Dérapage des sens par Hyoga
Disclamer : Les personnages appartiennent tous à Masami Kurumada… même les spectres.
Résumé : Fic post Hadès. Tout le monde est vivant ! Zeus a lourdement insisté sur un cessé le feu et pour un rapprochement des différents sanctuaires en conflit. Des émissaires sont envoyés sur place… N'importe nawak, lemon. DM, Shaka, Thanatos et Hadès comme vous ne les avez jamais imaginés … ou pas … Kitty c'est pour toi !!! Bonne lecture !
Previously in DDS : Rhadamanthe a enfin tapé du poing sur la table (euh… dans l'eau ? sur un rocher ?) et, avec l'aide d'Athéna, Kanon lui a enfin ouvert son cœur. Eaque et Angelo se sont trouvés (chaud, chaud). Shaka a enfin accepté qu'il ne pouvait y avoir de suite dans sa relation avec Hadès et Shura joue les curieux.
Ce chapitre NE SERA pas le dernier avant l'épilogue. Trop de choses à régler, trop de couples à revoir et trop de lemons pour un seul chapitre…
Un immense merci à NyaPowa pour ses remarques judicieuses et la correction des fautes qui persistaient à traîner par-ci par-là, ainsi qu'à Gajin pour son soutien et sa grande patience.
Bonne lecture !
Chapitre 25
« Shaka, je peux te poser une question ? »
« Je t'écoutes, Shura. »
« Que s'est-il passé pendant que vous étiez aux Enfers ? »
La Vierge posa un regard surpris sur Shura.
« Pourquoi me poses-tu cette question ? »
« Et bien… Vous avez changé, Masque de Mort et toi, depuis votre retour. Surtout toi. Tu es différent. Je veux dire, avant tu ne fréquentais quasiment personne, à part Mu peut-être, et tu ne supportais pas la présence de Masque de Mort alors que maintenant, vous êtes presque inséparables. »
Quelque part l'Indou avait espéré que ses pairs se rendraient compte du changement et qu'ils viendraient d'eux-mêmes à lui, mais maintenant qu'il était devant le fait accompli, il regrettait presque que cela ne fût pas passé inaperçu. Non pas qu'il ne désirât pas se rapprocher d'eux et mieux les connaître mais il se sentait soudain… si étrangement heureux. Et ce bonheur l'effrayait presque car il ne pouvait s'empêcher de se demander s'il y avait réellement droit, s'ILS y avaient réellement droit. Il suffisait de voir comment s'était soldé son début de relation avec Hadès – et le fait qu'il soit un Dieu et lui un humain ne rentrait plus en ligne de compte – ou bien encore, Kanon et Rhadamanthe. Après tout, ils étaient des chevaliers. La Garde Dorée. La dernière défense d'Athéna. Celle qui se devait d'être la plus puissante. Pouvaient-ils seulement se laisser distraire de leur devoir par des sentiments bien humains qui ne pourraient que les fragiliser, les rendre plus faibles face à l'ennemi ?
« Shaka ? »
L'indou s'aperçut brusquement qu'il s'était laissé aller à ses pensées, oubliant totalement la présence du Capricorne. Il lui offrit un sourire contrit sans pour autant prendre la parole. Que lui répondre ? Qu'ils avaient manqué violer leurs hôtes en Enfers et qu'entre deux ébats, lui-même était tombé amoureux de leur plus ancien et pire ennemi ?
« Je suis désolé, Shura, mais je ne peux pas répondre à ta question sans trahir la confiance de Masque de Mort. Cependant, ça me fait vraiment plaisir que tu te sois aperçu d'un changement chez moi et surtout, que tu soies venu m'en parler. J'ai… comment dire ? »
Oui, comment dire ? Comment s'y serait pris le fier et imbu Chevalier de la Vierge pour expliquer qu'il voulait mieux le connaître ? Mieux LES connaître. Tous.
Shura observait son homologue avec une certaine bienveillance. Il ressentait l'embarras de son pair sans réellement en saisir les raisons. Certes, il avait remarqué avec un étonnement qui ne l'avait surpris qu'à moitié, que Shaka était plus abordable, plus enclin à fréquenter les autres Golds mais après tout, lui aussi avait bien le droit de profiter de cette nouvelle vie.
Depuis toujours, ils avaient été obligés de rester au Sanctuaire, cantonnés le plus souvent dans leurs temples, dans l'attente de nouvelles batailles qui ne manquaient jamais d'arriver. Quoi de plus normal à ce que Shaka, réceptacle de la pensée de Bouddha sur Terre, passât son temps à converser avec lui, à se rapprocher toujours plus de lui ? Tout comme lui, Shura, avait vénéré sa Déesse avec un empressement presque fanatique. Alors, puisque les guerres étaient terminées pour eux, puisqu'ils avaient droit à une autre chance, il ne voyait pas pourquoi Shaka n'aurait pas lui aussi, délaissé ses longues conversations phylosophico-religieuses pour profiter logiquement de cette seconde chance qui leur était offerte.
Là où le Capricorne reconnaissait être beaucoup plus intrigué, c'était à propos de cette subite amitié qui semblait s'être installée entre son ami d'enfance et la Vierge. Et, comme une coïncidence, suite à leur retour des Enfers. Shura ne tenait pas à faire montre d'une curiosité déplacée mais devait avouer que cela le travaillait un peu.
« Je suis content que l'on puisse tous apprendre à mieux se connaître, vraiment. Et si tu ne peux pas m'expliquer, ce n'est pas grave, je t'assure. J'aurais simplement voulu savoir ce qui avait incité Masque de Mort à baisser sa garde et à laisser Angelo réapparaître. »
Bien que Shura eût promis au Cancer, il y a longtemps, de ne plus jamais prononcer son véritable nom, il ne faisait plus aucun doute que son ami d'autrefois avait réapparu et que Shaka était au courant. Ce dernier sursauta légèrement en entendant le prénom de son protecteur, son ami, ce qui ne manqua pas de surprendre l'Espagnol. Mais, après tout, Shaka avait changé, comme eux tous d'ailleurs, et Shura devait s'habituer à ne plus le voir aussi stoïque et orgueilleux.
L'Indou tenta aussitôt de masquer sa surprise mais s'aperçut qu'elle n'avait pas échappée au Capricorne ? Non pas qu'il fut étonné que ce dernier connaisse le véritable nom de Masque de Mort, après tout, Shura et lui étaient amis d'enfance, mais il savait aussi que l'Italien n'était pas encore prêt à faire son come-back auprès des autres en tant qu'Angelo. Alors que répondre ? Shaka sentit une nervosité inhabituelle le gagner. Il regrettait tout à coup de se sentir vulnérable, aussi peu sûr de lui, mal à l'aise quand avant, il n'aurait rien laissé paraître de son étonnement, si tant est qu'il en eût ressenti. Avant, il aurait immédiatement trouvé une réponse appropriée. Avant, rien ne l'atteignait. Rien ne le perturbait. Avant.
Oui, mais justement. C'était avant. Et maintenant, il devait apprendre à maîtriser ses émotions – c'était d'ailleurs fou ce qu'il était devenu émotif, l'opposé exact de ce qu'il était… avant. Shura n'avait rien dit de mal après tout et il était même normal qu'il se soit aperçu de la transformation chez son ami de toujours.
« Et bien… Angelo est effectivement de retour mais… il n'est pas encore prêt à ce que cela se sache dans tout le Sanctuaire. »
Voilà ! C'était ce qu'il fallait dire. Il protégeait le secret d'Angelo tout en répondant honnêtement à Shura.
Celui-ci lui sourit gentiment. Il lui semblait mieux percevoir le nouveau Shaka – ou plutôt le véritable Shaka qui, à l'instar d'Angelo, remontrait le bout de son nez – qu'il avait en face de lui et se félicitait qu'il fût devenu – redevenu – l'ami de son propre ami. L'un et l'autre avaient, de tout évidence, vécu une expérience particulière aux Enfers qui les avaient énormément rapprochés et, même s'il se sentait un peu déçu que l'Italien ne se soit pas confié à lui, il était content qu'il pût le faire avec la Vierge.
« Je suis heureux que vous soyez amis tous les deux. Angelo est vraiment quelqu'un de bien et je ne doute plus à présent qu'il finisse par ranger définitivement son masque. Je ne sais pas ce qu'il s'est passé chez Hadès mais cela m'a ramené un ami et … peut-être un autre ? »
Une bouffée de joie envahit soudain le cœur de Shaka. Shura lui proposait son amitié. A lui. Shaka. Lui, qui n'avait même jamais connu le véritable sens de ce mot avant Angelo. Oh, certes, il avait toujours entretenu des relations assez proches de l'amitié avec Mu et Aiolia. Même si cela tenait plus de l'instinct protecteur de la part du Lion ou de la similitude entre leurs caractères paisibles et confiants qui pouvait exister avec le gardien de la première maison. C'était finalement bon d'être humain, même si c'était encore souvent destabilisant.
« Je serais plus qu'honoré de devenir ton ami, Shura. » répondit-il, sans pouvoir dissimuler l'émotion intense qui lui nouait la gorge.
Un instant décontenancé par le trouble authentique de la Vierge, le Capricorne plongea son regard droit et intègre dans les deux lacs turquoise Un long silence s'installa, chargé de reconnaissance et de chaleur, qu'aucun d'eux ne brisa tant il leur paraissait superflu d'y rajouter des paroles qui n'auraient, de toute façon, pas été aussi expressives et fortes.
Ils terminèrent leur thé en discutant, prenant plaisir à faire plus ample connaissance. Ils se découvrirent de nombreuses choses en commun, notamment de par leur dévotion à leurs Dieux, même si Bouddha n'en était pas réellement un.
oOo
Athéna et Aphrodite s'étaient éclipsées, les laissant seuls et délivrés d'un poids. Rhadamanthe observait Kanon avec minutie et une légère, très légère, pointe d'anxiété dans ses yeux dorés qui semblaient luire dans la semi obscurité de la grotte. Le Grec, bien que soulagé par les paroles de sa Déesse, ne savait pas quelle attitude adopter face à l'homme dont il était éperdument amoureux. Il était d'autant plus troublé que le baiser qu'il avait échangé avec le juge l'avait laissé chancelant lorsque ce dernier l'avait rompu et que Kanon s'était reculé sous le coup de l'émotion suprême qu'il avait ressenti à ce simple contact.
Lui qui n'avait jamais été le dernier pour passer à l'acte lorsqu'il sortait draguer avec Milo, se retrouvait brusquement intimidé face au Wyvern, n'osant même pas lever les yeux vers lui. Il se rendait compte, avec le recul, à quel point il s'était montré puéril, idiot. Oui, idiot ! Comment n'avait-il pas réalisé plus tôt le ridicule de son comportement ? A force de vouloir se convaincre que la seule voie acceptable était la rédemption, il en avait carrément ignoré ses propres sentiments. Même si, au fond de lui, il ne pouvait pas oublier ses erreurs passées, il n'avait pas le droit de refuser le pardon de ses frères, d'Athéna. Et ce serait leur faire offense à tous que de ne pas leur en être reconnaissant en partageant avec eux ce bonheur qui était enfin à leur portée. Il en prenait, à présent, pleinement conscience, cependant…
Cependant, il se retrouvait là, seul avec ce Juge dont il ne connaissait finalement rien, sauf qu'il en était tombé amoureux. Pourquoi ? Il n'en savait rien. Non pas qu'il voulut absolument trouver une explication au fait d'aimer mais… Après tout, ils ne s'étaient côtoyés que lors de combats et l'avait entraîné avec lui dans la mort. Mais, à part ça, il ne savait rien. Rien ?
Ah si ! Il faisait divinement l'amour ! A ce souvenir, Kanon s'empourpra violemment. Il avait couché avec Rhadamanthe ! Oh Déesse, comment était-il censé réagir ?
Rhadamanthe n'osait pas croire à son bonheur. Kanon rougissait. Les battements de son cœur redoublèrent tandis qu'il faisait un effort considérable sur lui-même pour ne pas se jeter sur le Grec. L'humidité froide qu'il sentit alors sur son entrejambe le ramena à la réalité et il entraîna Kanon hors de la grotte qui commençait à être immergée par les flots méditerranéens.
Ils marchaient à présent, côte à côte, l'anglais tenant toujours la main de l'homme qu'il aimait. D'une certaine manière, il craignait un peu de la lâcher, de peur que le jumeau ne s'enfuît encore, bien que ce dernier n'avait fait aucun geste pour se libérer. Ils n'avaient pas prononcé un mot depuis leur départ du Cap Sounion. Par gêne ? Parce qu'ils avaient tellement de choses à se dire qu'ils ne savaient pas par où commencer ? Ni l'un ni l'autre n'aurait su le dire, trop absorbés par leurs propres pensées. Rhadamanthe tirait presque Kanon en remontant les marches, pressé d'arriver à destination et de se retrouver seul avec l'élu de son coeur, n'accordant aucune attention aux regards tantôt étonnés, tantôt complices qu'ils croisaient. Kanon se laissait faire, trop confus pour réagir, seulement conscient du contact de la peau chaude dans sa main.
Le Wyvern fut carrément soulagé de ne trouver personne au troisième temple, Saga ayant dû rejoindre Aphrodite quelques étages plus haut. Il avait désespérément besoin d'intimité avec le cadet et n'aurait certainement pas supporté de devoir attendre une minute de plus. Ils avaient tant à se dire que s'il avait dû patienter, il sentait que l'amabilité, dont il s'était efforcé d'user depuis son arrivée au Sanctuaire, aurait volé en éclat. Son regard avisa soudain des morceaux de mousse et de tissus déchiquetés qui parsemaient le sol près du canapé. D'abord intrigué, il sembla subitement réaliser et fixa Kanon d'un air mi-scandalisé, mi-amusé.
« Mon dragon ! Kanon ! Mais qu'est ce que tu as fait ?! »
Planté au milieu du salon, Kanon avait tout l'air d'un petit garçon pris en faute. Oui, il s'était vengé sur la peluche dont le Wyvern ne se séparait jamais pour dormir, ce qui n'avait pas manqué de provoquer quelques sourires entendus entre Saga, Aphrodite et lui. Et non, ça ne lui avait procuré aucun soulagement de s'en être pris à un malheureux dragon en mousse qui ne lui avait rien fait, lui ! Il hésitait sur la conduite à tenir pendant que Rhadamanthe restait silencieux, face à lui, attendant de toute évidence une explication au saccage de son doudou, quoique… Il arborait un demi-sourire presque … attendri ? qui ne manqua pas de désarçonner encore plus le Gémeau.
Durant son séjour au Sanctuaire, le Wyvern avait appris à mieux cerner le cadet des Gémeaux. Il savait donc qu'il était parfois nécessaire de le secouer et le Juge n'allait se priver. Après tout, Kanon avait tout de même dépiauté SON dragon avec une application qui en disait long sur ce qui aurait pu lui arriver s'il était resté quelques heures plus tôt, mais aussi prouvait à quel point les sentiments du jeune homme étaient en conflit avec sa raison. Et puis, la patience de l'Anglais avait atteint ses limites et ce n'était pas en voulant à tout prix préserver la sensibilité du Grec qu'il ferait avancer le Schmilblick.
Il parcourut donc l'infime distance qui les séparait encore et lui passa une main sur la joue avant de la faire glisser sous son menton pour lui relever la tête. Alors que Kanon plongeait un regard surpris et passablement perdu dans le sien, Rhadamanthe se pencha et captura ses lèvres avec domination et tendresse.
Incapable de réagir, l'ex-dragon des mers se laissa embrasser avant de céder au besoin impérieux qui montait en lui. Timidement au début, puis de plus en plus passionnément, ne pouvant plus se défaire de cette bouche qu'il avant tant désiré retrouver sans se l'avouer. Leurs langues se trouvèrent naturellement et entamèrent un ballet connu d'elles seules dont Aphrodite, pourtant experte dans ce domaine qui était le sien, aurait certainement envié la sensualité. Les doigts du Grec s'accrochaient aux épaules de l'Anglais qui n'aurait pu espérer meilleure réaction. Bien qu'il eût déjà possédé Kanon une fois, il frissonnait à l'idée que le jumeau allait à nouveau lui appartenir, mais cette fois, pleinement conscient et consentant.
Peu importaient leurs fonctions respectives. Grâce à l'accord qui serait finalisé le lendemain, ils allaient pouvoir s'aimer en toute liberté. Certes, la contrainte de leur charge les empêcherait de vivre ensemble la majeure partie du temps mais au moins, avaient-ils la certitude qu'ils pourraient se voir suffisamment souvent pour que leurs séparations ne soient pas trop douloureuses. Rhadamanthe restait lucide et pragmatique et n'en demandait pas plus pour être heureux.
« Je t'aime. » chuchota-t-il à l'oreille de l'ex-marinas qui ne répondit rien mais dont l'incertitude qui persistait malgré tout disparut totalement.
Alors que Kanon devenait de plus en plus entreprenant, oubliant toute retenue, l'Anglais se félicita d'avoir forcé un peu les choses. Il frissonna de plaisir anticipé lorsqu'une main grecque s'immisça dans l'échancrure de sa chemise, désireuse de redécouvrir ce corps qu'elle avait déjà caressé une fois sans en être pleinement consciente. Le fait d'être, cette fois, totalement lucide quant à l'identité de son partenaire, décuplait les sens du Gémeau, l'excitant presque diaboliquement alors que sa langue redécouvrait le goût du Wyvern, s'en délectant jusqu'à plus faim. Envolée son hésitation. Kanon avait l'étrange sensation d'explorer un terrain inconnu qui, au fur et à mesure de son avancée, se révélait familier. Il voulait prendre son temps pour savourer ses découvertes mais en même temps, il était impatient de retrouver l'ivresse que lui avait déjà une fois procuré ce corps si puissant et parfait.
Ses lèvres ne quittaient celles du Juge que pour mieux les reprendre, ne s'en lassant jamais, alors que ses mains parcouraient la peau découverte avec avidité. Il était impatient. Trop de temps perdu et plus assez devant eux pour ne pas laisser libre court à la faim dévorante qui le tiraillait. Après tout, ils auraient bien l'occasion de le prendre, ce temps qui leur était actuellement compté. Ils se désiraient trop. L'attente avait attisé leur désir aussi sûrement que le mistral renforçait l'incendie.
Rhadamanthe délaissa les lèvres gonflées du Grec et lui fit tendrement basculer la tête en arrière pour parcourir son cou de baisers légers et humides qui arrachèrent un gémissement à Kanon. Plus rien d'autre ne comptait que les sensations que faisaient naître le Wyvern dans tout son corps, que ce besoin de lui qui menaçait de le rendre fou. Il voulait appartenir à nouveau à l'Anglais. Il voulait le faire sien. Se donner et prendre. Offrir et recevoir. Il voulait véritablement tout partager, pour la première fois de sa vie. Un dernier doute le fit se raidir dans les bras du juge qui releva un regard interrogatif, bien que voilé par un désir non dissimulé.
« Kanon ? Qu'est-ce qu'il y a ? »
« Je… » commença Kanon avant de réaliser l'évidence.
Il n'était décidément qu'un idiot ! La sincérité des sentiments qu'il lisait dans les yeux de celui qui allait devenir son amant ne pouvait le tromper, pas plus que la fougue qu'il sentait couver sous les caresses contenues de l'Anglais. Rhadamanthe le considérait comme son égal. Il l'avait toujours considéré comme son égal. Même quand il avait compris les intentions de Kanon lors de leur affrontement mortel, il ne s'était pas soumis, se battant jusqu'au bout. Parce que le Wyvern était enfin tombé sur un adversaire à sa mesure qui ne s'avouait jamais vaincu. Ils étaient égaux, se respectaient et s'aimaient. Et si le juge avait pris les choses en main en initiant leur étreinte, le jumeau savait à présent que ce n'était nullement dans un but de domination.
« Je t'aime. » répondit-il alors avant de renverser la situation et d'entraîner le spectre vers sa chambre.
Il allait l'aimer. Tout comme il se laisserait aimer. L'équilibre de leur relation passerait forcément par le partage et l'échange. Kanon en avait l'intime conviction et cela acheva de le rassurer sur son choix.
Leurs vêtements rejoignirent rapidement le sol de la chambre tandis que leurs corps se mouvaient l'un contre l'autre et que leurs bouches se retrouvaient pour ne plus se quitter. Leurs mains parcouraient leurs peaux déjà brûlantes et frissonnantes alors qu'ils luttaient tendrement pour se donner un maximum de plaisir, se faisant basculer à tour de rôle pour se procurer encore plus de sensations vertigineuses. Leurs halètements ne tardèrent pas à remplir la pièce tandis que la température ambiante augmentait sensiblement. N'y tenant plus, ils avaient fini par se retrouver inversés et gémissaient faiblement, s'efforçant d'apporter satisfaction à l'autre tout en se concentrant pour ne pas laisser éclater leur propre jouissance trop vite sous la torture buccale qu'ils s'infligeaient mutuellement.
« Serait-ce trop bon ? » demanda gentiment Kanon, ravi de constater que l'effet qu'il produisait sur le spectre suffisait à lui faire oublier ce qu'il faisait.
Rhadamanthe venait subitement de passer des Enfers au Nirvana. Par Hadès, la langue du jumeau était un véritable ravissement. Une pure félicité. Il se retenait pour ne pas laisser exploser l'orgasme qu'il sentait gonfler en lui mais n'allait plus tenir très longtemps à ce rythme.
« Kanon, je vais… »
« Laisse-toi aller. »
Et l'Anglais se déversa dans la bouche incroyablement experte en poussant un long râle de contentement alors que Kanon recueillait jusqu'à la dernière goutte de semence qu'il avala avec délectation avant de se retourner pour venir embrasser le blond qui reprenait son souffle.
« Tu n'étais pas obligé de… » commença Rhadamanthe en rompant tendrement le baiser.
« J'en avais envie. Je voulais te goûter à nouveau… et me faire pardonner pour le dragon. » murmura Kanon dans son oreille tout en ondulant sensuellement sur le corps du juge qui sentit son désir se réveiller.
« Fais-moi l'amour, Kanon. »
Malgré l'envie qui le tenaillait de connaître à nouveau la douce chaleur de l'intimité du Grec, l'Anglais tenait à se donner à Kanon. Pour le rassurer définitivement. Pour lui montrer qu'il voulait baser leur relation sur l'égalité et le partage. Parce qu'il le respectait en tant qu'homme. Et parce qu'il ne lui en voulait pas le moins du monde pour la peluche maintenant qu'il avait le Dragon original pour lui tout seul.
Le Gémeau le regarda intensément avant de l'embrasser avec passion tout en reprenant ses caresses affolantes, le mettant au supplice. Il le prépara avec délicatesse, malgré le feu qui couvait dans ses reins.
« Viens. »
Un simple mot murmuré d'une voix rauque dans laquelle perçait l'exigence d'un corps inassouvi qui n'aspirait plus qu'à la délivrance. Mais, au lieu de satisfaire à la demande du blond et de le posséder enfin, Kanon se pencha sur lui une dernière fois pour l'embrasser avec passion avant de l'entraîner avec lui alors qu'il se mettait sur le dos. Un instant décontenancé, Rhadamanthe rendit son baiser au Grec et se redressa au dessus de lui. Prenant appui sur le torse hâlé, il laissa le jumeau l'investir avec une douceur déconcertante qui manqua lui faire venir les larmes aux yeux tant ce moment était magique. Le sentir s'enfoncer en lui provoqua chez le juge une violente onde de plaisir qui le parcourut tout entier. Ils poussèrent un cri d'extase commun alors que Kanon continuait de retenir l'Anglais dans sa descente pour ne pas le blesser et lui apporter un maximum de sensations.
« Oh, Rhada… tu es trop bon ! »
« Alex. »
« Quoi ? »
« Mon vrai prénom… Alexander. » souffla le juge alors que Kanon l'emplissait totalement.
« Alex… Alex… Je t'aime. » cria soudain le jumeau alors que Rhadamanthe s'était mis en mouvement au dessus de lui, provoquant mille décharges dans son corps tendu à l'extrême.
Il s'empara de l'érection à nouveau conséquente de l'Anglais et calqua son mouvement sur ceux de son amant, venant à sa rencontre par des coups de reins puissants qui les amenèrent tous deux à des cimes de volupté qu'ils n'avaient jamais atteintes auparavant. Ils se libérèrent à quelques secondes d'intervalle dans de longs râles trahissant l'intensité de leur orgasme avant que Rhadamanthe ne se laisse retomber sur le Grec, épuisé et comblé.
Kanon avait l'impression d'être à Elysion – ou tout du moins l'idée qu'il s'en faisait – tant son bonheur paraissait parfait. Le Juge l'aimait. Ils s'aimaient. Il avait enfin accepté le pardon de ses frères d'armes et de sa déesse et l'avenir lui apparaissait merveilleux. Il caressait tendrement les mèches blondes collées par la sueur tandis que les battements de son cœur reprenaient un rythme normal.
« Alexander… Alex… » murmura t-il, rêveur. « Cela te va bien, je trouve. Mais j'aime bien aussi Rhadamanthe. J'y suis attaché en quelque sorte. Il fait parti de toi. Je t'aime. »
« Je t'aime aussi, Kanon. N'en doute plus jamais. »
« C'est presque trop beau pour être vrai. J'ai encore du mal à croire qu'un tel bonheur soit possible. »
« Ah non ! Tu ne vas pas recommencer ! Tu sais que tu es une vraie tête de mule quand tu t'y mets ? » plaisanta le juge tout en bougeant légèrement son bassin, stimulant ainsi une nouvelle érection chez son amant toujours en lui.
Leurs regards se voilèrent à nouveau de désir.
« C'est l'hôpital qui se fout de la charité. Qui c'est l'obstiné qui m'a couru après dans tous les Enfers, n'écoutant même pas les ordres qu'il recevait ? Hein ?! »
Nouveau déhanchement qui arracha un soupir de contentement à Kanon et amena un sourire satisfait sur le visage du Wyvern.
« Tu fais moins le malin là, quand tu es à ma merci. » le nargua encore le spectre avant de se voir retourné sur le matelas tandis que le Gémeaux s'enfonçait en lui d'un mouvement ample qui lui coupa le souffle et bloqua dans sa gorge le reste de sa répartie taquine.
Kanon ne retint pas un sourire victorieux en constatant l'effet qu'il faisait au juge, avant de lui caresser la joue d'une main. Il allait lui faire l'amour en prenant tout son temps cette fois.
oOo
« Mmmh, tu as des doigts absolument divins, mon amour ? »
Saga était allongé sur le ventre dans la chambre du douzième temple et savourait pleinement le massage que lui prodiguait son amant. Son angoisse à l'égard de son jumeau avait totalement disparue sous l'action conjuguée des mains douces d'Aphrodite et des émotions de Kanon qui lui étaient parvenues à travers le lien spécial qui existait entre eux. Cela eut d'ailleurs pour effet de susciter le réveil d'une certaine partie de son anatomie coincée entre le matelas et son corps.
Aphrodite, à cheval sur lui, se délectait des soupirs lascifs que son massage éveillait chez son compagnon. Lui non plus n'avait pas manqué de ressentir l'union du Wyvern et du jumeau de son amant. Il doutait d'ailleurs que tout le Sanctuaire ne l'ait pas ressenti tant celle-ci avait été intense. Il sourit tendrement alors que les premiers signes d'excitation engendrée par cette vague de sensualité commençaient à se voir chez Saga. Lui-même était déjà en grande forme et tout à fait prêt à relever le défi de prouver que son amour pour l'ainé des jumeaux pouvait être aussi fort que celui qui unissait le cadet au juge.
« Que dirais-tu de leur montrer que nous pouvons faire aussi bien qu'eux ? » susurra-t-il à l'oreille du Grec tandis qu'il lui écartait les cuisses pour l'investir en douceur.
Saga n'eut pas l'occasion de répondre sous la soudaineté de l'attaque qui lui coupa le souffle mais son brusque rougissement renseigna son assaillant quant à la gêne qu'il ressentait. L'ainé des jumeaux, au contraire de son frère, était pudique et savoir que tout le monde pouvait être au courant de ses élans amoureux le mettait mal à l'aise. Pourtant, les coups de reins de son amant eurent tôt fait de lui faire oublier la réalité et tout ce qui n'était pas eux et il ne tarda pas à hurler son plaisir tandis qu'Aphrodite le rejoignait dans l'orgasme.
« Tu es un pervers sournois. » l'accusa Saga après un instant de récupération.
« Oui, je le reconnais mais avoue que tu l'aimes, ton pervers sournois. » murmura le Suédois, allongé sur le dos grec.
« Oui, je l'aime et je vais d'ailleurs te le prouver. »
Et avant que son amant n'ait pu réagir, Saga le faisait basculer sur le côté et s'ingéniait à le mener au septième ciel par de savantes et exquises caresses manuelles et linguales.
oOo
Shaka et Rhadamanthe se tenaient devant leurs divinités respectives, un genou à terre et la tête baissée en signe d'allégeance, se demandant la raison de leur convocation.
Le Juge et Kanon avaient passé la nuit entière à s'aimer, conscients qu'ils devraient se séparer dès le lendemain pour une durée encore indéterminée et s'étaient fait leurs adieux en privé alors qu'Athéna était sur le départ, n'attendant plus qu'un émissaire d'Hadès et un Cancer qui se faisait désirer. Eaque et Shaka avaient bien entendu été les premiers à se tenir prêts et n'avaient pas manqué d'échanger un regard entendu en voyant arriver leur ami dont les traits fatigués en disaient long sur son activité nocturne et son retard. Il était de notoriété publique que l'Italien n'était pas un lève-tôt, cependant il lança un regard de reproches au Garuda qui s'était bien gardé de le réveiller.
Si Eaque n'en montra rien, Angelo ne manqua pas d'exprimer sa surprise lorsque seuls Rhadamanthe et Shaka furent autorisés à suivre Athéna dans le bureau du Dieu des Enfers.
« Tu as parfaitement accompli ta mission, Angelo. A présent, Hadès et moi devons nous entretenir d'une affaire qui ne concerne que Shaka et Rhadamanthe. »
L'Italien en resta stupéfait sans pour autant arriver à déterminer si c'était de s'être fait complimenter, ou bien d'avoir la sensation d'avoir été mis hors jeu alors même qu'il s'inquiétait pour Shaka, ou bien encore le fait que sa Déesse l'ait appelé par son véritable nom.
Cette dernière profita d'ailleurs du manque de réaction de son quatrième gardien pour suivre le spectre qui n'attendait plus qu'elle et disparaître derrière la lourde porte.
Malgré qu'il s'y fut longuement préparé toute la nuit à force de méditation intensive, Shaka reçut un choc en revoyant le maître des lieux et cacha immédiatement son trouble en s'agenouillant respectueusement devant lui. Il regrettait l'absence d'Angelo, ou même d'Eaque. Il se sentait vulnérable et n'arrivait que très difficilement à maîtriser les émotions de toutes sortes qui l'envahissaient. Il se focalisa donc sur le motif de la présence du Wyvern à ses côtés alors que leurs compagnons avaient été laissés à l'entrée. Il sursauta légèrement lorsque leur hôte prit enfin la parole et les invita à s'asseoir face au bureau, s'exécutant tout en prenant bien soin de ne pas croiser le regard qui le hantait tant.
« Tout d'abord, nous tenons à vous assurer que vous avez pleinement rempli vos missions respectives et que vous pouvez désormais vivre votre vie sans vous soucier d'une nouvelle guerre Sainte. Bien entendu, vous conservez vos fonctions en cas de menaces extérieures, ce qui n'est malheureusement pas à exclure, mais vous bénéficierez d'une plus grande liberté. Chevaliers et Spectres étant dorénavant libres de se déplacer comme bon leur semble, y compris dans nos deux Sanctuaires, avec tout de même quelques contraintes inhérentes à leurs charges qui seront, bien entendu, allégées. »
Un long silence suivit l'annonce d'Athéna qu'Hadès se contenta simplement d'approuver d'un mouvement de tête. Ses yeux ne quittait pas le jeune Chevalier de la Vierge, guettant la moindre de ses réactions et se demandant s'il devait s'inquiéter ou non du fait que ce dernier semblât fuir son regard.
« Vous devez certainement vous demander pourquoi vous seuls avez été convoqués alors que vous avez mené cette mission à deux. »
Seul Rhadamanthe laissa paraître son intérêt alors que Shaka gardait obstinément les yeux fixés sur sa Déesse, s'efforçant de contrôler ses sentiments.
« Athéna est venue me faire une proposition que je n'ai pas pu refuser. Cependant, la décision finale n'appartient pas qu'à moi et quel que soit votre choix, soyez assurés qu'il sera respecté. » intervint alors Hadès, resté silencieux jusqu'à présent.
Shaka se félicita d'être parvenu à conserver une attitude neutre alors que son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, mais ne prit cependant pas le risque de croiser le regard de son amant. Ex-amant.
« Ce que nous allons vous proposer ne remet absolument pas en question votre valeur en tant que Chevalier d'Or ou Juge et il vous faut bien comprendre qu'il ne s'agit nullement d'une punition ou d'une quelconque sentence. Nous connaissons votre dévouement et avons simplement décidé que vous aviez mérité le droit d'être heureux avec la personne que vous aimez. Et si vous veniez encore à éprouver un quelconque sentiment de trahison, considérez ce qui va suivre comme la consolidation de la paix nouvellement instaurée entre nos deux Sanctuaires et un gage de sa longévité. »
Rhadamanthe oublia son impassibilité coutumière pour écarquiller les yeux de surprise. Il avait peur de comprendre où voulait en venir la Déesse de la Sagesse et en même temps n'osait croire en ce que cela impliquait pour Kanon et lui. Serait-ce possible que… ?
Contrairement au juge, Shaka avait parfaitement deviné la proposition qu'allait leur faire Athéna et s'était subitement refermé sur lui-même, un maelstrom d'émotions contradictoires tenant conférence sous ses mèches dorées.
Hadès n'avait pas manqué de percevoir le changement chez l'Indou et craignait à présent sa réaction lorsqu'il leur présenterait ce qu'il avait convenu avec Athéna. Il s'était tellement réjoui de cette solution qu'il n'avait pensé qu'à lui-même sans se soucier de la réponse que pourrait apporter celui qui avait réussi à faire battre à nouveau son cœur. A présent qu'il était confronté à la réalité, il angoissait à l'idée que ce dernier pût avoir changé d'avis sur ses sentiments, ou même qu'il pût faire passer son statut et son devoir de protecteur d'Athéna avant leur amour. Cependant, et malgré l'anxiété qui lui broyait soudain les entrailles, il se devait de penser aussi à son Juge et, même si Shaka le rejetait, au moins trouverait-il un peu de réconfort en pensant qu'il avait contribué au bonheur d'un de ses plus fidèles sujets.
« Rhadamanthe du Wyvern, si tu y consens, tu exerceras dorénavant de nouvelles fonctions qui consisteront à veiller au maintient de la trêve que nous venons de signer. Celles-ci t'obligeront à résider en permanence au Sanctuaire d'Athéna en qualité de garant de la bonne foi des Enfers. Je te laisse bien entendu le soin de désigner ton successeur qui devra être à même de te remplacer et de revêtir ton surplis dont tu n'auras plus besoin. En accord avec Zeus, tu recevras une nouvelle armure plus en rapport avec tes nouvelles responsabilités de gardien et… »
« Désolée, je suis un peu en retard mais vous n'avez pas idée de ce qu'il faut faire pour convaincre mon cher mari de créer deux nouvelles armures. »
Aphrodite, déesse de l'Amour et actuellement légèrement essoufflée, venait de faire une apparition inattendue, surprenant tous les participants qui la dévisagèrent comme si elle avait été une curiosité. Cette dernière finissait de remettre de l'ordre dans sa toge, trahissant ainsi ce qu'elle avait effectivement du faire pour obtenir ce qu'elle voulait d'Héphaïstos.
« Alors, où en étiez-vous ? Je vous en prie, continuez. » les exhorta-t-elle tout en prenant place sur un coin du bureau sans plus de formalités.
« Nous abordions justement la question des nouvelles armures et puisque tu es là, tu pourrais peut-être nous en appr… »
« Oh ! Elles sont formidables ! Elles ont des ailes magnifiques et sont d'une légèreté incroyable. Vous n'allez pas en revenir et je suis certaine que vous allez les adorer ! » s'extasia-t-elle sans se soucier de couper la parole à sa filleule qui secoua la tête en signe de découragement.
« Et on peut savoir quand elles seront prêtes ? »
Aphrodite se tourna vers Hadès, soudain sérieuse avant de reporter son attention sur le Saint de la Vierge.
« Et bien, il lui restait les ailes à terminer quand je suis partie. Je suppose donc qu'il a terminé… » répondit-elle, l'air pensif tout en continuant de fixer Shaka.
« As-tu des questions, Rhadamanthe, avant que nous ne te laissions le temps de réfléchir pour prendre ta décision ? »
« Une seule, Majesté. Si j'accepte de devenir Gardien, de qui dépendrais-je ? Je veux dire, vous avez toujours été mon seul et unique Dieu et … »
« Personne ne t'obligera à jurer fidélité à un autre que moi, cependant, tu devras faire preuve d'un respect sans faille à Athéna et lui accorder ta confiance. »
« Oui, Majesté. » acquiesça Rhadamanthe, un peu perturbé mais n'en montrant rien.
« Encore une fois, il ne s'agit pas d'une punition et tu es totalement libre de prendre la décision que tu choisiras. »
« Shaka. » prononça alors Athéna d'une voix douce, comme si elle percevait le trouble qui avait envahi son Chevalier et voulait le ménager.
« Déesse Athéna ? » s'enquit celui-ci tout en se demandant ce que les deux Dieux lui avaient réservé.
Le regard insistant de la Déesse de l'Amour le rendait plus nerveux qu'il ne l'aurait souhaité et il appréhendait un peu ce qui allait suivre après avoir entendu ce qui avait été proposé au Wyvern.
« Athéna, Aphrodite, si vous n'y voyez pas d'objection, j'aimerais pouvoir m'entretenir seul à seul avec le Chevalier de la Vierge. » intervint alors Hadès.
Bien que réticente à ne pas assister à ce tête à tête qui promettait plus qu'intéressant, Aphrodite descendit de son perchoir pour suivre Athéna et Rhadamanthe dans l'autre pièce.
Resté seul avec le Dieu des Enfers, Shaka tentait de maîtriser la panique qui menaçait de le submerger. Il avait plus que jamais conscience de la proximité de celui qui lui avait volé son cœur mais il s'était résolu à y renoncer et en avait trop souffert pour risquer de se laisser aller à un quelconque espoir à nouveau. Espoir que de toute façon il jugeait vain. Il s'était fait à l'idée qu'on ne mélangeait pas les torchons et les serviettes, comme le lui avait si judicieusement fait remarqué Angelo un jour, et quoi de plus dissemblable qu'un mortel et un dieu ?!
« Shaka… » commença Hadès, peiné et terriblement angoissé de la réponse qu'allait lui faire son aimé.
A suivre…
Oui, je sais, c'est pas cool, j'ai coupé au mauvais moment… Mais, à ma décharge, je n'avais pas le choix car, sinon, le chapitre aurait été disproportionné par rapport aux autres et je tenais à garder un équilibre dans la taille des chapitres. Il fallait donc que je coupe quelque part et cet endroit me paraissait le plus judicieux…
Vous devrez attendre deux semaines pour cause de Japan Expo pour avoir la suite, même si les chapitres suivants sont terminés. Je suis un peu sadique là et je le reconnais ^^
