Découvrant ensemble la pièce suivante, les trois jeunes femmes devinrent dubitatives lorsqu'elles remarquèrent l'agencement de la salle. Il s'agissait en effet d'une simple grande pièce, un escalier de quelques marches parvenant à un palier, sur lequel se trouvait simplement un pupitre, sur lequel étaient gravé des runes, du même type que les précédentes. Le palier se terminait ensuite sur un escalier qui menait au fond de la salle. La salle en elle-même ne comportant rien, sinon un grand carrelage, de plusieurs centaines de cases. S'avançant sans se soucier, les trois jeunes personnes marchèrent sur les premières cases devant les escaliers, ces dernières s'illuminèrent alors. Ne voulant pas prendre de risques, elles remontèrent tous sur le palier. Nathaël lui, n'avait même pas pris la peine de descendre et était tranquillement en train de lire le pupitre.

- J'ai bien peur que ce soit une énigme cette fois ci…

- Super, j'avais envie de chercher un truc…

Nephilim paraissait assez fatiguée de cet endroit, et c'était compréhensible, cela faisait maintenant sans doute plusieurs heures qu'elles étaient entrées dans ces maudites ruines, et elles ne voyaient toujours pas le bout du tunnel.

- C'est débilement grand cette salle, c'est quoi cette énigme en plus…

- « On ne me réclame jamais, mais on me souhaite souvent. Comme un miroir je me brise, on me répare, mais toujours les fissures, sont témoins de l'usure. Aucun projet sans moi ne peut avancer, c'est par ma présence que l'on peut déléguer. »

- C'est ça ?

- Ah, j'ai adapté un peu le texte pour conserver le côté poésie, mais dans l'idée oui, c'est ça.

- C'est génial… Franchement c'est génial, on a un putain de poème et une salle qui nous fais une soirée disco. Super !

Se tenant l'arête du nez, Nephilim commença à faire les cent pas pendant que Ryuu et Nathaël réfléchissaient à l'énigme.

- Faudrait déjà trouver quel est la solution, mais après, quand on l'aura, qu'est-ce qu'on en fera ?

- J'en ai aucune idée.

Plusieurs minutes passèrent sans qu'aucun ne trouve une piste, si bien que Nephilim et Evan finirent par s'asseoir, attendant en réalité que l'un des deux chercheurs ne trouve la solution. Réfléchissant quelques instants dans leur coin, les archéologues murmurèrent dans leurs moustache les phrases de l'énigme.

- Et c'est quoi cette phrase-là ? « Comme un miroir je me brise, et on me répare, mais toujours les fissures sont témoins de l'usure. »

- La confiance…

Evan avait réussi à capter la phrase et il lui était venu la réponse comme une évidence.

- On ne me réclame pas, mais on me souhaite souvent, la confiance, tu la réclame pas pour l'avoir, faut la mériter.

Ryuu enchaîna.

- « Comme un miroir je me brise, on me répare, mais toujours les fissures sont témoins de l'usure. » Une fois qu'on a perdu la confiance de quelqu'un, c'est difficile que tout redevienne comme avant.

Et c'est finalement Nephilim qui clôtura la réflexion.

- Sans confiance, tu ne peux pas travailler en groupe, tu voudras tout faire toi-même, parce que tu sais pas si les autres en seront capable.

- Bon, maintenant qu'on pense avoir la réponse, que peut on bien en faire ? Se questionna Nathaël

- Forcément que les dalles lumineuses ont quelque chose à voir avec ça, elles servent sans doute à donner la réponse. Ajouta Evan.

- On n'a pas la place pour écrire « Confiance » même dans leur langue… Commenta Ryuu.

- Ca dépend, ça se dit bien «fert», n'est-ce-pas ?

- Exact.

- Eh bien « fert » c'est aussi la rune n°6.

- En effet…

- Donc je pense qui si on trace cette rune sur le carrelage, on devrait passer cette salle. Nephilim se leva alors rapidement et avança vers l'escalier.

- Guidez moi, j'en ai marre de cet endroit.

- Bonne idée, on aura une vue d'ensemble ici, ce sera mieux qui si l'un de nous y vas.

Nephilim se plaça alors juste avant les cases lumineuses devant l'escalier, elle attendait impatiemment les instructions.

- Avancez de cinquante cases devant vous en prenant toujours soin d'activez celle qui se trouve à votre gauche.

Prenant quelques secondes pour faire cela, Nephilim prit le soin de compter chacune des cases, ce qui n'était pas si facile que ça en avait l'air.

- Bien, une fois que c'est fait, faites un quart de tour à droite et avancez de deux cases, activez maintenant celle qui est diagonalement à droite de vous, sans toucher celle à votre droite immédiate.

- Quoi !?

Ryuu haussa alors la voix afin que Nephilim l'entendent bien.

- Tu vois la case devant toi ?

- Bah ouais !

- Et bah saute sur la case à droite de celle-là.

- Ah, bah fallait le dire !

S'exécutant, Nephilim fit un petit « Hop ! » alors qu'elle activait la case suivante.

- Faites maintenant un pas en avant, puis un pas à droite, puis à gauche, puis à droite, puis à gauche, et un dernier à droite. Activez cette fois celle à votre gauche diagonalement puis faites un pas en avant. De nouveau votre diagonale gauche, puis faites deux pas en avant. Diagonale droite, puis un pas en avant, diagonale droite encore, puis un pas en avant, un pas à droite, puis à gauche, puis à droite, puis à gauche, et un dernier à droite, diagonale gauche et vous serrez de nouveau sur la barre centrale.

Renouvelant l'opération pour faire l'autre côté du cercle, Nephilim se retrouva vite au point de départ, au sommet du cercle qu'elle venait de tracer.

- Maintenant, continuez la barre centrale de quatre cases, jusqu'aux escaliers. Et vous aurez terminé.

Finissant sa route, Nephilim arriva de l'autre côté de la salle, et monta les escaliers, toute guillerette qu'elle était. Quelques secondes plus tard, l'ensemble du carrelage s'illumina avant de s'éteindre quelques secondes plus tard. Tentant leur chance, les trois personnes restantes et Améthy s'avancèrent sur le carrelage, ce dernier ayant perdu sa faculté de s'illuminer. Tous poussèrent alors un soupir de soulagement et hâtèrent le pas avant de rejoindre Nephilim, qui leur mena le pas en ouvrant la porte.

Ailleurs dans les ruines, dans une pièce qui, visiblement était extrêmement sombre, à telle point que seule une lueur verte apportait la lumière. Un homme portant une capuche s'avança doucement. Les mains dans les poches, il ne semblait absolument pas souffrir des pièges que recelait cet endroit, et malgré cela, dans le noir, il avait de légers problèmes pour avancer. Il se trompait parfois de route, mais arrivait finalement à destination, simplement pour être arrêté par une grande porte, bien plus grande que toutes les autres, cette dernière, malgré tous les efforts de l'homme à la capuche, refusa de s'ouvrir.

- J'en ai marre de cet endroit de merde…