Attention – chapitre assez sombre – brrrrr Dumbledore est bizaaaaarre ; )

J'ai décidé de vous gâter avec un peu d'action dans ce chapitre…puisque ma fic est classée dans la catégorie action/aventure, après tout. J'espère qu'il vous plaira! Certains seront déçus de voir peu Harry ici, mais vous comprendrez en lisant la dernière ligne du chapitre que ce n'est que partie remise. Le Trio sera de retour dans le prochain chapitre avec plus de légèreté.

Je me lance ici dans ma première scène officielle de … - je ne vais quand même pas vous gâcher le plaisir, non! Après 25 chapitres! J'ai le trac! À tous les amateurs, merci de me dire ce que vous en pensez!

Il est à noter que la 6e année de Harry se passe en 1997-1998, selon l'encyclopédie en ligne Harry Potter qui se base sur ce que JKR a dit dans ses livres ou en entrevue.


Chapitre 25

«Mieux vaut enchanter que désenchanter.»

À partir du XIVe siècle, les sorcières Porteuses se font plus discrètes, surtout en raison de la réputation sulfureuse qui les accompagne : on les accuse, entre autres, de pouvoir « porter » les maladies et conséquemment de les répandre dans les villages isolés.

Cette rumeur s'est avérée fausse : les Porteuses peuvent porter les sorts ou les maléfices, mais pas les maladies infectieuses courantes chez les Moldus. Les Porteuses ne peuvent non plus porter des conditions engendrées par morsures, telles la lycanthropie et le vampirisme.

Même le légendaire historien Marvinus Dippet (1492-1685) a maintenu tout au long de sa vie la thèse qui trouve encore son écho aujourd'hui; selon lui, c'est une sorcière Porteuse vêtue de noir, au visage «marqué par la maladie, l'horreur et la haine, assoiffée de vengeance contre les hommes» qui aurait répandu la peste en Europe. Les historiens de notre époque ont toutefois corrigé le tir, surtout pour éviter la stigmatisation de ces femmes, un peu comme ils l'ont fait vers les années 1850 pour les sorciers et sorcières Métamorphomages.

On croit que plus de 200 sorcières Porteuses de 9 à 50 ans ont été brûlées (en France et en Grande-Bretagne seulement )par les Moldus et les Sorciers entre les années 1349 et 1351, durant la Grande Peste (nom donné par les Moldus à la Guerre de l'Ombre). On estime aujourd'hui la population de sorcières Porteuses à 80 dans le monde entier. Il y en a 6 certifiées en Grande-Bretagne. Seule la Grèce en compte plus, avec 10 (nombre estimé, Recensement des anomalies magiques, Athènes, 1992).

Il est à noter que la condition ne se retrouve que dans les lignées de sorciers de sang pur. On croit que les alliances répétées entre sorciers de sang pur ont affaibli la probabilité d'engendrer des Porteuses.. Selon plusieurs chercheurs spécialisés en généalogie des hautes lignées, elles sont vouées à l'extinction.

Extrait du premier rapport confidentiel de R.L. à A.P.W.B.D


Une petite forme argentée se mouvait rapidement au ras le sol, ondulante et vive, s'enroulant parfois sur elle-même comme un point d'interrogation, reconfigurant sa route à la vitesse de l'éclair, afin de poursuivre sa course folle en direction du sorcier vers lequel on l'avait lancée.

Créé par la magie puissante de Bill Weasley, elle pouvait être confondue, par un œil novice, pour un de ces tourbillons de poussière éphémères que les Moldus tentent de briser du bout du pied. La fumée argentée contenait un message urgent, un message trahissant le souci de son conjureur. Porteur d'une inquiétude et d'un doute, le message fonçait vers son destinataire.

Un éclair bleuté l'arrêta dans sa course.

Un sourire mauvais se dessina sur le visage dur de l'homme qui avait pointé sa baguette magique. Il s'accroupit dans un craquement d'articulations et il fit glisser du bout des doigts l'objet éthéré immobilisé dans sa paume. Le message captif de sa grande main carrée, le sorcier visa de sa baguette magique la forme qui se faisait et se défaisait dans sa paume et il grinça entre ses dents, avec un fort accent slave :

- CapioSecretum!

Dans un nuage de fines gouttelettes vertes, une voix s'éleva faiblement et égrena quelques mots, auxquels l'homme aux traits durs prêta l'oreille avec satisfaction. Alors que la fumée, libérée de son message, se convulsa sur elle-même pour disparaître, le sorcier conjura son propre message d'un coup de baguette. Ses lèvres minces s'étirèrent en un rictus de satisfaction lorsqu'il vit le serpent argenté glisser dans l'herbe vers son destinataire. L'homme, un dénommé Dolohov, Disparut alors dans un craquement sonore.


Il faisait nuit à présent. La lumière du croissant de lune étendait des ombres démesurées sur l'herbe qui frémissait sous le vent qui soufflait en rafales. Dissimulé derrière un rideau finement tissé, dans le confort de la maison agréablement tiède de Mrs Luz, Bill Weasley balayait du regard les environs avec appréhension.

Avant de suivre Mrs Luz à l'intérieur, il avait installé quelques détecteurs de magie noire de la grosseur d'une bille dans l'herbe autour de la maison, de petits gadgets formidables inventés par Fred et George, qu'il gardait en quantité dans ses poches, désormais.

Même les expériences manquées de Fred et George donnaient des résultats étonnants, songea-t-il en marchant vers la fenêtre suivante, pour avoir un nouvel angle d'observation. Bill avait testé ces petits bijoux dans les catacombes de Gringotts et ils s'étaient révélés particulièrement utiles pour identifier les objets saturés de magie noire d'un coffre de sûreté.

Bill avait toujours pensé que les jumeaux disposaient d'une intelligence assez peu conventionnelle, mais désormais, il savait que leur ingéniosité était mise au service de l'Ordre du Phénix, avec la bénédiction du Professeur Dumbledore - mais pas de leur mère.

Bill soupira, plissant les yeux à la recherche d'une forme suspecte, humaine ou animale. L'inquiétude le tenaillait: il n'avait eu aucun signe ni de Fol-Œil, ni des renforts demandés et son message avait été envoyé il y avait plus de deux heures à présent.

Lorsqu'elle l'avait reconnu, Mrs Luz lui avait rendu sa baguette en un geste sec. Il s'était relevé rapidement, en balayant du bout des doigts la terre qui souillait ses robes noires. Bill avait ensuite regardé le visage pensif de la femme encapuchonnée et lui avait souri pour la rassurer :

- Je ne suis pas ici pour vous faire peur, Mrs Luz. Il y avait un rôdeur autour de votre maison et j'ai essayé de le neutraliser.

Euraly Luz avait croisé les bras, sa baguette toujours dans la main, frissonnant dans l'air frais du soir. Elle avait murmuré :

- Je sais. J'ai reçu un hibou m'avisant que ma maison était sous surveillance et des vigiles étaient là pour me porter secours en cas de besoin. Toutefois, je ne m'attendais pas à ce que vous soyez la vigile. Je suis désolée de vous avoir projeté au sol. C'est une bien drôle de surprise. Cela fait si longtemps que je vous ai vu. Vous me paraissez en grande forme.

Bill avait souri mais avait tout de même exprimé sa surprise sincère :

- On vous a avisé qu'il y aurait des vigiles pour vous porter secours?

La femme avait hoché la tête avec insistance et Bill en était resté perplexe. L'Ordre lui semblait encore trop subversif pour prendre l'initiative de se découvrir dans ce type de mission de garde rapprochée.

Dumbledore devait savoir ce qu'il faisait.

La femme avait insisté afin qu'il entre avec elle. Bill avait d'abord protesté, mais s'était résolu à poursuivre sa mission à l'intérieur de la maisonnette, lorsqu'il avait vu ses lèvres trembler dans la pénombre. Mrs Luz avait peur, Bill le lisait dans son visage, et une nouvelle détermination l'avait animé : il ne pouvait se résoudre à laisser cette femme seule avec son angoisse.

Sous l'œil étonné de Mrs Luz, Bill avait insisté pour faire le tour des pièces, tapotant du bout de sa baguette magique les fenêtres et les portes dans une pluie de petites étincelles dorées. Il réfléchissait profondément, en marmonnant, des incantations, évaluant et calculant la force des sortilèges de protection et les renforçant au besoin. Il souhaitait prévenir entre autres les sortilèges de MémoirenImages, qu'il avait commencé à voir dans certaines cellules de Gringotts.

Bill savait – et franchement, il en voyait parfois de toutes les couleurs de la part de sorciers souhaitant préserver leurs biens avec férocité – qu'il y avait un moyen d'enchanter les fenêtres et les portes afin qu'elles gardent l'empreinte de ce qui se disait ou se faisait à l'intérieur de la pièce. Tout lui sembla toutefois normal et il se ravisa en conjurant quelques protections supplémentaires. Mieux vaut enchanter que désenchanter, songea Bill.

Ce n'est que de retour dans la pièce qui servait de bureau de travail à Mrs Luz qu'il avait senti ses épaules se détendre. La mère de Luz était entrée avec un plateau sur lequel étaient disposés une théière et deux tasses de porcelaine. Debout derrière le rideau, Bill l'avait observé verser le liquide brûlant dans les tasses. Elle avait fait quelques pas hésitants vers lui et il lui avait pris la tasse des mains, effleurant au passage ses mains glacées et la remerciant à voix basse.

Mrs Luz saisit sa propre tasse et elle s'installa dans un fauteuil, son visage dans l'ombre. Sa voix grave, trahissant son inquiétude, avait alors troublé le silence de la pièce.

- Que me veut-on, Bill? Croyez-vous qu'on me veut du mal?

Bill hésita. Il devait se montrer prudent. Que savait au juste Mrs Luz des activités de sa fille et par conséquent, de l'Ordre du Phénix? Bill répondit le plus aimablement qu'il le put, en souhaitant que ses propos ne soient pas interprétés comme de l'impertinence :

- Vous êtes sans doute mieux placée que moi pour savoir ce qu'on vous veut, Mrs Luz.

Mrs Luz se racla la gorge délicatement. Bill voyait maintenant la lumière de la lune refléter dans ses cheveux gris ondulés, si semblables à ceux de sa fille. Elle soupira :

- Je suis une traductrice sans histoires, pas une conjureuse ou une Auror. Ce n'est pas moi qu'ils veulent atteindre, n'est-ce pas? Les Mangemorts sont-ils à la recherche de ma fille?

Cette réponse fouetta Bill : Mrs Luz avait une plus grande compréhension des enjeux qu'il ne le croyait. Il réagit spontanément :

- Qu'est-ce qu'une traductrice sans histoires peut bien savoir des Mangemorts?

Euraly Luz déposa la tasse de porcelaine fine dans la soucoupe dans un léger tintement. Bill songea avec un pincement à l'estomac que Fabiola Luz aurait pu ressembler à cette femme éblouissante, impériale, si elle n'avait pas eu ces blessures terribles, ces cicatrices qui la défiguraient.

Mrs Luz alluma une bougie d'un coup de baguette et Bill vit ses yeux bleus, les petites rides qui griffaient ses tempes ainsi que l'ovale de son visage dans le halo tremblotant de la lumière.

- Lorsqu'on est la mère de Fabiola Luz, on connaît les Mangemorts et on les évite comme la peste. Bill, dites-moi, je vous en prie : pourquoi s'intéressent-ils encore à elle?

Bill crut voir un mouvement à l'extérieur et il se raidit, déposant sa tasse sur le guéridon devant lui. Il chercha du regard le détecteur de magie à proximité, mais la petite étincelle qu'il attendait ne jaillit pas. Les propos de Mrs Luz finirent tout de même par se rendre jusqu'à sa conscience et il réalisa ce qu'elle venait de dire. Triturant sa boucle d'oreille en forme de croc du bout des doigts, il contempla la femme de nouveau:

- Vous dites encore. Pourquoi encore?

Mrs Luz croisa les chevilles et Bill ne put s'empêcher de voir dans sa posture droite la même fierté qui caractérisait Fabiola, même lorsqu'elle était étudiante.

- Elle ne vous a rien dit?

Bill tapota de sa baguette magique sa cuisse alors qu'il glissa une main dans la poche de son pantalon en s'appuyant contre le mur :

- Je sais qu'elle a déjà eu…Cela fait si longtemps, Mrs Luz. Fabiola ne parlait pas beaucoup. Que devrais-je savoir?

Fabiola ne parlait pas beaucoup. Bill trouvait que c'était un euphémisme.

Fabiola et le silence : voilà ce qu'il l'avait attiré au départ.

Dans le cours de Potions, assis à ses côtés, il avait vu bien sûr constaté qu'elle était intelligente, douée, mais il était un adolescent vigoureux, en santé (et en pleine ébullition hormonale, songea-t-il) : il voyait surtout de Fabiola Luz ses yeux fascinants, pleins de mystères, sa silhouette modelée ( oooh oui, songea-t-il de nouveau) par le Quidditch et aussi son sourire rare, qu'il était capable de faire naître par ses blagues d'un goût douteux, ce sourire qui mettait immanquablement le feu à la région qui entourait son nombril.

Bill avait voulu relever le défi de son silence, dans lequel elle se drapait comme dans une cape somptueuse. Il avait été la risée de Gryffondor, lorsqu'il avait été clair qu'il s'était amouraché d'une Serpentard. Mais Bill avait rejeté ce mépris du revers de la main et bien vite un silence respectueux avait régné dans le dortoir des garçons : selon Bill, la quête avait de la valeur, parce qu'il avait l'intuition que la fille en valait drôlement la peine.

Pour se rapprocher d'elle, il avait plaisanté, s'inclinant dans une révérence ironique, la surnommant « Princesse Serpentard » lorsqu'il la croisait dans les couloirs anciens de Poudlard. Il avait ressenti un frisson d'excitation lorsqu'elle l'avait finalement contemplé de son regard qui semblait toujours plein de non-dits, à la fois détaché et amusé. Il se souvint de l'impétuosité de son envie de se rapprocher d'elle, lorsque Fabiola était revenue à Poudlard après une brève absence (une maladie, lui avait-elle dit), encore plus mystérieuse, les mains moulées dans des gants de cuir noir qu'elle ne retirait jamais, même pour jouer au Quidditch.

Son visage était plus pâle, ses yeux plus tourmentés, mais Bill n'en avait ressenti qu'une attirance encore plus forte : elle lui avait semblé transformée, en plein épanouissement, beaucoup plus mature que ces filles écervelées qui lui couraient après…dangereuse.

Il ne l'avait vu pleurer qu'une seule fois. Bill avait finalement réussi à l'attirer dans un coin sombre des cachots de Poudlard pour un peu de temps en privé, loin des regards curieux, après le bal de fin d'année en quatrième. Il avait été subjugué par sa réponse et sa fougue lorsqu'ils s'embrassaient, alors qu'elle donnait à tous les autres cette impression de froideur, de distance et de contrôle. Pour lui, Bill Weasley, elle se faisait chaleur et douceur.

Bill se souvint, un peu gêné, de son sentiment de victoire, de triomphe juvénile : il avait pensé, avec toute l'arrogance de la jeunesse, qu'il avait été le seul à voir sa chaleur derrière la glace, que la montagne lui appartenait désormais. Il avait toutefois senti, avec un peu d'alarme, les larmes de Fabiola couler contre sa joue lorsqu'il avait effleuré de ses lèvres les trois petites cicatrices en forme de croissant de lune tout près de son œil.

La compréhension illumina son esprit. Bill, toujours troublé par ses souvenirs, murmura :

- Bien sûr…Le Contamino…

Euraly Luz parla de nouveau, sa voix tremblante :

- J'aurais cru qu'elle se serait confiée à vous à ce sujet. Fabiola a été enlevée par les Mangemorts lorsqu'elle était enfant.

Bill porta une main à son front et se sentit désemparé. Le jeune homme secoua la tête :

- J'ai vu les cicatrices, mais elle n'en a jamais parlé spécifiquement. Je suis sincèrement désolé de l'apprendre.

La voix étranglée de Mrs Luz lui glaça les os lorsqu'elle reprit :

- Fabiola a déjà été soumise au Contamino et au Endoloris par les Mangemorts, Bill.

Sa voix s'éleva et Bill entendit, avec un frisson, la colère d'une mère et sa rage impuissante :

- Elle n'avait pas dix ans.

Bill contempla son visage parfait, réalisant avec horreur l'implication de ces petites cicatrices en forme de croissant de lune:

- Quoi?

Mrs Luz se prit le visage entre les mains et sa voix était étouffée derrière ses doigts crispés:

- Vous savez que Fabiola est une Porteuse. Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom et ses disciples avaient beaucoup d'intérêt pour ce genre de… d'anomalie. Je crois qu'ils pensaient l'utiliser pour leurs plans sinistres, qu'ils croyaient qu'elle pouvait répandre des maladies ou je ne sais quoi, mais ce ne sont que des sornettes issues de l'imaginaire des hommes qui ont peur de ces femmes. Heureusement que les Aurors ont pu la retrouver avant qu'il ne soit trop tard.

La femme releva la tête et Bill se frotta les lèvres du bout des doigts. Mrs Luz poursuivit lentement, l'émotion étreignant toujours sa voix :

- Le jour où les Aurors me l'ont ramenée…Je revois encore Sirius sur le pas de la porte, tenant la main de ma petite chérie, ma fille...

Bill sursauta, étonné :

- Sirius? Sirius Black?

Alors que la femme acquiesçait, Bill la corrigea d'une voix tremblante :

- Sirius Black n'était pas un Auror!

La lassitude se lut dans le visage de Mrs Luz :

- Oh, je sais Bill. Il était si gentil avec Fabiola. C'était un homme très bien, déterminé…Astucieux. J'ai appris sa mort dernièrement. C'est terrible, tout ce qu'il a supporté…

Bill était soufflé. Sirius Black était pour le commun des sorciers un Mangemort qui s'était évadé, un des plus grands meurtriers de l'histoire. Cette femme en parlait avec tendresse et affection. Devant son expression interloquée, Mrs Luz sourit doucement :

- Il n'était pas l'homme que tout le monde croyait qu'il était. Oh!

Bill se détourna brusquement vers la fenêtre, suivant le regard soudainement affolé de Mrs Luz : son sang se glaça dans ses veines lorsqu'il vit trois étincelles dans l'herbe clignoter par intermittence.

Les détecteurs de magie noire.

Il y a trois personnes dehors et ce n'est pas Fol Œil.

«KapatmakMagia» conjura Bill rapidement vers la porte à l'avant de la maison. Un vieux savant turc qui fouillait les bibliothèques en Égypte lui avait appris ce sort et les voûtes les plus précieuses de Gringotts disposaient maintenant de plusieurs versions de ce sortilège, grâce aux bons soins de Bill. Mais il y avait un monde de différence entre protéger de l'or et une personne vivante.

L'adrénaline se déchargea dans ses veines alors qu'il s'approcha de Mrs Luz, la saisissant par le bras sans douceur.

- Mrs Luz, nous devons fuir. Je dois vous amener en sécurité. Il y a de la magie noire autour de votre maison et je crains que ceux qui la pratiquent ne nous souhaitent rien de bien. Où est votre poudre de Cheminette?

La femme posa une main tremblante au creux de son coude :

- Mais voyons Bill, on a désactivé ma cheminée…

- QUOI?

Bill avait crié. Mrs Luz s'était dégagée de son étreinte et faisait quelques pas en direction de sa table de travail. Elle en ouvrit le premier tiroir et en sortit fébrilement un parchemin qu'elle lui tendit.

- On m'a écrit pour m'en aviser. Bill, dites-moi ce qui se passe?

Bill lui arracha des mains le parchemin à l'en-tête officiel et le parcourut fiévreusement :

31 août 1997

Madame Euraly Luz

Rang du Peuplier

Morgana, Devonshire

Mrs Luz,

Le Département des mystères vous demande aujourd'hui votre plus entière collaboration. Des sources nous portent à croire qu'un groupuscule terroriste s'intéresse à vous. Nous vous demandons de rester calme et d'utiliser des sortilèges de protection pour vos fenêtres et vos portes. Nous vous assurons une vigile discrète.

Meilleures salutations,

Broderick Moroz, responsable du programme de la sécurité des Gardiens

Département des Mystères, Ministère de la Magie

P.S. Pour éviter toute intrusion de votre domicile, nous désactivons votre cheminée. Nous sommes désolés des inconvénients causés.

Bill sentit une main froide lui enserrer les entrailles. Il leva la tête et Mrs Luz recula d'un pas devant son expression stupéfaite :

- Moroz est mort il y a quelques mois! Il a été assassiné à Ste-Mangouste! Mrs Luz, on vous a tendu un piège. De ce que je connais de ce programme, le Ministère n'avise jamais par parchemin et désactive encore moins les cheminées! Je dois vous sortir d'ici le plus rapidement possible.

Le visage de la femme blanchit brusquement :

- Moroz est mort? Par la Grande Déesse…Je ne me suis pas méfiée…Bill, quelqu'un sait!

Bill tira la femme par le bras et ils parcoururent en hâte le corridor les menant à la cuisine qui donnait sur la porte arrière. Il jeta un œil par la fenêtre.

Rien. Les détecteurs ne sont pas allumés. Ils sont à l'avant du terrain.

Mrs Luz se rapprocha de lui et lui glissa à l'oreille, maintenant proche de la panique :

- Quelqu'un sait Bill…Oh mon Dieu, quelqu'un sait…

Bill réfléchissait à toute vitesse, sentant à peine le corps de la femme pressé contre lui. Il pouvait la Désillusionner et l'envoyer vers la zone d'Apparition, située à environ 500 mètres, il avait vérifié en arrivant…Il pouvait conjurer un Bouclier et faire face à trois Mangemorts…Il pouvait…

Où est Fol-Œil, par Merlin?

Il répondit distraitement, tentant d'échafauder un plan d'évasion :

- Qui sait quoi?

La voix grave de la femme coula dans son oreille, presque au bord des larmes :

- Bill, regardez-moi. Est-ce que je peux vous faire confiance?

Bill baissa la tête et ses yeux se rivèrent aux iris bleus de la mère de Luz. Il dit avec un peu d'impatience :

- Mrs Luz, je suis ici pour vous protéger.

La femme parla rapidement, sans respirer :

- Quelqu'unsaitquejesuislaGardiennedelaprophétie…oh…mon …Dieu…

Bill ouvrit grand les yeux.

La prophétie

Il avala sa salive, et prit la femme par les épaules sans y croire :

- La prophétie…

Euraly Luz le regardait avec avidité, ses yeux agrandis par la peur, les larmes glissant maintenant sur ses joues pâles. Bill chuchota, complètement abasourdi :

- Vous faites allusion à … à la prophétie que l'on dit « perdue »?

- Oui !

La femme sanglotait maintenant et Bill la contemplait, médusé. Mrs Luz reprit avec difficulté :

- Moroz gérait le département des mystères, il savait que j'étais Gardienne. C'est pour cela que je ne me suis pas méfiée quand j'ai reçu la lettre. Je ne savais pas qu'il était mort, Bill, c'est terrible!

Bill réfléchit à toute vitesse : cette lettre ne venait pas du Ministère, c'était clair. Trois Mangemorts sur la pelouse d'une Gardienne d'une prophétie que l'on cherche activement devenaient de très mauvaises nouvelles.

Bill pensa soudain que les Mangemorts voudraient la femme vivante. Mais il ne pouvait concevoir qu'un sorcier membre de l'Ordre du Phénix n'essuie pas un Impardonnable de leur part. Des images se bousculèrent dans la tête de Bill, alors que l'angoisse transformait son estomac en plomb.

Maman et son regard aimant, ses étreintes tendres

Papa, souriant, fier comme un paon lors de ma nomination en Égypte

Fleur, magnifique, lumineuse dans mes bras le matin

Mes frères, bruyants mais joyeux, tentant de grimper sur mon dos

Ginny, ma soeur chérie, belle comme le jour sur son balai

Harry, les yeux abattus, son visage déterminé

Fabiola, les mains couturés, son sourire flottant, la douceur de sa main dans les miennes

Dumbledore, Tonks, Fol-Oeil, Lupin…

Il serait prêt à conjurer un Patronus si un Détraqueur accompagnait les Mangemorts.

Bill prit une profonde inspiration et ferma les yeux quelques secondes. Il fit ensuite face à la femme, avec une nouvelle détermination :

- Mrs Luz, je vais vous Désillusionner. Je vais vous protéger du mieux que je le puis. Vous devez courir vers la zone publique d'Apparition. C'est compris? N'utilisez votre baguette que si vous êtes absolument tenue de le faire.

La femme ouvrit la bouche, ses yeux bleus apeurés et consternés, mais Bill, d'un geste précis, pointa sa baguette vers elle et conjura le sortilège de Désillusion. La femme s'effaça graduellement et se fondit dans la pénombre de la cuisine. Bill ne perçut maintenant que de légères rides dans l'air, indiquant la position de Mrs Luz. Il murmura doucement :

- Peu importe ce qui arrive, promettez-moi de prendre contact avec Arthur Weasley, c'est mon père. Il travaille au Ministère de la magie.

Désincarnée, la voix de Mrs Luz murmura en retour, pleine d'angoisse :

- Arthur Weasley…Oui, je vais le faire. Bill, merci…

Bill effaça le sortilège de la porte arrière et l'entrouvrit. Il glissa entre ses dents :

- Restez derrière moi. Lorsque que nous aurons dépassé le mur extérieur de la maison, attendez mon signal. Courez ensuite vers la zone d'Apparition. Ne regardez pas derrière, je vais essayer de les ralentir et je vais vous couvrir.

Bill se glissa à l'extérieur et il sentit derrière lui la femme bouger à sa suite. Ils longèrent en silence le mur de la maison, face à la zone d'Apparition. Cela représentait une course de 500 mètres, mais ce n'était pas impossible, surtout s'il invoquait un Bouclier…Le vent soufflait maintenant avec force et sans crier gare, un éclair rose fendit l'air, ratant de peu la tête de Bill.

Bill s'accroupit rapidement contre le mur de la maison et il sentit Mrs Luz trembler à ses côtés. Il plissa les yeux et vit une première ombre venir en sa direction. Il regarda par-dessus son épaule la femme Désillusionnée et murmura:

- Quand je lancerai le sort, courez!

Bill s'appuya sur le mur de la maison pour se relever et bondit hors de l'ombre de la maison. Tendant le bras le plus loin de son corps qu'il le pouvait, il pointa sa baguette dans un mouvement ample sur l'homme qui accourait vers lui et cria:

- Fuegoflagellum!

Une longue flamme ondulante jaillit de sa baguette et elle atteignit l'homme en plein visage, lui zébrant comme un fouet de feu. Il s'écroula par terre en hurlant, tenant son visage à deux mains. Bill se mit à courir vers la zone d'Apparition et il entendit derrière lui une voix de femme hurler :

- Sectumsempra!

Bill entendit le sifflement du sort, près du sol derrière lui et par réflexe, il sauta : il roulait par terre alors que l'éclair passa où il se trouvait quelques secondes auparavant. D'un geste sec, il claqua sa baguette en direction de Mrs Luz :

- Aegis!

À son grand soulagement, son bouclier, une grosse boule dorée, fit dévier le sortilège qui allait frapper sa protégée qui courait toujours. Bill se retourna rapidement, pointant la femme vêtue de la cape noire qui courait vers lui, alors qu'il était appuyé sur un coude :

- Stupefix!

Il jura lorsqu'il manqua de peu la femme qui dut s'écraser au sol pour éviter la langue de lumière qu'il dirigeait vers elle. Il répéta, criant de toutes ses forces :

- Fuegoflagellum!

Son énergie magique, transformée en fine lanière de feu, atteignit la femme à la cheville et elle s'écroula en hurlant.

Bill savait que Mrs Luz n'était plus bien loin de la zone d'Apparition maintenant. Il se releva avec difficulté et allait se remettre à courir en profitant de la confusion, lorsqu'il vit un tableau qui le cloua sur place.

Le troisième Mangemort se tenait devant lui, un bras enserré autour du cou de Mrs Luz, qui était maintenant de nouveau visible, et le sorcier pointait sa baguette magique sur sa tête de la pauvre femme, dont les yeux étaient emplis de terreur. Sous le capuchon noir, Bill reconnut le rôdeur et un nom claqua dans sa mémoire. Ces traits acérés, ce visage dur, cette grande bouche cruelle… C'était Dolohov. Que faisait-il hors d'Azkaban?

Dolohov, ce salopard, avait dit Fabiola.

Le spécialiste des sortilèges de contamination

Celui qui les lui avait conjurés

Le Mangemort hurla, tenant fermement la femme qui tentait de se débattre:

- Que vas-tu faire, traître à ton sang? Rends-toi, sinon je tue la femme!

Bill brandit sa baguette :

- Tu n'oseras pas!

La fureur et le désespoir envahirent Bill : il fit demi-tour rapidement et vit, dans la nuit claire, que la femme qui avait tenté de lui conjuré le Sectumsempra s'avançait vers lui en claudiquant, sa baguette à bout de bras, ses yeux noirs brillants de haine. L'autre homme se tenait le visage en gémissant, une grande brûlure lui traversant le visage mais il avançait tout de même, sa baguette tremblant dans sa main.

Un piège

Bellatrix Black Lestrange pointa sa baguette sur la gorge de Bill, mais il ne détourna pas son regard, même lorsqu'elle appuya plus fort et qu'il émit un bruit étranglé. L'autre Mangemort lui arracha sa baguette magique des mains. Bellatrix susurra de sa voix rauque :

- Tiens, tiens… Un membre de l'Ordre du Phénix. Nous n'avions pas prévu de résistance, mais puisque tu y es, nous nous accommoderons de ces circonstances.

Bill leva la tête, la pointant du menton :

- Tu vas faire quoi, Bellatrix? Sûrement quelque chose de très courageux, tout à fait digne des Mangemorts… Attaquer un sorcier sans baguette? Me tuer? Aurais-tu peur de me combattre à armes égales?

Ses mains se trouvèrent soudainement liées par une fine mais robuste chaîne d'argent. Bellatrix flatta la joue de Bill, qui écarta sa tête brusquement en signe de défi. Elle sourit, ses lèvres se tendant avec un plaisir cruel :

- Non, Weasley. Je vais te ramollir un peu, mais je te garde pour moi. Comme monnaie d'échange.

Bill avala sa salive, refusant de se laisser envahir par la peur et les images que cette horrible femme faisait naître en lui. Ses yeux dardèrent avec défi les yeux de Bellatrix. Sa colère fut remplacée par la douleur la plus intense qu'il eut ressenti de sa vie. Quand Bill Weasley s'effondra par terre, entendant à peine les cris apeurés de Mrs Luz, qui hurlait de tous ses poumons, il venait d'entendre Bellatrix Lestrange cracher d'une voix rageuse, sa baguette claquant dans l'air comme un fouet :

- Endoloris!


Quinze minutes après l'heure du remplacement de la garde, Kingsley Shacklebolt et Nymphadora Tonks Apparurent dans un pop discret au pied d'une colline, dans la nuit baignée du croissant de lune. Tonks acquiesça nerveusement au coup d'œil que Kingsley lui lançait. Il devrait appeler du renfort auprès du Ministère. Elle avait à peine quelques minutes pour inspecter les lieux. Tonks ne pourrait justifier sa présence à cet endroit, surtout qu'elle était en congé aujourd'hui.

Serrant fermement leur baguette, ils s'élancèrent vers le haut de la colline, et Tonks se sentit soudainement glacée en apercevant la silhouette massive de Fol-Œil à quelques pas d'eux, immobile, debout, comme nimbé d'une vapeur verte. Lorsqu'ils arrivèrent à son niveau, Tonks posa les yeux sur le visage balafré de l'ex-Auror et suivit son regard. Elle étouffa une exclamation :

- Oh non!

Devant eux, au-dessus de la petite maison à la porte rouge, flottait la Marque des Ténèbres.

L'œil magique de Fol-Œil allait dans tous les sens et il dit rapidement, sa voix grondante et pleine d'inquiétude :

- Merci d'être venu si vite. Je suis venu relayer Bill et voici ce que j'ai trouvé. Cette saloperie, la Marque des Ténèbres. Bill et Mrs Luz sont introuvables. Il y a des détecteurs de magie noire partout autour de la maison. C'est sûrement Bill qui les avait installés. Il y en trois qui se sont déclenchés. Trois Mangemorts contre un bon sorcier…Je ne crois que Mrs Luz soit une sorcière très offensive. Ce sont des lâches…

Fol-Œil frappa le sol de son bâton.

- Pourquoi Bill n'a-t-il pas envoyé de Messager?

Shacklebolt marchait dans l'herbe, sa baguette pointée vers le sol, murmurant :

-AttestoTenebro!

De longs filaments de lumières se mirent à briller faiblement par terre, en serpents presque phosphorescents. Shacklebolt releva la tête : dans la lumière de la lune, sa boucle d'oreille brilla et sa voix grave frappa Tonks en plein cœur :

- Un Impardonnable a été utilisé et a frappé sa cible. Endoloris. Pas d'Avada Kedavra, par contre. On peut penser qu'ils étaient encore en vie quand ils ont été pris.

Le front plissé, Tonks courut vers lui et étudia les filaments de lumière, ses yeux allant d'un serpentin à l'autre :

- On a aussi invoqué un Aegis d'une grande puissance. Ça, c'est du Bill pur. Il excelle dans les boucliers. Oh Merlin…dit-elle soudain, sa voix se brisant sous l'émotion.

La jeune femme s'accroupit et saisit un objet qui luisait faiblement par terre. Les deux hommes l'entourèrent et ils contemplèrent en silence, dans la petite main de Tonks, la boucle d'oreille en forme de croc que portait habituellement Bill. Tonks entendit dire Fol-Œil d'une voix étranglée :

- Je m'occupe de Molly.


Harry cligna des yeux lentement

un rêve

et à travers le brouillard myope dans lequel il était plongé, il distingua vaguement

j'ai fait un rêve terrible

une paire de yeux bleus brillants, luisants d'intelligence.

La voix calme du professeur Dumbledore le réveilla tout à fait :

- Harry, je crois qu'il est préférable que tu nous reviennes maintenant.

Ce fut comme si Harry émergeait du brouillard d'un seul coup. Il se redressa sur ses coudes dans le lit confortable où il était étendu et Dumbledore lui tendit ses lunettes dans un geste prévenant. D'une main hésitante, Harry les enfila : il comprit qu'il n'était plus dans le dortoir des garçons, mais à l'infirmerie.

L'immense salle était vide, sans même la présence de Pompom Pomfresh qui vaquait généralement à l'organisation de l'infirmerie. Il n'y avait là que le professeur Dumbledore et lui. Par les grandes fenêtres à carreaux, Harry voyait le soleil se coucher. Il sursauta.

J'ai dormi toute la journée.

Comme s'il lisait dans ses pensées, le professeur Dumbledore inclina la tête et corrigea :

- Hmmm. Ces quelques jours de sommeil ont dû te faire du bien, Harry?

Quelques jours de sommeil…Harry s'assit brusquement dans le lit, son cœur battant la chamade. Il regarda le professeur Dumbledore, incrédule :

- Quelques jours, vous dites? Quand sommes-nous?

Le vieil homme croisa les mains et s'enfonça dans sa chaise :

- Dimanche.

Harry calcula fébrilement sur ses doigts : la leçon d'occlumencie avait eu lieu mercredi soir...

Il avait dormi quatre jours.

Dumbledore ne semblait pas perturbé par cet état de fait plus qu'il n'en faut. Le regardant au-dessus de ses lunettes d'un air particulièrement sérieux, il ouvrit la bouche pour dire quelque chose et il sembla changer d'avis. Au cours de ce qui parut à Harry un long moment, ils se regardèrent intensément.

La dernière entrevue que Harry avait eue avec le professeur Dumbledore avait été marquée par la colère, sa propre colère - ainsi qu'une envie furieuse de détruire le bureau du Directeur.

Harry avait ressenti avec une puissance dévastatrice la frustration d'avoir été traité comme un enfant, d'avoir été surprotégé au détriment de d'autres. Sa colère de devoir tolérer la présence de Severus Rogue. Sa colère contre le professeur Dumbledore, qui avait insinué que Sirius avait couru à sa perte…

Harry rompit le silence, sa voix presque métallique lui semblant venir de très loin :

- J'ai fait un rêve, Professeur.

Le professeur Dumbledore hocha la tête et il leva une main griffée de milliers de petites lignes. Sa voix était apaisante :

- Je sais. Te sens-tu mieux maintenant?

Harry s'adossa plus confortablement aux oreillers : il se souvenait vaguement d'avoir ressenti une douleur terrible, brûlante, mais c'est comme si elle ne trouvait plus d'écho en lui. Les images en étaient fugaces.

- J'ai rêvé à mes parents. Je me rappelle avoir eu terriblement mal, mais j'ai eu l'impression que quelqu'un a pris soin de moi…Ferrodoloris, dit-il en sursautant, sa mémoire faisant un lien. Qu'est-ce que cela veut dire?

Le professeur Dumbledore hocha la tête gravement.

- C'est une incantation de Porteuse. C'est une chance pour nous que Miss Luz était à Poudlard. Elle a pu te soulager à quelques reprises. Tu as évité le transfert à Ste-Mangouste.

- Quelques reprises? demanda Harry, confus.

Il ne se souvenait que d'une invocation. Harry se massa les tempes, avec l'impression désagréable d'avoir perdu quelque chose de viscéral, de personnel. Le professeur Dumbledore claqua la langue et joua avec sa barbe, dans un geste inhabituel :

- Oui. Le professeur Rogue et Pompom ont veillé à ce que tu sois sous sédation et le professeur Luz a ainsi pu intervenir à plusieurs reprises dans les derniers jours sans trop te faire subir de douleur.

Harry porta la main à son front et voulut toucher sa cicatrice. La douleur terrible qu'il avait ressentie avait rayonné d'elle. Il rencontra un morceau de tissu soyeux, qu'il palpa du bout des doigts. Le Professeur Dumbledore dit lentement :

- Madame Pomfresh a dû panser ta cicatrice, Harry. Elle a saigné abondamment quand Miss Luz a exercé ses talents. Tu pourras enlever le bandage demain. Tu dois avoir envie de te sustenter maintenant… Je vais te laisser te vêtir.

Le professeur Dumbledore se leva de sa chaise mais Harry eut un sursaut indigné en s'agenouillant sur le matelas:

- Professeur, un instant, qu'est-ce qui s'est passé? Vous n'allez pas me quitter sans me dire ce que signifie ce rêve? J'ai vu mes parents, morts. Je me suis vu, bébé…

Le professeur Dumbledore regarda par terre une seconde et lorsque son regard se riva à celui de Harry, il fut soufflé par la puissance du vieil homme et il frémit presque en lisant sur son visage une sévérité qui n'était pas coutumière.

- Le Venatus est une magie puissante, Harry. Il ouvre des portes de l'esprit qu'on croit, souvent à tort, fermées pour toujours.

Harry secoua la tête et plaida :

- Le professeur Luz nous a enseigné le Venatus lundi et j'ai fait ce rêve mercredi. J'ai eu ma première leçon d'occlumencie et de légilimanciecette journée-là, Professeur. C'est ma leçon d'occlumencie qui a provoqué le rêve, j'en suis sûr!

Le professeur Dumbledore hocha la tête et sa gravité fit grimper la colère de Harry :

- Je suis un vieil homme, Harry, et je n'ai plus les croyances impétueuses de la jeunesse. J'en sais toutefois beaucoup sur la magie et je puis toutefois t'assurer que l'occlumencie n'est responsable de rien ici. Tes vêtements sont sur cette chaise (il la pointa de la main) et tu es attendu impatiemment dans la grande salle par Miss Granger, Mr Weasley et Miss Weasley, qui t'ont veillé ces quatre derniers jours.

Dumbledore fit un pas vers la porte, mais Harry haussa la voix, soudainement furieux :

- Ce n'est qu'un rêve? Professeur! Je n'y crois pas! C'est comme si j'étais dans la tête de quelqu'un d'autre…

Dumbledore se tourna vers lui avec une agilité surprenante et sa voix résonna dans l'immense voûte :

- Harry, n'oublie pas que ce que tu as de plus précieux est ta cicatrice.

Dans un froissement de tissu, la porte se ferma sur le Directeur.

Harry resta stupéfait et il vit rouge. On lui devait une explication. Dumbledore lui devait une explication.

Harry, n'oublie pas que ce que tu as de plus précieux est ta cicatrice.

Il fut tenter d'éclater d'un rire méprisant. La cicatrice était tout ce qu'il haïssait de lui-même : sa part d'ombre, son lien avec le plus grand Mage Noir de tous les temps, le fait qu'il puisse parler le Fourchelang, qu'il était différent par ces stupides rêves, ces stupides douleurs…Cette stupide souffrance qui la tenait aux côtes, pas une stupide souffrance physique, non, une souffrance morale..

Je deviens fou. Envoyez-moi signer des autographes avec Gilderoy Lockhart.

Harry descendit du lit avec précaution, sa tête tournant un peu, et il envoya promener son pyjama sur le sol alors qu'il enfilait les vêtements qu'on lui avait préparés, grimaçant un peu quand le col du gilet effleura son front. Il enfila par-dessus sa robe de sorcier et ramassa sa baguette magique, avec une envie folle de rencontrer un souffre-douleur - pourquoi pas Malefoy ? - pour lui asséner quelque chose, un maléfice, quelque chose de puissant…

D'un geste brusque, il mit les vêtements sales sur son épaule et glissa sa baguette magique dans sa poche.

Avec difficulté.

Harry eut un geste d'humeur et passa la baguette dans l'autre main alors qu'il enfonçait rageusement sa main dans sa poche. Ses doigts touchèrent une sphère lisse et fraîche, un peu spongieuse. Il la palpa du bout des doigts et la fit rouler dans sa main pour la sortir de sa poche, convaincu avec fatalisme qu'on lui avait donné les mauvaises robes.

Avec un peu de chance, ce sont celles de Neville et je vais en sortir une plante qui me jette du pus à la figure

Mais Harry ne tenait pas au creux de sa paume soudainement moite une plante au nom inclassable. La bouche ouverte, toute colère oubliée, ses yeux regardèrent avec fascination la sphère luisante, remplie de poussière argentée qui avait pris la couleur du soleil couchant.

Une prophétie.


Et oui, premier combat! Pas super long et pas super bon, mais je vais essayer de m'améliorer! Merci de vos reviews!

Et voici mon latin de cuisine ; )

CapioSecretum : je prends le secret

Fuegoflagellum : fouet de feu

Aegis : le nom du bouclier d'Athéna ou une protection supérieure très puissante

AttestoTenebro : preuve des Ténèbres

KapatmakMagia : verbe en langue turque- fermer + magie