Vu que j'ai toujours pas réussi à pondre quelque chose de potable pour le chapitre de Rondoudou, je vous met celui-ci à la place. J'étais en train de retravailler le brouillon du chapitre que m'a donnée Rasmeii quand l'inspiration m'a bondi dessus, tel le tigre nord-sibérien à l'affut de l'antilope du Zimbabwe.

Ce qui a donné ceci ! Le premier épisode de Secrets d'histoire (familiale). Je pense pas en faire d'autres, mais ce serait surtout une question d'inspiration. Si vous avez des idées, faites m'en part, je verrai ;)

Vous allez donc voir en avant-première tous les secrets de Garp, et sa biographie complète !

Enjoy !


Lors de la guerre de Marineford, on remarque que Monkey D. Garp ne bouge pas d'un centimètre pour aider ses petit-fils (à deux doigts de se faire éxécuter). Lui est soldat, eux sont hors-la-loi, il n'a pas le choix, et se contente de regarder les deux gosses d'à peine vingt ans se faire éventrer d'une façon joyeusement sanglante par Akainu, avec une ch'tite larme de désespoir impuissant au coin de l'œil.

A ce stade de l'histoire, le lecteur attentif et réfléchi a bien évidemment noté que si, il a parfaitement le choix.

Si le vioque se décidait (enfin) à assumer son rôle de figure grand-paternelle et à cesser de se bâfrer de beignets hyper-sucrés à longueur de journée, il se rendrait compte qu'il a deux jambes miraculeusement épargnées par les rhumatismes, qui lui permettraient sans l'ombre d'un doute de se diriger vers Akainu (malheureusement pas épargné par la connerie, par contre) et de lui mettre une raclée avec ses deux poings, eux aussi épargnés par l'arthrite.

Mais Monkey D. Garp avait une conception étrange de la vie, probablement à cause d'une enfance perturbée.

En effet, à l'âge de deux ans et six mois (3 semaines, 4 jours et 13 heures 47 secondes), il fut victime d'une tragédie qui le marqua à vie.

Oublié par son propre grand-père à la cime d'un arbre tropical, il dut se débrouiller seul à compter de ce moment. Se nourrissant d'insectes (en essayant de ne pas nourrir lesdits insectes) aussi répugnant que bactériens, il fit le dur apprentissage de la vie seul au beau milieu de la jungle où on l'avait abandonné (une histoire de pique-nique aviné au terme duquel son pépé avait voulu lui apprendre à grimper aux arbres. La sénilité ne faisant bon ménage ni avec l'alcool, ni avec les kilts à rayures, le vieil homme ne se souvint même plus de l'existence de son petit-fils deux secondes après que celui-ci ait atteint le cap des 15 mètres escaladés.)

Ces douloureuses épreuves, suffisantes à elles seules pour faire passer celles de la famille Ingalls pour une balade à poney arc-en-ciel et pour faire le bonheur de n'importe quel psychologue freudien ne s'arrêtèrent pourtant pas là. Vers 4 ans et 3 mois, 2 semaines, 6 jours,14 heures et 27 secondes, il fût frappé d'une hémorragie nasale durant qui manquât de le noyer tant elle fût violente. Ses doigts ayant grandi plus vite que son nez, il s'était perforé le cartilage nasal avec un enthousiasme débordant d'idiotie.

Des éclats de cartilage atteignirent le cerveau en même temps que les flots de sang provoqués par le doigt (qui avait lui aussi suivi le mouvement), s'enfonçant par la même dans le tissu neural avec un bruit spongieux.

Ceci, ajouté au régime exclusivement constitué d'escargots péteurs et de feuilles de bananier (venimeuses, mais l'enfant n'était plus en capacité d'y réfléchir.) diminua considérablement son habileté à comprendre les lois de la physique quantique (qu'il n'aurait de toute façon pas compris, même en ayant été un jour à l'école, au lieu d'apprendre à chanter l'alphabet en rotant).

C'est donc un sauvageon complètement gogol qui réussit un jour à s'incruster sur un navire pirate qui passait par là, pour rejoindre la civilisation près de quinze années après l'avoir quittée. Il avait alors environ dix-sept ans.

Une triste histoire de bras de fer perdu (tout comme le bras en question, qu'on ne devait jamais retrouver) et de culotte en porcelaine de Limoges rose à pois triangulaires donna le départ de sa haine légendaire et inextinguible envers toute la piraterie, et arrivé sur une île voisine, il se dirigea en maugréant vers la taverne la plus proche en grattant son pagne en fourrure de lapin nain.

Car même s'il ne savait absolument pas ce qu'était un bar, un instinct primaire infaillible enfoui au cœur même des gênes Monkey leur permettait de trouver n'importe quel élément à peu près comestible en toute circonstance, et ce dans un périmètre d'une centaine de mètres. Parfois plus avec l'entraînement approprié.

Il entra donc dans le bouge miteux d'un pas conquérant, et s'installa au comptoir sans prendre gare à l'odeur de charogne que dégageait son pagne (il n'avait pas pensé à le tanner, et la chair pourrissait donc à même sa peau. Une horreur saumâtre qui aurait pu reléguer la peste bubonique au rang de gentil rhume de mi-saison.)

Au bout d'une dizaine de minutes, le gérant ne supporta plus les relents nauséabonds (les clients non plus, ils avaient déjà fui les lieux depuis belle lurette), et la Marine fût mandée pour se débarrasser de l'importun malodorant.

Enfermé dans une petite cellule sombre et glaciale (on avait muré les fenêtres pour économiser sur le chauffage, mais les frais d'enterrement de détenus morts de pneumonie avaient décuplés, tout comme le nombre de débuts de schizophrénie démente et de crises de lycanthropie aigües.), il eut tout le temps de méditer sur la prestance des soldats qui l'avaient embarqué et sur le nombre de rats qui pullulaient dans le cachot.

Rats qui lui évitèrent de mourir de faim quand le destin s'acharna encore sur lui et qu'on oublia sa présence pendant plusieurs jours. C'est à dire jusqu'à ce que l'odeur (on avait omis de doter la prison de pots de chambre) devienne réellement insupportable. On envoya donc un colonel fraîchement débarqué du siège (c'est d'ailleurs un comble de débarquer du siège pour s'occuper de problèmes sanitaires, non ?) pour se charger du problème, en dépit de toutes les lois anti-bizutages de l'armée.

Et c'est ainsi que Monkey D. Garp fit la connaissance de celui qui deviendrait l'Amiral Sengoku, dans l'humidité puante d'une cellule encombrée d'excréments humains et de cadavres de rats. Comme le lecteur averti l'aura déjà compris, une amitié aussi solide que virile se noua dès lors, et au terme d'une partie de strip-poker endiablée, Sengoku eut comme gage de faire entrer son nouvel et meilleur ami dans les nobles et glorieuses forces de la Marine, où seule l'élite peut prétendre s'avancer, et dont l'unique préoccupation est de protéger la veuve et l'orphelin.

Des cours de remise à niveau (tant vestimentaire que langagière, les grognements animaux rendant ardue toute compréhension) furent bien sûr nécessaire, mais Garp était un élève enthousiaste et volontaire, et il comprit très rapidement qu'on ne reniflait pas les fesses de ses supérieurs pour les saluer.

Extrêmement doué, il accéda vite, au terme d'une ascension aussi fulgurante que révélatrice de l'incompétence des autorités compétentes (ahurissant paradoxe s'il en est), au grade envié d'Amiral.

Le jour de sa promotion, on fit une samba de tous les diables, qui se solda par une soirée pleine d'alcool et de débats hautement philosophiques. Il ne fit pour autant jamais le lien avec le bébé braillard qu'une femme échevelée lui refourgua quelques mois plus tard.

Apercevant la devanture d'un magasin devant lui, et ayant encore du mal à déchiffrer les lettres, il décida que c'était un signe, et nomma son fils (d'après ce que la femme lui avait hurlé entre deux sanglots) selon l'enseigne criarde qui oscillait. "A la Drag Queen paillarde" fut donc inspiratrice du nom de Monkey D. Dragon.

Bien des années passèrent, pendant lesquelles il éleva son fils avec un talent et un dévouement qui force l'admiration. A un point tel que, une fois adulte, le jeune homme lui balança un plein seau de tripailles de truites et autres poissons plus ou moins frais sur la tête avant de prendre la mer pour partir fomenter un coup d'État visant à détruire le monde.

Avec le sentiment réconfortant du devoir accompli, et sans pour autant retenir la moindre leçon de cette histoire, Garp continua son petit bonhomme de chemin pendant une année entière. Chemin qui s'acheva l'avant-veille de l'exécution du Seigneur des Pirates, dans un bar à proximité de l'échafaud.

Complètement ivre (il avait le rare talent de paraître sobre même en étant bourré comme un coing), il fit alors quelque chose qu'il ne comprendrait jamais par la suite, et se réveilla un beau matin avec un gosse dans les bras. A côté de lui, une infirmière lui sourit en le félicitant d'avoir accepté d'élever le fils du criminel le plus détesté au monde, et poussa des cris d'orfraie quand il s'évanouit (sur le bébé).

Une promesse est une promesse, fût-elle avinée et faite à un criminel super-dangereux (mort, qui plus est), et Garp s'empressa de confier le petit aux soins attentionnés d'une charmante femme (une espèce de vieille harpie obèse à la tête d'une bande de mafieux sans peur et sans talent reclus dans une montagne aussi isolée que dangereuse), sûr qu'elle pourrait s'occuper de lui, et lui procurer la même éducation vivifiante et énergique qui avait fait de lui ce qu'il était aujourd'hui.

L'histoire étant ce qu'elle est, et le nombre de mots autorisés dans cet article limité (le nombre, par l'article, qui lui est d'une qualité incroyable), tout se répéta trois ans plus tard, au terme desquels Dragon refit surface, et lui balança un nourrisson en pleine figure avec un "Ton petit-fils, connard !" affectueux. En mâchonnant un muffin au poulet frit, il regarda le petit d'un œil vitreux, et lui proposa un bout de "-uffy au poué fi". L'inspiration avait encore frappé, le gosse s'appellerait Luffy.

Le bambin fût lui aussi confié aux soins tendrement maternels de la nourrice, ce qui lui assura une enfance mouvementée et fortifiante, dont Garp ne pût que se féliciter par la suite.

Nous passerons sur les multiples agressions presque mortelles dont furent victimes les deux petits dans la jungle tropico-montagnarde (le climat du coin était tout à fait absurde et démesurément illogique, la faute au trou de la couche d'ozone *), qui manquèrent cent fois de se faire digérer vifs par quelque plante anthropophage (et/ou anthropomorphe), ou tout simplement déchiqueter par les nombreux alligators mutants qui peuplaient les lieux (autrefois menacés de disparition, ces charmantes bêtes carnivores et parfois cannibales avaient pullulé dès que la chasse à but non scientifique avait été interdite).

Il est important de préciser qu'aux Services de Protection de l'Enfance, peu d'employés (et ce malgré un dévouement sans faille) maîtrisent le safari en jungle tropico-montagnarde, aussi jamais les deux garçonnets ne purent être placés dans une famille aimante et attentionné, et ils grandirent entourés de la fumée du cigare de leur tutrice et des relents de gaz intestinaux qui envahissaient invariablement l'habitation branlante après les soirées cassoulet (qui étaient plutôt fréquentes, au vu de l'état des finances désastreuses de la bande de bandits.).

Entre deux visites de leur admirable et admiré grand-père (au terme desquelles ils apprenaient la médecine en soignant les multiples fractures que leur laissait l'affectueux vieillard. Leur formation était ainsi très complète.), ils apprirent donc la vie de la plus efficace des façons, dans un environnement plein d'amour familial et de hurlements de soûlards.

Quel choc et quel déchirement pour Garp lorsqu'à dix-sept ans révolus, chacun d'eux mit les voiles pour suivre les traces de Dragon, à savoir devenir criminels ! Le pauvre homme ne pouvait comprendre ce qui avait bien pu les éloigner à ce point de la voie qu'il avait lui-même suivi, et il dut se résoudre à ne plus voir sa famille qu'entre deux tentatives d'arrestation musclée et violente, et à ne plus voir répondre à ses témoignages d'affection que des insulte plus ou moins assassines.

De fracture en commotion cérébrale, le fossé séparant Garp du reste de sa famille s'élargit de plus en plus, jusqu'à ne plus pouvoir être comblé que par des tirs d'artillerie lourde et il finit par accepter ce triste destin, le cœur brisé.

Bien sûr, la trépidante et passionnante existences de Monkey D. Garp ne s'acheva pas là, mais le fidèle téléspectateur (même si ce témoignage historique tout à fait inédit ne sera malheureusement et probablement jamais porté à l'écran. Triste décadence de la qualité cinématographique du pays.) féru d'histoire et de vérité ne manquera pas de combler les lacunes de sa culture en étudiant attentivement la suite de notre histoire.

D'ailleurs, si l'audimat est suffisant, et si l'auteure est inspirée, en exclusivité mondiale et pour la première fois révélé au grand public, nous vous montrerons les tests psychologiques et intellectuels de Monkey D. Garp à son entrée dans la Marine.

A bientôt pour un prochain numéro de Secrets d'Histoire (familiale) !


* : Il y avait aussi un problème avec la couche d'eau jaune, un immense lac de souffre et d'urine qui rongeait jusqu'à l'os tous ceux qui s'en approchaient à moins de 3 kilomètres sans le scaphandre protecteur en usage. Et les autorités (in)compétentes ne faisaient absolument rien pour tenter de s'opposer au monstrueux assassin aquatique et sulfurique, préférant polémiquer sur l'importance de continuer à financer la Milice Anti Pots de Géraniums Fanés en Centre Ville. Aussi, on dénombrait aux derniers comptages 23 morts humains par semaine à cause des vapeurs toxiques. Et 3 cadavres disparus dans les mêmes délais, la mafia locale faisant preuve d'une inventivité tout à fait créative pour exploiter durablement les ressources naturelles.


Je vous laisse, et à la prochaine ! N'oubliez pas la review en partant :D