LPC : Je suis d'accord sur un point, en partant Lancelot enlève à Gwen la possibilité de choisir entre Arthur et lui. Par contre, je ne pense pas qu'il soit "certain" que son choix se serait porté sur Lancelot s'il était resté - ni sur Arthur d'ailleurs, je pense qu'on ne peut être sûr de rien. Qui sait, peut-être aurait-elle été incapable de choisir et insisté finalement pour un ménage à trois. Ou décidé qu'elle en avait marre qu'ils se battent - métaphoriquement- pour son affection, et choisi un gentil garçon qui ne soit ni prince ni chevalier. Ou même qu'elle aurait été plus réceptive au charme de Gauvain dans la saison 3. Je vais arrêter là les théories lol

DAM : Remettre le chef du personnel à sa place serait délicat et pourrait donner une réputation de chouchou à Merlin pour moi. Mais je suis d'accord sur le reste lol

Abeille : Je suis d'accord, Merlin n'avait pas à pousser Gwen dans les bras d'Arthur. Non seulement c'est à lui de de débrouiller pour la séduire, mais Merlin se mêle de ce qui ne le regarde pas. Pour Lancelot, voir ma réponse à LPC.

Colinou : Un jour Alaia apprendra à équilibrer ses chapitres. Ce jour-là, toute l'équipe sautera de joie.

Titesouris : Tu sais que tu détiens le record de la review la plus concise sur cette fic ! Lol

Il n'est pas encore minuit donc je ne suis pas en retard ! L'heure tardive est due à deux nuitd blanches d'affilée pour peindre des figurines dans les délais imposés, compensées par une journée passée à dormir...

~(-)~

Chapitre 25: La Belle et la Bête ~Partie 1~

Des nuages assombrissaient davantage le ciel nocturne, laissant la lune observer la montagne en-dessous à travers un voile de brouillard. Sa lumière d'argent dorait les pentes, faisant contraste avec la lueur du feu dans les ombres où elle ne pouvait pas voir. Les paroles de l'incantation d'un sort volaient sur le vent, accompagnées du faible son d'un chaudron dont on remuait le contenu... Puis le bruit s'arrêta, et l'homme qui avait incanté si diligemment reprit la parole.

« Maîtresse ? »

La voix rocailleuse qui répondit évoquait celle d'une vieille dame, mais venait d'une silhouette de chair bulbeuse et de contenance hideuse qui n'aurait jamais pu être confondue avec celle d'un humain.

« Tu as fini ? »

Son serviteur sourit. Sa queue fine, qui était le seul indice trahissant qu'il n'était pas humain, tressautant d'empressement de servir sous les plis de son long manteau élimé.

« Oui, Maîtresse. La potion est prête. »

Sa maîtresse, un troll d'âge et d'avarice considérable, accepta la fiole offerte d'une main griffue.

« Alors Camelot et toutes ses richesses… seront bientôt à moi. »

~(-)~

Le ciel était clair, et la matinée ressemblait à n'importe quelle autre. Des gens s'affairaient en commençant leur journée de travail, tandis que d'autres se dirigeaient vers le marché, et même quelques marchants venaient échanger des produits achetés dans des endroits lointains.

Mais en ce qui concernait un certain jeune homme, il avait été traîné par son gardien dans des corvées supplémentaires... Comme s'il n'avait pas déjà assez de travail, à courir derrière le Prince Arthur.

« Ne traîne pas Merlin, on a devant nous une journée chargée. »

Son pupille, Merlin, accéléra le pas et se précipita derrière Gaius. Il était chargé de toutes sortes de pots et jarres vides, et avait l'air plus qu'un peu énervé.

« C'est tous les jours une journée chargée ! Avec vous et Arthur, je me tue au travail ! »

Gaius n'accorda même pas à cette affirmation d'un regard en arrière, et continua de marcher.

« Cesse de te plaindre ! Au moins le travail est intéressant ! »

Merlin le fixa, levant l'un des objets en question.

« Gaius, nous collectons des pots ! Nous faisons la même chose chaque semaine ! Le jeudi ! À exactement la même heure ! Et jamais il ne se passe quelque chose d'intéressant ! »

Le jeune magicien s'arrêta brusquement, quand un homme assez laid dans un vieux manteau usé le saisissait par le bras et demandait d'un ton urgent :

« S'il vous plaît, nous cherchons Uther Pendragon, où peut-on le trouver ? »

Un large sceau au manche de bois fut pressé dans la paume de Merlin. Gaius, fronçant les sourcils devant cette interruption de sa routine, tendit la main pour y jeter un oeil.

« Je regrette, mais pour parler de votre affaire au Roi, vous devriez passer par la filière officielle... »

Il retourna le seau, haussant les sourcils de surprise tandis qu'il regardait brusquement l'homme.

« C'est le sceau de la maison de Tregor ? Où avez-vous eu ceci ? »

L'homme inclina la tête devant la suspicion audible dans le ton du médecin, avant de se retourner pour désigner la silhouette encapuchonnée derrière lui.

« Sachez qu'il ne m'appartient pas. »

La silhouette fit un pas en avant, rejetant son capuchon en arrière pour révéler une belle femme d'âge moyen. Une robe qu'aucune roturière n'aurait pu se permettre, fut visible tandis que l'avant de sa cape s'écartait.

« Ce sceau est à moi. »

Gaius marqua une pause, surpris, avant de s'incliner avec respect et de donner un coup de coude à Merlin quand le jeune homme manqua d'en faire autant assez vite.

« Ma Dame. »

Aucun d'eux ne vit le léger sourire narquois et satisfait sur son visage, avant qu'elle ne leur fasse signe de se redresser.

« Je vous en prie, nul besoin de formalités. Je désire seulement que vous me conduisiez au Roi Uther. »

Gaius acquiesça, lui faisant signe de le suivre tandis qu'il se retournait vers le château.

« Bien sûr, suivez-moi. »

Ils se dépêchèrent de rejoindre la citadelle, Merlin marmonnant discrètement à son gardien tandis qu'ils marchaient.

« Qui est-ce ? »

Le vieil homme répliqua, bien que ses paroles contiennent une note de désapprobation. Merlin aurait pu facilement rester silencieux, et ne pas demander.

« Lady Catrina de Tregor. Son père était un fervent allié de Camelot, et un ami du Roi. On croyait depuis plusieurs semaines maintenant, que la famille entière était tombée. Et pourtant il semblerait que ce ne soit pas le cas. Catrina a réussi à survivre. »

Ils s'interrompirent tandis que Gaius s'adressait à un garde, l'envoyer alerter le roi de la présence de leur invitée. Il mena ensuite la dame vers une antichambre proche de la Salle du Conseil, où elle pourrait attendre confortablement l'arrivée d'Uther.

Quand il arriva, Gaius et Merlin se dressèrent sur le côté de la pièce tandis qu'on la faisait entrer. Et Uther se leva de son siège pour la saluer.

« Lady Catrina ! Est-ce vraiment vous ? »

Elle acquiesça, le soulagement lui coupant le souffle tandis qu'elle lui faisait la révérence.

« J'ai du mal à le croire Majesté ! »

Uther sourit tandis qu'elle se redressait, légèrement perplexe mais heureux de la voir.

« On nous avait annoncé que la maison de Tregor était tombée aux mains d'envahisseurs. »

Catrina acquiesça, solennelle et attristée.

« Tout ce que l'on vous a dit est vrai Majesté. Et il y a bien pire !

- Votre père ? Le Roi ?

- Il est mort... L'ennemi a attaqué sans prévenir, ils ont été cinq fois supérieur en nombre. »

Une larme se forma dans ses yeux.

« Il n'a pas pu faire face, Moi-même je n'aurais pas survécu sans l'aide de mon fidèle serviteur Jonas. Mais nous avons réussi à survivre. Et nous sommes arrivés jusqu'ici. »

Elle trébucha comme sur le point de s'évanouir, et Uther la rattrapa rapidement. Catrina le regarda dans les yeux, son visage à quelques centimètres du sien.

« Majesté, je crains que mes… que mes épreuves aient laissé des traces. »

L'expression d'Uther montrait l'inquiétude et une profonde compassion pour son épreuve.

« Ce que vous avez enduré dépasse l'imagination Ma Dame. Ce serait un honneur de vous aider d'une manière ou d'une autre. »

Elle hocha la tête avec gratitude, s'agrippant toujours à lui comme s'il était une lumière dans une tempête.

« Un bon lit pour la nuit serait vraiment très bienvenu Majesté. »

Uther relâcha sa prise, laissant Jonas la soutenir à la place.

« Alors considérez-vous comme nos invités estimés. C'est le moins que nous puissions faire.

- Merci. »

Le roi fit signe à ses serviteurs de l'emmener, tandis que Merlin suivait Gaius et reprenait la myriade de pots qu'il avait déposés dans un placard proche de la Salle du Conseil. Lorsqu'il les eut récupéré, le duo commença à retourner aux appartements du médecin.

Ils y étaient presque, lorsque Merlin murmura :

« Elle est très courageuse !

- Oui…

- Ça a l'air épouvantable ce qu'elle a subi.

- Épouvantable en effet… »

Merlin fronça les sourcils et jeta un oeil à son mentor. Il reconnaissait ce ton songeur dans la voix du vieil homme, et savait s'attendre à ce que ça signifie des ennuis.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

Gaius lui rendit son regard, sa voix reprenant un ton plus normal.

« Rien du tout.

- Merlin. »

L'appel derrière eux les fit se retourner tous les deux, pour voir Arthur au bout du couloir.

« Un travail pour toi ! »

Il disparut comme il était venu, et Merlin le suivit avec un soupir et une joie feinte.

« Travail, travail, travail ! »

Il se mit à courir et rattrapa Arthur, avant de lui emboîter le pas.

« De quoi avez-vous besoin, Sire ? »

L'emphase sarcastique lui valut un coup de coude dans les côtes avant qu'Arthur ne réponde :

« Les serviteurs de mon père préparent la meilleure chambre d'amis pour Lady Catrina. Tu dois aller t'occuper d'elle, dans l'antichambre près de la Salle du Conseil pendant ce temps. Amène de la nourriture et du vin, et assure-toi qu'elle est à l'aise pendant qu'elle attend. La chambre d'amis sera prête dans une quinzaine de minutes, alors occupe-la pendant vingt pour être sûr. »

Merlin s'immobilisa, regardant Arthur continuer sa route en souhaitant pouvoir éviter ça tandis qu'il marmonnait tout seul :

« Occuper une noble dame pendant vingt minutes, sans l'offenser ni me faire passer pour un imbécile... Génial. »

Il fit demi-tour et descendit les escaliers les plus proches, faisant un rapide détour par les cuisines pour des fruits et du vin avant de se diriger tout aussi vite vers l'antichambre.

Ce qui s'avéra être une perte de temps totale, puisqu'elle déclina les deux. Il se retrouva à passer les vingt minutes à se tenir poliment et silencieusement debout près de la porte jusqu'à ce qu'un coup rapide la lui fasse ouvrir.

L'un des serviteurs d'Uther se tenait là, et il parla avec une légère note de dédain. Il était vrai que, puisqu'ils étaient les seuls serviteurs d'un rang supérieur au sien, ils aimaient bien le lui lancer à la figure à l'occasion.

« La chambre d'amis est prête, et je suis là pour y escorter Lady Catrina. »

Merlin prit soin d'afficher la même expression polie et hautaine. Deux pouvaient jouer à ce jeu.

« Ce ne sera pas nécessaire. J'ai déjà reçu l'ordre du Prince Arthur de veiller à tous les besoins de Lady Catrina. »

Il reçut un air vaguement renfrogné, qui se transforma en hochement de tête poli.

« Très bien, je retourne donc à mes devoirs envers le Roi. »

Merlin le regarda s'éloigner, et marmonna dans sa barbe. Cela ne venait pas souvent dans la conversation, mais il ne pouvait pas nier que les deux serviteurs d'Uther et lui étaient en compétition. Sur qui servait qui, et sur le fait qu'être le serviteur du Roi était tellement mieux qu'être celui de son héritier.

Merlin choisissait Arthur plutôt qu'Uther à tout moment.

« Crétin... »

Il se tourna pour faire face à la dame, et inclina la tête tandis qu'il parlait de nouveau d'une voix normale.

« Vos appartements sont prêts, Ma Dame. Si vous voulez bien me suivre. »

Catrina se leva en souriant.

« Conduis-nous. »

Et Merlin s'exécuta, se sentant plus maladroit que jamais quand il faisait ce genre de choses. Les formalités étaient irritantes, même s'il n'avait rien contre la dame. C'était juste que dans ces moments-là, agacer Arthur lui manquait.

Ils arrivèrent dans la chambre d'amis, Merlin ouvrant la porte pour la faire entrer. L'intérieur était immaculé, le sol fraîchement balayé et le lit juste fait. Un feu crépitait dans le foyer, et une douce odeur de fleurs provenait du vase sur la table principale.

« Je suis désolé, ce n'est pas ce à quoi vous êtes habituée. »

Catrina semblait fascinée par la chambre, et se retourna pour lui sourire une fois de plus.

« Pardonne-moi mais je n'ai pas compris ton nom ? »

Merlin marqua une pause, surpris qu'une noble soit si aimable avec lui, et se surprit à répondre à son sourire avec un autre, plus hésitant.

« Merlin. »

Elle inclina la tête en réponse, et sa voix prit une touche d'humour.

« Et bien Merlin, étant donné que nous avons passé la nuit dans une caverne, ceci nous conviendra parfaitement. Merci. »

Il continua de sourire, inconscient du regard méfiant que lui adressait son serviteur.

« Si vous avez besoin de quelque chose, il n'y a qu'à le dire. Les appartements de mon maître sont juste à l'étage. »

Jonas prit la parole ; sa voix grinçante poussant Merlin à se retourner pour le regarder.

« Ma maîtresse et moi te sommes extrêmement reconnaissants de la gentillesse que tu nous as témoignée. »

Merlin sourit de nouveau à Catrina, avant de se diriger vers la porte.

« Il n'y a pas de quoi ! »

Aussi bien la 'Dame' que le serviteur attendirent qu'il soit parti et que le bruit de ses pas ait disparu, avant qu'elle ne se voûte abruptement et que toute apparence du comportement d'une dame ne disparaisse avec sa jolie voix. A la place, ses paroles furent marmonnées dans la voix graveleuse du troll, et elle se dirigea vers sa chaise en se plaignant :

« Je ne peux en aucun cas dormir ici ! Cet endroit pue la propreté ! »

Jonas la suivit jusqu'à son siège, semblant tout aussi dégoûté par leur entourage.

« Soyez sans crainte maîtresse, je vais vous trouver un lieu plus… convenable. »

Il l'observa exhaler une haleine vile et verte sur le plateau de fruits qui se trouvait sur la table. Les produits frais devinrent rance et pourri en un instant, avant qu'elle ne commence à les dévorer.

~(-)~

Alors mon avis personnel sur "être le serviteur du roi c'est mieux qu'être celui de son héritier" : en-dehors de la personnalité de vos maîtres respectifs, les gars, je vous signale qu'à la mort d'Uther Merlin sera serviteur du roi, et vous... vous aurez plus de travail. Ou en tout cas bien en-dessous de celui-là. Donc Merlin peut monter s'il garde son travail, tandis que vous, vous allez forcément finir par descendre...