Avertissement : Y en a pas. Voici juste la conclusion de l'histoire.

Bonne lecture !

Yzan & Lili.


~ Chemins de traverses.~

~Chapitre 25 : Au bout du chemin.~

La sonnerie stridente d'un réveil tira un grommellement au corps étendu dans le grand lit deux places. Naruto tendit le bras pour faire taire le bruit désagréable, partant ensuite à la recherche d'un corps qu'il savait pourtant pertinemment ne pas être là. Un soupir désabusé lui échappa. Malgré le temps qui passait, il ne s'y faisait toujours pas à cette absence. Il se frotta les yeux pour finir par les ouvrir, posant un regard attristé sur la moitié du matelas qui aurait dû supporter le corps de son amant.

S'extirpant tant bien que mal de dessous la couette bariolée, le jinchuriki se leva et commença à s'habiller. Son regard se posa sur les photos encadrées et posées ici et là, sur les tables de chevets et la console. Du bout d'un doigt, il caressa le bord du cadre de l'image figée de l'équipe sept, Kakashi et Sakura souriants alors que Sasuke et lui-même avaient plus l'air mécontents. Juste à côté, il y avait Sasuke endormi dans le rocking-chair dans la chambre des jumeaux, Sayuki et Makoto reposant sur son torse.

Mais de toutes, celle qu'il préférait était le magnifique dessin au fusain que Sai lui avait offert peu après l'attaque de l'Akatsuki. Sur une grande toile blanche, le peintre les avait dessinés lui et Sasuke alors qu'ils étaient étendus sur un pouf posé sous la véranda. Le jeune homme brun appuyait son dos contre son torse, son kimono foncé mettant en valeur le ventre proéminent qu'il entourait de ses bras. Les traits détendus de celui qui lui avait fait le plus beau des cadeaux avaient parfaitement été retranscrits par l'artiste.

Un coup d'œil au réveil le poussa à accélérer, s'il traînait trop il allait être en retard. Sortant de sa chambre, il alla tirer du lit ses enfants, ses deux petites merveilles, Sayuki et Makoto, dans la chambre face à la sienne, de l'autre côté du couloir.

- Allez tout le monde debout ! Dépêchez vous, il ne faut pas être en retard à l'académie ! lança-t-il en ouvrant les rideaux, laissant les rayons du soleil inonder la pièce aux murs à moitié orange clair sur leur partie inférieure et à moitié blancs crème sur leur partie supérieure.

Avec amusement, il vit une tête blonde émerger doucement de sous une couette mauve en grognant alors que son fils lui sautait dessus en hurlant un "Bonjour" tonitruant. En riant, il rattrapa son petit brun au vol le faisant voler au dessus de sa tête avant de le reposer et de l'inciter à s'habiller. S'asseyant sur le lit encore occupé, il ébouriffa la chevelure blonde de Sayuki qui entrouvrit un œil en marmonnant un vague "Bonjour".

- Allez ma puce, il faut se lever et s'habiller. Je vais vous préparer le petit déjeuner et je vous déposerai à l'académie. Tu ne voudrais pas être en retard n'est-ce pas ?

- Ouais, surtout qu'aujourd'hui on a entraînement au lancer de shuriken ! Ça va être trop cool !

L'exclamation enthousiaste de son fils fit sourire le jeune père. Makoto ressemblait trait pour trait à Sasuke sauf les yeux qui étaient aussi bleus que les siens. Pour la personnalité par contre... il avait clairement hérité de son tempérament fonceur et braillard.

Un mouvement à ses côtés lui fit tourner les yeux vers sa fille qui sortait lentement du lit. Elle était son portrait tout craché, à lui, seul ses iris aussi noirs que ceux des Uchiwa tranchaient sur sa peau cuivrée. De nature bien plus calme que son jumeaux, elle avait hérité du caractère renfermé et altier de son autre père. De son goût pour le calme et le rangement aussi, la petite fille passant systématiquement derrière son frère pour ranger le désordre qu'il semait sur son passage.

L'adulte blond laissa les deux enfants se préparer et se dirigea vers la cuisine où il sortit le nécessaire pour nourrir les deux estomacs sur pattes qui n'allaient pas tarder à débouler. Quelques minutes plus tard, attablé devant un bol de ramen, il écouta amusé ses jumeaux se disputer pour savoir lequel des deux serait le meilleur à l'exercice du jour, lui rappelant trait pour trait les prises de bec qu'il pouvait avoir plus jeune avec Sasuke. Ces deux enfants étaient de véritables rayons de soleil dans sa vie, même si parfois ils l'épuisaient.

Marchant d'un bon pas dans les rues baignées de soleil et animées de son village, saluant quelques villageois au passage qui le lui rendirent avec bonhomie, il arriva sans encombres à l'académie avec ses deux enfants. Il échangea quelques mots avec son ancien instituteur avant de lui confier sa progéniture. Iruka s'éloigna en compagnie des jumeaux, leur faisant rejoindre les autres enfants qui jouaient un peu plus loin dans la cour.

Naruto ressentit un immense élan de fierté le submerger. Ils n'avaient pas des gênes Uchiwa pour rien ces deux là. Hier encore, ils soufflaient leur cinquième bougie et ils étaient entrés à l'académie ninja peu après, avec un an d'avance, à l'image de leur oncle défunt, Itachi, dont le nom était maintenant gravé sur la stèle des héros, comme l'avait promis Tsunade. Reprenant sa route, un doux sourire sur ses lèvres, il soupira. Décidément, les enfants grandissaient trop vite ! Ou était-ce le temps qui passait sans qu'il ne s'en rende compte...

Cinq ans déjà s'étaient écoulés depuis la dernière grande bataille contre Zetsu et Madara, les membres restant de l'Akatsuki. Bien des choses avaient changé depuis la mort des deux vieux conseillers et la trahison de son ancienne coéquipière. Sakura... Levant les yeux vers le ciel bleu, il se rendit compte que le coup de poignard dans le dos que cette dernière lui avait infligée laissait une marque indélébile. Sai, Kakashi, et tous leurs amis de la même génération avaient eux aussi mis longtemps à se remettre du choc et de la consternation.

La jeune fille avait été sévèrement punie, se voyant retirer son statut de ninja et envoyée dans une pension surveillée par des ANBU à l'extérieur du village. Elle n'avait pas le droit d'en sortir sauf autorisation spéciale de l'Hokage, et sous bonne escorte. Elle recevait régulièrement la visite de ses anciens amis, lui-même ayant été la voir deux fois. Mais l'accueil qu'il avait reçu l'avait dissuadé de revenir, sa présence semblant lui faire plus de mal qu'autre chose.

- Naruto !

L'exclamation joyeuse le stoppa dans sa progression vers la tour Hokage. Il sourit largement à Konohamaru flanqué d'Udon et Moegi, prenant de leurs nouvelles et conversant un instant avec les trois adolescents enthousiastes, se moquant ouvertement des dernières blagues qu'ils avaient fait à Ebisu, leur ancien sensei.

Arrivé à sa destination, il grimpa les marches qui le mèneraient au bureau du Hokage. Croisant Neji, il lui demanda des nouvelles de Gaara puisqu'il revenait d'une mission de routine à Suna, les deux villages travaillant activement main dans la main à maintenir la paix dans le monde ninja. Alors qu'il discutait de choses et d'autres avec le porteur du byakugan, un tissu blanc lui tomba sur la tête, lui masquant la vue.

- Tu as encore oublié ton manteau ! Je ne suis pas ta bonne à tout faire Naruto ! soupira Shikamaru.

Récupérant le vêtement, symbole de sa fonction, le jinchuriki l'enfila en riant et remercia son ami pour le lui avoir apporté.

- Merci Shika ! Que ferais-je sans toi ?

- Pas grand chose manifestement... quelle galère... pourquoi j'ai accepté ce poste moi ?

- Pour protéger le Roi ! Quelle question ! s'exclama son ami blond comme les blés.

Le descendant du clan Nara se figea un instant en entendant la réponse de celui qui, depuis trois ans maintenant, était le Rokudaime Hokage de Konoha, et qui n'était jamais loin de le faire tourner en bourrique. Mais pourquoi avait-il accepté d'être l'un des conseillers de cet énergumène sans cervelle ?

Shikamaru traîna son ami vers son bureau et ses fonctions qui l'attendaient, sachant pertinemment que s'il n'intervenait pas, ce dernier était bien capable de passer toute la journée à discuter avec Neji ou toute autre personne qui croiserait sa route. A son grand désespoir, son homologue ne lui était que d'une utilité minime dans ces cas là, Tsunade préférant écumer les bars du village ou se prélasser dans les bras de sa compagne depuis qu'elle avait cédé la place à son petit protégé.

Naruto était assis à son bureau qui disparaissait sous une montagne de paperasse diverse. Son regard navigua sur les photos des différents Hokage accrochées au mur. Ses yeux bleus s'arrêtèrent sur celle de son propre père. Un élan de fierté gonfla son coeur. Non seulement il avait réalisé son rêve et atteint son but, mais en plus il avait fait mieux que son père, prenant le poste plus jeune que lui.

Il était là depuis déjà quelques heures quand un coup fut frappé à la porte, le tirant de cette paperasse administrative qui n'en finissait pas. Il invita la personne à entrer d'une voix chaude et forte, et vit avec un certain soulagement un ANBU franchir le seuil. Face à lui se tenait le Chef des ANBU du village, un rouleau à la main qu'il lui tendit sans un mot. Le Rokudaime décacheta le parchemin scellé, parcourant rapidement le rapport de mission avant de reporter son regard sur la silhouette fine et élancée, vêtue de la tenue réglementaire noire et blanche.

Même s'il avait totalement confiance en son subordonné, il n'aimait pas particulièrement l'envoyer en mission. Ce dernier y allait donc rarement, ne quittant son poste au sein du village que lorsque ses capacités exceptionnelles étaient requises. Les yeux bleus du jinchuriki scannèrent rapidement son vis-à-vis, s'assurant que celui-ci était indemne. Rassuré, il fixa le visage caché par un masque entièrement blanc dont seul le contour des yeux était souligné par deux traits rouges.

- Comme d'habitude, la mission est un succès... dit-il calmement.

Son interlocuteur se contenta d'un simple hochement de tête silencieux. Naruto le remercia et lui donna congé, lui rappelant au passage que dès le lendemain un certain nombre de dossiers de candidature à l'intégration des ANBU l'attendait, ainsi que quelques rapports de missions à contresigner et classer. Il ricana doucement en entendant le léger soupir désabusé de son subordonné, l'amour de la paperasse était un point qu'ils avaient en commun, pour son plus grand plaisir. Savoir qu'il n'était pas seul à transpirer d'ennui au dessus d'une montagne de papier le rassurait.

La nuit commençait à tomber quand enfin Naruto pu quitter son bureau, reprenant avec plaisir le chemin de sa maison, pressé d'y retrouver sa petite famille et d'entendre les jumeaux lui raconter leur journée. Sautant de toit en toit, il parcourut rapidement la distance qui le séparait encore de sa demeure. Des éclats de rires enfantins provenant de la salle de bain l'accueillirent quand il poussa la porte d'entrée après avoir franchi le grand portail ceint des hauts murs blancs.

Discrètement, il s'appuya au chambranle de la porte ouverte posant un regard attendri sur la scène qui s'y déroulait. Dans la baignoire, Sayuki et Makoto prenaient leur bain avec force éclaboussures, se chamaillant pour les jouets qui flottaient dans l'eau mousseuse et parfumée. Il observa le profil de la personne à genoux devant la baignoire, torse nu, qui lui tournait le dos. Là devant lui, s'échinant à shampouiner Makoto, son chef des ANBU, l'amour de sa vie, le centre de son univers, celui qui lui avait donné ses deux merveilles ... Sasuke Uchiwa...

Son regard se posa sur le biceps gauche tatoué, le symbole des ANBU de Konoha se détachant nettement à l'encre noire sur la peau couleur de neige, avant d'errer sur le dos pâle et musclé qu'une large cicatrice barrait du dessous de l'omoplate droit au flanc gauche. Un sentiment d'oppression angoissée le saisit à la gorge au souvenir de cette journée où il avait bien cru perdre définitivement celui qui comptait tant à ses yeux.

Les trois semaines qui avaient suivi avaient été un véritable enfer pour lui, Sasuke suspendu entre la vie et la mort, sa vie ne tenant plus qu'à un fil si ténu qu'il avait bien cru dix fois le perdre pendant ces jours sombres où il était resté plongé dans le coma le plus profond. Trois fois... trois fois son cœur avait cessé de battre, lui donnant l'impression horrible qu'une partie de lui mourrait à chaque fois. Trois fois Tsunade avait réussi à le réanimer de justesse, faisant repartir l'organe vital.

Il n'avait quasiment pas quitté le chevet de son brun de jour comme de nuit, Iruka et Kakashi se relayant pour s'occuper des jumeaux qu'il avait emmené avec lui à l'hôpital, puisqu'après le combat qu'ils avaient menés, au début il était trop fatigué pour pouvoir former des clones. Le jour où, enfin, Sasuke avait ouvert les yeux, il avait soudain eu l'impression que le monde retrouvait toute sa lumière, ses couleurs et tout son sens.

- Papa Gatchi !

L'exclamation ravie de Makoto le tira de ses pensées, et il retint un soupir désabusé. Oui, ses enfants l'appelaient Papa Gatchi. Tout ça à cause d'une certaine grenouille surnommée Sasugatchi... qu'il avait eu la très mauvaise idée de faire adorer à ses jumeaux ! Souriant, il se rapprocha de sa famille, éclaboussant gentiment ses deux bambins encore dans le bain, il se pencha pour ravir les lèvres fines et à peine rosées de son bien-aimé.

- Alors ces lancers de shuriken ? demanda-t-il.

- Ouais ! Génial ! On a été les meilleurs, surtout moi ! se vanta son fils de sa petite voix enthousiaste.

- … Pfff... T'en as raté un alors que moi j'en ai raté aucun... énonça calmement Sayuki d'un ton clair et tranchant.

- Quoi ! C'est pas vrai d'abord ! Tu plaisantes ! J'étais à ça, juste ça ! J'ai raté le centre de la cible d'un demi-millimètre !

-... moi, les miens, ils étaient tous parfaitement plantés en plein milieu... Comme Papa Suke nous a montrés.

Makoto croisa vivement les bras sur sa poitrine fluette, se mettant ostensiblement à bouder. Le rire grave et rauque de leur père aux cheveux mordorés résonna en écho dans la salle de bains et il ébouriffa affectueusement les deux têtes de ses chérubins. C'était Iruka qui n'avait pas dû en mener bien large avec tout ça. Il avait pourtant bien dit à Sasuke que c'était peut être un peu trop tôt pour leur enseigner le lancer d'armes. Il lança un regard gentiment réprobateur à son compagnon dont les orbes sombres le fixèrent brièvement, ignorant superbement la désapprobation sous-jacente.

Retroussant ses manches, Naruto aida son compagnon à laver leurs jumeaux, un peu trop doués à son goût parfois, mais bon... entre ses gênes et ceux de son Uchiwa, le contraire eut été presque étonnant, et Sasuke aurait peut-être culpabilisé de ses tentatives d'avortements pendant sa grossesse si les deux bambins avaient été juste normaux ou en retard. Le fait que leurs enfants soient en pleine forme, surdoués et totalement épanouis, avait grandement aplani les craintes de celui qu'ils avaient baptisés "Papa Suke", au grand désespoir de celui-ci.

La fin du bain se termina en véritable bataille d'éclaboussures rangée entre parents et enfants mais également entre ressortissants d'un même duo, transformant la pièce en véritable piscine municipale. Sasuke, en voyant le désastre provoqué, tordit le nez. Ça, ce genre de choses là, ça n'arrivait que quand son crétin personnel était dans les parages. Un baiser léger sur le haut de son épaule gauche le tira de ses réflexions alors qu'il aidait son fils à se sécher et que Naruto faisait de même avec leur fille. Le sourire lumineux que le jinchuriki lui adressa lui fit perdre un instant contenance. Non, il ne devrait pas lui pardonner pour le sol détrempé qu'il faudrait nettoyer ! Mais sa belle résolution fondit comme neige au soleil... le laissant juste désabusé, désabusé, mais en paix avec lui même.

Alors qu'il enveloppait Makoto qui continuait à babiller sur la journée écoulée avec son père blond, entraînant parfois quelques réactions pétulantes de sa fille déjà emmitouflée dans une grande serviette rose, Sasuke sentit le même tissu éponge venir essuyer sa nuque et ses épaules, passant brièvement sur le tatouage de son biceps. Quelque part, la boucle était bouclée songea le jeune homme brun en soulevant son fils dans ses bras.

Naruto Hokage, comme son père l'avait été avant lui, et lui, Chef des ANBU, comme son frère aîné l'avait été avant lui, tous les deux ensemble, parents de deux enfants dont le génie n'était pas sans rappeler celui d'Itachi. Ils auraient fait la fierté de leur oncle, de leurs grands-parents et du clan tout entier s'ils avaient été encore de ce monde, et ce malgré les conditions un peu particulières de leur conception et de leur naissance.

Le passage des pyjamas ne fut pas une mince affaire, Sayuki rediscutant tous les choix de vêtements de nuit proposés par son papa Gatchi, Naruto ne perdant pourtant pas patience et lui soumettant sans cesse de nouvelles options. A ce rythme, toutes les piles de linge allaient y passer dans la commode de la petite fille, parfaitement ordonnées par couleurs mais mises en désordre par un père bien trop conciliant.

- Makoto, combien de fois je t'ai dit de ne pas cacher de bonbons dans tes vêtements ! râla Sasuke en décollant une sucette d'un haut de pyjama bleu foncé et découvrant toute une colonie d'emballages colorés au fond du tiroir incriminé.

- Tu vois ! Je te l'avais bien dit ! renchérit sa fille alors que Naruto attirait son attention sur une chemise de nuit jaune canari ornée d'éléphants violets qu'elle bouda.

Le visage fin de son fils se décomposa et Sasuke hésita à poursuivre son invective.

- Ne le refais plus, d'accord ? Mets-les dans la boîte que je t'ai donnée, acheva son père sur un ton un peu sévère.

- Mais... après tu vas me la prendre, tenta le petit garçon pris en faute alors que son père l'aidait à boutonner une tenue confortable bleu ciel, imprimée de petits éventails blancs et rouges.

- Oui, parce que trop de bonbons avant les repas, ça coupe l'appétit ! Et ce n'est pas bon pour les dents, trancha-t-il très fermement.

La frimousse infantile sembla cette fois comprendre que les bornes étaient dépassées et qu'il ne valait mieux pas pousser plus loin. Makoto afficha un air penaud et désolé que Sasuke adoucit, passant une main dans les courtes mèches brunes. Il savait à présent que son fils ne recommencerait pas, même s'il semblait doté d'un aussi solide appétit qu'un certain blond et que très probablement quelques sucreries n'y changeraient pas grand chose.

Se détournant de l'enfant enfin prêt, il vint au secours du fameux blond en question qui était en train de retourner tiroirs et placards à la recherche d'un pyjama que sa fille voudrait bien accepter de porter. Leur petite princesse était en train de faire tourner son père en bourrique et Sasuke savait ça mieux que personne. D'un geste sûr, il ouvrit le deuxième tiroir de la commode adjacente à celle contenant les affaires de Makoto, et sans hésitation, en sortit un t-shirt et un bas de pyjama court vert pâle.

Il tendit le tout à sa fille avec un regard appuyé qui en disait long et cette dernière baissa un peu la tête vers le sol, masquant ses orbes sombres derrière ses longues mèches blondes.

- Mais comment tu fais ! Ça a été la guerre toute la semaine avec elle ! s'exclama Naruto en voyant sa fille s'habiller, visiblement satisfaite.

Sasuke arbora, triomphant, cette fameuse expression là, celle où Naruto savait qu'il passait un tout petit peu voire même beaucoup pour un crétin, ce qui l'énerva prodigieusement.

Naruto quitta la pièce, son fils sur les talons, pour aller bouder dans le salon devant la télé. Sasuke esquissa un léger sourire. Il n'était parti en mission qu'une semaine mais Kamisama que son foyer lui avait manqué. Attrapant une brosse à cheveux, il installa sa fille sur ses genoux, dos à lui, et lui brossa les cheveux, les lui nouant avec un élastique rose en une queue basse sur la nuque.

- Ce n'est pas bien de faire tourner ton père en bourrique, Sayuki.

Un petit silence s'installa entre eux, jusqu'à ce que leur petite princesse ne se retourne brusquement contre lui et glisse ses bras autour de la nuque paternelle, nichant son nez contre son torse. Elle ouvrit enfin la bouche alors qu'il lui caressait doucement le dos.

- … j'aime pas quand t'es pas là... Et puis c'est sa faute en plus... chuchota la petite voix presque tremblante de larmes contenues, formant une ombre chaude sur sa peau pâle.

- Pourquoi penses-tu que c'est la faute de papa ? demanda doucement Sasuke.

- … parce que... parce que c'est lui le chef. C'est lui qui t'envoie loin ! lança la petite fille d'un ton véhément.

Sasuke expliqua à sa toute petite demoiselle que non, ce n'était pas la faute de Naruto s'il partait. Son Rokudaime Hokage de père ne le faisait que quand vraiment il n'avait pas le choix et que c'était important pour le village. Sa fille se serra encore un peu contre lui et il lui extorqua la promesse d'être plus compréhensive et de ne plus faire payer à son père à l'avenir ses absences à lui, surtout quand ce dernier n'y pouvait rien. Le "... Hn..." qu'il obtint en réponse lui arracha un sourire et il emmena la jeune fille dans ses bras pour aller voir ce que devenaient les deux autres membres de leur famille.

Finalement, il était heureux d'avoir eu aussi une fille. Lui qui, au départ, avait craint de ne pas savoir y faire avec elle, ni comment s'y prendre, ayant toujours eu des rapports assez polaires et difficiles avec la gent féminine, adorait sa petite princesse aux cheveux blonds comme les blés. En définitive, c'était même presque plus reposant, plus calme et plus doux aussi. Mais c'était SA fille, et c'était sans doute l'exception qui confirmait la règle en quelques sortes.

Sasuke prépara le repas, Naruto lui donnant quelques nouvelles du village et de certains de leurs amis pendant que les jumeaux regardaient la télé. Il s'était absenté une petite semaine, et pourtant, ça aussi, ça lui avait manqué. Les discussions de Naruto, le son de sa voix alors qu'il ne lui répondait la plus part du temps que du bout des lèvres.

- … Neji est de retour. Je pense que Gaara ne va pas tarder à nous rendre une visite diplomatique. J'espère que ce sera avant la fin du mois, parce que sinon Hinata va encore venir me voir pour me dire que son cousin n'a pas trop le moral et qu'il faut que je l'occupe...

Naruto mit la table pour eux quatre et Sasuke y déposa les plats, appelant les enfants. Makoto et Sayuki s'installèrent, leur fils faisant une petite moue déçue.

- C'est pas des ramen ? lança le petit garçon.

- … on en a mangés hier... lâcha Sayuki d'un ton plat.

Cette fois, ce fut au tour de Sasuke de lancer un regard, lourd de reproches, à son blond qui se gratta l'arrière du crâne avec un sourire ennuyé.

.

- Dis moi Makoto, Iruka sensei m'a dit que tu t'étais battu à l'école ? lança Sasuke tout en servant son fils.

- Quoi ? Tu... tu t'es battu ? Tu ne t'es pas fait mal au moins ! s'exclama Naruto soudain inquiet, en se tournant vers son fils, ne pouvant s'empêcher de l'observer sous toutes les coutures même s'il n'avait rien repéré dans la salle de bains.

- C'est la fautes de ces idiots ! Ils se sont moqués parce que Sayu et moi on a pas de maman ! s'emporta soudain leur fils.

- … pfff... ils sont juste jaloux parce que Papa Gatchi c'est le chef du village et Papa Suke c'est le chef des ninjas au masque ! Je t'ai dis de pas faire attention, rétorqua sa soeur.

- Oui mais... tenta Makoto, tout énervé.

- Peu importe, les coupa Sasuke, désamorçant une énième petite rixe entre ses jumeaux. Je vous ai déjà dit de ne pas utiliser le Katon sur vos camarades ! En tout cas, pas tant qu'ils ne seront pas capables de se défendre. Ce n'est pas bien ! Il n'y a pas eu grand mal, mais quand vous faites ça, vous ennuyez votre oncle Iruka.

Naruto soupira de soulagement mais se mordilla les lèvres. Demain matin, Iruka râlerait encore après Sasuke. Kakashi avait d'ailleurs déjà dû en entendre parler... D'ici à ce que le ninja copieur passe aussi par son bureau, il n'y avait qu'un pas. Sasuke était particulièrement fier de leurs enfants et de leurs capacités, et c'était vrai que les deux petits diables étaient sans cesse en train de lui demander de leur apprendre de nouvelles choses...

Ce que son brun avait très à coeur de faire, considérant que c'était de son devoir en tant que père de leur transmettre certaines techniques de son clan et de leur apprendre à se défendre, juste au cas où... Et lui, il avait du mal à savoir si c'était une bonne chose ou non. Mais voir le regard brillant et l'air épanoui qu'il affichait quand il leur montrait de nouvelles techniques dans la petite aire d'entraînement qui était toujours dans le jardin n'avait pas de prix. Sasuke était heureux, oui, enfin heureux, et ça pour lui, ça valait bien quelques menus soucis.

Sasuke borda son fils dont il caressa la joue pâle alors que la petite tête brune, si semblable à la sienne, se posait sur l'oreiller, les pupilles azurées lourdes de sommeil. Le petit garçon s'accrocha à son cou, lui chuchotant un "Je t'aime, Papa Suke" à moitié endormi. Un léger sourire éclaira les traits de l'adulte. Ils avaient très certainement pris cette habitude de leur père blond qui le lui disait souvent, sans doute trop visiblement.

- … moi aussi Makoto... Bonne nuit, murmura-t-il à son fils qui lutta encore un peu le temps de dire bonne nuit à son autre père.

Sa fille se suspendit à son t-shirt, lui rappelant furieusement la réaction classique du mode Koala de son compagnon. Naruto l'embrassa sur la pommette puis sur le front et souhaita une bonne nuit à sa petite princesse qui lui ressemblait tant. Sayuki relâcha sa prise alors qu'il la serrait fort entre ses bras et se rencogna dans son lit, satisfaite, ses grands yeux noirs bien ouverts, attendant que Sasuke vienne la border. Les deux pères échangèrent de lits et Naruto embrassa son fils sur le front dont le "... t'aime... Papa Gatchi" le fit largement sourire.

Sayuki sentit la caresse fraîche de la main de son père sur sa joue et esquissa un sourire alors qu'il la bordait. Sa petite voix fluette se fit entendre dans le silence de la pièce.

- Bonne nuit, Papa Suke. Je t'aime, souffla la fillette au brun, dans le cou paternel qu'elle avait attiré à elle.

Sasuke esquissa un petit sourire tendre et lui répondit de la même manière qu'à son frère, la petite fille lui rendant son sourire et allant même planter un petit bisou léger sur sa joue, signe chez elle qu'il lui avait manqué.

Les deux adultes se relevèrent, allumèrent la petite veilleuse dans la pièce dont ils fermèrent la porte sur la pointe des pieds, deux respirations calmes et assoupies résonnant entre les murs colorés qu'ils quittaient. Ils ouvrirent la porte de leur chambre, juste en face, et y pénétrèrent. Naruto en profita pour prendre rapidement son brun dans ses bras, dit brun qui colla presque immédiatement ses lèvres aux siennes avec possessivité et exigence alors que ses bras musculeux se nouaient sur la nuque blonde.

- Tu m'as manqué, souffla Naruto tout contre les lèvres finement ourlées.

- … Hn... Toi aussi... Usuratonkachi, répondit Sasuke alors qu'il se sentait déjà frissonner intérieurement, sentant les mains chaudes de Naruto glisser tout contre la peau de ses reins, sous son t-shirt, alors que lui-même avait faufilé ses paumes sur les flancs du blond, sous le tissu qu'il avait encore sur le dos. Mais plus pour très longtemps, foi d'Uchiwa.

Oui, il osait répondre aux déclarations d'amour que Naruto et les jumeaux lui faisaient, lui, Sasuke, Sasuke Uchiwa. Il avait compris que la vie était courte et qu'il y avait des sentiments auxquels il voulait répondre maintenant, avant qu'il ne soit trop tard, bien trop tard. Même si c'était synonyme de faiblesse, il vivrait avec. Oui, il souhaitait vivre, vivre le plus longtemps possible, entouré de sa famille, cette famille accueillante et aimante, son foyer, l'endroit où était sa place et où il reviendrait toujours.

Son avenir était clair, il avait des souvenirs heureux plein la tête, et il savait qu'il y en aurait encore pleins d'autres dans le futur. Son t-shirt passa par dessus sa tête et il retira à son blond le même vêtement. Ses yeux noirs se chargèrent de désir alors qu'il parcourait du regard le torse bronzé et athlétique, car Naruto continuait à s'entraîner. Ils s'entraînaient ensemble car ils étaient de toute façon les seuls à pouvoir rivaliser l'un avec l'autre.

Naruto... SON Naruto... le sien à lui, le père de ses enfants, la personne qui l'aimait et qu'il aimait en retour, sa lumière, son soleil, celui à qui il pouvait montrer toutes ses faiblesse, celui en qui il pouvait avoir confiance, celui qui avait toujours été là pour lui et qui le serait toujours demain et les jours suivants. C'était tout à la fois son talon d'Achille et son pilier, c'était lui, tout simplement.

- Je t'aime, susurra la voix chaude tout contre sa gorge, le repoussant lentement vers leur lit.

- … Je sais... moi aussi... je t'aime... murmura-t-il dans un souffle à son amant, plongeant ses doigts dans les mèches dorées.

Naruto sourit dans le cou pâle, accompagnant plus ou moins leur chute sur le matelas alors que leurs mains parcouraient leurs épidermes, le feu du désir et de l'envie bouillant dans leurs veines et échauffant déjà leurs ventres. Il revint vers la bouche tentatrice qui prit possession de la sienne, lui arrachant un grognement impérieux. Il en profita pour vérifier si de mémoire de main, aucune nouvelle cicatrice n'était venue s'ajouter à celles qu'il connaissait par coeur et aurait pu situer les yeux fermés.

- … doucement, tu vas réveiller les enfants... murmura Sasuke.

- Alors prépare toi à mordre dans un oreiller, sinon c'est toi qui va les réveiller, répondit-il, ses yeux bleus se faisant canaille.

-... Idiot, le tança son brun, ses orbes sombres avides.

- Non, affamé, rétorqua-t-il en embrassant le ventre plat et musclé ainsi que la fine cicatrice horizontale qu'il y avait juste en dessous, sans oublier la petite craquelure qui avait fané avec le temps sur la peau délicate, se préparant à délester son partenaire de son pantalon.

- … On vient juste de sortir de table... lui souffla Sasuke avec un petit rictus joueur.

- Mais mon corps a faim du tien et je crois bien que pour toi c'est pareil, Teme, conclut-il.

Un pantalon vola dans la pièce, suivi d'un deuxième, deux sous-vêtements les accompagnant abruptement sur le même chemin. Le tiroir d'une table de nuit fut ouvert avec précipitation et pas même refermé. Une couette bariolée fut rabattue sur deux corps transis d'attente et de convoitise déjà lovés l'un contre l'autre. Ils avaient été séparés pendant une semaine et avaient hâte de se retrouver, de se redécouvrir, de s'unir, et de s'aimer.

Le lendemain matin, alors qu'il remplissait sa paperasse quotidienne, Naruto ne fut pas vraiment surpris d'avoir la visite de son ancien maître Kakashi. Celui-ci goguenard fit remarquer au blond que ses enfants faisaient régulièrement tourner Iruka en bourrique et que c'était lui qui était chargé de calmer l'instituteur le soir venu. Un soupir découragé franchit les lèvres charnues du Rokudaime. Ce matin, en déposant les jumeaux à l'académie, il avait déjà eu droit aux reproches de son père de coeur, reproches que Sasuke avait tout bonnement ignoré, arguant que si les autres élèves ne progressaient pas assez vite, ils n'y étaient pour rien. Et qu'ils n'avaient qu'à pas s'en prendre aux jumeaux, quand on cherche un Uchiwa, on le trouve.

Le soir venu, le blond regagna son domicile où sa petite famille l'attendait. Son compagnon remarqua immédiatement que celui-ci avait l'air préoccupé, mais il attendit que Sayuki et Makoto soient couchés pour mettre le doigt sur le noeud du problème. Assis dans le canapé du salon, Sasuke fixa intensément son blond et lâcha :

- Quel est le problème ?

Avec un soupir, Naruto se passa une main dans les cheveux avant d'expliquer ce qui le tourmentait. Il était étalé de tout son long sur le sofa, la tête posée sur les cuisses élancées de son amant.

- Iruka est venu me parler cet après-midi. Pas des jumeaux, précisa-t-il rapidement en voyant les sourcils noirs de son amour se froncer.

- En fait il m'a parlé d'un des élèves de l'académie qui pose problème. Il s'appelle Akira Kurama*. Il est orphelin, ses parents sont morts lors de l'attaque de l'Akatuski il y a cinq ans. Depuis, il vit à l'orphelinat, mais son comportement devient problématique.

Sasuke fronça les sourcils. L'orphelinat ayant été reconstruit à l'emplacement où se dressait autrefois les maisons de son clan selon ses propres volontés. Il y allait régulièrement s'assurer que tout allait bien et jamais personne ne lui avait parlé de ce garçon.

- Kurama ? Le clan au genjutsu héréditaire ? demanda-t-il.

- Oui. Le problème c'est qu'ils sont trop peu nombreux, et personne n'a voulu s'occuper de lui à la mort de ses parents. Il est très doué, il peut hypnotiser n'importe qui avec sa voix et créer des illusions particulièrement crédibles. Mais, il est assez perturbé parce qu'il a vu ses parents mourir sous ses yeux. Bref, Iruka a tout tenté pour l'intégrer au mieux mais le gamin reste renfermé sur lui-même et se braque dès qu'on l'approche. Il pense que cela lui serait bénéfique de grandir au sein d'une famille, mais personne n'en veut.

Sasuke passa une main apaisante dans les mèches blondes de son amant, touché par l'histoire de cet enfant qui ressemblait tant à la leur quelque part, et suggéra calmement :

- Pourquoi ne l'adopterions nous pas ? Après tout, on envisage d'agrandir la maison pour y faire une chambre pour Makoto, rien ne nous empêche d'en faire une deuxième en passant.

Naruto se figea en entendant la proposition de son compagnon, lui qui ne savait comment le lui demander. Une vague d'amour irrépressible pour cet homme qui rendait sa vie plus belle le submergea.

- Épouse-moi ! s'exclama-t-il.

Les deux mots stoppèrent la main pâle et fine qui brossait ses cheveux, les yeux noirs s'écarquillèrent légèrement avant de se baisser vers lui, le regardant avec surprise. Puis un léger sourire étira le coin des lèvres de Sasuke avant qu'il ne souffle, amusé :

- Baka !

Comprenant que sa demande n'était nullement prise au sérieux, Naruto se redressa brusquement et il posa un genoux à terre face à un brun qui le fixait de plus en plus étonné.

- Épouse-moi !

Devant le silence incrédule de l'amour de sa vie, il soupira et reprit :

- J'avais pas prévu de faire ça comme ça. Je voulais t'emmener au restaurant et je t'aurais fait ma demande de la manière la plus romantique possible avec coucher de soleil, violons et tout, et tout, un truc digne de toutes ces séries à l'eau de roses que tu regardais quand tu étais enceinte. J'avais prévu une bague et des fleurs...

Il fut brutalement interrompu par une bouche avide qui s'écrasa sur la sienne, le corps fin et musclé de son amant se collant au sien alors que les bras pâles de Sasuke s'enroulaient autour de sa nuque. Un grand sourire étira ses lèvres quand il entendit celui-ci murmurer tout contre sa bouche :

- … Usuratonkachi...

Son coeur fit un bond dans sa poitrine, ses bras se resserrant avec force autour de la taille fine de son brun. L'envie totalement folle de sortir dehors pour hurler à la cantonade qu'il allait se marier le tenaillait. Sasuke dû le sentir, ou peut-être le connaissait-il trop bien, car il lui donna une tape à l'arrière du crâne avant de dire :

- Je t'interdis de le crier sur tous les toits !

Deux jours plus tard, Sasuke et Naruto marchaient dans les rues de Konoha, se dirigeant d'un pas tranquille vers l'orphelinat. Sasuke avançait, les mains dans ses poches, côte à côte avec le blond qui avait croisé ses bras derrière sa nuque.

- J'en ai parlé avec la directrice de l'orphelinat. Elle m'a dit qu'elle en parlerait au gamin, poursuivit Naruto.

- Iruka dit qu'il est capable d'absorber le chakra et de reproduire les techniques de la personne à qui il l'a emprunté...

Les travaux d'agrandissement de la maison avaient été terminés en deux temps trois mouvements, grâce à quelques clones et l'aide de Yamato. Annoncer leur décision d'agrandir leur petite famille aux jumeaux avait été un peu plus délicat. Si Makato avait pris la chose avec calme et une pointe d'enthousiasme, Sayuki, elle, avait longuement dévisagé ses deux papas avec méfiance avant de dire d'un ton froid :

- … Vous nous aimez plus, c'est ça ? des petites perles cristallines commençant à gonfler ses grands yeux noirs.

Rassurer leur fille sur leur amour inconditionnel n'avait pas été des plus simple, mais elle avait fini par se faire à l'idée, consolée dans les bras pâles paternels, accrochée à lui en mode Koala. La décoration de leurs chambres avait fourni un bon dérivatif aux deux enfants, Sayuki gardant la pièce face à celle de leurs parents et Makoto ayant choisi celle, flambant neuve, juste à côté de celle de sa sœur. Les deux chambres terminées, ils s'étaient contentés de meubler la dernière tout en la laissant dans des tons neutres afin que le nouveau venu puisse y apporter sa touche personnelle.

Le garçon de sept ans dévisageait d'un regard impassible les deux adultes qui se tenaient devant lui. Les pupilles étrangement violettes les fixaient dans un petit visage fin et anguleux, ses longs cheveux violets cascadaient dans son dos, lui donnant une allure éthérée et fragile, presque féminine. Il n'était pas très grand pour son âge et son corps frêle aux articulations délicates surprit les deux futurs parents.

Naruto fit un grand sourire à l'enfant, dont la bouche pincée ne formait qu'une fine ligne close. Sasuke perçut dans les yeux à la couleur étonnante toute la solitude, le chagrin et la tristesse qui avaient hanté ses propres pupilles, lui rappelant sa propre enfance après la mort de son clan.

- Alors ? Ça te dirais de venir vivre avec nous ? lança le blond.

Les yeux du petit garçon de sept ans se plissèrent avant qu'il ne réponde d'une voix profonde :

- Pourquoi vous voulez m'adopter moi ? Il y a pleins d'autres enfants ici, des qui font moins peur que moi.

- C'est pas un gamin comme toi qui va nous effrayer, tu sais bonhomme ! dit Naruto jovial.

Les petites paupières s'étrécirent. Le petit garçon serra ses petits poings de chaque côté de son corps, la brise du jardin de l'orphelinat faisant voleter ses longues mèches bien raides.

- Il y a une grande plante carnivore juste derrière vous, elle va vous manger, déclara-t-il d'une voix étrangement musicale.

Naruto se retourna, observant la pelouse et les arbres alentours, ne distinguant rien de particulier à part un trèfle à quatre feuilles dans les herbes folles.

- Hein ? Où ça ? Je vois rien moi.

Sasuke soupira, posant une main sur l'épaule de son compagnon qui s'échinait à chercher la fameuse plante qui semblait faire peur au gamin.

Quand les yeux bleus rencontrèrent ceux de son amour, ce fut pour constater que ce dernier était tout sharingan dehors.

- Il essaye son genjutsu, lâcha simplement le brun devant l'air ahuri de son blond avant de se retourner vers le responsable de la tentative avortée.

- Ça ne fonctionne pas avec nous.

L'enfant resta interdit en découvrant les pupilles rougeoyantes.

- Comment... souffla Akira en observant les yeux aux virgules noires qui venaient d'apparaître.

- Ce sont des yeux spéciaux et l'autre baka à côté c'est pareil, il est spécial aussi. Tu n'es pas le seul à faire peur, dans notre famille on est tous spéciaux. Et puis, tu n'es pas le seul à avoir perdu tes parents. Naruto et moi aussi sommes orphelins.

- Pourtant... il a l'air normal lui ?

Naruto décocha un sourire éclatant et plein d'assurance au petit garçon et passa en mode chakra de Kyuubi, le chakra Yang irradiant de son corps comme un soleil, les plantes à ses pieds se mettant à pousser. Les orbes violets s'agrandirent de surprise. Le Rokudaime, satisfait de son petit effet, résorba la transformation pour reprendre son apparence habituelle.

- Tu vois ? Moi aussi je suis spécial, c'est pas pour rien que je suis le chef du village, fit-il avec fierté et un nouveau sourire.

Les affaires d'Akira, décidé à laisser une chance à ces deux adultes que visiblement il n'effrayait pas, furent vite empaquetées. A la sortie de l'orphelinat, il fut surpris de se retrouver décollé du sol et déposé sur les épaules de l'Hokage.

- Bon allez, on se dépêche de rentrer, les jumeaux nous attendent et Kakashi et Iruka doivent avoir du mal à les faire tenir tranquilles, lança-t-il en s'élançant sur les toits.

- Mais alors... vous vivez ensemble ? Tous les deux ? demanda le gamin, chemin faisant.

- Oui ! Et on va même se marier, c'est pas génial ça ! rétorqua Naruto, ravi.

- Tu vas faire connaissance avec nos enfants, enchaîna Sasuke.

- Vos enfants ? Mais... C'est pas les votre à tous les deux si ? Il faut pas une maman normalement ? questionna encore le jeune garçon, un peu perdu.

- Si, c'est les nôtres, à tous les deux, déclara fièrement Naruto.

- C'est une longue histoire... souffla Sasuke.

Eux qui pensaient qu'ils en avaient fini avec les nuits courtes depuis que les jumeaux avaient grandi, ils renouèrent avec ce rituel avec l'arrivée d'Akira et des cauchemars qu'il faisait la nuit. Le jeune garçon finissait régulièrement sa nuit dans le lit parental, tout comme les jumeaux avant lui, un peu surpris de se retrouver là, coincé entre les deux adultes qui l'entouraient d'attentions chacun à leur manière, récupéré machinalement en larmes et angoissé dans sa chambre soit par un Naruto qui dormait littéralement debout, soit par un Sasuke pas beaucoup plus frais.

S'en était ensuite suivi quelques épisodes de sauvegarde du jardin, Akira s'ingéniant à absorber le chakra des plantes. Naruto l'avait gentiment réprimandé, redonnant immédiatement vigueur aux fleurs malmenées grâce au mode chakra de Kyuubi. Sasuke lui avait discrètement fait comprendre, dans le dos de son compagnon, que les lotus de l'immense bassin en forme de grenouille étaient tout à sa disposition. Il lui avait d'ailleurs subtilement suggéré de faire de même avec les carpes Koi et les batraciens occupants du lieu.

Quelques semaines plus tard Tsunade, émue et quelque peu éméchée, portait un toast aux nouveaux époux Uzumaki-Uchiwa qu'elle avait mariés quelques minutes auparavant devant une assemblée restreinte, seul les amis ayant été conviés à la cérémonie.

- Le moins que l'on puisse dire c'est que Naruto porte bien son surnom de ninja le plus imprévisible du monde shinobi. Je n'aurais jamais parié sur le fait qu'un jour j'accoucherai un homme, ni que les deux sales gosses que j'ai rencontré à mon arrivée au village se marieraient. Et tout ça, à cause de ce crétin...

Sasuke regarda pensivement sa main gauche. A la base de son annulaire brillait un simple anneau de platine. L'inscription à l'intérieur l'avait touché : "TON idiot pour toujours". Oui, lui non plus n'aurait jamais parié là-dessus, ni sur le fait d'avoir un jour des enfants et de les avoir portés lui-même, ni sur le fait de se marier un jour... avec Naruto. Surtout pas avec Naruto, son rival d'enfance, son meilleur ami, son crétin personnel.

Une petite main se posa sur la sienne attirant son regard sur le visage enfantin de Sayuki qui lui sourit avant de grimper sur ses genoux. Admirant l'alliance qui ornait le doigt de son père, elle se tourna vers lui et dit avec un grand sourire :

- Quand je serai grande je me marierai avec toi moi aussi, papa Suke.

- Ça, ce ne sera pas possible. Mais, tu trouveras toi aussi quelqu'un qui comptera beaucoup pour toi, comme papa Gatchi compte pour moi. Et puis tu seras toujours ma petite fille chérie, répondit calmement le brun en déposant un tendre baiser sur la tête blonde.

Naruto fit tourner entre ses doigts d'un air pensif la bague qu'il portait à son annulaire, identique à celle qu'il avait passée au doigt de Sasuke. L'inscription à l'intérieur l'avait rendu inconditionnellement heureux. Ce fameux "Merci Usuratonkachi" qu'il emporterait avec lui où qu'il aille. La déclaration de son mari, ce mot qu'il ne dirait jamais. Il s'était marié avec Sasuke, son Sasuke... Et toute leur petite famille s'appelait maintenant Uzumaki-Uchiwa... Sa joie était si intense qu'il n'avait pu s'empêcher de verser une larme quand Tsunade les avait unis.

Makoto attira son attention et grimpa sur ses genoux, s'y installant confortablement.

- Dis papa Gatchi, moi quand je serai grand, je pourrai me marier avec Hinata ? demanda-t-il.

Naruto ne put s'empêcher de pouffer à la question surprenante de son fils.

- Ben non, elle est beaucoup trop vieille. Quand tu sera grand, elle sera toute ridée, trancha Akira qui s'était approché timidement.

- Akira ! T'es méchant ! hurla le petit garçon brun.

Naruto sentit le chakra de son fils s'agiter et sentit une petite pointe d'inquiétude le traverser. Ce n'était pas le moment de réduire la pièce en cendre avec un Katon bien senti. Il passa une main apaisante dans les courtes mèches brunes de son fils qui rebiquaient sur la nuque.

- On se calme, Makoto. Akira a raison, Hinata est trop vieille pour toi. Mais je suis sûr que tu trouveras une jolie fille à épouser, plus tard.

Il fit un peu de place sur ses genoux pour y installer son fils adoptif, celui-ci en profitant pour se servir un verre de jus de fruit. Les petites prunelles bleues si semblables à celles de son père exprimèrent la profonde réflexion de son fils, Naruto se faisant la remarque qu'il était rare de le voir penser aussi intensément, vu son tempérament aussi fonceur que le sien.

- Je pourrais épouser Akira alors ? Il est joli et il est pas trop vieux, lui.

Le premier concerné s'étouffa avec sa gorgée de jus de fruit, tournant brusquement ses orbes violets vers son frère adoptif.

- Quoi ? Non mais ça va pas ! On est deux garçons ! rétorqua-t-il.

Sasuke et Sayuki suivaient l'échange tout proche, un léger sourire amusé étirant les lèvres fines de l'adulte.

- Ben quoi ? Papa Suke et papa Gatchi, c'est deux garçons aussi, lança la petite fille sans comprendre.

Les deux parents s'entre-regardèrent et un ange passa.

- Iruka vous expliquera... finit par dire le jeune homme à la chevelure noire de jais.

Naruto ne put retenir un éclat de rire en voyant la tête décomposée d'Iruka dont les yeux s'écarquillèrent.

- Quoi ? Pourquoi moi ? Tu n'as qu'à mettre en place des cours d'éducation sexuelle à l'académie, éructa le chunin, assis un peu plus loin.

- Justement, et c'est toi qui t'en charge. Tu feras ça si bien ! conclut Naruto tout sourire.

Les rougeurs qui envahirent les joues de l'instituteur déclenchèrent un éclat de rire général. Kakashi, compatissant, tapota doucement l'épaule de son compagnon qui se tapa le front contre la table, complètement désespéré. Pourquoi sentait-il qu'il n'avait pas fini d'en voir de toutes les couleurs avec cette famille ? Ceci dit le bonheur plus que flagrant de ses deux anciens élèves faisait plaisir à voir, et il ne pouvait qu'être content pour eux, les ténèbres de leurs enfances respectives semblaient si loin maintenant.

Fin... enfin presque.


Commentaires des auteurs :

Et non ! Sasuke n'est pas mort ! Sasuke, c'est Highlander ! Il survit à tout ! Et on a pas pu résister à l'envie de rajouter un troisième marmot à la petite famille. Mais bon, un Sasuke encore enceinte c'était plus possible... snif ! Et pour finir, on les a mariés, parce que bon, ils le valent bien et qu'on adore les Happy End !

Pour le clan Kurama, c'est un clan de Konoha uniquement présent dans l'anime de Naruto. On vous laisse chercher si besoin, wikipédia, narutopédia et autres sont vos amis !


Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :

Dans le pièce où travaillent les deux auteurs, les bouchons de champagne sautent, les cotillons volent, les confettis s'éparpillent et les cris de joies retentissent. Un peu surprises par un tel accès de liesse, les deux demoiselles se retournent et regardent Sasu, Naru et les autres personnages qui font la fête.

- Ben vous fêtez quoi ? demande l'une d'entre elle

- La fin de la fic ! s'exclame Sasu plus qu'enthousiaste. Enfin ! C'est fini, vous ne me martyriserez plus !

- Euh...

L'air un peu gêné des deux fanfickeuses alertent les fêtards, et Naru demande d'une voix tendue :

- Quoi ?

- Euh... Ben en fait... il y a encore un bonus...

- Et on a plein d'autres fics en cours d'écriture...

- Donc ben non...

- Sasu tu n'as pas fini de souffrir...

Sasu s'évanouit sous le choc de la nouvelle, vite suivi par Naru et Itachi. Pour faire bonne mesure, Hinata et Lee font de même, rejoignant leurs camarades inanimés au sol.

Sakura, engoncée dans une camisole de force et les cheveux en bataille, arrive en hurlant :

- Pourquoi moi ? Qu'est-ce que je vous ai fait ?

- On t'aime pas et tu sers à rien, donc on t'a donné un rôle à ta mesure !

Se tournant vers les lecteurs, la rosée hystérique les supplie :

- Reviewez pour ma libération ! Pitié !


Rendez-vous au prochain et dernier chapitre (cette fois c'est sûr, ce sera le point final) : Bonus 2 : Parce que le chemin ne se termine jamais. Les années passent et la vie continue.