Désolé pour ce chapitre un peu plus court que les autres. Comme vous avez pu le constater, j'ai un peu de mal à tenr le rythme. Mais des chapitre plus court, cela veut dire qu'ils arriveront plus vite!
Merci de me lire!
- Alors?
- Alors quoi? Carpenter à l'air de croire que ce Dave et sa bande lui sont bien tombés dessus même si Monsieur ne veut pas nous le dire...Grinça John en regardant furtivement sa femme.
- Ho, allons John! Le rabroua Mary. Parce que, toi, tu aurais certaiment balançé tes camarades quand tu avais son âge?
- Moi, je n'envoyais pas mes camarades à l'hosto et je ne feintais pas d'être tombé dans les escaliers en prenant mes parents pour des cons. Répondit-il vertement.
- Oui, mais Dean n'est pas toi. Et il n'est pas fautif...Commença Mary avant de s'interrompre.
- Cette fois-ci...Compléta John. Tu peux achever ta phrase, tu sais? On l'a tout les deux pensés...
- Cela reste vrai, insista Mary, il n'est pas fautif. Tu n'as aucune raison d'être en colère après lui...
John soupira lourdement en poussant la porte du gymnase. L'infirmerie se trouvait au premier étage du bâtiment. Ils venaient de terminer un petit entretien avec Joshua Carpenter et celui-ci était sur à cent pour cent que l'état de Dean était dû à Dave et sa bande. Evidement, Dean niait toujours.
- Je ne suis pas en colère. Soupira-t-il d'un air las. Je suis juste fatigue qu'il se sente obligé de nous mentir...
- Il ne nous ment pas! S'exclama Mary d'un ton impérieux. Il veut juste regler ses problèmes lui-même...
- Et tu me demandes pourquoi il me fait penser à ton père? Lança John comme une boutade.
Malheureuseument, il sut à la seconde où les mots passèrent ses lèvres qu'ils ne seraient pas perçus comme cela. Instantanément, le visage de Mary se ferma et il ne resta sur ses traits qu'une expression de rancoeur lasse.
- Je pensais le sujet clot, cingla-t-elle.
- Hé bien, il ne l'est pas. Répondit-il sur le même ton. Dean est son petit-fils, j'te rappelle. C'est normal qu'il ait quelques-unes de ses expressions ou de ses mimiques. Ton père était qui il était. Je ne parle pas de ce qu'il faisait. Ajoute-t-il en baissant la voix.
- Tu veux vraiment qu'on se dispute? Rétorqua placidement Mary.
John secoua vaguement la tête de droite à gauche en songeant aux multiples disputes qui suivaient invariablement les discussions où Samuel Campbel s'invitait. Le sujet était tabou; Mary n'en parlait jamais.
Ils arrivèrent bientot devant la porte de l'infirmerie et alors que John allait la pousser, celle-ci s'ouvrit à la volée sur une infirmière agitée. La jeune femme les remarqua à peine alors qu'elle sortait de la pièce à vive allure, une expression inquiète incrustée sur son visage. Dean la suivait de peu et tenta de passer devant eux de ce même pas pressé...
- Où crois-tu aller jeune homme? Lança John de sa voix bourrue en le retenant par l'épaule.
Dean réprima un soupire et remercia mentalement son frère de répondre à sa place. Heureusement, son petit frère n'avait qu'une idée partielle de ce qu'il se passait peut-être. Okkelpup avait reçu un appel tout à l'heure et Dean avait pu voir son visage perdre toutes ses couleurs avant qu'elle ne se précipite vers la porte. Dean n'était pas assez idiot pour laisser passer ce genre de réaction dans la situation actuelle.
- L'infirmière a reçu un appel, expliqua Sam. Ca avait l'air grave parce qu'elle est devenue toute blanche...
- Et en quoi ça vous regarde? Lança John en tentant de les faire rentrer à l'interieur de l'infirmerie.
Cette fois-ci clairement agaçé, Dean n'essaya même pas de répondre à son père. Il se dégagea habilement de la prise de son père pour rattraper l'infirmière. Il ne fit pas attention aux cris de ses parents, trop occupés à repérer la jeune femme. Une fois dehors, l'air froid gifla son visage et il réalisa qu'il portait un simple t-shirt alors qu'il frissonnait. Apparamment, l'infirmière se dirigeait vers les bâtiments A, vers les dortoirs plus précisement. Attentif, Dean pouvait entendre les pas de sa famille se presser derrière lui. Ils ralentirent pourtant tous en arrivant devant le dortoir A, où une ambulance stationnait déjà.
Dean jura dans sa barbe, bien conscient qu'il était certainement déjà trop tard. Si c'était le même modus opperandi, la victime était déjà calcinée. Et cette fois-ci, c'était en période d'activité, avec une foule de gens allant et venant dans le bâtiment. Une foule de gens qui ne s'était aperçu de rien. Alors qu'un de leur camarade était entrain de brûler dans une pièce...
Quand une civière sortit du bâtiment recouvert d'un drap totalement blanc, plus aucun doute ne fut permis. Dean entendit vaguement les pleurs de Mme Okklepup qui devait certainement savoir qui était la victime. Il entendit surtout l'inspiration tremblante, derrière lui. Se rappelant brusquement de la présence de ses parents et donc, de son frère, il pivota sur lui-même pour se retrouver devant le visage blafard de son cadet.
- Sammy...Souffla-t-il en se dirigeant vers lui.
Son petit frère regardait le drap blanc avec les yeux écaquillés, et Dean savait qu'il était tout à fait conscient de ce qu'il se trouvait dessous. Avant même que ses parents ne puissent réagir, Dean était déjà agenouillé devant son jeune frère, les deux mains campées solidement sur les épaules du plus petit. Etant gosse, le contact avait toujours rassuré Sam. Et si Dean devait être honnête, lui aussi.
- Regardes-moi, Sammy. Ordonna-t-il d'une voix douce.
- C'est...C'est un mort qui se trouve sous le drap? Demanda Sam d'une voix blanche.
- Oui. Oui, c'est un mort. Répondit-il simplement.
- Il...Il est mort comment? Demanda encore le plus jeune, d'une voix légèrement tremblante.
- Je ne sais pas Sam. Ca va aller, Bonhomme? Demanda-t-il en dégageant tendrement les yeux de son frère de toutes ses mèches rebelles.
- Il était jeune, non? Je veux dire...Il était sûrement jeune, non? Bredouilla-t-il.
- Oui, sûrement. Approuva Dean. Pourquoi, Sam?
- Je...Il était jeune comme toi. Mumura Sam, clairement attristé. C'est pas juste...
- Non, ce n'est pas juste. Mais ça arrive. Je te l'ai déjà dit Sam, des choses injustes arrivent souvent. Lui expliqua-t-il avec sobriété.
- Dean...Souffla la voix grave de son père, l'avertissant qu'il en disait trop à son gout.
Dean jeta un bref regard à son père en se redressant, une main toujours posée sur l'épaule de Sam. Le petit semblait toujours bouleversé et Dean se surprit, malgré lui, à faire la comparaison. Il avait vu son premier cadavre à 9 ans. Pour la défense de son père, c'est lui qui avait demandé à l'aider dans ses recherches sur le terrain. Cela devait être sans risque. Mais au lieu de trouver une tombe, Dean était tombé sur un corps légèrement déchiquetés. Il avait été brave, n'avait rien montré à son père sinon une stupeur passagère...Et n'avait plus su dormir pendant une semaine. Sam n'avait vu son premier cadavre qu'à l'âge de 14 ans. Quand il avait commençé a tanner leur père qu'il n'était plus un enfant. Ici, Sam avait dix ans et semblait bouleversé. Et il n'avait vu qu'un simple drap. C'était sans doute normal...
. . .
- Donc, demanda Mary, c'est le deuxième décès depuis la reprise des cours?
Dean approuva d'un hochement de tête, observant le visage songeur de sa mère avec circonspection. Brièvement, il se demanda si elle allait agir. Aucun doute qu'elle flairerait le surnaturel...N'importe quel chasseur verrait qu'il y avait matière à travailler. Mais allait-elle réagir? D'une manière ou d'une autre?
- C'est ça, répondit-il malgré tout. Et apparement, tout deux dans des incendies.
- Des incendies? Répéta John en fronçant les sourcils.
- Ouais...Vraiment minimes parce qu'il y a très peu de dégats matériels. Ajouta-t-il innocement en regardant toujours sa mère. On pourrait presque dire que c'est de la combustion spontané...Marmonna-t-il assez fort pour que sa mère l'entende. C'est vraiment trop bizarre cette affaire...
- Ca n'existe pas la combustion spontané. Argua mécaniquement Mary, les yeux dans le vide.
- Mais qu'est-ce que fait Joshua? S'impatienta John en regardant sa montre. Ca fait un quart d'heure qu'il est partit chercher ce soda avec Sam...Je vais les chercher. Finit-t-il en les laissant seuls, sa mère et lui.
-Et ces deux garçons se connaissaient? Interrogea encore Mary d'un air concentré.
- Non, je ne pense pas, répondit-il. Les A et les B ne se connaissent pas trop. Expliqua-t-il en cachant un sourire satisfait.
L'espace d'un instant, les traits de sa mère changèrent sous la concentration. Sous ses yeux, elle redevint une chasseusse, analysant les informations qu'il lui donnait sous un autre angle que le commun des mortels. Il put la voir reflechir à la question, se demander ce qui pouvait être responsable de ces mort, et certainement; trouver une ébauche de solution. Ce n'était pas bien diffcile.
- C'est étrange, non? Souffla-t-il d'une voix sérieuse.
Aux mots de son fils, Mary posa un regard troublé sur lui. Ces morts n'étaient pas naturels. Elle le savait aux plus profonds de ses tripes. Son instinct, bien que largement émoussé, lui disait de creuser cette affaire. Mais il n'y avait plus d'affaire depuis longtemps, n'est-ce pas? Elle n'aurait même pas dû refléchir à la question. Elle n'aurait pas dû d'interesser et poser des questions. Combien de fois n'avait-elle pas tourné la page du journal en feignant de ne pas avoir remarqué cet article étrange? Combien de fois n'avait-elle pas fermé les yeux? C'était devenu une habitude...
Mais là, c'était dans l'école de son fils. Ce même fils qui la regardait avec un regard vieux de cent ans, attendant de sa réponse quelque chose qu'elle ne comprenait pas. Le jugement... C'était ce qu'elle lisait dans les iris vertes de son fils. Elle n'avait jamais compris le regard peu amen que son fils posait sur elle et elle ne le comprendrait sans doute jamais. Mais elle en était certaine...Sa réponse aurait de l'importance. Comme celle de John avant le départ pour l'internat.
Et la chasseuse s'envola aussi vite qu'elle était revenue. Mary étira un faux sourire sur ses lèvres, enfouit ses doutes au plus profond d'elle même et fit comme si de rien n'était.
- Mais non voyons, s'entendit-elle répondre. Sûrement des mégots de cigarettes pas totalement éteint...
Le regard de Dean se glaça et Mary put presque lire dans ses yeux toutes attentes qu'il avait encore vis-à-vis d'elle, disparaître. Son coeur se serra et elle dût se mordre la langue pour ne pas écouter la petite voix - étrangement, c'était celle de son père- qui lui disait qu'elle était entrain de le perdre.
- Sûrement, répondit-il d'une voix basse.
Dean ne savait pas à quoi il s'était attendu. Vraiment. Avait-il réellement espéré que sa mère se remette en selle? Qu'elle prenne sur elle pour sa sécurité à lui, comme toute mère aurait fait? Qu'elle soit honnête avec elle-même et s'avoue que, non, cela n'était pas naturelle et qu'il fallait y mettre un terme? Qu'elle prenne les taureaux par les cornes et décide de le faire elle-même? Ou au moins d'y prêter attention et de le signaler à un autre chasseur? Oui. Oui, il avait espéré tout cela. Réellement. Vraiment. Incontestablement.
Mais elle n'avait rien fait de toute cela. Elle avait, bien sur, compris que ce n'était pas normal et elle avait même posé quelques questions, histoire de débroussailler le terrain. Mais c'était tout. Elle n'allait pas s'impliquer. Encore moins chasser. Esperait-elle que cela se règle avec l'intervention du saint-esprit ou que prier qu'il ne lui arrive rien serait suffisant? La foi de sa mère était quelque chose qui le faisait toujours bien rire.
Il devait se rendre à l'évidence. La chasseusse forte, indépendante et courageuse qu'il avait connu, l'espace de quelques jours, était morte. Il n'en restait qu'une femme frileuse, trop lâche pour faire face à son passé, affichant traiteusement un sourire factice. Dean n'appréciait pas cette femme. Mais il savait que certaines blessures laissaient des plaies béantes qui vous transformaient à jamais. Parfois en quelque chose que vous n'auriez vous-même pas apprécié.
- Tu devrais aller rejoindre papa. Il sera en retard si vous ne partez pas bientôt. Lança-t-il d'une voix sèche.
- Tu as raison. Approuva-t-elle avec un sourire d'excuse en se levant. A bientôt Dean. Souffla-t-elle en lui embrassant le front.
- Dis au revoir à papa et à Sammy pour moi. Se contenta-t-il de répondre.
- D'accord. Répondit-elle avec une petite mine.
Dean regarda placidement sa mère alors qu'elle sortait de sa chambre. Une fois à la porte, elle se retourna vers lui et le regarda avec hésitation. Elle voulait lui dire quelque chose mais n'osait apparement pas.
- Dean?
- Oui?
- Sois prudent, d'accord? Lui demanda-t-elle avec une gravité hésitante qui la caractérisait parfaitement.
- Je ne fume pas. Siffla-t-il en grimaçant un sourire.
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