La Courbe de tes Yeux
Les mensonges d'un visage
Bonjour à tous, tout d'abord je tenais à m'excuser, puisque je poste avec une semaine de retard par rapport à ce que je vous avais annoncé au chapitre précédent. Je ne vais pas prolonger le blabla. Place aux réponses aux reviews :
Guest : C'est dommage, je ne sais pas qui tu es x) Et bien voici la suite. Oui, c'est la guerre, il faut des morts, c'est nécessaire. Oh oui, l'amour change les hommes, je ne vais pas te contredire, surtout à la vue de ce chapitre ci. En tout cas, bonne lecture.
TenderDream : La meilleure que tu ais jamais lu ? Tu me flattes. Si, si. En tout cas merci beaucoup, ça me fait très plaisir. Je rougis même. Je suis ravie que ça te plaise autant. Bonne continuation à toi aussi.
Anna : Alors là, je suis fière, d'être ta première review. C'est bien continue comme ça mon enfant, les reviews c'est important pour les auteurs :) Alors merci pour ta review et merci pour tes compliments, voici la suite (enfin)
Misterious Light : D'abord merci pour ta review qui m'a fait très plaisir (je l'ai même tweeté, c'est pour dire). Et oui toutes les bonnes choses ont une fin. Merci pour tes compliments, mais je ne pense pas avoir l'originalité et la créativité suffisantes pour devenir romancière. Parcontre je reviendrai avec d'autres OS et d'autres fictions, je pense :) Parce que j'aime bien écrire, et j'aime bien vous faire partager mes histoires. Et une fois de plus merci pour ce que tu m'as écris :)
Et un grand merci à Rose, ma-viie-63, Ketchupii.
Et un gros, un énorme merci à ma bêta, femme, et maître absolu, Loufoca-Granger
Bonne lecture :)
Chapitre 25 :
Un silence lourd et résigné régnait dans la salle commune des Gryffondors. Après avoir été enfermés dans leurs propres maisons par les Initiés, les sorciers ayant appartenu à l'Armée de Dumbledore avaient essayé de prendre les choses en main. Étrangement, c'était Neville Londubat qui avait parlé en premier, s'affirmant aussitôt comme le leader du groupe. Plusieurs filles de septième année avaient pris l'initiative de rassurer les plus jeunes, tandis que les autres essayaient de trouver une solution à la crise qui s'annonçait.
Il aurait fallu être crédule pour ne pas deviner que les Mangemorts allaient envahir Poudlard et essayer de faire tomber ce dernier obstacle à la prise de pouvoir de Voldemort. La crainte et la panique les submergèrent dans un premier temps pendant lequel l'Armée essaya de calmer leurs amis. Puis on réfléchit à ce qu'il fallait faire. Essayer de sortir de la Salle Commune ? Faire monter les plus jeunes dans les dortoirs pendant que les plus âgés tenteraient d'établir un plan de défense en cas d'attaque ? On ne savait pas, et le débat tournait vite court. Bien vite les élèves, épuisés par la peur, se laissèrent tomber sur le sol, leur tête entre les mains, et s'enfermèrent dans un silence pesant. Un silence désespéré.
Dans un coin, installé près de la cheminée, Neville essayait toujours de trouver un semblant de solution avec ses anciens camarades rebelles. De temps en temps il jetait un coup d'œil en direction de Ginny. La rouquine était là, assise près d'eux, mais semblait en même temps tout à fait absente. Ses yeux vides et rouges fixaient l'antre de la cheminée. Son visage portait encore le sillage qu'avaient tracé ses larmes en coulant le long de ses joues.
Peu à peu, les Gryffondors s'étaient tous tus. De nombreux proches étaient morts lors de la nuit précédente, et la rage avait laissé place à la tristesse.
Soudain la porte d'entrée de la salle grinça. Instinctivement tous les visages se tournèrent vers la source du bruit. On lisait l'inquiétude, la peur, l'intérêt et la curiosité, mais aussi l'espoir sur le visage des jeunes sorciers. Baguettes en main, Neville et Dean se levèrent, et d'un pas prudent se dirigèrent vers la porte.
Un cri étranglé échappa à Dean. La frayeur serra le cœur des autres sorciers. Draco Malefoy venait de paraître dans le hall.
oOo
Ayant ouvert la porte, le blond emboita le pas aux Gryffondors, non sans lancer un regard supérieur à Ron Weasley. Il pénétra dans le hall, suivi de près par Hermione. Ils n'avaient pensé à aucun moment à ce que cette apparition pourrait provoquer chez les élèves. Face à eux apparurent Dean et Neville. Leurs visages inquisiteurs changèrent du tout au tout. Un cri échappa à l'un d'eux et ils se mirent en position d'attaque.
Draco leva un sourcil interrogateur avant de comprendre : pour eux, Hermione et lui étaient deux Serpentards, deux Initiés. Ils étaient donc potentiellement un danger pour les Gryffondors.
La brune sembla comprendre en même temps que lui. Elle leva aussitôt la main en direction de ses amis en signe de paix.
-Attendez ! Ce n'est pas ce que vous croyez, hurla-t-elle aussi rapidement qu'elle le put.
Un nouveau couinement échappa à Dean. Hermione tourna la tête. A ses côtés se tenaient désormais Harry Potter et Ron Weasley.
La peur disparut aussitôt de la pièce, alors que Neville, baissant sa baguette se précipita vers ses camarades en criant leur prénom. Dans la salle commune, une rumeur s'éleva. Harry et Ron étaient là. Ils étaient revenus... Ils allaient les sauver.
-Alors vous êtes toujours vivants ! S'exclama Neville.
-Non, non, ce sont nos fantômes qui avaient envie d'aller faire un tour, se moqua gentiment Ron.
Les Gryffondors jusqu'alors encore assis sur le tapis de la salle commune, se levèrent avec précipitation et s'élancèrent vers les deux nouveaux venus créant un impressionnant mouvement de foule. Des dizaines de mains empoignèrent leurs bras, touchèrent leurs visages. Harry et Ron avaient l'impression d'avoir gagné la coupe du monde de Quidditch. En réalité, ils représentaient la renaissance de l'espoir.
Hermione, mise à l'écart à cause de son physique méconnaissable, essaya de calmer quelques élèves qui, dans leur euphorie, risquaient de faire mal aux autres. Peu à peu, Harry et Ron commencèrent à lever le ton afin de calmer leurs camarades. L'heure n'était pas aux effusions. Ils n'avaient encore rien gagné. Poudlard était aux mains des Mangemorts et Voldemort était de plus en plus puissant.
-Calmez-vous, cria Harry à plusieurs reprises, imité par Hermione et Ron, puis par les membres de l'Armée de Dumbledore.
-Je crois qu'on vous a dit de vous taire, vociféra Draco d'une voix cinglante.
La plupart des Gryffondors avait oublié sa présence. Mais cette voix froide mit un terme immédiat à la joie des sorciers. Le silence retomba. Chacun tourna la tête vers l'intrus. Hermione remarqua que beaucoup d'élèves lui lancèrent un regard noir, tandis que d'autres retrouvèrent la peur qui les avait submergés quelques minutes plus tôt.
Harry et Ron semblèrent embarrassés par ce changement radical. Draco, lui, considérait qu'il n'avait rien d'autre à dire, ne faisant en aucun cas partie de l'Ordre. Les yeux d'Hermione passèrent rapidement de l'un à l'autre. Puis elle comprit qu'elle devrait prendre les choses en main. Soufflant bruyamment, elle s'avança.
-L'école a été assiégée. Ce n'est pas le moment de se réjouir. Les Mangemorts sont arrivés dans Poudlard, il va falloir agir vite. Que ceux qui sont capables de se battre nous rejoignent. Que les autres restent ici et protègent les plus jeunes...
-Pourquoi on t'écouterait ? Maugréa une voix près d'elle.
Cassée dans son élan, Hermione se tourna vers le Gryffondor qui venait de parler.
-Qui nous dit que tu n'es pas un Initié ? Qu'est-ce que tu fiches ici avec Malefoy ?
Les questions et la suspicion fusèrent d'un coup sans prévenir, sans qu'Hermione ne s'y attende. Ils n'avaient pas de temps à perdre, elle ne pouvait pas sacrifier de précieuses minutes à s'expliquer.
-Ce n'est pas un Serpentard, cria une voix haut perchée plus forte que les autres, c'est Hermione Granger.
Les élèves se retournèrent comme un seul homme vers la jeune fille qui venait de s'exprimer. Restée près de la cheminée, Ginny se tenait debout, sa baguette serrée dans son poing.
-On n'a pas le temps de parler. Il faut agir... ajouta-t-elle alors qu'elle s'avançait d'un pas rapide vers son frère, fendant la foule rouge et or. Les Gryffondors restèrent cois, fixant Hermione d'un même regard perçant.
Ron prit sa sœur dans ses bras, la serrant comme il ne l'avait jamais serrée. La jeune fille qui semblait jusqu'alors aussi forte que la pierre, se montra fragile comme le verre. Interrompant leur étreinte, elle s'écarta et passa sa main devant ses yeux avant de faire face à ses camarades, le visage à nouveau fermé.
-Que ceux qui savent se battre viennent avec nous. Que les autres protègent la salle commune, les plus jeunes, ou nous suivent afin de s'occuper des blessés...
N'attendant pas que les élèves ayant le courage de les accompagner s'approchent, elle tourna les talons, et attrapa la main d'Harry. Elle l'attira près de la sortie, incitant les autres à les suivre, tout en s'octroyant quelques secondes d'intimité avec le Survivant. Neville se détacha de la foule, suivi de près par Dean. Puis Seamus, Parvati et Lavande, Colin, Dennis, s'avancèrent à leurs tours. Quelques élèves, après avoir encore hésité quelques minutes, décidèrent eux aussi de repousser les Mangemorts hors de Poudlard et les rejoignirent. Alors qu'Hermione passait le tableau de la Grosse Dame, elle entendit une voix s'élever derrière elle. Probablement une sixième année qui avait pris l'initiative de s'occuper de la situation et de répartir les rôles afin d'assurer la sécurité des Gryffondors restants.
Une sensation étrange traversa Hermione de part en part alors qu'ils avançaient groupés dans les couloirs de Poudlard. Une impression d'assurance incroyable, d'adrénaline coulant soudainement dans ses veines, mélangée à une peur panique qui faisait battre son cœur de manière très aléatoire. Les pensées qui se bousculaient dans sa tête étaient très contradictoires. A la fois elle pensait qu'ainsi, tous ensemble, ils étaient plus forts et plus à même d'affronter d'éventuels Mangemorts, mais qu'en même temps, ils avançaient à découvert et qu'ils étaient donc, parfaitement vulnérables.
Marchant en tête, aux côtés d'Harry, Ron, Ginny et Neville, elle jetait fréquemment de petits coups d'œil derrière elle, cherchant le regard de Draco qui était resté en retrait. Par moments, elle aurait souhaité rompre les rangs et s'enfoncer dans le groupe, afin de rejoindre le Serpentard et ainsi sentir sa présence rassurante à ses côtés alors qu'ils avançaient vers une bataille violente et dangereuse. Mais elle était Hermione Granger. Et elle se devait de se battre aux côtés de ses meilleurs amis…
Leurs pas étaient camouflés par l'épaisseur du tapis sur lequel ils marchaient. Ils avançaient doucement mais sûrement, jetant à chaque détour de couloir, un sort de détection. Ils se dirigeaient vers la sortie, empruntant des couloirs par lesquels les autres membres de l'Ordre du Phénix n'avaient pas pu passer. Les premiers couloirs s'avérèrent déserts. Et puis, ils se retrouvèrent nez à nez avec une escouade d'Initiés.
L'AD fut la plus rapide à réagir. Alors que les Initiés, des élèves très jeunes, restèrent choqués par la vue d'Harry Potter, qu'ils pensaient bien loin de Poudlard, Ginny lança le premier sort, qui assomma l'un d'eux. Les cinq autres retrouvant leurs esprits, réagirent au quart de tour. Alors que Ron, Lavande, Neville, et Parvati jetèrent un charme du bouclier, protégeant l'ensemble du groupe, les autres attaquèrent à coups de « stupéfix ». En moins de trente secondes, tous les Initiés se trouvaient à terre, inconscients et inoffensifs.
-Bon travail les amis, les félicita Harry.
-C'était trop facile à mon goût… Les Serpentards n'ont aucune résistance, ironisa Ron.
-Parce que toi tu en as de la résistance peut-être ? Maugréa une voix nasillarde derrière lui.
-Malefoy, on ne t'a rien demandé. Si tu n'es pas content, retourne avec tes copains les Mangemorts, cingla le roux.
-Ron ! Intervint Hermione, d'un ton désapprobateur.
-Et toi avec ta consanguine de famille.
-Draco !
-Vous croyez qu'on a vraiment le temps de se disputer ? Sérieusement ? lança Parvati d'une voix criarde.
-On ferait bien mieux d'avancer, et de faire moins de bruit avant de se faire repérer, ajouta Colin.
-Trop tard, railla une voix rauque derrière eux.
Un frisson glacé traversa Harry de toutes parts. Tout se passa extrêmement vite et à la fois terriblement lentement. Il avait reconnu la voix. Il sut aussitôt qu'ils étaient en danger. Mais avant même qu'ils aient eu le temps de se retourner et de se protéger, un premier sort percuta Dennis de plein fouet lui arrachant un cri strident. Du sang gicla et un deuxième sort l'atteignit à la poitrine, le faisant tomber à la renverse.
-Protego, hurlèrent Hermione et Harry à l'unisson.
L'AD se resserra, entourant le corps inerte de Dennis. Alors que Parvati s'était penchée sur lui, disparaissant aux yeux de tous, afin d'appliquer les premiers soins au Gryffondor, les autres pointèrent leurs baguettes en direction des trois Mangemorts qui leurs faisaient face.
Deux d'entres eux portaient une grande cape dotée d'une large capuche qui obstruait leur visage. Le troisième était parfaitement reconnaissable. Grand avec de longs cheveux gris, un visage crasseux, Fenrir Greyback arborait un large sourire dévoilant ses longues dents pointues.
-On essaye de jouer dans la cour des grands ? S'esclaffa le loup-garou en voyant les postures d'attaque des jeunes sorciers face à lui.
Ses yeux jaunâtres scrutèrent le visage de chacun des Gryffondors. Il adressa à Lavande un regard pervers et sadique, qui fit frissonner la jeune fille de terreur. Hermione, tout contre son bras, sentit la jeune fille trembler si fort, qu'elle crut qu'elle allait éclater en sanglot. Mais Dean derrière elle, posa une main rassurante sur son épaule, calmant la jeune sorcière. Puis le rafleur s'arrêta sur un visage. Il sembla tiquer.
-Macnair, tu vois ce que je vois ?
Le Mangemort, alors resté étrangement en arrière, s'approcha, non sans rester à une certaine distance du loup-garou.
Greyback pointa alors un de ses longs doigts vers une tête qui n'avait rien à faire parmi les Gryffondors.
-Mr. Malefoy aurait-il déserté les rangs des Initiés ? Ironisa le loup-garou.
-Il y a sans doute une explication… murmura le mangemort.
-Oui, et cette explication se nomme « traitre à son sang » ! hurla Greyback en pointant sa baguette en direction du blond.
Un éclair rouge fusa. Draco para aussi vite qu'il le put, envoyant le sortilège percuter le mur. N'attendant pas une nouvelle réplique de la part des Mangemorts, et irrité par l'insulte de Greyback, le Serpentard lança aussitôt un nouveau sort qui loupa de peu le monstre nocturne.
Cela eut un effet immédiat dans les rangs ennemis, Greyback éclata d'un rire rauque qui faisait penser aux aboiements d'un gros chien. Ce rire moqueur fut plus cinglant et plus humiliant encore que l'insulte. Une rage naquit au creux du ventre de l'ancien Initié qui ne désirait plus qu'une chose : faire taire cet immonde loup crasseux.
Cette fois Draco ne manqua pas sa cible. La langue du Mangemort se colla aussitôt contre son palais, manquant de l'étouffer alors qu'il éclatait à nouveau de rire.
Ce fut le début des hostilités. Draco envoya à sa suite un sortilège de conjonctivite qui enflamma les yeux de Greyback. La douleur atroce ajoutée au sortilège de Bloclang mit le rafleur dans une rage incommensurable, mais aveuglé, ne pouvant crier et manquant de s'étouffer à chaque vague de douleur, le loup garou ne s'avérait plus être un danger pour le moment.
Mais Macnair et son camarade de jeu attaquèrent aussitôt, et ne se contentèrent pas de quelques « expelliarmus » et autres « stupéfix ». Les Gryffondors durent repousser une pluie de « endoloris ». Harry abandonna bien vite le sort de désarmement. Fatigué par ce qu'il avait vécu lors de sa chasse aux Horcruxes, fatigué de risquer sa vie sans mettre réellement en danger celle des Mangemorts, il envoya quelques « sectusempra » et toucha le mangemort encore inconnu, qui se saisit aussitôt l'épaule. Il répliqua dans un cri de rage. Esquivant le charme du bouclier, son sort percuta Colin de plein fouet. Le Gryffondor eut l'air assommé pendant quelques secondes, déstabilisé. Puis la voix du Mangemort s'éleva sous son capuchon :
-Tue tes amis ! Hurla-t-il.
Impassible, les sourcils légèrement froncés, Colin se tourna vers les Gryffondors et pointa sa baguette vers Lavande. Hermione se jeta aussitôt sur elle, les faisant tomber toutes deux à la renverse. Un éclair vert alla percuter le mur derrière eux, créant une brèche parmi les pierres. Ron se rua sur Colin alors qu'il se tournait vers Neville. Il lui attrapa la main et lui tordit le poignet le plus fort possible, afin de le forcer à lâcher sa baguette. Dans ce désordre ambiant, Parvati et Hermione essayaient de protéger le groupe des potentiels « avada kedavra » de Colin, alors que Ginny, Dean, et Neville continuaient de les protéger des sorts des Mangemorts. Lavande retrouvant ses esprits, lança un « accio baguette » arrachant la baguette des mains de Colin. Mais celui-ci tentait de répondre aux ordres de son nouveau maître aussi bien qu'il le pouvait, et après avoir envoyé une droite dans le nez de Ron, il profita de la confusion du roux et de sa douleur pour l'attraper à la gorge.
-« Flipendo », hurla Hermione.
Colin s'envola dans les airs, libérant le cou du jeune Weasley. Il n'avait pas encore atteint le sol, que la brune lui lança un « incarcerem ».
-Il faut le libérer de l' « imperium », cria Parvati tout en envoyant un sort en direction de Colin qui avait réussi, malgré ses liens à ramper sur le sol.
-Il n'y a qu'une solution pour cela, grommela Ron, le nez en sang.
-Et personne ici n'aura le courage de le faire… murmura Hermione désemparée, avant d'entendre subitement deux sorts impardonnables fuser de leur propre camp. Alors qu'elle se tournait en direction des Mangemorts, elle vit deux éclairs verts frapper le Mangemort inconnu en pleine poitrine. Un silence s'abattit sur le groupe alors que chacun observait le corps inerte de leur ennemi. Même Macnair semblait choqué : le Survivant et leur ancien allié Draco Malefoy venaient de lier leurs forces pour lancer le plus terrible des sorts.
Profitant de ce moment de trouble, Ron leva sa baguette et assomma Macnair d'un « stupéfix ».
-Où est Greyback ? murmura Lavande soudainement.
L'homme surgit d'un couloir parallèle, les yeux injectés de sang et gonflés, lui donnant un air encore plus terrible. Un de ses sorts toucha Neville au flanc, infligeant au Gryffondor une terrible brûlure. Ginny, voyant que la chemise de son ami était en train de s'embraser, lança un « aguamenti ». Un long filet d'eau surgit alors de sa baguette, éteignant la flamme.
La main droite du loup-garou armée d'ongles aussi aiguisés que des griffes vint lacérer la joue de Seamus tandis que de son autre main, il saisissait la gorge de Lavande et attirait la jeune fille dans sa direction. La Gryffondor poussa un cri strident et hystérique, alors que Greyback, un sourire sadique aux lèvres, s'apprêtait à lui mordre le cou.
Ses dents s'enfoncèrent dans la chair, déchirant la carotide de la jeune fille qui hurla à plein poumon. L'AD lança une dizaine de sorts comme un seul homme, n'ajoutant qu'un peu plus à la confusion. Certains sorts dévièrent les autres, d'autres s'annulèrent en se rencontrant. Le cri de terreur et de souffrance de la Gryffondor redoubla alors que Greyback lui arracha la peau du cou. Elle tomba au sol, les larmes coulants le long de ses joues, les mains plaquées sur sa gorge déchiquetée, transportée dans un cri hystérique terrifiant. La situation avait rendu le loup garou euphorique. Baignant dans un sadisme sans nom et jouissif, il lança un « endoloris », espérant toucher Neville Londubat.
Ce fut Hermione qui réussit à toucher le rafleur en premier. Son « flipendo » l'assomma, lui imposant le silence dans le même temps. Sonné, il ne put éviter la succession de sorts qui lui tomba dessus. Des sorts visant à l'immobiliser, à le maîtriser, des sortilèges recherchant sa douleur, sa souffrance. Une volonté de vengeance envers Dennis et Lavande. L'homme tomba à la renverse, incapable de se défendre, sa bouche ensanglantée grande ouverte, de nombreuses entailles parcourant son corps.
Le calme retomba, lourdement, en même temps que les baguettes s'abaissèrent. Hermione se précipita vers Lavande, qui agenouillée sur le sol, pleurait tout son soûl, ses mains essayant d'empêcher le sang de s'échapper de la plaie. Hermione lui attrapa doucement les bras, l'incitant à libérer la plaie. Ce qu'elle vit n'était pas agréable à regarder. La peau du cou avait été arrachée, le trou était béant et sanguinolent. Lavande avait blanchi et Hermione se demanda si la blessure n'était pas potentiellement mortelle. Elle lança « Episkey » comme premier soin, tout en sachant que ce sortilège ne soignait que les plaies mineures… Ce qui n'était pas le cas ici. Mais elle espérait que le sort aurait un effet même minime sur la blessure.
Hermione essayait de garder son sang froid, mais la plaie était si horrible à regarder qu'elle fut prise de sueurs froides, et que sa tête se mit à tourner. La panique s'infiltrait peu à peu en elle. Si bien qu'elle en perdit ses moyens. Il existait un sort… un autre sort… Pour soigner les blessures graves. Ce n'était pas le moment de flancher, elle devait s'en rappeler. Lisant le désarroi et la peur dans les yeux de la brune, Lavande recommença à sangloter.
Hermione leva les yeux vers ses autres camarades, cherchant un soutien, de l'aide. Mais les autres semblaient tout aussi désemparés qu'elle.
Puis Draco apparut à ses yeux. Il s'abaissa à ses côtés, et son regard seul suffit à la rassurer. Il pointa sa baguette en direction de la gorge de Lavande et murmura : « Vulnera Sanentum. »
L'hémoglobine qui coulait le long du cou de la Gryffondor fit chemin arrière, remontant jusqu'à la plaie et retournant se nicher dans ses veines et vaisseaux. Puis la plaie se referma, non sans arracher un cri de douleur à Lavande.
-On ne devrait pas rester ici, d'autres mangemorts risquent de rappliquer, murmura Draco.
-Et Dennis ? répliqua Colin.
Parvati n'avait pas réussi à le réanimer. Il restait inerte sur le sol.
-On n'a pas le temps. On l'emmène avec nous, on essayera de trouver un endroit en sécurité et des membres de l'Ordre pour s'en occuper, décida Harry tout en vérifiant que le pouls du jeune homme se faisait toujours ressentir.
Seamus lança un sort au corps qui se souleva et vint flotter dans les airs. Les membres de l'AD se placèrent de manière à l'entourer et ainsi le protéger aussi bien qu'ils le pouvaient.
Ils passèrent par autant d'escaliers dérobés et de passages peu fréquentés qu'ils purent. Hermione lança de nombreux sorts d'illusion afin d'éviter qu'ils soient confrontés à de nouveaux combats. Ils devaient garder des forces et limiter les pertes pour la bataille finale. Et ils savaient très bien, que dans ces couloirs découverts, ils n'auraient aucune chance face à de nouvelles escouades de Mangemorts. Ils devaient arriver jusqu'au parc, ils devaient sortir de Poudlard et rejoindre les autres membres de l'Ordre.
Des bruits et de nombreux fracas, des cris et des sortilèges fusants se firent entendre alors qu'ils approchaient du hall et de la Grande Salle. Hermione se demanda alors si la Grande Salle était toujours aux mains des Initiés, ou si l'Ordre avait réussi à reprendre l'avantage.
-Il faut qu'on y aille, décréta Ginny, avide de vengeance.
-Et on fait quoi de Dennis ? De Lavande qui tient à peine debout ? On les livre aux Mangemorts ? Demanda Parvati, agacée par le comportement presque suicidaire de la rousse.
-Vous n'avez qu'à rester en arrière, moi j'y vais, grommela la jeune fille, visiblement prête à en découdre.
-Ecoutez ! Il faudrait que trois d'entre nous restent avec nos blessés, pour s'en occuper et les protéger. Les autres, nous descendons dans le hall et nous essayons de vous envoyer un membre de l'Ordre pour vous aider, déclara Harry.
-Moi, je reste avec Lavande et Dennis, dit Parvati en attrapant la main de son amie.
-Je vais rester aussi, annonça Colin.
-Moi aussi, ajouta Dean, on va essayer de trouver un coin tranquille, soyez prudent…
Ils se détachèrent du rang. Se jetant un dernier regard, ils s'éloignèrent chacun de leur côté.
Plus ils approchaient du hall et plus les cris et les bruits s'élevaient. Au détour du dernier couloir, les sorciers décidèrent de se lancer un sort d'illusion afin de rester discret et de prendre au dépourvu les éventuels mangemorts et initiés présents en haut de l'escalier.
Harry, plaqué contre le mur, jeta un rapide coup d'œil afin d'évaluer ce qui les attendait. Une dizaine d'Initiés se tenaient en haut des marches, certains jetant des sorts par-dessus le balcon tandis que d'autres se battaient avec des Serdaigles.
Ginny se précipita la première. Son premier sort attint un Initié dans le dos. Celui-ci s'écroula sur le sol, laissant les autres dans une surprise totale.
Les anciens membres de l'Armée de Dumbledore sortirent de leur cachette à leur tour, et lancèrent une pluie de sorts, décimant les rangs ennemis. Les Serdaigles s'occupèrent alors des Initiés attaquant les membres de l'Ordre employés à combattre dans le hall.
Profitant de ce point stratégique, enfin libéré, les Gryffondors et les Serdaigles se placèrent au balcon.
En contrebas, Mangemorts et membres de l'Ordre s'affrontaient avec férocité. La porte du hall était grande ouverte, jetant sur la pièce une lumière blanche des plus aveuglantes. Les Gryffondors et les Serdaigles jetèrent des sorts de protection sur les membres de l'Ordre, les aidant ainsi à repousser les silhouettes encapuchonnées hors de l'école. Hermione évita de peu un sort lancé par un des Mangemorts, furieux de voir que les Initiés avaient laissé place à des adversaires.
L'Ordre semblait reprendre l'avantage sur les Mangemorts, d'autant plus que de nouveaux membres venaient d'arriver avec quelques Poufsouffles de septième année.
Ginny, emportée par un nouvel élan de vengeance, s'engagea dans l'escalier, obligeant Ron et Harry à la suivre. Hermione n'eut même pas à regarder Draco pour savoir qu'il la suivrait. Ils descendirent les marches en courant, non sans repousser un ou deux sorts, et se mêlèrent rapidement à la bataille, repoussant les Mangemorts hors du hall à l'aide de quelques « expulso »
La rage de vaincre, de gagner se ressentait dans chacun des camps. L'une provenait d'une soif de pouvoir, tandis que l'autre recherchait la protection. Les coups pleuvaient, les répliques ne se faisaient pas attendre. La valse des sortilèges était si rapide, si violente, et si dangereuse, qu'Hermione en avait le souffle coupé. Coupé par l'adrénaline qu'elle ressentait, coupé par sa propre rage de protéger ses amis. Elle hurlait des sorts qui lui venaient instinctivement, sans prendre le temps de respirer. Mais la peur et le courage étaient tels qu'elle ne ressentait aucune difficulté à tenir encore debout. Il fallait vivre, il fallait combattre, rien d'autre n'importait.
Alors qu'elle atteignait à son tour enfin le perron de la grande porte du château, le vent lui fouetta le visage comme un nouveau souffle, comme un nouvel espoir brûlant comme le soleil qui illuminait le parc.
Les Mangemorts s'étaient éloignés, puis regroupés, formant une masse noire au milieu du parc. L'Ordre, lui, était resté près de l'entrée de Poudlard, défendant cette dernière instance du pouvoir de Voldemort. Poudlard debout, c'était la liberté conservée, l'espoir de mettre à terre le Seigneur des Ténèbres. Entre eux, l'herbe dansait avec le vent. Un silence religieux s'était abattu sur le lieu… Royal, magnifique… Les deux camps s'observaient dans le blanc des yeux, attendant de voir qui souillerait en premier cette herbe verdoyante.
Soudain un bruit strident s'éleva, obligeant chacun à se protéger les oreilles. Un cri provenant de la terre, de plus en plus fort, de plus en plus aigu.
-Le Saule, cria Ron, ça vient du Saule Cogneur !
L'arbre se tordait dans tous les sens, comme s'il subissait la pire des tortures. Un craquement sinistre se fit entendre. Hermione n'en crût pas ses yeux, l'arbre se fendit depuis sa base jusqu'au sommet en quelques secondes, non sans laisser échapper un terrible son avant de se taire…
Et puis il apparut, au milieu du tronc brisé, sa haute silhouette noire s'élevant lentement avec une prestance terrifiante. Il survola les racines plus qu'il ne les enjamba, et s'avança avec une lenteur effroyable. Un léger mouvement se fit sentir dans les rangs de l'Ordre. Hermione fut poussée en arrière. Un vent de panique s'empara des élèves de Serdaigles et de Poufsouffles qui s'étaient portés volontaires, ainsi que de quelques membres de l'AD. Aussi forte qu'elle pouvait l'être, Hermione ne put empêcher son corps de frémir quand Voldemort s'éleva au milieu des débris du Saule Cogneur. Mais la pression du torse de Draco dans son dos réussit à la rassurer et à lui redonner confiance.
Draco était soumis à une terrifiante contradiction. Certes, il ne pouvait plus reculer. Il était là, au milieu de l'Ordre du Phénix, ayant combattu et tué les siens, une tête d'un blond malfoyen jurant terriblement avec les autres. Un déserteur, un traitre à son sang, un ennemi… mais jamais il ne serait un lâche. Son cœur battait étrangement fort, alors qu'il savait que face à lui se trouvaient son père, sa tante, peut-être sa mère aussi… qu'ils ne comprendraient pas… qu'ils le renieraient à jamais… Et même s'il avait réfléchi à son choix, même s'il avait décidé de quitter Voldemort pour gagner sa liberté, jamais il n'avait pensé qu'il se retrouverait à combattre contre les siens… Il aurait dû fuir… mais rien ne s'était passé comme prévu… Il était bien trop impliqué maintenant… Et il y avait Hermione… Il ne pouvait pas la laisser seule ici. Il n'avait pas confiance en Harry Potter, ni en Ronald Weasley pour la protéger… Il n'avait confiance qu'en lui. Mais voir sa famille menaçante en face de lui, il ne l'avait jamais souhaité. Il ne voulait pas combattre… Il ne voulait pas se battre contre ses proches. Et la peur… la peur de voir le Seigneur des Ténèbres ainsi devant eux, devant lui. Le Seigneur des Ténèbres qu'il n'était pas censé revoir un jour. Il savait qu'il ne serait pas clément. Il n'était en aucun cas en sécurité… Voldemort n'hésiterait pas à l'abattre. Peut-être le ferait-il capturer afin de mieux le torturer, de le tuer avec plus de souffrance pour le punir, lui et sa famille. Il voulait fuir. Il voulait rester. Il était piégé.
Il ne voulait plus réfléchir… C'était trop dur… comment devrait-il réagir si Hermione se retrouvait confrontée à Bellatrix ? Ou pire, à son père ? Il ne savait pas, et il ne voulait pas le savoir.
La voix du Lord se fit entendre tout à coup, résonnant aux quatre coins du parc.
-Bonjour à tous, et merci de participer à cette magnifique journée, celle de l'ascension de mon pouvoir. C'est si agréable de vous voir combattre, et mourir alors que vous avez déjà perdu, déclara Voldemort à l'Ordre d'une voix doucereuse. Mais continuez, je me délecte de votre idiotie, de votre peur et de votre trop plein de confiance en vous… Mais si je suis venu, ici, ce n'est que pour une seule raison… J'ai entendu dire que le jeune Potter avait refait apparition à Poudlard. Harry, où-te caches-tu ?
Au milieu de l'Ordre, Harry se tenait accroupi, les mains plaquées sur sa cicatrice. En entendant son nom, il tenta de se relever, mais Remus appuya sur ses épaules, l'incitant à rester caché.
-Petit Potter, montre-toi…susurra Voldemort.
Ne voyant aucune réaction parmi l'Ordre, il pointa sa baguette vers le groupe.
Hermione devina aussitôt qu'il venait de lancer un sort informulé visant à savoir où se trouvait Harry. Réagissant aussitôt, elle contra le sort, prononçant « Protego Maxima Fianto Duri Repello Inimicum ». Elle ne fut pas la seule à résister. Remus, Molly et Flitwick qui avait été libéré lancèrent le même sort à l'unisson.
Puis la voix de Remus se fit entendre à son tour, provocante :
-On n'a peur que de ce qu'on ne voit pas…
On ne pourrait dire quel camp commença à attaquer l'autre en premier. Les baguettes se levèrent en même temps, les sorts se mirent à voler quelques secondes plus tard, suivis d'un mouvement de foule. Chaque clan se mit à courir vers l'autre. Certains furent touchés pendant leur course folle.
Hermione essayait tant bien que mal de rester près de Ron, Harry, Ginny et Draco, mais la bataille l'avait poussée loin d'eux. Elle tenta de les rejoindre en fendant la foule, chose qui s'avéra être particulièrement difficile. Elle devait chercher ses amis, tout en faisant attention à ses arrières, se protéger et contrer. Elle repéra Draco à quelques mètres d'elle, visiblement en train d'en découdre avec un Mangemort. Elle courut dans sa direction, lançant un sort au mage noir qui l'attaquait. Trop occupé à se battre avec le blond, celui-ci ne vit pas le « stupéfix » arriver et ne put l'éviter.
-Tu vas bien ? demanda Draco en voyant la jeune fille.
Hermione hocha de la tête, avant de demander :
-Où sont Harry et Ron ?
-Je n'en sais rien, et je dois t'avouer que je m'en contrefiche… Attention ! hurla-t-il obligeant la jeune fille à se baisser pour éviter un sort.
Se redressant, il chercha des yeux qui les avait attaqué. Une longue silhouette encapuchonnée avançait vers eux. Il laissa apparaître une faille, une grimace sur son masque d'indifférence. Il ne connaissait que trop bien cette démarche.
-Hermione, va-t-en, murmura-t-il.
-Pourquoi ?
-Je te dis de t'en aller…
-Draco, Draco, Draco… Tu me déçois mon petit neveu… qui-est-ce qui t'a manipulé ? Quelqu'un t'a fait boire une potion ?
-Personne ne m'a fait boire de potion, ma tante.
-Qu'est-ce que tu fais, alors, parmi les traitres à leur sang et les sangs de bourbe ? Vociféra Bellatrix Lestrange.
-Je…
-Comment as-tu pu rejoindre l'Ordre ? Rejoindre l'Ennemi ?
-Je n'ai pas rejoint l'Ordre.
-Mais tu as combattu aux côtés de Potter… de Potter… Tu as même tué Yaxley… Tu as tué l'un des nôtres Draco… Macnair nous a tout raconté…
-Vous avez retrouvé Macnair ?
-Vous l'aviez laissé au milieu d'un couloir, ce n'était pas difficile de le trouver. Tu es un traitre Draco… Tu me déçois tellement. Tu avais un avenir parfait aux côtés du Seigneur des Ténèbres. Il t'aimait tellement. Mais tu as tout gâché, tout. Et pourquoi ? Pourquoi Draco ?
-Parce que j'avais besoin d'être libre et non asservi à un maître mégalomane et égocentrique comme vous l'êtes tous, cracha Draco en serrant sa baguette dans sa main.
-Draco… Je… Je vais être obligée de te punir, tu le sais ? Susurra-t-elle en levant sa baguette.
Soudain un sort fusa, touchant Bellatrix à l'épaule. Du sang gicla. La Mangemort observa son épaule, un profond air choqué sur le visage.
-Qui… qui ?
Puis elle aperçut Hermione, légèrement en retrait derrière Draco.
-« Endoloris » hurla-t-elle.
Le sort se dirigea droit vers la jeune fille, fatalement. Elle ne pouvait pas l'éviter. Elle ferma les yeux, comme si ce simple fait pouvait atténuer la douleur qu'elle allait ressentir. Mais rien. Rien n'arriva. Sinon un long cri de souffrance qui n'était pas le sien. Elle ouvrit les yeux. Draco, à ses pieds, se tordait sur le sol, hurlant de douleur. L'horreur fut bien pire que si elle avait subi ce sort. Elle préférait encore souffrir que de voir ses proches souffrir. Elle faillit se jeter au sol, mais se disant que cela ne changerait rien, elle attaqua Bellatrix, qui regardait Draco d'un air beaucoup trop sérieux à son goût.
Mais Bellatrix esquiva son sort sans difficulté. Hermione bloqua l'éclair vert qu'elle projeta vers elle et répliqua avec un « stupéfix ». Un combat acharné s'engagea entre les deux sorcières. Mais les sortilèges de Bellatrix étaient bien trop puissants, bien trop rapides et bien trop noirs pour qu'Hermione puisse tenir encore longtemps. Elle se défendait aussi bien qu'elle le pouvait, mais ne parvenait pas à attaquer. Enfin, elle reprit l'avantage alors qu'un deuxième sorcier se mit à attaquer la Mangemort. Draco, libéré du « doloris » s'était relevé, et combattait aux côtés d'Hermione. Bellatrix ragea :
-C'est pour elle, c'est pour cette Sang-de-Bourbe que tu nous as trahis ! Oui, ajouta-t-elle devant l'air effaré d'Hermione. Blaise nous a tout raconté. Il nous a dit qu'il avait découvert que tu étais une fille, et en aucun cas l'homme pour lequel tu essayais de te faire passer. Il savait que tu espionnais les Initiés. Or, qui d'autre qu'un membre de l'Ordre pour s'occuper de cette tâche ? Il ne fut pas difficile de faire le lien. Macnair a compris dès qu'il t'a vu aux côtés de Potter et Weasley. La Sang-de-Bourbe absente pour la grande bataille ? Absente au lieu de défendre ses amis ? Non, ce n'était pas possible. Elle était bien là la petite Sang-Impur, mais sous une autre apparence. Les Gryffondors sont tellement prévisibles. Tu donnerais corps et âme pour défendre tes amis.
Tournant son regard vers Draco, elle ajouta :
-Ton père n'aurait jamais du te faire confiance.
-« Expelliarmus », hurla Hermione.
La Mangemort n'eut aucun mal à éviter ce premier sort, mais Draco profita de cette diversion pour envoyer un « stupéfix » bien placé, qu'elle ne put repousser à temps.
Hermione regarda Draco, s'assurant qu'il allait bien. Mais ils n'eurent pas le temps de souffler qu'un nouvel hurlement, plus fort que tous les autres, plus fort que le bruit qui régnait sur le champ de bataille, les interpela. Sans nul doute, ce cri avait été amplifié par un « sonorus ». Hermione connaissait très bien cette voix… ce cri… pour l'avoir entendu dans la Grande Salle de Poudlard le matin même. Elle se précipita vers la source de cette voix. Cette fois, elle irait aider Ginny. Il était hors de question qu'elle reste passive comme elle l'avait été quand les Initiés l'avaient torturée.
Mais cette fois-ci ce n'était pas de simples Initiés qui faisaient ainsi hurler la rouquine. Et Ginny n'était pas seule. Harry et Ron étaient déjà là… face à Voldemort qui tenait entre ses mains la jeune fille, la menaçant du bout de sa baguette. Les deux jeunes hommes ne semblaient pas savoir quoi faire. Ils hésitaient. Ils menaçaient Voldemort, tout en restant inactifs. Deux Mangemorts apparurent derrière eux, prêts à les frapper dans le dos.
-Attention ! hurla Hermione à leur intention, attirant sur elle l'attention du Seigneur des Ténèbres.
Harry et Ron se retournèrent à temps pour contrer les sorts des Mangemorts et engager le combat. Voldemort, lui, venait de jeter Ginny au sol, et de la ligoter sans prononcer un seul mot, tout en ne quittant pas Hermione des yeux. Puis il s'avança vers elle. Le cerveau d'Hermione l'incita à reculer, mais son corps refusa de bouger.
Soudain Bellatrix surgit de nulle part telle une furie.
- Puis-je m'en occuper Maître ?! demanda-t-elle d'une voix essoufflée.
-Mais je t'en prie Bellatrix, c'était Draco qui m'intéressait.
Hermione regarda derrière elle. Le Serpentard l'avait en effet suivie, et se retrouvait à la merci du Seigneur des Ténèbres.
-Ne la touche pas, ordonna le blond en direction de sa tante.
-La… ? murmura Voldemort.
Il s'arrêta et scruta Hermione d'un air perplexe.
-C'est la Sang-de-Bourbe, Maître, c'est la Sang-de-Bourbe ! Il est amoureux de la Sang-de-Bourbe, se moqua Bellatrix, hystérique.
-Draco… Tu me déçois beaucoup… dit Voldemort d'une voix doucereuse.
Draco hésita à reculer alors que Voldemort se rapprochait de lui. Il lança un coup d'œil vers Bellatrix qui venait de jeter un sort qu'Hermione para facilement.
-On ne tombe pas amoureux, et encore moins d'une Sang-de-Bourbe, susurra Voldemort.
-Je ne suis pas…
-Oh voyons, ne te moque pas de moi… Tu t'es suffisamment joué de moi, Draco… Je vais devoir te punir… Tu le sais, n'est-ce-pas ?
-Allez-y… Tuez-moi…
Le cœur de Draco battait la chamade. Il voulait rester fort et digne face au Seigneur des Ténèbres, il ne voulait pas fuir, ni être un lâche. En disant ces mots, sa voix avait à peine tremblé, alors qu'à l'intérieur, son corps entier frissonnait. Il était terrifié. Terrifié par ce qu'il allait subir, terrifié pour Hermione qui était en difficulté face à Bellatrix. Potter et Weasley ne pouvaient pas l'aider. Et puis il l'aperçut. Derrière eux. Derrière les combats. Seul, debout. Il avait abaissé sa capuche, il avait enlevé son masque. Ses longs cheveux d'un blond si pale volaient derrière lui, soulevés par le vent. Draco n'avait jamais vu autant d'émotions sur le visage de son père. Il avait l'air à la fois en colère, déçu, dégoûté, haineux, froid, compatissant et même attristé… Plus humain qu'il ne l'avait jamais été, il souffrait. Il souffrait de voir son fils ainsi déshonoré, mais aussi de voir que Draco allait mourir.
Voldemort leva sa baguette. Il la pointa dans sa direction. Draco n'avait pas l'intention de se battre. Il savait qu'il ne pouvait rien faire contre lui…
Au fond de lui, Draco avait envie de fermer les yeux. Il ne voulait pas voir l'éclair vert voler vers lui, il ne voulait pas avoir comme dernière image le visage monstrueux du Seigneur des Ténèbres. Mais il se devait de garder les yeux ouverts. Il se devait d'affronter la mort en face.
La baguette pivota.
Que se passait-il ? Pourquoi ? Que voulait-il faire ? Draco ne comprenait pas, il ne comprenait pas… Et puis soudain il comprit. Voldemort braqua sa baguette sur Hermione. Une grimace affreuse tordit son visage et un éclair blanc frappa Hermione de plein fouet. Un immense nuage de fumée engloutit la jeune fille, des étincelles s'envolèrent dans tous les sens, atteignant même Bellatrix au visage.
Et un cri. Son cri… Long et tortueux. Funeste… Funèbre… Puis plus rien. Rien.
Le nuage se volatilisa. Des cendres retombèrent au sol. Hermione avait disparu. Elle n'était plus là. Il n'y avait plus âme qui vive, plus un seul signe de son corps. Seules des cendres s'étalant sur l'herbe verte. Des cendres… Où-était-elle ? Que lui avait-il fait ? Quel était ce sort ? Où-était-elle ? Les cendres… ces cendres… ses cendres ?
Plus rien n'avait d'importance. Tout avait disparu : le bruit, la bataille, les cris, les larmes, le sang, elle. Elle n'était plus là…
Il n'y avait plus rien en dehors du cri de Draco. Un cri terrifié et terrifiant. Les yeux fixés sur l'endroit où elle se tenait quelques minutes auparavant. Rien. Plus rien, en dehors des silhouettes floues à ses côtés. Et puis son rire. Abominable et sadique.
Draco se releva, sa baguette à la main. Son cri se transforma en cri de rage et de désespoir. Il aurait du mourir. C'était à lui de mourir. Pas à Hermione… Elle aurait du rester en vie. Il était là pour la protéger. Pourquoi n'était-il pas mort ? Pourquoi ? Pourquoi elle ?
Il n'avait plus rien à perdre. Malgré sa vue brouillée par la rage et les larmes, il se jeta sur le Seigneur des Ténèbres. La vengeance transporte des hommes, leur donne la force d'affronter plus puissant qu'eux. Draco savait qu'il ne pourrait pas tuer Voldemort. Il lui lança le pire des sorts. Une fois, deux fois, trois fois, avec la ferme intention de le toucher. Sans y arriver. Le Seigneur des Ténèbres en revanche l'atteignit du premier coup. Draco vit un éclair passer devant ses yeux. Et puis rien… Plus rien.
*Long rire sadique*.
Oui, je suis contente de la fin de mon chapitre, ravie, enthousiaste. Je sais que derrière votre PC vous avez tous envie de me tuer. Mais rassurez-vous, il reste encore un chapitre. Histoire d'éclaircir un peu ce cliffhanger. Et puis le chapitre en général, parce que ça serait quand même triste de ne pas avoir la liste exacte des morts. Je vous laisse me haïr, m'insulter, me frapper, me balancer des « doloris » à la tronche, je vous invite même à faire cela dans les reviews.
D'ailleurs, petite parenthèse. Je sais que j'ai mis dix ans avant de publier ce chapitre, que je mérite d'être flagellée toussa, mais il s'agit de l'avant dernier chapitre. La fiction est presque terminée, alors je m'adresse à vous, mes chers lecteurs fantômes, vous qui n'avez jamais laissé votre avis sur l'histoire ou encore vous autres, chers lecteurs-fantômes-qui-ont-ajouté-ma-fiction-dans-leurs-alertes-voire-dans-leurs-favoris-sans-m'avoir-jamais-laissé-votre-avis, c'est votre avant dernière chance pour vous exprimer. Alors, si vous avez envie de laisser quelques mots suite à la lecture de ce chapitre, ou un bilan de la fiction je vous y invite. Pour ceux qui veulent attendre la fin complète de la fiction pour la commenter, je peux comprendre, cette parenthèse sera juste un rappel pour la prochaine fois :) Pour les autres, la fenêtre REVIEW se trouve juste en dessous ! HERE WE GO !
EDIT : Bonjour. Je me suis un peu calmée. Je sais que la plupart des gens ne liront pas cet édit... Je vous rappelle chers lecteurs-fantômes, que je suis un être humain, une personne qui a une vie, des problèmes, des doutes, du travail, des joies, des peines... toussa. Mais vous avez réussi à m'énerver avec votre passivité. Le but de feufeu, de vous publier vos fictions, c'est de partager nos histoires avec vous. Mais le partage ça ne va pas que dans un sens. Ce n'est pas de moi à vous. C'est aussi de vous à moi. J'écris une histoire, je vous la donne à lire GRATUITEMENT. Je vous donne de mon temps, et mon seul salaire, c'est vos avis. Je travaille en quelques sortes un peu pour vous. Alors la moindre des choses, c'est de ne pas ignorer l'auteure, de ne pas m'ignorer et de faire l'effort de laisser votre avis. ça prend trente secondes. Vous avez perdu bien plus de temps à lire l'histoire qu'à écrire une review. Il suffit juste de laisser votre ressenti, ce qui vous a plû, ce qui vous a déplû. Une fiction ça ne se consomme pas, ça se vit. Alors sortez de votre passivité, et donnez votre avis. Cet édit s'applique à tous les auteurs. Tous les auteurs après avoir posté leur chapitre, n'attendent qu'une chose... Vos avis. Vous imaginez la frustration de voir des centaines de lecteurs et aucun avis ? C'est hyper décourageant... Et c'est pour ça que de nombreux auteurs abandonnent leurs fictions... Moi personnellement depuis vendredi (jour où j'ai posté la fiction et où j'ai vu 200 lecteurs = 2 reviews), je n'ai plus l'envie d'écrire de fictions... Ni d'OS. Parce que le non-retour, ça vous dégoute les auteurs... Alors faites un petit effort, et reviewez. (Ce message s'adresse évidemment aux lecteurs fantômes et en aucun cas à ceux qui me review fréquemment, et que j'aime d'un amour pur et sincère)
Evidemment, j'attends votre avis sur ma fiction, le chapitre, la fin... toussa... et en aucun cas sur cet édit, qui n'apporte strictement rien à l'histoire. Si vous avez quelques choses à me dire,, envoyez moi un MP. Merci.
