Disclaimer : Les personnages appartiennent à Marvel. L'histoire, elle, est à moi, et j'ajoute que je ne touche rien pour l'écrire. Modeste bénévole.

Pairing : Tony/Loki.

Résumé : Anthony Stark, aka Iron Man, n'aime personne d'autre que lui-même. Sa vie, il en contrôle le moindre détail. Les méchants, il sait comment les stopper. Sauf Loki Laufeyson. Ça ne devait être qu'un simple sauvetage de l'Univers. Ce qui va en découler ne faisait pas du tout partie de ses plans.

Voici le chapitre XXV, qui est loin d'être le meilleur, mais qui est une transition pour le reste de l'histoire. J'avoue que cette dernière tourne un peu en rond, mais elle continue de m'inspirer, malgré tout. N'hésitez pas à poster vos avis et critiques, je suis toute ouïe.

Bonne lecture,

AMAZINGmadness, votre serviteur.

BACK FROM THE DEAD ; SKYLAR GREY.


XXV – YOU & I (ONCE UPON A DREAM).

Tony.

Il y a des gens qui tombent amoureux. Du genre, tout le temps. Ça n'a en fait rien d'extraordinaire, rien de miraculeux. C'est la vie, c'est comme ça, des gens qui meurent, des gens qui s'aiment, et puis voilà, la Terre continue de tourner sur son axe, bravo et merci.

Encore aujourd'hui, Anthony Stark se demande comment il a pu en arriver là. Ici, New-York City, dans une armure bousillée, claudiquant et maudissant le monde entier d'être si foutument sinistre. Comment on en arrive à aimer quelqu'un qu'on détestait tant ? Le Tesseract, bien sûr, mais ce n'est pas tout. Anthony a toujours eut cet attrait morbide pour tout ce qui serait capable, de près ou de loin, à le détruire : l'alcool, la drogue, les femmes mariées, les voitures, la technologie, les prostituées, foutre en rogne les méchants, Loki.

Entre autres, parce que c'était une liste impossible à conclure.

Les tabloïds en avaient pour leur argent : Stark sniffant de la coke sur le ventre d'une strip-teaseuse; Stark en plein coma éthylique dans un caniveau new-yorkais; Stark tire sur un paparazzi à la sortie d'une boite; Stark est Iron Man; Stark attaqué par un fou lors du Grand Prix de Monaco; Stark à l'hôpital, charmeur d'infirmières, les photos d'une plaie ouverte au thorax directement sur le web; Stark couchant avec l'ennemi numéro un, Loki Laufeyson – pour celle-là, aucun paparazzi n'avait été capable de trouver des photos potables.

Il y avait certaines choses plus ou moins vraies et plus ou moins croyables. Mais, en gros, Anthony admet aujourd'hui volontiers qu'il a été, un jour, le plus grand connard de cette décennie. Et, Loki a toujours été d'accord avec ça, bien qu'il puisse également prétendre au titre, en fait.

C'est peut-être cela qui les rapproche tant, la destruction, l'auto-destruction, et tout ça. La mégalomanie, l'égocentrisme. La rédemption. Ils ne sont pas si dangereux, il était enfin tant que quelqu'un s'en rende compte.

Et, désormais, Stark attaquait en justice ses détracteurs et faisait disparaître les vidéos et articles compromettants. Parce qu'il avait une fille, une toute petite fille, et qu'elle était bien trop intelligente pour son propre bien. Et il en avait marre qu'elle revienne de l'école les yeux rouges, lui racontant comment les autres l'avait traitée de monstre et avaient dit que ses parents étaient anormaux.

L'alcoolique-multi-milliardaire Stark et l'alien-qui-avait-tenté-de-nous-asservir Laufeyson. On devrait peut-être te faire classe à la maison, Jézabel, ça serait certainement plus simple pour tout le monde.

Comment en sommes-nous arrivés là ? Eh bien, en général, les gens qui s'aiment font des enfants, achètent une baraque, un chien, se disputent, puis se séparent en hurlant l'un sur l'autre les pires atrocités du monde. Et on paye au gosse une bonne thérapie pour qu'il puisse s'en remettre. C'est surtout ce que les gens normaux font. Eux, cela avait été un peu plus compliqué.

- Papa, pourquoi est-ce qu'il est comme ça ? Pourquoi est-ce qu'il essaye de te tuer ?

- C'est rien, ma puce. Hela ! Emmènes-la dans les étages, occupes-toi un peu d'elle, putain !

Un rien plus compliqué. En fait, un bébé et tout ça, Loki qui se sacrifie, Loki qui meurt, puis revit, qui disparaît et, là, maintenant, qui tente de le tuer, de les tuer.

Bref, dans une certaine logique, l'être qui ne pouvait changer et blablabla, cela semblait tomber sous le sens.

- Il est complètement malade ou quoi ?! Il est dans le camp d'Amora maintenant ?

Et, toute cette affaire commençait à donner la migraine au pauvre Anthony. Les choses ne se déroulaient jamais comme prévues. Cela aurait dû être le paradis, une villa au bord de la mer, plein d'autres bébés et, surtout, surtout, énormément de sexe, mais pas ça. Loki avec son sourire dément, les yeux littéralement en feu, qui détruisait, tuait, et pan Maria Hill, oh merde pas Hill !

Le SHIELD planifiait l'évacuation de la population et Clint claudiquait frénétiquement sur sa béquille, son arc pendu dans son dos, hurlant sur ses hommes et passant de l'un à l'autre sans relâche.

- Tony, putain, fais quelque chose ! Fury veut qu'on l'abatte !

- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ?! C'est comme s'il ne me reconnaissait pas !

- Bordel de merde, en moins d'un an vous en êtes venus à tellement vous connaître que vous avez même fini par faire un gosse, alors ça m'étonnerait fort qu'il t'ai si vite oublié !

Putain de Dieu de merde. Loki Laufeyson, Dieu du mensonge, du mal et puis tout ce que vous voulez, d'ailleurs, ne le reconnaissait pas, il ne fallait pas être un génie pour le voir. Il avait cette même expression, comme ce jour où il avait tenté de détruire New-York, et son regard n'exprimait rien d'autre que la bestialité et une joie féroce. Anthony avait beau se montrer face à lui, parader, lui lancer deux ou trois tirs qu'il évita simplement, rien n'y faisait.

Pas de petit bond, de clignement de l'œil, de « Anthony, ohlàlà, excuses-moi, je ne t'avais pas reconnu, vas-y, je mérite d'être puni pour tous ces dégâts infligés à cette bonne vieille ville de New-York, prend mon corps et fais-moi subir les outrages les plus inavouables ! », bref, rien n'indiquait que Loki ait pleinement conscience de l'endroit où il se trouvait, de la raison de sa présence en ces lieux et, surtout, de l'identité de ceux qu'il combattait.

Et, oui, Anthony n'avait pas l'esprit clair. Il n'avait pas vu Loki depuis des mois, et la dernière fois avait été assez dramatique. C'était là sa plus grande période d'abstinence. Pas que, cela ne serait que trop peu ragoûtant, c'était également la première fois qu'il souffrait autant de l'absence d'un autre être. Le revoir lui faisait un peu perdre l'esprit, comme savoir qu'en fait, il n'était pas vraiment dans son état normal.

- Ses yeux, regardez ses yeux ! Je suis certain que c'est l'œuvre de Thanos, mon père est contrôlé par Thanos !

Iron Man en oublia de hurler contre Hela qui était revenu sur le champ de batailles, malgré ses recommandations. Il se posa non loin de l'entrée de son bâtiment, là où Steve rejoignit rapidement Hela, et jeta un regard quelque peu désespéré vers Loki, qui finissait de faire écrouler un immeuble un peu plus loin.

- Il est là.

Hela fit un pas en avant, braquant sa lance à l'éclat rougeoyant vers l'homme qui venait d'apparaitre aux côtés de Loki. La fille du Dieu serra les poings, et s'en dégagèrent immédiatement des étincelles vertes menaçantes, et Steve et Anthony durent reculer de quelques pas pour éviter d'en être victimes.

- C'est lui Thanos ? Il n'a rien de dangereux.

- Ne vous fiez pas à son apparence, mortels, il revêt celle qui sied à ses ennemis. Vous feriez mieux de faire évacuer les lieux au plus vite et de demander des renforts, si cela est bien sûr possible. Nous sommes trop peu nombreux, et si Loki est son allié, nous serons des cibles bien trop faciles à éliminer.

Est-ce qu'elle plaisante ? Peut-être. En fait, tous le pense un peu. Ils ont réussis à vaincre les Chitauris et Loki sans véritable problème. Thanos, Amora et de nouveau Loki ? Trois contre précédemment des centaines ? Juste une partie de plaisir.

L'homme que Hela décrit comme étant Thanos est grand, brun, et selon les critères de beauté terrestre il est même assez séduisant. Il porte un costume noir, élégant, et ses yeux sont en fait la seule chose qui dénotent un peu de tout ce charisme sombre et ténébreux. Il a deux orbes de métal doré qui scintillent dans la pénombre et donnent à son visage, si ce n'est une certaine allure, un côté bien plus terrifiant que tantôt. Tony dirait un prédateur, qui se délecte de la peur de sa proie. Son sourire éclatant, parfait, couplé à ces yeux là, c'est juste quelque chose qui ne peut exister que dans les films d'horreur.

Loki a un peu cette même expression. Il a les même yeux, brillant dans la poussière, et ce sourire maniaque que Tony déteste par dessus tout, qui n'est tout simplement pas lui, qui ne lui appartient pas. Lorsqu'il croise son regard, c'est comme si Loki n'avait qu'une envie, le démembrer, et cela lui tire quelques frissons d'angoisse.

Et puis, soudain, Thanos rit un peu – c'est aussi terrifiant que prévu – et attire Loki contre lui. Et il l'embrasse. Longuement. Et ils voient tous bien qu'il passe même une main sur les fesses du Dieu. C'est un peu la goutte qui fait déborder le vase, en fait.

- Okay, c'est bon, j'en ai marre. J'ai besoin d'un verre. Ou alors, que quelqu'un me colle une balle dans la tête.

Le bout du rouleau. Que Loki et lui soient séparés, il pouvait encore supporter. Que Loki se sacrifie corps et âme pour sa misérable petite personne, oui pas de soucis. Que Loki se livre à l'ennemi pour sauver ses filles, c'était raisonnable. Mais alors, que Loki se laisse embrasser, peloter et il ne savait quoi encore, par ce monstre, et ce sous ses yeux, ça, c'était véritablement inacceptable.

En fait, Tony aurait bien pu éclater en sanglots là, tout de suite, maintenant. Il n'avait pas attendu ce foutu Dieu des mois durant pour qu'il lui fasse cela maintenant. C'était injuste, c'était dégueulasse. Tony l'aimait tellement, et c'était un peu comme arracher son cœur, le dépecer vivant, et tout ça. Il y a des gens qui meurent par amour. Du genre, tout le temps.

Est-ce que le monde va pleurer là-dessus ? Putain, mais le monde s'en fout éperdument.

- Snipers en position.

- Mais, baissez vos armes, merde ! On ne va quand même pas abattre notre principal allié !

- Je crois que ce n'est plus vraiment notre allié. Ce n'est même plus vraiment Loki, en fait.

Est-ce un bon point pour la Veuve Noire ? Certainement. Ils peuvent tous se détester pour cela, mais le fait est qu'elle a parfaitement raison. Même Hela tique un peu sous l'affirmation.

Ils n'ont pas vraiment le temps d'en discuter plus. Les snipers se font descendre par une Amora hystérique à souhait, et Thanos reste en retrait pendant que Loki reprend son œuvre de destruction massive. Anthony utilise ce qui lui reste d'énergie pour échapper à un sort lancé par le magicien et retombe sur le sol dans un bruit sourd, maudissant le monde et ce foutu Dieu.

- Loki, bordel, c'est moi, Anthony ! Arrêtes de me tirer dessus !

C'est un peu magique, comme toujours. Loki s'arrête un instant, fronce les sourcils. Partagé entre la surprise de le voir réagir et la peur de se prendre un nouveau coup qui pourrait être fatal, l'homme de fer se tient stoïque, mains levées, le fixant de ses yeux sombres. Le Dieu, vêtu de son armure fétiche, baisse la main et son regard semble se faire plus sombre, Tony pourrait même y voir un peu de vert, en fait.

- Anthony ?

C'est un simple murmure, mais en l'entendant, Tony soupire de soulagement et manque de s'effondrer en pleurs de joie.

- Putain, Loki, oui c'est moi, Anthony Stark, l'imbécile de mortel que tu aimes tant.

Le Dieu penche la tête sur le côté, intrigué, et sur son visage se creuse comme de la douleur, comme si le fait de se souvenir n'avait rien de plaisant. Il y a des choses étranges, des mots, des images, et tout cela est vraiment très confus, très brumeux. Est-ce que se remémorer une part oubliée de sa vie fait mal ?

Trahison, abandon, tortures, défaite, désespoir : la réminiscence n'a rien d'agréable.

- C'est bon, vous pouvez pointer vos armes ailleurs que sur Loki, je crois que je maîtrise la situation.

-Tu crois ?

- Fais ce que je te dis, Barton.

Clint grommelle dans le micro, mais il est tout de même bien heureux de dévier la cible de tir vers quelque chose, ou plutôt quelqu'un, de plus appréciable à trouer de balles, comme Amora ou Thanos, par exemple. Lentement, Tony déconnecte l'armure et enlève son casque. Steve n'a pas eut le temps de finir de lui hurler dessus. Sans gestes brusques, il enlève tout ce qui pourrait être susceptible d'être appréhendé comme une arme par Loki. Bref, il regrette bien vite de n'avoir mis qu'un simple t-shirt sous sa belle armure en partant ce matin.

Loki le regarde comme une bête curieuse. Il ne semble animé d'aucune haine, animosité ou même joie. Il reste planté là, bras ballants, et le regarde. Son visage est lisse, sans réelle expression, mais Tony peut voir que ce n'est là qu'un masque. Ses yeux sont agités, jamais vraiment fixes. Ils passent rapidement sur son vis-à-vis pour ensuite vagabonder dans l'espace proche, et ce doré écœurant dans ses yeux passe par des nuances divergentes avec une brutalité insoupçonnable.

Thanos, qui n'est désormais plus dans leur champ de vision, le contrôle. Loki est un peu comme sa jolie et gentille petite marionnette et Tony sent la nausée l'envahir à cette pensée.

- Okay, chéri, ça va aller. Tout va bien se passer, d'accord ? S'il y a encore quelque chose à l'intérieur de ta cervelle qui perçoit ce que je te dis, ne t'inquiète pas, je vais te sortir de là.

C'était quoi, ça ? Un mantra d'auto-persuasion ? Allez, allez, on se grouille, Anthony voulait juste en revenir à une vie tranquille et stable, avec son homme auprès de lui, et il fallait un peu accélérer le mouvement. Il fallait juste qu'il assomme Loki. Non, le Dieu le frirait sur place en moins d'une seconde. Il fallait juste retrouver un peu de sa confiance. Oui, facile à dire.

- Je t'aime, Loki, je ne te laisserai pas tomber.

Un instant, Anthony pense avoir gagné. Le regard de Loki change, se fait statique. Il y a une émotion, là, tapie tout au fond, un peu d'humanité et d'espoir. L'homme retient son souffle. Il voit le vert revenir avec un soulagement douloureux.

- Tony.

Ce n'est plus une question. Bordel, il pourrait bien en pleurer de joie.

- Papa !

Statique, stoïque, il n'y a jamais rien de fixe, succession de cycles, de chaos en chaos. C'est un peu sa vie, ça. Leur vie, en fait. Des espoirs qui brûlent et des existences qui se désintègrent. L'univers qui ne tourne plus vraiment très rond.

Tony en arrive encore à pester contre la fille aînée, Hela, qui au lieu de veiller sur la petite a préférée aller se battre au côté de son petit capitaine. Génial, on applaudit, Jézabel arrivait en courant dans leur direction, sous les yeux ébahis de l'assemblée. Tony soupira, un peu las, vraiment très fatigué. Il laissa la petite s'avancer vers eux, après tout, quel mal y avait-il à cela ?

Le mal ? Tu vois, si Loki te reconnais bien par les photographies que Thanos lui a servi, s'il se souvient de ton nom et de ton visage par un effort mnésique conjoint, il n'en est peut-être pas de même pour la petite Jézabel. Lorsqu'il voit le regard de son homme reprendre un doré malveillant et une posture d'attaque, l'horreur transcende l'ingénieur. La petite, d'ailleurs, pas si étrangère à l'aura que dégage son père, se stoppe à quelques mètres de là, surprise par ce changement, un peu terrifiée aussi.

- Papa ?

- Jézabel !

On sauve ce qu'on peut, on répare les dégâts qu'on a causé. La responsabilité. Ces gamins sont une foutue responsabilité.

Loki lance un sort vers la fillette qu'il ne reconnaît pas et Tony réagit avant qu'elle ne soit touchée. Jézabel hurle et le monde est en flammes. Tony ne bouge plus vraiment. Est-ce que c'était une erreur ?

- Tony ?

Loki ne sait pas vraiment, il ne comprend pas trop ce qui vient de se passer. Est-ce que c'était une erreur ? Est-ce qu'il a fait quelque chose de mal ?

La petite fille aux cheveux bruns courre et s'accroupit près de Tony. Elle tremble et de ses petites mains, tente de secouer l'homme certainement évanoui. Elle pleure, pourquoi pleure-t-elle ? Pourquoi est-ce qu'elle hurle et pourquoi est-ce que cela le fait pleurer aussi ? Il essuie une larme qui roule doucement sur sa joue couverte de poussière, et il a un peu de mal à comprendre qu'il vient bien de tenter de tuer sa propre fille et qu'il est certainement parvenu à descendre son amant.

Et, alors, il n'y a plus qu'une pensée. Quelque chose qui monte lentement, qui prend la place, et Loki est soudain plié en deux, il a mal au crâne, sa tête va exploser et, merde, bordel de merde … Qu'est-ce que j'ai fais ?


En attendant le chapitre XXVI, n'hésitez pas à me faire part de vos avis !

Bonne nuit !