.:: IL AVAIT PROMIS ::.

Et voilà, l'épilogue est là.
Je sais qu'il aura fallut beaucoup de temps pour qu'il voit le jour, j'en suis navrée...

Je dois avouer avoir été surprise en lisant, dans les rewievs, que certaines personnes trouvaient que je faisais un amalgame entre la pédophilie et l'homosexualité. J'ai été surprise parce que loin de moi cette idée, cette intention ni rien. En aucun cas ça ne m'aurait même effleurer l'esprit.
John explique qu'il est devenu fou, son père le frappait, il a tuer sa femme, il jalousait Dean d'avoir été si bien accepté par sa mère en annonçant qu'il voulait se marier avec son ami.
John n'était pas pédophile, pas concrètement. Il était fou, il voulait se venger sur son fils, lui faire subir le même martyre que ce qu'il avait subit par son propre père tout en étant ce qu'il est, homo, et en utilisant son fils pour se soulager... M'enfin bref, je suis sincèrement désolée si certaines personnes ont pensé que je faisais un amalgame, mais je pense que si ç'avait été le cas, ou mon intention, j'aurais fait que Dean tourne aussi mal que son père et devienne à son tour pédophile... Enfin, j'imagine, je ne sais pas... Mais je sais parfaitement que ce sont deux choses complètement décorrélées. Que la pédophilie est une attirance malsaine pour des enfants, sans lien avec le genre.

Donc voilà, je voulais remettre les choses au clair avant de publier l'épilogue. Je pense que ce sont ces rewievs qui m'ont quelque peu fait douter de la fin que j'avais imaginée. J'ai tenté de "rattraper le coup" en hésitant même à écrire un chapitre supplémentaire, mais j'ai fini par décider de simplement faire cette petite intro explicative, en espérant n'avoir choqué personne.

À part ça, c'est la fin de cette histoire, cette fic qui a trainé sur plus d'un an et je voulais m'excuser de vous avoir fait attendre parfois plusieurs mois entre deux chapitres. C'est promis, cela n'arrivera plus. Mes prochaines fanfic, je les écrirai en entier avant de commencer à les publier ;)
Je compte d'ailleurs terminer tout ce qui est commencé (mes défis pour la fête des pères, mon Wincest et deux autres défis qui sont en attente -des OS donc rien n'est encore visible-) avant de me lancer dans une autre fic.
Ceci dit, je peux vous dévoiler la thématique de la prochaine histoire que je compte écrire : un UA SPN Destiel Dino/Survival :D
J'espère que ça vous tentera ! :p

Et pour terminer, un immense merci à Barjy ! Une auteure de talent, un aide précieuse ! Elle m'a fait croire en mes rêves, m'a poussé au bout de mes idées, m'a aiguillé quand j'étais dans le doute, m'a conseillé à chaque étape de l'écriture de cette histoire.
Merci infiniment à elle !
N'hésitez pas à aller lire ses fics et histoires originales, c'est juste magnifique !
(mais j'ai comme l'impression que tout le monde te connais déjà :p)

Maintenant, je vous laisse découvrir la fin de cette histoire, en espérant que cet épilogue Very Happy End -un peu plus long que les autres chapitres- vous plaira ! ;)


WARNING : Lisez-les sur le prologue... Dans ce chapitre, tout est happy ! :D


Pairing : Destiel
Type : UA / Hurt-Comfort (happy end) / OOC (relatif)
Rating : M
Disclaimer : Rien ne m'appartient, si ce n'est l'histoire proposée ci-après.
Spoil : Aucun.
Note : Pardon d'avance pour les fautes d'orthographe et de frappe qui peuvent se cacher dans le texte.


:: ÉPILOGUE ::

-.'.-

[ Été 2010 ]

-'.'-

Nu sous les draps, Dean frissonna, ramenant la couverture sur ses épaules, malgré la chaleur de ce mois de juin. Il soupira avant d'ouvrir un œil, réalisant que le soleil était déjà haut, et tomba nez à nez avec Castiel, encore endormi, la figure plantée dans son oreiller.
Dean l'observa un instant, souriant, avant de le découvrir complètement, exposant le corps tout aussi nu du noiraud à la fraîcheur matinale. Ce dernier grogna tout en se recroquevillant, plongeant davantage encore son visage dans le coussin, mais se relâcha aussitôt quand il sentit le corps chaud de Dean se blottir contre lui.

- Bonjour, murmura le châtain à l'oreille de Castiel.

- 'Jour... souffla ce dernier, encore à moitié endormi.

Dean le laissa somnoler encore un peu, tout en lui caressant le dos, longeant les deux cicatrices qui avaient remplacé à jamais ses ailes, puis remonta vers la nuque avant de se laisser glisser jusqu'à la naissance de ses fesses, l'entendant gémir de plaisir sous ses doigts. Castiel frissonna et dévoila son visage afin de faire face à Dean, le contemplant en souriant.

- Bonjour, répéta-t-il plus distinctement.

- Tu as bien dormi ?

- J'ai rêvé de nous, se contenta de répondre Castiel.

- Et qu'est-ce qu'on faisait ?

- Ça, dit Castiel tout en se penchant sur lui pour l'embrasser langoureusement tout en l'entourant de ses bras avec tendresse.

Il roula sur le côté jusqu'à être couché sur Dean, entrelaçant leurs jambes, leurs deux corps collés l'un à l'autre. Dean se laissa complètement aller sous les assauts de Castiel dont les mains baladeuses lui parcouraient le torse. Puis il plongea ses doigts dans les cheveux du mécano tout en ondulant doucement le bassin, se frottant à lui de façon très explicite. Les yeux fermés, Dean sourit en sentant leurs excitations réciproques s'opposer.
Ayant déjà eu sa part de plaisir la veille, il attrapa Castiel par les épaules et le retourna d'un coup, inversant les rôles. Il se retrouva penché au-dessus de son amant qu'il observait amoureusement avant de déposer un petit baiser chaste sur sa bouche. Puis sur le menton, la gorge, le torse... Il continua ainsi jusqu'au bas-ventre, laissant à Castiel le plaisir de deviner quelles étaient ses intentions. Celui-ci se mordilla la lèvre inférieure, rougissant légèrement, réaction habituelle qui faisait toujours craquer Dean dans ces moments. Leurs regards s'accrochèrent et Dean continua sa descente, le défiant avec tendresse. Puis il posa ses lèvres sur le sexe brûlant de Castiel qui se laissait totalement faire, lui tirant une légère plainte de plaisir.
Mais les yeux de Dean dévièrent malgré lui sur le réveil qui trônait sur sa table de nuit et il s'arrêta brusquement avant de s'écrier :
- Bordel, Cas' ! On est à la bourre !

Celui-ci sursauta suite au soudain changement d'ambiance.

- D-de quoi ?

- Il est 12h30, mon rendez-vous est à 13h!

- Quoi ! s'exclama encore une fois Castiel d'une voix déchirée par la frustration.

- Promis, je m'occuperai de toi ce soir, lui lança Dean avec un clin d'œil tout en sautant dans ses vêtements.

Castiel se contenta de grogner, le visage enfoncé dans son oreiller, avant de se soumettre à ses obligations. Il se leva à contrecœur, affichant très clairement son envie de continuer la séance de câlins. Dean l'observa s'habiller et pouffa en voyant la bosse légèrement marquée au niveau de son entrejambe.

- Et ça te fait rire... ?

- Ce sera pour les fois où tu viens me susurrer tes envies soudaines à l'oreille alors qu'on est en public.

- Quand est-ce que j'ai fait ça ? se défendit Castiel, feignant à merveille l'innocence.

- Hier soir, par exemple !

Castiel se mit à rire en y repensant. Il savait que Dean pouvait très rapidement être excité avec quelques paroles stimulantes soufflées au creux de l'oreille, et il adorait en jouer quand c'était possible.
Il faut dire que, depuis le soir où Dean avait osé s'offrir à Castiel, tous deux avaient développé une relation des plus fusionnelles.
Cette première fois avait été une catastrophe, une suite de maladresses, de questionnements et de "attends...", suivi de deux orgasmes légèrement trop rapides qui, une fois le malaise passé, avaient fini par les faire rire. Une confiance mutuelle face à leurs craintes respectives leur avait permis de se sentir plus à l'aise. Et ils avaient réessayé, s'améliorant d'une fois à l'autre, trouvant leur rythme, leurs points faibles, leurs zones sensibles, leurs préférences... Trois ans après leur première fois, ils assuraient pour ce qui était de rendre l'autre dingue de plaisir.

- Le noir ou le gris ? demanda Dean à Castiel.

- Le gris, répondit Castiel sans même lever un œil tout en essayant de mettre ses chaussettes sans se casser la figure, Il fait trop chaud pour porter du noir.

Dean acquiesça et enfila le t-shirt le plus clair tout en reposant l'autre à sa place.

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-.'.-

.

Musique à fond, une main sur le volant, l'autre posée sur la cuisse de Castiel, Dean profitait du plaisir de conduire son Impala, toutes fenêtres ouvertes. Bobby avait gardé le projet secret mais avait tenu à remettre la voiture en état, sachant à quel point Dean y tenait. Il avait demandé de l'aide à plusieurs spécialistes et collectionneurs pour trouver les pièces manquantes et les matériaux adéquats. N'ayant pas beaucoup de moyens, il avait dû faire traîner les réparations sur plusieurs années, mais grâce à la complicité de Sam et Castiel, il avait fini par y arriver. Dean avait eu l'immense surprise de retrouver la Chevrolet garée devant chez lui le jour de ses trente et un an. Il n'avait pas osé l'utiliser puisque cela tombait en hiver et que les routes n'étaient pas très bien dégagées, et il craignait de lui refaire la moindre égratignure. Mais dès que le printemps avait pointé le bout de son nez, Dean s'en était donné à cœur joie.

Il avait quitté la maison de son frère un an après la réapparition de Castiel, décidant qu'il était temps, autant pour Sam et Jessica que pour lui et Castiel, que chacun mène sa vie de couple de son côté. Jessica était donc venu habiter avec Sam. Le deux pièces de Castiel étant un peu petit pour les deux hommes, Dean et lui avaient déménagé à l'autre bout de la ville dans un plus grand appartement. Il leur fallait donc près de quinze minutes pour se rendre chez Sam.

Castiel ne put s'empêcher de tourner les yeux sur les bras dénudés de Dean. Les cicatrices se devinaient encore, mais seule une personne au courant de leur existence pouvait les distinguer. Toutes sauf une ; la première, la plus significative, était bien visible et ne laissait aucun doute de sa provenance. Voilà pourquoi Dean avait décidé de la camoufler sous un tatouage. En faisant ça, il ne cherchait pas à cacher ses anciennes souffrances, sachant que bien souvent un tatouage attirait l'œil des curieux. Au contraire, il voulait apprendre à mieux l'assumer, s'y confronter, et accepter cette cicatrice comme faisant partie de lui, et faisant également parti du passé. Il y était plutôt bien arrivé jusqu'ici, mais il avait besoin de cette dernière étape. Et en ce samedi ensoleillé, lui et Castiel se rendaient à son rendez-vous au Ink'Art Corps, salon qui lui avait été recommandé par Benny.

- Tu es fixé sur ce que tu vas lui demander ? interrogea Castiel tout en baissant le son du radio-cassette.

- J'ai ma petite idée...

- Et tu ne vas rien me dire ?

- Non, je préfère que tu le découvres sur moi, répondit Dean, taquin, avant de régler à nouveau le volume de sa musique pour le mettre pratiquement au maximum.

Castiel sourit à son tour tout en relevant les yeux sur la route. Tant de choses avaient changé en quatre ans.
Lui, pour commencer.
Il n'était plus l'ange qu'il avait été, il était devenu un Homme, perdant ses ailes peu de temps après son retour sur Terre.

Il avait tout d'abord passé plusieurs semaines à errer au Paradis parmi les coupables, se torturant pour chacun de ses actes commis sur Terre et interdit par les lois célestes, prenant conscience de tout ce qui avait pu causer du tort pour une raison ou une autre. Il avait tout particulièrement souffert du châtiment qu'il avait fait subir à Luc, le cerveau noirci par le souvenir de ses agressions. Hanté par ses victimes qu'il se représentait sous forme de démons lui hurlant leur peine et qui le hantaient jour et nuit, Luc avait fini par perdre la raison, se frappant la tête contre les murs afin de faire taire leurs voix.
Puis enfin, Dieu, Père de Castiel et Père de tous les anges, avait fini par lui donner la parole, lui offrant l'occasion de s'expliquer. Castiel avait alors avoué qu'il était tombé amoureux. L'amour n'était pas un pêché aux yeux de Dieu, mais les anges ne pouvaient se permettre d'éprouver un tel sentiment, n'ayant pas le droit d'aimer un être humain plus que les autres. Castiel avait donc dû faire un choix : être libéré de ce sentiment d'amour, oubliant Dean à jamais, ou perdre ses ailes et devenir un Homme. Évidemment, Dean l'oublierait également s'il optait pour la première solution, toutes les personnes qui l'auraient rencontré n'auraient plus aucun souvenir de lui, et Dean retomberait dans la noirceur de ses tourments, angoissé, traumatisé.
Castiel ne pouvait accepter une telle chose, voilà pourquoi, sans hésiter, il avait choisi de perdre son statut d'ange.
Il avait donc eu droit à un dernier voyage du Paradis au monde humain, revenant la nuit où il était parti, effaçant le temps passé au Ciel.

Il avait subi un calvaire à la perte de ses ailes. Celles-ci s'étaient embrasées quelques heures après de son retour, illuminant la nuit de deux immenses flammes qui lui brûlaient la peau, faisant partir en fumée chaque plume qui les formaient. Castiel avait hurlé de douleur, Dean et Sam avaient été horrifiés par la scène qui se déroulait sous leurs yeux. Puis une fois que les ailes eurent fini de se consumer, ne laissant apparaître plus que leurs articulations encore rougeoyantes et fumantes, celles-ci commencèrent leur lente pénétration dans le dos, si lente qu'elle semblait imperceptible, et pourtant, Castiel la ressentait, comme si deux lames chauffées à blanc s'enfonçaient dans ses chairs. Cela dura une semaine, après quoi, il eut l'impression que tous ses organes étaient eux aussi en feu. Son corps changeait pour devenir mortel, c'était le châtiment à subir pour vivre avec l'homme qu'il aimait.

Dean avait longuement culpabilisé, se sentant responsable de la souffrance endurée par Castiel, mais celui-ci avait réussi à lui faire comprendre que c'était sa décision et qu'il n'était pas responsable des choix et des actes des autres. Un double sens clair qui résonna en Dean. Il faut dire que le fait d'avoir pu connaître les raisons de la folie de son père avait été d'une grande aide pour avancer. Bien qu'il ne se sentait toujours pas prêt à pardonner, cela lui avait permis de se rendre compte de beaucoup de choses. Qu'il n'était responsable de rien, pour commencer, et qu'il n'avait pas mérité ce qui lui était arrivé. Il lui avait fallu un peu de temps, mais il avait fini par comprendre que son attirance pour les hommes et le désir qu'il éprouvait pour Castiel n'avait rien de malsain ni de condamnable, bien au contraire.

Et aujourd'hui, quatre ans plus tard, tout allait pour le mieux.

.

-.'.-

.

Dean gara sa voiture à quelques mètres du salon de tatouage. Son appréhension était palpable mais Castiel n'y fit pas allusion, ne voulant pas risquer de le faire changer d'avis.
Tout en sortant de la Chevrolet, il se permit néanmoins de proposer à Dean :
- Tu es sûr que tu ne veux pas que je t'accompagne ?

- Certain ! Je préfère que tu ne sois pas là si je me mets à pleurer comme un bébé.

Castiel se mit à rire avant de jeter un regard en coin vers Dean afin de s'assurer qu'il souhaitait réellement y aller seul. Dean resta sur sa position, lui attrapa la nuque et l'embrassa sur le front dans un geste tendre et franc.

- Appelle-moi quand tu as terminé, déclara Castiel en s'éloignant.

Dean lui fit un petit signe de main avant de rejoindre le Ink'Art Corps. Le nom du salon était écrit en grosses lettres gothiques sur la vitrine et de nombreuses photos de tatouages masquaient passablement la vue qu'on pouvait avoir de l'intérieur.
Dean souffla un coup pour se donner du courage avant de pousser la porte.

- Hello ! lança le jeune homme à l'accueil du salon de tatouage quand il entra. Tu dois être Dean.

- Heu, exact, répondit Dean, pris de court.

- Enchanté, moi c'est Balthazar, mais tu peux m'appeler Balth, je vais m'occuper de toi, expliqua le tatoueur.

Il n'était pas du tout comme Dean l'avait imaginé. Il avait pensé qu'il se retrouverait face à un homme de la carrure de Benny, tatoué un peu partout, peut-être même percé ici et là, mais il n'en était rien. Balthazar était plutôt fin et au style très banal, aucun dessin visible sur ses bras, sa nuque ni aucune autre partie visible de son corps.

- Tu apportes un projet ?

- Oh, heu, oui, je... commença Dean maladroitement tout en fouillant dans la poche de son jean pour un sortir un papier plié. En fait, j'aimerais recouvrir une cicatrice avec ce dessin.

- Elle est récente ta cicatrice ? demanda le tatoueur.

- Non, plutôt ancienne, déclara Dean tout en tendant son avant bras devant lui afin de montrer à Balthazar de quoi il parlait.

Il réalisa une fois de plus les progrès qu'il avait fait, présentant de lui-même ses cicatrices à un inconnu, un homme qui plus est, dans le but qu'il le lui recouvre d'un dessin des plus symboliques aux yeux de Dean. Pour ce faire, il devrait se laisser toucher, manipuler le bras, mais Dean s'en fichait, il n'avait plus aucun souci avec ce genre de contacts et de proximité.

- Mh, ok, pas de problème, dit le tatoueur qui ne semblait pas du tout se formaliser en voyant la marque sur le bras de Dean puis il observa un instant le dessin sur le papier et continua, Ok, c'est faisable. Je peux recouvrir juste la cicatrice, mais je pense que ça aura plus de gueule si je te fais ça sur la longueur de l'avant-bras.

- Je ne me rends pas bien compte, avoua Dean légèrement confus.

- Je vais te faire le dessin au feutre pour que tu aies une meilleure vue du résultat et tu me diras ce que tu préfères. C'est une pièce qui ne devrait pas me prendre plus d'une heure, même en grand, donc on a un peu de temps pour ajuster les détails. Viens avec moi...

Balthazar disparut dans la petite pièce qui se trouvait juste derrière le bureau d'accueil et Dean le suivit. Il se retrouva dans une petite salle bien éclairée dont les murs étaient couverts de dessins divers. Une table de massage et un fauteuil rembourré réglable trônaient au centre de la pièce. Sur l'un des murs était exposé la gamme d'encre utilisée pour les réalisations et, sur une table à roulette, se trouvait tout le matériel de tatouage, boîte de gants en latex, quelques godets à encre et diverses autres choses que Dean observait avec fascination, se demandant à quoi tout ceci pouvait bien servir.
Balthazar lui fit signe de s'installer sur le fauteuil et lui proposa d'étendre son bras à tatouer sur l'accoudoir. Il attrapa un feutre vert qui se trouvait dans un petit pot et, tout en jetant un œil au papier que lui avait donné Dean, commença à marquer quelques traits par-dessus la cicatrice. Dean l'observait dessiner, stupéfait par le talent du jeune homme qui, en quelques minutes à peine, eut terminé de couvrir son avant bras d'un véritable chef d'œuvre.

- Alors voilà ce que ça donnerait. Je peux le réaliser en plus petit, juste pour couvrir ta cicatrice, mais disons qu'à cette taille, c'est un peu plus... dynamique, et ça suit mieux la forme de ton bras.

Dean était convaincu, il adorait le dessin qui lui couvrait l'avant bras et ne voulait pas en changer. Il trouvait effectivement que ça avait plus d'allure ainsi et que plus petit, cela n'aurait pas la même force symbolique. Il valida donc ce premier croquis et le tatoueur attrapa un feutre noir pour le peaufiner les traits, du creux du coude au poignet. Une fois ça fait, Balthazar demanda de quelle couleur Dean voulait encrer le tout et ce dernier opta pour du noir simple pour marquer les contours. Le tatoueur enfila une paire de gants en latex, remplit un godet d'encre et attrapa son dermographe. Il le couvrit de plastique, ne laissant sortir que l'embout d'où sortaient les aiguilles, évitant ainsi que des projections de sang ne souillent l'appareil. Quand il le mit en marche, un léger vrombissement couvrit la musique diffusée par les enceintes installées aux quatre coins de la pièce, faisant perdre à Dean un brin d'assurance.

- Heu, est-ce que... C'est une zone douloureuse ? demanda-t-il alors, crispé.

- Elles le sont toutes, à plus ou moins grande échelle, mais c'est supportable. C'est ton premier ?

Dean acquiesça, conscient d'afficher clairement sa crainte, mais le tatoueur sut le mettre à l'aise et lui dit :
- Je vais commencer par faire un petit point, tu me diras si ça va. Si tu as envie ou besoin de faire une pause, ou que tu ne te sens pas bien, signale-le, y a pas de souci.

Dean le remercia d'un sourire et essaya de se détendre, serrant le poing tout en attendant que les aiguilles fassent leur première marque. Le regard plongé dans le vague, droit devant lui, il sentit à peine un petit grattement désagréable sur sa peau. Surpris, il baissa les yeux sur son bras et ricana, se disant qu'il avait vraiment eu peur pour rien.
Le tatoueur, attendant son feu rouge pour continuer, se pencha à nouveau sur son client quand celui-ci lui dit que tout allait bien, et Balthazar reprit son tracé.
Ce n'était effectivement pas très agréable, mais c'était supportable. Dean garda le poing serré et observa l'artiste travailler.

- Tu connais Benny depuis longtemps ? lança alors Balthazar, histoire de changer les idées à Dean.

- Un peu plus de quatre ans maintenant, c'est un ami de mon frère, il l'a aidé à rénover sa maison.

- Brave type ce mec, en tout cas, je ne suis pas mécontent d'avoir fait sa connaissance... Ni celle de sa charmante soeur ! lança Balthazar sur un ton enjoué.

- Tu connais Jo ? Attention, terrain dangereux. Tu sais que Benny est très protecteur avec elle.

- Ouais, j'ai cru voir ça... Faudra juste qu'on arrive à lui annoncer qu'on se fréquente depuis quelques mois déjà...

- C'est sérieux ? déclara Dean, aussi surpris qu'amusé, se retenant difficilement de rire afin de ne pas faire bouger son bras.

L'encrage avançait relativement vite, et Dean était surpris de voir le tatoueur repasser de nombreuses fois sur ses traits, les rendant nets et propres. Son bras dégoulinait d'encre et il se demandait comment le tatoueur faisait pour y voir clair, bien que régulièrement, il le vaporisait de désinfectant et l'essuyait avec un petit chiffon en coton. C'était certainement l'une des marques les plus douces, mais malgré ça, c'était à chaque fois la seconde la plus douloureuse du processus. Dean avait l'impression qu'on lui frottait le bras avec du papier abrasif.

- Oui et non, reprit le tatoueur. Disons qu'elle me plaît bien, et je crois que c'est réciproque, mais connaissant le grand frère, je n'ai pas envie de le voir débarquer pour me casser la figure...

Cette fois, Dean rit franchement. Il comprenait parfaitement la crainte de Balthazar car Benny en était certainement capable.
Ils continuèrent à discuter de tout et de rien pendant la durée du tatouage. Dean demanda une pause à quelque minutes de la fin, il avait besoin de prendre un peu l'air et profita de ce moment de répit pour en questionner Balthazar sur sa relation avec Joanna.

- On est allé boire quelques verres ensemble, on se marre bien, dit-il tout en s'allumant une cigarette. Elle m'a parlé d'un projet tatouage qu'elle aimerait réaliser mais...

- Mais quoi ?

- J'ai l'impression que c'était surtout une façon de m'aguicher un peu, continua le tatoueur en souriant légèrement tout en recrachant sa fumée.

Dean pouffa doucement en entendant ça mais préféra ne pas demander de précision quant à l'emplacement du fameux tatouage, estimant que ça ne le regardait pas.

- Et toi ? lança soudainement Batlhazar, T'as une nana ?

Pris au dépourvu, Dean s'arrêta de sourire. Il ne parlait jamais vraiment de sa relation avec Castiel. Chaque coming out était délicat, il ne savait jamais vraiment comment ses interlocuteurs pouvaient réagir et il craignait toujours une réaction négative, voir violente, comme ça lui était arrivé une année auparavant quand, en sortant d'une séance de cinéma, il s'était autorisé à embrasser Castiel. Il n'y avait pas eu de coup mais des insultes et des menaces.
Cependant Balthazar semblait être un mec sympa, alors Dean tenta, espérant que cela ne lui coûterait pas la fin de son tatouage.

- Un mec...

- Il est tatoué aussi ? continua le tatoueur tout en écrasant sa cigarette dans le cendrier accroché à côté de l'entrée du salon.

Il n'avait pas eu la moindre réaction suite à la réponse de Dean, ce qui soulagea ce dernier.

- Non, du tout.

- Rassure-moi, il sait que tu te fais tatouer ? Il est d'accord ? Je m'en voudrais de causer une crise.

- T'inquiète, il est au courant. Il est avec des amies en attendant de mes nouvelles pour venir me chercher. Il ne sait juste pas ce que j'ai choisi comme dessin.

- Tu penses qu'il aimera ?

- Il va adorer... répondit Dean pensif, tout en baissant les yeux sur son bras noirci.

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-.'.-

.

La petite fille, assise au milieu du salon, jouait avec quelques figurines en plastique. Il lui était apparemment tout à fait normal de faire se côtoyer dinosaures, vaches et Superman dans la même histoire. L'aventure semblait très animée et le décor fait de plots en bois et de pièces de Lego ne resta pas longtemps en place.

- C'est fou comme elle grandit vite ! déclara Charlie les yeux rivés sur Laura.

- C'est vrai qu'elle a beaucoup changé en deux ans et demi... confirma Castiel, regardant également la fillette. Et elle a vite compris la situation.

- Elle posera sans doute de nouvelles questions quand elle commencera l'école, mais pour l'instant, sa période "pourquoi moi j'ai deux mamans ?" semble s'être calmée, ajouta Meg.

Il avait fallu plus d'un an pour que Charlie et Meg aient la possibilité d'adopter un enfant. Quand les démarches administratives furent terminées, les contrôles effectués, les obligeant à déménager dans une maison soit disant plus adaptée à l'accueil d'un enfant, les deux femmes purent finalement avoir droit à une sélection de profils correspondant à leur attentes. Elles avaient eu du mal à se faire à l'idée de sélectionner leur futur enfant, mais quand elles décidèrent de se pencher sur les quelques dossiers, elles craquèrent sur le premier, refusant dès lors de jeter le moindre coup d'œil aux suivants.

Chung-Ae, petite coréenne de huit mois, abandonnée à l'hôpital par une jeune femme mineure.

Au moment de remplir les papiers d'adoption, il leur fut demandé si elles souhaitaient lui trouver un nouveau prénom, que celui qui lui avait été attribué au moment de son inscription à l'orphelinat. D'un simple regard, les deux femmes se mirent d'accord pour lui donner le prénom de la mère de Charlie qui avait été un réel pilier pour la jeune femme lorsqu'elle avait compris qu'elle n'aimerait jamais les hommes. Il fut donc ajouté "Laura" au dossier de Chung-Ae.

Laura avait grandi et avait fêté ses trois ans quelques mois plus tôt, elle était devenue une superbe petite fille trop gâtée mais qui pourtant ne réclamait jamais rien et était étrangère aux caprices. Hormis ses yeux noirs en amande, on lui trouvait souvent un air de ressemblance avec ses deux mamans, la joie de vivre de Charlie mêlée aux sarcasmes de Meg qu'on retrouvait dans son caractère n'y étaient pas pour rien.
Mais elle avait fini par prendre conscience, en se rendant au parc de jeux pour enfants, que les autres étaient parfois accompagnés par leur papa, et qu'elle, elle n'en avait pas. Meg et Charlie n'avaient pas cherché à lui cacher la vérité. Laura savait qu'elle avait été adoptée et qu'elle avait deux mamans, que c'était original mais pas anormal. Et puis ce n'est pas comme si elle manquait de figures masculines, entourée des amis de ses mamans, et Castiel qui avait régulièrement eu le plaisir de lui servir de baby-sitter.

Un petit tintement provenant de la poche du jean de Castiel se fit entendre. Il attrapa son téléphone portable et ouvrit le message reçu.

[07.08.2010 - 14h34]
Exp. Dean Winchester
« On a terminé. »

Castiel répondit un simple "j'arrive" et lança tout en se relevant du canapé :
- Bien mesdames, je vais vous laisser, Dean a fini.

- Oh ! Je me réjouis de voir ça ! s'exclama Charlie euphorique.

- On se retrouve ce soir au Howler Crow, ajouta Castiel avec un petit sourire, sous-entendant qu'elle découvrirait le chef-d'œuvre à ce moment.

Castiel attrapa les clefs de l'Impala et, après avoir salué ses amies et embrassé Laura sur le front, s'en alla retrouver son compagnon.
Il ne laissait rien paraître, mais il devait avouer qu'il était tout aussi désireux que son amie de découvrir le dessin que Dean refusait de lui montrer depuis le début de la semaine.
Il parcourut les quelques kilomètres qui le séparaient du salon de tatouage plus vite qu'il ne l'aurait imaginé se doutant qu'il avait dû faire un petit excès de vitesse. L'expression de son empressement sans doute. Depuis que Dean avait récupéré sa voiture, il refusait de dépasser la moindre limitation par peur d'un nouvel accident. Castiel préféra donc garder ce détail pour lui, refusant de gâcher cette journée pour une telle broutille.

Dean l'attendait devant la vitrine du Ink'Art Corps, le bras apparemment emballé dans du plastique cellophane, mais il n'arrivais pas à distinguer le dessin qu'il cachait. Il se gara à côté du salon et, sans sortir de la voiture, attendit que Dean le rejoigne. Celui-ci s'installa sur le siège passager - le bras un peu endolori, il préférait ne pas prendre le volant - et faisait en sorte que Castiel ne puisse pas voir son tatouage à travers le plastique.

- Tout s'est bien passé ? demanda Castiel, se retenant de laisser exploser sa curiosité.

- Très bien, ce n'était pas aussi douloureux que je l'imaginais même si, sur la fin, le temps commençait à devenir long.

Castiel acquiesça sans rien ajouter. Voyant que Dean ne lui montrait toujours pas son bras, il finit par demander :
- Et quand est-ce que j'aurai le droit de le voir ?

- À la maison. Je dois changer le pansement. J'aimerais autant que tu le vois correctement, et propre.

Dean sourit en voyant l'impatience de son petit ami s'exprimer dans un soupir résigné.

- Tu es content du résultat ? reprit Castiel en prenant la route.

- Complètement, il est parfait !

- Bon, c'est déjà ça, rétorqua Castiel, retenant son amusement face au comportement cachottier de Dean.

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-.'.-

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Dans la cuisine, Dean retira délicatement le cellophane de son avant-bras, le jeta à la poubelle et, après avoir nettoyer le tout avec un savon anti-bactérien qu'il avait acheté à Balthazar, il ne lui restait plus qu'à remettre de la crème et une compresse propre sur son tatouage mais avant ça, il appela Castiel afin qu'il vienne y jeter un œil.
Ce dernier traîna un peu le pas, faisant semblant de ne pas être si curieux que ça, feignant de jeter un coup d'œil au courrier. Dean comprit que l'avoir fait attendre l'avait contrarié et, amusé, il annonça :
- Si tu ne veux pas le voir, ça ne me gêne pas. Je vais me contenter de mettre le pansement et...

Dean ne put terminer sa phrase, éclatant de rire en voyant Castiel se précipiter vers lui, craignant soudainement de rater sa chance d'enfin voir ce qui avait été encré sur l'homme qui l'aimait.
Quand il vit le dessin, il resta sans voix, ému.
Une grande plume recouvrait l'avant-bras de Dean, camouflant à merveille sa cicatrice sans pour autant la rendre totalement invisible. Elle se fondait parfaitement dans la courbe du rachis, enveloppée par les barbes qui s'en déployaient, légèrement ébouriffés à sa base, comme un duvet. Le tatouage était magnifiquement réalisé, les traits étaient fins et réguliers, semi-réaliste, la plume se détachait bien sur la peau grâce à un contour dynamique, épais par endroit, quasiment invisible à d'autres rendant inutile l'ajout d'une ombre.
Cela ne faisait aucun doute que c'était un clin d'œil à l'ange que Castiel avait été, cet ange qui l'avait sorti de l'obscurité, qui l'avait aidé à surmonter ses peurs et ses angoisses, et qui lui avait fait affronter son bourreau pour être libéré du poids de tant d'années de souffrance. Cet ange qui était devenu un Homme par amour pour lui. Cette plume, couvrant une marque douloureuse du passé, tout comme cet ange qui avait réussi à effacer ces anciennes souffrances.

Abasourdi, Castiel eut du mal à relever les yeux mais finit par plonger son regard dans celui de Dean qui put y lire son trouble.

- Cas', tout va bien ? Ça ne te plaît pas ?

Secoué, Castiel réussit néanmoins à bafouiller :
- Non ce... C'est... Magnifique... Dean, je...

- Hé, du calme, souffla Dean d'une voix douce.

De son bras intact, il attira Castiel contre lui et lui souffla à l'oreille :
- Ce n'est qu'un tatouage tu sais...

Castiel pouffa. Il savait parfaitement ce que n'était pas qu'un tatouage, que de par sa représentation, et l'endroit où il avait été réalisé, il avait une forte signification. Mais il était également vrai que, même si Dean n'avait plus peur d'être lui, d'exprimer ce qu'il ressentait quand il le fallait, il n'aimait pas pour autant dévoiler ses émotions lorsqu'il s'agissait de faire preuve de sensibilité.

- C'est vrai, déclara alors Castiel tout en s'écartant de Dean. C'est juste une plume de piaf après tout... Un truc de romantique sentimental.

- Hey ! râla Dean alors que Castiel s'esclaffait, ravi d'avoir réussi à retourner la situation.

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- Alors ? Montre ! s'écria Charlie alors que Dean s'approchait de leur table habituelle.

Elle, Meg et Joanna étaient les premières arrivées. Laura était également présente, fidèle à elle-même, calme et souriante, à réaliser quelques coloriages au bout de la table, entre ses deux mamans.
Un peu mal à l'aise face à l'enthousiasme de son amie, Dean tendit néanmoins le bras et, pour la troisième fois de la journée, défit un pan de son pansement pour dévoiler son tatouage. Il l'avait montré à son frère et Jessica un peu plus tôt, puis à Gabriel quand ils étaient passés le prendre à son travail, avant de se rendre au bar.

- Oh c'est joli, souffla Laura de sa petite voix timide.

- Une plume ? s'étonna la rouquine. C'est un symbole puissant ça, spirituel, elle représente la liberté, non ?

Pris au dépourvu, Dean l'observa un instant et répondit sans réfléchir :
- Heu, oui, exactement... C'est tout à fait ça.

Il s'installa tout en remettant en place sa compresse, imité par Castiel qui lui souriait et Sam qui pouffait discrètement, connaissant la réelle signification de son tatouage. Jessica prit place à son tour ainsi que Gabriel qui demanda :
- Bon, il est où notre barman préféré ? Il n'avait pas un truc à nous annoncer ?

- Il m'a écrit un message il y a cinq minutes, déclara Joanna, il ne devrait plus tarder. Ce doit être important, il a même pris congé pour pouvoir nous faire sa révélation !

- Et bien, j'espère que ça vaut le coup, j'ai annulé un rendez-vous avec Kali pour venir, ajouta Gabriel.

- Kali, c'est ton amoureuse ? questionna Laura.

- Oh non, Princesse, tu sais bien qu'il n'y a que toi, répondit le pâtissier en lui caressant doucement la tête.

Laura, apparemment satisfaite et soulagée, se concentra à nouveau sur son livre de coloriage.

- Pourquoi tu ne lui as pas proposé de nous rejoindre ? demanda Sam.

- Tu rigoles, on est ensemble que depuis trois semaines, je ne veux pas la faire fuir en lui présentant mes amis trop vite !

- Parce que tu penses qu'en faisant passer tes amis cinglés avant elle, elle le prendra bien, lui lança Meg, se vengeant de la remarque que venait de faire le pâtissier qui resta sans voix.

- Ne t'inquiète pas, reprit alors Jessica amusée de voir son ami paniquer légèrement, je suis sûre qu'elle ne l'a pas mal pris.

- Écris-lui peut-être que tu penses à elle, ça lui fera plaisir, proposa Joanna.

- Tu crois ? s'enquit Gabriel, septique, craignant soudainement pour sa relation.

Il faut dire que cela faisait longtemps qu'il ne s'était plus senti aussi bien avec une femme. Ils avaient énormément de points communs, pouvaient parler de tout et surtout, il la faisait rire, ce qui lui donnait beaucoup d'assurance. Il craignait d'aller trop vite, de faire quelque chose qui pourrait la mettre mal à l'aise ou quoique ce soit qui puisse la faire douter. C'était la première fois que ses amis le voyaient réellement amoureux, accro même, et ils s'amusaient souvent à le taquiner à ce sujet.

Gabriel attrapa son téléphone et s'éloigna pour appeler sa petite amie, souhaitant s'assurer qu'elle n'était pas vexée d'être passée au second plan le temps de cette soirée.

- Il n'est pas croyable, déclara Sam tout en passant son bras autour des épaules de Jessica.

- Tu peux parler, monsieur "Je m'y connais en bagnoles, j'ai baigné dans le cambouis toute mon enfance", ironisa-t-elle en le bousculant d'un coup d'épaule.

Sam se mit à rire, gêné. Elle avait deviné dès le début qu'il lui avait menti sur ses connaissances mécaniques en entendant le charabia qu'il avait osé sortir à son frère, mais elle avait également compris qu'il avait cherché à l'impressionner. C'était donc amusée qu'elle s'était permise de l'inviter à boire un verre ce fameux jour.

- Et donc... Tu as rencontré Balthazar ? demanda Joanna à Dean, lançant un autre sujet.

- Effectivement, un chouette type, répondit-il. Et il m'a beaucoup parlé de toi... Je crois qu'il t'aime bien.

Il avait ponctué sa phrase d'un clin d'œil complice qu'elle accueillit avec un large sourire ravi.

- Je l'aime bien aussi je dois dire, mais je ne sais pas comment l'annoncer à Benny... Je sais qu'il ne veut que mon bien en me protégeant, mais c'est oppressant. Ça fait trois mois qu'on se voit, Balth et moi, mais on n'ose pas passer à l'étape suivante, qui est de simplement s'embrasser... Alors que Balth est vraiment un mec bien.

- Tu veux que j'essaie de tâter le terrain pour toi ?

- Tu ferais ça ? s'exclama Joanna.

- Je peux essayer, suggéra Dean alors que Benny entrait justement dans le bar.

Joanna lui articula un "merci" silencieux avant de se tourner vers son grand frère.

- Bonsoir Benny, j'espère que tu n'as rien de grave à nous annoncer, lui dit Sam.

Mais en voyant l'air réjoui qui marquait le visage de son ami, tous comprirent rapidement qu'au contraire, tout allait pour le mieux. Ils attendaient donc avec impatience la nouvelle. Benny fit quelque peu durer le suspense en allant chercher à boire pour tout le monde, puis, tout en tirant une chaise de la table d'à côté pour s'installer, déclara enfin, enthousiaste :
- Je ne voulais pas vous mettre au courant car je n'étais sûr de rien, je ne souhaitais pas particulièrement avoir du public qui contemplerait mon nouvel échec si par hasard je me trompais mais...

- Bon sang mais de quoi est-ce que tu parles ? s'inquiéta Charlie.

- J'ai retrouvé Ava ! lança-t-il brusquement en guise de réponse au moment où Gabriel rejoignait la table après son coup de fil à Kali.

- Ava ? Ava Wilson ? Ton amour perdu ? s'étonna Joanna.

- Exactement ! répondit Benny qui n'arrivait plus à contenir sa joie. Elle avait déménagé dans le sud du pays quand on s'est perdu de vue, mais elle comptait revenir habiter dans le coin. Je suis tombé sur son CV sur un site de recherche d'emploi alors je l'ai contactée, mais je n'ai pas tout de suite osé dire qui j'étais.

- Pourquoi ? Qu'est-ce qu'elle a dit quand tu lui as avoué ? Elle veut te revoir ? Raconte ! pressa Charlie.

- Et bien, elle a été surprise de découvrir que c'était moi, mais elle semblait heureuse, ce qui m'a soulagé. On a beaucoup discuté par mail. Elle va venir ici la semaine prochaine, je pourrai vous la présenter.

- Tu penses que votre histoire pourra recommencer, demanda Joanna d'une petite voix.

- Je sais bien que la dernière fois qu'on s'est vu c'était il y a pas mal d'années et qu'on ne pourra pas simplement reprendre là où on s'était arrêté, je sais aussi que j'ai changé, et certainement qu'elle aussi. Mais je suis heureux d'au moins la revoir. Et si ça ne va pas plus loin que de l'amitié, ce sera déjà ça.

- C'est effectivement délicat de se relancer dans une relation après tant de temps, mais tout est possible, dit Jessica.

- En tout cas, on se réjouit de la rencontrer et on fera en sorte de lui faire bonne impression ! s'exclama joyeusement Charlie avant de lancer un petit regard à Gabriel et d'ajouter, sarcastique : Et toi, si tu veux nous présenter Kali, profites-en, ce sera peut-être la seule fois qu'on fera cet effort !

Les discussions allaient bon train sur Ava, Kali, chacun souhaitant en savoir plus sur l'une comme sur l'autre. Puis la conversation dévia une nouvelle fois sur le tatouage de Dean.

- Il est vraiment pro ce Balthy, déclara Benny en essuyant la mousse de bière qui s'était déposée sur sa moustache. Et c'est un vrai artiste. Il comprend rapidement la volonté de ses clients.

- C'est bien vrai, je lui ai montré un petit dessin que j'avais trouvé sur le net et il a su en faire une véritable œuvre d'art !

- Je ne te l'ai pas recommandé pour rien, il est vraiment incroyable comme mec.

- Justement, à ce propos... Tu le trouves incroyable à quel point ? interrogea Dean alors que Joanna lui faisait les gros yeux, marquant son manque de finesse.

- Heu, j'en sais rien... Il est sympa, c'est un mec sérieux et consciencieux, pourquoi ?

Dean hésita un instant, ne sachant trop comment faire preuve de subtilité et opta pour la version franche en avouant :
- Parce qu'il se trouve que Balth apprécie beaucoup Joanna, mais il n'ose pas tenter quoique ce soit sachant que tu sers de garde du corps à ta petite soeur.

Benny toussa quelque peu en entendant la nouvelle alors que la mâchoire de Joanna semblait s'être décrochée.

- Dean ! cracha-t-elle, dépitée par le culot du jeune homme.

Suite à son exclamation, tout le monde s'était tu, attentif à l'échange.

- Qu'est-ce que tu viens de dire ? voulut s'assurer Benny dont le sérieux soudain aurait presque fait regretter à Dean d'en avoir trop dit.

- Benny, commença Dean d'une voix douce espérant apaiser son ami, tu l'as dit toi-même, c'est un mec sérieux, sympa, amusant, il a un job, bref, ce n'est pas le genre de gars qui créerait des problèmes à Jo.

- Et puis tu ne peux pas lui interdire de se trouver un petit ami, ajouta Sam qui s'immisça dans la discussion. C'est une adulte responsable.

- C'est vrai, après tout, ajouta Charlie, elle est capable de gérer sa vie et, même si elle connaît des déceptions, ça fait partie du jeu. L'important c'est que tu sois là si elle en a besoin.

Joanna avait légèrement rougi en devenant le centre d'intérêt et en entendant le soutien de ses amis. Elle finit par tourner les yeux vers son frère, attendant sa réaction. Il semblait réfléchir à ce que ses amis lui avaient déjà souvent signalé, bien que cela eut été fait avec humour jusqu'à aujourd'hui, et il était clair que son instinct protecteur bataillait avec sa raison.

- Et toi, Jo... ? Toi aussi tu... Tu l'aimes bien ?

Joanna acquiesça comme une petite fille qui avouait une bêtise à son papa. Cette situation sembla créer un déclic dans l'esprit de Benny qui l'a pris brusquement dans ses bras et dit :
- Dans ce cas, fonce Jo !

Et il lui embrassa le sommet de la tête alors qu'elle souriait à pleine dents, le remerciant d'une bise sur la joue.

- Mais s'il te fait souffrir, j'vais lui en faire voir, c'est moi qui te le dit ! menaça-t-il aussitôt sur le ton de l'humour.

- Je vais garder ça pour moi, répondit Joanna, Je ne voudrais pas qu'il ait l'impression d'avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête et craigne le moindre faux pas. Mais je sais que je peux compter sur toi si ça ne va pas.

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Ils n'avaient quitté le bar qu'à sa fermeture, peu avant minuit. Ils étaient tous exténués mais avaient passé une superbe soirée. Tout semblait rouler pour chacun d'entre eux, que demander de plus ?

Une fois dans leur appartement, Dean avait changé une nouvelle fois son pansement, et s'apprêtait à rejoindre Castiel au lit. Il le retrouva plongé dans un dossier contenant les photos qu'il avait prise la semaine précédente. Il travaillait sur un gros contrat, une marque de jean qui avait repéré son travail dans un magazine. Il avait tout d'abord été ravi mais cela lui prenait énormément de temps et il se retrouvait souvent à travailler les week-ends. Il ne lui restait plus qu'à sélectionner les photos qu'il allait proposer au graphiste de la boîte qui l'embauchait et ce dernier se chargerait du reste : retouches, mise en page, etc. Castiel était nerveux à l'idée de ne pas choisir les bons clichés mais Dean savait exactement comment le détendre.
Il se glissa sous les draps, le prit dans ses bras et lui embrassa tendrement le cou.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Castiel en souriant, ayant très bien compris le manège de Dean.

- Je crois savoir que je t'ai promis que je m'occuperais de toi ce soir...

Castiel sourit tout en essayant de résister à la vigueur de son amant mais Dean était plus que convainquant quand il promenait ses mains ainsi sur son corps frissonnant déjà d'envie.
Il ne put se retenir longtemps avant d'abdiquer, profitant de la tendresse sauvage qui animait Dean.

Il se laissa totalement aller, subissant avec plaisir les caresses sensuelles qui lui faisaient frissonner le corps tout entier jusqu'à en avoir la chair de poule. Les cheveux de sa nuque se dressèrent aussi vivement que son sexe, au garde à vous, prêt à recevoir les baisers lubriques de son amant.

On peut dire que Dean savait tenir ses promesses...

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:: FIN ::


Ah, et petite précision, tout ce qui concerne le tatouage est tiré de mon expérience personnelle. Alors si, comme Barjy, vous trouvez étrange que le tatoueur prenne le temps d'improviser un dessin sur la peau, au feutre, sachez que c'est exactement ce qui s'est passé pour moi, et pour le tatouage d'une plume d'ailleurs :p Mais sur la cuisse.
Comme c'est un dessin relativement courant, les tatoueurs savent généralement les dessiner, et mon tatoueur m'a donc proposer d'en improviser une directement au feutre sur la peau car la petite qu'il avait dessiné sur le papier n'allait pas du tout (je ne voulais pas une plus de duvet, je voulais une longue plume qui fasse la taille de ma cuisse :p).
Donc voilà, je me suis inspirée de mon expérience pour décrire celle-ci, ce n'est donc pas ma méconnaissance du monde du tatouage qui m'a fait dire n'importe quoi mais c'est ainsi que fonctionne parfois mon tatoueur ;)

Rendez-vous d'ici quelque temps avec quelques Défis OS et bientôt pour un nouvel UA !

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VOS REVIEWS :

MicroFish : Et voilà l'épilogue, j'espère qu'il aura répondu à toutes tes questions, mais je crois avoir réussi à faire le tour... S'il manque des choses, redis-moi :p

Patricia03 : Je ne t'en veux pas pour tes propos, évidemment non, je regrette juste que tu aies interprété la scène ainsi. Comme je l'explique plus haut, John est devenu fou. Il ne s'en prenait pas à Dean par pédophilie à proprement parler, mais par folie. Et ce n'est pas son homosexualité qui l'a fait se tourner sur Dean mais bien sa jalousie, l'injustice qu'il pensait vivre en ayant été rejeté par son père, il voulait se soulager sans que personne ne le sache... Ce n'est pas l'enfant qui l'attirait... Mais je suis consciente que cela était peut-être maladroit et que la formulation était peut-être peu précise. Encore navrée que l'explication soit mal passée mais effectivement, je ne souhaitais pas qu'on pense à un tel amalgame car pour moi, c'est effectivement complétement dissocié... Merci pour le reste en tout cas, je suis contente que tu aies pu apprécier le reste du chapitre malgré tout ! ^^ Et j'espère que cet épilogue ne t'aura pas laissé sur ta faim et aura répondu à toutes tes questions ;)

Angelyoru : Aaah contente que mon Enfer t'ait plu :p Et oui, Castiel ne pouvait pas rester au Paradis, Dean à trop besoin de lui et a assez souffert. Dieu à un coeur malgré tout :p Mais il y a des règles à respecter. Un ange ne peut être impartial s'il éprouve des sentiments pour un être en particulier. Donc voilà... :p

Callisto111 : Avec le temps que j'ai mis à publier l'épilogue, tu as dû largement te remettre de la tristesse de Dean dans le chapitre précédent :p Je suis désoléééééé T^T Mais j'espère que cette fin t'aura plu et que tu n'es pas trop triste d'être arrivée à la fin. Merci beaucoup en tout cas, pour cette review touchante. Elle m'a fait vraiment très plaisir ! ^^

Kathexia-Castiel156 : Oh oui, il en avait besoin, que son père lui-même lui dise qu'il n'était pas pareil, quoi de mieux pour enfin se libérer de ce fardeau ? Et oui, j'avais bien promis un Happy End non ? :p

Komakai : Haha, oui, le début du chapitre, le dialogue pendant la transplanation... Le transplanage... Le bref ! Le vol jusqu'au Paradis :p Ouais, désolée si ça t'a un peu perdu, j'espère que tu as vite reprit le fil après coup :p Et niveau bad end, ouais, je sais, parfois c'est ce qui est le plus censé et cohérent, mais je n'y arrive pas, surtout pas après une vie pareille, je ne me voyais pas tuer Dean dans un suicide sanglant pour lui faire retrouver son ange au Paradis, bien que, comme on dit, les suicidés ne vont pas au Paradis, alors pour être vraiment horrible, non, ils ne se retrouveraient même pas. Et Sam, effondré sur Terre, avec sa Jess qui ne sait pas comment le réconforter, etc. Bref, ouais, on aurait pu aller loin dans le bad end, mais je ne me sentais pas la force :p

Wolfie Miami : Pas de souci, une review fait toujours plaisir mais ce n'est pas une obligation, il faut être inspiré, avoir l'envie. Donc aucun problème ;) Merci d'avoir laissé un petit mot en tout cas :D

Kitsune Aquatik : Encore une fois, je suis désolée que les propos de John ait inspiré cet amalgame, ce n'était effectivement pas mon intention. Comme dit en début de chapitre, c'est sa folie qui l'a fait se tourner vers Dean, sa jalousie, son sentiment d'injustice. En fin de compte, ce n'est pas une attirance pour l'enfant qui le poussait à agir, mais des impulsions malsaines de rages, de colère et de folie. Il buvait, il avait tuer sa femme, il n'avait plus toute sa tête... M'enfin, j'espère que ça n'a pas trop gâcher l'histoire tout ça :p Oui, j'aimerais bien aussi que Dean soit un peu plus déchiré dans la série quand il perd Cas, bien que... Il le cache mais il l'a été... Quand il meurt dans le lac, il ne va pas trop bien, quand Cas meurt tuer par... Je sais plus son nom, l'autre ange avec laquelle il couche, quand il est humain, Dean n'en mène ps large pendant quelques secondes. Et quand Cas est au purgatoire, Dean y va, risquant sa vie, pour le ramener... Y a quand même eux certains signe, mais c'est vrai que ce n'est jamais un déchirement pareil qui le fait hurler - et enfin avouer son amour... 0:p

Courtney Ackles : Et voilà, tu sais tout. Castiel reste avec Dean mais pour ça, il a dû accepter de devenir un homme, perdre ses pouvoirs, etc. Mais il s'en fiche, il est heureux avec l'homme de sa vie ! ^^

Allys-33 : Oh merci infiniment ! ça me touche beaucoup, même si je suis désolée que les réactions de Dean t'aient mise mal à l'aise :p J'espère que ce dernier chapitre te plaira, que ce point final sera à la hauteur du reste :p Merci encore ! ^^

SupernaturalFrenchGirl : Nah mais c'est moi qui devrais avoir honte, que 25 jours après la publication du chapitre 23, l'épilogue ne soit toujours pas en ligne ! Donc pardon, honte à MOI (c'est ma honte, pas touche !) et encore désolée pour l'attente xD Et contente que l'argumetn imparable de Cas t'ait plu, c'est cul-cul d'ailleurs, mais tellement... Arfglglglglgl... Donc tu aurais pu t'autoriser un commentaire cul-cul aussi :p J'aurais rien (pu) dire :D

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Merci infiniment à toutes les personnes qui m'ont suivie et lue, qui on fait preuve de patience, d'une patience sans limite, honorable, incroyable !
Merci ! Vous m'avez motivée par vos retours, vos messages m'ont plus d'une fois énormément touchée, émue, troublée, redonner confiance.
Il n'y a pas de mot pour vraiment exprimer ce que je pense.
Alors juste : merci !