Bonjour à tous, j'imagine que vous ne m'attendiez plus. Je n'ai pas du tout tenu ma promesse, je l'avoue... cependant, pour ma défense, je n'avais plus la moindre inspiration pour le dernier chapitre de ce premier "arc". Je ne suis pas totalement satisfaite de ce chapitre, toutefois, je ne pense pas être capable de mieux pour le moment. Je partirai sur de meilleures bases pour la suite, qui viendra, promis, mais je ne sais pas encore quand exactement. Je vous souhaite bonne lecture, merci pour vos reviews et n'hésitez pas à me faire part de vos réactions, cela me fait toujours très plaisir !
Hermione tentait de se concentrer sur l'ouvrage qui se trouvait devant ses yeux, mais tout son esprit était occupé à autre chose. Elle ne lisait pas, ses yeux étaient fixés sur un point imaginaire entre les pages. Accoudée sur la table, les turbines fonctionnant à plein régime, Hermione ne parvenait pas à s'inquiéter pour les examens de fin d'année. Ils commençaient dans 3 jours. Pourtant, toutes ses pensées étaient tournés vers Drago Malefoy, prince noir de Poudlard.
Elle ne le voyait presque plus, le croisant rapidement dans les couloirs, et quelques fois dans leurs appartements. Il ne touchait plus à la boisson, sa bouteille prenait la poussière au-dessus de la cheminée. Toutefois, ses sourcils étaient toujours froncés, son front plissé, témoignant de son inquiétude. Il rejoignait toujours Hermione dans son lit, se glissant discrètement entre les couvertures pour ne pas la réveiller. Hermione l'accueillait, sans un mot. Il ne voulait pas lui parler de ce qui le préoccupait.
Il revenait toujours plus tard, dormait toujours moins, et devenait mutique. Oui, quelque chose le préoccupait profondément.
Hermione avait une sensation étrange, un mauvais pressentiment qui la rongeait de l'intérieur. Elle ne savait pas pourquoi elle s'inquiétait tant, Drago avait toujours été mystérieux, mais là, elle sentait qu'une menace planait au-dessus de leur tête. Elle sentait qu'il lui échappait peu à peu.
Alors à son tour, ses sourcils se fronçaient, son front se plissait, et elle se réfugiait dans sa tête, réfléchissant encore et encore pour mieux comprendre ce qu'il se passait autour d'elle, nourri par cette envie irrépressible de tout comprendre et tout contrôler.
- Hermione ?
Elle était certaine qu'il rendait visite à ses copains les mangemorts tous les soirs, tous les jours. Evidemment, jamais il ne lui ferait part des plans qui se tramaient parmi eux.
- Hermione !
Elle sursauta sur sa chaise, relevant brusquement les yeux sur Harry qui la regardait, inquiet.
Tu es sur la même page depuis au moins 20 minutes, Hermione, fit-il remarquer.
- Oh. Je réfléchissais.
Tu réfléchis beaucoup en ce moment, Hermione. Quelque chose ne va pas ?
- Non. C'est Drago.
Harry fit de son mieux pour que son visage reste inexpressif. Il faisait tous les efforts du monde pour empêcher cette expression dégoutée qu'il avait habituellement, de surgir sur son visage lorsqu'il entendait le nom du Serpentard.
- Quoi, Malefoy ?
- Il est souvent absent. Il mijote quelque chose.
- Avec les mangemorts ? dit Harry avec précipitations, incapable de se contenir aussi longtemps.
Hermione ne s'en formalisa pas. L'inquiétude d'Harry était légitime. Elle se serait menti à elle-même si elle avait dit que cela n'avait rien à voir.
- Comment va Dumbledore ? demanda-t-elle sans la moindre transition.
Harry se rembrunit, perdant son regard quelque part à l'horizon à travers la fenêtre de la bibliothèque qui donnait une vue imprenable sur le lac.
- Pas bien. Il rapproche nos rendez-vous petit à petit, alors qu'il est épuisé… J'ai l'impression qu'il a peur de partir très bientôt, qu'il se dépêche de m'en apprendre le plus possible pour que je puisse battre Voldemort. Il s'affaiblit. Il n'en a plus pour longtemps.
- Tant qu'il est en vie, nous sommes en sécurité à Poudlard.
Harry ne répondit rien. Ils restèrent silencieux pendant un long moment tous les deux. Chacun était plongé dans les tréfonds de son esprit, ruminant leurs sombres pensées.
Ils n'avaient que 16 ans, ils étaient toujours des enfants, forcés de grandir un peu trop vite. Hermione aurait tout donné pour ne plus entendre parler des histoires de Voldemort, ou tout simplement ne pas connaitre ce nom qui la terrifiait. Quelques fois, elle se surprenait à se demander ce qu'aurait été sa vie si elle n'avait jamais reçu cette lettre à 11 ans. Elle suivrait des cours moldus, l'esprit libre de cette peur écrasante qui l'empêchait de dormir le soir. La responsabilité d'aider l'élu à détruire la plus grande menace sorcière pèserait sur quelqu'un d'autre, et tout s'arrangerait peut-être sans qu'elle n'aurait eu à lever le petit doigt.
Mais Hermione était une sorcière, la meilleure amie d'Harry Potter, l'élu. Et c'était à elle de l'épauler et de supporter le destin de celui-ci avec lui, car c'était bien trop lourd pour un trop jeune garçon.
- On y arrivera, Harry, soupira-t-elle en refermant son bouquin.
- Oui.
Il referma son livre aussi et le fourra dans sa besace.
- Je dois aller voir Slughorn. On se voit plus tard.
Hermione hocha de la tête, déjà replongée dans ses inquiétudes.
Hermione entra dans les appartements qu'elle partageait avec Drago Malefoy. La tête plongée entre ses mains, il fixait le bois de la table d'un œil hagard. Ses pensées tourbillonnaient sans fin et sans solution à l'intérieur de son crâne au bord de l'implosion.
- Drago ?
Il ne réagit pas.
- Drago, appela-t-elle à nouveau en posant sa main sur son épaule.
Elle sentit les muscles de son dos se contracter, comme si son contact lui hérissait le poil. Elle ignora ce sentiment, affrontant son regard orageux.
- Qu'est-ce qui se passe ?
- Rien qui ne te concerne.
Hermione se retint de lui faire la remarque que cela ne pouvait que la concerner, surtout s'il s'agissait de ses complots mangemorts. Après tout, elle était leur cible.
- Je vais partir, Hermione.
Sa voix avait été insensible, totalement dénuée du moindre sentiment alors qu'Hermione pouvait sentir son cœur s'étreindre violemment.
- Ne t'en va pas, Drago, dit-elle, fébrile.
- Et pourquoi je resterais ? cracha-t-il brusquement. Pour toi ? Pour tes beaux yeux de sang de bourbe ? Pour l'amour qui coule dans les veines de Saint Potty ?
Sa cruauté était revenue, unique moyen de défense contre Hermione et contre lui-même. Il cherchait à se convaincre lui-même lorsqu'il lui crachait ses insanités à la figure, pourtant, il lui semblait que sa voix sonnait faux à ses oreilles. Pourtant, la douleur apparut sur le visage d'Hermione. Son mensonge était finalement crédible.
- Et bien va t'en alors. Tue et fais du mal. Peut-être même que tu pourras me tuer de tes propres mains, réjouis-toi. Je perds mon temps avec toi.
Elle ne lui laissa pas le temps de la retenir, elle disparut dans sa chambre, qu'elle ferma d'un sort. Ce n'était qu'un imbécile, elle n'avait plus de temps à perdre avec lui. L'année touchait à sa fin, et Harry avait besoin d'elle plus que jamais.
Elle ne quitta sa chambre que pour le diner, rejoignant Harry, plus morose que jamais.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? s'étonna-t-elle.
- J'ai réussi à obtenir ce que je voulais de Slughorn mais… c'est plus horrible que ce que je pensais.
Harry lui expliqua alors ce que le souvenir avait révélé : Voldemort avait créé sept horcruxes. C'était quelque chose d'inhumain, Dumbledore avait tenté de lui expliquer. Il s'agissait d'une mutilation effroyable de son âme. Diviser en sept son âme, était tout simplement abominable. Et surtout, cela rajoutait une tâche considérable à Harry. Il devait trouver les 7 horcruxes avant de pouvoir affronter Voldemort. Le journal était détruit, la bague des Gaunt également, cela faisait déjà deux horcruxes de moins. Il en restait 5, et Harry n'avait pas la moindre idée de ce que cela pouvait être. Pour le moment. Mais cela ne l'aidait pas à avoir espoir.
- Je suis sûre qu'on pourra le faire, Harry. Voldemort ne choisirait pas n'importe quoi pour abriter une partie de son âme. Il doit y avoir des indices quelque part.
Les méninges d'Hermione tournait déjà à mille à l'heure, épuisant Harry.
- Ce soir, nous allons en chercher un autre avec Dumbledore. Il m'emmène avec lui. Il n'y en aura plus que quatre à trouver si on réussit.
Harry quitta la table tôt pour rejoindre le directeur dans son bureau et Hermione n'avait pas le courage de rester à la table des Gryffondor et feindre sa joie. Elle ne parvenait plus à faire semblant. Elle avait ce sentiment grandissant que la guerre était proche, plus proche que n'importe qui le pensait. Elle ne comprenait pas comment des sourires pouvaient s'afficher sur tous les visages peuplant Poudlard, alors qu'une terrible menace pesait sur l'école. La plupart l'ignorait, cela jouait sans doute.
Lorsqu'elle entra dans leurs appartements, Drago enfilait son manteau. Sa mâchoire se carra lorsqu'il l'aperçut.
- Où est-ce que tu vas ?
Un vide énorme semblait se creuser dans son ventre, sans qu'elle ne sache trop pourquoi. Il leva les yeux vers elle, et elle comprit. Il partait. Il partait et ne revenait pas.
- Nulle part, répondit-il finalement.
Elle lâcha sa besace sur le sol, les épaules faibles et les mains tremblantes. Tout semblait lui échapper. Elle le regarda s'approcher du tableau. Il se figea un instant.
- Ne pars pas, Drago… s'il te plait.
- Je reviendrai, dit-il d'une voix qui ne la convainc pas.
- C'est faux.
Elle se rapprocha, le tirant doucement par le poignet pour le forcer à la regarder. Elle attrapa son visage, lui adressant son sourire le plus convaincant, mais cela devait plutôt ressembler à une grimace.
- Je dois y aller.
Elle pouvait voir l'ampleur du désespoir qui imprégnait son âme à travers son regard gris torturé. Il sentait l'alcool. Il avait bu. Et il aimait boire lorsqu'il ne voulait pas penser, pas réfléchir aux horreurs qu'il s'apprêtait à commettre ou celles qu'il avait déjà commises.
- Je sais, dit-elle finalement.
Elle l'attira contre lui, le serrant dans ses bras avec la volonté de lui faire ressentir tout ce qu'elle ressentait à ce moment là. Elle voulait lui faire sentir tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui, tout le soutien qu'elle aurait aimé lui donner.
- Je t'aime, souffle-t-elle. Je ne t'oublierai pas.
Il enfouit son visage dans son cou, humant une dernière fois cette odeur si particulière qui l'enivrait. Il l'aimait lui aussi. Il aurait aimé lui hurler son amour, lui hurler ses regrets. Il aurait aimé rester avec elle, tout abandonner, mais il ne pouvait pas. Il avait un marché à respecter, et c'était la seule façon de la protéger. Il ne pouvait pas rester avec elle s'il voulait qu'elle vive. Alors elle le haïrait, il le savait, mais il pourrait toujours se perdre de temps en temps dans ce regard chocolat, même s'il ne lui adressait que du venin.
- Je t'aime, petite chose.
Et il tourna les talons. L'atmosphère avait une odeur de regrets, et de peine.
Ils n'étaient que des ados.
Harry manqua de s'écrouler alors qu'il supportait tout le poids de Dumbledore sur ses épaules qui avait usé ses dernières forces pour transplaner dans l'école. Son cœur battait à tout rompre, alors qu'il avait vu son mentor, le sorcier le plus puissant de son époque, dans un état de faiblesse inquiétant. Il avait senti la terreur s'insinuer dans son corps en comprenant que l'homme invincible qu'il s'imaginait, était un vieillard comme tous les autres : il se fatiguait.
- Merci, Harry, souffla le Pr. Dumbledore qui s'appuya sur la rambarde en haut de la tour d'astronomie. Tu m'as été d'une grande aide, ce soir.
- Vous vous sentez mieux, professeur ? demanda Harry, la voix un peu faiblarde.
- Eh bien, je pense que je vais avoir besoin d'un grand repos, mais après un ou deux chocogrenouilles, je devrais me sentir un peu mieux, dit-il avec un air malicieux.
Mais Harry n'était pas d'humeur à rire. Il ne parvint pas à arracher un sourire à son visage qui semblait atrophié dans une expression de peur panique.
- Va chercher le Pr. Rogue, s'il te plait.
A peine Harry amorçait un mouvement vers l'escalier en colimaçon, il entendit une porte claquée. Les sens en alerte, Harry se figea, cherchant une réponse sur le visage de Dumbledore, mais celui-ci semblait aussi surpris que lui.
- Va te cacher, et surtout, ne te montre pas. Quoi qu'il arrive.
Harry eut juste le temps de se dissimuler sous la plateforme, derrière une réplique du système solaire, que des pas pressés frappaient sur les marches métalliques de la tour d'astronomie. Lorsqu'il reconnut cette caractéristique chevelure blonde, il voulut amorcer le mouvement vers lui, mais il sentit son corps se raidir, les bras soudés à son buste. Il aurait reconnu le sortilège du saucisson entre mille. Il releva la tête, et croisa le regard du Professeur Dumbledore. Ses yeux d'un bleu pétillant ne laissait que peu d'imagination sur le responsable de ce sortilège.
Impuissant, Harry ne put que subir le spectacle. Les quelques rayons de lune qui transperçaient les nuages épais et gris éclairaient tristement la tour d'astronomie. Le ciel était maussade en cette nuit de juin. Le tonnerre gronda au loin.
- Expelliarmus !
La baguette du Professeur Dumbledore s'envola dans la pièce, s'écrasant sur le sol comme un vulgaire bout de bois quelconque. Elle n'avait rien de magique loin de la main prodigieuse de son propriétaire.
- Drago, que fais-tu là ? demanda le Professeur Dumbledore.
- Vous le savez très bien.
Des cris déchirèrent la nuit.
- Je vois que tu as permis à tes amis d'entrer dans l'école. Je suis curieux de savoir comment tu as procédé pour contourner les barrières magiques.
Drago, la baguette tendue vers le professeur Dumbledore, faisait pâle figure. Harry ne l'avait jamais vu dans un tel état, et il se demanda si c'était à ce Drago auquel Hermione était confrontée chaque soir lorsqu'elle retournait dans ses appartements. Il pouvait voir sa main traversée de spasmes incontrôlables, et une seconde, il eut pitié de ce garçon avec qui il avait grandi. Ils avaient eu des différends. Ils se haïssaient. Mais ils avaient grandi tous les deux, à l'abri des murs de Poudlard, loin du fardeau que le destin leur destinait. Et Malefoy, il n'avait rien de différent. Il n'était qu'un garçon, tout comme lui, sur qui on avait posé des responsabilités dont il ne voulait pas. Il était l'élu. L'élu de Voldemort, lorsque lui était l'élu de Dumbledore. Aucun d'eux n'avaient le choix. Ils devaient se battre ou mourir.
Il y avait une armoire à disparaitre dans la salle sur demande. L'autre était chez Barjow & Beurk. J'ai réparé celle de la salle sur demande. Et maintenant, ils sont là. Vous avez perdu.
Il n'y avait aucune conviction dans sa voix. Elle tremblait presque autant que sa main.
- Et maintenant, je dois vous tuer.
- En es-tu sûr, Drago ? En as-tu vraiment envie ? Tes quelques tentatives n'étaient pas convaincantes.
- Je dois le faire. Je dois le faire, sinon… sinon, il me tuera.
Sa voix se brisa sur le dernier mot. Il était terrifié. Harry pouvait sentir sa peur jusque dans ses entrailles. Parce que c'était la même peur qui l'animait chaque soir lorsqu'il se couchait, ressassant les nombreuses leçons de Dumbledore qu'il s'efforçait de suivre du mieux qu'il pouvait. Mais comment pouvait-il faire le poids ?
- Et il la tuera, elle aussi.
Hermione.
- Il y a une autre voie pour toi, mon garçon. Tu la connais.
Sa baguette déclina quelque peu. Une porte s'ouvrit brusquement plus bas, et Harry vit Greyback et Bellatrix Lestrange grimper à toute vitesse les marches qui les séparaient de Malefoy. Le sang d'Harry ne fit qu'un tour lorsqu'il aperçut la chevelure indomptable de la folle qui avait ôté la vie de son parrain. Cette folle alliée qui était la plus dévouée des serviteurs de Voldemort. Son rire de folle déchira le silence lourd de la tour d'astronomie, hérissant le poil d'Harry.
- Tue-le, Drago, souffla-t-elle à son oreille.
Drago resta immobile, et Harry avait envie de fermer les yeux. Il n'avait pas envie de voir ce qui allait se passer. Il ne voulait pas voir la fin de cet homme qu'il avait considéré comme un père spirituel. Et pourtant, une curiosité morbide l'empêchait de détourner le regard, comme cherchant la douleur cuisante qui ne saurait tarder.
Malefoy se tourna brusquement, pointant sa baguette sur Greyback. Harry n'entendit même pas le sort être prononcé, un rayon vert jaillit de la baguette d'un bois sombre de Malefoy et heurta de plein fouet Greyback qui s'écroula aussitôt. Le sourire de Bellatrix se figea une seconde avant de disparaitre pour ne laisser qu'une grimace monstrueuse enlaidir ce visage parfait et aristocratique.
- Stupéfix.
La voix grave du professeur Rogue gronda en même temps que le tonnerre, et Bellatrix fut immobilisée.
- Severus…, souffla le professeur Dumbledore. S'il vous plait. Aidez-moi.
Rogue jaugea longuement le vieil homme, et Harry sut. Harry sut que Dumbledore mourrait.
- Avada kedavra.
Le sort toucha Dumbledore en pleine poitrine, et son corps tomba par-dessus la barrière, désarticulé.
- Personne ne doit savoir, Drago.
- Bella…
- Oubliettes !
Elle tourna de l'œil, s'écroulant sur le sol.
- Partons. Personne ne doit savoir.
Harry avait retrouvé l'usage de son corps mais la peine le paralysait. Il avait mal. Tellement mal. Il y avait eu tellement de morts. Il ne le supportait plus. Il ne pouvait plus. Il ne voulait plus voir ses amis mourir pour lui. Il ne voulait plus être le centre de cette guerre. Tout devait s'arrêter où il mourrait de douleur.
Ils méritaient tous de mourir pour le mal qu'ils faisaient.
Il partit à la poursuite de Rogue, Malefoy et Bellatrix. La colère parcourait ses veines comme jamais elle ne l'avait fait. Il ressentait une haine sans nom pour les mangemorts, pour tous ceux qui avaient détruits sa vie et bien d'autres vies. Il jetait des sorts à tout va, sans trop savoir s'il touchait qui que ce soit. Bellatrix qui avait repris conscience, incendia la cabane d'Hagrid qui devint un gigantesque brasier.
Tout n'était que désolation.
- Arrêtez de fuir ! hurla-t-il à Rogue. Sectumsempra.
Rogue se retourna brusquement, renvoyant le sort d'Harry dans le ciel. D'un sort informulé, il projeta Harry à plusieurs mètres de lui.
- Comment osez-vous utiliser mes propres sorts contre moi, Potter ? Vous n'êtes qu'un morveux ingrat. Dumbledore n'aurait jamais dû placer sa confiance en vous.
Harry croisa le regard sombre de Rogue à travers ses lunettes brisées. Ses mots étaient bien plus douloureux que le sortilège.
- Il vous faisait confiance, sanglota Harry. Et vous l'avez tué.
- Ne parlez pas de choses que vous ne comprenez pas.
Dans un bruissement de cape, il détourna son attention d'Harry pour rejoindre ses deux accolytes. La marque des ténèbres rugissait dans les nuages sombres. Une pluie lourde commençait à tomber des nuages d'un gris-noir. Harry se releva difficilement. Il rejoignit la cour où une foule s'était réunie autour du corps inerte d'Albus Dumbledore. Il avait presque l'air de dormir. D'un repos éternel et reposant.
Il n'avait plus à se soucier de la guerre, de Voldemort, du destin du monde, et Harry l'envia une seconde.
Il aurait aimé être débarrassé de ce fardeau qui le forçait à arquer les épaules, lui faisant le dos rond.
Dumbledore était mort. La guerre avait sonné. Il n'y avait plus rien entre lui et Voldemort.
