Les fantômes de James et Lily Potter se dressaient au milieu de la Grande Salle. Toutes les personnes présentes étaient sous le choc et encore plus ceux qui les avaient, par le passé, si bien connus.

- Nous n'avons pas beaucoup de temps alors faisons vite, Lily et moi sommes là pour Harry. Je ne suis pas très doué pour les explications, alors je crois qu'il vaut mieux que ce soit Lily qui vous explique.

- Un lien puissant existe entre Voldemort et Harry. D'après ce qu'on a pu apprendre, ce lien existe depuis la naissance de notre fils. Nous ne connaissons pas exactement la nature de ce lien mais le Lord Noir lui, semble le savoir et c'est une très mauvaise chose. Il a percé les défenses d'Harry et d'un moment à l'autre il peut faire tomber notre fils de son côté. S'il tombe dans la magie noire, ses amis suivront et ce serait une catastrophe. Harry est quelqu'un de bien, son cœur et son âme sont encore purs malgré tout ce qu'il a enduré depuis qu'il est petit. Albus, vous nous aviez promis de veiller sur lui, alors, vous devez le sortir de là et lui dire toute la vérité sur son histoire ! L'empreinte magique que j'ai laissée sur lui il y a quinze ans me permet de le protéger, mais j'ai vraiment peur que ce ne soit plus suffisant... J'interviendrais auprès d'Harry pour retarder au maximum le plan de Voldemort mais vous devez intervenir au plus vite.

- Nous devons repartir maintenant Lily, faites le maximum pour notre fils et ses amis.

La lumière blanche devint de plus en plus vive et lorsqu'elle se dissipa, le couple Potter avait disparu. Le professeur Dumbledore partit précipitamment de la Grande Salle pour se diriger vers son bureau. Quelques professeurs et membres de l'Ordre le suivirent.

Dans une sombre bibliothèque, Harry était plongé dans la lecture d'un livre intitulé « la magie noire pour débutants », il avait presque terminé quand Voldemort vint le trouver.

- Comment trouves-tu ce livre ? Passionnant, non ?

- Cette magie est ignoble, comme vous l'utilisez. Je ne vois pas ce qu'il y a de passionnant lorsque l'on torture quelqu'un, il n'y a qu'une personne atteinte mentalement pour prendre du plaisir dans ce genre d'acte.

Le Mage Noir s'avança dangereusement près du fauteuil ou était assis Harry. Il se stoppa très près de lui et avec sa main l'obligea à lever la tête vers lui. Il caressa du bout des doigts la joue du garçon jusqu'à descendre dans le cou.

- La dernière fois que tu as essayé de me tenir tête, tu t'es retrouvé à terre à hurler. D'autant plus que je sais que tu me mens, je peux lire en toi si facilement Harry. C'est en moi que tu dois placer ta confiance et pas en cet imbécile de Dumbledore.

Harry baissa les yeux : depuis qu'il était là, il se sentait de plus en plus vulnérable. Pourtant à chaque fois qu'il s'était battu en duel contre Voldemort, il n'avait jamais montré le moindre signe de faiblesse. Cette détermination à vaincre les forces du mal semblait l'avoir quitté. Malgré tous ces mensonges, il était encore prêt à jurer fidélité à son directeur, mais à l'heure actuelle, il se sentait pris au piège. Prisonnier de l'assassin de ses parents, loin de ses amis, éloigné de la femme qu'il aime et bien trop près de la meurtrière de Sirius. Toutes ces choses qu'il croyait depuis l'enfance lui semblaient fausses aujourd'hui. Il avait fait le deuil de sa famille et, à seize ans, il apprenait que son arrière grand-père était encore vivant et pire qu'il le côtoyait tous les jours. Et pour toutes les étapes importantes de sa vie, ce fut ainsi. Depuis son entrée à Poudlard tout avait changé pour lui, le misérable qu'il était chez les Dursley devenait le héros du monde sorcier. Et malgré lui, il accepta cette image et le rôle qui allait avec. Il devint alors admiré, jugé, détesté, tout le monde avait son opinion sur lui. Mais au fond, personne ne le connaissait vraiment, à l'exception de l'homme qui se tenait près de lui. Cette célébrité lui avait tout pris et lorsque, pour la première fois de sa vie, il avait fait un choix, celui de mourir, on l'en avait empêché. Il aurait voulu être un garçon comme les autres, avoir une enfance banale, une adolescence normale ou presque, car, quand on s'appelle Potter, on à un certain talent pour s'attirer les ennuis. Avoir des parents qui l'encouragent ou le réprimandent pour les bêtises qu'il aurait pu faire. Tout ça lui avait été enlevé par l'homme qui se tenait près de lui et pourtant, la haine qu'il ressentait pour lui depuis des années semblait le quitter jour après jour, et cela le troublait. Lorsqu'il est arrivé ici, accompagné de ses amis, il était persuadé que jamais il ne tomberait sous le pouvoir de Voldemort. Il voulait juste faire semblant pour garantir la survie de ses meilleurs amis. Puis, sans qu'il ne s'y attende, il avait commencé à ressentir une faiblesse en lui. Chaque jour, il se sentait de plus en plus soumis au Mage Noir et cette sensation s'était accentuée après le baiser qu'il lui avait donné. Non, il n'était pas amoureux de lui, mais il avait ressenti quelque chose d'unique en lui. Comme s'il n'était plus seul, que ce manque qu'il ressentait depuis de nombreux mois c'était soudainement rempli. Même sa cicatrice avait arrêté de le faire souffrir depuis ce moment-là. Un phénomène qu'il ne pouvait pas expliquer. Et il n'y avait pas que ce phénomène auquel il n'arrivait pas à fournir d'explication. Car il devait avouer que la lecture de ce livre lui avait donné une autre version de la magie noire et c'est vrai qu'il avait pris un certain plaisir lors de sa lecture. Il s'était plongé à fond dans l'étude de ce livre, et pendant ces deux heures à lire, il avait oublié ses soucis. Il avait découvert des sortilèges d'attaque qui semblaient passionnants à pratiquer. Au fond de lui, il s'en voulait d'éprouver ce genre de sentiment face à cette magie qui était si destructrice. Qu'est-ce que ses amis penseraient de lui s'ils savaient ce qu'il pensait à l'heure actuelle ? Il avait vu tellement de personnes mourir à cause de la magie noire, l'image de Sirius tombant derrière le voile s'imposa à lui. Son parrain avait donné sa vie pour le sauver et, en échange, il se mettait à apprécier la magie noire. Quelle déception ça devait être pour lui ! Ses parents aussi devaient être profondément déçus par lui, même s'il espérait au fond de lui que ses parents lui pardonnent de ne pas réussir à garder le contrôle de sa vie.

Une main vint délicatement essuyer les larmes qui s'étaient échappées de ses yeux. Harry sursauta à ce contact. Tellement perdu dans ses pensées, il ne s'était pas rendu compte qu'il pleurait. Il posa sa tête sur le torse du Mage Noir et pleura tout son soûl. Il se fichait de l'image faible qu'il renvoyait à Voldemort, ça lui faisait du bien de pleurer. Le Seigneur des Ténèbres glissa sa main dans les cheveux noirs d'Harry et, d'une voix qu'on pourrait qualifier de douce, essaya de le calmer.

- Tu ne dois pas avoir honte d'aimer la magie noire Harry, tu n'es pas le premier et tu ne seras pas le dernier à choisir cette voix là. N'essaye pas de te persuader d'être un autre, ça te détruirait.

Harry essaya de se calmer afin de lui répondre. Il décida de lui dire tout ce qu'il avait sur le cœur, les conséquences que ça pourrait avoir n'avait, à ce moment là, aucune importance.

- Je n'ai pas le droit d'aimer ça, je ne peux pas faire ça aux gens que j'aime et qui ont confiance en moi. Cette magie m'a tout pris et je ne peux pas envisager de l'utiliser sur quiconque.

- Tu as le droit d'aimer tout ce que tu veux, il n'y a qu'à moi à qui tu dois rendre des comptes maintenant. Tu verras que pratiquer la magie noire est un jeu d'enfant et tu t'apercevras vite qu'on n'y prend beaucoup de plaisir.

- Mais je ne veux pas la pratiquer, je ne veux pas devenir un monstre. Les gens me critiquent continuellement sans raison et je n'ai pas envie de leur donner une raison supplémentaire pour le faire. Je suis totalement perdu, je ne comprends plus grand chose ces temps-ci. Pourquoi vous ne voulez plus me tuer ? Pourquoi vous avez changé d'avis ? Nous sommes censés être ennemis et là, du jour au lendemain, tout semble être différent. Qu'est-ce qui a changé depuis l'année dernière ? Au Ministère vous vouliez ma mort et le mois suivant vous vouliez que je rejoigne vos rangs. Pourquoi ?

- Tu fais beaucoup trop attention à ce que pensent les gens Harry. Crois-tu sincèrement que j'aurais pu devenir le plus grand sorcier du monde si j'avais écouté ce que les gens pouvaient dire ? La réponse est évidente, je serais resté un pauvre sorcier sans la moindre importance. Ils te critiquent peut-être mais au moins ils parlent de toi et c'est ça le plus important. Tu veux savoir ce qui a changé depuis notre rencontre au mois de juin ? La réponse est simple : tu es devenu un autre Harry Potter. Lorsque je suis rentré en toi au Ministère, j'ai senti la colère et la haine que tu cachais au fond de toi et, après réflexion, je dois avouer que ce côté de toi a attisé ma curiosité. Depuis notre première confrontation, ta magie a considérablement augmenté et je me suis dit qu'éventuellement tu pouvais avoir une place ici. C'est vrai que te tuer aurait été si simple, mais gâcher un tel talent aurait été un acte idiot, je dois l'avouer. Et puis je suis persuadé que, toi et moi, nous pouvons parfaitement nous entendre. Si nous sommes liés ce n'est pas pour rien Harry.

- Et pourquoi m'as-tu embrassé ? Et pourquoi depuis ce moment là ma cicatrice ne me fait plus souffrir ?

- Je te répondrais tout à l'heure, je dois te laisser j'ai une réunion avec mes Mangemorts. Je reviens après et nous aurons tout le temps d'en parler. Continue ta lecture, après nous passerons à la pratique.

Harry quitta l'étreinte du Mage Noir et celui-ci quitta la bibliothèque. Il était plutôt satisfait de voir le jeune garçon se confier à lui. Malgré les doutes que le jeune sorcier avait, son plan fonctionnait à merveille. Le vieux fou n'était pas au bout de ses peines.