Bonjour,

Voici le 25 ème chapitre de l'histoire. Petite précision le concernant : il contient une scène de sexe explicite. Si ce n'est pas votre truc, vous pouvez zaper la fin du chapitre à partir du moment où ils s'embrassent.

J'adore la citation trouvée pour ce chapitre que je trouve très vraie et collant parfaitement à la situation. De plus, la chanson de Lifehouse pourrait avoir été écrite pour Dean. Je ne peux que vous encourager à l'écouter.

Merci de me lire, de m'écrire ... Ca devient récurrent mais c'est important que je vous le dise.

Bonne lecture

Sydney8201

Musique du chapitre :

Broken de Lifehouse

Chapitre 25 : Le vrai moi

« Quand on cède à la peur du mal, on ressent déjà le mal de la peur. »

Beaumarchais

Castiel ne rouvrit les yeux que lorsqu'ils furent arrivés au motel. Il n'attendit pas que Dean lui adresse la parole ou coupe le moteur. Il ouvrit la portière et bondit de la voiture sans demander son reste. Il pénétra dans la chambre sans jeter le moindre regard en arrière puis se dirigea vers la salle de bains. Il évita soigneusement son regard dans le miroir et alluma le robinet. Il avala plusieurs gorgées d'eau, en recracha une partie pour chasser le goût dans sa bouche avant de s'asperger le visage. Il était toujours extrêmement perturbé par ce à quoi il avait assisté et il n'avait aucune idée de la façon dont il devait aborder Dean à présent. Il ne pouvait pas nier que l'attitude du jeune homme l'avait effrayé. Il était littéralement mort de trouille. Il savait que son ami n'avait pas l'intention de lui faire du mal. Mais il avait la sensation de ne plus le connaître. Et c'était quelque chose qui le déstabilisait entièrement.

Il tenta de prendre une grande inspiration mais son cœur battait trop fort et sa gorge était irritée. Il toussa à nouveau pendant de longues secondes avant de poser son front contre le rebord froid du lavabo. Sa migraine était toujours présente et son épaule semblait s'être enflammée. Il ne pouvait pas prendre de cachets à nouveau et il doutait de pouvoir fermer l'oeil cette nuit. En l'espace de quelques heures, il avait la sensation d'avoir perdu le peu qu'il avait eu jusque là. Il était totalement perdu et il avait furieusement envie de pleurer. Il serra les dents et les poings pour garder un semblant de contrôle sur ses émotions et se redressa doucement. Ses yeux se posèrent aussitôt sur le miroir devant lui. Son reflet lui semblait étrange. Il avait changé en quelques semaines. Son visage s'était affiné. Ses joues étaient recouvertes d'une barbe de plusieurs jours. Ses yeux lui semblaient enfoncés dans leurs orbites. Il était incroyablement pâle et de larges cernes soulignaient ses paupières. Il faisait peur à voir. Il se demandait si ces changements s'étaient opérés peu à peu ou si la soirée qu'il venait de vivre les avait déclenchés tous d'un coup. Il déglutit avec peine alors qu'il approchait sa main de sa pommette droite. Elle lui semblait plus saillante que d'ordinaire. Il ne ressemblait plus du tout au garçon qui avait quitté ses parents. Il n'était plus le même Castiel. Dean n'était pas le seul à avoir changé. Et c'était pire encore aux yeux de Castiel. S'il n'avait aucune certitude concernant son ami, il aimait se raccrocher à l'idée qu'il pouvait toujours en avoir sur lui. Mais il était différent aujourd'hui. Pas uniquement physiquement. Il avait changé sur tellement de points qu'il avait la tête qui tournait en y pensant. Il avait suivi un chemin qui l'avait conduit à témoigner d'horreurs qu'il n'aurait jamais cru voir ailleurs que dans des films. Il avait été le complice de trop de choses pour pouvoir se proclamer innocent. Il ne se reconnaissait pas.

Castiel détourna finalement les yeux quand il entendit le bruit des pas de Dean dans son dos. Il n'avait pas envie de se retrouver face au jeune homme. Il n'avait aucune idée de ce qu'il devait lui dire ou même de la manière dont il devait se comporter avec lui. Il baissa les yeux sur ses mains qu'il avait posées sur le rebord du lavabo et constata qu'elles tremblaient. Il se passa la langue sur les lèvres. Il n'était définitivement pas de taille à mener ce genre de vie. Il ne voyait pas comment il pouvait être capable d'aider Dean quand il ne parvenait pas garder un semblant de contrôle sur ses émotions. Il détestait l'idée de manquer à sa promesse. Il s'en voulait de ne pas être plus fort. Mais il devait se rendre à l'évidence. Il était un poids mort dans son état. Il allait entraver Dean et lui compliquer les choses. Il était peut être temps pour lui de partir. Le jeune homme avait les informations dont il avait besoin. Il allait pouvoir rejoindre Henriksen et avoir enfin la vie qu'il méritait d'avoir. Il n'avait plus besoin de Castiel. Il n'avait probablement jamais réellement eu besoin de lui. C'était sans nul doute la solution à tous leurs problèmes. Castiel devait partir et laisser Dean finir le chemin seul. Il devait rejoindre Gabriel et oublier jusqu'à l'existence même de son ami. Il ne parviendrait probablement pas à le chasser de sa mémoire facilement mais après ce qu'il avait vu ce soir, il savait que c'était la meilleure chose à faire.

Castiel hocha la tête, déterminé et regarda à nouveau son reflet dans le miroir. Il sursauta quand il se rendit compte que Dean se tenait dans l'encadrement de la porte de la salle de bains et l'observait calmement. Comment avait il pu ne pas l'entendre arriver ?

- Cas, est- ce que ça va ? Demanda le jeune homme.

Castiel ne put s'empêcher de ricaner en entendant sa question. Il n'allait pas bien. C'était évident et il soupçonnait le jeune homme de le savoir tout autant que lui. Il s'était rendu complètement ridicule chez Devereaux et il avait failli tout compromettre. Il était effrayé, fatigué et stressé. Son corps entier semblait sur le point de rendre les armes. Il n'allait pas bien. Et cette question n'était définitivement pas la bienvenue.

- Ce que tu as fait ce soir, c'est … commença Castiel sans trop savoir comment terminer sa phrase.

Dean croisa ses bras sur son torse. Il n'avait toujours pas retiré son tee shirt et les tâches de sang étaient plus visibles encore sous les lumières du néon de la salle de bains. Castiel sentit son estomac se tordre. Mais il était vide. C'était une bonne chose. Si ça n'avait pas été le cas, il en aurait probablement vomi le contenu à cet instant précis. Il se demandait depuis quand il était aussi affecté par la vue du sang. Il se destinait à devenir médecin et avait déjà assisté des professionnels à l'hôpital. Il n'avait jamais eu peur de voir une plaie ouverte ou des litres de sang s'écouler d'une blessure qu'on tentait de traiter. Ce n'était pas le liquide rouge qui couvrait le tee shirt de son ami qui lui donnait la nausée. C'était son origine. La personne à qui il appartenait. Et probablement le fait qu'il se trouvait sur le jeune homme. Qu'il était là parce que Dean l'avait fait volontairement couler. Castiel avait la tête qui tournait.

- Ce que j'ai fait était nécessaire, rappela Dean après quelques secondes.

Castiel secoua alors la tête en observant son ami dans le reflet du miroir. Il ne savait pas quoi dire pour expliquer ce qu'il ressentait.

- J'ai tué un homme Cas, souffla ensuite le jeune homme.

Castiel fronça les sourcils. Il crut en premier lieu que Dean parlait de Franck. Il ouvrit la bouche pour demander confirmation mais son ami lui coupa l'herbe sous le pied.

- Il est en vie si c'est ce que tu te demandes. Franck … je ne l'ai pas tué.

Il ne parlait donc pas de Devereaux. Castiel se souvint alors de Roman. Il avait été là quand le jeune homme lui avait tiré dessus. Il n'avait pas assisté à la scène mais il avait entendu le coup de feu puis vu le corps de Dick tomber au sol, son crâne déformé par la blessure.

- J'étais là, rappela t-il alors.

Dean secoua la tête à son tour et Castiel sentit son sang se glacer. Son ami ne parlait pas non plus de Roman. Il avait donc tué un autre homme. Et il avait choisi de ne pas lui dire jusque là. Castiel ne savait pas ce qu'il cherchait en se montrant honnête alors qu'il était encore sous le choc de ce qu'il avait vu ce soir. S'il essayait de le convaincre de partir, c'était inutile. Il savait déjà que c'était la meilleure chose à faire.

- Peu de temps avant qu'ils ne tuent Benny, j'étais déterminé à partir. Mais Alastair avait assigné quelqu'un pour me surveiller vingt quatre heures sur vingt quatre. Il savait que je tenterais quelque chose. Azazel était son bras droit … son homme de confiance. Il lui était entièrement dévoué. Et c'était à lui qu'il avait confié cette tâche. J'ai … le soir où j'ai pris la fuite, il a tenté de m'en empêcher. J'ai du le tuer … j'ai du le tuer. Je lui ai tiré une balle dans la tête. C'était la première fois que j'ôtais la vie de quelqu'un et je n'ai rien ressenti … rien de plus que du soulagement.

Castiel pouvait sentir du remord dans la voix de son ami. Il ne le lui fit pas remarquer pour autant. Il était toutefois soulagé d'apprendre que l'homme que Dean avait tué faisait parti des méchants. Le jeune homme n'avait pas réellement eu le choix. Il s'agissait probablement de légitime défense. Mais Castiel ne pouvait s'empêcher de penser que son ami était responsable de la mort de deux personnes. Ce n'était pas quelque chose qu'il pouvait ignorer.

- Pourquoi me dire ça maintenant ? Demanda t-il alors.

Dean haussa les épaules.

- Je crois que j'ai besoin que tu comprennes … que tu comprennes quel genre de personne je suis.

Castiel ferma les yeux une seconde en prenant une grande inspiration. Sa gorge s'était sensiblement dénouée et il avait moins de difficultés à respirer. Il était toujours mort de trouille bien sûr. Mais il sentait la panique le quitter peu à peu. Dean ne lui ferait jamais de mal. Du moins jamais physiquement. Pour le reste, c'était principalement sa faute. Il n'aurait jamais du tomber amoureux de son ami.

- Et quel genre de personne es tu exactement ? Demanda t-il ensuite.

Dean décroisa les bras et se passa une main sur le visage. Il baissa ensuite les yeux sur son tee shirt et sembla réaliser à cet instant qu'il était couvert de sang. Il grimaça et le retira avant de le jeter derrière lui. Castiel détourna les yeux pour ne pas regarder ses cicatrices. Il n'en était pas capable pour le moment.

- Je ne suis pas quelqu'un de mauvais. Je ne suis pas comme Alastair. Je n'aime pas faire du mal aux autres. Je ne suis pas un meurtrier non plus. Mais je suis capable du pire pour obtenir ce dont j'ai besoin. J'ai été l'élève d'Alastair durant un an. J'ai appris certaines choses.

Castiel hocha alors la tête sans pour autant regarder le jeune homme. Il savait bien que son ami n'avait rien à voir avec le monstre qui lui avait infligé autant de souffrances. Mais il y avait une part de lui qui était suffisamment sombre pour le faire douter de ses sentiments pour lui. Il ne savait plus quoi penser de Dean. Il se demandait à quel point ce qu'il avait vécu par le passé ne l'avait pas affecté et transformé. Se pouvait il que Castiel ait refusé de voir le danger que Dean représentait ? Se pouvait il que son amour l'ait rendu totalement aveugle ?

- J'ai besoin que tu en aies conscience car c'est l'homme que je suis … l'homme que je serais probablement toujours. Tu as une idée de moi qui est fausse Cas. Je ne suis pas celui que tu crois. Le vrai moi est l'homme que tu as vu ce soir avec Franck.

Castiel l'aurait probablement cru sans hésiter si toutefois la voix du jeune homme n'avait pas tremblé sur les derniers mots. Il sentit alors sa peur s'envoler presque instantanément laissant place à une colère dévorante. Dean était en train de tenter de lui faire prendre la fuite. Il cherchait à l'effrayer pour le pousser à partir sans se retourner. Et si Castiel avait effectivement envisagé cette possibilité quelques minutes plus tôt, il ne comptait pas le faire à présent. Car la voix de Dean et son regard le trahissaient totalement. Il était au moins aussi bouleversé que Castiel. Terrifié que Franck ait pu dire vrai. Qu'il ait vu juste. Il était mort de peur à l'idée d'être devenu comme Alastair. Ce qui signifiait bien évidemment qu'il ne l'était pas. Car Alastair ne connaissait pas les regrets. Il ne connaissait pas les remords. Dean, lui, se sentait coupable. Castiel tourna alors le dos au miroir pour faire face au jeune homme.

- Qu'est ce que tu cherches Dean ? Demanda t-il en fronçant les sourcils.

Le jeune homme évitait soigneusement son regard à présent. Il était angoissé et nerveux. Castiel se demandait comment il avait pu ne pas s'en rendre compte plus tôt.

- Je ne cherche rien … je te préviens c'est tout. Tu as vu la personne que je suis et je crois que tu n'es pas prêt à l'accepter. Tu devrais partir.

Castiel agrippa le rebord du lavabo derrière lui pour se retenir de s'élancer dans la direction de Dean et de le secouer jusqu'à lui faire entendre raison.

- Je ne vais pas partir, asséna t-il froidement.

Dean tourna alors la tête vers lui, visiblement surpris. Castiel sut alors qu'il avait vu juste. Son ami cherchait à le repousser pour le forcer à partir. Pas parce qu'il ne voulait plus de lui à ses côtés. Mais parce qu'il avait peur que son attitude finisse par changer l'opinion que Castiel avait de lui. Il était terrifié à l'idée de lui avoir fait peur. De l'avoir dégoûté. Il était mort de trouille que Castiel l'abandonne de lui même. Il préférait le repousser pour avoir la sensation de garder un semblant de contrôle sur ce qui se passait. C'était un geste de défense. D'auto-préservation. C'était totalement idiot.

- Tu es terrifié de me voir prendre la fuite … tu crois que j'ai changé d'avis te concernant en te voyant ce soir. Et peut être que j'ai eu des doutes … peut être que j'ai eu peur en constatant le degré de violence dont tu étais capable mais je sais … je suis sûr que tu n'es pas l'homme que tu prétends être. Tu peux tenter de me repousser … tu peux essayer de me faire peur mais j'ai vu le pire à présent et je veux rester. Alors inutile de perdre ton temps, ajouta Castiel.

Dean semblait impressionné par son comportement. Son visage trahissait ce qu'il ressentait et Castiel eut alors la certitude qu'il avait fait ce qui était le mieux. S'il était parti comme Dean semblait l'avoir voulu un instant, il savait que son ami n'aurait pas réussi à s'en remettre. Car même s'il avait été celui qui avait repoussé Castiel, il y aurait vu la preuve que personne ne souhaitait s'attacher à lui. C'était paradoxal. Castiel refusait d'alimenter son manque de confiance en lui même ou satisfaire son manque d'estime. Il ne voulait surtout pas le conforter dans ce qu'il croyait savoir. Il voulait bouleverser les choses et faire prendre conscience à son ami qu'il avait fait fausse route jusque là. Il méritait d'être aimé.

- Cas, qu'est ce que tu cherches ? Qu'est ce que tout ça t'apporte hein ? Demanda Dean en faisant des grands gestes autour de lui.

Castiel en avait assez de toujours répondre aux mêmes questions. D'avoir constamment à défendre ses prises de position ou à rassurer le jeune homme sur ses doutes et ses interrogations. Il ne voulait plus argumenter pendant des heures. Il estimait avoir apporté suffisamment de preuves. Il avait fait tout ce que Dean lui avait demandé. Il se sentait rejeté et impuissant. Il en avait assez de faire des efforts et de ne pas être récompensé.

- Ca suffit Dean … arrête … arrête de toujours chercher à me repousser. Tu me demandes constamment de te donner des explications ou de t'apporter des preuves mais je … je suis à bout de forces … alors cette fois, il va falloir que tu me dises ce que toi tu veux …

Castiel fit un pas en direction du jeune homme et croisa ses bras sur son torse. Il comptait bien inverser les rôles pour une fois. Il devait confronter son ami à ses propres contradictions. Il allait le mettre au pied du mur et le contraindre à dire enfin ce qu'il voulait vraiment. Il ne pouvait pas continuer à le laisser le manipuler de la sorte. Il était temps pour lui de mettre des mots sur ce qu'il désirait.

- C'est toi qui va me dire ce que tu veux Dean. J'en ai assez de devoir deviner … j'en ai assez de devoir te convaincre de tout … tu veux que je parte ? Dis le moi et je partirais. Mais si tu veux que je reste, je veux également l'entendre. La balle est dans ton camp. Je ne bougerais pas d'ici tant que tu ne m'auras pas dit clairement ce que tu veux.

Dean ouvrit la bouche mais la referma aussitôt sans dire quoi que ce soit. Il dévisagea une seconde Castiel avant de lui tourner le dos et de sortir de la salle de bains. Ce n'était pas exactement ce à quoi son ami s'était attendu. Mais c'était un début. Il choisit donc de le suivre pour être sûr qu'il ne prenait pas la fuite. Quand il entra à son tour dans la chambre, Dean lui tournait le dos.

- Dean, je n'ai pas l'intention de laisser tomber. Je suis sérieux. Je veux que tu me parles. Tu ne peux pas continuer à me pousser dans mes derniers retranchements en pensant que je prendrais toutes les décisions pour toi. Il est temps que tu assumes ce que tu veux. Alors parle moi !

Castiel combla la distance qui les séparait et attrapa le jeune homme par les épaules. Il le força à se retourner pour pouvoir à nouveau le regarder dans les yeux. Son ami se laissa faire sans résister. Son regard en disait long sur la malaise qu'il ressentait. Il les posa sur Castiel avant de tenter finalement de reculer d'un pas pour mettre de la distance entre eux.

- Ne prends pas la fuite … ne mets pas de la distance entre nous Dean. Pas maintenant … pas après tout ça, s'écria Castiel en le retenant.

Le mouvement aggravait la douleur dans son épaule mais ce n'était pas ce qui comptait pour le moment. Castiel savait que s'il relâchait le jeune homme, ce dernier mettrait un terme immédiat à la conversation. Et leur relation ne pourrait probablement pas s'en remettre. C'était maintenant ou jamais. Castiel ne devait surtout pas laisser cette opportunité lui échapper.

- Tu sais ce que je veux Dean … je te l'ai dit maintes et maintes fois … je te l'ai prouvé … mais tu ne m'as jamais dit clairement ce que toi tu voulais. Tu sais que je t'aime … et je ne te demande pas de m'aimer en retour … mais j'ai besoin de savoir si tu veux vraiment de moi ici et avec toi … ou si tu préfèrerais que je parte. Je respecterais ton choix Dean. Mais tu dois l'exprimer.

Dean se débattit à nouveau pour tenter d'échapper aux mains de Castiel. Mais ce dernier serra les dents et ne le lâcha pas. Une violente douleur lui transperça l'épaule et il pria pour que ses sutures n'aient pas rompues au passage. Il avait les yeux rivés sur le jeune homme.

- Dean … souffla t-il à bout de force et de patience.

Il s'était attendu à ce que le jeune homme lui hurle dessus ou continue de se débattre jusqu'à ce qu'il soit forcé de le relâcher. Mais il ne s'était pas attendu à ce qu'il vienne se plaquer contre lui pour coller ses lèvres contre les siennes. Castiel fut déstabilisé pendant une seconde. Il garda les yeux ouverts et laissa Dean l'embrasser sans réagir. Quand le jeune homme recula le visage, il le regarda en fronçant les sourcils.

- Tu … commença t-il sans savoir ce qu'il voulait dire.

Dean hocha alors la tête comme si ce qu'il venait d'entendre avait un sens pour lui. Il posa ensuite ses mains sur les joues de Castiel et vint coller son front contre le sien.

- Reste, murmura t-il finalement.

Castiel sentit son cœur s'emballer devant la requête du jeune homme. C'était exactement ce qu'il avait voulu entendre. Il relâcha alors les épaules du jeune homme et entoura sa taille de ses bras pour le garder contre lui.

- Ok, Dean … ok, accepta t-il.

Il embrassa ensuite le jeune homme avec passion. Il était réellement surpris par la tournure que les évènements avaient prise. Quelques minutes plus tôt, il envisageait de partir pour échapper au jeune homme. Il avait cru que c'était la meilleure des solutions. Mais à présent qu'il avait Dean serré contre lui, leurs bouches scellées dans un baiser, il savait qu'il avait eu tort d'y songer. Il ne pouvait pas partir. Il n'oubliait pas ce à quoi il avait assisté dans la caravane de Franck. Mais les doutes et les craintes du jeune homme étaient palpables. Il savait que ses actes étaient répréhensibles mais nécessaires. Il n'agissait pas par cruauté ou pour le plaisir de faire du mal. Il agissait parce qu'il n'avait pas le choix. Castiel ne pouvait pas le juger sur ce point. Pas sans avoir eu à affronter les mêmes souffrances que son ami.

Quand ils durent se séparer pour reprendre leurs respirations, Dean garda les mains appuyées contre les joues de Castiel. Elles avaient causé tant de souffrance à Franck qu'il paraissait indécent qu'elles puissent être la source du plaisir que Castiel ressentait. Mais il ne voulait pas y penser. Car il avait une vague idée de ce que Dean attendait de lui à présent et il ne comptait pas refuser. Il avait besoin de ce contact physique au moins autant que le jeune homme. Ils avaient vécu une soirée stressante et ils avaient besoin de se rassurer … de se sentir proches l'un de l'autre. Vivants. Ils pouvaient mourir demain. Ils n'avaient pas de temps à perdre en disputes inutiles. Les choses étaient à présent claires entre eux. Et Castiel ne fut pas surpris quand le jeune homme vint à nouveau presser ses lèvres contre les siennes, sa langue pénétrant dans sa bouche presque aussitôt. Castiel le poussa alors jusqu'à ce que son dos heurte le mur derrière lui. Il savait que c'était quelque chose que Dean allait aimer. Il fit reposer le poids de son corps contre celui de son ami pour l'empêcher de s'échapper puis le força à tourner le visage pour approfondir leur baiser. Il posa ensuite ses mains sur la taille du jeune homme et la serra entre ses doigts.

Leur relation n'avait rien d'ordinaire. Ils étaient trop différents pour pouvoir tisser des liens stables entre eux. Ils ne pourraient jamais être comme tous les autres couples que Castiel enviait tant. Ils n'avaient pas le temps. Le sexe était toutefois la seule chose qui pouvait renforcer le lien entre eux. La seule à pouvoir sceller durablement ce sur quoi ils venaient de s'entendre.

Castiel mordilla la lèvre inférieure de Dean une seconde avant de la relâcher pour embrasser le jeune homme dans le cou et sur les épaules. Il suivit ensuite du bout de la langue le dessin du tatouage qui lui barrait le torse avant de planter ses dents dans le muscle qui s'était tendu sous la peau. Dean poussa un cri en enfonçant ses doigts dans ses cheveux et en maintenant son visage collé contre son torse. Castiel continua d'embrasser le jeune homme le long de son sternum avant de remonter doucement dans son cou. Il aurait voulu pouvoir descendre plus bas et peut être même continuer à mordre son ami sur le ventre ou au niveau des hanches. Mais les hématomes qu'Alastair avait laissés derrière lui l'en empêchaient. Il colla à la place ses lèvres contre celles de Dean et l'embrassa avec tout l'amour qu'il avait pour lui. Le jeune homme relâcha alors son crâne pour glisser ses mains sous son tee shirt. Il les remonta dans son dos et enfonça ses ongles au niveau de ses omoplates. Castiel n'aimait pas particulièrement mêler la souffrance au plaisir mais il n'avait pas l'intention de freiner Dean pour le moment. Il pouvait sentir la désespérance dans les gestes du jeune homme. Et cela le touchait plus encore que tous les mots qu'il avait prononcés jusque là. Dean le désirait. Pas uniquement pour le sexe ou pour relâcher un peu de pression. Il lui avait demandé de rester et à présent, il lui prouvait que ce n'était pas des paroles en l'air. Il avait envie de lui. Castiel gémit en réalisant à quel point il avait ignoré ce point jusqu'à maintenant. Il recula finalement le visage après quelques minutes pour que Dean puisse lui retirer son tee shirt mais revint aussitôt se coller contre lui. Il posa ses mains sur la ceinture du jeune homme et la défit rapidement. Il déboutonna ensuite son jean puis glissa ses mains dans son dos et sous le tissu de son pantalon au niveau de ses fesses. Il ressentait le besoin quasi animal de posséder le jeune homme. Il n'avait jamais rien vécu de tel. Il savait que d'autres hommes l'avaient touché avant lui. Que certains avaient tiré avantage de son état et de sa vulnérabilité. Il aurait voulu pouvoir effacer leur souvenir en embrassant chaque centimètre carré de peau du corps de Dean. Mais il n'avait pas le temps. Et il savait que son ami était incapable de comprendre ce type de message. Il avait besoin d'autre chose. Castiel enfonça sensiblement ses ongles dans les fesses de son ami puis les retira de son pantalon pour lui saisir les bras et les plaquer au dessus de sa tête, contre le mur.

Dean poussa alors un long gémissement qui encouragea Castiel à poursuivre sur la même voie. Il se mit à genoux pour retirer le pantalon de son ami et en profita pour lui enlever également ses chaussures et ses chaussettes. Il se dépêcha ensuite de se déshabiller à son tour avant de regarder Dean dans les yeux. Le jeune homme respirait bruyamment. Ses joues étaient rouges et son torse était couvert de transpiration. Ses cicatrices le narguaient à nouveau, déformant la peau de Dean et la défigurant complètement. Castiel aurait aimé savoir à quoi son ami pouvait ressembler sans elles. Il ne le saurait jamais. Il observa pendant une seconde les hématomes qui commençaient doucement à disparaître puis les tatouages qui ne couvraient rien des traces sur lesquelles ils avaient été dessiné. Castiel posa ses deux mains sur les hanches du jeune homme puis les remonta lentement le long de son ventre et de ses pectoraux. Il y avait quelque chose de fascinant dans le corps du jeune homme. Ce n'était pas uniquement du aux proportions parfaites ou aux contours délicats de sa silhouette. C'était autre chose. Une sorte d'aura qui semblait en émaner constamment. Celle d'un homme qui avait survécu. Celle d'un homme qui n'aurait pas du se tenir devant lui. Qui aurait du mourir deux ans plus tôt. Castiel était totalement fasciné par lui. Il ne pouvait pas détacher ses yeux de son visage dont les traits étaient déformés par le plaisir qu'il ressentait. Castiel ne pouvait pas le faire patienter plus longtemps. Il ne cherchait pas à le torturer. Il n'était pas Alastair. Même s'il était d'accord pour dominer son compagnon et lui donner ce qu'il voulait, il continuait de penser que le sexe devait être un acte de partage. Il ne comptait pas se préoccuper uniquement de son propre plaisir. Il voulait en donner au jeune homme également.

Il adressa un sourire à Dean puis l'embrassa à nouveau longuement sur la bouche. Leurs langues se trouvèrent aussitôt pour ne pas se quitter pendant de longues secondes. Castiel ne recula que lorsqu'il y fut réellement contraint puis attrapa son compagnon par les épaules pour le faire se retourner. Dean sembla comprendre ce qu'il voulait assez rapidement. Il se laissa retourner puis se pencha en avant en gardant les mains appuyées contre le mur. Il écarta ensuite les jambes et laissa sa tête retomber entre ses épaules. Il s'offrait entièrement à Castiel. C'était un geste qui témoignait de la confiance que le jeune homme avait en lui. C'était incroyable.

Dean respirait toujours bruyamment. Castiel fit glisser ses mains dans son dos, suivant le chemin de sa colonne vertébrale du bout des doigts. Il attrapa ensuite ses fesses et les serra une seconde. Il les écarta alors avant de tomber à nouveau à genoux. Il mordit le muscle sous ses yeux arrachant un nouveau gémissement au jeune homme. Quand sa langue s'aventura entre elles, Dean se tendit une seconde. Castiel pouvait deviner que ce n'était pas quelque chose qu'on lui avait fait souvent. Probablement jamais. Le jeune homme semblait ne pas savoir comment réagir. Mais Castiel ne comptait pas se laisser déstabiliser pour autant. Il n'avait jamais rien fait de tel avant non plus. Il n'était même pas sûr d'aimer. Mais il était prêt à tout essayer avec son compagnon. Il introduisit sa langue à l'intérieur du jeune homme, surpris par la résistance qu'il rencontra. Il ne força pas le passage et laissa à Dean le temps de s'habituer à ces nouvelles sensations. Il sentit rapidement le muscle se détendre et il put se remettre au travail. Il fit aller et venir sa langue à l'intérieur du jeune homme, le préparant lentement. Dean semblait avoir des difficultés à ne pas accompagner ses mouvements et Castiel considéra cela comme une victoire. Il attrapa les cuisses de son ami et serra les muscles entre ses doigts. Il n'avait jamais imaginé se retrouver dans une telle situation et il était un peu perdu quant à ce qu'il devait faire. Mais il était déterminé à suivre son instinct. Il était surpris de constater à quel point il aimait ce qu'il faisait. Il n'avait jamais pensé être le genre d'homme à aimer ce qui sortait de l'ordinaire. Mais il y avait quelque chose d'incroyablement érotique dans ce qu'il faisait en ce moment. Quelque chose d'intime. Il n'existait pas de contact plus personnel. Dean le laissait contrôler la partie la plus intime de lui et Castiel aimait sentir son parfum l'envelopper, la texture de sa peau et le goût qu'il laissait sur sa langue. Il continua à préparer le jeune homme pendant de longues secondes avant de remplacer sa langue par un premier doigt. Un second suivit rapidement. Quand Dean commença à bouger ses hanches d'avant en arrière, Castiel se redressa. Il se positionna correctement derrière son compagnon puis le pénétra en un seul mouvement rapide. Dean arqua alors son dos et poussa un nouveau cri. Castiel vint aussitôt coller son torse contre le dos du jeune homme et lui mordilla légèrement le cou. Il attendit quelques secondes que son corps et celui de son compagnon s'habitue avant de se redresser et d'attraper les hanches de Dean. Il recula les siennes et les lança ensuite en avant. Il imposa immédiatement un rythme soutenu à ses allées et venues. Le bruit de leurs deux corps se heurtant avait quelque chose de profondément excitant. Castiel se mordit la lèvre pour ne pas faire trop de bruit. Il garda les yeux rivés sur le dos de Dean, sur la façon qu'il avait d'accueillir ses mouvements sans tenter de prendre le contrôle. Il baissa ensuite les yeux sur l'endroit où ils étaient joints. Presque aussitôt, un gémissement s'échappa de sa bouche. Il accéléra le rythme de ses hanches. Devant lui, Dean avait les poings serrés et collés contre la tapisserie du motel. Il était majoritairement silencieux à présent mais sa respiration restait saccadée. Il prenait de plaisir. Castiel le savait. Et quand il sentit les prémices de son orgasme à la base de sa colonne vertébrale et dans son bas ventre, il passa un bras autour du ventre du jeune homme pour l'inciter à se redresser. Dean se laissa faire aussitôt. Une fois que son dos fut collé contre le torse de Castiel, il tourna son visage dans sa direction. Castiel ne pouvait pas l'embrasser comme il l'aurait souhaité. L'angle n'était pas bon et la position inconfortable. Il se contenta donc de refermer sa bouche à la jonction entre son cou et son épaule. Il enfonça ses dents dans la peau et sentit Dean se tendre. Le jeune homme poussa un long cri guttural puis le muscle autour du sexe de Castiel se referma entièrement, signalant à ce dernier que son compagnon venait d'atteindre le point de non retour. Castiel se laissa alors aller à son tour. Son orgasme fut sans nul doute le plus violent de son existence. Pendant une seconde, il crut qu'il allait perdre connaissance. Il bascula sensiblement en avant et il ne dut son salut qu'aux réflexes de Dean. Le jeune homme se retint contre le mur et les empêcha de tomber en avant. Castiel posa alors sa tête entre ses omoplates et ferma les yeux. Il avait quelques difficultés à reprendre sa respiration. Son cœur battait trop vite et trop fort. Il s'accorda quelques secondes sans bouger puis finit par reculer, se retirant de Dean le plus délicatement possible. Le jeune homme poussa un léger gémissement quand ils furent séparés. Castiel prit ensuite quelques secondes pour le regarder. Son dos était aussi couvert de cicatrices. Il en couvrit certaines du plat de la main et leva les yeux sur le visage du jeune homme. Il ne pouvait voir que son profit mais il avait un sourire sur les lèvres. C'était une victoire pour Castiel. Il sourit à son tour.

- Je reste, confirma t-il inutilement.

Il avait déjà accepté de ne pas partir. Ils s'étaient déjà entendus sur ce point. Mais il avait besoin de le dire à nouveau. De prononcer ces deux mots pour les ancrer dans son cerveau au moins autant que dans celui de son compagnon.

- Je sais, assura Dean d'une voix étrangement tremblante.

Castiel aimait la certitude qu'il entendait dans la voix de son ami. La confiance qu'il lui accordait malgré tous les doutes que son passé avait ancrés dans son esprit. Il ne se croyait pas digne d'être aimé et chéri. Mais il avait toutes les raisons de l'être. Il méritait plus que quiconque sur Terre d'être choyé comme quelque chose de précieux. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'il avait préparé le terrain pour l'homme qui aurait la chance de partager la vie de Dean dans le futur. Celui qui ne saurait jamais rien des horreurs traversées par le jeune homme et qui ne verrait que l'homme incroyable qu'il était au quotidien. Cette personne avait tout intérêt à apprécier ce qu'il avait. Car il serait probablement la personne la plus chanceuse du monde.

- Je t'aime, murmura t-il finalement.

Ces mots étaient inutiles car il ne rencontrerait jamais un écho satisfaisant chez Dean. Mais il avait besoin de les dire encore et encore. Il ne savait pas combien de temps il lui restait à passer avec le jeune homme et il ne comptait pas cacher ses sentiments jusqu'à leur séparation.

- Je sais, répéta Dean après quelques secondes.

Castiel hocha alors la tête même s'il savait que son ami ne pouvait pas le voir. Il fit ensuite un pas dans sa direction et vint coller son torse contre le dos du jeune homme. Il enfouit ensuite son nez dans les cheveux courts à la base de son crâne. Il récolta quelques gouttes du sueur du bout de la langue et ferma les yeux.

- J'aimerais pouvoir te le dire aussi … et peut être qu'une petite partie de moi ressent effectivement la même chose mais … mon cœur est … c'est un chantier d'une ampleur dont tu n'as pas conscience. Je ne saurais sans doute jamais capable de mettre des mots sur mes sentiments. Mais ça ne veut pas dire qu'ils ne sont pas là … avoua alors Dean.

Castiel sentit son cœur se serrer. Ce n'était sans doute pas ce qu'il aurait été en droit d'attendre d'une personne normale dans une relation ordinaire. Mais venant de Dean, cela avait une toute autre signification. C'était un « je t'aime » à peine déguisé. C'était également une fin de non recevoir. Castiel s'y était attendu. Cela ne l'empêchait pas pour autant d'apprécier les mots prononcés et le sens qui se cachait derrière.

- J'aimerais aussi que tu puisses … mais je suppose que ce n'était pas ce pour quoi nous étions destinés.

- Comment ça ?

Castiel recula finalement pour libérer Dean. Il lui prit la main et le conduisit jusqu'au lit. Il le fit ensuite s'asseoir sur le rebord du matelas et s'agenouilla entre ses jambes. Ils étaient toujours entièrement nus mais Castiel n'avait aucune raison de se montrer pudique. Pas après ce qu'ils avaient fait ce soir et certainement pas après avoir eu sa langue partout sur le corps du jeune homme.

- Mes parents sont très religieux comme tu le sais déjà … et si j'ai fini par ne plus croire en Dieu, je continue de penser qu'on est tous destinés à accomplir quelque chose dans notre vie. Je ne crois pas aux coïncidences. Et je pense sincèrement que nous étions voués à nous rencontrer. Le destin avait juste prévu que nous ne fassions qu'un petit bout de chemin ensemble.

Dean posa sa main sur la joue de Castiel et la caressa une seconde du bout du pouce.

- Le destin est un enfoiré, murmura t-il en souriant tristement.

C'était un peu réducteur mais cela sonnait juste aux oreilles de Castiel. Il sourit à son tour avant de déposer un baiser sur chacun des genoux de son ami. Il était surpris que le jeune homme le laisse faire.

- Sans doute oui, approuva t-il alors.

Il regarda ensuite Dean de longues secondes dans les yeux avant de se redresser et de pousser gentiment le jeune homme jusqu'à la tête de lit. Il tira ensuite les couvertures et lui fit signe de se glisser dessous. Quand Dean fut installé, il prit place à côté de lui. Ils se regardèrent à nouveau dans les yeux pendant un moment avant que le jeune homme ne rompe finalement le silence.

- Dans une autre vie … je suis sûr qu'on aurait pu être heureux, avança t-il.

- Dans une autre vie, confirma Castiel.

Il supposait que s'il avait eu la chance de rencontrer Dean avant qu'il ne croise la route de Gordon Walker et d'Alastair, ils auraient probablement pu devenir amis. Ou faire leur vie ensemble. Il aimait assez cette idée. Mais cela le rendait plus furieux encore quand il réalisait les dégâts que ces deux hommes avaient causés autour d'eux. Pas seulement chez Dean même s'il avait du en supporter la plus grosse partie. Leur existence avait également chamboulé la vie des gens qui étaient proches de son ami. Et la sienne par ricochets. Il était plus déterminé encore à faire tomber Alastair. Il s'approcha sensiblement de Dean et passa son bras autour de sa taille.

- Dans une autre vie, j'aurais assez aimé t'épouser un jour, déclara t-il.

Dean sourit à nouveau mais il y avait toujours une grande tristesse dans son regard.

- Dans une autre vie, j'aurais sans doute accepté, répliqua t-il.

Castiel prit alors quelques secondes pour imaginer ce que leur vie aurait pu être si toutefois ils avaient eu cette chance. Ils auraient sans nul doute été incroyablement heureux. Ils ne le sauraient jamais avec certitude. Mais Castiel savait que cette idée lui tiendrait chaud quand il serait loin du jeune homme.

- On devrait dormir, rappela ce dernier en fermant les yeux.

Castiel acquiesça puis attira Dean à lui en se tournant sur le dos. Le jeune homme posa alors sa tête sur son torse en posa son bras sur son ventre. Castiel dormait bien mieux quand il avait son ami serré contre lui. Les cauchemars le laissaient alors tranquille et il pouvait réellement se reposer. Il se demandait parfois si c'était ce que Benny avait ressenti à l'époque quand il avait eu la chance de s'allonger aux côtés de Dean. Castiel espérait sincèrement qu'il était conscient de la chance qu'il avait eu. Même si ça ne s'était définitivement pas bien terminé pour lui. Castiel savait qu'il était idiot d'être jaloux d'un homme qui avait payé de sa vie son amour pour son ami. Il aurait du avoir de la peine pour lui. Mais il l'enviait à la place. Et cela le rendait fou de rage. Il fit son maximum pour chasser Benny de son esprit et se concentra sur la sensation du corps nu de Dean contre le sien. Demain, ils reprendraient la route pour rejoindre Henriksen. Ils lui donneraient les documents et l'agent du FBI pourrait enfin mettre Dean à l'abri. Ce serait alors la fin du cauchemar pour Dean et le début de celui de Castiel. Mais il refusait d'y penser pour le moment. Il préférait de loin vivre dans le déni que souffrir en acceptant la réalité. Dans le silence de la chambre de motel, bercé par la respiration profonde et calme de Dean, il pouvait presque croire qu'ils étaient un couple normal en vacances. Presque croire qu'ils n'avaient rien à craindre de leur avenir. Presque. C'était là tout le problème. Car dès que le soleil se lèverait, il emporterait avec lui l'illusion d'un avenir à deux et ramènerait brutalement Castiel à la réalité. Elle était dure et cruelle. Elle était injuste. Mais elle était inévitable. Castiel l'avait accepté. Son cœur ne s'en portait pas mieux pour autant. Et le jour où il se briserait en mille morceaux, ces nuits passées serré contre Dean serait un maigre réconfort. Leur souvenir serait la seule chose qui lui permettrait de se rappeler qu'il n'avait pas rêvé. Qu'il avait eu la chance de connaître cette proximité et cette intimité avec l'homme qu'il aimait. Une chance incroyable qu'il n'aurait jamais cru avoir et qu'il espérait ne jamais regretter d'avoir eu.