Amis de toujours, bonjour ! C'est nul comme amorce, mais j'avais envie ! Tout d'abord, je dis courage à ceux qui comme moi, ne sont pas encore en vacances ! Quant à ceux qui se la coulent douce… profitez en !

Je me suis entièrement basée sur le film pour ce chapitre, parce que l'intrigue est plus entretenue (même si tout le monde connaît la fin ,lol !), cela donne un peu de légèreté avant d'autres chapitres qui seront plutôt sombres… Désolée pour les fautes éventuelles !

Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser des reviews !

Chap 25 ; le Palantir

La grande salle du château d'or était resplendissante. Tout le monde avait revêtu ses plus beaux atours. De grands feux brûlaient dans les âtres, des longues tables en bois avaient disposées en peu partout, avec des bancs. De délicieux fumets s'échappaient des plats. Toute l'immense salle semblait briller d'un éclat particulier, ce qui était sans doute dû aux quelques boules de feu qu'Hoela avait allumées et qui se tenaient haut dans la toiture. Eowyn tendit une coupe à son oncle tout en s'inclinant et revint à sa droite, tandis qu'Eomer se trouvait à la gauche ; ils faisaient face à toute l'assemblée. La voix de Théoden portait loin :

« -Ce soir, souvenons nous de ceux qui ont donné leur sang pour ce pays. Saluons les morts victorieux ! » dit-il en levant sa coupe

« Gloire ! » répliquèrent les autres.

Elle vit les hommes et les femmes imiter le geste du roi. Elle eut une pensée pour Haldir, enterré loin de sa Lorien natale. Pour les Elfes. Et pour tous ceux qui dormaient sous une terre qui n'était pas la leur. Si elle mourrait, cela serait peut-être son cas.

Tandis que la fête commençait, Hoela se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Elle ne paraissait pas voir ce qui se passait autour d'elle, les yeux dans le vague, les mains croisées sur ses cuisses, blanches sur la robe d'un gris argent qu'elle portait. La plupart lui jetaient un regard à la fois craintif et fasciné. Ses longs cheveux étaient torsadés sur son épaule, sombres contre sa peau claire, scintillants de reflets dorés. Ses yeux semblaient encore plus bleus, ce qui était sans doute du au magnifique diadème qu'elle avait posé sur sa tête, des saphirs étincelants. A son cou, une fine chaîne d'or. Il se dégageait d'elle tant de beauté et de tristesse qu'on ne pouvait que rester saisi et ému face au spectacle qu'elle offrait.

« Si seulement tu avais été là, Boromir, » songea-t-elle. Tout aurait été tellement différent. Elle se serait moquée de son air un peu trop arrogant, il l'aurait taquinée. Elle aurait pris sa main, il aurait effleuré sa chevelure, puis se serait penché vers elle et aurait déposé un baiser sur ses lèvres. Plus rien n'aurait compté alors. Le temps se serait interrompu, passant sur la pointe des pieds pour ne pas troubler un moment pareil.

Eowyn s'approcha, dans sa longue robe bleue, qui la faisait paraître plus fragile, un peu plus femme enfant. Elle donna un léger coup sur l'épaule d'Hoela. Et avec un grand sourire, qui illuminait son visage d'une lueur particulière :

« Cette nuit est la nôtre Hoela. Ne la gâchons pas. »

La jeune femme sourit en retour ; après tout, pourquoi pas ? Ne devait-elle fêter le fait d'être encore en vie ? Que son sang coule encore dans ses veines ? Que son cœur batte encore dans sa poitrine ? Ne pouvait-elle apprécier les regards admiratifs des hommes et un peu envieux des femmes ? Ce serait un bref intermède, avant la tempête. Retenir son souffle avant de se noyer. Ses amis étaient capables de donner leurs vies pour elle ; ne devait-elle pas s'en montrer digne ?

Elle repoussa sa chaise et suivit Eowyn. Les rires éclataient dans la salle, les enfants couraient. On buvait beaucoup. Tous célébraient la vie, comme un pied de nez au Destin et surtout au Mordor qui avaient voulu les écraser. Elle contempla, amusée, Merry et Pippin faire une démonstration de leurs talents en danse et en chant, leur donnant un petit récital, qu'ils avaient dû montrer il y avait longtemps dans leur lointaine Comté, battant des pieds sur une table, leurs voix claires résonnant haut.

Elle frappait des mains en souriant, de même que Gandalf. Aragorn les rejoignit et demanda :

« - Aucune nouvelle de Frodon ?

-Non, rien, pas un mot, soupira le vieil homme, perdant son sourire.

-Nous avons le temps. Chaque jour Frodon se rapproche du Mordor, affirma le Rôdeur d'un ton assuré.

-Comment le savez vous ? interrogea Hoela, à brûle pourpoint.

-Que vous disent vos cœurs ? »

La jeune femme et Mithrandir échangèrent un long regard ; puis, ayant lu avec soulagement la même chose, répondirent d'une seule voix :

« Qu'il est encore en vie. »

Elle se rendait compte qu'Eowyn n'avait d'yeux que pour Aragorn. Pire encore, que Théoden contemplait cela d'un œil de père attendri, quand il voit sa fille amoureuse. Elle se mordit les lèvres ; elle avait que trop repoussé une conversation pourtant inévitable. D'un côté, cela aurait pu être un bien pour le Rôdeur, car son aimée devait être si loin à présent ! Mais cautionnant une telle union, elle aurait l'impression de trahir Arwen, même si celle-ci devait certainement être passée à l'Est depuis des jours et des jours à présent. Alors qu'elle s'approchait de la belle blonde pour la mettre en garde, et pour briser ses illusions, une main se posa sur son bras. Une main pâle et fine, à la peau presque lumineuse qui ne pouvait appartenir qu'à une seule personne dans cette assemblée. Elle croisa le regard sérieux de Legolas, vêtu à l'elfique, ses longs cheveux blonds soigneusement coiffés.

« - Gimli tient à ce que vous soyez là pour arbitrer une petite compétition.

-Quelle compétition ? s'étonna-t-elle.

-Les Hommes s'amusent à boire, d'après ce que j'ai pu comprendre. Etrange coutume, mais ce n'est pas la première bizarrerie chez eux. Notre ami le Nain m'a lancé un défi et il tient à ce que soyez là ; il prétend que vous serez un juge impartial, étant donné que vous êtes la seule à ne pas avoir touché à… cette substance pour le moment. »

Elle le suivit, trouvant Gimli attablé devant une multitude de chopines, sûr de son succès, avec le frère d'Eowyn qui les remplissait au fur et à mesure, guettant le moindre signe de faiblesse.

Ce fut sans conteste une humiliation pour le Nain, qui s'écroula au bout d'une vingtaine de chopines, battu à plate couture par l'Elfe, qui ne ressentait rien, mis à part « un picotement au bout des doigts ». Il s'écroula lamentablement à terre. Pour sa part, elle accepta une coupe d'Eomer, puis une autre et une autre. Jamais elle n'avait bu auparavant, jamais. Mais là… ses soucis pesaient moins lourd, elle envie de rire pour un rien, et elle se sentait si légère, si légère. Un oubli réconfortant de sa situation.

Au bout d'un moment, Aragorn ayant surpris son manège, prit la coupe des mains de la jeune femme et dit gentiment :

« - Suffit. Cela vous rendrait malade.

-Mais, ppaaas… pp…a s du tout, balbutia-t-elle.

-Non ?

-Non ! Je ne suis pas ivre ! Juste…un peu…

-Vraiment ? »s'amusa le Rôdeur.

C'était à peine si elle tenait debout. Etrangement, cela ne la rendait pas vulgaire ni même ridicule. Il eut pitié soudain, et ressentit une infinie tristesse. Il y avait quelque chose de tragique à la regarder oublier ses tourments dans l'alcool. Elle ressemblait plus à une petite fille qui se console avec des gâteries quand elle a un gros chagrin, qu'à la jeune femme implacable et dure qu'elle était d'habitude. Finalement, elle accepta ses conseils. Il la fit s'allonger dans une salle voisine, sur un lit fait à la va-vite avec les moyens du bord, et la recouvrit tendrement d'une couverture. Seulement quelques secondes après que la tête brune eut touché l'oreiller, elle s'endormit, d'un lourd sommeil comateux.

Elle se réveilla quelques heurs plus tard, alors que la nuit était noire ; le soleil ne se lèverait que dans un moment. Elle avait été déplacée ; en face d'elle dormait Eowyn, sur une couche surélevée, la rivière dorée éparpillée sur la cape bleue de ciel d'été. Elles étaient seules dans la salle du trône ; les tables avaient été poussées et le feu, dans un foyer au centre de la pièce, s'était éteint, ne laissant que des braises rougeoyantes.

Elle s'étira. Elle avait la bouche pâteuse. Elle vit qu'un grand baquet d'eau était posé dans un coin. Elle y fit sa toilette et remit ses habits de voyage, ainsi que sa cape. Elle s'arrêta devant Eowyn ; elle ressemblait à Galadriel en cet instant, cette même beauté souveraine et intimidante. Cette même apparente fragilité.

Elle chercha ses amis ; ils étaient dans une petite salle attenante qui avait été transformée en dortoir. Elle marcha précautionneusement, ne voulant pas écraser un dormeur, ce qui tenait du tour de force. Deux petites formes sous des couvertures lui indiquèrent que les deux Hobbits dormaient là, mais l'une des silhouettes était relativement agitée. Elle passa devant Gandalf, qui, particularité des Elfes et des magiciens dormait les yeux grands ouverts. Il serrait quelque chose tout contre lui, comme un trésor. Mais il manquait Aragorn et Legolas.

Dehors, l'air de la nuit sentait le printemps, un air frais et vivifiant. Elle eut un mal fou à rejoindre les deux compagnons, qui se tenaient loin sur la terrasse. Chaque pas était une torture, car il accentuait son mal de tête, conséquence sans nul doute de son impair. Ils se retournèrent tous les deux en la voyant.

« - Vous sentez vous mieux ? demanda Aragorn.

-Mieux ? Pas vraiment ! Cela m'a donné une bonne leçon. Plus jamais ça ! »

Ils rirent, mais un rire qui demeurait inquiet. Elle comprit vite pourquoi. La nuit était voilée. Aucune étoile, pas même Elbereth ne parvenait à percer l'obscurité.
« Le Mordor accroît sa puissance » murmura Aragorn. Elle hocha la tête ; tout paraissait tellement sombre, tellement oppressant ! Ils avaient remporté une grande victoire en écrasant l'Isengard mais ils n'avaient pas encore gagné une guerre qui verrait la fin du monde qu'ils avaient toujours connu. Hoela le savait ; même s'ils remportaient, bon nombre de choses changeraient dans la Terre du Milieu, à commencer par les races. Elfes et magiciens quitteraient ces terres, laissant les Hommes face à eux-mêmes.

Elle poussa un profond soupir regarda ses deux amis ; l'un partirait, au-delà des Havres Gris, l'autre s'assiérait sur le trône du Gondor. Tout était si compliqué.

« Où est passée la petite fille que j'étais, qui s'amusait à faire tourner son propre père en bourrique, regardait sa mère faire des tours de magie, et était fascinée par les Elfes ? Capable de rire, de rire, de rire. Je n'aime pas la femme que je suis devenue, qui semble à la fois faible et sans coeur. » Ces pensées avaient été faites pour elle-même, mais une espèce de voix intérieure lui chuchota « Tu n'avais pas le choix. Tel le veut la nécessité de nos temps. »

Un hurlement la fit brusquement sortir de son dialogue ; un cri de souffrance et de terreur, qui venait de l'intérieur du château. Ils se précipitèrent dans la salle.

Pippin était à terre, comme en transe, tenant entre ses mains une boule noire incandescente. Merry criait lui aussi ; les dormeurs se réveillaient un à un en sursaut, effrayés. Aragorn se précipita vers le jeune Hobbit, qui avait le visage tordu par la souffrance et lui arracha la boule des mains. Il parut lui-même terrifié et la lâcha. Elle tomba avec fracas, et roula sur le sol de pierre, comme si elle se guidait seule. Gandalf y jeta une vieille cape et la boule arrêta son voyage.

Hoela avait reconnu un des Palantir ; on les disait tous perdu en Gondor. Celui-ci provenait sans doute du trésor d'Elendil, remontant à des jours si anciens qu'il en restait peu de traces. Ils servaient autrefois à ceux de sang royal à communiquer entre eux, par delà les terres, et au-delà de l'ombre. Mais aujourd'hui, on ne savait où se trouvaient les autres, ceux qui n'avaient pas été détruits. La jeune femme se doutait que le Mordor devait en posséder un et parlait par ce biais à son sbire Saroumane.

Elle se précipita vers Pippin ; couché à terre, le corps rigide, il était en état de choc, le visage figé , ses yeux clairs voyant des horreurs que les autres n'apercevaient pas.

« Crétin de Touque ! » éructa Mithrandir, avant de se précipite au chevet du jeune Hobbit. Il lui prit la main.

« - Regardez moi, ordonna-t-il.

-Gandalf… je suis désolé, balbutia le jeune garçon.

-Dites moi ce que vous avez vu.

-Il y avait un arbre blanc, dans une cour pavée. L'arbre était mort. La Cité était en feu. »

Hoela blêmit ; dans son esprit venait d'apparaître l'arbre des rois. La mort de cet arbre sonnerait le glas de tous leurs espoirs.

« - Minas Tirith. C'est ce que vous avez-vous ? insista le vieil homme.

-J'ai vu… je l'ai vu lui. J'ai entendu sa voix dans ma tête, gémit Pippin.

-Que lui avez-vous dit ? Répondez !

-Il a demandé mon nom. Je n'ai rien dit ; il m'a brutalisé.

-Qu'avez-vous dit à propos de Frodon et de son anneau ? » le pressa Gandalf.

Il y eut un silence. Puis Pippin ouvrit la bouche, hésitant :

« Rien ».

Le jour était là ; ils étaient dans la salle du trône, écoutant le magicien.

« Il n'y avait pas de mensonge dans les yeux de Pippin. C'est un crétin mais un crétin honnête au moins. Il n'a rien dit sur Frodon et l'anneau ; nous avons été étonnamment chanceux. Ce qu'il a vu dans le Palantir n'est qu'un aperçu du plan de notre ennemi. Sauron s'apprête à attaquer Minas Tirith. »

La jeune femme en eut les jambes coupées ; elle s'assit, sans élégance et se prit la tête entre les mains. Elle ouvrit la bouche :

« Il a peur de l'héritier d'Elendil ; les Hommes se sont pas aussi faibles qu'il le croyait, ils ont encore de la bravoure et de la force pour le défier. Il ne prendra pas le risque de voir tous les peuples de la Terre du Milieu s'unir sous une même bannière, autrement dit, la vôtre Aragorn. »

Gandalf acquiesça ; le Rôdeur ne répondit pas.

« - Il préfèrera raser Minas Tirith jusqu'à la dernière pierre, plutôt que de voir le retour d'un roi sur le trône. Si les feux d'alarme sont allumés, le Rohan doit se tenir prêt à entrer en guerre, ajouta le magicien.

-Dites moi, commença Théoden. Pourquoi devrions nous voler au secours de ceux qui ne sont pas venus au nôtre ? Que devons nous au Gondor ?

-Vous l'auriez eu, Monseigneur, répliqua vertement Hoela, si vous aviez daigné le demander. Il me semble que ça ne soit pas le cas. »

Plus de paroles ; regards hostiles. Ce fut Aragorn qui continua :

« - Je vais y aller.

-Non, s'exclama Gandalf.

-Ils doivent être prévenus !

-Ils le seront ; vous, vous vous y rendrez par une route sur laquelle on ne vous attendra pas. Souvenez vous des enseignements d'Elrond. J'irai à Minas Tirith, mais je n'irai pas seul. »

Il se tourna vers Pippin qui comprit le message et rougit ; puis, à Hoela :

« - Vous viendrez avec nous.

-Pardon ?

-Vous rentrez chez vous.

-Non ! Je serai beaucoup plus utile ici et en plus, je…

-Hoela ! Votre place est là-bas ! Et avec Aragorn comme guide pour ceux qui demeurent ici… vous n'avez pas besoin d'y être ! Alors, préparez vos affaires ! »

Ils furent près en un rien de temps. Au dehors, le soleil était chaud pour une première journée de printemps. Pourtant, même la lumière la plus pure et la plus éblouissante faiblissait ; un halo de brouillard semblait entourer l'astre, signe de mauvais présage. Elle ne put s'empêcher de penser à Frodon ; pouvait-il voir le soleil d'où il était ?

Pippin et Hoela se ressemblèrent plus que jamais en cet instant et beaucoup s'en amusèrent ; deux personnages traînant les pieds, un air à la fois désemparé, furieux et triste. Le roi Théoden, Eomer, Eowyn, et leurs compagnons de route les attendaient, devant les écuries. La dame du Gondor tenait les rênes de Brelad entre les mains. Elle les tendit à Hoela ; et comme celle-ci l'avait fait avec Arwen longtemps auparavant (cela semblait des siècles pour elle !), elle l'étreignit. Puis, elle se recula ; même Eowyn avait les larmes aux yeux ; et chez une personne si fière, c'en était presque douloureux. Mais Hoela avait lu autre chose en elle. Elle se pencha et lui chuchota à son oreille : » Faites attention. Prenez soin de Merry, il ne voudra pas rester derrière. Vous aussi, vous avez le droit de vous battre pour ceux que vous aimez. » Lorsqu'elle se recula, elle lut de la surprise et une immense gratitude dans les iris bleu gris. Elle salua le roi, le cœur serré ; quelque chose lui disait qu'elle ne le reverrait pas vivant. Et malgré leurs altercations, elle avait un grand respect pour lui. Gimli grommelait dans sa barbe des mots d'adieu, la voix un peu enrouée, par « le manque de sommeil » prétendit-il. Elle se pencha et déposa un baiser sur sa joue, ce qui eut pour effet de le rendre aussi rouge que les épices séchant sur les murs des maisons en hiver, et ce qui lui vaudrait d'incessantes plaisanteries tout le long du voyage pour le Gondor. Aragorn et elle ne dirent rien ; il se contenta de presser la petite main dans la sienne. Quant à Legolas, il paraissait toujours aussi impassible. Il serra la jeune femme contre lui et sortit quelque chose de sa poche ; une flèche qui avait brisée puis remise en un seul morceau. Elle la prit, perplexe. Puis elle se souvint de cette flèche qu'elle avait cassée volontairement en Lorien. Elle croisa ses yeux :

« Vous voyez ; si le bois se fend facilement, on peut aussi le réparer ». Elle hocha la tête et mit la flèche dans son sac de toile.

Merry et Pippin eurent un mal fou à se séparer ; le plus jeune devait aller dans une contrée qu'il ne connaissait point et ils se quittaient pour la première fois.

Chacun courait à son destin et les chances de tous se revoir étaient infimes. Gandalf enfourcha Gripoil, plaçant le Hobbit devant lui, qui cria le nom de Merry. Hoela monta également. Les deux chevaux partirent au galop, le premier devant ralentir pour que le deuxième parvienne à suivre. Il n'était pas le seigneur des chevaux pour rien…

Legolas les regarda s'éloigner, taches claire et sombre dans le doré des champs et dans le vert des prés, jusqu'à ce que sa vue perçante ne lui permette plus de rien voir. Il se détourna alors.

Hoela se répétait inlassablement ces mots « Je retourne à Minas Tirith ». La Cité Blanche la verrait donc revenir, après plus de trois ans d'absence. Elle la verrait peut-être mourir…