Partie I. 3 : 120 ans – Imladris
Ah, la, la, ça fait un bon moment que je n'ai rien posté, moi ! Mais que voulez-vous, les vacances, l'absence, et tout le reste ... Bon. Je vais essayer de ne pas vous faire attendre trop encore.
Vous aurez dans ce chapitre un petit avant-goût de la partie I.4 et de ce qui va sérieusement prendre la tête de Legolas pendant les prochains millénaires
Bon, bref, je viens de vérifier sur et effectivement Celebrian épousa Elrond en l'an 109 du Troisième Âge. Comme quoi en fait je m'étais documentée pour écrire cette fic (vu que Legolas naît selon moi 11 ans avant le début du Troisième Âge, vous calculez : 11 + 109, ça fait bien 120 ans) !
Chapitre 25 : Jour 100 (3 mois)
Je crois qu'aujourd'hui, ça fait précisément quarante jours que je rêve éveillé sans interruption. Quarante jours à Imladris. Probablement les quarante meilleurs jours de mon existence, à part peut-être celui où Papa est rentré de la guerre. Jamais à Vertbois-Le-Grand je n'avais encore ressenti une telle harmonie avec tout ce qui m'entoure : la nature, bien sûr, mais aussi mes parents et amis, la demeure où je vis, les Elfes que je rencontre ...
Si encore il ne s'agissait que de ceux d'Imladris, j'aurais pu commencer à me remettre de mes émotions au bout d'un mois, environ. Mais le lendemain de notre arrivée à la Dernière Maison Simple, mes parents et moi avons été présentés à Celebrian, la fiancée d'Elrond, et à sa famille. Plus précisément, à ses parents : le Seigneur Celeborn de l'antique Doriath, et la Dame Galadriel, la plus illustre du peuple des Noldor. Si j'avais été subjugué en rencontrant Elrond, ce ne fut rien en comparaison de ce que j'ai éprouvé en croisant le regard de Galadriel.
Je n'oserai jamais la décrire.
Celebrian lui ressemble, naturellement, à la différence qu'elle est bien plus jeune et n'a jamais quitté les Terres du Milieu, ni contemplé la lumière des Arbres de Valinor. Ses cheveux sont clairs, et ses yeux s'illuminent de tendresse quand elle pose les yeux sur Elrond. Je détourne les yeux pour ne pas commettre l'indiscrétion de surprendre leurs regards.
En ce jour où nous célébrons leur mariage, les deux familles – si tant est qu'on puisse dire qu'Elrond ait une famille – ont préparé ensemble un festin. Les deux fiancés siègent au centre, entourés par les parents de Celebrian ; en l'absence du père d'Elrond, le Seigneur Celeborn a accepté de jouer son rôle dans la cérémonie. Mes parents sont assis en face de cette noble famille, et je suis placé à quelques sièges d'eux, à côté de Medrigor.
Le festin, comme tout ce qui se fait à Imladris, est un véritable enchantement. Je me laisse bercer par les chants mélodieux, les voix des poètes et la musique des harpes. En ce début d'hiver, l'air est d'une pureté exquise, comme si d'invisibles flocons flottaient doucement au-dessus de nous. Je discute de choses et d'autres avec Medrigor et nos voisins de table.
La plupart du temps, je me laisse aller à ne rien faire d'autre qu'écouter et regarder. J'admire les bras blancs et le clair visage de Celebrian, la lumière de ses yeux, et l'élégance de son maintien. Celle qu'Elrond a choisie paraît déjà ne plus faire qu'une avec la beauté fine de sa nouvelle demeure. Si sa grâce, fragile et touchante, évoque celle d'un bourgeon de fleur, je trouve néanmoins ma Maman bien plus éclatante dans sa robe d'un jaune lumineux. Quant à Galadriel ... C'est une pure étoile.
— Tomberais-tu sous le charme, Legolas ?
On dirait que Medrigor a suivi mon regard et s'amuse de mes contemplations. Inutile que j'essaie de nier.
— Qui pourrait s'en empêcher ? dis-je avec sincérité.
— Je te comprends, crois-le bien. Mais n'oublie pas de revenir sur Terre.
— Je fais confiance à tes conseils.
Je secoue la tête pour m'éclaircir les idées et, décidant de réserver mon attention au seul festin, je me sers généreusement de vin de cerise (1) et de tout ce que je peux trouver à ma portée sur la table. Pendant ce temps, Medrigor change de sujet de conversation pour m'évoquer à nouveau ses anciens souvenirs d'Imladris et les poèmes qu'il avait alors entendus.
Enfin, le banquet s'achève. Chacun relève la tête et se redresse sur son siège : la fête cérémonielle pour la célébration du mariage va commencer. Galadriel et Celeborn se lèvent et quittent la salle pour se rendre dans la pièce voisine. Un instant plus tard, nous les imitons et, dans la petite pièce plus sombre, nous attendons les fiancés. Ils arrivent ensemble, marchant lentement, et nous nous écartons pour libérer le centre de la pièce.
J'ai soudain la sensation de vivre un songe, comme si le temps s'était figé. Une étrange impression s'empare de moi et me serre le cœur au moment où Elrond et Celebrian passent devant moi en s'avançant vers Galadriel et Celeborn. Tous, nous restons immobiles et silencieux ; le Seigneur et la Dame de Lorien prennent dans les leurs les mains des deux fiancés et, l'un après l'autre, prononcent les paroles de bénédiction qui les unissent. Ensemble, ils forment un quatuor saisissant : beaux, souriants, mais également graves, ils semblent coupés du monde. Les paroles cérémonielles sont répétées en un murmure par l'assemblée, comme un écho sourd. Il est étrange de penser au pouvoir de ces mots qui, en se rendant eux-mêmes réels, réalisent ce qu'ils disent. L'émotion que nous partageons est presque palpable.
Pour leurs fiançailles, Elrond et Celebrian avaient donné l'un à l'autre un anneau d'argent, qu'ils portaient à l'annulaire gauche. À présent, chacun d'eux l'enlève et le rend à l'autre. Celeborn dévoile alors un écrin qui, une fois ouvert, dévoile deux anneaux d'or. Avec délicatesse, Elrond prend le premier d'entre eux et le passe à l'index droit de Celebrian, qui à son tour pare son époux de l'anneau de mariage qui scelle leur union.
Enfin, les deux époux se retournent vers nous, et nous brisons le charme du silence par des applaudissements chaleureux et des souhaits de bonheur. Galadriel effleure affectueusement de la main l'épaule de sa fille, rougissante et souriante, puis s'écarte pour laisser Elrond libre de la couver du regard. Je me joins aux acclamations et aux félicitations, tout en me secouant intérieurement pour me libérer de l'envoûtement qui m'a saisi pendant la cérémonie.
Que c'est beau, ce mariage ! Je me demande si celui de mes parents l'était autant. En fait, je ne sais même pas où ni quand ils se sont mariés. Au campement de mon enfance, dans la tente principale ? Ce n'était sans doute pas aussi admirable qu'une célébration à Imladris. Mais Maman devait être tellement belle ! Peut-être même qu'elle portait déjà sa robe rouge. Il faudra que je lui pose la question, un jour.
Elrond prend les mains de Celebrian dans les siennes et y pose ses lèvres. Ils traversent ensuite à nouveau l'assemblée et, quittant la petite pièce, descendent un escalier et arrivent à l'extérieur. Nous les suivons au bout d'un moment, tout en échangeant avec enthousiasme nos impressions sur la cérémonie. Dehors, l'hiver fait des premiers pas timides : le vent est d'une fraîcheur piquante, le givre couvrira bientôt les branches nues des arbres.
Elrond et Celebrian se tiennent un peu plus loin, et je vois mes parents s'approcher d'eux pour les féliciter. J'irai les imiter un peu plus tard. Pour l'instant, je repère Medrigor et je vais vers lui.
— Ah, Legolas ! Te voilà.
— Comme tu le vois.
— Alors, cela t'a-t-il ému ? me demande Medrigor.
— Oh oui, vraiment. Je ne m'attendais pas à ressentir ça.
— C'est normal, je crois que nous avons tous éprouvés les mêmes sentiments. Et Elrond et Celebrian plus que tout autre, naturellement.
— C'était en même temps beau et assez étrange, tu ne trouves pas ?
— Si, tu as raison. L'union de deux vies, de deux destins, a toujours quelque chose de mystérieux. Même nous, en tant qu'Elfes, nous avons bien du mal à l'expliquer. D'ailleurs, c'est sans doute mieux ainsi.
— Je pense que c'est lié aux paroles de bénédiction, dis-je.
— Oui, il s'agit de l'invocation de Manwë et de Varda, explique Medrigor. Dans ces circonstances, de tels noms ne peuvent être prononcés sans que notre âme en soit émue.
Je reste silencieux un moment pour réfléchir à ce que Medrigor vient de me dire. Manwë et Varda, premiers parmi les Valar, ont formé la première union qu'Arda ait connue ...
— Et toi, Legolas ? fait soudain Medrigor.
— Comment ?
— Penses-tu te marier un jour ?
— Quoi ?
J'en reste secoué comme si j'étais tombé d'un arbre ! Quoi ? Me marier, moi ?
— Quelle idée !
— Tu ne veux pas ?
— Je ...
Comment dire non ? Comment dire oui ? Quelle question, vraiment ! Comme si j'y avais déjà réfléchi ! Je n'ai que 120 ans, je suis bien trop jeune pour penser à ça.
— Je ne peux pas marier.
— Pourquoi ça ?
— Je suis trop jeune, et de toute façon il n'y a personne que je puisse épouser.
— L'âge est sans importance, Legolas. Et puis tu te trompes : de nombreux Elfes se marient dès ton âge. Quant à la personne que tu épouseras, comment peux-tu dire qu'elle n'existe pas ? Tu n'as même pas cherché.
— Mais ... mais ...
— Tu m'as montré à quel point tu avais été ému par la cérémonie, non ?
— Oui, mais ...
— Est-ce que tu ne voudrais pas connaître ça un jour, toi aussi ?
— Je ... Non. Enfin si. Peut-être ... Je ne sais pas !
— Alors, c'est peut-être la bonne occasion pour commencer à y réfléchir.
Sur ces paroles, et avec un sourire énigmatique, Medrigor me quitte et va s'entretenir avec un groupe d'Elfes de notre royaume. Son interrogatoire m'a complètement bouleversé et j'en frissonne encore. Ah, quelle idée de me harceler de questions comme ça, sans prévenir ! Oui, bon, c'est vrai, il faudra peut-être que je réfléchisse un jour au mariage, mais pas maintenant. Oh non, pas maintenant.
Et puis, il n'a qu'à se marier, lui, si ça le tente tellement !
Oui, oui, du vin de cerise en plein hiver ! Si je veux !
Merci à Ely pour les infos sur les mariages des Elfes.
PS : Wohoo ! On a dépassé le cap des 200 reviews, je vous aime, vous êtes géniaux, je vous adore, continuez !
