Chapitre 25 Don't cry

I'll still be thinking of you
And the times we had ... baby

And please remember that I never lied
And please remember

Guns N' Roses

POV Élisa

Je regardais mes amis et ma famille qui me souriaient alors que je remontais l'allée au bras de Jeff. Mon bouquet frémissait légèrement car mes mains tremblaient. Je n'arrivais pas à me convaincre que tout cela était réel. La marche nuptiale de Mendelssohn retentissait dans l'église qui était parfumée par les freesias disposés en bouquet au bout de chaque banc. Il me tournait le dos et j'étais impatiente d'arriver à sa hauteur pour voir son expression. Était il aussi heureux que moi en ce jour ? Les filles d'Eve, de Laurence et de Blandine nous précédaient, jetant des pétales de roses et formant ainsi un tapis épais sur lequel mes talons n'émettaient aucun bruit. Arrivée enfin au bout, je me détachais de l'étreinte de Jeff et pris la main qu'il me tendait. Relevant enfin les yeux, je le vis. Fred…Fred ? FRED !!! J'ouvris les yeux et retint à grande peine le cri qui menaçait de sortir de ma bouche. Je regardai autour de moi et constatai que j'étais toujours dans l'avion. Je reposai ma tête sur le dossier et inspirais profondément. Si même dans mes rêves, il venait me gâcher la vie, je n'avais plus qu'une seule chose à faire : devenir insomniaque !

POV Rob

Assis sur le canapé de Jeff, je les écoutais tous les trois discuter de la meilleure manière de retrouver Élisa. Jeff n'avait que son adresse mail du boulot, car elle avait totalement oublié de lui donner ses coordonnées. C'était bien elle ça ! Passant mes mains dans mes cheveux, je m'affalais dans le canapé. Pourquoi est ce que j'étais parti ? Est-ce que je n'aurais pas pu chercher à la revoir plus tôt ? J'avais encore eu une semaine avant de partir à Boston. J'aurais très bien pu répondre aux messages que Jeff me laissait. Je n'aurais jamais du demander à la réception de les bloquer. Mais ça ne venait pas d'Élisa directement. Je pensais vraiment à ce moment là qu'elle n'en avait qu'à ma célébrité. Mais maintenant, avec le récit que Jeff venait de nous faire, je n'avais plus aucun doute. Malheureusement, il était trop tard.

« Arrête de faire cette tête, on va bien trouver un moyen ! » Tom l'éternel optimiste !

« C'est ça oui ! Tout ce que vous avez trouvé pour l'instant, c'est de faire un saut à Paris pour aller la trouver à son travail. Alors, hein… »

« Ben c'est toujours mieux que rien non ? » Je crois que je viens de vexer Liam, c'était son idée après tout…

« Désolé Liam, mais je me vois mal aller là et me ramener devant son bureau, la bouche en cœur en lui disant que je suis près à l'écouter ! »

« Mouais, c'est vrai que vu sous cet angle… » Le point positif chez lui, c'est qu'il se vexe pas longtemps !

« Et puis, vous oubliez un léger détail, c'est que je suis en plein tournage là, j'en ai encore pour 5 semaines. Je ne peux pas me permettre de quitter le pays ! »

« C'est pas parce que tu pars deux jours qu'ils vont te virer non ? »

« Ben oui, je vais faire ça, je me ramène chez elle, je lui demande pardon, elle fait la même chose et puis quoi ? Je me tire parce que mon avion m'attend ? »

« Pas la peine d'être agressif, nous au moins on essaye de trouver une solution ! »

« Oui mais trouvez en une bonne alors ! »

« Rob, joue pas au con avec moi, Jeff et Liam sont déjà assez sympas pour essayer de nous aider alors, demande pardon et réfléchis ! » Mais il se prend pour ma mère ou quoi ?

« …. »

« Rob…Joue pas au con ! »

« Ok, désolé les gars mais … Bon…enfin, vous savez quoi ! »

« Non, je sais pas mais on va faire comme si ! » Jeff sourit et me donna une tape sur l'épaule.

« Bon, ok, et après le tournage, qu'est ce qui t'empêche d'aller la retrouver ? »

« Je dois faire la promo du mon dernier film et je peux pas me permettre de les planter là, c'est un petit film avec peu de budget et… »

« Et je sais ! » Jeff se levait, me regardant avec un grand sourire. « J'ai trouvé la solution, celle qui va te permettre de la revoir sans devoir t'encourir juste après ! »

Tom et Liam le regardèrent, pleins d'espoir et moi, je me demandais seulement ce qu'il avait encore bien pu imaginer…

POV Élisa

Quand Ellen était venue me chercher à l'aéroport, je lui avais demandé de ne me poser aucune question mais qu'elle pouvait demander aux filles de passer chez moi ce soir pour une réunion d'urgence, comme ça, je leur expliquerai tout une seule fois. Je voulais oublier tout ça au plus vite et je n'étais pas maso au point de vouloir expliquer ma rupture avec Rob une dizaine de fois. Je n'ais pas dormi dans l'avion et seuls mes nerfs me permettaient de tenir le coup. Mais à chaque fois que j'avais fermé les yeux, c'était son visage que je voyais. Pour en rajouter une couche, le film qui était passé en premier sur mon vol était, devinez quoi ? New Moon, bien évidemment. Je le connaissais par cœur, donc je n'avais pas besoin du casque pour les dialogues. Je fermai les yeux, je voyais Rob. Je les gardais ouverts, je voyais Rob. Malgré tout, j'avais une toute petite chance, mon siège était coté hublot. J'avais donc passé deux heures à regarder les nuages, pendant que ma voisine soupirait toutes les trente secondes. Si Dieu existe, il est quelque fois d'un cynisme à faire peur.

Les filles étaient toutes venues, dans ces cas là, on s'était jurées de tout lâcher pour celle qui en avait besoin. Pour une fois, Solenne n'était pas la seule à avoir apporté de l'alcool et je dois avouer qu'au dixième Mojito, j'alternais entre les larmes et les fous rires. Je leur avais tout expliqué, n'omettant aucuns détails, sauf les plus intimes. Ceux là, je les gardais pour moi, voulant être la seule à savoir à quel point ses mains étaient douces sur ma peau, à quel point il pouvait arriver à faire monter le désir d'un seul regard, à quel point il…STTTTOOOOPPP ! Élisa, arrête, pense à ta santé mentale !.

« Bon, c'est pas tout ça mais tu vas faire quoi maintenant ? » Eve me posait cette question pour la vingtième fois et pour la vingtième fois, je lui répondis que je n'en savais rien.

« Ouais bon, mais t'as bien une idée non ? » Blandine était persuadée que ça ne pouvait pas se termine comme ça et Jacqueline l'approuva tout en se resservant un verre.

« Ben oui, doit y avoir un… truc là…allez… » Le Mojito royal ne faisait pas que du bien à Laurence. « Ouais, enfin, je sais plus…Mais doit y avoir quelque chose ! »

« Ouaaaaiiiiis » Solenne et Ellen, complètement bourrées, levèrent leurs verres dans un bel ensemble et en renversèrent la moitié toutes les deux. Mon cerveau, noyé dans un brouillard alcoolisé, enregistra quand même que je devrais dire adieu à ma journée de repos de demain et que je serais bonne pour faire le ménage. Je tentais de me lever, retombais une première fois dans le fauteuil. La troisième tentative fut la bonne.

« Les filles, s'il vous plait… » Pas facile d'avoir l'air sérieuse avec quatre grammes ! « Déjà…Je voudrais vous dire…Merci d'être là ce soir ! »

« Tu comptes chanter ? Parce que si c'est le cas, je me tire ! » Merci Ellen !

« Non, mais arrête toi ! Non, franchement, je vous adore, je sais pas comment j'aurais pu faire ce soir sans vous ! »

« Mais nous aussi on t'adore » Blandine était la seule qui arrivait à parler de façon compréhensible. Les autres se contentant de lever leur verre dans ma direction ou vers une de mes plantes pour Solenne.

Le lendemain, j'avais dépassé le stade du mal de crâne. J'avais l'impression que ma vision avait deux secondes de retard à chaque fois que je tournais la tête. J'avais mal partout parce que je m'étais couchée encore habillée et en me laissant tomber sur mon lit. J'avais dormi quatorze heures dans la même position, mon bras en dessous de moi. J'arrivais même à croire que je ne saurais plus jamais me servir de mon bras droit tellement il était ankylosé. Je restais sous la douche jusqu'à ce que l'eau devenue froide m'en chasse. La vue de mon salon m'épouvanta, où que je regarde, c'était soit des cadavres de bouteilles, soit des verres, soit des cendriers remplis à ras bords, ce qui expliquait l'odeur qui régnait dans la pièce. J'avais beaucoup trop fumé hier et je n'avais pas besoin de nicotine pour l'instant. Je regagnai ma chambre, m'habillai et sortis acheter de quoi manger, espérant ainsi trouver le courage pour me mettre à nettoyer le bordel qui régnait chez moi.

En remontant les escaliers, je m'arrêtais devant la porte d'Ellen, et après avoir entendu le son de la radio, je frappai à la porte. Je lui avais acheté des croissants, et je ne voulais pas rentrer tout de suite chez moi, craignant de ne pas pouvoir manger si l'odeur ne s'était pas dissipée malgré mes fenêtres grandes ouvertes.

« Non mais t'as vu l'heure ? » Ellen venait de m'ouvrir sa porte et était dans un état encore pire que le mien.

« Oui, bonjour, moi aussi, j'ai mal aux cheveux ! Mais je t'ai apporté des croissants ! »

« Bon, je crois que je peux faire du café. Tu manges avec moi ? »

« Faut pas me le dire deux fois ! » Je rentrai chez elle, enlevais ma veste et me dirigeais vers la cuisine. « Mon appart ressemble au Mordor ! »

« Si jamais tu vois Légolas, dis lui de passer chez moi ! »

« J'y manquerais pas ! Je pensais quand même pas me retrouver dans cet état seulement quelques heures après mon retour ici ! »

« Bah, ça pouvait pas te faire de mal ! Tu veux qu'on en reparle ? Hier, je sais qu'on t'a peut être pas accordé toute l'attention nécessaire. »

« Qu'est ce que tu veux que je te dis ? Ca fait mal, oui. Je vais devoir continuer malgré tout. Je ne le reverrai plus jamais, donc, je peux pas faire grand-chose d'autre ! »

« Je ne te savais pas si défaitiste ! » Moi qui pensai que je n'entendrai plus Jeff ! « Quoi ? Pourquoi tu souris comme ça ? »

« Rien, c'est juste que tu… Tu me fais penser à mon voisin, Jeff, je t'en ai parlé. »

« Ah oui, mon alter ego masculin homo et accro à Armani ? »

« Oui. Mais pour te répondre, c'est pas du défaitisme, c'est juste du réalisme et la distinction est importante. » Ellen me versa une tasse de café et je m'assis à sa table, déchiquetant un croissant sans en manger un bout.

« Ben, explique-moi alors, parce que je vois pas très bien la différence là ! »

« Comment veux tu que je le revoie ? Je sais même pas où il est maintenant. Si j'étais encore à New York, peut être que j'aurais pu le croiser quand il serait rentré de son tournage, si jamais il n'était pas rentré à Londres. Et puis, peut être qu'après tout, il ne m'aimait pas tant que ça. Enfin, je sais pas. Je suis amoureuse de lui, c'est clair, en dehors du fait que qui il est tu vois ? »

« T'as appris à le connaître et c'est vraiment de lui que tu es amoureuse ? Pas de Robert Pattinson, l'acteur qui les fait toutes craquer mais juste de Rob quoi ? »

« Exactement, même si ce n'était pas lui, je l'aimerais quand même, tu comprends ? »

« Malgré l'alcool dans lequel surnage mon cerveau, oui, je crois que je comprend. Mais ça ne change rien à ma question de départ : qu'est ce que tu vas faire maintenant ? »

« Et ma réponse de départ n'a pas changé : Rien ! Que veux tu que je fasse d'autre ? A part essayer de l'oublier et passer à autre chose, je me vois mal essayer de retrouver sa trace, prendre un aller retour Paris-je sais pas où et le forcer à m'écouter. J'ai un peu l'impression que vous oubliez toutes ce détail : il m'a dit qu'il ne voulait plus me voir ! » Et moi qui m'étais jurée de ne plus pleurer, c'était foutu !

« Allez, pleure pas ! Je sais bien qu'il t'a dit ça mais…Je trouve ça vraiment très con que votre histoire se termine pour un truc aussi bête et surtout à cause des deux autres empaffés première catégorie ! »

« Oui, moi aussi… »J'essuyai tant bien que mal mes larmes. « …C'est juste qu'il n'y a plus rien à faire. J'aurais du lui en parler, j'ai pris le risque de ne pas lui en parler, ça m'est retombé dessus et c'est tout. Fin de l'histoire. »

« Ben laisse moi te dire que ton histoire, elle est moche ! »

« Toutes les histoires ne se terminent pas par un happy end ! »

« Ben ça devrait ! » J'étais d'accord avec elle mais ça ne changeait rien. J'avais tout foutu en l'air, c'était de ma faute et je devais faire avec.

En arrivant au boulot le lundi suivant, je pris conscience à quel point les choses reprenaient leurs cours normal. Je m'étais levée tôt, déjeuner d'un café et d'une cigarette, comme d'habitude, j'étais partie en retard de chez moi, arrivée essoufflée et rouge à ma station de métro, je m'étais retrouvée collée à un mec qui n'avait plus vu de savon depuis 1995 et j' allumais mon ordinateur, retrouvant avec plaisir le bordel habituel de mon bureau. Bien, première chose, changer le fond d'écran. Si je voulais oublier Rob, je ne pouvais pas l'avoir sous les yeux à chaque fois que j'étais sur mon pc. Je jetai un œil sur les mails que j'avais reçu, vis le nom de Jeff et m'apprêtais à l'ouvrir quand Jacqueline nous appela pour commencer la réunion. Pas le temps pour mon ex voisin, je verrais ça plus tard. Je pris mon reportage et me dirigeais vers la salle de réunion, me demandant ce que Jeff me voulait. Ca ne faisait pas une semaine que j'étais partie, il n'avait pas pu se passer grand-chose. A moins qu'il ne se soit décidé à épouser Liam à Las Vegas…Non, ça pouvait pas être ça ! La réunion dura plus longtemps que prévu car Jacqueline nous annonça que notre groupe était dissous. Pas assez de budget, nous devrions être réaffectées à d'autres services, et nous nous réunirions de nouveau quand ce serait nécessaire. La nouvelle fit l'effet d'une bombe, en dehors du fait que nous travaillions ensemble, nous étions aussi amies et ne plus les voir qu'aux heures des repas me semblait horrible. Jacqueline discuta avec chacune d'entre nous pour savoir où nous aimerions nous retrouver, bien que la décision fût prise. Mais ça nous donnait l'impression d'avoir encore un peu de pouvoir sur notre carrière. Après qu'Eve eut appris qu'elle faisait désormais partie de la rédaction mode, à son plus grand plaisir d'ailleurs, Jacqueline se tourna vers moi. C'était mon tour et je croisais les doigts sous la table. Tout mais pas le cinéma, tout mais pas le cinéma, tout mais pas le cinéma, s'il vous plait, dieu ou je sais pas qui, tout mais pas ça !

« Élisa, pour toi, ils ont décidé… » Pas ça, pas ça, pas ça ! « …Le cinéma, je suis désolée mais vu tes références, ils ne pouvaient pas faire autrement. » Encore une fois, merci Cinémania !

« Jacqueline, tu peux pas les laisser me faire ça ! Je vais devoir... »

« Devoir faire ton boulot correctement, oui, et je sais que tu en es capable ! Tu ne dois pas laisser ce qui s'est passé empiéter sur ta vie professionnelle ! Tu n'as pas le choix… A moins que tu ne veuilles nous quitter ? » Bon, ok, soit je m'arrache le cœur, soit je n'ai plu de boulot…Génial !

« Bon, dans ce cas…Mais je ne veux pas m'occuper du prochain Tarantino ! »

« Ce n'est plus de mon ressort, faudra que tu voies ça avec Alexandra, c'est elle, ta nouvelle rédactrice en chef. » Ca, pour faire bonne impression, j'allais commencer fort !

« Bon les filles, voilà…J'ai été ravie de travailler avec vous. Ca vous arrivera encore mais je sais comment ils fonctionnent au conseil d'administration et pour eux, ponctuellement, ça veut dire jamais. »

« Au fait, Jacqueline, tu vas faire quoi toi ? » Laurence venait de poser la question que je n'avais pas eu le courage de poser.

«Je…En fait, je vous quitte… »

« Ils t'ont virée ? » « Mais ils sont devenus dingues ou quoi ? » « Ca va pas se passer comme ça ! » « S'ils t'ont virée, moi je pars aussi ! » On était toutes sous le choc. Je dois dire que j'imaginais mon retour un peu moins mouvementé.

« STOOOOOOOOOP ! On se calme ! » Elle avait toujours le truc pour nous faire taire ! « Bon, les filles, ils ne me virent pas, c'est moi qui part. J'ai reçu une offre que je ne peux pas refuser et…voilà. Je ne voulais pas vous lâcher et je ne voulais certainement pas vous l'annoncer comme ça mais ils ne m'ont pas laissé le choix. »

« Et c'est quoi cette proposition que tu ne peux pas refuser ? » Blandine en avait les larmes aux yeux. Elles avaient commencés en même temps ici.

« J'ai été engagée chez Vogue. » le silence qui suivit fut éloquent. Notre magazine n'est pas une vulgaire feuille de chou mais Vogue, effectivement…

« Toutes mes félicitations Jacqueline. Ils ne savent pas la chance qu'ils ont en t'engageant ! »

« Merci Élisa. »

« Tu pars quand ? » Solenne aussi avait du mal à retenir ses larmes.

« Il me reste dix jours, histoire de terminer quelques dossiers et de la paperasse et puis, je rendrais mon badge définitivement. »

« En gros… » Quand Eve et Laurence se regardait en souriant comme ça, ça sentait mauvais ! « …Il nous reste dix jours pour te préparer une fiesta d'enfer pour ton pot de départ ! Et ce n'est pas une question Jacqueline ! » Elle avait déjà la bouche ouverte pour tenter de réfréner leurs idées, mais c'était trop tard.

La fête donnée en l'honneur de Jacqueline fut plus que réussie, tout le personnel du magazine avait été invité et c'était le journal qui payait la note. Ils avaient bien voulu accéder à nos demandes vu le nombre de lecteurs que Jacqueline leur avait fait gagné.

Entretemps, j'avais eu le temps de lire le mail que Jeff m'avait envoyé. Liam était styliste et devait se rendre à la semaine de la mode à Paris. Jeff en avait profité pour s'inviter également. Ils descendraient tous les deux au Plaza Athénée. Le choix de l'hôtel me laisse quelque peu dubitative, vu les prix qui y étaient pratiqués, mais bon, Jeff avait les moyens de se le permettre apparemment. Et puis, il avait refusé mon offre de les recevoir chez moi, ce qui, d'un côté, m'arrangeait bien, vu que Jeff m'avait annoncé vouloir, je cite, « jouer à Carrie Bradshaw à Paris, tu sais, les deux derniers épisodes de la série… » Je ne tenais pas vraiment à ce que mon appart se transforme en succursale d'Armani.

Mon nouveau boulot me plaisait assez. Bien entendu, ce n'était pas la même ambiance mais j'avais déjà échappé à devoir faire les critiques des nouveautés et j'avais droit à une page complète par mois. J'avais le choix, soit je parlais d'un nouvel acteur ou réalisateur, soit je revenais sur le pourquoi du succès d'un acteur ou réalisateur déjà connu. On se voyait régulièrement avec les autres filles, comme nous ne pouvions pas être toutes là à chaque temps de midi, nous nous donnions rendez vous les unes chez les autres une fois par semaine, histoire de nous raconter nos journées. Ellen se joignait régulièrement à nous et c'était la seule qui arrivait à nous faire parler d'autre chose que de notre boulot. Elles évitaient toutes de parler de Rob, de ses prochains films, ce qui devait être particulièrement dur pour Solenne étant donné que Tarantino était son réalisateur fétiche. Mais son sens de l'amitié l'emportait sur sa passion, ce dont je lui étais reconnaissante. En dehors de ça, j'évitais soigneusement de regarder les couvertures des magazines people et Ellen avait bien voulu mettre une alerte parentale sur tout les sites people ou ayant un rapport même lointain avec Robert Pattinson. Elle avait bien un peu rechigné, trouvant ça tout à fait ridicule mais je lui avais expliqué qu'en cas de rupture, je coupais les ponts avec celui qui était devenu mon ex. Exit les lettres. Bye bye les photos. Ciao les tickets de restaurants. Tout ça valsait dans une boîte planquée dans ma garde robe. Mais là, je ne pouvais pas demander au monde entier de cesser de parler de lui. Bien que l'idée m'ait traversé l'esprit.

Lors d'une de nos réunions hebdomadaire, Ellen leur avait expliqué le coup du contrôle parental et elles s'étaient mises à raconter leurs trucs pour oublier leurs ex. Laurence nous avait expliqué qu'elle, elle changeait de coupe de cheveu. Solenne me pris le bras et s'exclama : « Ca tombe bien, je dois faire un papier sur un nouveau salon de coiffure qui vient d'ouvrir. C'est, parait il, le nouveau salon à la mode. »

« Et alors ? » Elle veut en venir où ?

« Ben, je viens de refaire ma colo et j'ai pas envie de changer de couleur, tandis que toi… »

« Moi… » J'avais peur de voir où elle voulait en venir.

« Élisa, tu veux bien faire fonctionner ce qui te sert de cerveau ? » Merci Ellen !

« J'ai bien peur d'avoir déjà compris ! »

« Ben quoi, c'est pas une bonne idée ? Reconnais que ta coupe ne ressemble plus à rien depuis quelques temps ! Et puis, une petite couleur, juste des reflets hein… » Bah, pourquoi pas effectivement ?

C'est comme ça qu'une semaine avant l'arrivée de Jeff, je passais quatre heures dans ce nouveau salon, de l'aluminium plein la tête et de longues mèches à mes pieds. Solenne m'accompagnait et avait du mal à se retenir de rire devant ma mine déconfite. Ca faisait des années que j'avais les cheveux longs mais Stephen, mon coiffeur attitré en avait décidé autrement. Je sortis de là avec un carré plongeant, mon châtain, qui était selon Stephen, beaucoup trop terne pour moi, avait disparu pour laisser place à une couleur qu'il qualifiait de « totalement automnale et en accord avec mon moi profond. » En gros, j'avais les cheveux acajou. Malgré le ton un peu théâtral qui était de mise là bas, je dois reconnaître que j'étais assez satisfaite de l'image qui se reflétait dans le miroir quand il eut enfin terminé.

J'avais dit à Jeff lors d'une de nos trop peu nombreuses communication téléphonique que j'irais le chercher à l'aéroport mais il avait refusé, arguant qu'il ne voulait pas que je me dérange autant pour lui et qu'après tout, il savait quand même commander un taxi à Paris aussi bien qu'à New York. Ne trouvant rien à lui répondre sur le coup, il avait pris mon silence pour accord et m'avais dit que de toute façon, nous nous verrions dans quelques heures. J'avais donc pris un jour de congé pour pouvoir me rendre à son hôtel le plus rapidement possible. Je tournais comme un lion en cage, attendant impatiemment le coup de fil de Jeff ou de Liam qui m'annoncerait qu'ils étaient enfin arrivés. Je n'avais qu'une envie, c'était de le serrer dans mes bras. J'avais l'impression que ça faisait une éternité que je ne l'avais plus vu, alors qu'il n'y avait qu'un mois et demi que j'avais quitté New York. Je m'étais déjà changée douze fois, ne sachant pas quelle tenue Jeff ne critiquerait pas. S'il y avait bien une chose qui ne m'avait pas manquée chez lui, c'était son obsession à ce que tout le monde soit aussi bien fringué que lui. A court d'idée, je me décidais pour un jeans délavé, une chemise blanche et enfilai un court gilet noir sans manche par-dessus. J'enfilai une des mes (trop rares) paires de Manolo achetée à New York. En me regardant dans le miroir, je me dis que la treizième était la bonne. Soit, c'était les vêtements, soit c'était ma nouvelle coiffure, mais je me sentais bien. J'avais perdu les quelques kilos en trop que je me trainais depuis des mois grâce au fabuleux régime post rupture bien connu et à défaut d'être vraiment jolie, je pouvais au moins paraître jolie. Ce qui était déjà pas mal non ?

Vers 14 heures, mon téléphone sonna enfin. Jeff étant dans un état frôlant l'hystérie, Liam pris le relais et m'annonça qu'ils étaient enfin arrivé. Nous nous donnâmes rendez vous dans le hall de l'hôtel et après lui avoir dit que j'arrivais tout de suite, je sortis de chez moi et après avoir descendu les escaliers, je me rendis compte que j'avais oublié mon sac, ma veste et mes clés. Je remontais donc jusque chez moi, fit un rapide coucou à Ellen qui sortait ses poubelles en lui criant que Jeff était arrivé et que je lui raconterai quand je rentrerai. Elle dut se pencher sur la rambarde de l'escalier pour pouvoir me hurler ses dernières recommandations habituelles mais j'en entendis à peine la moitié, trop concentrée sur les marches pour ne pas tomber. Manolo Blahnik n'avait surement pas pensé qu'il pouvait arriver qu'on dévale des escaliers avec ses chaussures aux pieds !

Je pensais prendre le métro jusqu'au Plaza mais comme un taxi passait juste devant moi, je l'arrêtai. J'irai plus vite en voiture qu'en métro et je ne voulais pas envisager la descente dans le métro avec ces chaussures de mort.

Je ne savais pas pourquoi mais une boule de stress se formait dans mon ventre. Pourtant, je n'avais pas de raison d'avoir peur. Ce n'était que Jeff et Liam. Je n'allais pas rencontrer la reine d'Angleterre. Une fois arrivée devant l'hôtel, je me dis que le seul mot capable de le décrire, c'était majestueux. Peut être encore plus que le Four Seasons. Quelque chose de plus…Enfin, je sais quoi mais de plus ! Une célébrité devait y être descendue car une foule impressionnante se pressait près des barrières installées devant l'entrée. Je sortis du taxi, et quand je me retournai vers le chauffeur pour régler la course, je les entendis. Ses fans. Son prénom. Bon, Élisa, calme toi, tu ne vas pas le croiser, souviens toi, il évitait de sortir quand il le pouvait. Il te suffit de retrouver Jeff et Liam et de les inviter à boire un verre ailleurs. N'importe où mais pas ici. Agrippant mon sac comme une bouée, je grimpais les quelques marches et me retrouvais dans le hall de l'hôtel. Je cherchai Jeff ou Liam, balayant la salle du regard. Les apercevant enfin, je me dirigeai vers eux, essayant de ne pas courir me jeter dans les bras de Jeff. Et puis, après tout, merde au Plaza Athénée ! Je me mis à courir vers eux, me jetant dans les bras de Jeff.

« Qu'est ce que tu m'as manqué ! »

« Et toi alors, New York est devenu d'un ennui mortel sans toi ! » Je me dégageai de ses bras, le regardant d'un air sceptique.

« Tu ne crois pas que tu exagère un tout petit peu ? »

« Comme si j'étais capable d'exagérer ! Moi ! » Il eut l'air faussement indigné.

« Ben non, c'est clair que tu n'es pas la reine du mélodrame ! » Liam avait du mal à ne pas éclater de rire.

« Oh toi, ça va hein ! » Il lui tapa légèrement l'épaule en souriant. « Et tes cheveux ? Ca te va merveilleusement bien. T'as bien fait de tout couper ! Ca te correspond beaucoup plus ! »

« Merci ! Bon, on va boire un verre ? »

« Heu oui, mais… Regarde un peu par là ! » Il m'indiqua la réception.

« Oui ben quoi ? Vous n'avez pas encore pris vos clés ? »

« Ben t'as pas changé, ça fait plaisir de constater que certaines choses restent immuables ! Regarde mieux ! » Et là je le vis. Lui. Ici. Il ne m'avait pas encore vue, il me restait encore un espoir d'éviter l'humiliation qu'il me nie totalement ou qu'il pique un scandale en me découvrant dans son hôtel. Je ne savais pas quoi faire. Essayant de réfléchir à toute vitesse, je gardais néanmoins mes yeux fixés sur lui. Je ne pouvais pas les détacher de lui, le détaillant encore et encore au fur et à mesure que mon cerveau foutait le camp comme à son habitude. Soudain il se retourna et me vis. Passant la main dans ses cheveux, il sourit. Il ME sourit. Non, pas ça ! Je ne voulais pas de sa pitié ou d'un « Je suis ravi de t'avoir revue, t'as l'air en forme, faudra absolument qu'on se fasse un truc un de ces quatre. » Incapable de réfléchir à ce que je faisais, j'empoignais Jeff et Liam chacun par un bras et les entrainait tous les deux vers la sortie, complètement sourde aux objections de ces derniers.


Comme d'habitude, je tiens à faire un énorme merci à toutes (et tous ce coup ci !) celles/celui qui m'ont laissé des reviews, j'ai nommé : anastasia, Delicate Bird, Carice, Dawn266, Starshinning, christou57, nattie black, leeloo59, ZsaZsaZsu1986, tiXXit, scarlet-rose, Badine, Isis, annecullen69, chartelle, lilie, Voodoooo', aude77, eragon-tome3-alternatif, EMMA555, Bababbou Cullen, twilight007, Nouvelles romans, mec surprise (ah ah ! Je le savais que j'avais au moins UN lecteur^^) et mimily. Vous n'imaginez même pas à quel point je jubile à chaque fois que je reçois un mail m'indiquant que j'ai reçu une review ;-)

Comme ce que vous venez de lire est l'avant dernier chapitre (eh oui ! déjà !) j'aimerai beaucoup que toutes/tous les méchant(e)s qui me lisent, qui quelquefois, m'ajoutent à leur liste d'alerte mais ne me laissent toujours pas de reviews qu'ils ne leur restent plus beaucoup de temps pour me faire savoir ce qu'ils ont aimé...Ou détesté dans les super aventures d'Elisa. Alors, bougez vous le clavier, YES YOU CAN ^^

Prochain...et dernier chapitre pour je sais pas quand, mais au plus tard dimanche soir, promis !