Zouplaboum, me voilà! Et grâce à ma baguette magique, je vais faire apparaître un nouveau chapitre! Salagadoulamagicabou, bobidi, bouu! POUF! Le nouveau chapitre! J'ai réussi! Hourra! Quel triomphe! La foule est en déliiiiiiiire!

Le nouveau chapitre, donc, vous l'aurez compris, va parler de... La suite! Alice va enfin pouvoir faire plus ample connaissance avec notre douce et délicate Teresa, aussi fragile qu'un roseau, une vraie petite poupée de porcelaine!... Naaaan, je déconne, elle est badass Teresa! Perso, je ne l'ai pas adoré dans le tome 1, elle faisait vraiment bouche-trou selon moi, j'avais l'impression qu'elle était là juste "pour faire la fille". Par contre elle est beaucoup remontée dans mon estime dans le deux, j'ai beaucoup de respect pour cette fille! Mais ce n'est que mon humble avis! ^^

Sur ce, je vous laisse lire la suite, je me désillusionne sur le fait que non, je ne suis pas l'auteur du Labyrinthe (un jour, peut-être... qui sait de quoi demain sera-t-il fait?), et je précise avec des yeux plein d'étoile que Newt est DIGNE D'ETRE CONSIDERE COMME UNE DES SEPT MERVEILLES DU MONDE (il rentre facilement sur le podium. Les doigts dans le pif.)!

Voilà, je crois que nous nous sommes tout dis, donc, bah, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter bon courage pour la suite! :D ET UN PUTAIN DE MERCI POUR LES REVIEWS, YOU SHANKS!


Une fois devant le gnouf, Thomas se tourna vers nous et désigna Teresa :

-Faites-la sortir. Après, on pourra parler. Croyez-moi, il faut que vous nous écoutiez.

-Tommy, ce n'est pas… commença Newt qui semblait de très méchante humeur

-S'il te plaît. Ouvre la porte et laisse-la sortir.

Je haussai un sourcil. En ce qui me concernait je m'en fichais pas mal qu'elle soit in ou out le gnouf. Par contre, je n'aimais pas le chantage (sauf quand c'était MOI qui l'exerçait cela va de soi, mais dans ces cas-là c'était toujours pour la bonne cause !). Minho objecta :

-Comment veux-tu qu'on lui fasse confiance ? Dès qu'elle s'est réveillée, les choses ont commencé à dégénérer. Elle a reconnu elle-même avoir déclenché un truc.

-Il n'a pas tord. observa Newt

-Ben justement, m'exclamai-je, elle a avoué sans problème ce qu'elle avait fait, elle est honnête ! Et elle sait peut-être des choses qui pourraient nous aider, elle n'a pas été envoyée ici par hasard, c'est clair.

Thomas acquiesça et renchérit :

-Elle est de notre côté. Chaque fois qu'on a discuté tous les deux, c'était pour chercher un moyen de sortir d'ici. Elle a été envoyée ici tout comme nous. C'est ridicule de la croire responsable de ce qui nous arrive.

-Alors pourquoi est-ce qu'elle a dit qu'elle avait enclenché un processus ? grommela Newt

-Je n'en sais rien… avoua Thomas, elle n'avait pas les idées claires à son réveil. Peut-être que ça nous arrive à tous, dans la boîte, de raconter n'importe quoi avant d'émerger pour de bon. Allez, libérez-la.

Mouaiiiis… Pas très très convaincant le Tommy… Je lançai un regard à la fille. Elle me le rendit (du moins je crois, c'est qu'il faisait pas bien jour là…).

-Perso je suis d'avis de la laisser se dégourdir les papattes. finis-je par dire en levant la tête

Newt et Minho me regardèrent un instant sans trop savoir quoi faire. Ils étaient en train de craquer ! Thomas les acheva :

-De quoi vous avez peur ? Qu'elle poignarde tous les blocards l'un après l'autre ?

-C'est bon. Il n'y a qu'à libérer cette débile. lâcha Minho

-Je ne suis pas débile ! J'entends tout ce que vous dites, bande de crétins ! s'égosilla la fille

-Une vraie câline que tu t'es déniché là, Tommy ! commenta Newt

-Allez vite ! Je suis sûre qu'on a plein de chose à faire avant que les griffeurs reviennent ce soir… En supposant qu'ils nous laissent tranquilles pendant la journée.

Newt libéra donc la fille qui lança un regard noir à ce dernier, puis à Minho, mais moi elle m'épargna. Elle se plaça directement à côté de Thomas (c'est surprise surprise mes amis !).

-Bon, on t'écoute, déclara Minho. Qu'y a-t-il de si important ?

Les deux complices se regardèrent un instant, puis Teresa finit par ordonner à Thomas de parler, et il se lança donc :

-Ok, quand Teresa est sortie de son coma, plusieurs souvenirs lui sont revenus en mémoire. Elle, euh… Elle m'a raconté plus tard qu'elle s'est souvenue que le labyrinthe était un code. Si ça se trouve, au lieu de nous faire miroiter une sortie, il essaie de nous envoyer un message.

-Voyez-vous ça… commentai-je à mi-voix

-Un code ? Comment ça ? demanda Minho

-Je ne sais pas exactement, tu connais mieux les plans que moi. Mais j'ai une théorie. C'est pour ça que j'espère que les coureurs pourront se rappeler leurs derniers plans.

Newt, Minho et moi, on échangea un regard. Ce qui sembla énerver Thomas :

-Quoi ? Vous savez un truc que je ne sais pas ?

-On avait caché les cartes, Thomas. lui avoua Minho

-Pardon ?

-On les avait cachées dans la cave des armes et remplacées par des fausses. A cause de la mise en garde d'Alby. Et du soi-disant processus de fin enclenché par ta copine. Elles sont intactes. Il n'en manque pas une. Alors si tu as une théorie, crache le morceau.

-Montrez-les moi d'abord, exigea Thomas

Et de fil en aiguille, on s'est retrouvé à suivre les indications de notre héros national… Et c'est comme ça qu'on a ouvert le premier club d'art plastique du bloc ! Non mais sans blague ! Minho était chargé de découper de jolis rectangles dans du papier cuisson pendant que nous autres décalquions les plans de la section 2 ! C'était d'un chiant ! Je n'en revenais pas qu'on en arrive à de telles extrémités ! Affronter des griffeurs, d'accord, rester coincés dans un bloc et essayer de survivre, ok, mais ça !? Ma dignité avait quand même un peu de mal à l'avaler ! Même si je devais reconnaître que c'était une super idée de la part de Thomas et Teresa, ça n'en restais pas moins ridicule et lourd au possible ! Y avait clairement intérêt à ce que ça donne quelque chose, sans compter que Poêle-à-frire ne nous pardonnerait jamais d'avoir gaspillé son papier cuisson pour des prunes.

Je soupirai. Je devais en être à mon dixième décalquage, et mon cerveau s'était mis en veille depuis bien longtemps. On faisait ça machinalement à force. Je déteste le travail à la chaîne. Newt craqua en premier :

-J'en ai marre, j'ai les doigts en feu. Voyons ce que ça donne.

Trop contente de l'entendre proférer ces paroles tant attendues, je lâchais mon marqueur sans même le reboucher, me craquait les doigts et soupirai d'aise avant de sourire comme une pauvre idiote ! Minho m'asséna une pichenette sur l'arrière du crâne :

-Te relaxe pas aussi vite, j'ai l'impression qu'on est loin d'avoir fini.

Je lui lançai un regard noir et marmonnai quelque chose comme « crétin mondain » avant de me reconnecter sur radio-Thomas :

-D'accord, passez-moi les derniers jours de chaque section. On va les ranger en piles le long de la table, de la section 1 à la section 8- 1 ici et 8 là. dit-il en désignant les emplacements sur la table

On s'exécuta sans discuter. Puis Thomas (eh oui, toujours lui) saisi la première feuille de chaque pile et les superposa fébrilement. Je ne pus m'empêcher de me pencher un peu en avant pour mieux voir ce qui apparaissait. Teresa lâcha un petit cri. Moi, j'étais éberluée. Enfin. On avait enfin un indice. Une lettre était apparue au centre du tas de calque. F. Enfin. Je faillis pleurer de joie ! D'un coup, tout l'ennui accumulé aux émotions intenses de ces dernières heures s'envolèrent momentanément pour laisser place à une curiosité accrue et à un espoir immense. On allait sortir ! Le labyrinthe allait nous dire comment faire ! Ô JOIE ! Ô JOUR GLORIEUX! Béni soit notre couple de bleu! J'arrachai d'un geste le paquet de feuille des mains de Thomas et le fixai avec des yeux émerveillés et avides d'en savoir plus.

-Fantastique ! m'écriai-je à mi-voix

-Mince… murmura Minho

-C'est peut-être une coïncidence. Vérifie avec les autres, vite. ordonna Teresa à Thomas (on voyait tout de suite qui portait la culotte)

Aussitôt dit, aussitôt fait, il se mit à regrouper à nouveau les feuilles, et petit à petit d'autres lettres apparurent. L, O, T, T, E, R, A, T.

-Regardez, s'exclama Thomas, on lit FLOTTE, puis RAT.

Je fis la moue, et Minho traduisit mes pensées :

-Flotte rat ? Drôle de code pour une évasion.

-Continuons, proposa Thomas

Ouaip, ça vaudrait mieux, parce que là j'étais pas sûre que le message soit bien passé… Il manquait sûrement un morceau. Finalement, après une nouvelle volée de feuilles surperpositionnées, on comprit que ce n'était pas « flotte rat » (tu m'étonne Elton, c'était complètement débile) mais FLOTTER ATTRAPER. Bien, voilà qui était déjà mieux.

-Ce n'est pas une coïncidence, fit Minho

-Non, tu crois ? lui lançai-je sarcastiquement

Il me répondit par une… Sorte… De… Grimace… On va dire… Apparemment il n'est pas très doué dans ce domaine, mais je vais être indulgente et lui mettre un 2/10 pour l'effort. En tout cas il n'était pas près de me détrôner de mon podium de grimaceuse professionnelle ! Fallait dire que je m'étais bien entraînée avec les scaralasmes ! Je souris victorieusement et Minho me lança un regard perplexe. Ah oui, c'est vrai qu'il n'avait rien suivi de mon dialogue interne, alors forcément… Je m'apprêtai à lui expliquer les faits, à savoir qu'il était nul pour les grimaces et moi pas, mais Teresa lança la phrase qui tue :

-Il va falloir faire pareil avec tous les plans qui sont dans ces cartons.

-Oui, renchérit Thomas (histoire de retourner un peu le couteau dans la plaie). Au boulot !

Je les regardai d'un air désespéré, tout mon enthousiasme retomba d'un coup. Je me sentis soudain trèèèèèès abattue, et trèèèèèèèèèès fatiguée. Newt se pencha vers moi et me murmura un « Minho t'avais bien dit de ne pas te reposer sur tes lauriers trop vite », et le tout accompagné d'un petit sourire bien moqueur. Je lui lançai un regard noir et son sourire s'agrandit. Il semblait prendre son pied à m'enfoncer un peu plus. Saleté ! Ça faisait le petit ange et dès que plus personne regardait ça se transformait en diablotin !

-On ne va pas pouvoir vous aider, déclara soudain Minho

On le dévisagea tous sans comprendre. Il reprit :

-Pas Thomas et moi en tout cas. Il faut qu'on renvoie les coureurs dans le labyrinthe.

-Quoi ? Ça c'est beaucoup plus important ! s'exclama Thomas

Moi, au contraire je ne pus m'empêcher de lâcher un soupir de soulagement. Ouf, je n'allais pas être obligée de rester ici à bailler aux corneilles, assise pendant des heures, à me tordre le poignet dans tous les sens, même si trouver le code m'intéressai, je préférai de loin me dépenser sans compter dans le labyrinthe et me vider l'esprit en volant parmi les lianes. Le boulot de secrétaire je le laissais aux autres ! Je lançai un petit sourire victorieux à Newt. Voilà qui venait de ruiner tout son petit numéro de tout à l'heure. Il leva les yeux au ciel et croisa les bras. Pendant ce temps l'échange entre Thomas et Minho continuait :

-Réfléchis un peu Thomas ! Ces jours-ci sont peut-être les plus importants de tous. Quelque chose a très bien pu changer, peut-être qu'une porte s'est ouverte quelque part. En fait, vu que ces saletés de murs ne veulent plus se fermer, je crois qu'on devrait tester ton idée : rester dehors toute la nuit et pousser nos explorations à fond.

-Mais… Et le code ? Qui va … ? commença Thomas, que je sentais néanmoins près à céder

-Tommy, Minho a raison. Partez avec les coureurs. Je vais réunir quelques tocards dignes de confiance et les mettre là-dessus.

-Je vais rester pour aider Newt, ajouta Teresa

-Tu es sûre ? demanda Thomas

-Pour ce qui de déchiffrer un code complexe caché dans des plans, je pense que le cerveau d'une fille ne sera pas de trop. déclara-t-elle

J'hésitai à lui serrer la main en la complimentant avec tout ce qui me passait par la tête. Avais-je déjà dit que j'adorais cette nana ?

-Si tu le dis… soupira Thomas

-D'accord, c'est réglé, allons-y. lança Minho

-Bien dit mon pote ! J'en avais plus que marre de rester ici à… commençai-je à déclamer en sautant sur mes pieds et en m'étirant

-Et, on peut savoir où tu vas, toi ? demanda Minho

Je le regardai un instant d'un air surprit avant de lui répondre sur un ton des plus outré :

-Ben je viens ! Je suis coureur, au cas où t'aurais déjà oublié !

-Oui mais non, toi tu reste. objecta-t-il

-Ah ouais ? Et on peut savoir pourquoi ?!

-Parce que. On n'a pas besoin d'être trente six à courir dans les couloirs du labyrinthe.

-Mais plus on est de fous, plus on rit !

-Alors là, c'est bien l'argument le plus nul que tu m'aies jamais sorti ! T'espère convaincre qui avec ça ? me lança-t-il, narquois

-Ben et toi alors ? Va falloir être plus clair si tu veux m'obliger à rester ici ! ripostai-je

Il soupira, se passa une main derrière le cou, puis finit par me regarder droit dans les yeux :

-Bon, allons-y franco alors, je n'ai pas envie d'avoir à veiller sur toi toutes les cinq secondes, laisse-moi finir ! me lança-t-il alors que j'ouvrai la bouche pour protester. Je sais très bien que tu sais te défendre toute seule, mais justement, tu seras bien plus utile ici, en tant que medjack tu devrais assurer au bloc. Surtout en ce moment. Et si les griffeurs reviennent je compte sur toi pour protéger un maximum de monde et les empêcher de commettre trop de dégâts. Tu es la seule ici à avoir déjà affronté des griffeurs, seule, et à en avoir réchappé. Et tu as une certaine notoriété au bloc. Ça rassurera les gars de te savoir avec eux. En gros je veux que tu reste ici pour assurer le moral des troupes.

-… Keuwah ? Minho, je ne trouve pas ça très drôle !

-Normal, je ne blague pas. dit-il sérieusement

Je le dévisageai un instant. Il me demandait de rester ici pour rassurer les blocards ? Juste sous prétexte que ma présence et ma réputation leur « donnerai de la force » ou je ne sais quoi ?

-NON MAIS TU M'AS PRIS POUR QUOI ? UN DOUDOU ?!

-Du calme, réfléchi un peu au moins, tu ne crois pas que dans une situation de crise pareille tu seras bien plus utile dans le rôle « d'entité céleste qui veille sur les blocards» plutôt que de disparaître de leur vue dans le labyrinthe pendant on ne sait combien de temps ?

Newt étouffa un rire quand il entendit le surnom que Minho venait de m'attribuer et je le foudroyai du regard. Il semblait un peu trop s'amuser à mes dépens depuis tout à l'heure.

-Je te méprise. lançai-je froidement à Minho

Il me lança un « rien à cirer » et parti sans plus de façon. Thomas resta planté là sans un mot. Newt finit par lui dire :

-Ne t'en fais pas, Tommy, je veillerai sur ta copine. Et puis on a la « déesse protectrice » avec nous en plus.

Je le regardai comme on regarde un cafard qu'on s'apprête à écraser avec la chaussure la plus épaisse qu'on puisse trouver et il me fit un sourire triomphant. Quelle petite raclure ! Je dus me contenir pour ne pas lui sauter dessus et lui coller une raclée monumentale. Puis je m'assis froidement, saisi le tas de feuille qu'il me tendait, repris mon marqueur et déplaçai ma chaise à l'autre bout de la table. Là. Le message était clair : qu'on me foute la paix !

-Je vais recruter des blocards pour nous aider, lança Newt à la cantonade avant de quitter la pièce

Je restai donc seule avec Teresa. Elle s'attela à sa tâche tranquillement. Je soupirai. Je me mis à maudire Minho, puis Newt, puis les créateurs, et enfin de compte je me maudis moi-même. Au bout d'un moment Teresa me demanda :

-Tu es là depuis longtemps ?

-Environ un an… répondis-je mollement

-Et tu es vraiment la seule fille ici, avant moi je veux dire ?

-Mouais… continuai-je sur le même ton (je ne voyais pas où elle voulait en venir)

-Et apparemment tu n'es même pas arrivée par la boîte.

-… Comment tu sais ça toi ?

-J'ai entendu des conversations sur toi, c'est tout. me dit-elle en haussant les épaules

-Et donc, qu'est-ce que tu veux me dire à la fin ?

-Rien de spécial. Je me rends juste compte que ce gars-là, Minho, il a raison sur ce point.

-Quel point ! demandai-je excédée

-Quand il disait que tu serais plus utile ici parmi les blocards.

Et allez, c'était reparti pour un tour ! Même elle, elle s'y mettais ! C'était un vrai complot ma parole !

-Ecoute, je me fiche complètement de ce que Min…

-En fait tu n'as pas l'air de la comprendre, mais c'est logique pourtant, m'interrompit-elle. Tu es la première fille à être arrivé ici, d'après ce que j'ai entendu tu t'es forgée une sacré réputation, et tout le monde à l'air de t'apprécier. Tu es un peu comme un exemple, un fantasme, une idole, un rêve, une maman, une amie et une petite amie. Alors c'est évident que tu seras plus utile ici pour que là-dedans. Te savoir avec eux, ça les motive. déclara-t-elle d'une traite

Je la regardai bouche-bée. Je m'attendais à tout sauf à ça. Elle me fit un léger sourire et se reconcentra sur son travail. Fin de la discussion apparemment. Je ne savais vraiment pas quoi penser, je ne me sentais pas idolâtrée à ce point, je m'étais fais ma place selon moi, c'était tout. J'étais un blocard à part entière, je faisais partie de la bande. Comme n'importe quel autre tocard ! Je ne me voyais pas avoir de statut particulier (hors medjack et coureur bien sûr). J'en étais là de mes réflexions, quand Newt se pointa avec un groupe de cinq ou six blocards. Je me remis immédiatement au travail et fis tout mon possible pour paraître terriblement captivée par mon tas de paperasse à décalquer. Ce n'était pas le moment d'être prise en flagrant délit de flemmardise.

Notre sous-chef bien aimé ordonna aux gars de s'installer, puis il leur distribua les marqueurs et leur expliqua le concept de notre tout nouveau projet : faire des banderoles pour décorer la ferme et accueillir les griffeurs à bras ouvert ! Mais chut, c'était une surprise, alors pas un mot aux scaralasmes ! En réalité la tâche qui les attendait était loin d'être aussi reluisante et ils se mirent au travail en soupirant. Pendant environ une heure, je restai plongée dans mes décalquages. Je m'ennuyais à mourir ! Je finis pas relever la tête en soupirant. Je lâchai mon marqueur cinq minutes et regardai un peu autour de moi en m'étirant. Teresa semblait plongée dans ses pensées, Newt s'éclatait un max avec les rectangles qu'il découpait dans le papier cuisson et les autres tocards murmuraient entre eux en décalquant avec ennui les plans. Quelle ambiance mes amis…

-Personne n'a une histoire poilante à nous conter ? finis-je par demander, à bout de nerf

Tout le monde me regarda soudainement comme si je venais de leur annoncer qu'en fait je n'étais pas une fille, mais un chihuahua bionique venu en paix pour conquérir la terre…

-Bah quoi ? lâchai-je, je m'ennui !

-Parce que tu trouve que nous on à l'air de s'amuser ? demanda Newt, on est ici pour trouver un code qui est censé nous permettre de sortir de ce trou à rat, alors soi chic et mets-y du tiens !

-Mais je bosse là ! Mais ça n'empêche pas qu'on pourrait parler un peu ! Je sens que je vais craquer sinon !

-Compte les moutons. me suggéra Newt

-Je n'ai pas besoin d'eux pour m'endormir vu l'atmosphère qui règne! lui rétorquai-je

Il soupira en levant les yeux au ciel. Je fis de même et repris mon travail avec autant d'ardeur qu'un marshmallow grillé… Pfff… Le silence retomba. Puis les murmures entre les garçons reprirent. Moi j'étais toujours dans mon coin, et j'entendais bien y rester ! Au bout d'un moment, Newt finit par annoncer :

-On s'arrête un peu et on voit ce que ça donne, ok?

Des soupirs de soulagement se firent entendre. On fit les même petits tas que tout à l'heure et il commença à superposer les feuilles. On obtint deux nouveaux mots, sûrement les moins engageants du monde :

-Donc ça nous donne SAIGNER et MOURIR, conclut Newt

-Bel état d'esprit… grommelai-je

-Je commence à regretter que Minho ne t'ai pas emmené avec lui, lança-t-il

-Seulement maintenant ? Moi je regrette depuis la seconde où il me l'a annoncé ! répliquai-je

Il ne répondit rien et nous donna l'ordre de reprendre notre boulot harassant. Arghl ! Une heure plus tard Poêle à frire débarqua et nous amena de quoi nous ressourcer. Je proposai de manger dehors, et tout le monde sembla apprécier l'idée. Enfin un peu d'air ! Je m'assis dans un coin, toujours un peu en retrait des autres, et mangeais tranquillement. Une demi-heure plus tard on retournait s'enfermer dans cette maudite salle que je commençais à furieusement détester. Et le travail reprit de plus belle. Au bout d'un looong moment, Newt se leva et vint s'asseoir à côté de moi. Je le regardai avec des yeux ronds :

-Bah pourquoi tu déménage ? T'étais pas bien en ville ?

-Je pars en week-end à la campagne, je peux non ?! me lança-t-il dans un sourire

Ouais… Ben de toute évidence il s'ennuyait aussi. Et de toute évidence il attendait de moi que je lui fasse la conversation. C'était bien ma veine !

-Tu ne devine pas pourquoi je me suis mis à l'écart ? lui demandai-je sèchement

-Pour inciter les gens à venir te voir !

Je le regardai d'un air blasé.

-Crétin.

-Tocarde.

-C'est vraiment tout ce que t'as à me dire ?

-Et toi ?

Je soupirai. Il commençait à doucement m'énerver le zozo… Le seul avantage de cette petite conversation, c'était que les autres blocards s'étaient enhardis et parlaient maintenant à voix haute entre eux. Ouf ! C'était déjà moins pesant comme ça. Et ça me permettait de pouvoir parler à Newt sans qu'on n'écoute tout ce que je lui disais.

-En fait j'ai rien à te dire. lui avouai-je

-Mais si voyons ! T'as toujours un truc à dire, cherche bien !

-Tssk… T'es vraiment usant quand tu t'y mets.

-Allez tocarde, fais un effort ! C'est peut-être notre dernière conversation tranquille avant qu'on ne sorte d'ici.

-Wouah, que d'optimisme ! Tu crois qu'on sera capable de vivre normalement après ça ?

-Bah on se réveillera peut-être en sueur toutes les nuits parce qu'un griffeur nous roulait une pelle, mais à part ça on devrait s'en sortir, non ?

-… Et tu crois vraiment qu'on va trouver un monde normal en sortant d'ici ? Parce que pour que ce genre d'endroit existe, c'est que ça ne doit pas être bien beau dehors non plus, non ?

-C'est quoi ton trip, nous décourager avant même qu'on sorte ? Moi qui croyais que tu n'attendais que ça.

-C'est le cas, mais il n'empêche que je me pose la question.

-Et malgré ça t'as quand même envie de sortir ?

-Oui.

-Bon ben voilà, tout est dit.

Il y eut un moment de silence. Puis je relevai la tête :

-Tu sais quoi, l'autre jour j'ai rêvé que je mangeais une crêpe.

-Tu as du te régaler. soupira-t-il

-Oui, mais le hic, c'est que ce n'était qu'un rêve. Moi, j'aimerais manger une vraie crêpe. Alors tant que je n'aurais pas réalisé ce rêve je ne pourrais pas mourir !

-… D'accord. Et… Tu attends quelque chose de moi ? demanda-t-il parce que je le fixai un peu trop intensément

-Oui ! J'aimerais qu'on mange cette crêpe ensemble ! Comme ça je suis sûre que tu ne voudras pas mourir avant non plus !

-Quoi ?

-allez, promets-le ! S'il te plaît ! Tant qu'on n'aura pas mangé de crêpe tranquillement tous les deux, on continuera à se débattre, t'es d'accord ? fis-je en lui tendant la main

Il me dévisagea d'un air étrange, puis regarda ma main, et finis par la serrer en lâchant un « euh, ok, marché conclu » dans un petit sourire. Je souris également. Ça me rassurais de savoir que j'avais un rêve auquel m'accrocher désormais, bien plus concret que le simple fait de vouloir me battre pour survivre. Tant qu'on ne serait pas tous en sécurité, et que je ne pourrais pas manger sereinement cette fichue crêpe avec Newt, je tiendrai le coup.