J'ignore si c'est moi qui beug ou si c'est le site, mais je ne reçois plus aucune alerte quand je publie un chapitre ou si je reçois la moindre rewiew. Vous aussi ?

Bonne Lecture !


]Chapitre Vingt-Cinq[

POV Edward Elric (oui, encore.)

Ça faisait exactement deux heures que nous étions tous assis en rond autour de la table basse de Roy. Faute de suffisamment de place sur son canapé, nous n'avions pas le choix. Ça faisait aussi deux heures que tout le monde jetait des regards vers moi toutes les deux minutes pour être sûr que je ne me levais pas pour en égorger un au passage. A cinq reprises, j'avais formulé le besoin de partir car j'avais trop peur de faire du mal à quelqu'un et à chaque fois, on me répondait gentiment que ça n'arriverait plus (Maes)... Ou qu'ils me tueraient pour me faire fuir (Riza). Ou qu'ils m'attacheraient plus fort(Jean)... Ou que de toute manière, il ne fallait pas que je bouge d'ici pour que personne ne sache que j'étais dans les parages(Roy). Ils parlaient bien-sûr de l'armée entière d'Amestris. J'étais à la fois ému et heureux d'avoir ces personnes-là comme amis... Et à la fois terrifié que cela ne leur fasse, visiblement, pas si peur que ça. En réalité, ils étaient tous tendus. Chaque militaire ( c'est à dire six personnes sur huit) avait la main crispée sur la crosse de son pistolet.

Alphonse et moi, nous nous étions un peu éloignés de la conversation qui animaient nos amis pour mieux parler de Risembool et des nouvelles qui tournaient autour. Je lui demandais chaque fois de ne pas me donner trop de détails. Après quoi, je lui parlais moi aussi de ce que j'avais fais ces derniers jours (oh ? moi ? Rien de bien grandiose...J'ai blessé l'homme que j'aime, ensuite j'ai embrassé un mort après lui avoir cassé les couilles dans les deux sens du terme puis enfin j'ai mangé des millions d'âmes). J'oubliais de préciser ce dernier détail car je n'avais pas envie qu'il souffre. Quand Alphonse était dans mes parages, je me sentais subitement très responsable.

Je ne sais pas vraiment ce qu'on faisait tous là, à papoter dans le salon du Colonel mais je ne me sentais toujours pas à ma place. Je trouvais cette situation ridicule. Et visiblement, je n'étais pas le seul car le regard doré qui me faisait face m'observait avec insistance. Riza ne démordait pas et ne croyait pas que c'était moi, d'ailleurs. Un jeu visuel nous avaient écartés des autres. Elle posa son flingue sur la table et cela passa inaperçu parmi les conversations animées.

"Fait attention..." disait son message.

Bizarrement, je me surpris à lui sourire.

" J'ai pas peur" répondais-je par le regard

Je voyais la ligne de sa mâchoire que je trouvais exquise, se crisper un peu. Ses lèvres se pinçaient et son doigt se repliait un peu plus sur la gâchette. Son rythme cardiaque accélérait et je le sentais. Mon envie du moment était de plonger ma main dans son décolleté pour pouvoir sentir son cœur. Le sentir dans mes mains.

Je compris alors que ce n'était pas moi qui pensait ça... Tout comme la moitié des pensées que j'avais formulé depuis l'arrivée de Maes et de Jean. Est-ce que cet autre-moi me prenait jusqu'à ma conscience, petit à petit ? Je pris peur et me redressais, rouge de honte. J'avais honte d'être entouré par la plupart de mes amis et de mon frère. J'avais honte de m'être cru en sécurité pendant un moment. Mes jambes me menèrent dans la cuisine et je tournais en rond, les mains contre ma tête. Mes pensées se précipitaient dans le gouffre de l'incertitude. Je commençais à croire que je ne savais plus qui j'étais.

"- Je ne peux pas rester, murmurais-je à moi-même"

J'allais à droite, je bidouillais la cafetière raccommodée. J'allais à gauche et essayais de trouver une autre place à un ciseau orange et moche. J'allais droit devant vers le lavabo pour me passer de l'eau sur la figure et enfin, je faisais demi-tour, tombant nez à nez avec Roy. Sa présence me rendait dingue. Je reculais subitement, effrayé par ma pauvre avidité à son sujet. Il parut surpris mais pas méfiant. J'haletais de plaisir inconnu et de peur mélangés.

"- Je dois partir, lui soufflais-je en restant loin de lui."

Quand il ouvrit la bouche pour parler, un frisson parcourut ma colonne vertébrale et mes doigts saisissaient le comptoir avec fermeté. Je n'entendis même pas ce qu'il me disait mais j'observais ses lèvres qui bougeaient. Sa voix résonnait dans ma tête. Son timbre était magnétisant, comme une caresse. Ses yeux ne me quittaient pas et je remarquais que ses pupilles étaient en réalité grises avec des rayons tellement foncés qui entouraient son iris qu'a présent, je comprenais pourquoi ils paraissaient si noirs. Je distinguais le fait qu'il s'était rasé récemment car une fine cicatrice se mouvait sous son menton quand il parlait. Mon regard descendit plus bas dans l'ombre de sa gorge et je sentis son parfum. Sa peau avait l'air si chaude malgré sa pâleur.

"-... et on ne sais jamais ce qui pourrait arriver si tu sortais. Mais qu'est-ce que tu fais ?"

Sa question me réveilla de mon état second. Quand je relevais les yeux, je fus surpris de le voir si près. Mais ce n'était pas lui qui était venu à moi mais bien moi qui touchait de mes doigts glacials la peau de son cou.

"- Je... Euh..."

Il me regarda, d'abord sévère et je voyais que son iris avait rétrécit. De près, il avait en réalité des yeux perçants. J'avais l'impression qu'il me sondait et lisait en moi comme dans un livre ouvert. Je n'avais jamais fais attention à ce détail jusqu'à présent. Ses lèvres s'étirèrent en un sourire que je connaissais que trop bien. Moqueur.

"- Est-ce que tu me matais ?"

Son tact était invraisemblable décidément. J'avais envie de lui fermer son clapet si... Si... Si tentant !

"- Qui vous dit que c'est moi et pas l'autre ? chuchotais-je, pour ne pas que les autres entendent du salon"

Son sourire s'étira encore plus et j'avais envie d'attraper ses lèvres dans mes doigts pour connaître leur texture avec plus de détails. Il répondit, toujours sur le même ton;

"- Car l'autre n'est plus là maintenant. C'est toi."

Son regard était noir. Perçant mais noir. Changeaient-ils de couleur en fonction de son humeur ? J'avais envie de m'y perdre. D'ailleurs, si je l'écoutais, je pouvais presque me convaincre qu'il avait raison.

"- Non, ce n'est pas vrai, répondit-je en baissant la tête, mais ce serait trop dur de vous expliquer pourquoi j'en suis sûr.

- Je pense savoir, répliqua t-il aussitôt."

Il était calme. Je ne savais pas quoi en penser.

"- C'est...commençais-je, hypnotisé, possible d'en parler seul à seul ?"

A cet instant, j'espérais sincèrement pouvoir lui parler et seulement lui parler. Mais une petite voix dans ma tête jubilait "Seul avec lui ! Seul avec lui !". Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cette voix-là appartenait à la moitié droite de mon cerveau, celle qui coordonne les sentiments. Je voulais être seul avec lui car je l'aimais. Dans mon subconscient, celui que j'essayais de ne pas écouter depuis que j'avais repris le contrôle de moi-même, la voix disait " Saute lui dessus !" Aucune ne me demandait de le tuer, ce qui me soulageais vraiment !

Roy fronça les sourcils et me gratifia de nouveau d'un regard sévère. J'avais l'impression de me faire engueuler;

"- Comment veut-tu que je les fasses partir maintenant ? Maes irait retrouver sa femme sans soucis, ça c'est sûr. Jean et les autres appelleront toutes les heures mais partiront quand même, en revanche... Riza vient de me dire il y a instant que tu l'avais menacé du regard."

Elle l'avait dit. Et malgré tout, il restait là devant moi à penser que je ne perdais pas le contrôle ? C'était à moi de froncer les sourcils.

"- Je... J'ai pas fais ça, répondis-je de mauvaise foi.

- Explique-toi."

J'étais grillé. Mes espoirs s'envolaient. Encore.

Il soupira avant de se passer une main lasse sur le visage.

"- Et il y a ton frère, murmura t-il

- Je ne laisserais pas Alphonse rester une minute de plus avec moi, répondais-je brusquement, j'ai pas envie de lui faire du mal !

- ... Et à moi si ? rajouta t-il en esquissant un sourire carnassier"

Je m'enfonçais et n'arrivais plus à remonter la pente dans laquelle j'avais glissé.

"- Non... finis-je par dire, puis c'est débile ce que je dis ! Il faut que je partes !"

Je lui passais à côté mais avant d'avoir pu sortir de la cuisine, il m'attrapait par le bras.

"- Tu n'iras nulle part."

Il n'y avait aucune intonation dans sa voix et je n'arrivais pas à discerner son expression. Ça ressemblait à un ordre. A une évidence.

"- Je ne veux pas vous faire de mal, répondis-je.

- Tu ne me fera pas de mal.

- Vous êtes fou ou quoi ? Je vous rappelle que je vous ai... Que j'ai..."

Ça y est, enfin, les mots tant redoutés sortaient (ou presque) de ma bouche ! Il m'aida dans ma psychanalyse;

"- Que tu m'a poignardé, finit-il pour moi

- ...

- A trois reprises.

- ...

- Avec mon couteau de cuisine !

- ...

- Mais je suis là."

Je restais pantois face à son sourire inébranlable. Mais je suis là. Rien ne lui faisait peur ou quoi ? Ou alors, il aimait vraiment jouer avec le feu.

"- Pourquoi vous faites ça ? demandais-je"

Il me répondit sans même prendre le temps de réfléchir;

"- Parce que je suis toujours curieux de savoir si tu va me faire changer d'avis sur une chose... Et que tu m'a expressément dis que tu y arriverais."

Je riais nerveusement à sa réponse. Je me souvenais de cette conversation que nous avions eu... Avant notre premier baiser. Avant tout le reste.


"- Tiens le coup, m'avait-il dit, fais-le pour moi"

Cette requête m'avait parut tellement personnelle qu'elle attirait mon espoir, surtout qu'à ce moment là, il m'empêchait de parler d'une main fermement plaquée contre ma bouche. Mais la manière dont il avait retiré ses doigts me faisait languir.

"- Pour vous ? avait-je demandé, surpris"

Surpris. Et agréablement concerné. Il m'adressait un sourire dont il a le secret avant de me dire d'un ton sincère;

"- Je suis curieux de savoir si tu arriveras à me faire croire en cette chose qu'on appelle l'amour."

J'étais sous le choc. Il me lançait carrément une bouée de sauvetage et tentait de me ramener à bord par petits bouts de bras. Il ne ferait pas tout le boulot tout seul, ça non. Il fallait que je lui montre que mon intention était réelle. Que je l'aimais vraiment. Et que l'amour existait. Plein d'espoir, j'en oubliais ma condition. Je n'avais qu'un chose en tête. Lui.

"- J'y arriverais. J'y arrive toujours, lui dis-je en souriant."


A présent, j'avais plusieurs choses en tête. Lui. Son corps. Ceux des autres. Mais aussi mes sentiments. Ça rendait les choses moins romantiques soudainement, mais pour un homonculus de la luxure, qu'est-ce que le romantisme ? Heureusement que je me contrôlais. La première chose à faire était peut-être de ne pas nier l'évidence.

J'allais rester comme ça toute ma vie.

J'avais suffisamment étudié les homonculus pour savoir qu'au départ, ce sont des êtres artificiels crées grâce à la Pierre philosophale. Pourtant, j'étais un hôte. Est-ce que c'était ça qui me permettait de garder le contrôle ? D'avoir des sentiments ? Mais en même temps de ressentir tout ce qu'un homonculus ressentirait...

Je savais que l'ancien Généralissime King Bradley avait eut des sentiments envers sa famille. Est-ce qu'il gardait le contrôle de lui-même chaque fois qu'il était avec eux ? Pour le coup, je regrettais de ne pas avoir eu de meilleurs conversation avec lui.

Mais si jamais je me battais contre cet autre-moi... Qui me disait que je gagnerais cette fois ? Après tout, j'étais devenu l'homonculus de la Luxure. Et la luxure ne se nourrit-elle pas de désir, de passion et d'amour ?


A la suite !