Enfin j'ai eu le temps d'écrire ce chapitre! *à l'agonie* Bon, petite annonce à faire: Il reste seulement deux chapitres à l'histoire. L'épilogue, que j'ai déjà tout planifié, il ne me reste que le mettre sur papier, et le prochain chapitre. Autant vous le dire maintenant pour anticiper la fin! xD (Je suis vraiment une sadique..)
Bref, bonne lecture!
Déménagement
-Tu restes là sans bouger.
-Mais-
-Non, pas bouger j'ai dit.
-Je ne suis pas un chien Law.
Il m'ignora et retourna au camion pour aider Luffy, son frère Ace qui avait bien voulu nous aider et Zoro à décharger le divan et l'emmener à l'intérieur. Je soupirai et boudai en me croisant les bras. Une nouvelle maison, un nouveau départ. Déménagement plutôt mouvementé pour l'instant, puisque nous avions du courir d'un bout à l'autre de la ville car le chauffeur du camion s'était perdu. Et attendre était le pire. Surtout dans ma situation. Law refusait catégoriquement de me laisser faire quoi que ce soit, même quelque chose d'aussi simple que transporter des boites remplies de papier. Donc j'étais obligée de rester assise sur le balcon, à les regarder faire.
Je m'étendis sur le dos à même le sol du balcon, et posai mes mains sur mon ventre. Déjà bien arrondi, je caressai la peau à travers le tissu en souriant doucement. À presque 35 semaines, j'avais l'impression d'être un ballon de plage. Mais je ne me souciais point de mes quelques kilos de plus, puisqu'ils étaient pour la bonne cause (si on peut dire ça comme ça). Et puis, on disait toujours qu'une femme enceinte était encore plus séduisante. Peut-être que c'était le cas. En tout cas, je ne voyais pas vraiment la différence, avec un Law toujours aussi emporté par sa libido, comme s'il était un adolescent à nouveau. C'était rendu un vieux pépère maintenant, dépassé la trentaine. Oui, j'aimais bien le taquiner à ce propos. Et lui remettre en pleine figure. Et il s'amusait à son tour à me dire que mon mari était un grand-père. Bref, nous étions un couple heureux qui se chamaillait tout le temps.
-Cerys, si tu ne veux pas que je t'écrase, il faudrait bien que tu te pousses du chemin.
Zoro me fit de l'ombre en me montrant son dos, les bras chargés du divan qui allait m'écraser les orteils si je ne bougeai pas de là. Rapidement, je me levai et me poussai en lui offrant un sourire désolé. Il grogna en levant les yeux au ciel et monta les marches, Law derrière qui me fit de gros yeux. Il était visiblement fâché que je me 《 mette en danger 》. Je roulai des yeux et lui fis la grimace. Son regard noir s'intensifia, mais je l'ignorai et traversai l'herbe verte pour me diriger vers la cours arrière. Je n'étais même pas rendue que j'entendais une voix chialer pendant qu'une autre riait malicieusement. J'ouvris le portail, et vis une petite fille couverte de boue, un garçon en partie couvert de la même substance salissante, et une autre fille plus jeune qui, en petit bonhomme dans l'herbe, fouillait à l'aide d'une pince, d'un filet et d'un bocal à insectes, les alentours pour découvrir quelques trouvailles. Aussitôt qu'il me vit, William se précipita vers moi, m'entoura de ses bras, tachant mes vêtements au passage, et envoya un regard accusateur du côté de sa jeune soeur. Elle sourit à pleine dent.
-Cécé, fais quelque chose, elle est folle!
Lizzy pouffa ses joues d'air, tel un écureuil, et elle parla d'une voix faussement innocente.
-C'est pas gentil de dire ça! Je voulais seulement jouer moi...
Le jeune garçon de 11 ans pointa un doigt tremblant de colère en sa direction.
-Menteuse! Tu disais que tu voulais m'en faire bouffer!
Ce fut bref, mais la petite tourna la tête et un « tss.. » mécontent s'échappa de ses lèvres. Son air angélique revint aussitôt.
-Mais non, j'ai dit que les vers de terre ressemblait à des bonbons!
-Raah! Poussa rageusement mon neveu.
Devant leur manège, je ne pus m'empêcher de rire silencieusement. Mon dieu qu'ils me faisaient penser à Law et moi-même quand nous étions plus jeunes. Lizzy était un mini Law! Bon, c'est vrai qu'elle l'adorait et qu'elle le suivait comme son ombre, imitant chacun de ses gestes. Elle m'avait même fait une crise de jalousie quand je l'ai épousé. Elle m'a boudé pendant un mois, m'accusant de lui avoir volé son futur mari. Seulement 9 ans, et s'imaginant déjà marié avec des enfants. Je vous jure, la nouvelle génération, beaucoup trop vite en affaire.
Devant mon manque total de solidarité, William cessa de me coller, offusqué, et il s'éloigna pour rejoindre sa plus jeune soeur qui elle, ne risquait pas d'essayer de mettre une araignée dans son pantalon. Je souris doucement. Vraiment, il me ressemblait. Pour le réconforter, je m'accroupis à son niveau et lui caressai les cheveux. Involontairement, il appuya sa tête contre ma main. Dès qu'il s'aperçut de son geste, ses joues se réchauffèrent d'irritation et il me tourna le dos. Je ris, entourai son cou de mes bras et le collai contre ma poitrine. Il grimaça.
-Cécé, ton ventre me fait mal au dos..
Je relâchai un peu la pression et lui déposai un baiser sur la tête en signe d'excuse. Il l'accepta et finit enfin par céder à mes câlins. Sans prévenir, je sentis un poids s'affaisser sur mes épaules, ce qui m'obligea à tomber la face la première sur mon neveu qui, comme moi, ne s'attendait pas du tout à ce contact soudain. Un cri s'échappa de chacune de nos bouches alors que Lizzy frotta son nez sur mes cheveux, sifflotant, heureuse. Nous formions un beau sandwich.
-Qu'est-ce que tu fais, la détraquée?! Hurla difficilement William sous mon poids.
Je le sentis dans sa voix, elle fit la moue.
-C'est pas juste, c'est tout le temps toi qui monopolise tante Cerys!
Le blond se mit à rire.
-Tu ne disais pas qu'elle était une « sorcière pour m'avoir volé mon Lawchounet »? Dit-il d'une voix moqueuse.
Elle enfouit son visage dans mon dos.
-J-je n'ai jamais dit ça.. Dit-elle nerveusement.
Je soupirai et fis la grimace dû à la position inconfortable dans laquelle nous étions.
-Bon, vous pouvez vous chamailler si vous voulez, mais ailleurs que dans mes oreilles, d'accord?
Lizzy s'éloigna en s'excusant et je pus me remettre sur pied. Je grimaçai et me frottai le dos d'une main, le ventre de l'autre.
Complètement fasciné, Luffy sourit comme un idiot en promenant ses mains sur mon ventre rebondi. Je ris alors qu'il effleura une partie sensible. Il suivit mon exemple et retira ses doigts, un air comblé au visage.
-Tu crois qu'il ou elle nous entend?
J'haussai les épaules, n'ayant pas de réponses à sa question. Tout de même, il approcha son visage et se mit à parler au bébé comme s'il ou elle était dans la pièce avec nous. Ça ne devait pas être très confortable de son côté puisqu'il était penché d'une étrange façon, notre position oblige (tous les deux assis sur le divan).
-En vous regardant, on pourrait presque confondre le père. Est-ce que Law fait ça lui aussi?
Je tournai la tête et vis Derek derrière le divan. Je pris un air à la fois fier, et un peu taquin.
-Officiellement, non.
Il leva un sourcil, confus. Je ris.
-Il m'a dit de ne pas le dire, à cause de sa fierté de mâle alpha j'imagine, mais.. Oui, il fait ça. Assez souvent en fait.
Un rire moqueur résonna dans la pièce.
-Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'étonne pas. Dit-il en pouffant de nouveau.
Je souris en me remémorant tous ces moments où il avait été d'une délicatesse inouïe avec moi, soucieux du bébé. Je ne pouvais faire de tâches trop exigeantes, il ne voulait même pas que je passe seulement le ballet. Interdiction depuis une semaine de me promener toute seule dans la rue, peu importe la raison. Ce qui m'irritait grandement puisque je ne pouvais plus mettre le nez dehors pour me balader et prendre les photos que je voulais pour mon propre plaisir. Déjà que je devais faire tous mes projets à la maison, puisque je ne pouvais ne permettre de tout laisser tomber, sans me soucier de mes clients durement gagnés (ou quelque chose comme ça). Qui aurait cru que Law pouvait être aussi attentionné à mon égard.. Bon, j'exagère un peu, ça lui arrive de l'être. Parfois. Je crois.
-Et il fait autre chose dans le même genre? Dit-il d'un sourire espiègle.
Je réfléchis quelques secondes pour finir par hausser les épaules. Il y avait peut-être deux ou trois trucs qu'il faisait, mais je ne crois pas qu'il allait me laisser en vie si je le disais au roux. Pourquoi est-ce qu'il voulait toujours préserver son image mystérieuse alors que c'était un gros ours affectueux.
...Bon, peut-être que ce n'est pas la bonne image, je dirais plutôt un ours tueur, mais.. Enfin, vous voyez l'idée.
Devant mon manque d'informations croustillantes, il claqua sa langue de désintérêt, puis s'éloigna pour trouver quelque chose de plus intéressant que parler avec moi. Je soupirai.
-À la bouffe!
Aussitôt que Luffy entendit Sanji hurler ces mots, il sauta sur ses pieds et se précipita dans le couloir. Je parierai ma nouvelle maison qu'il allait se bourrer la face dans le dîner que nous avait préparé le blond. Je mis ma main sur l'appui-bras pour m'aider à me lever. Ça ne paraissait pas comme ça, mais ça demandait un effort supplémentaire d'avoir un autre petit être en soi. Une fois sur mes deux pieds, je me dirigeai à mon tour dans le couloir. Alors même que je tournai le coin pour entrer dans la pièce déjà bien animée, je ressentis un inconfort dans le bas de mon ventre. Je cessai d'avancer, le souffle coupé, et je m'appuyai sur le mur pour garder mon équilibre. Ma main droite se posa sur mon ventre, et une seconde douleur apparut. Je souris. Je venais de sentir le bébé donner un coup. Je me remis sur pied et continuai mon chemin.
-Tu es sûre que c'est une bonne idée?
Pour la quatrième fois, mes yeux se plissèrent et je fusillai Sanji du regard. Il leva les mains en l'air, dégoulinants d'eau savonneuse.
-Je veux juste m'en assurer, m'expliqua-t-il. Je ne veux pas que ton mari m'égorge.
Je soupirai en frottant furieusement une assiette pour la sécher. Pourquoi est-ce que depuis que je suis enceinte, les gens me prennent pour une poupée de porcelaine qui va se casser au moindre effort?! Ça m'énerve! Ce n'est pas parce que je porte un enfant que je ne sais plus faire des tâches aussi simples que la vaisselle!
-Je ne réponds pas juste de Law, tu sais! Dis-je en voulant rester neutre, mais échouant lamentablement.
Je déposai violemment l'assiette dans l'armoire, pris ensuite un verre et avec toujours autant de rudesse, l'essuyai rapidement. Je commençai sérieusement à perdre mon calme, et mes gestes s'en voyaient affectés. Le blond cessa de laver pour me regarder en fronçant les sourcils, inquiet.
-Doucement Cerys, si tu continues comme ça, tu vas briser le ver-
Alors qu'il prononça ces mots, l'objet m'échappa des mains et vint se fracasser sur le sol. Il eut le réflexe d'enlever son pied, qui se trouvait juste en-dessous. Ses yeux se relevèrent du sol, irrités par ma maladresse, mais ils se remplirent aussitôt d'inquiétude en me voyant recroquevillée sur moi-même, les mains entourant mon ventre. Il contourna les éclats et m'en éloigna doucement pour que je ne me blesse.
-Cerys, tout va bien?
J'avais du mal à respirer, et ne pus lui répondre que par saccades.
-Mon... ventre... il.. aaah!
La douleur s'intensifia et parcourut mon corps au complet. Sanji dut me soutenir puisque mes jambes ne pouvaient plus le faire. Alertée par le bruit, Félicia apparut sur le seuil de la porte. Elle n'eut même pas à demander ce qui n'allait pas, elle ne fit que me voir et elle repartit dans l'autre direction en courant.
Le reste des événements fut comme un brouillard. Law se précipita dans la pièce, suivi par une cacophonie de personnes qui était tous plus inquiets les uns que les autres, puis il m'aida à atteindre son automobile pour m'emmener à l'hôpital. Je me rappelle vaguement avoir été prise en charge par des infirmières, Law qui hurlait puisqu'il ne pouvait pas me suivre, l'odeur d'aseptisant dans les couloirs, le blanc des murs qui m'aveuglait, puis une petite pièce où ils m'installèrent sur un lit, et se fut le noir complet après ça.
-Il y a eu quelques complications, mais elle devrait s'en sortir sans trop de séquelles.
Un long soupir résonna dans la pièce, puis des pas retentirent pour finalement disparaître, devenus de moins en moins anodins. D'autres, plus légers, se rapprochèrent de moi, et j'entendis une chaise grincer sur le plancher. Quelqu'un s'assit dessus, puis une chaleur agréable enveloppa ma main gauche. Une autre se trouvait de l'autre côté de moi, appuyée contre mon ventre. C'est à ce moment que mes yeux décidèrent de s'ouvrir. Comme n'importe quel endroit où les murs sont blancs et la lumière, un peu trop forte, je dus refermer mes paupières. Ce fut suffisant pour qu'on remarque que j'étais réveillée. La personne me sauta littéralement au cou, je n'eus donc pas le temps de bien me réveiller. J'étais encore toute embrouillée alors que de légers pleurs résonnèrent dans mes oreilles.
-Oh Cerys, tu ne sais pas à quel point je suis heureuse de te voir éveillée! Gémit une voix dans mon cou.
Une odeur de tangerine me chatouilla le nez et des cheveux de feu apparurent dans mon champ de vision. Mon cerveau dissipa peu à peu la brume et mes neurones se remirent en marche. Doucement, mes yeux doublèrent de volume, surpris.
-Nami..?
Elle s'éloigna assez pour me regarder dans les yeux, les siens remplis de larmes de soulagement. Elle prit mon visage entre ses mains, comme si elle avait peur que je disparaisse soudainement. Puis, elle fronça les sourcils, me pinça les joues et les étira.
-Ne me fais plus jamais peur comme ça, j'ai failli mourir d'une crise cardiaque, patate!
Sa poigne s'intensifia et je pouvais sentir mes joues protester vivement. Ce fut mon tour d'avoir des larmes aux yeux.
-Chu me hai mal aux choues Nami! Articulais-je difficilement.
La rousse cessa de me torturer et relâcha ma peau. Aussitôt, je la massai pour enlever la douleur et l'inconfort. Je lui envoyai un regard accusateur. Elle m'ignora et retourna sur sa chaise. Je relevai lentement le torse pour m'asseoir, mais un poid m'en empêcha. Je penchai les yeux et vit une tête noire qui bavait sur la couverture. J'y déposai mes doigts et caressai les boucles fines. Un gémissement se fit entendre.
-De la viande…
Je souris, puis relevai les yeux vers mon amie, qui avait retrouvé son calme.
-Qu'est-ce qui s'est passé? La questionnais-je, perdue.
Elle appuya ses coudes sur ses genoux et porta son menton de ses paumes.
-Tu nous as fait la peur de notre vie, petite…
Elle ravala ce qu'elle allait dire et continua en soupirant.
-Le bébé a décidé de sortir alors que ton corps n'était pas encore tout à fait prêt. On t'a apporté à l'hôpital d'urgence, mais tu t'es évanouie avant de commencer le processus, ils ont du faire une césarienne. Mais tu n'allais pas très bien, et tu ne te réveillas pas non plus. Tu étais dans un espèce de coma - enfin, je n'ai pas tout compris ce que disait le médecin. En gros, ça fait trois jours que tu dors.
J'assimilai lentement ce qu'elle me disait. Puis, la terreur m'envahit.
-Et le bébé?! Paniquais-je.
Elle sourit doucement pour me rassurer.
-Ta petite fille va bien. Law est justement en ce moment même avec elle. Ça fait trois jours qu'il n'a pas quitté l'hôpital, trop soucieux de vous laisser tous seuls ici.
Je ne fis que cligner des yeux, l'information prenant du temps à arriver au cerveau. Mais dès qu'il fut rendu, de grosses larmes se mirent à couler sur mes joues. Je cachai mon visage avec mes mains.
-Une fille… Nous avons une petite fille.. Sanglotais-je bruyamment.
Nami sourit tendrement.
-Vous avez déjà décidé d'un nom?
Malgré les larmes, mon visage s'illumina.
-Rosalina.
