LA VOIE DES NOMBRES
TOME I
Épilogue
Si tu restait
« Jusqu'à la mort nous espérons toujours »
André Chenier
ooooo
Tyler Crowley dit « Le Dramaturge », condamné pour treize meurtres
Arrêté mercredi soir dans un entrepôt de Brooklyn Bridge, Tyler Crowley était suspecté de douze meurtres et fut enfin arrêté après le premier meurtre, datant d'un an.
Tyler Crowley, ou plus communément appelé le « Dramaturge », 28 ans, arrêté ce mercredi soir dans l'entrepôt longeant la baie de Brooklyn Bridge par des agents de la CIA et avec la participation du FBI, n'était autre que le médecin légiste du BAU de New-york. Ajouté à ça un sombre passé en étroite liaison de la mafia New-yorkaise, il était célèbre pour ses meurtres mis en scène avec dramaturgie et exhibitionnisme. Les corps retrouvés principalement dans des lieux fréquentés ébranlèrent pendant plus d'un an la ville de New-york, remettant plus d'une fois en doute l'efficacité des profilers.
La polémique
La stupéfaction est à son comble pour les agents du FBI. Tyler Crowley, fils d'une famille mafieuse tué il y a deux ans lors d'une intervention du FBI, avait réussi à infiltrer les bureaux du BAU pendant plus de trois ans, espionnant étroitement les agents, ses collègues, ses « amis ». Son but n'avait été motivé que par une simple vengeance, entre sa première victime, Billy Black, agent du FBI, ainsi que du directeur du FBI du comté de Riley, Charlie Swan, ces derniers étant coupable des homicides involontaires de Marius Crowley et de sa femme Camélia, les parents du suspect.
L'affaire
Lors de la perquisition de la CIA au domicile de Tyler, les agents fédéraux trouvèrent plusieurs «carnets de bords» numérisé relatant les meurtres. En effet, les victimes n'auraient jamais été tuées au hasard, découvrant alors le point commun de chacun.
Il y a deux ans, le 15 juin 2012, une soirée fut organisée en l'honneur d'œuvre caritative dans les bureaux du Financial District. Lors de cette soirée, le FBI prit d'assaut la soirée et arrêta plusieurs personnalités publiques liées à la mafia new-yorkaise. Lors de l'intervention, de nombreux blesser et morts. Trois agents perdirent la vie, ainsi qu'une dizaine de civils.
Depuis, Tyler Crowley avoua jurer vengeance pour le «meurtre» de sa famille en s'évertuant à tuer les responsables.
Billy Abraham Black fut tué le 12 juin 2013, un an exactement après l'intervention. Douze victimes travaillant ou étant présent à la soirée caritative furent alors tuées au cours de l'année. Charlie Swan, le directeur du FBI du comté de Riley, fut toutefois sauvée, trois mois après son enlèvement, porter secret par le FBI et la CIA en personne.
Le « dramaturge » n'en avait pas fini avec les deux agents du FBI. Il connaissait l'existence des deux enfants des deux hommes, tous deux alors agents du BAU, et même ami avec le suspect, ébranlant encore plus les autorités.
Les cibles
Isabella Marie Swan, 25 ans, ex-agent du FBI, était la cible principale. Étant la fille unique de Charlie Swan, Tyler Crowley pensait frapper fort dans sa vengeance en tuant l'enfant de l'homme responsable de la mort de sa famille.
Mais le directeur du FBI, soucieux de la protection de sa fille, engagea un agent (Edward Anthony Cullen, 27 ans) pour veiller sur Isabella Swan, déjouant ainsi les plans du suspect.
Jacob Abraham Black, fils unique de l'agent du FBI décédé, fut alors enlevé à son tour, et retrouvé avec Charlie Swan à l'entrepôt où se déroula l'arrestation.
Le bilan est lourd : Quatre agents de la CIA et du FBI perdirent la vie durant l'intervention, tous tués par balles. Six hommes engagés par Tyler Crowley subirent le même sort, ainsi que son complice, Éric Yorkie. Ce dernier, agent au BAU, créa la polémique.
Le FBI en sous-effectif
Après la découverte de deux infiltrés au sein du FBI, la polémique s'empare de l'affaire.
Comment se procèdent les recrutements au sein du BAU ? Les fédéraux sont-ils capables d'assurer la sécurité des citoyens ? Les agents sont-ils tous fiables ?
Suite à la polémique, une vérification approfondie des agents serait alors faite. Mais pour le moment, on peut être sûr que les profilers manquent sérieusement de personnels, après la perte de quatre des leurs.
Le verdict de l'affaire
Tyler Crowley verra subir son procès dans les semaines à venir, le procureur refusant toute forme de négociations avec le suspect. Pour l'instant, il se voit suspecter du meurtre de treize hommes, dont un agent du FBI.
Son complice, Éric Yorkie, participant aux meurtres, fut tué dans l'entrepôt, et se verra inhumer demain, entourer de la famille. Des agents de la CIA resteront auprès d'eux.
James Gigandet, 30 ans, proche de la famille Crowley, sera aussi condamné après sa sortie d'hôpital, pour le meurtre de Jacob Abraham Black, ce dernier retrouvé mort avant l'arrivée des secours.
Isabella Marie Swan et son père sont les seuls survivants de cette vengeance mafieuse.
La jeune femme n'a fait aucun commentaire sur son coéquipier décédé, mais avoua ne plus avoir affaire au BAU, souhaitant s'éloigner et oublier au plus vite cette macabre controverse.
Le directeur du FBI du comté de Riley promet un communiqué dans la semaine, se voyant obliger de se remettre de l'histoire.
Les deux sœurs de l'agent Jacob Black, seuls famille restant de l'homme décédé, exigent justices, et promettent de se démener à faire condamner James Gigandet à perpétuité.
Suite de l'enquête au procès...
D'Alec Volturi
New york Time
15 mai 2014
ooooo
15 juin 2014
.
Bella était assise comme à son habitude à sa table réservée, au Mystique Alice. Un chocolat chaud à la main, elle gardait son mug collé à ses lèvres, sans en boire le breuvage. Elle se brûlait sûrement les lèvres. Mais peu lui importait.
La gérante, Alice Cullen, petite sœur d'Edward Cullen, l'observait à la dérober depuis de longues minutes, accoudée derrière son bar. La mine soucieuse, une ride entre les yeux, elle n'écoutait même plus son copain parlé. Elle était trop absorbée par la jeune femme, assise seule à sa table.
-Alice, soupira son compagnon en la houspillant gentiment. Arrête de la fixer comme ça. Elle n'a pas besoin de ça, en ce moment.
Jasper avait raison; dans des moments pareils, la pitié était bien la dernière chose que la personne attendait. Mais bien sur, elle ne pouvait s'en empêcher.
-Ça, ça va l'aider, ajouta Jasper quelques minutes plus tard, un sourire dans la voix.
Alice vit alors son frère entré dans le café, les saluant immédiatement d'un hochement de tête. Puis il se dirigea directement vers la jeune femme figée dans son mug, l'embrassant doucement dans le cou avant de s'asseoir près d'elle, posant un bras autour des épaules de Bella.
Vu de loin, c'était un jeune couple sage et vivant simplement. Vu de près, c'était une relation compliquer entre deux êtres très différents et pourtant similaires, aux passés tumultueux, aux blessures fraîches et à la douleur déchirante.
Alice connaissait désormais tout de son père et d'Edward. La CIA, le FBI, la mafia... tout, absolument tout.
-Ça arrive souvent ?
Jasper comprit immédiatement ce qu'Alice voulait dire par là, elle le savait. Et elle attendait une réponse claire.
-Tout métier comporte ses risques, dit Jasper en haussant les épaules.
Alice essuya rageusement les verres posés sur le bar, le fusillant du regard. Jasper soupira, se prenant la tête entre les mains.
-Oui et non, répondit-il avant de reprendre, s'évitant les foudres de sa petite amie. Tout dépend de nos missions, Alice. Dans celle-ci, la mafia était en cause. Perdre quatre hommes dans l'opération est finalement moins pire que d'habitude.
-Excuse-moi ! S'indigna-t-elle en fracassant accidentellement un verre contre le bar.
Elle sursauta de concert avec Jasper, mais se reprit bien vite.
-Tu dis que vous avez eu de la chance ? Que vous n'avez perdu que quatre hommes ?
-Alice, c'était une grosse enquête menée sur plusieurs années ! Alors oui, désolé, mais quatre hommes, c'est très peu.
-Quatre familles sont en deuils, Jasper ! Mais très bien, l'enquête est bouclée, mes félicitations !
-Arrête, l'intima son compagnon en s'emparant doucement de la main d'Alice. Chut, calmes-toi.
Alice pleurait de colère, désormais. Son petit ami la réconforta du mieux qu'il put, lui embrassant les mains de temps à autre ou essuyant ses larmes avant de l'embrasser doucement.
-L'enquête est loin d'être bouclée, malheureusement, dévoila-t-il ensuite, avec appréhension. Le réseau de la mafia New-yorkaise est immense. C'est juridiquement impossible de tous les atteindre, certains étant soit de grandes personnalités publiques soit suffisamment intelligent pour ne jamais laisser de trace. Les enquêtes sur eux ne se fermeront jamais.
-Et justice ne sera jamais faite non plus, souffla Alice, dépitée. Allez-vous avoir des représailles, Jasper ? Après ce qui s'est passé dans l'entrepôt... êtes-vous devenus des cibles probantes pour la mafia ?
Jasper ne répondit pas. Il n'avait lui-même pas de réponse. Mais il était tout autant inquiet que sa compagne pour ces éventuelles représailles. Seuls le temps le lui dirait...
ooooo
Bella bougea à peine quand Edward vint l'embrasser dans le cou, lui soulevant quelques mèches de cheveux, lui touchant l'épaule doucement, posant son bras autour d'elle.
Ça aurait dû la réconforter. Elle aurait dû être apaisée.
Elle aurait du... mais ne ressentit rien, si ce n'était le vide. Et ceux, depuis un mois.
-Ton père vient de sortir de l'hôpital, lui souffla-t-il en lui prenant son chocolat chaud des mains. Carlisle m'en a informé il y a quelques minutes. Ton père a essayé de te joindre plusieurs fois, aujourd'hui. Bella ?
Elle leva les yeux vers lui, surprise. Il ne l'avait jamais appelé comme ça, auparavant. Ç'avait toujours été Isabella. Elle l'avait toujours détesté pour ça.
-J'espérais te faire réagir, souris tristement Edward en écartant une mèche de son visage, frôlant ses lèvres au passage.
Un léger frisson lui parcourut l'échine à son contact.
Ça aussi, c'était tout nouveau.
Elle avait appris à connaître Edward, depuis le temps. Et elle pouvait le définir par bien des manières; prétentieux, arrogant, horripilant, connard de première, dominant, macho... mais aussi drôle, attentif, quelques peu souriant, sarcastiques. Mais jamais doux ou attentionné.
Même quand ils avaient couché ensemble, Edward ne s'était pas montré aussi... attentionné. C'était nouveau. Et étrange. Bella ne le comprendrait décidément jamais.
-Je vais rentrer, dit-elle doucement, évitant le regard d'Edward.
Elle ne pouvait pas le regarder. Pas quand il se montrait aussi doux et gentil. C'était trop. Elle n'en avait pas le mérite. Tout ce qui était arrivé était de ça faute. Par conséquent, elle n'avait pas droit aux attentions d'Edward. Ni de personne d'autre.
Dehors, en appelant un taxi, Bella sentit une main se poser au creux de son coude, la pressant doucement.
-Je te ramène, souffla Edward.
Elle ne résista pas. Mais ne dit rien.
Dans la voiture, le silence l'attrista. Et sans se contrôler, Bella fondit en larmes, plaquant alors son poing contre sa bouche, hoquetant douloureusement.
Edward paniqua et se gara sur le côté.
-Je t'en prie, Isabella, n'y pense plus, la supplia-t-il presque d'un air abattu.
Bella secoua la tête, s'étouffant dans ses sanglots. Alors elle sentit Edward l'entourer de ses bras, la serrer fort contre lui.
Elle ne se calma qu'après de longues minutes, lasse et épuisée.
-Je suis là, dit-il doucement. Je suis là.
Il lui avait promis de rester... et il tiendrait promesse.
ooooo
