Disclaimer :O JK Rowling, tout t'appartient, exceptés quelques ingrédients à ma sauce.
Résumé du chapitre précédent:Suite à leur soirée, Drago a fait vivre à Harry un enfer, l'obligeant à dire publiquement qu'il ne sortait plus avec Kate. Et pour poursuivre son action, le Serpentard n'a pas hésité à tripoter Harry en plein cours sous les yeux de la jeune fille.
Petits bavardages : Pas grand chose à dire , je vais être muette pour une fois ^^
- Tu ne vas pas bien.
Harry leva les yeux de sous la Gazette. Oui, sous la Gazette puisqu'il lui avait semblé une bonne idée de se la mettre sur la tête alors qu'ils prenaient leur petit-déjeuner.
- Merci Neville pour cette information éclairante, marmonna Hermione qui était assisse à côté de lui.
- D'un côté, il ne fait que dire une évidence, répliqua Ron qui coupait son bacon. Depuis notre dernier cours avec Malefoy il fait cette tête.
- D'où le fait que je le signale car ça ne semble affoler personne, ajouta Neville en fixant Harry, ce dernier remuant mollement le bout de sa fourchette dans le jaune de son œuf.
- Une réaction du concernée serait un bon point, poursuivit Hermione.
Et il haussa les épaules. Il ne pouvait pas vraiment répondre, il n'y avait pas de question. Quant à dire pourquoi il agissait ainsi, c'était bien difficile que de résumer en une phrase tout ce qu'il lui passait par la tête.
- Considérez que je n'ai rien de particulier à raconter, marmonna-t-il.
- Et nous feindrons d'être de parfaits idiots acceptant cette ligne de conduite, ajouta Ron en croquant dans un toast. Du moins, c'est ce que j'ai choisi de faire.
Recevant un coup de coude entre les côtes de la part d'Hermione, Ron ne répondit que par un vague haussement d'épaules, apparemment plus concentré à finir son bacon et son toast plutôt qu'à reconsidérer ce qu'il venait de dire. Harry ne lui en voulait pas du tout. S'il ne souhaitait en parler à personne, ce n'était pas pour que ses amis insistent. Autant dire que le comportement de Ron lui plaisait bien plus.
- Moi je dis que c'est très simple, déclara Seamus un peu plus loin en amenant ainsi toute l'attention sur lui, celle d'Harry y compris. Il a juste le cafard après sa rupture, ce qui est en soit, parfaitement normal.
Harry n'avait jamais assisté un à un match de tennis mais eu la désagréable impression que ce détail allait changer en voyant immédiatement les têtes se tourner vers lui comme pour attendre sa réponse.
- Je vais bien, rétorqua-t-il en posant sa fourchette.
- Tu as tout de même rompu, répliqua Seamus.
- Et alors ?
- Et alors tu es d'une humeur massacrante ces derniers jours ou bien aussi mou qu'un Veracrasse, répondit-il. Il est normal d'en venir à cette conclusion. D'ailleurs, il faudrait que tu reprennes un peu du poil de la bête car le match de Quidditch est bientôt.
- Ce que j'aime, dans cette maison, c'est l'inquiétude mise pour un match, remarqua sérieusement Harry.
- Ce que voulait dire Seamus, c'est juste que tu dois te reprendre, reformula Hermione.
Levant vaguement la main, Harry retira la Gazette de sa tête et se redressa pour leur faire face. Il n'en pouvait plus de rester muet. Il aurait été certes facile de leur répondre, dire que Kate était une mythomane ayant voulu dès le début sortir avec lui, que Malefoy l'avait prévenu pour ensuite se mettre à le bécoter quand cela lui chantait sans compter qu'il commençait même à douter de ses goûts. Mais il ne pouvait tout simplement pas le faire. Déjà parce qu'il n'assumait rien de cela.
- Je vais mieux, assura-t-il. Et j'irai encore bien mieux la semaine prochaine ajouta-t-il à l'attention de Seamus.
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Assis, l'attention tournée vers son parchemin, Drago n'ignorait pas le regard persistant que son voisin de table lui prodiguait. Relevant les yeux au tableau, il prit note des derniers calculs qu'il allait devoir modifier avant de sentir son fameux voisin lui frapper le tibia.
- Blaise, dans mes souvenirs, nous étions en froid, dit calmement Drago qui sortait sa baguette pour effacer ses précédents chiffres.
- Et dans mes souvenirs je t'avais demandé de laisser Potter tranquille hier, marmonna ce dernier.
- Et moi je ne t'avais rien promis.
Que Blaise vienne lui faire la leçon alors qu'ils étaient dans leur maison, à la bibliothèque ou dans le Grande Salle, Drago s'en fichait bien. Mais qu'il commence à faire de même en cours, cela avait le don de l'agacer. Il n'avait rien dit en le voyant s'installer à côté de lui en Arithmancie, il en était ainsi depuis leur troisième année, mais entre s'asseoir et lui adresser la parole, le gouffre était immense.
- Nounou Blaise, au rapport, maugréa-t-il.
- Et la nounou te dit qu'elle a vu ton petit manège en Potions, rétorqua-t-il. En plus de Colden. Depuis quand tu t'amuses à tripoter Potter ?
Légère grimace. Oui, dans son empressement à faire de la vie de cette fille un enfer, il en avait oublié de vérifier les alentours avant de passer à l'action.
- Je m'occupe, répondit-il.
- Au point de virer ta cuti ?
Se taisant alors que le professeur passait devant eux, Drago se tourna vers Blaise tout en lui faisant signe de parlant un ton moins fort.
- J'ai raison ? insista-t-il.
- Bien sûr que non, répondit aussitôt Drago.
- Alors, qu'est-ce que tu fais exactement ?
Le blond leva les yeux au ciel.
- Je te l'ai dit, je m'amuse, surtout pour faire de la vie de Colden un enfer.
- Je te connais puisque j'ai participé à plusieurs de tes plans depuis que nous sommes à Poudlard, répliqua Blaise dont le visage était extrêmement sérieux. Ridiculiser les autres, ça ne t'a jamais effrayé, mais tu n'es jamais allé jusque là.
- Et alors ? rétorqua Drago.
- Colden, tu lui en veux et tu la détestes, j'ai bien compris. Mais pourquoi Potter ?
Drago ne répondit même pas, retournant à son parchemin afin de terminer son exercice. Les questions de Blaise étaient bien ridicules. S'il avait choisi Potter, c'était bien entendu car Colden tenait à lui bien plus qu'à la prunelle de ses yeux. Il était évident qu'il l'utilise pour parvenir à ses fins. Ce qui était plus étrange, c'était que Blaise ne voit pas le rapprochement.
Quant à Potter, il ne lui manquait plus qu'une toute petite part dans son plan, un petit bout qui le rendrait le plus heureux des hommes dès que cela serait fait. Mais, avant ça, il devait l'attirer encore un peu plus dans ses filets pour faire de lui un être bien sage face à ce qu'il lui demanderait.
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- Ne restez pas plantés en plein milieu du terrain ! hurla Harry qui était au-dessus d'eux, un sifflet au bord des lèvres.
- Nous sommes gelés ! rétorqua Ginny.
- Oui, mais il ne neige plus, autant se préparer à la température, répondit-il.
Lui lançant directement le souaffle au visage, Harry se baissa juste à temps avant de la sentir passer à quelques centimètres de son crâne.
- Ron, circule autour des buts, lança-t-il en le voyant immobile à souffler dans le creux de ses mains.
- Et toi, tu n'as pas un Vif d'Or à chercher ? hurla celui-ci.
Oui, il y avait une très bonne ambiance à cet entraînement. Peut être parce qu'Harry avait eu la bonne idée de le faire le soir alors qu'il faisait quasiment nuit en leur assurant qu'il recommencerait le lendemain vu que les Serdaigles avaient réservés le terrain toute la journée. Le Quidditch, c'était la seule activité qui parvenait à le distraire, ou au moins à lui faire penser à autre chose qu'à ses problèmes annexes.
- Moi, j'arrête, décréta Ritchie en laissant passer le cognard à côté de lui.
Suivi de Demelza et des trois poursuiveurs, il se dirigea droit vers la pelouse alors qu'Harry se hâta de piquer pour arriver avant eux.
- On doit s'entraîner, lâcha-t-il.
- Mon balai est gelé, rétorqua Ritchie. Et moi aussi. Tu as déjà essayé de tenir une batte sans sentir tes doigts ?
- Mais que ferons-nous si samedi prochain nous avons le même temps ? répliqua Harry qui marchait à reculons pour rester devant eux alors qu'ils se dirigeaient vers vestiaires tandis que Ron descendait de ses buts.
- Et bien au moins, il fera jour, répondit Ginny dont les joues rougies par le froid faisait une nette concurrence à ses cheveux. S'entraîner, on veut bien, mais admets que tu as le chic pour choisir les pires moments.
Bon, d'accord, ils n'avaient pas de chances mais ils ne pouvaient pas simplement partir comme ça !
- Ron, tu ne peux pas m'aid… commença-t-il alors que ce dernier touchait terre.
- Non, je suis gelé et j'ai faim, répondit-il simplement. Je ne sais pas comment tu fais pour tenir mais là, ce n'est pas possible.
Cessant de marcher, il les regarda passer devant lui sans savoir quoi dire pour les retenir. Ils devaient s'entraîner, c'était un fait, mais ce n'était tout de même pas sa faute s'ils subissaient le pire hiver depuis des décennies. Continuant de fixer la porte des vestiaires alors qu'elle s'était déjà refermée sur les autres, Harry resta les bras le long de son corps, tenant son balai d'une main, sans bouger d'un pouce sur le terrain. Il devait avoir l'air bien ridicule avec le sifflet pendant autour de son cou, les joues rougies, les cheveux en désordre et un air abattu sur le visage.
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Remontant le couloir, Harry fit un détour, tournant autour d'un poteau avant de reprendre son chemin initial. Il ne tenait pas à revenir immédiatement au dortoir et déambulait plus dans le château qu'il n'y avançait. Son balai sur l'épaule, il s'était enroulé dans son écharpe et avançait sans vraiment savoir où, tant qu'il était occupé à marcher, cela lui suffisait. Mais il savait que c'était risqué. Il était plus de vingt heures et, même s'ils étaient à la veille d'un week-end, Harry savait que Rusard ne ferait pas grande différence si jamais il l'attrapait. Ah oui et, si c'était un professeur qu'il croissait, il aurait le droit à un discours de remontrances sur le fait qu'il n'avait pas à traîner seul dans les couloirs en sachant qu'il était Harry Potter. Considérant qu'il avait un balai pour assommer ses ennemis, il se pensait comme étant parfaitement armé pour se défendre. Et il avait une baguette, détail pouvant compter.
- Je ne savais pas que je te manquais autant.
Et aussi, il risquait de croiser Malefoy s'il était incapable de se souvenir des couloirs qu'il devait éviter.
Tournant la tête vers la porte qui était ouverte, il considéra sans un mot Malefoy qui était accoudé à son cadre tenant trois vieux manuels sous son bras. Harry ne savait pas s'il devait se traiter d'idiot, d'abruti ou bien tout simplement accepter le fait qu'il était trop tête en l'air en ce moment pour pouvoir réfléchir.
- Tu les finis quand tes retenues ? demanda-t-il plus ou moins concerné.
- Dans un mois, répondit Malefoy en lui gratifiant un sourire.
- Je te préviens, j'ai ma baguette.
- Moi aussi.
Pourquoi lui adressait-il seulement la parole ? Il suffirait d'avancer et de ne pas se soucier du Serpentard, le laissant derrière sans lui accorder la moindre attention.
- Je n'ai pas de gâteaux mais je peux te proposer un bon feu et des sièges, déclara Malefoy en désignant un point par-dessus son épaule.
Intrigué, Harry se pencha légèrement, apercevant une immense cheminée. Il ne se souvenait pas du tout l'avoir vu.
- Comment…
- Je l'ai trouvé il y a une heure, expliqua le Serpentard. Bon, bien entendu j'ai sacrifié deux ou trois tabourets pour alimenter le feu mais il faut admettre qu'il fait désormais bien meilleur ici.
- Tu as mis au feu du matériel de l'école ? rétorqua Harry en le dévisageant.
- Et quoi ? répondit Malefoy en haussant les sourcils. Je ne vais pas non plus mourir de froid selon le bon vouloir de Rusard. J'allais justement y rajouter une vieille table.
Se détournant, il retourna dans la salle, laissant un Harry pour le moins abasourdi dans le couloir. Etonnamment, bien qu'il n'ait jamais fait preuve d'un grand respect des meubles de Poudlard, il trouvait un peu mal placé la facilité dont Malefoy avait à s'en servir comme chauffage.
- Arrête, lança-t-il soudain en se hâtant d'entrer dans la pièce, posant son balai à l'entrée avant d'arracher sa baguette à Malefoy.
- Je vais faire un petit marché avec toi, répondit le blond en se redressant pour lui faire face. C'est la table ou bien ton balai.
Faisant aller et venir son regard entre les deux objets, Harry considéra sans dire un mot la situation avant d'inconsciemment redonner sa baguette à Malefoy qui ne prit même pas la peine de le remercier avant de démonter la table. Etrangement, il se mit à penser à la manière dont Rusard pourrait percevoir la situation en rentrant à ce moment dans la chambre : Malefoy accroupi en train de jeter dans la cheminée les morceaux de bois qu'il découpait et lui en train de le regarder sans rien dire. Dans tous les cas, ils finissaient noyés dans le lac.
- Rassure-moi et dis-moi que Rusard n'a pas prévu de passer, dit-il à mi-voix alors que le Serpentard regardait avec satisfaction son petit tas dans l'âtre de la cheminée.
- Qu'est-ce que j'en sais ? répondit Malefoy en se levant. Sans vouloir te vexer, je n'ai jamais eu pour objectif dans la vie que de comprendre la logique d'un concierge.
Oui, absolument rien de rassurant pour être tout à fait sincère, d'autant plus que le ton négligeant de Malefoy ne laissait rien présager de bon. Le suivant du regard, Harry le fixa un moment alors que le Serpentard était retourné à la pile de meubles, dégageant un immense tapis.
- On peut arrêter de parler de tout et de rien, dit-il au bout d'un moment. Je crois qu'il faut qu'on discute sérieusement.
- Moi, je suis en retenue, pas dans un salon de thé, répondit le blond qui avait cessé d'utiliser ses muscles, préférant la dextérité de sa baguette.
- Oui, tu brûles les meubles et utilises la magie, fit remarquer Harry. Au vu d'où tu en es du respect des règles, je pense que l'on peut sans problème se donner la peine d'entamer une discussion.
Regard blasé de Malefoy et retour de son attention sur son tapis, laissant un Harry pour le moins irrité de son comportement. Lui, tout ce qu'il voulait, c'était comprendre ce qu'il se passait ces derniers jours, les raisons pour lesquelles le Serpentard refusait de le lâcher et faisait de sa vie un véritable enfer. Il était encore plus étonnant de le voir lui tourner le dos alors qu'il lui offrait l'occasion de continuer son massacre.
- Tu ne…
- Il ne t'est jamais venu à l'esprit de te demander pourquoi tu venais me parler à moi et non pas à tes formidables amis ? coupa soudainement Malefoy qui faisait léviter le tapis à travers la salle pour le poser dans un coin.
- C'est toi mon problème, pas eux, répondit sèchement Harry.
- Et encore, il faut déterminer quel problème je soulève, répliqua-t-il humblement en lui accordant un faible sourire. Ce qui n'empêche pas cette réalité : tu viens me parler.
Et que devait-il comprendre ? Que le langage des signes était préférable pour communiquer avec lui ? Harry n'en pouvait plus de ses phrases sans sens qu'il lui servait juste pour l'embrouiller.
- Moi je pensais que les Malefoy avaient un minimum d'honneur et qu'il faisait face à la situation au lieu de s'enfuir comme des lâches.
Pour le coup, il fut certain d'avoir ramené toute l'attention du blond sur lui, ce dernier cessant tout simplement son sortilège avant de se tourner ver lui, le tapis tombant lourdement au sol.
- Je ne suis pas lâche, articula-t-il en lui faisant face.
- Dans ce cas, arrête ta retenue et réponds-moi, rétorqua Harry qui fronçait les sourcils. Je ne comprends pas du tout ce que tu me veux encore moins pourquoi tu agis de la sorte avec moi. Qu'est-ce que tu veux à la fin ?
- Lorsqu'on souhaite des réponses, Potter, le minimum vital est d'être poli, répondit Malefoy. Chose, apparemment, qui semble bien trop insignifiante pour l'Elu.
- Tu n'as pas été poli aux dernières nouvelles lorsque tu m'as fait ça, lâcha Harry en pointant un court instant la marque qui commençait à s'estomper à son cou, cachée par son écharpe. Tes plaisanteries puériles, j'en ai l'habitude depuis sept ans, mais pas au point de me rendre compte que tu t'étais transformé en vampire.
Il ne pouvait pas dire si Malefoy était en colère ou non, tout ce qu'il pouvait constater, c'était que son visage était glaciale, n'ayant pas du tout apprécié le premier compliment qu'il lui avait servi. Tout ce qu'Harry voulait savoir, c'était ce qu'il représentait aux yeux du Serpentard pour qu'il s'amuse de cette manière avec lui. Tout le monde avait ses limites, Harry les avait atteintes.
- Tu hais Kate, ça je l'ai plus ou moins saisi bien que je ne comprenne pas vraiment pourquoi, poursuivit-il. Tu as mis ton nez dans mes affaires, as voulu que je brise mon couple, maintenant que c'est fait, tu passes ta vie à me suivre et me tripoter. Que dois-je comprendre ? J'hésite entre des tendances masochistes ou une grande stupidité, tu me réponds quoi ?
Rien. Enfin, ce fut la première chose qui franchit les lèvres du Serpentard, c'était à dire un immense silence qu'Harry accueillit sans vraiment y prêter la moindre attention. Il était plus enrichissant de voir le visage perplexe de Malefoy qui semblait chercher une réponse. D'un côté, cela lui indiquait une chose inquiétante, le blond ne paraissait pas avoir pensé à cette partie du problème. Ce qui menait Harry à la conclusion qu'il avait un ou plusieurs objectifs derrière cela.
Pour Drago, la formulation que Potter avait utilisée le laissait pour le moins dans le doute. A l'entendre, c'était comme s'il avait fait une énorme crise de jalousie avant de profiter du résultat de ses plans. C'était en effet une part de son comportement dont il ne s'était pas inquiété et dont l'interprétation avait le don de le faire réfléchir. Mais il restait un Malefoy, il ne pouvait pas se laisser déborder par les évènements et se redressa bien vite pour prendre le dessus.
- Tu te plains mais c'est toi qui agis très calmement et décidant qu'il serait tant de me bécoter moi, lança-t-il d'une voix claire. Je sais que l'on a tendance à généraliser mais tu es celui qui en fait le plus la dernière fois. Pourquoi ?
Ce fut le plus difficilement du monde qu'il se retint de sourire en voyant le visage grave de Potter se décomposer. Oui, il ne semblait pas aimer qu'il lui remémore ce passage de sa vie, passage qui restait tout de même le plus important car c'était à ce moment là que Drago avait été certain que Potter se fichait de Colden.
- Tu me l'as fait, je te l'ai fait, répondit-il finalement. Juste une vengeance pour que tu comprennes ce que ça fait.
- Bien entendu, accorda Drago en haussant faussement la tête. Quand tu te venges, tu prends l'habitude de t'excuser après, parfaitement normal.
Il savait qu'il visait juste. Plus il enfonçait le clou, plus le regard de Potter déviait et ses poings se serraient. Drago ne s'intéressait pas du tout à ce qui avait bien pu lui arriver à ce moment-là pour avoir un tel comportement vis-à-vis de lui, mais, si au moins cela lui permettait de lui faire perdre confiance, il n'allait pas se gêner.
- Mettons de côté les retenues, déclara Potter en relevant les yeux. Ce que tu m'as fait en cours de Potions et Défense contre les Force du Mal mérite un minimum d'explications.
Il était coriace le Gryffondor, un trait de caractère qu'il n'appréciait pas du tout. Il était facile de faire céder un bon nombre de personnes mais Potter se révélait un véritable adversaire lorsqu'il était question de s'imposer.
- Qu'as-tu contre Kate ?
Les faibles sentiments de satisfaction que Drago avait alors jusque là s'évanouir soudain. Il détestait ce prénom, encore plus lorsqu'il franchissait les lèvres de Potter. Cela le dégoûtait et lui soulevait l'estomac.
- Ne parle pas de cette fille, ordonna-t-il.
- J'en parle si je le veux, répondit Potter. Tout ce que tu faisais avec moi en cours, tu finissais toujours à la regarder. Je ne comprends pas pourquoi Kate t'obsède autant mais je veux…
- Soyons clair, prononce encore le nom de cette garce et tu peux être certain que ta tête d'enfant sage se retrouvera contre le mur, lâcha Drago d'une voix glaciale.
Potter le dévisagea un court instant.
- Tu es un grand malade, dit-il.
A un autre moment, il l'aurait pris comme un compliment, certainement pas maintenant alors que Potter s'obstinait à parler de Colden en bien. Il voulait la protéger ? Qu'est-ce qui n'allait pas chez ce type ? Il avait fait le pari de la supprimer à jamais de ses pensées, ce n'était pas pour qu'il en vienne à parler d'elle devant lui !
- Tu me menaces alors que c'est toi qui n'arrête pas de revenir à elle, lâcha Potter. Je suis quoi exactement, ton faire valoir pour Kate ?
Ce fut la phrase de trop, Drago pointant sa baguette droit sur le brun en l'envoyant brutalement s'écraser contre le mur. Passant par-dessus les divers objets étalés au sol, il le rejoignit avant de l'attraper par le col pour l'obliger à se remettre debout. Le sous-entendu qu'il venait de lui faire l'écœurait plus que tout. Non seulement il continuait malgré ses menaces à lui parler de Colden mais en plus il insinuait qu'il était intéressé par elle, et ça, Drago ne pouvait pas le supporter.
Mais il s'arrêta soudain, sentant une baguette pointée sous son menton.
- Je me fais rarement avoir deux fois, dit Potter en lui faisant signe de le lâcher.
Drago haussa les épaules.
- Et bien va-y, ne te gêne surtout pas, répondit-il.
Le Gryffondor laissa son front se plisser, apparemment ne s'étant pas attendu à ce genre de résistance. Drago ne supportait pas que ce genre de pensées puisse seulement exister, encore plus en sachant qu'elles venaient de Potter. Il ne pouvait pas sagement lui obéir à tel point ça le révulsait. Restant sans bouger, la baguette sous la gorge, il ne cilla pas lorsque Potter affermit la pression. Le désarmer, il aurait pu, mais cela aurait été bien trop simple vu que Potter se préoccupait bien plus de le regarder lui que la main tenant sa propre baguette. Il ne risquait pas de céder face à des mots aussi vides de sens.
Harry, lui, hésitait. Lancer un sortilège n'était pas difficile, il aurait au moins le mérite de faire comprendre à Malefoy qu'il n'avait aucun droit à le traiter de cette manière. Mais le Serpentard paraissait déterminé, prêt recevoir n'importe quel sort mais refusant de lâcher prise. Il ignorait bien pourquoi il était entré dans une telle colère, cela lui importait peu, tout ce qu'il voyait c'était que Malefoy ne supportait pas qu'il mentionne Kate devant lui.
Il avait fait preuve d'une logique simple et tout à fait plausible. Le Serpentard ne faisait jamais rien sans raison et si son but était d'énerver la jeune fille, il n'y avait que cette solution là qui s'offrait à lui. Solution apparemment fausse vu la violence qu'il y mettait pour l'en dissuader. Alors le cerveau d'Harry rendait les armes. Puisque rien ne venait justifier le comportement du Serpentard, il était encore plus perdu que précédemment, d'autant plus que ce dernier ne semblait pas vouloir bouger.
D'autant plus problématique qu'Harry n'aimait pas du tout la proximité qu'ils avaient. A croire que cette salle réunissait tous les ingrédients nécessaires pour que les mêmes situations se reproduisent à chaque fois. A force, ça devenait lassant. Baissant sa baguette en signe de bonne volonté, il fit signe à Malefoy de reculer mais ce dernier ne bougea pas d'un centimètre, continuant de garder son regard glacial planté dans le sien. Non, aucune bonne nouvelle si ce dernier refusait d'y mettre un minimum du sien.
- Malefoy, je pense qu'il vaudrait mieux que l'on se parle de…
- La ferme.
Harry leva les yeux au ciel. La communication n'allait certainement pas se faire de cette manière.
- En toute franchise, je commence à en avoir un peu marre de me retrouver toujours contre…
- Ecoute-moi bien, déclara Malefoy d'une voix parfaitement claire. Je vais t'embrasser alors tu ne vas pas bouger, tu ne vas pas non plus hurler ou bien émettre le moindre son pouvant faire penser à quelqu'un que tu es en danger. Tu vas rester bien sage et…
- Je refuse.
Autant dire que lui aussi avait bien articulé, coupant Malefoy au beau milieu de son monologue. Vu qu'il lui annonçait la suite de ses actions, Harry n'allait certainement pas rester sagement à le voir faire et, surtout à le subir. Il voulait bien être bonne poire quand ça lui chantait mais pas maintenant. Il pensait réellement qu'il le laisserait faire d'autant plus que lui était bien plus que gêné ?
C'était de cette manière que Malefoy fonctionnait ? Il était en colère alors il l'embrassait ? Harry ne disait pas ce qu'il voulait alors il lui fermait le bec de cette manière ? Il ne pouvait certainement pas jouer les poupées de chiffons et laisser Malefoy faire ce qu'il voulait de lui. Il n'était pas un objet qu'il pouvait manipuler à sa guise et selon son bon vouloir, lui dire poliment n'allait certainement pas le rendre plus coopératif.
- Pourquoi fais-tu ça ? demanda-t-il.
- Concrètement, je ne fais encore rien, rétorqua Malefoy en fronçant les sourcils.
- Tu veux m'embrasser, pourquoi ? répliqua Harry. Excuse-moi de demander un peu de réponses, c'est tout de même le minimum auquel j'ai droit. Nous avons passés des années à nous haïr et toi, gentiment, tu me dis ça. J'ai tout de même le droit de comprendre.
- J'ai envie.
Pardon ? Le pire, c'était qu'il était parfaitement sérieux malgré son visage froid et son regard glacial qui ne l'avait pas lâché un instant depuis qu'il le plaquait contre le mur. Harry avait connu de meilleures situations. Le tout restait à savoir s'il en avait vraiment envie ou bien si cette solution s'imposait comme une évidence dans son cerveau pour reprendre le dessus de la conversation. Il… … Harry cessa un instant de faire des hypothèses… en quoi cela viendrait-il changer quoique ce soit que le Serpentard en ait réellement envie ?
Ce furent quelques secondes de silence dans la salle qui se mirent accord avec celui dans l'esprit d'Harry. Il n'y avait pas à dire, il n'allait pas bien du tout pour se mettre à penser de cette manière. Si c'était la proximité avec Malefoy qui le gênait, aller jusque là l'effrayait tout de même un peu. La façon dont le Serpentard le percevait, il ne s'y était jamais vraiment attardé, rien de rassurant de s'y pencher alors qu'il lui proposait de l'embrasser.
- Ce n'est pas une réponse, marmonna-t-il.
- Pour moi oui, répondit Malefoy.
- Je reformule : tu as envie de m'embrasser, rétorqua Harry. Il n'y a que moi ou bien ça te fait également étrange à l'oreille ?
Apparemment, dit de cette manière, les remarques d'Harry avaient le don de mieux percuter le Serpentard car le visage de ce dernier se détendit quelque peu. Oui, il y avait de quoi être sceptique en le disant clairement et non pas dans deux phrases séparées chacune prononcée par une personne différente. Dit ainsi, il était facile de réaliser que quelque chose clochait parfaitement, une chose qui n'allait pas mais qui ne faisait toujours pas bouger le Serpentard, ce dernier trop préoccupé à réfléchir plutôt que faire le moindre mouvement.
Et Harry se sentait quant à lui de plus en plus mal. Peut être était-ce le fait de savoir qu'ils étaient quasiment collés l'un à l'autre, ou bien qu'il sentait à peine la respiration du blond arriver sur son visage… ou tout simplement d'y penser. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il fuyait de plus en plus le regard du Serpentard, respirant le plus calmement qu'il pouvait. Il s'agissait de l'une des seules questions de la semaine dont il était le seul à pouvoir y répondre, le seul problème qu'il était le seul à connaître. Il n'y comprenait toujours rien, ne savait pas s'il devait chercher à le faire, mais prenait conscience qu'il ne pouvait pas du tout l'ignorer.
En face de lui, Malefoy ne disait toujours rien, trop préoccupé à réfléchir, et c'était encore pire. Si au moins il ouvrait la bouche pour faire des sarcasmes ou bien des moqueries, Harry aurait toutes les excuses du monde pour monopoliser son attention dessus et non pas à débattre sur ce qu'il aimait ou non dans le fait d'être ainsi coincer contre un mur avec la possibilité de s'échapper à tout moment puisqu'il tenait toujours sa baguette. Il allait devenir cinglé à ce rythme là.
Bougeant le bras, il s'arrêta brusquement en sentant la résistance de celui de Malefoy qui ne paraissait pas vouloir le laisser partir tant qu'il n'aurait pas enfin trouver quoi dire. Oui, cela ne l'aidait pas non plus et il ne tenait pas à lui lancer un sort. Concrètement, il n'avait rien pour le justifier et ne ferait qu'au contraire enfoncer le problème. Mais il restait qu'il supportait de moins en moins, le Serpentard semblant trouver efficace que se rapprocher l'aiderait mieux à réfléchir. Ce n'était rien, à peine quelques centimètres, juste assez pour qu'Harry ait l'impression que l'air ambiant devenait soudain étouffant. Juste assez pour qu'il se dise qu'il en restait que trop peu et qu'il lui suffirait à peine de bouger la tête pour sentir la peau du Serpentard contre la sienne.
Pensée idiote qui le hantait et ne l'aidait en rien à ce qu'il se sente mieux. Il avait chaud, vraiment trop chaud. Entre le feu, son écharpe, sa cape, son pull, Malefoy à proximité et ses pensées de moins en moins claires, il respirait difficilement. Vraiment, rien n'allait.
- Ce que je voulais dire, commença finalement le blond. C'est que tu ne peux pas…
Pas vraiment l'occasion de terminer sa phrase, ses mots se perdant alors qu'Harry avait décidé qu'autant mourir de chaud, autant qu'il y ait une véritable raison, parcourant les derniers centimètres qui les séparaient pour attraper ses lèvres. Stupidité encore plus affligeante alors qu'il lâchait sa baguette pour attraper à deux mains la nuque du Serpentard et ainsi le rapprocher définitivement de lui.
Il avait tout simplement arrêté d'essayer de réfléchir. S'il ne trouvait pas de solutions concrètes de cette manière, autant laisser ce que son corps souhaitait faire et, pour l'instant, il obtenait bien plus de résultats. Oui, cela restait une bouche, oui, cela restait Malefoy mais, au moins, il était bien mieux ainsi qu'à essayer de détourner les yeux, approfondissant encore et toujours leur baiser, se détachant quelques courts instants avant de revenir goûter à nouveau à ce plaisir. Un plaisir qu'il considérait comme tel, parfaitement lucide dans de ce qu'il faisait.
Alors oui, il lui vint vaguement à l'esprit de ce qu'il pouvait advenir si jamais Ron ou Hermione pénétraient à cet instant dans la salle mais il effaça bien vite cette pensée quittant les lèvres pour glisser sur le bas du menton et peu à peu revenir près de l'oreille et descendre dans le creux du cou. C'était une chaleur bien plus naturelle et justifiée que toutes celles qu'il avait subies auparavant, amenant une odeur suave qu'il se plaisait à respirer.
Autant dire que Drago, et bien n'avait pas besoin de forcer les choses, bien que le goût amer de s'être fait pris de court lui restait au fond de la gorge. Il était différent d'embrasser et d'être embrasser mais il devait avouer que, lorsque c'était Potter qui prenait l'initiative, cela allait bien plus vite, quittant le moment du simple baiser sage pour aller bien plus loin, sentant déjà les mains de ce dernier descendre de sa nuque. Une situation bien plus plaisante puisque la question de Colden avait dorénavant disparu non seulement de son esprit mais aussi dans celui qui semblait s'intéresser de plus en plus à ce qu'il pouvait trouver sous ses vêtements.
Une sensation agréable lui parcourait le dos, comme un frisson en sentant les mains de ce dernier toucher finalement sa peau, remontant dans son dos. Rien de plus plaisant excepté le fait qu'il n'appréciait pas du tout la texture de la laine le long de son cou, le Gryffondor encore enroulé dans son immense écharpe et vêtu comme si une tempête de neige allait s'abattre dans la salle où ils étaient. Un détail qu'il n'aimait pas du tout car lui sentait sans peine une grande partie de son dos à l'air alors que Potter restait emmitouflé dans ses affaires. Une injustice qui lui donnait l'impression d'être celui qui se laissait faire, restant aux bonnes volontés du brun.
Malefoy il resterait, pas autrement. Dégageant ses bras, il attrapa le visage du Gryffondor pour qu'il revienne à sa hauteur et l'embrassa, capturant ses lèvres et sa langue alors que ses mains glissaient sur son cou pour lui retirer l'immondice aux couleurs criardes. Il ne l'empêcha pas, le laissant même descendre jusqu'à ses clavicules pour qu'il puisse détacher l'épaisse cape qu'il l'avait auparavant protégé du froid. Il n'en avait plus vraiment besoin, rien de mieux à constater alors que Drago sentait sans peine cette chaleur brûlante qui venait du corps du Gryffondor. Un comportement qui avait le don de lui plaire, le rendant de plus en plus insatiable dans leur baiser, dégustant sans vergogne ce parfum qu'il recherchait depuis des jours.
Voulant enlacer un peu plus ce dernier, Drago baissa un court instant les yeux en sentant que les mains de Potter avaient quitté son dos pour descendre sur son ventre et déboutonner à l'aveugle sa chemise. De nouveau occupé à mettre en feu son cou en déposant encore et toujours des lèvres de plus en plus exigeantes, le Gryffondor commençait un peu à l'irriter. Lui qui avait lancé l'offensive, il sentait qu'il était le dominé de l'histoire, celui qui allait finir à moitié nu alors que Potter serait encore emmitouflé dans ses couches de vêtements. Une situation intenable et c'est ce qu'il tenta de mettre fin en passant ses bras sous ceux du Gryffondor, l'obligeant à lâcher sa chemise alors qu'il attrapait le bas de son pull pour le lui retirer.
Une satisfaction grandissante lorsqu'il lança la chose par-dessus son épaule, récupérant aussitôt les lèvres du concernée et enroulant ses bras autour de sa nuque. Sauf que la sensation de son ventre nu sur ce dernier était tout sauf agréable. Baissant à nouveau les yeux en se détachant du Gryffondor, Drago se retint de jurer. Non mais il avait combien de couches ce type ? Si lui n'avait presque plus rien sur le dos vu que Potter lui faisait glisser sa chemise des épaules, il restait à ce dernier un haut blanc sans manche. Oui, il ne risquait pas de mourir de froid, ça c'était une évidence, sauf que Drago n'appréciait pas du tout le retard qu'il avait pris vis-à-vis de Potter qui descendait le long de son cou pour arriver près de ses clavicules.
Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, Drago ramena un court instant son attention à ses pieds, poussant légèrement du pied sa baguette contre le mur avant de saisir Potter par l'arrière de la nuque et l'obliger à relever la tête pour qu'il saisisse à nouveau ses lèvres. De sa main libre, il attrapa la ceinture de ce dernier et commença à reculer, l'entraînant à travers la pièce en attendant le choc. Chose qui arriva bien plus vite qu'il l'eut cru en sentant ses genoux plier en se cognant contre l'accoudoir de son cher canapé. Il n'y avait pas à dire, Drago n'était pas peu fier de l'avoir sorti dès le début de ses retenues et de ne jamais l'avoir étiqueter pour qu'il soit sorti de la salle. Tombant à la renverse, entraînant le brun avec lui, il en profita pour glisser ses mains sous le haut et le remonter assez pour que ce dernier se sente obliger de s'en débarrasser.
Là, Drago pouvait amplement être satisfait. Pas de pied d'égalité, il avait sa chemise coincée derrière son dos mais, même s'il sentait sans peine à présent la peau du Gryffondor contre la sienne, il se considérait bien plus maitre de ses actions que précédemment. Alors oui, il était en dessous, mais une place choisie par lui et non pas par Potter qui ne semblait pas se préoccuper de l'endroit où ils étaient. A vrai dire, il paraissait ne s'intéresser à rien d'autre que lui, chose qui faisait largement sourire Drago alors qu'il passait ses mains autour de la taille du brun pour l'obliger à rester contre lui, ses lèvres finissant à l'endroit même où il avait auparavant marqué la peau du Gryffondor.
En quelques jours, il ne restait presque plus rien, à peine de quoi soulever l'attention, mais c'était avec envie qu'il laissait ses lèvres effleurées l'endroit qui avait marqué sa possessivité. L'idée lui vint de recommencer à nouveau, comme un sceau qu'il se plairait sans cesse à apposer pour distinguer aux yeux de tous ce qui lui appartenait, ce qu'il avait gagné. C'était si alléchant qu'il resta un moment ainsi, les lèvres apposées contre la peau encore un peu violacée alors que Potter ne sembla pas se poser de pareilles questions, ses mains descendant au bas de son dos tandis que sa bouche dévorait chaque centimètre de peau qu'il lui était donné.
Et c'était à cause de ce comportement que Drago renonça à son projet, préférant retourner attraper les lèvres du brun. Il n'y avait pas besoin de le marquer à nouveau, il venait de lui-même à lui, bien assez pour satisfaire le Serpentard qui goutait un plaisir sans nom de cette situation, sachant qu'il avait bel et bien remporter toutes les victoires, y compris celles pour obséder Potter au point de lui faire quitter les sages sentiers du petit couple stéréotypé. Et ce fut pour cela qu'il laissa ses mains descendre dans le dos du brun, hésitant un instant en sentant la ceinture de celui-ci au bout de ses doigts. Une hésitation plutôt due à la réflexion de son efficacité vu que ce cher Potter était un homme et que c'était bien autre chose dans la pratique. Mais ses pensées ne s'éternisèrent pas plus de quelques secondes vu que le brun s'avança un peu plus pour mieux glisser sa langue contre la sienne, ses mains glissant tout naturellement sous le pantalon de celui-ci.
Là, il devait admettre que la cheminée était peut être de trop et que, si lui avait chaud, il n'imaginait même pas l'état dans lequel devait être le Gryffondor qui avait commencé en jouant les esquimaux. Il était parfaitement conscient que la porte était restée ouverte, même s'ils étaient de l'autre côté du dossier du canapé et que seules leurs jambes devaient sans doute être visibles. Il n'était pas exhibitionniste mais il en était plus que ravi en constatant que Potter ne s'inquiétait pas de savoir ce qu'il se passerait si quelqu'un les voyait ainsi. Ce petit rien qui le rendait encore plus avare lorsqu'il était question de reprendre son souffle et se détacher ne serait-ce qu'un court instant des lèvres du brun. Une chaleur éreintante mais pourtant qu'il le forçait à toujours rester au plus près du Gryffondor et faire en sorte que sa peau reste coller à la sienne.
Il en avait oublié la manière dont Potter lui avait parlé quelques minutes plutôt, mis de côté l'insulte sur sa soi-disant lâcheté et prenait un malin plaisir à sentir la respiration de moins en moins maitrisée de ce dernier qui ramenait ses mains le long de son ventre. Là, c'était déjà bien plus intéressant, les sensations prenant une autre tournure, laissant Drago ne pas broncher lorsque le brun détacha finalement ses lèvres des siennes et glissa le long de son cou. Un plaisir qu'il goutait en inspirant profondément pour ne rien laisser échapper. Mais lui qui avait fermé les yeux rouvrit brusquement les paupières en sentant l'une des mains de Potter glisser plus bas, défaisant sa ceinture. Non pas que ça le gênait, plutôt qu'il n'avait pas pensé devoir arrêter tout si vite.
Enlevant ses mains du pantalon du Gryffondor, il attrapa soudainement le bras de ce dernier, l'empêchant d'aller plus bas tandis qu'il laissait les doigts de sa main libre glisser le long du menton de Potter pour qu'il redresse la tête et que Drago puisse effleurer ses lèvres.
- Si tu veux aller plus loin, il y a quelque chose que tu vas devoir faire pour moi, murmura le Serpentard d'une voix plus ou moins claire alors qu'il caressait la joue de celui-ci
- Hein ?
C'était comme un brusque retour à la réalité pour ce dernier qui rouvrit les yeux, le dévisageant sans comprendre alors que Drago lui souriait. Laissant son pouce glisser sur les lèvres de celui-ci, il lâcha son bras pour pouvoir mettre ses deux mains autour du visage de Potter, lui tirant ses lunettes avant de se redresser en partie pour embrasser tout d'abord sa bouche, puis remonter en passant par une de ses joues pour finir sur son front. Inclinant légèrement la tête, il effleura le lobe de son oreille avant d'entrouvrir ses lèvres.
- Je veux que tu me venges, murmura-t-il.
- Quoi ?
Voulant s'appuyer sur ses mains pour se redresser, le Gryffondor se retrouva ramener immédiatement contre Drago qui venait de l'enlacer.
- Si tu veux aller plus loin, il va falloir que tu me venges de Colden, répéta-t-il alors que Potter semblait de plus ne plus perplexe et que son front se plissait.
- De quoi es-tu en train de…
- Je te l'ai dit, coupa Drago tout effleurant des siennes les lèvres du brun. Je te dicte mes règles et toi tu pourras jouer.
Pas besoin de s'éloigner pour comprendre que les mots qu'il prononçait ne lui plaisaient pas du tout.
- Je ne comprends pas du tout de quoi tu parles, lâcha Potter d'une voix sèche.
- Oh bien sur que si, rétorqua Drago en souriant un peu plus. Cette garce, je veux la détruire pour ce qu'elle m'a fait. Et bien sur, pour se faire, il n'y a que toi qui puisses la laminer définitivement. Après seulement on pourra de nouveau s'amuser tous les deux.
- Va crever.
Se détachant violemment de lui, Potter se redressa, attrapant ses lunettes avant d'appuyer sur le dossier du canapé pour se dégager du Serpentard qui prenait un malin plaisir à sourire en le voyant agir de la sorte.
- Je ne suis pas ton pion ni même ta catin, lança-t-il en récupérant son haut blanc qu'il enfila en vitesse avant de se diriger vers le mur où le reste de ses affaires étaient. Et ne va surtout pas croire que pour tes beaux yeux je ferai ça !
- Ne dis surtout pas que tu n'aimes ce qui vient de se passer, plaisanta Drago qui s'étendait sur le canapé en le regardant se rhabiller tandis qu'il mettait ses mains sous sa nuque.
Potter se tourna brusquement vers lui avec visiblement l'attention de répliquer mais rien ne sortit de ses lèvres. Mise à part la colère froide qu'il y avait sur son visage, Drago n'avait pas vraiment de peine à déceler les rougeurs éphémères que ce qu'il venait de lui dire provoquaient.
- Va te faire soigner, lâcha finalement Potter en terminant de remettre son pull avant de se pencher pour attraper sa cape et sa baguette pour se diriger vers la sortie, tendant le bras pour saisir son balai.
- Reviens quand tu veux, lança Drago en riant à moitié en l'entendant quitter la pièce.
Que pense Harry de sa demande ? L'exaucera-t-il ? Drago doutera-t-il de sa tactique ?
Bye bye !
