On replonge tête la première dans l'aventure et la quête des indices.

Bonne lecture et merci pour les reviews !

Disclaimer : Les personnages et le monde de Naruto appartiennent à Masashi Kishimoto. Je ne gagne aucun centime avec leur utilisation, juste le plaisir d'écrire.


25 - Le bureau du Sandaime

Kakashi tourne dans un autre couloir, avance sur quelques mètres puis se dirige vers une porte à notre gauche.

- J'ai passé des heures et des heures en faction devant cette porte lorsque j'étais plus jeune. Si je me souviens bien …

Il fait bouger quelques panneaux de la porte et une serrure à combinaison apparait.

- Vous permettez, Sensei ?

L'homme aux cheveux gris se retourne vers moi et, le sourire aux lèvres, se recule.

- Mais avec plaisir, Sasuke.

Je me présente face à la serrure et enclenche mon Sharingan. Il s'agit d'une sorte de jeu de taquin. L'usure sur les pièces m'indique aisément le trajet à suivre pour ouvrir la porte. Quand le petit cliquetis indiquant l'ouverture de la porte résonne, je porte ma main à mon sabre.

- Restez derrière moi.

Tous mes sens en éveil, je fais glisser légèrement la porte. J'aperçois immédiatement les parchemins explosifs cachés et surtout, les filaments qui doivent les déclencher. Ils sont étranges, bien plus fins que d'ordinaire mais ce n'est pas le moment de les tester. Je préviens mes compagnons de larcin sans prendre la peine de me retourner :

- Vicieux, le Sandaime. Piéger son bureau, c'est pas gentil … Soyez sages, je reviens.

Je remise mon sabre dans son fourreau et me faufile entre les fils en prenant bien garde à ne rien toucher. Après quelques sauts et pirouettes sur les mains, je me retrouve accroupi au centre de la pièce. Les trois yeux posés sur moi par l'entrebâillement de la porte me font sourire. Bon. Réfléchis Sasuke. Le Sandaime se tenait à longueur de journée dans cette pièce et les ninjas défilaient devant lui. Il devait garder ses documents secrets à portée de vue. J'élimine donc d'office le mur dans son dos. La décoration de la salle n'a pas bougé depuis la mort du Sandaime. Il y a encore les bannières sur tous les murs, aux couleurs du village ou avec des mots clés de la vie de Ninja. Il reste également quelques coussins au sol, jetés sur le tapis qui recouvre le fond de la pièce. Je porte mes yeux écarlates sur les parois de chaque côté de la porte. Rien. Aucune cache secrète. Souviens-toi, Sasuke, tu es déjà venu dans cette pièce quand tu étais enfant. Le Sandaime était à son bureau. Bureau ? Il n'y a pas de bureau dans cette pièce. Le Sandaime travaillait au sol. Il était assis sur le tapis derrière moi, face à la porte. Je me retourne et examine plus consciencieusement la surface laineuse. Je pose ma joue sur la matière et regarde le niveau du sol. Une légère bosse se situe à l'extrémité droite du tapis. En gardant un œil sur les fils des parchemins explosifs, je me déplace jusqu'à la déformation que j'ai repérée. En tâtant, je constate qu'il s'agit d'un bouton, une sorte d'interrupteur. Je jette un regard vers la porte d'entrée. Ils sont toujours là, le regard fixé sur moi. Je souffle un bon coup et appuie d'un coup sec sur le bouton. Un léger claquement m'indique la fermeture de quelque chose puis les filaments qui relient les parchemins explosifs disparaissent dans un scintillement bleu. Du chakra ? Technique intéressante mais mauvaise pioche pour moi, ce n'était pas la cache.

- Sensei, Naruto, la voie est libre, entrez !

Prudemment, Kakashi pousse le battant et pénètre dans la pièce, Naruto sur les talons.

- Je suis venu des milliers de fois dans cette pièce et j'ignorais qu'elle était piégée. Bien joué Sasuke.

- Je ne te savais pas si souple, Teme.

- Je n'ai pas fait que compter les écailles des serpents en quatre ans, Dobe. Merci Sensei.

- Les enfants, je ne voudrais pas vous presser, mais nous n'avons pas toute la journée pour trouver cette cache, si elle existe.

- Votre ami Obito me l'a assuré.

- Sasuke, Obito était le garçon le plus menteur qu'il m'ait été donné de rencontrer.

- Alors prions pour qu'il ait changé avec l'âge.

Mon attention est soudain attirée par Naruto. Il arpente la pièce, le nez en l'air, un sourire triste sur les lèvres.

- Je venais souvent dans cette pièce quand j'étais petit. Iruka-Sensei m'envoyait ici quand il me punissait à l'Académie. Le Sandaime me mettait un coussin au sol dans ce coin-là, derrière toi Sas'ke, et je le regardais traiter les affaires courantes.

- Le Sandaime était discret, mais il a toujours gardé un œil sur toi, Naruto.

- Je sais. J'ai compris qu'il ne pouvait pas intervenir lorsqu'on me faisait du mal mais je regrette surtout de ne pas avoir pu le remercier d'avoir placé les bonnes personnes sur ma route, à commencer par toi, Kakashi … J'aurais juste aimé qu'il me dise …

- Il n'est pas le seul fautif tu sais. Tout comme lui, je connaissais ton histoire. Je suis l'élève de ton père et je me suis occupé de la sécurité de ta mère tout au long de sa grossesse. J'aurais dû te dire ce que je savais avant.

- Je ne t'en veux pas Kakashi. Tu as fait ce que tu jugeais bien pour moi, et finalement, tu ne t'es pas beaucoup trompé. J'ai dix-sept ans et tout va pour le mieux pour moi. Le passé, c'est le passé.

- Dobe … tu as vu le Sandaime travailler ? et des ninjas rentraient dans la pièce pour le rencontrer ?

- Oui, souvent.

- Et tu as vu le conseil aussi ?

- Les vieux croûtons ? oh oui, ils venaient à chaque fois que j'y étais, mais ma présence les faisaient fuir alors ils ne restaient pas longtemps.

Je baisse la tête vers le sol, préoccupé par mes pensées. C'est une main sur mon épaule qui me fait reprendre conscience du monde qui m'entoure. Kakashi est tout près de moi et me murmure :

- Sasuke, tu as une idée ?

- Oui, mais … elle n'est pas réalisable.

- Quelle est-elle ?

- Je peux lire les souvenirs avec mon Sharingan. Le Sandaime a dû machinalement vérifier la bonne fermeture de sa cache à l'arrivée de visiteurs dans son bureau, et encore plus s'il s'agissait des anciens. Mais je ne vois pas comment vous apprendre à le faire en quelques minutes.

- Pourquoi veux-tu me l'apprendre ?

- Naruto refuse que je pratique mon dojutsu.

- Quoi ?

- Je devais l'utiliser sur Saï, mais la situation a … dégénéré. Je ne tiens pas à réitérer cette expérience en le tentant sur lui.

- Eh ! Qu'est-ce que vous conspirez tous les deux ?

Kakashi et moi échangeons un regard alors que je m'assois à l'endroit où le Sandaime s'asseyait. Le bouton déclencheur des fils de chakra est à portée de ma main. Je promène mon regard sur les murs autour de moi. A l'exception des banderoles couvertes de sérigraphies, il n'y a aucune décoration sur les murs à l'exception … de petits carreaux verts éparpillés sur les murs peints en jaune. Certains d'entre eux sont plus ternes que d'autres. Sur le mur derrière moi, se trouvent de grands panneaux qui déclament les maximes préférées de l'occupant des lieux. Kakashi est actuellement en train de les examiner. Aucune fenêtre, aucun souvenir personnel. Ce bureau est froid, triste, strict, reflet de l'époque troublée qui a succédé à la guerre .

- Kakashi-Sensei …

- Oui Sasuke…

- quelle était l'arme préférée du Sandaime ?

- La réponse est facile : il s'agit de son bâton Kongounyoi qui abritait son invocation. Il ne le quittait jamais.

- Un bâton … avec des propriétés extensibles ?

- Euh oui. Je l'ai déjà vu prendre diverses formes, celle d'une longue lance en particulier.

- Et celle d'une étoile ? ou plutôt d'une échelle ?

- Pardon ?

- L'avez-vous vu prendre la forme d'une échelle, ou tout du moins, un bâton avec des barreaux perpendiculaires et d'autres horizontaux.

- Non. Mais je pense que si le Sandaime pouvait le modeler selon son bon vouloir dans un sens, pourquoi pas dans la largeur aussi. A quoi penses-tu ?

- Naruto, tu peux toucher le carreau de faïence au mur, au-dessus de ta tête, à droite ? et celui qui est à ta gauche ?

- Oui … Celui de droite est plus rugueux que celui de gauche.

- Usé ?

- Oui, on dirait bien.

Kakashi s'approche d'un autre carreau et le touche à son tour.

- Tu penses qu'ils sont liés ?

- Oui. Si je compte bien, il y a vingt carreaux usés. Il y en a aussi au plafond. En utilisant la capacité de transformation de son bâton et en se plaçant au centre de la pièce, il doit être possible d'effectuer une pression sur tous les carreaux simultanément.

- Sas'ke, on n'a pas le bâton de pépé-Sandaime.

- Non, mais on a des kunais. Je ne pense pas qu'il y ait un détecteur de matière sur les carreaux.

- Un tir qui atteindrait les vingt cibles ? c'est impossible Sasuke, même pour toi.

- Deux tirs de dix cibles c'est déjà plus simple, non ?

- Je vois où tu veux en venir.

- Votre sharingan vous permettrait de faire mouche à coup sûr, non ? Naruto, tu peux nous faire vingt clones qui rattraperaient les kunais avant qu'ils ne touchent terre ? et je te charge d'ouvrir les yeux histoire de voir ce que cela déclenche, si cela déclenche quelque chose. Le travail d'équipe, Sensei, n'est-ce pas ce qu'il y a de mieux ?

- Je pensais ne jamais t'entendre dire une telle phrase, Sasuke. J'aime ce nouveau Sasuke là.

Je me relève et me place au milieu de la pièce, sortant des armes de mes sacoches. Kakashi me rejoint, les mains pleines de kunais et se place dos à moi. De son coté, Naruto effectue des signes et crée une vingtaine de clones qui se mettent silencieusement en place sous les carreaux dépolis.

- Modérez vos phrases, Sensei, je ne tiens pas à affronter un Iruka-Sensei fou de jalousie.

Le Jounin éclate de rire et relève son bandeau, laissant apparaître son œil écarlate.

- Sasuke … ce ne sera pas aisé de tirer simultanément dans cette position. Je ne sens pas les mouvements de ton corps. Retourne-toi.

Je m'exécute et me retrouve face à lui. Pour la première fois, je remarque qu'il est encore légèrement plus grand que moi … plus large également.

- Tu me fais confiance, Sasuke ? sur tous les plans ?

Ma réponse est immédiate.

- Oui. Que voulez-vous que je fasse ?

- Glisse une jambe entre les miennes et rapproche-toi de moi.

J'obéis lentement.

- Passe tes bras autour de moi et pose ta tête sur mon épaule.

Je m'exécute toujours aussi lentement et glisse mes bras autour des hanches de l'homme qui me fait face. Le Jounin resserre également doucement ses bras autour de moi en une étreinte protectrice avant de me murmurer :

- Ça va ?

- Oui Sensei.

- Je présume qu' Orochimaru n'a pas dû t'apprendre ces techniques de coopération. Tu sens mes muscles bouger ? Bouge et je vais effectuer les mêmes mouvements que toi. Tu vois ?

- Oui.

- Il est clair que j'ai plus l'habitude que toi de cette technique donc tu déclencheras le tir et je copierai tes gestes en me calant sur ta respiration et le travail de tes muscles. On se sépare la salle avec le mur devant soi et celui de droite ?

- De droite. Très bien. N'oubliez pas le carreau au plafond.

- Détends toi … les contacts physiques ne sont pas ton fort, hein.

- Ça ne l'a jamais été, souvenez-vous.

- Il semblerait que tu aies encore beaucoup de choses à découvrir sur le plan des rapports physiques, si je ne me trompe. Toujours célibataire, Sasuke ?

- Ce ne sont pas vos affaires. Et si on se concentrait sur le tir plutôt que de me tester sur ma vie privée ?

- Je ne te teste pas, je te détends… le soupçon de colère que tu ressens en ce moment contre moi t'a fait oublier ton appréhension et … tu ne trembles plus.

- Bien joué, Sensei. On tire ?

- Naruto, tu es prêt ?

- Oui Kakashi.

- Je suis à tes ordres, Sasuke.

- Alors allons-y … un … deux … trois !

Les vingt kunais partirent dans le même mouvement et atteignirent les cibles en un seul bruit étouffé. Les clones de Naruto se précipitèrent et aucune arme ne toucha le sol en retombant. Le silence est devenu pesant dans la pièce, je n'entends que la respiration calme et rassurante de Kakashi qui crée un courant d'air sur mon oreille. Je ne sens que ses poumons qui se remplissent et se vident régulièrement, me berçant légèrement à chacun de ses souffles. Puis soudain, le cri de Naruto.

- Là ! derrière le panneau « shintai ».

Mais je ne l'écoute pas. Tout comme je ne vois pas les clones redonner les kunais au Naruto original, avant de disparaître. Kakashi a placé ses mains sur mes épaules et m'éloigne doucement de lui.

- Sasuke … expérience intéressante, tu ne trouves pas ?

Je baisse la tête vers le sol. Pourquoi est-ce que j'ai d'un coup si chaud ?

- Et je te prie de me croire, c'est encore plus renversant avec la personne que tu aimes. Tu sais … grandir ce n'est pas seulement devenir plus puissant, c'est aussi découvrir ce genre de contacts, et les apprécier. Orochimaru a fait de toi une arme parfaite. Je peux m'en rendre compte même sans t'avoir vu combattre mais j'espère que tu nous laisseras une chance, à Naruto, à moi, au village, de t'apprendre ces nouvelles sensations. Parce que vivre, ce n'est pas le combat, la puissance ou le pouvoir… vivre c'est ressentir, donner, recevoir et … aimer.

Le dos de son index se pose sur ma joue gauche avant qu'il ne pouffe joyeusement, puis sa main monte m'ébouriffer les cheveux.

- Je vais distraire Naruto quelques instants, le temps que tu te reprennes. S'il te voit rougissant ainsi, je crains de ne pas pouvoir arriver à le retenir de te croquer dans la seconde.

Il remue sa main dans mes mèches noires une dernière fois, puis s'adresse à Naruto en poussant la voix.

- Alors Naruto, tu as trouvé quoi ?

Kami-sama, tuez-moi. Ici, maintenant, tuez-moi. Est-il possible de mourir de honte ? Depuis quand est-ce que je rougis comme une jeune vierge ? C'est mon Sensei… ce n'est pas la première fois que je me retrouve dans ses bras. Bon, c'est la première fois depuis quatre ans, mais je ne suis plus un enfant… à moins … que ce soit justement pour ça … et c'est quoi cette allusion ? Croquer … je ne suis pas une pomme ! Je secoue violemment la tête. Je dois me sortir tout ça de mon cerveau. Ce n'est pas le moment, vraiment pas le moment de me poser des questions pareilles. Comme à mon habitude, je ferme les yeux et souffle longuement. Un deux trois. Encore une fois. Un … deux … trois. Lorsque je rouvre les yeux, une relative paix intérieure règne en moi. Naruto et Kakashi ont soulevé le panneau de tissus suspendu au plafond où est inscrit Shintai : vérité absolue, et sont penchés dans une sorte de corniche qui s'est ouverte dans le mur. Ce vieil homme avait de l'humour finalement.

Je m'approche lentement. Kakashi se retourne vers moi et me fait un signe de la tête, comme pour me confirmer que je suis présentable. Le regard noir que je lui lance le fait sourire. Je crois que j'ai perdu toute emprise sur cet homme.

- Sasuke. On a une pille énorme de documents. On va tout prendre et étudier ça au calme, qu'en penses-tu ?

- C'est parfait. Votre ami avait donc raison, Sensei.

- Oui. Obito m'étonnera toujours. Tu as tout pris, Naruto ?

- Oui c'est bon. J'ai tout scellé. On peut sortir.

- Allez-y, je replace la sécurité et je vous rejoins.

Les deux hommes se présentent à la porte, l'entrouvrent et jettent un coup d'œil à l'extérieur. Ils se glissent dans le couloir et m'attendent. Je ne mets que quelques secondes pour replacer le panneau et réenclencher le système de protection. Les fils de chakra réapparaissent aussitôt que je relâche le bouton camouflé sous le tapis. En me penchant, je note qu'il y a un couloir libre, à environ un mètre du sol. C'est assurément par-là que le Sandaime faisait glisser son bâton pour atteindre le bouton pressoir depuis la porte. Quelques pirouettes plus tard, je suis auprès d'eux. Kakashi se charge de refermer la porte et de verrouiller la fermeture codée. A l'autre bout du couloir, une fenêtre nous attire irrésistiblement.

- Sas'ke ? on va chez toi ?

Je lui réponds par un signe de la tête. Kakashi pose longuement son regard sur moi, puis s'élance par la fenêtre avant que je le suive.