suffirait-il pour faire revenir sa fougueuse fiancée ?
Las de se retourner, il se leva, alluma sa chandelle et entreprit d'écrire à sa jeune sœur. Peut-être pourrait-elle venir au chevet d'Élizabeth et la consoler? Peut-être pourrait-elle l'aider à oublier les violences de leur tante ?
Si Élizabeth repoussait son aide, certainement elle acceptera celle de Georgiana.
OoOoO
Lady Catherine avait la mine bien basse quand son neveu la chargea de son péché. Elle eut bien tenté de convaincre son neveu de sa grande générosité mais Darcy ne se laissa pas attendrir. Selon son habitude, elle reprocha à Darcy son insolence et son manque de respect quant à son rang, et ne manqua pas d'accuser sa fiancée pour son écart de comportement.
Quand enfin, débarrassé de ce fardeau et ce tumultueux échange, il s'invita à la maison familiale de Longbourn, à son grand désarroi, Élizabeth l'accueillit aussi froidement que lorsqu'ils s'étaient quittés la veille.
Tandis qu'il lui adressait ses bonjours, elle sembla timide et le fuyait du regard.
-Comment allez-vous, miss Élizabeth. Vous semblez plus reposée ? Questionna-t-il solennellement pour ne pas la brusquer
-Je vais bien, Mr Darcy. Répondit-elle trop sérieusement pour deux fiancés s'étant dissimulés pour s'embrasser secrètement.
Il observa Lizzy quelques instants, espérant qu'elle continuerait son discours.
-Il me semble que je ne vous ai pas demandé si votre voyage avait été agréable ? Questionna-t-elle enfin.
-Très bien. Il m'a parut plus long qu'à l'habitude. Il me tardait d'arriver. Fit-il chaleureusement pour détendre l'atmosphère.
Elle n'ajouta rien à cette déclaration. Plutôt que de s'empourprer par la gratitude, elle se referma.
Certainement, elle lui en voulait encore de son absence prolongée. Il avait espéré qu'elle oublie leur discussion orageuse de la journée précédente, mais il semblait évident qu'Élizabeth n'avait plus la même chaleur avec lui. Il fallait rétablir la situation, discuter, espérant reprendre là où ils avaient laissé.
-Vous sentez vous la force de marcher, miss Élizabeth ? Je pense bien que vous en avez été privée dans les derniers jours.
-Oui, je veux bien. Fit-elle en se levant aussitôt comme si elle attendait cette offre.
Lydia aussi généreuse que sa nouvelle habitude, s'offrit pour les chaperonner. Il bénit le ciel qu'elle n'ait pas changé pendant cette longue absence. Ses mystérieuses absences lui semblaient tout d'un coup des cadeaux venus du ciel.
Alors que Lydia les quitta au point habituel, ils s'éloignèrent, comme à leur habitude vers le mont Oak.
Darcy s'empressa d'ouvrir la conversation pour régler leur mésentente.
-Voudriez-vous revenir sur les accusations dont vous m'avez chargés hier, miss Élizabeth ?
-Il me semble qu'il y a une différence notable entre deux semaines et six semaines, Monsieur. Qui plus est, vous m'avez appris hier, que vous auriez pu revenir avant. Fit-elle en serrant les dents pour contenir sa frustration.
-C'est la raison pour laquelle vous êtes si froide avec moi ? fit-il afin de la provoquer
Selon son avis, leurs meilleurs progrès s'étaient tenus suite à des disputes.
-Ai-je fait quelque chose d'autre qui vous ait déplu ? Auriez-vous changé d'avis sur moi ? Peut-être regrettez-vous m'avoir donné votre main ? Ma tante aurait-elle gagné son pari ? Questionna Darcy dépourvu
Lizzy le regarda d'un drôle d'air et lui répondit par le même ton.
-Savez-vous ce que j'ai souffert pendant ces six semaines, Monsieur! Fit-elle en sortant de ses assises
-Je vous ai déjà dit que …
-Vous m'aviez dit deux semaines ! interrompit Élizabeth, revigorée. Peut-être moins, m'avez-vous déclaré ! Et voilà plus de six semaines que je vous attends ! Comment croyez-vous raffermir l'opinion de mon père si vous ne venez jamais me voir ! s'écria Lizzy. Êtes-vous si satisfait d'être loin de moi que vous avez choisi de ne point me rejoindre ? Quelles autres priorités passeront avant moi ? Dites-moi !
Darcy saisit par l'accusation de Lizzy et son regain de vigueur, hésita quelques secondes et se lança
-Si vous croyiez que je ne me suis pas languis de vous à en perdre la raison, vous vous trompez ! Si je n'ai pu venir à vous plus tôt c'est qu'il n'en était humainement pas possible de le faire! Je vous assure que j'ai eu des contretemps que je devais impérativement régler avant que vous emménagiez à Pemberly. Dites-moi Miss Bennet, vous êtes vous à ce point attachée à ma tante que vous voudriez habiter avec elle ? Je vous le dis, vous ne désirez pas ceci et j'ai du faire ce qu'il fallait pour éviter une telle catastrophe ! Et vous, Miss Élizabeth, continua-t-il en la bravant toujours plus près, vous êtes-vous languis de me revoir? À moins, peut-être que Mr Martin vous ait amusé pendant mon absence ?
-Mr Martin ? Pourquoi me parlez-vous de Mr Martin ? fit Lizzy confuse
-Il est au Hertfordshire… (en baissant le ton) et sachant l'affection qu'il vous portait…et votre complicité… j'ai pensé que…grogna Darcy inquiet
-Je…je ne l'ai pas vu…murmura-t-elle
Lizzy figea un court instant, scrutant son fiancé visiblement jaloux et anxieux de sa fidélité. Son regard pitoyable lui en disant long sur son besoin d'être rassuré. Comme elle l'aimait, comme elle voulait qu'il sache qu'il n'y avait désormais que lui dans ses pensées.
Soudainement, comme prise par un essor indomptable, elle se jeta sur lui en l'embrassa fougueusement.
Sans réfléchir un instant, il répondit à son baiser par la même intensité, dans un échange de passion relâchée, s'enlaçant langoureusement et savourant pendant un long instant ce manque de bienséance impudique.
Alors qu'ils s'abandonnaient à leurs retrouvailles, brusquement, Darcy s'éloigna en se retournant dos à Lizzy, embarrassé et ému. Ne voulant pas effrayer sa fiancée par une réaction normale chez un homme.
Élizabeth cacha son visage avec ses mains, honteuse de ce qu'elle avait osé faire.
-Pardonn…
Darcy l'interrompit
-Ne vous excusez jamais pour ce genre…d'impulsion… c'était…trop agréable pour le regretter…fit-il toujours dos à la conversation
Puis, ayant enfin reprit le contrôle de ses pensées et ses instincts, il se retourna vers elle et enleva les deux mains du visage de sa bien-aimée
-La prochaine fois que vous aurez de tels…élans…il faudra s'assurer que je sois en état de me contrôler …jusqu'au mariage, du moins…murmura-t-il doucement sourire en coin
Il déposa ensuite un long baiser sur ses lèvres qui fit frémir Élizabeth encore plus intensément que leur premier baiser.
-Les disputes ont un drôle d'effet sur vous, si je puis le dire… gloussa-t-il. Je suis heureux que vous ayez retrouvé toute votre fougue…chuchota-t-il à l'oreille de Lizzy
-J'ai cru que vous regrettiez ma main. J'ai cru que je ne vous reverrais plus jamais. Je vous interdis de vous éloigner de moi si longtemps, bouda Lizzy. Je vous aime tellement.
Darcy s'arrêta un instant et plongea son regard dans celui d'Élizabeth
-J'avais terriblement besoin de vous entendre dire ceci.
Il glissa ses lèvres dans le cou de sa fiancée, et y déposa un léger baiser, juste sous le lobe.
Élizabeth surprise par l'inédite caresse de William, exhala un soupir à cette nouvelle sensation étonnante.
-Définitivement, notre chaperon est trop généreux. Gloussa Darcy en appuyant son front sur Lizzy, déçu de ne pouvoir mieux contrôler ses instincts devant les douces réactions de sa promise
-Vous vous en plaignez ? répondit-elle innocente des combats de Darcy, troublée par son propre cœur palpitant et son souffle fringant.
-Non, mais mon impatience commence à être difficile à supporter.
Lizzy l'observa quelques instants se demandant si elle oserait lui poser la question qui la hantait depuis peu.
-Voudriez-vous me parler de ce que ma tante vous a fait subir? Questionna Darcy qui vit son regard s'assombrir.
-Non…je voudrais que tout ceci soit oublié. Je déteste votre tante.
-Je lui ai fait savoir qu'elle n'était pas bienvenue à Pemberly. Malheureusement, elle s'invitera certainement sans préavis. Elle sera une épine à nos pieds, je le crains.
- Je la supporterai, maintenant que je sais qu'elle n'est pas venue sur votre commandement. Mon seul bonheur est que vous ne désirez pas que je sois différente.
-Cependant, vous semblez toujours soucieuse, fit-il généreusement
Élizabeth souffla lentement et hésita quelques instants avant d'oser exprimer sa question.
-Je croyais que mon « malaise » se dissiperait quand je vous reverrais…
-De quel malaise souffrez-vous ? fit Darcy en se reculant d'un pas,
Élizabeth hésita puis
-Il s'agit d'un…serrement…ou d'une brulure…je ne sais trop.
-Dites m'en plus, continua Darcy inquiet.
-Dans l'abdomen…enfin…je crois…Quand vous êtes absent, voyez-vous…j'ai si mal…et j'ai bien cru que vous revoir me soulagerait…J'ai d'ailleurs souffert énormément pendant votre absence. Malheureusement, j'éprouve en ce moment même, également un grand tourment…Je sens mes jambes faiblirent et voyez comme mon souffle est rapide ! Pourtant, croyez-moi…je suis heureuse de vous revoir…
Darcy s'empourpra soudainement.
-Vous avez les joues rougies…avez-vous chaud ? Questionna le fiancé espiègle
-Oh oui, je me liquéfie…et ce serrement dans les entrailles…devrais-je consulter un médecin ?
Darcy sourit largement.
-Vous a-t-on instruit sur les hommes et le…mariage ?
-Pas suffisamment, je suppose, fit Lizzy embarrassée…Ne comprenant pas tout à fait sa question
Darcy l'enlaça de nouveau et reprit ses caresses, puis lui murmura à l'oreille
-Dites-moi si ceci accroît votre malaise.
-Oui, c'est étrange en effet.
Darcy gloussa en courant ses lèvres sur le cou de sa dulcinée
-J'ai confiance que vous serez soulagée, lorsque nous serons mariés.
Lizzy pouffa de honte en cachant son visage au creux de l'épaule de William.
-Comme je suis idiote…
-Bien sûr que non, rit-il tout près de perdre le contrôle. Je trouve que c'est une heureuse nouvelle
Lizzy pouffa de nouveau
-Alors j'ai bien fait de supplier mon père d'abréger nos fiançailles?
-Votre enthousiasme me comble, fit Darcy en ajoutant un baiser sur les lèvres de Lizzy, dites-moi qu'il a accepté.
-Qui sait? Mon père est un mystère. Maintenant que vous êtes ici, peut-être réussirez-vous à vous faire aimer ?
-Alors qu'attendons-nous ? Allons le trouver ! lança-t-il exalté
-Si notre chaperon n'est pas revenu, nous ne pouvons revenir seuls ensemble. Papa se douterait de quelque chose.
-Alors partons à sa recherche. Si nous restons seuls plus longtemps, je pourrais faiblir et manquer à mes principes…Il me semble que je ne me lasserais jamais de ceci. Continua Darcy bien décidé à explorer davantage les épaules de Lizzy
-Cela suffit, réprima trop gentiment Lizzy
OoOoO
Étonnamment, Lydia était en retard au point de rendez-vous. Et bien qu'elle arriva, ses joues rosies et sa robe défraichie firent sourciller le jeune couple
-Lydia? Qu'as-tu fait, dis-moi ?
-Je me suis dégourdie les jambes. Comme il fait bon de courir dans les champs. Chanta-t-elle
Mais Darcy et Élizabeth ne crurent pas cette déclaration maladroitement fignolée. Le jeune couple comprit qu'il fallait bientôt éclaircir ce mystère.
OoOoO
