25 ème partie
A 6h30, elle se leva, s'habilla, avala son premier café de la journée et se rendit au poste. Elle s'attela à terminer ses dossiers en retard, et lorsqu'à 8h, ses collègues arrivèrent, elle avait bouclé tout ce qu'elle avait à faire. Elle déposa tous les dossiers sur le bureau de Gates et partit s'installer devant son bureau pour étudier l'affaire en cours.
Esposito : ça y est tu nous rejoins ?
Kate ne prit pas la peine de lui répondre : qu'est ce qu'on a ?
Ryan lui fit une description précise de ce qu'ils avaient trouvé sur les lieux du crime. Les premières investigations amenaient vers la piste du règlement de compte entre gangs.
Esposito : tu as appelé Castle ?
Kate : non.
Ryan et lui se concertèrent du regard et décidèrent de ne pas poser de questions pour l'instant, quand papa et maman se disputaient, il ne valait mieux pas se trouver à distance de tirs.
La journée passa sans nouvel indice, personne ne voulait parler. Kate passa voir Lanie, ayant besoin de soulager sa conscience.
Kate : tu as de nouveaux indices ?
Lanie leva la tête de son cadavre : où est Castle ?
Kate : je ne sais pas.
Lanie posa ses instruments et rencontra le regard fuyant de son amie : Kate, parle moi.
Kate : il est parti.
Lanie : parti ?
Kate : oui, je ne veux pas en parler, l'enquête s'il te plait ?
Lanie lui donna les indices qu'elle avait relevés avant que Kate Beckett ne tourne les talons.
Lanie attrapa son téléphone et appela son ancien amant.
Esposito : je n'en sais pas plus que toi, elle ne veut pas qu'on l'appelle sur l'affaire.
Lanie : ça doit être grave.
Esposito changeant de sujet : toujours ok pour ce soir ?
Lanie soupira, le latino ne savait pas pour le changement de relation entre Castle et Beckett, il ne pouvait donc pas être inquiet : passe me chercher dans 1 heure.
Kate rentra chez elle, vidée de toutes ses forces, travailler comme avant, sans lui, et avec le regard inquisiteur et suspect de ses deux acolytes la fatiguait.
Rick quant à lui, avait passé la journée devant une bouteille de Whisky enfermé dans son bureau, il ne voulait parler à personne et même sa fille n'arrivait rien à en tirer. Il y avait du Kate là dessous, elle aurait pu le jurer. Tout ce qu'elle avait pu savoir se résumait à ça.
Alexis : appelle là !
Rick : non, tant qu'elle ne prendra pas conscience que quelque chose ne va pas, je ne ferais rien.
Deux semaines étaient passées depuis ce jour obscur où le partenariat avait été révolu où les amants avaient mis fin à leur relation. Kate n'existait plus, elle était redevenue la Beckett entêtée qui passe ses journées et ses nuits au poste pour résoudre les enquêtes. Elle ne voulait pas rentrer chez elle, et retrouver son appartement vide, sans âme, sans vie. En le perdant lui, elle avait perdu tout ce qui avait existé pendant ces 4 années de partenariat, tout ce pour quoi elle s'était battue, son café du matin, sa chaise collée à son bureau restait désespérément vide et son regard venait toujours s'y perdre lorsqu'elle réfléchissait. Lanie la forçait à se nourrir, à rentrer se coucher, mais parfois sans succès. Kate avait perdu plusieurs kilos et son teint était terne, des cernes habitaient en permanence le creux de ses yeux et l'étincelle dans ses yeux avait disparu. Elle travaillait comme un métronome bien réglé sans ressentir aucune joie, aucun plaisir à résoudre une enquête, à donner des réponses aux familles endeuillées. Elle attendait les suppositions tirées par les cheveux de son acolyte, les petits pics et surtout elle voulait qu'il soit là pour compter les points sur qui sauvait qui. D'ordinaire elle n'aimait pas lorsqu'il faisait cela, mais au moins cela voulait dire qu'il était là et c'était son seul désir.
Lanie débarqua un midi au poste : je crois que tu devrais lire ça !
Kate tendit la main pour attraper ce que lui montrait son amie, croyant que cela concernait son affaire en cours. Mais lorsqu'elle vit le nom de Richard Castle sur la première de couverture et l'image d'une femme dénudée, elle sut ce qu'elle lui présentait, elle le repoussa loin d'elle. Son livre était enfin sorti, elle était prête à parier qu'elle mourait à la fin, ou plutôt son alter-égo. Lanie rattrapa le livre avant qu'il ne termine sa course dans la poubelle, elle l'ouvrit à la première page, lieu où habituellement se tient la dédicace. Kate ferma les yeux, chassant les larmes qui menaçaient de sortir.
Lanie lui attrapa la main : lis ça !
Kate ouvrit les yeux, mais ne les dirigea pas vers la page blanche, elle fuyait tout ce qui lui rappelait son amour perdu. Puis devant le regard insistant de Lanie, elle tourna son regard en direction de la page et ce qu'elle y lut lui brisa le cœur.
« I LOVE YOU,
TAKE CARE OF YOU.
ALWAYS"
Lanie : alors, maintenant tu vas m'expliquer ce qui s'est passé, et je n'accepterais aucune échappatoire.
Kate : pas ici.
Lanie : ok, tu as deux semaines de pause à récupérer, alors tu vas prendre ton après-midi.
Kate suivit sa meilleure amie jusqu'à l'ascenseur où elles entrèrent, la jeune femme serrait toujours le nouveau roman de Castle contre elle, « Frozen Heat », pourtant elle sentait cette chaleur comme lorsque Rick passait ses bras autour d'elle pour la réconforter ou l'embrasser. Lanie sourit de la voir ainsi, tout n'était peut être pas encore perdu. La Kate qu'elle avait connue n'était pas morte, elle était juste enfouie sous sa carapace, comme endormi, mais elle était prête à parier que si on lui demandait de choisir entre une vie avec et une vie sans, elle le choisirait lui.
Lanie s'installa sur un banc dans le parc : explique-moi tout.
Kate : je ne sais plus exactement comment s'est arrivé, tout est brouillé dans ma tête.
Lanie : prend ton temps, mais tu vas y arriver.
Kate soupira, elle n'échapperait pas à ça : il m'accuse de ne pas faire assez attention à moi. Il m'a dit « Je ne peux pas être celui qui prend soin de toi si tu ne fais pas attention à ta propre vie » (en imitant sa voix). Et puis il s'est énervé, en disant que je ne me rendais même pas compte que je survivais au lieu de vivre et d'autres trucs comme ça, puis il est parti et je ne l'ai plus revu.
Lanie : je sais, que tu ne veux pas entendre ce que je vais te dire, mais il a raison, avant tu avais une excuse pour te laisser aller, avec l'affaire de ta mère, mais l'affaire a été bouclée. Tu sortais avec Castle, tu avais l'air heureuse, mais tu ne faisais que le strict minimum. Tu ne t'impliquais pas …
Kate sécha les quelques larmes qui coulaient le long de ses joues : et je suis censé faire quoi ? J'ai passé 13 ans de ma vie à me complaire dans mon malheur, je ne peux pas changer du jour au lendemain. Je ne sais pas être une autre …
Lanie : si tu l'aimes, tu dois lui dire, tu dois lui expliquer, si tu tiens à lui et qu'il te manque tu ne dois pas laisser passer ta chance. Il t'aime toujours, il l'a dit devant des millions de lecteurs ! Ca ne te suffit pas ?
Kate baissa la tête, abattue : je ne suis pas douée pour ce genre de choses.
Lanie : alors ne fais rien et redeviens la Beckett d'avant, celle qui était insupportable et sans aucune vie. Mais je ne serais pas là pour te faire sortir la tête de l'eau. Si tu ne te bouges pas, tu vas tous nous perdre.
Lanie quitta le banc en embrassant le sommet du crâne de son amie. Elle savait que les choses qu'elle venait de lui dire étaient dures, mais elle savait aussi qu'elles étaient nécessaires. Elle devait réagir.
