Quand Stiles se réveille le lendemain matin, sa chambre est faiblement éclairée par le soleil qui s'infiltre à travers ses rideaux. Derek dort toujours, donc Stiles sort doucement du lit. Il s'occupe de ses affaires dans la salle de bains puis enfile un jean et un T-shirt avant de descendre pour faire le petit déjeuner. C'est dimanche. Le jour où il prépare normalement un énorme petit-déjeuner pour la meute et un élan de culpabilité le traverse alors qu'il sort les œufs et le pain du réfrigérateur. Il doute que Derek tolère l'odeur de la viande en train de cuire, alors il décide de faire des œufs brouillés et des toasts.

Environ cinq minutes plus tard, Derek descend. Il est pieds nus et ne fait presque aucun bruit. Il porte ses propres vêtements, un T-shirt et un jogging qu'il laisse chez Stiles pour les nuits qu'il passe là. Les habits sentent la lessive, alors ils ont manifestement été lavés, pliés et rangés dans la chambre de Stiles, soit par l'adolescent, soit par son père. Derek n'a l'air qu'un peu plus négligé que d'habitude, puisqu'il n'utilise pratiquement jamais de miroir pour se préparer même un jour normal.

Stiles sifflote faux alors qu'il fouille dans le placard pour faire du thé, puisqu'il sait que Derek n'aime pas le café. Il se tourne pour aller chercher de l'eau à l'évier, aperçoit Derek du coin des yeux et glapit, faisant tomber la boite de thé. Derek s'avance et la rattrape avant que les sachets ne s'éparpillent par terre. « C'est bon ! », dit-il en la redonnant à Stiles. « Désolé. Les chaussures m'aident à faire du bruit. »

« Ah oui ? Sans dec' Sherlock. », répond Stiles en prenant la boite. Il envoie à Derek un regard furtif du coin des yeux en prenant la théière. Il n'est pas très sûr de savoir si leur pelotage matinal habituel est recommandé dans ces circonstances, et il essaie de ne pas remarquer à quel point le jogging tombe bas sur ses hanches. Derek lui lance le même regard en biais. « Et, donc... », dit Stiles en essayant d'ordonner ses pensées. « Tu as faim ? »

« Je, euh, je ne sais pas. » Derek est silencieux une seconde. « Est-ce que tu vas me dire ce que Peter et toi avez trouvé ? »

Stiles triture les œufs brouillés dans la poêle sans le regarder. « Si tu veux que je te dise. » Sa voix est douloureusement neutre.

Derek connaît ce ton. C'est le ton qui dit que Stiles a peur d'être rejeté. Il n'a pas besoin de le sentir pour savoir ce qu'il peut entendre et voir. Il se rapproche de Stiles et entre sans son espace personnel. « Oui, j'aimerais savoir ce que vous avez trouvé tous les deux j'aurais aimé... Bon Dieu, j'aurais aimé qu'il n'y ait rien à trouver, mais je suis content que nous ne soyons plus dans l'ignorance. » Après un moment, il ajoute. « Non, je n'ai pas faim. Le feu et la nourriture ne vont pas très bien ensemble, désolé. »

« C'est pas grave. » Stiles éteint le gaz et enroule un bras autour de la taille de Derek, ouis pose son menton sur son épaule. « Je n'ai jamais voulu te bouleverser. J'ai pensé... j'espérais que Peter et moi pourrions nous en occuper... discrètement. »

« Oui, je pensais avoir compris ça. » Derek enroule un bras autour de la taille de Stiles. « On a besoin d'avoir une conversation sur les choses qu'on peut cacher, comme les anniversaires surprises ou accidentellement rendre tout le linge rose, et les choses qu'on ne peut pas garder pour soi, comme essayer de faire tomber une psychopathe tueuse de familles. » Il prend une inspiration et s'appuie plus lourdement contre Stiles. « Que ça me bouleverse ou pas. »

« Okay. » dit Stiles en soupirant. « Est-ce que ça te dérange si je mange ? » ajoute-t-il en mettant les œufs sur une assiette et en prenant de la confiture dans le frigo. Derek secoue la tête, alors Stiles commence à étaler le beurre et la confiture sur son toast. « L'eau est prête. » dit-il la bouche pleine.

« Merci. » Derek prend une tasse et une cuillère et se prépare son thé. Ça lui fait du bien d'avoir quelque chose à faire, et il veut la caféine et la chaleur réconfortante. Après un autre moment, il dit : « Je suis désolé de ne pas avoir été là pour empêcher ma mère de te faire du mal. Elle n'aurait pas dû faire ça. Elle n'aurait pas dû faire beaucoup de choses. »

« Je ne veux vraiment pas parler de ta mère. », dit Stiles avec un soupir. « Mais ne t'inquiète pas. Peter couvrait mes arrières. »

Derek acquiesce et décide d'obéir à Stiles, parce qu'il ne sait pas comment en parler. Entendre Peter menacer sa mère l'a rendu autant malade qu'entendre sa mère faire du mal à son compagnon. Il ne sait pas quoi faire des deux situations.

« Apparemment, je devrais essayer de lâcher du lest à ta mère, ou quelque chose comme ça. », dit Stiles en enfournant plus d'œufs dans sa bouche. « Peu importe. J'ai essayé de t'en parler, mais ça te fait mal d'aborder le sujet de l'incendie. Je savais que ça a dû être horrible pour toi alors... je sais pas, j'ai probablement tout foutu en l'air. »

« Cette fois dans la voiture. » dit Derek en hochant la tête. « Quand tu m'as demandé mon avis et que je t'ai dit que Peter est très intelligent. » Il sirote son thé et prend une grande inspiration. « C'était vraiment affreux. J'ai des trous de mémoire et... des choses que j'aimerais oublier. Mais si quelqu'un nous a fait ça, je dois savoir. Même si je passe les quatre prochaines heures à avoir des flash-back et à vomir dans ta salle de bains. »

« Hey, mec, c'est pas rassurant. » dit Stiles en secouant la tête. Mais il tend la main et prend celle de Derek. « Suis-moi. »

Derek enroule ses doigts autour de ceux de Stiles et se lève. L'adolescent laisse son petit-déjeuner sur la table et monte dans sa chambre. « Assieds-toi juste là. » dit-il en enjoignant Derek à s'installer au bout du lit. Il tient la tasse de thé entre ses deux mains. Puis il laisse échapper un soupir et commence à sortir les affiche de son placard. Il les as résumées. Il s'est débarrassé des détails qui se sont avérés superflus et il a compacté les choses pour qu'elles tiennent mieux. Mais la portée des informations est quand même impressionnante. Il commence à les épingler au mur. « Et voilà. », dit-il avec un geste quand toutes sont affichées. Pendant une longue minute Derek étudie les informations étendues devant lui, pâlissant au fur et à mesure. « Les rénovations... Ils savaient. Ils savaient qu'il y avait des enfants dans la maison. » sa voix s'étrangle. « Da... David n'avait que huit ans. » il lève une main pour couvrir sa bouche et déglutit convulsivement.

« Je sais. » dit Stiles calmement, attendant que le pire soit passé.

Ça prend un long moment et même quand il commence à parler à nouveau il n'a toujours pas l'air bien. « Tu... Tu vas devoir expliquer. Je n'arrive pas à penser assez pour... Il n'avait que huit ans. »

« On n'a pas besoin de faire ça maintenant. » dit Stiles.

« Non - » Derek est coupé par le téléphone de Stiles qui sonne.

Stiles le récupère sur son bureau et regarde l'écran. « C'est ta mère. » Il tend le téléphone à Derek. « Je suppose que tu n'as pas le tien. »

Derek répond sans hésiter, puisque c'était le sien un mois auparavant. « Salut maman. » dit-il avec méfiance.

La voix de Talia est fatiguée, presque enrouée. « Derek. Est-ce que tu vas bien ? »

« Euh... à peu près. » Il n'a pas l'habitude de mentir à sa mère. « Je suis avec Stiles donc... ça va. »

Il y a une pause notable. « Je peux lui parler quelques minutes ? »

Derek prend une grande inspiration. « Tu vas crier ? »

« Non, je... J'ai juste besoin de m'excuser. »

« Okay. » Derek couvre le téléphone de sa main et dit : « Elle veut te parler. » avant de le tendre à Stiles.

L'adolescent le prend avec quelque réticence mais essaie de paraître normal. « Bonjour. » dit-il dans le téléphone.

« Bonjour, Stiles. » dit Talia. « Je... Il y a des choses que j'ai besoin de dire et j'aurais préféré te les dire face à face si possible. Mais... Je suis désolée, vraiment. Je te dois des excuses pour tant de choses. Je n'ai jamais voulu te blesser ou te faire sentir que tu n'es pas le bienvenu, et je n'ai jamais cherché à t'exclure de la meute. je... Le feu nous a tous changé de différentes manière. Si tu le veux bien, je... J'aimerais savoir ce que tu as trouvé. »

les mots sortent avec de la réticence, mais Stiles ne pense pas que c'est parce que Talia ne les pense pas. Clairement, Talia est une femme qui n'est pas habituée à s'excuser et, pour être honnête, il n'aimerait pas être à sa place. Il se souvent de ce que son père a dit et soupire. « Okay. On peut être à la maison dans une heure. » Son instinct de Cordon Bleu l'emporte. « Vous avez déjà déjeuné ? Je sais qu'il est encore tôt. »

« Je crois qu'Aaron parlait d'aller chercher du café et des donuts. Alors ne t'en préoccupe pas. »

« Okay. On arrive bientôt. » Stiles raccroche et glisse le téléphone dans sa poche. Il secoue légèrement la tête. « ça s'est pas du tout passé comme je le pensais. Je savais que tu serais en colère mais je pensais que... tu sais, tu verrais tout le travail que j'ai fait et quel super détective de folie je suis et que tu commencerais à m'arracher mes fringues et qu'on pourrait... coucher ensemble au milieu des affiches, et tout et tout. »

Derek lance un nouveau regard rapide aux posters sans s'attarder sur les détails. « Je suis vraiment impressionné.et si ce n'était pas à propos du feu, ce serait tellement sexy. Rappelle-toi que, la prochaine fois que tu fais quelque chose comme ça, parce que je sais qu'il y aura une prochaine fois, j'ai pour objectif de t'arracher tous tes vêtements. »

Stiles sourit malgré lui. « Okay. Eh bien, un bisou au moins ? »

« Je pense que ça peut se faire. » Derek enroule un bras autour de la taille de Stiles et l'attire à lui pour un baiser doux et chaste. Stiles le retourne doucement et facilement, une main venant s'enrouler au creux de la nuque de Derek, ses doigts jouant avec les petits cheveux.

Ils font ça pendant quelques minutes avant que Stiles ne s'écarte un peu et dise : « on va s'occuper de tout ça, Derek, et personne ne te fera de mal tant que je serai là, d'accord ? » Derek acquiesce légèrement. « Okay. Juste... Plus de secrets, d'accord ? Même si ça me bouleverse, je préfère ^rte bouleversé.

Stiles n'est pas certain de ça, mais il n'a aucun moyen d'expliquer tout ce qu'il a appris sans dévoiler qu'il a parlé à Kate Argent, alors il ne peut qu'acquiescer. Il prend son ordinateur, qui a des copies de tout ce qui se trouve sur les affiches, puis ils se dirigent chez les Hale.

C'est un peu plus chaotique que d'habitude. Il y a les donuts et le café dans la cuisine et une aura palpable de soulagement quand Stiles et Derek arrivent. Cora enlace Stiles pendant au moins cinq minutes et Aaron commence immédiatement à faire boire de la Gatorade à Derek parce que « Tu ne veux pas voir un loup-garou qui n'a pas assez de sucre dans le sang. » Tyler a eu deux donuts et est surexcité à cause de la surdose de sucre. Laura lui court après, clairement troublée. Peter est assis à la fenêtre et fait tourner son alliance entre ses doigts. Il ne semble pas avoir remarqué l'arrivée de Derek et Stiles.

Talia descend les escaliers. Elle a l'air fatigué, avec des cernes sous les yeux. Elle est habillée de manière décontractée pour la première fois que Stiles l'a rencontrée. Elle porte un débardeur et un pantalon de gymnastique. Ses cheveux sont attachés en un chignon brouillon. « Derek ! », dit-elle, le soulagement évident dans sa voix, avant de l'attirer dans un câlin. Derek l'étreint en retour, tenant toujours sa boisson d'une main derrière son dos. « Maman. »

elle l'embrasse sur le front avant de le laisser partir, puis regarde Stiles et soupire. « Je... Tu voudrais aller marcher avec moi ? J'aimerais m'entretenir avec toi pendant quelques minutes. »

Stiles lui envoie un regard ferme et acquiesce. « Bien sûr. »

Talia se dirige dehors sans prendre la peine de mettre des chaussures. Ils marchent en silence pendant presque dix minutes. Stiles la laisse rassembler ses pensées. Finalement, elle dit : « J'ai rencontré Aaron quand j'avais ton âge. Il était un autre loup-garou à la Cérémonie de Recherche et... on s'est trouvés l'un l'autre. J'ai toujours considéré ce jour comme spécial, sacré. Derek n'a jamais été de mon avis. Je ne sais pas si ça a quelque chose à voir avec l'incendie, ou si c'est juste comme il est. La manière dont il se plaignait toujours de devoir y aller m'a toujours dérangée. Quand il est arrivé à la maison avec toi... C'était l'aboutissement d'années de stress et de tensions, et j'ai reporté tout ça sur toi, ce qui était incroyablement injuste de ma part. Même si Derek était en train de te jouer un tour cruel – ce que j'aurais dû savoir, mon fils ne ferait jamais – je n'aurais fait qu'empirer les choses. »

Elle continue. « Mais, s'il te plaît, crois-moi quand je te dis que rien en toi ne m'a fait réagir de cette manière à part ton âge et ton sexe. Je ne te connaissais absolument pas. J'ai réagi en me basant seulement sur ces deux critères. Pas parce qu'il y a d'autres raisons pour lesquelles j'aurais pensé que tu n'es pas une addition de valeur à ma meute. Tu es une personne remarquable et formidable, et tu rends Derek bien plus heureux que je ne l'ai jamais vu. Et ça veut tout dire pour moi. »

« Le feu nous a tous changés... Derek n'avait plus vraiment souri ou ri depuis, jusqu'à ce qu'il te rencontre. Pour être honnête, Stiles, je m'en foutrais si tu n'étais qu'un péquenaud à l'air ahuri, vu la manière dont tu fais rire mon fils parce que ça, c'est ce qui est important pour moi. Je ne peux pas faire revenir les gens que nous avons perdus... Mais je pense que peut-être tu peux ramener le Derek d'avant l'incendie. Même s'il n'est plus vraiment le même, il peut à nouveau être heureux. »

Après une seconde de silence, Talia reprend. « Et je t'ai évité, et ce n'était pas une bonne manière de gérer la situation. J'ai juste pensé... Tu commençais à prendre tes marques, à trouver ta place, et j'ai pensé que ce serait plus facile pour toi si je n'étais pas vraiment là. Je ne voulais pas t'insulter en faisant ça, j'essayais de prendre soin de mon fils de la seule manière que je pouvais, en vous laissant de l'espace à tous les deux. Donc... » Elle laisse échapper un soupir. « Je ne sais pas si tu pourras me pardonner mais... Si la meute est en danger... J'ai besoin de savoir. Parce que j'ai besoin de les protéger. Tu avais raison la manière dont j'ai refusé de faire face à tout ça les as mis en danger. Et je ne peux pas les laisser être blessés à nouveau à cause de moi. »

« L'incendie n'était pas votre faute. », dit Stiles calmement. « C'était un crime haineux, tout simplement. Parfois, ils ciblent des loups-garous importants mais parfois, ils ont tué des familles entières aussi. Il n'y a rien que vous auriez pu faire pour empêcher ça. »

Talia laisse échapper une respiration tremblante. « Je pense que ça va me prendre longtemps pour croire ça. »

« D'accord », dit Stiles. « Peut-être que c'est bien, et, euh... Je suis désolé, moi aussi. J'ai été un vrai connard hier. Vous savez, je veux dire, même si j'ai raison, j'aurais pu avoir un peu plus de tact. »

« Peut-être un peu. » dit Talia, et elle réussit à insuffler un ton joueur dans sa voix. Stiles pouffe de rire, mais passe sa main devant ses yeux. Talia s'arrête de marcher et enroule ses bras autour des épaules de Stiles. « J'espère que... Qu'on va pouvoir s'entendre, maintenant. »

« Moi aussi. » Stiles enfonce ses mains dans ses poches quand elle le laisse partir. « Mais j'ai quelques conditions. », ajoute-t-il. Talia se hérisse automatiquement, puis lui fait signe de continuer. « Premièrement, je sais que vous voulez rebâtir la meute, je sais que c'est important pour vous, mais Derek ne veut pas d'enfants. On en a parlé, tous les deux. Je pense que... peut-être qu'il changera d'avis un jour, je ne sais pas. Je suis un peu neutre sur le sujet. Je n'ai que dix-sept ans et on est tous les deux des mecs mais... Je pense que je pourrais être d'accord pour une adoption ou une maternité de substitution un jour... Mais Derek ne peut pas y penser maintenant, et j'ai besoin que vous compreniez ça. Plus vous allez lui mettre la pression, plus il va... rejeter la possibilité. Je vous dis ça autant pour votre bien à vous que pour le sien. »

Après une brève pause, Talia acquiesce. « D'accord, je comprends. »

« Deuxièmement... » Stiles baisse légèrement les épaules. « On a parlé de l'incendie... Une ou deux fois, et de rebâtir la meute. La manière dont il a l'air de... Il se blâme de ne pas avoir été capable de sauver les autres. » Il voit les yeux de Talia flamboyer. « Je sais, ça n'a aucun sens, mais c'est Derek. Il pense que s'il avait été capable de sauver Olivia, Peter irait bien ou que s'il avait pu sauver ses frères, vous auriez été d'accord pour moi. S'il vous plaît, quand on reviendra à la maison... Vous pourrez juste lui dire que rien de tout ça n'était sa faute ? Que personne ne lui en veut ? Je pense qu'il a vraiment besoin d'entendre ça. »

« Bien spur. » Talia s'essuie les yeux avec le dos de la main. « Je n'avais pas réalisé combien il était dur envers lui-même. »

« Je pense qu'il avait ça très enfoui au fond de lui pendant un long moment. Mais les événements récents ont tout fait resurgir. »

« Je lui parlerai. », dit Talia.

« Okay. Alors, rentrons. »

La maison est un peu plus calme quand ils reviennent. Les donuts ont tous été dévorés à l'exception de quelques-uns qui ont été mis de côté spécialement pour Stiles et Derek. Jonathan a emmené Tyler et Sylvia au parc pour qu'ils se dépensent et que Laura puisse rester entendre ce que Stiles a à dire. Cora et elle sont pelotonnées dans un fauteuil ensemble, serrées. Elles apprécient clairement la proximité. Derek fait du sur-place vers Peter. Il s'appuie au mur pendant que son oncle regarde toujours par la fenêtre. Stiles s'approche de lui et entremêle leurs doigts, lui secoue légèrement la main.

Talia s'éclaircit la gorge. « Avant que Stiles ne nous donne une vue d'ensemble... Derek. Je peux te parler une minute ? »

Derek cligne des yeux puis se souvient qu'il n'a pas de problèmes, pas avec la manière dont sa mère l'a accueilli. Alors il hoche la tête et s'approche d'elle. Ce n'est que là qu'il réalise qu'il doit lâcher Stiles.

« Vas-y. Je dois parler à Oncle P, de toute manière. », dit Stiles en libérant sa main. Derek replace son bras le long de son corps et suit sa mère dans la cuisine.

Quand ils ont une intimité relative, elle enroule ses bras autour de lui et l'attire dans une autre étreinte. « Rien de tout ça n'était ta faute, tu m'entends ? », dit-elle, la voix calme et protectrice. « Personne n'est mort à cause de toi, Derek. Je suis tellement désolée que... Je n'avais jamais remarqué à quel point tu te blâmais de n'avoir pas pu sauver les autres. Ce n'était pas de ta faute. »

Derek commence à retourner l'étreinte, mais se fige. Il n'argumente pas, il n'exprime pas son accord, et il n'accepte pas le pardon. Il se fige simplement. « Oh mon dieu Derek, si j'avais su... » La voix de Talia se brise. « Je suis tellement désolée. » Elle ressert encore son étreinte. « Je sais que tu as fait de ton mieux pour sauver tout le monde. Ce n'est pas de ta faute, d'accord ? »

les bras de Derek se resserrent soudainement autour d'elle, convulsivement. « Je pouvais les entendre. » c'est à peine un murmure. « Tante... Tante Olivia... Et ensuite... Davey. Je ne pouvais pas bouger. »

« Je sais, Derek. », le coupe Talia. « Je pouvais les entendre aussi. », dit-elle et Derek commence à pleurer silencieusement sur son épaule. Ils restent là, à se soutenir l'un l'autre pendant un long moment, jusqu'à ce qu'il commence finalement à se calmer. Elle lui frotte le dos et lui apporte un verre d'eau. « Allez, viens. », dit-elle calmement. « Allons voir ce que Stiles et Peter ont trouvé. »

« Okay. » Derek prend l'eau, la sirote un peu puis laisse sa mère la guider dans le salon. Ses yeux sont toujours humides et il les essuie avec la paume de sa main. Pas parce qu'il ne veut pas qu'on voie, mais parce que la sensation humide est ennuyante. Tout le monde dans la maison sait qu'il a pleuré. Même s'ils ne l'ont pas entendu, ils seraient capables de le sentir sur lui.

Aaron tapote le canapé à côté de lui et Derek se laisse couler dedans. Talia s'assoit de l'autre côté de lui afin qu'il soit coincé entre ses deux parents et ils regardent Stiles avec expectative. Stiles gigote, fait les cent pas devant la fenêtre pendant que Peter se contente de regarder au loin.

« Okay. », dit Stiles, puis exhale. « Je ne sais vraiment pas... par où commencer. »

« Au début. », dit Aaron. « Commence toujours une histoire au début. »

« Okay. » Stiles pense un peu. « Oui, d'accord. Il y a cinquante ans ce mec, Gérard Argent, a fondé une organisation appelée OLL parce qu'il déteste les loups-garous et aussi parce que c'est un psychopathe, si j'ai bien tout compris. C'est une sorte d'organisation familiale dirigée par lui, son frère Alexander et sa fille, Kate. Ils ont passé les dernières décennies à tuer des loups-garous, en particulier des loups-garous importants, et ont essayé de manière plus générale de créer des tensions entre les loups-garous et les humains pour faire passer les loups-garous pour les méchants. »

Il prend une profonde inspiration. « Donc, il y a deux problèmes. Le premier, c'est la manière dont l'OLL a saboté la société lycanthrope en général, ce qui est ce sur quoi je travaillais à la base, donc je suppose que c'est par là que je vais commencer avec vous, parce que c'est comme ça que je me suis rendu compte qu'ils étaient responsables de l'incendie. Ils ont aussi saboté la Cérémonie de Recherche. » Il prend un de ces prospectus comment séduire un loup-garou de son sac et le passe à Talia. Elle le regarde en fronçant les sourcils. « Ça... N'a aucun sens. », dit-elle. Aaron regarde par-dessus son épaule. « J'ai entendu parler de ça. », dit-il en levant les yeux au ciel. « Ils vendent ça comme un produit miracle. »

Derek le prend et le regarde en retroussant une babine. « c'est pourquoi je déteste ces cérémonies. C'est juste des heures et des heures de connerie. » Il se penche un peu vers son Père pour donner le prospectus à Cora. « C'est de ça que tu parlais ? »

« Oui. De ce genre de connerie. », dit Cora en acquiesçant.

« Mais ça n'a aucun sens ! », dit Talia, clairement la plus confuse. « Ça n'a absolument rien à voir avec la manière dont la Recherche fonctionne. »

« Effectivement. », dit Stiles. « Et jusqu'à il y a environ vingt ans, la cérémonie n'était pas vue comme une compétition. Puis ce genre de choses a commencé à envahir les marchés et à graduellement remplacer les vues plus traditionnelles. Ça a juste lentement... empoisonné la manière dont c'était supposé être. »

« C'est pour ça que tout le monde a fait un tel scandale quand je t'ai choisi. », dit Derek. « Et pourquoi tout le monde en fait autant voir à Scott et Allison pour avoir trouvé une compatibilité chez un humain. » Ses yeux s'écarquillent. « Oh mon Dieu, je suis surpris que ses parents ne l'aient pas attachée dans leur cave. »

Aaron froncé légèrement les sourcils. « Que... »

Stiles lève un doigt. « Allison est la nièce de Kate. », dit-il. « Son père Chris est un activiste anti-lycanthrope, mais il n'est pas impliqué dans l'OLL, d'autant que je puisse dire. En fait, c'est un lobbyiste des – eh bien, ça a un rapport avec les flingues, je n'ai pas vraiment creusé après m'être rendu compte qu'il n'était pas impliqué dans ce qu'il se passe. Mais oui, le fait qu'Allison ait un lien de parenté avec Kate est important. J'y reviendrai dans une minute. »

Talia est clairement enragée, ses mains tremblent alors qu'elle regarde le prospectus. « Ils – comment osent-ils ? Ce... C'est supposé être sacré et ils ont transformé ça en une sorte de cirque ? »

« Et pourquoi ? », demande calmement Laura. « En quoi ça leur est bénéfique ? »

« Parce que ça créé des tensions. », dit Stiles. « Et plus spécifiquement du ressentiment. C'est exactement ce qu'il s'est passé avec Derek et moi. Il a choisi quelqu'un qui ne rentrait pas dans le moule. Les gens ont été outragés et j'ai été blessé. Mon alpha est venu et a exercé ses privilèges lycanthropes. Ça a mis un coup dans la fourmilière des ego blessés et des mauvais perdants. »

« Bon sang ! » Aaron se pase les mains sur le visage.

« En fait, pendant un long moment je n'avais aucune idée que l'OLL avait quoi que ce soit à voir avec ça. », continue Stiles. « Je veux dire, je pensais pas que ces trucs étaient méchants, juste... malavisés. Et ça ne ressemblait pas à une action de l'OLL, puisqu'ils veulent généralement séparer les humains des loups-garous. Mais... Il y a ça. » Il fouille dans son sac et en sort deux pubs pour les parfums. « Spécifiquement développés pour attirer l'attention des loups-garous. », dit-il en les tendant à Talia. « Et maglré le fait que ces deux compagnies sont en compétition directe, si vous suivez l'argent, elles sont en fait toutes les deux possédées et financées par l'OLL. »

Derek plisse le nez. « Presque tout le monde porte du parfum maintenant. Et quand tu es dans une pièce fermée avec tous ces gens... »

« Mais la moitié de l'idée, c'est sentir l'odeur de quelqu'un. », dit Talia. « Un groupe de gens qui portent tous du parfum va juste rendre un loup-garou entièrement confus. »

« Oui. Et ça n'aide probablement pas que les parfums soient tous infusés d'aconit. », dit Stiles.

Les yeux de Talia brillent d'un rouge écarlate. « Quoi ? », grogne-t-elle.

Derek s'appuie contre sa mère en espérant que sa présence va la calmer légèrement. « Ce n'est pas assez pour causer des symptômes sévères. Et, si on regarde bien, ça m'a étrangement aidé à trouver la bonne personne... »

« Non, c'est faux. », dit Stiles en pointant un doigt vers lui. « Le fait que tu étais sur le point de partir quand je suis entré dans la pièce parce que tu avais un mal de tête n'a aucun rapport. C'est moi qui suis venu à toi. Ça aurait pu se passer quand tu étais là depuis dix minutes, ou alors dix minutes après que tu sois parti. Tout ce que le parfum a fait, c'est que ça t'a empêché de penser suffisamment clairement pour complètement foirer la manière dont tu m'as approché. »

Après un moment, Derek se recule et attend que Stiles continue.

« Donc, en complément de continuer à créer des dissensions entre les humains et les loups-garous, », dit Stiles, « ça rend aussi moins probable pour les loups-garous de trouver leur compagnon ce qui, évidemment, les rend moins susceptibles de se reproduire, et cætera. » Il hausse légèrement les épaules. « Dans l'ensemble, c'est plutôt bien pensé et ça, c'est les choses que je peux vraiment prouver. »

Talia penche le haut de son corps en avant, les poings serrés. « Mais ce n'est pas ce que tu es venu nous dire aujourd'hui. »

« Non. », dit Stiles. Il déglutit. « Peu après que Derek m'aie choisi, j'ai été approché par Kate Argent. Elle m'a dit que Derek m'avait choisi uniquement parce que je suis le fils du shérif et elle a essayé de... me persuader... basiquement de devenir un agent sous couverture pour elle. » Il se tait et essaye de voir quelle sera la réaction de la meute.

« Te 'persuader' ? », demande Derek en n'aimant pas du tout la manière dont ce mot a été mis en évidence dans la phrase. Puis la partie sur le fait d'être le fils du shérif atteint son cerveau. « C'est quand on a sauvé Cléo. » ça ne lui vient de toute évidence même pas à l'esprit que Stiles puisse faire ce qu'elle voulait. Même si Stiles n'avait pas accepté d'être son compagnon, il n'est pas le genre de personne qui aiderait un groupe haineux.

« Oui. Garde à l'esprit que j'étais... que je n'étais pas très bien alors... » Stiles déglutit à nouveau en ne regardant aucun d'entre eux. « Je passais vraiment un moment très difficile à l'école et je... je l'ai un peu à moitié crue et elle... elle m'a un peu flatté et, enfin, je n'en suis pas vraiment très fier. Et puis elle a donné un coup de pied à un chat errant et ça m'a fait réaliser qu'elle est une personne horrible donc c'est basiquement la fin de tout ça. »

Derek acquiesce, acceptant la demi-excuse pour ce qu'elle est, et laisse tomber. Ils ont déjà prlé de tout ça. Ça va prendre du temps à Stiles d'accepter ce qu'il s'est passé.

« Puis... J'ai changé d'avis. » Stiles se passe une main sur l'arrière du crâne. « Vous voyez, j'ai commencé à me demander ce qu'elle manigançait, pourquoi elle voulait quelqu'un dans la meute Hale ? Elle ne semblait pas assez idiote pour croire ce qu'elle essayait de me vendre à moi, alors qu'est-ce qu'elle voulait vraiment ? Donc j'ai commencé à la rencontrer assez régulièrement, pour lui dire des choses sur vous. Des choses pas vraiment vraies. J'ai juste inventé quelques trucs pour voir ce qui l'intéressait ou pas. »

« Oh mon Dieu, Stiles ! », dit Talia. Peter bouge dans son siège mais ne dit rien. Derek fait un bruit comme s'il avait avalé un poisson entier encore vivant. Il tend les bras, comme s'il n'est pas certain de vouloir enlacer Stiles ou l'étrangler. Ou peut-être les deux.

« Maintenant, gardez bien en t^te que, à ce moment-là, je ne me doutais absolument pas que c'était une meurtrière psychopathe. », dit Stiles rapidement. « Mais, euh, de toute manière... » Il commence à parler très vite comme pour les distraire du concept de lui passant du temps avec Kate. « Une fois, après que je l'ai rencontrée, Peter est devenu bouleversé et a complètement flippé, et a dit que je sentais comme un ennemi. Je n'y ai pas accordé plus d'attention à l'époque mais ensuite, il a réagi de la même manière avec Allison. Et Allison et Kate portent parfois le même parfum et... Voilà, c'est à l'odeur qu'il a réagi. Il a senti cette odeur le jour de l'incendie. Voyez, vous étiez tous à l'intérieur, mais pas Peter. On pense qu'il a dû sentir l'odeur dans les bois quand il est arrivé. L'odeur que Kate a laissé derrière elle après avoir allumé l'incendie. »

Il marque une courte pause et reprend de suite. « Donc ensuite, j'ai commencé à faire des recherches sur ça, et j'ai demandé à mon père si lui pensait que le feu avait été un accident. Il a répondu qu'il n'avait jamais été vraiment sûr. Alors j'ai, en quelque sorte, volé un ou deux rapports à la police et j'ai passé quelques coups de téléphone en prétendant être policier, ahem, et c'est comme ça que j'ai commencé à trouver tous les autres gens que l'OLL avait assassinés. Rien de tout ça n'est vraiment pertinent à ce moment exact, mais on a trouvé un agent de l'OLL qui a travaillé dans l'équipe qui s'est chargé de la rénovation de la maison à peu près six mois avant le feu. Il a admis avoir... Enfin, c'est une longue histoire et c'est de la science très complexe, mais ils ont inventé un accélérant inodore et il en a mis partout dans votre maison à l'intérieur des murs. »

Derek se recroqueville entre ses parents. Il a l'air pâle et malade. « S'ils vous plaît, dites-moi que ce sont d'autres personnes qui ont construit cette maison. », gémit-il.

« Ça n'aurait aucune importance. », dit Stiles. « Ce n'était que ce mec, et il ne travaille plus là maintenant. »

« Mais oui. », assure Aaron à son fils.

« Le problème, », dit Stiles, « c'est que je ne peux pas prouver l'implication de Kate Argent. J'ai un tas de preuves circonstancielles, mais aucune vraie preuve. La seule vraie preuve que j'ai qu'elle a fait ça, c'est la réction de Peter à son parfum. »

« Ce qui est assez pour nous, mais pas pour ton père ou... » Derek s'arrête. « Est-ce qu'il sait ? »

« La plupart, oui. C'est lui qui s'est occupé des aspects financiers, comme pour l'inspecteur chargé de l'incendie par exemple, qui est allé à la fac avec Gérard Argent. D'ailleurs, on ne peut trouver aucune preuve d'un pot-de-vin, mais il a certainement commencé à faire de gros achats peu après l'incendie. »

« Donc il n'y a vraiment eu aucune enquête. », dit Aaron.

« Eh bien, il s'est contenté des bases. C'est plutôt ce qu'il n'a pas trouvé qui est intéressant. Vous voyez, ils n'auraient pas vu si des accélérants ont été utilisés puisque c'était une fabrication maison, donc ce mec aurait pu légitimement dire qu'il n'a rien trouvé... Mais son rapport cite spécifiquement les preuves d'un incendie électrique ce qui , bien sûr, n'aurait pas été là. »

Stiles laisse sortir une expiration, dansant d'un pied sur l'autre, pendant que les autres restent assis dans un silence horrifié. « Je... Je crois que c'est tout. J'ai, euh, une théorie sur la manière dont Kate a allumé l'incendie, mais c'est un peu stupide... »

« Dis-nous. », dit Talia. Puis ajoute : « S'il te plaît. »

« Eh bien, Allison fait du tir à l'arc. Juste un hobby, mais elle m'a dit que Kate aussi en avait fait quand elle était plus jeune. Je pense que... Eh bien, qui a déjà vu Robin des bois, prince des voleurs ? »

« Bon sang. », murmure Cora. « On a été victimes d'un mauvais scénario de film. »

« Peut-être. », dit Stiles. « Peut-être. Je ne peux pas le prouver. C'est juste une hypothèse. Et si c'est ce qu'elle a fait, il est probable qu'on n'arrivera jamais à prouver ça. Ce qui est pourquoi je, euh, je travaille toujours avec elle en espérant qu'elle va me révéler quelque chose - »

« Tu quoi ? », laisse échapper Derek.

Stiles s'éclaircit la gorge. « C'est que je la rencontre une ou deux fois par semaine, je lui dis toutes les raisons pour lesquelles vous êtes une cible affreuse pour une vengeance lycanthrope, quelques conneries, et j'essaie de lui faire me dire quelque chose d'utile. Ça, euh, n'est pas encore arrivé. »

Derek a l'air très effrayé. « Et si jamais elle découvre que tu n'es pas de son côté, que tu joues les agents doubles ? »

« Techniquement, je suis plutôt un agent triple- » Stiles voit plusieurs regards peu amusés, et il ajoute : « Mais je dis toujours à Peter quand et où je la vois, pour qu'il puisse couvrir mes arrières. Et puis, elle pense que je suis un idiot fou amoureux d'elle, alors elle ne va pas découvrir quoi que ce soit. »

« Attend. », dit Derek platement. « Fou amoureux ? Pourquoi est-ce que les mots fou amoureux sont utilisés en rapport à tes interactions avec une meurtrière psychopathe ? » Les mots sont presque un grognement.

« Eh bien, euh... », dit Stiles en se passant une main à l'arrière du crâne. « Je ne peux pas lui donner une raison de douter de ma loyauté, non ? Et elle flirte avec moi... Oh bon sang, il n'y a aucune manière agréable de dire ça. Elle est totalement une pédophile et elle pense me séduire avec ses atouts féminins et que c'est pour ça que je l'aide. »

« En fait, c'est une éphèbophile. », murmure Peter, ses premiers mots depuis que la réunion a commencé. « La pédophilie est une attraction pour les jeunes pré-adolescents. »

Derek lève presque les bras au ciel pour exprimer son exaspération que maintenant est le moment que Peter choisit pour intervenir. « Et à quel point te fait-elle aller loin pour que tu puisses la convaincre ? »

Stiles rougit. « Hey, Derek, c'est pas comme si elle me molestait, t'as pas besoin d'en faire tout un plat. »

Derek grogne. « Jusqu'où. »

« Rien, on a juste, euh, elle m'a embrassé une fois ou deux et c'est tout. Je peux gérer ça. »

Derek grogne à nouveau. « Bien. Donc, euh... », dit Stiles avec hâte. « Voilà où j'en suis actuellement, et je vais continuer de vous tenir informés, mais tant que je continue à parler à Kate, je suis à peu près certain que personne n'est en danger imminent. »

Talia fronce les sourcils. « Tu ne sais pas ça. Tu es en danger. »

Stiles soupire. « écoutez, je peux m'occuper de moi - »

« Et on pourrait s'occuper d'elle. », le coupe Talia en envoyant à Peter un regard significatif.

Peter se requinque étrangement. « Hu huh, oui, je pourrais faire ça. »

Stiles grince des dents. « Après tout ce que j'ai fait pour éviter d'attirer son attention, tu ne vas pas foutre en l'air ma couverture. »

« Tu n'as pas besoin de couverture si elle est morte. », murmure Peter.

« Oh, tais-toi, on a déjà eu cette discussion. Si tu la tues, tu vas en prison, et ne me fais pas avaler que personne ne va trouver le corps, parce que tu sais que Kate a laissé des documents stipulant que si on la retrouve morte ou qu'elle disparaît, la famille Hale est responsable. Tu le sais parce que je le sais, et parce qu'elle me l'a dit et donc, personne ne va la tuer tant qu'on n'a pas de preuves solides qu'elle était responsable de l'incendie. Ensuite, tu pourras clamer protéger ta meute et tu ne seras pas poursuivi. »

Derek se laisse aller en arrière dans le canapé et essaie de se souvenir que c'est avec Stiles qu'il parle. Il doit se rappeler qu'il ne peut pas juste venir à lui avec une opinion et s'attendre qu'il accepte. Quand il est déterminé, le meilleur qu'il puisse espérer c'est un compromis. « Est-ce que tu peux au moins essayer de voir ça de notre point de vue quelques minutes ? Tu as rendu ça clair comme de l'eau de roche qu'elle a tué la moitié de notre meute, de notre famille, donc chaque instinct protecteur la veut aussi loin de toi que possible, et enterrée. Ensuite, tu me dis que pour continuer à avoir des informations et maintenir ta couverture... » Ses mains sont recourbées sur ses genoux, ses ongles se transforment en griffes malgré ses efforts. « Tu dois jouer un amoureux transi et la laisser te toucher. » Il serre les dents pour ne pas laisser échapper de grognement. « C'est pas que je pense que tu peux pas gérer ça, ou que je te possède et que personne ne devrait jamais te toucher, même si bien évidemment je préférerais que personne ne te touche. C'est que tu n'aimes pas ça avec elle. »

« Évidemment que je n'aime pas ça. », dit Stiles en levant les yeux au ciel. « Mais tu penses vraiment que je n'endurerais pas un peu de choses déplaisantes pour le bien de la meute ? »

« Et ça n'a pas le droit de m'énerver ? » Derek hausse les sourcils. « Et quel est le plan B si tu ne trouves aucune preuve ? Je pense qu'une limite de temps serait raisonnable. » Il n'est pas sûr de ce qui pourrait arriver après ça, parce qu'il ne veut pas voir Peter en prison non plus.

« Peter a déjà rendu ça très clair qu'il ne veut pas attendre pour toujours. », dit Stiles amèrement.

Peter hausse juste les épaules de manière nonchalante.

« Alors quel est le plan B ? », demande Derek.

« Je l'enflamme et je la regarde brûler. », dit Peter.

Stiles bouge dans tous les sens et dit : « Mais bon sang, Peter, NON. Le plan B, c'est qu'on dénonce l'OLL pour tous les meurtres que nous pouvons prouver et tu devras te contenter de Kate Argent en prison. »

Talia retrousse un peu la lèvre. « Si on en vient à ça, d'accord. »

Derek regarde autour de lui. « C'est tout ? Oui ? Bien. J'ai besoin de sortir d'ici. » Il se remet rapidement sur ses pieds, s'éjecte du sofa et se précipite vers la porte.

Stiles hésite. « Vous pensez que je - »

« Oui, pour l'amour de dieu, vas-y ! », dit Aaron, et Stiles ne perd pas une seconde pour se précipiter à la suite de son compagnon.