Chapitre 25 :

Nadie pistait. Elle n'avait certainement pas pour cet exercice l'habilité légendaire de certains démons et les traces d'Etsuko étaient très difficile à repérées mais soudain un détail lui sauta aux yeux, un morceau de tissu accroché dans un buisson, un tissus noir sur le bord duquel on devinait le début d'un nuage rouge.

- L'Akatsuki. Dit-elle, serrant l'étoffe dans son poing.

Elle hésita une seconde à faire demi-tour pour aller prévenir Gaara et les autres puis décida que le plus important était d'abord de retrouver sa fille. Elle se recommença à avancer, guettant le moindre nouvel indice, pouvant lui indiquer la direction à emprunter. Finalement, elle passa sous son apparence de tigresse pour flairer les environs.

Un peu plus loin, Nadie découvrit des empreintes sur le sol, comme si on avait traîné quelque chose et celles-ci la menèrent jusqu'à un monticule, qu'elle reconnut aussitôt. Elle resta un instant figé puis s'avança à pas lent vers une flaque carmin. Elle en prit une lampée prudente et poussa un soupir de soulagement. Ce n'était pas le sang d'un démon mais celui d'un simple être humain. Un simple être humain…Voilà qu'elle se mettait vraiment à penser comme une démone !

D'ailleurs le goût de ce sang lui était familier, comme si elle avait déjà eu l'occasion de le goûter auparavant. Associé au morceau de cape, cela ne laissait pas beaucoup de choix sur le personnage. Vu la quantité de sang qu'il avait perdu, il ne devait plus être guère vaillant. Il n'était peut-être pas venu seul et ses complices l'auraient récupéré. Les traces de sang conduisaient vers l'entrée des souterrains. Est-ce qu'ils seraient retournés se cacher au même endroit que la dernière fois ?

Nadie entra prudemment et fut submergé par l'odeur de sang qui lui parvenait particulièrement fort dans ces lieux clos et humides. N'importe quel humain n'y aurait rien vu dans cette obscurité mais elle distinguait assez de chose pour se diriger, sans trop se cogner au mur. Arrivée à un tournant, elle s'arrêta sentant la présence d'un autre démon.

- Etsuko ?

- Nadie ! Ne viens pas !

- Est-ce que ça va ?

- Très bien mais sors ! Je te rejoindrai plus tard.

- Tu es en train de te nourrir, hein ?

- Il était venu pour nous faire du mal, à nouveau !

- C'est Itachi Uchiba ?

- Oui, c'est lui, en effet.

- Tu…

- Nadie ?

Nadie soupira et prit le chemin de la sortie. Une fois dehors, elle se mit à courir, de toute sa vitesse démoniaque, puis sauta sur une branche et continua ainsi. Elle réfléchissait juste. Elle n'était pas triste, elle n'en voulait pas à Etsuko. Mais pourquoi se sentait-elle fâchée, pas que sa fille mange un être humain mais que ce soit cet Itachi Uchiba ? Elle comprit soudain : Ce type n'était tout simplement pas digne d'être le premier repas de sa fille ! Elle commençait décidément à raisonner comme une démone !

Cela faisait une heure qu'elle se déplaçait au gré de son instinct. Elle était revenue vers Suna sans s'en rendre compte mais n'ayant pas envie de rentrer tout de suite, elle repartait en sens inverse, lorsqu'elle fit sa connaissance.

Elle n'avait pas vu ce garçon qui arrivait à une allure comparable à la sienne mais dans l'autre sens et le percuta de plein fouet. L'autre corps n'offrit pas une résistance suffisante, face à la force de l'impact et alla apprendre à voler un peu plus loin. Elle bondit pour le rattraper, avant qu'il ne touche le sol.

- Ouilles… Fit le garçon complètement sonné.

Il rouvrit prudemment les yeux. Nadie se dépêcha de le reposer au sol. Un grand chien blanc venait d'arriver et regardait la scène d'un air méfiant. Le garçon portait un gros anorak gris, avec une capuche bordée de fourrure.

- Ca va ?

- Je ne suis pas sûr. Le choque a été rude.

- Je suis désolée.

Il la regarda de la tête au pied et trouva que ça valait la peine d'essayer.

- Bah ! Ce n'est pas trop grave. Dit-il avec un sourire charmeur.

- Bien, je vais te laisser continuer ton chemin.

- Tu pourrais m'inviter à petit-déjeuner, pour me remettre de notre rencontre.

- Pourquoi pas ? Soupira-t-elle.

- Je m'appelle Kiba Inuzuka. Et toi ?

- Moi, c'est Nadie.

- Nadie…Attend ! Tu veux dire la Nadie du Kasekage, celle qui…

- En effet.

- Euh ! Je…

- Kiba ? Tu ne serais pas un ami de Naruto ?

- Si.

- Qu'est-ce qui t'amène, près de Suna ?

- Ben ! On m'avait demandé de venir, il y a déjà un certains temps, pour aider à dresser un groupe de chien pisteur. Alors…Bon ! J'ai enfin trouvé le temps de venir. Je suis très demandé !

- Je vois. Tu le veux toujours ce petit-déjeuner ?

- Eh, bien ! C'est que je ne voudrais pas…Commença-t-il.

Il perçut la déception dans le regard de Nadie et se ravisa brusquement, comprenant qu'elle était peinée qu'il change d'attitude, après avoir découvert qui elle était.

- Tu veux aller où ? Je commence à connaître les restos de la région mais si t'as une préférence.

- Où tu veux.

Ils reprirent le chemin du village caché du sable. Akamaru observait la démone d'un air concentré. Nadie avait déjà noté les réactions des chiens à son approche, soit ils commençaient par grogner et aboyer pour ensuite détaler, dès qu'elle venait un peu trop près, soit ils se montraient très curieux à son égard. Celui-là avait l'air de la surveiller. Il avait sans doute peur qu'elle ne touche à son maître.

Nadie se dit qu'elle avait eu tort d'accepter l'invitation de Kiba. Elle avait pensé que ça la distrairait et lui éviterait de trop penser à ce qui se passait sous le monticule mais, finalement, elle n'avait pas tellement envie de compagnie, pour l'instant.

Le garde les laissa passer sans problème, en voyant l'invitation de Kiba. C'était un tout jeune et il n'avait apparemment pas reconnu Nadie et croyait sans doute qu'elle accompagnait le dresseur de chien. Ils s'étaient arrêtés pour réfléchir au choix du restaurant. En fait, c'était surtout Kiba qui cogitait à haute voix. Nadie essayait d'en placer une pour lui dire que, finalement, elle ne pouvait pas l'accompagner, lorsqu'un homme débarqua et se précipita vers le garçon.

- Monsieur Inuzuka !

- Ouais ? Quoi ?

- Nous vous attendons depuis une heure et l'une des chiennes à un problème.

- J'arrive immédiatement !

Se tournant vers Nadie avec une moue désolé.

- Je crois que ça ne va pas être possible pour notre petit-déjeuner.

- Dommage !

- Ce soir peut-être ? On se retrouve ici ?

- Je verrais si je peux m'arranger.

- A ce soir, donc !

Nadie haussa les épaules et retourna au Palais. Elle grimpa quatre à quatre les escaliers qui menaient à ses appartements, espérant que personne ne se rendrait compte qu'elle était sortie mais ses espoirs furent vains. Gaara était assis dans le sofa. Il releva brusquement la tête en l'entendant entré.

- Nadie.

- Gaara, qu'est-ce tu fais là, aussi tôt ?

- Je voulais te parler. Je ne parvenais pas à dormir.

- Un problème avec la lanterne ?

- Non, elle fonctionne toujours aussi bien.

Elle hésita une seconde puis alla s'asseoir à côté de lui. Le Kasekage la contempla, pendant un long moment. Elle lui retourna son regard avec la même insistance.

- Ce collier ? Finit-il par demander. Où l'as-tu eu ?

- C'est Setri qui me l'a offert. Répondit-elle machinalement.

- Tu es venu dans mes appartements.

- C'était là que je l'avais égaré ? Je me demandais comment Temari s'était retrouvé avec.

- Pourquoi ?

- Je voulais voir si tu allais bien.

- J'ai du mal à aller bien, depuis que tu m'as abandonné. Tu n'as pas pensé à moi ?

- Tu peux me faire tous les reproches que tu veux, tu peux même me reprocher de ne plus t'aimer mais tu ne peux pas dire que je n'ai pas pensé à toi.

- Pourquoi tu ne m'aimes plus ?

- On n'est pas fait l'un pour l'autre.

- C'est le cas de beaucoup de gens et ça ne les empêche pas de s'aimer quand même.

- Je ne sais pas, Gaara ! Je suis désolée. Je voudrais tant pouvoir te dire « je t'aime encore ». Je serais infiniment heureuse, si je pouvais te le dire mais je ne peux pas. Ce serait te mentir et te faire encore plus de mal, parce que je ne t'aime plus.

Gaara baissa la tête, comme quelqu'un qui encaissait quelque chose de dur à digérer, puis se redressa et la regarda bien en face.

- Tu as été honnête, au moins. Tu aurais pu me mentir et rester avec moi mais tu aurais été amère et je n'aurais pas supporté de me voir incapable de te rendre heureuse.

- Oui.

- J'imagine que je dois te dire « merci ».

- Non, pas besoin.

Il y eu long silence. Gaara sembla soudainement se souvenir de quelque chose.

- Temishi Keibo s'est réveillé.

- Ah ?

- Il a dit qu'il avait été agressé par un homme, un homme qui portait le manteau de l'Akatsuki.

- Je vois.

- Ils en auraient encore après nous.

- Ne t'inquiètes pas ! C'était Itachi, il était parvenu à m'échapper la dernière fois. Il est venu ce matin. Il ne nous embêtera plus.

- Tu… ? Où est Etsuko ?

- Elle est occupée.

- Il va falloir que j'en parle aux autres.

- Bien sûr !

Le Kasekage se releva et sortit de la pièce. Nadie s'allongea sur le sofa pour regarder le plafond. Puisqu'elle n'avait rien d'autre à faire de la journée, à part attendre qu'Etsuko ne revienne, après avoir récupérée son apparence adulte, elle irait sans doute au rendez-vous que lui avait donné le dresseur de chien.

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