ça vous inspire pas tellement on dirait ce nouveau sous-épisode ! Ràr d'Abeille
Titesouris : Génial alors.
Colinou : Super en effet
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Chapitre 25: Consolider ses Forces ~Partie 2~
Il y eut un silence dans la chambre, personne ne bougeant. Pas un souffle tandis qu'Arthur les fixait, osant à peine espérer.
"Vous êtes venus me jurer allégeance ?"
Nellan hocha la tête, acquiesçant pour les trois.
"Eh bien, officiellement, il s'agit d'une visite d'Etat surprise du Roi Fyrendir, pour forger un traité avec Camelot. Un lien d'amitié et de confiance, comme celui que partageaient votre père et son oncle avant que Cenred ne s'empare du trône d'Escetia par un massacre."
Tarven prit la parole, pianotant légèrement sur le bord du dossier qu'il portait.
"Officieusement, je viens vous offrir l'assistance et les ressources de l'organisation que mon père a fondée. Et Nellan vient offrir les services de son clan en matière de conseils, ainsi que des liaisons pour vous.
- Les Oristalla sont strictement un clan 'attendons et observons les évènements'. Nous n'agissons que sous certaines circonstances, et nous n'interférons jamais avec ce qui est destiné à arriver, expliqua le druide en souriant. Cependant, vous pouvez nous demander des conseils, et nous serons également ravis de parler en bons termes de Camelot et de vous aux autres druides quand nous les croiserons."
Arthur jeta un regard à Merlin, cherchant une explication car il savait que le magicien connaîtrait la réponse.
"Attendons et observons ?"
La réplique de Merlin fut affable.
"Ils notent les évènements des prophéties importantes quand ils se produisent, avec leur oracle pour les prévenir si quelqu'un essaie de faire dévier cette prophétie par une manipulation délibérée. Si un évènement violent est sur le point de se produire, mais n'est pas censé se produire, leur oracle leur dit et ils font en sorte que la personne responsable n'ait jamais l'occasion de mettre le désordre."
Gaius, remarquant la question visible dans les yeux d'Arthur, rejoignit le jeune roi.
"L'essentiel, ce sont les évènements qui sont 'censés' se produire, comme une partie d'un chemin prédit. Seriez-vous l'homme que vous êtes aujourd'hui, sans les épreuves, les difficultés et les chagrins que vous avez affrontés ?"
Arthur soupira; il comprenait.
"Non, je serais un crétin arrogant sans la moindre idée de comment être un bon roi."
Il regarda vers Nellan, toute idée de demander pourquoi ils avaient permis tant de souffrances, oubliées. Ce n'était pas à lui de remettre leurs méthodes en question.
"J'accepterai avec joie tout conseil que vous pourrez me donner. Si votre clan a un moyen de faire connaître son identité lors de nos rencontres, faites-le moi savoir afin que j'en informe mes alliés.
- En effet, il serait prudent pour tous les membres de la Fraternité de la Table Ronde, de savoir certaines choses."
Arthur sursauta à la mention de la Fraternité, il ne s'était pas attendu à ce que les visiteurs soient au courant, encore moins le Roi d'Escetia. Il regarda ensuite Merlin, fronçant les sourcils, et le magicien grimaça.
"Je les ai évidemment tenus au courant. Même s'ils agissaient tous indépendamment les uns des autres, aussi bien qu'ensemble, c'était important que tout le monde soit au courant de ce qui se passe. Cela dit j'ai tenu certaines choses confidentielles.
- Comme quoi ?
- Agravain, pour commencer."
Il y eut de nouveau un silence, et c'est alors que Geoffrey, aussi surpris et dépassé que depuis une heure, s'éclaircit la gorge.
"Peut-être devrions-nous tous nous asseoir et commencer les discussions nécessaires. Car je suis sûr que vous avez beaucoup à dire à Sa Majesté."
Ils se regardèrent et se dirigèrent vers la table, Arthur assis en tête, Merlin à sa droite, et Gaius et Geoffrey à sa gauche dans les mêmes positions qu'avant. Nellan se retrouva assis à côté de Geoffrey, tandis que Fyren et Tarven étaient placés à côté de Merlin.
Tarven commença alors à faire passer un certain nombre de documents, chacun énumérant une partie différente des forces, vivres, alliés et bases d'opérations de la Conspiration. Grâce à Fyren, l'organisation avait vu une augmentation massive de leur puissance militaire depuis l'été précédent. Depuis, lui comme Tarven siphonaient discrètement un flot régulier de finances de son patrimoine. En plus de cela, Tarven lui avait officieusement donné la Forteresse d'Ascétir, qui à l'approbation de Camelot deviendrait un carrefour central pour les différents groupes.
Arthur acquiesça lorsque cela lui fut mentionné, plus qu'impressionné par l'échelle de l'organisation qu'on venait de lui révéler. Une qui avait été formée et maintenue juste sous le nez de son père.
"Je vais l'autoriser immédiatement, comme part du Traité entre Camelot et Escetia. Pour contrer toute objection de mon conseil, nous pouvons en faire un point de jonction, qui sera occupée par des hommes de nos deux royaumes. Et pour éviter des questions sur qui commandra la forteresse, nous autoriserons le Seigneur Tarven à choisir quelqu'un de convenable. Etant donné que c'est quelqu'un en qui nous avons tous deux implicitement confiance."
Fyren sourit pour marquer son accord, son attention se portant sur le nouveau visage autour de la table. Quand Merlin avait envoyé les convocations quatre jours plus tôt, Messire Geoffrey de Monmouth n'avait pas été 'au courant'.
"Cela me convient. Le conseil acceptera-t-il la proposition du Roi Arthur de cette façon ? Messire Geoffrey."
L'archiviste s'éclaircit la gorge, s'étant trouvé incapable de trouver quelque chose à ajouter à la conversation jusqu'à présent.
"Il y aura quelques doutes mineurs, certainement de la part du Seigneur Agravain. Cependant, comme mon Roi ma l'a demandé, je placerai ma voix pour le soutenir. Cela suffira à empêcher d'autres protestations."
Fyren acquiesça, satisfait, avant de s'adresser à l'autre roi.
"Alors c'est réglé. Quant au traité, vous pouvez y mettre ce que vous voulez du moment qu'il mentionne un soutien mutuel entre nos deux royaumes. Je vous fais confiance pour veiller à nos bénéfices à tous les deux."
Arthur eut un sourire pointu avant de donner un coup de coude à l'homme à sa droite.
"Merlin, je veux que tu passes cet après-midi à écrire le traité nécessaire ; Geoffrey pourra t'assister pour les détails minimes. Prépare deux versions. Une pour signer en privé, qui comprenne tout ce qui concerne la magie, et l'autre pour la cérémonie publique que nous donnerons demain soir."
Geoffrey commença à le fixer avec incrédulité.
"Vous voulez que Merlin les écrive ?"
A côté de lui, Nellan plaça une main apaisante sur le bras de l'archiviste.
"Merlin est la raison pour laquelle nous sommes ici, et nous lui avons déjà juré allégeance. Tout comme il a juré allégeance au Roi Arthur. Qui de plus fiable pour jouer les intermédiaires, que celui qui nous a réunis en premier lieu ?"
Geoffrey demeura silencieux un moment, avant de se renfoncer dans sa chaise avec un soupir.
"Je vois que je vais avoir besoin d'un peu de temps pour m'habituer."
De l'autre côté de la table, Fyren eut un rire de compassion.
"Si ça peut vous consoler, nous avons ressenti à peu près la même chose le jour où le Seigneur Merlin s'est glissé dans le manoir d'Ulwin pendant le solstice il y a deux hivers. Même dans nos rêves, nous ne nous serions pas attendus à ce qu'il sorte ainsi de nulle part, pour demander une alliance avec nous."
Arthur haussa les sourcils à ces mots avant de se lever.
"Et j'imagine que ce doit être une histoire intéressante. Peut-être que le Seigneur Tarven et vous aimeriez me la raconter, puisque je n'ai pas d'autre affaire pressante aujourd'hui. Nous pourrons en discuter dans mon bureau, puisque je n'ai pas encore utilisé cette pièce. Il faut que je perde l'habitude de tenir le conseil privé dans mes appartements."
Gaius lui transmit le livre de silence qu'il avait toujours avec lui.
"Alors vous aurez besoin de cela. Je vais m'occuper d'en faire un autre cet après-midi, qui restera dans le bureau."
Ils se levèrent tous, cette première réunion étant clairement terminée. Gaius se rendit dans ses appartements, Nellan décida d'aller se promener après avoir ôté le sort de silence de la pièce. Geoffrey fut envoyé à la Salle des Archives par Merlin, pour préparer le matériel pour les documents des traités, et Arthur fut suivi par Fyren et Tarven.
Le dernier à quitter la salle du conseil, Merlin laissa échapper un soupir tremblant de soulagement que ça se soit si bien passé. Vraiment, c'était mieux qu'il ne l'avait espéré. Une partie de lui s'était attendue à ce que Geoffrey soit réduit à l'incohérence par le choc des révélations précédentes, mais le vieil archiviste s'en était vraiment sorti en dépit de ce brusque changement.
Merlin sortit, se dirigeant vers le sommet du passage sur le toit est pour se détendre et s'éclaircir la tête sous les nuages qui menaçaient de pluie depuis le début de la matinée. Leurs grommellements de tonnerre, plus avertissement que véritable indicateur de tonnerre, avaient fait écho à son agitation intérieure jusqu'à ce qu'il ait fermement repris le contrôle de lui-même.
Appuyé contre le mur, à regarder les forêts et les champs autour de la cité, il laissa maintenant cette tension disparaître dans le vent, tandis qu'il cherchait à voir ce pour quoi il avait choisi cette position. Ce fut peut-être une demi-heure plus tard qu'il entendit le doux frottement des chaussures de cuir sur la pierre, tandis que Nellan arrivait sur le toit et venait se dresser à ses côtés.
"Je m'étais interrogé sur votre décision, à toi et Arthur. Celle de ne pas ramener la magie d'un seul coup, mais de procéder avec la douce lenteur de l'eau gouttant dans une tasse. L'acceptation de Camelot envers la magie est actuellement une tasse presque vide. Mais avec chaque goutte, elle se remplira lentement jusqu'au bord, jusqu'à ce que le retour de la magie soit aussi simple que la transition entre la nuit et le jour."
Il regarda Merlin du coin de l'oeil, impressionné.
"Ton choix montre une grande sagesse et une grande compréhension, et le savoir que la patience est le chemin qui mène à tout."
Le magicien soupira, son regard toujours fixé sur les terres aux alentours.
"Et c'est là que Morgane se trompe tant. Elle est impulsive, impatiente, et prompte à la colère. Elle fait des choix sans entièrement considérer le futur, créant des oublis qui la font trébucher encore et encore. Elle est sa propre pire ennemie, et elle ne le sait même pas."
Nellan ne put que hocher la tête. Bien que son clan n'ait pas et ne puisse pas observer Morgane comme ils observaient le nouveau roi et son protecteur, ils étaient conscients de tous ses attentats récents à leurs vies.
"Alors, es-tu seulement monté ici pour réfléchir ?"
Merlin secoua la tête, doucement et avec un sourire.
"Non."
Il désigna un cavalier se dirigeant maintenant hors de la ville, vers les bois au sud-est.
"Parfois il est plus intéressant de regarder quelqu'un faire les choses en personne, que dans un bol de vision... Agravain, en route pour aller voir Morgane. Je suppose qu'il va lui donner la terrible nouvelle. Quatre jours sur le trône, et Arthur se voit déjà offrir une puissante alliance. Elle va être furieuse. Son sabotage de ma guérison d'Uther était une autre impulsion, ça ne peut pas être autre chose, et ça s'est retourné contre elle. Oui, Uther est mort. Mais ça n'a fait que renforcer la position d'Arthur, au lieu de l'affaiblir."
Le druide ne pouvait pas le contredire. C'était vrai.
"Uther parti, ceux qui se tenaient dans l'ombre peuvent venir dans la lumière. Maintenant qu'Arthur est roi, il peut commencer à ramener la magie dans le royaume. Même s'il ne peut toujours pas utiliser ouvertement des sorciers devant son peuple, il est quand même libre à présent de les utiliser comme il souhaite loin des yeux indiscrets."
L'expression de Merlin devint solennelle, mais sans perdre l'espoir que lui apportait son souvenir.
"Uther lui a donné sa bénédiction... Arthur suit ce chemin, sachant que son père est mort en étant fier de lui, même s'il a choisi la magie."
Le druide à ses côtés se raidit, avant de se tourner vers lui pour le regarder, choqué.
"Uther a fait quoi ? Mais, c'est impossible. Il détestait la magie plus que tout autre chose."
Le regard que lui rendit Merlin était réprobateur. Même s'il s'attendait à une telle réaction devant la révélation sur le père d'Arthur, ça ne voulait pas dire que ça lui plaisait. Uther avait gagné le droit à un peu plus de respect.
"Mais il aimait son fils bien davantage. Uther était au courant pour ma magie depuis tout ce temps, depuis que Morgane le lui a dit quand elle était reine. Il m'a épargné parce qu'il savait que ma loyauté allait entièrement à Arthur, que je mourrais pour lui. Et parce qu'il ne voulait pas voir la douleur sur le visage de son fils s'il me faisait tuer... Il m'a épargné, Nellan. Même s'il savait qu'en le faisant, le retour de la magie serait inévitable. C'est le secret que lui et moi partagions, jusqu'à ce qu'il le révèle à Arthur avec ses derniers mots."
Nellan le fixait maintenant avec admiration.
"Uther t'a fait suffisamment confiance pour te laisser en vie ?"
Ses épaules s'affaisèrent tandis qu'il laissait échapper un soupir émerveillé, secouant la tête avant de se redresser et de revenir au sujet.
"Eh bien je suppose que je vais te laisser à tes observations. Mais n'oublie pas, que tu as encore ces traités à écrire."
Il se dirigea vers la porte menant à l'intérieur du château, trouvant Fyren debout à cet endroit. Le roi murmura tandis qu'ils descendaient les escaliers, une admiration non-voilée dans sa voix.
"Il est vraiment quelque chose."
Nellan soupira, les faisant tous deux s'arrêter et lança un sort de silence autour d'eux. Les escaliers étaient notoires pour permettre aux gens d'entendre des choses qu'ils ne devraient pas.
"Alors, vous avez entendu tout ça ?"
Le roi acquiesça, s'appuyant contre le mur extérieur des escaliers.
"Oui... C'est effrayant de penser à quel point il peut changer les gens, juste parce qu'ils le connaissent et le côtoient. Dire qu'il a même été capable de changer Uther."
Nellan s'assit sur l'une des marches, appuyant ses coudes sur ses genoux et posant son menton sur ses mains croisées, réfléchissant.
"Il sera un dirigeant incroyable pour l'Ancienne Religion, même s'il lui reste encore à expérimenter une vraie position de direction. Il s'est toujours tenu comme la moitié d'une paire, avec Arthur, et ça suffira à amener la paix à Camelot. Mais pour élever Albion, ils doivent tous les deux apprendre à se tenir comme dirigeants. Seuls et dans leur propre droit, et cependant toujours côte-à-côte. Arthur comme Roi d'Albion, et Merlin comme Seigneur de l'Ancienne Magie."
Les sourcils de Fyren se haussèrent avec curiosité.
"Seigneur de l'Ancienne Magie ? Je ne savais pas qu'il y avait une position comme ça."
Nellan éclata de rire.
"Il n'y en a pas et il n'y en a jamais eu. Du moins pas encore... Mais j'ai le sentiment que d'ici peu, Merlin fera ses premiers pas dans cette direction."
Une main fut tendue vers lui, pour le remettre sur pieds. Fyren redressa le druide avec un sourire.
"Venez, Son Altesse veut en savoir plus sur le Clan Oristalla, alors j'ai dit que je viendrais vous chercher pendant que lui et Tarven finissent de parler de comment la Conspiration a été fondée. Il est certainement impatient d'en apprendre autant que possible sur notre petite communauté magique."
Nellan sourit, dissipant son sort de silence d'un claquement de doigts et reprenant leur descente des escaliers.
"Un roi qui plus que tout cherche à comprendre le peuple. Telle sera la clé pour la naissance d'Albion."
Il murmura ensuite dans sa barbe.
"Et c'est quelque chose que ses ennemis ne comprendront jamais."
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Il y eut un crash et un bris de poterie, les fragments d'une jarre pleuvant au sol en contrepoint aigu au hurlement féminin de fureur qui les accompagna. Un autre objet vola dans les airs, cette fois une bûche de bois, le noble qui était venu la voir reculant d'un pas quand elle frappa le mur proche de lui asez fort pour se fendre en deux.
Morgane fit volte-face pour se tourner vers lui, incendiant Agravain du retard au point de le faire reculer d'un pas supplémentaire.
"Qu'est-il arrivé à 'des opportunités dans les prochaines semaines'?! La mort d'Uther était censée affaiblir Arthur ! Il est censé être inexpérimenté, novice ! Comment a-t-il obtenu qu'Escetia vienne si vite vers lui ?!"
Agravain grimaça, levant les mains pour raisonner avec elle que ç'avait été hors de son contrôle ou de ses moyens de prédiction.
"Le Roi d'Escetia est arrivé avec le Seigneur d'Ulwin en escorte, ce qui signifie qu'il est fort probable que le Seigneur Tarven ait été en négociations avec lui pendant un moment. Ils avaient un autre homme avec eux, habillé comme un médecin mais qui se tient d'une façon étrange. Si ce que je soupçonne est vrai, le 'médecin' du Roi Fyrendir pourrait bien être en fait un magicien déguisé. Tout cela me frappe comme quelque chose qu'ils ont prévu depuis un moment. Quelque chose de prévu en secret pour le jour où Arthur deviendrait roi."
Morgane commença à faire les cent pas, crispant et décrispant les mains avec agitation, comme si elle voulait étrangler quelque chose à mort.
"Arthur veut ramener la magie à Camelot. Il doit avoir des alliés parmi les sorciers, autres que Merlin et Gaius, et il les a faits venir."
Agravain grimaça de nouveau quand un autre bout de bois frappa le mur, à trois pas de sa tête tout au plus, essayant de voir le bon côté des choses.
"Ses nouveaux alliés ne peuvent pas être partout à la fois. Le Roi D'Escetia va devoir gérer son propre royaume la majeure partie du temps, et les Druides sont pacifiques. Et si le Seigneur Tarven est vraiment un sympathisant de la magie, sa position demeure quand même inchangée puisqu'il est simplement le seigneur de l'une des provinces de Camelot. Ses forces appartiennent déjà au royaume, il n'y aura nul vrai gain pour Arthur de sa part."
Morgane se tourna vers lui, crachant de rage.
"Je sais tout ça. C'est un inconvénient qu'il ait Escetia de son côté, mais avec des préparations soigneuses, lui comme le Seigneur d'Ulwin peuvent être évités, contournés."
Agravain l'observa se remettre à faire les cent pas, sourcils froncés.
"Alors pourquoi êtes-vous si énervée ?"
Elle s'arrêta.
"Si cette homme que vous avez vu, le 'médecin', est vraiment un druide, alors il sera venu voir Arthur comme représentant d'un clan."
Elle avança vers Agravain, le coinçant contre le mur avec un doigt sur sa gorge.
"Et si un Clan de Druides lui jure son soutien, même si ce sont des pacifiques et qu'ils sont inutiles au combat, d'autres vont suivre."
Agravain déglutit convulsivement, sans bouger d'un pouce. Il ne voyait toujours pas ce qui l'inquiétait tellement.
"Quel mal est-ce que ça peut faire ? Ils évitent le conflit, et refusent de se battre. Je ne vois pas comment ils peuvent lui servir à grand-chose."
Morgane abaissa son doigt, se détournant avec dégoût devant son ignorance.
"Vous êtes un imbécile complet... Si Arthur reçoit le soutien des Druides, de tous les Druides, il aura le soutien de presque tous les disciples de l'Ancienne Religion."
Des yeux bleus comme la glace le clouèrent au mur avant qu'il ne puisse bouger de nouveau.
"Tous les Grands Prêtres qui ne sont pas druides suivront leurs frères là-dessus, et si les prêtres suivent, alors presque tous les pratiquants de la magie en feront autant partout. Vous ne voyez pas, ce sera juste le début. Ce ne sera pas quelque chose de rapide. Cela prendra du temps, des années, pour que les choses en arrivent à ce stade ; mais ça arrivera... Avec chaque jour qui passe, les sympathisants disponibles pour moi vont diminuer tandis que le nombre de ceux qui lui sont loyaux grandira. Seuls ceux qui sont déterminés à chercher vengeance pour la Purge m'aideront après ça, et ceux qui n'ont pas de magie mais sont assez faibles ou aveuglés pour que je les manipule."
Elle grinça les dents, réfléchissant.
"Des nouvelles au sujet d'Emrys ? La Cailleach était claire, Emrys est la plus grande menace envers moi. Si nous pouvons le détruire, les efforts d'Arthur cesseront de nous inquiéter."
Agravain s'éloigna enfin du mur, frottant de la main l'endroit où son ongle avait laissé une marque sur sa nuque.
"Aucune pour l'instant. Que voulez-vous que je fasse à Camelot désormais ?"
Elle s'assit dans la chaise près du feu, fixant les flammes.
"Continuez cette charade, et causez autant de problèmes que possible au conseil. Faites en sorte que Camelot soit instable, sans être découvert."
Ses yeux bleus et froids se tournèrent vers lui, lui perçant le coeur telle des lances de terreur.
"Et soyez prudent. Parce que si Arthur découvre avec certitude que vous êtes un traître, vous cesserez de m'être de la moindre utilité."
Agravain s'inclina et s'empressa de partir, l'air à la fois nerveux et angoissé. Ce n'était pas une bonne situation où se trouver pour lui, et il le savait.
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