Hello !

Je ne m'attarde pas en blablas inutiles cette fois.

Comme d'habitude, merci de me lire et aussi pour vos commentaires et votre patience.

Voici un chpitre un peu plus (très beaucoup) court que les précédents, mais le titre parle de lui-même sur la nature du sujet abordé.

Voilà, bonne lecture.


Chapitre 15 : Mise au point

Arthur était adossé à la porte de sa salle de bain, assis par terre, côté chambre. Il avait réenfilé un pantalon de jogging, et une chemise qu'il n'avait pas pris la peine de boutonner. Il soupira profondément en lançant un coup d'œil à la pendule posée contre le mur, sur l'affreuse table de camping en formica jaune. Il était déjà 3h00 du matin, il reprenait son service à 5h00 pour les visites avec ses internes, et n'avait pourtant pas dormi de la nuit. Il était épuisé. Il tourna à moitié le visage vers la porte fermée derrière lui et lança :

-Tu comptes sortir pour qu'on en discute, ou tu as l'intention de rester enfermer dans mes toilettes jusqu'à la fin des temps ?

-Ferme-la ! répondit la voix d'Alex au travers de la porte.

-Pas la peine d'être agressif, répondit calmement Arthur.

-Pitié Arthur, fous-moi la paix.

-Pas envie, il va bien falloir qu'on en parle, et je n'ai pas l'attention d'attendre que tu te décide à le faire, sinon on y est encore dans dix ans.

De l'autre côté de la porte, Karev était appuyé sur le lavabo, se fixant dans le miroir, le cœur battant à tout rompre. Il n'arrivait pas à croire qu'il ait… que lui et Arthur aient… Il ne pouvait pas le croire. Les choses étaient allées bien trop vite. Il n'avait pas eu le temps de comprendre ce qui c'était passé, mais ça c'était belle et bien produit, ou presque. Il avait débarqué la veille, pris d'un élan qu'il ne parvenait pas à comprendre (sa discussion avec le jeune Desmond Miles, de l'université de Fasmey Hill dans le Nevada l'avait ébranlé), et c'était jeté sur Newton comme sur une femme, juste après lui avoir déclaré que ce qu'il éprouvait n'était pas forcément que de l'attirance physique… et ils avaient commencé à le faire, allant plus loin que la dernière fois dans la chambre de garde. Si la dernière fois, ils s'en étaient arrêtés à s'embrasser et retirer leurs chemises, interrompus par la sonnerie de leurs bippers, cette fois ils avaient franchi la limite de la ceinture… mais à la dernière minute, avant de passer aux choses sérieuses, Karev avait paniqué. Il avait tout arrêté, c'était propulsé hors du lit, et maintenant, il était puérilement enfermé dans la salle de bain, depuis bientôt deux heures, refusant d'en sortir.

-Alex, de toute façon tu seras obligé de sortir pour retourner au boulot. Et en plus, je veux prendre une douche si ça te dérange pas. C'est ma salle de bain, et les cabines de douches des vestiaires sont toujours crades.

Karev se toisa dans le miroir une nouvelle fois, se donna une double gifle à lui-même, secoua la tête pour reprendre ses esprits, fit deux pas en direction de la portes, puis changea d'avis et retourna vers le lavabo.

Arthur, l'oreille collée contre la porte, avait entendu le va-et-vient, et soupira encore. Qu'est-ce qui lui avait pris de tomber sous le charme de cette espèce d'ours des Carpates. Karev n'avait vraiment rien de charmant, en dehors de son physique attirant. C'était un imbécile arrogant, avec un sale caractère et une attitude détestable. En temps normal, il aurait forcé la porte pour mettre ce genre de personne dehors à coups de pieds au cul, mais parce que c'était Alex, il restait bêtement assis contre la porte à tenté de le raisonner. Alors qu'il savait pertinemment qu'il n'en ferait qu'à sa tête.

-Tu sais, c'est pas grave, je peux comprendre que tu aies flippé, lança-t-il à l'attention de l'autre. Moi aussi ça m'a surpris…

-Je ne suis pas perturbé ! répondit la voix énervée du brun au travers de la porte.

-Dixit la personne enfermée dans la salle de bain, ironisa Newton.

Il sourit en entendant les pas furibonds d'Alex se rapprocher, et le loquet se déverrouiller. Il se releva rapidement, juste attend pour se retrouver face-à-face avec l'autre, qui venait d'ouvrir la porte.

-Je ne m'enferme pas !

-Non, bien sûr que non, sourit insolemment Newton en le dévisageant gentiment.

-Je vais t'arracher les yeux, persifla Karev en le foudroyant du regard.

Ils restèrent un moment qui leur sembla durer une éternité debout, face-à-face, à quelques centimètres l'un de l'autre. Pourtant, ils ne se regardaient pas directement dans les yeux, comme si une gêne immense les séparait, comme si une vitre se trouvait entre eux. Après un moment d'hésitation, durant lequel Arthur se mâchouilla l'intérieur de la joue (comme chaque fois qu'il réfléchissait intensément en situation de stress), Alex leva les yeux au ciel en soufflant d'exaspération, bouscula légèrement l'autre en repassant dans la pièce, et alla s'assoir sur le matelas (qui reposait toujours et désespérément à même le sol depuis un an que l'ancien de Boston avait emménagé). Le noiraud croisa les bras et prit appuie avec son épaule contre le mur, le regardant fixement. Il savait que Karev allait finir par dire quelque chose, il commençait à le connaitre suffisamment pour comprendre qu'il fallait juste lui laisser un peu de temps pour mettre au clair ses idées.

Après un assez long moment, Arthur soupira à nouveau, et vint s'assoir sur le lit, juste à côté de son… Ami ?

Copain ?

Amant ?

Non, ça ils ne l'étaient pas encore, hélas.

Il s'écoula encore un moment, avant que le noiraud ne se décide à briser le silence, qui devenait oppressant, en posant une question qui lui taraudait l'esprit depuis le début de la soirée :

-Qu'est-ce que tu entendais par « ce n'est pas que sexuelle » ?

Alex tourna vivement la tête vers lui, l'air surpris par la question, tout en poussant une sorte de grognement étouffé. Il le fixa en entrouvrant la bouche, comme pour répondre, mais s'en abstint, reporta son attention sur la porte en face de lui, et murmura dans un souffle, au bout de quelques secondes :

-Je ne sais pas trop…

Arthur se mordit l'intérieur de la joue en hochant la tête, comme par dédain, et reporta son attention également sur la porte. Il y eut un nouveau silence. Finalement, Newton trouva le temps trop long, et se leva, retirant sa chemise. Alex, troublé par cela, porta son attention sur lui et demanda d'un ton inquiet :

-Tu fous quoi là ?!

-Comme cette discussion ne mène nulle part, je reprend le cours normal de mon existence en allant prendre une douche.

Le ton était un peu sec, et l'autre tiqua. Il n'aimait pas que l'on emploi ce ton contre lui, et sentit remonter une bouffée de colère, mais parvint à la canaliser. Le noiraud se dirigea vers la salle de bain et commença à fermer la porte, lorsque Karev lui lança :

-Tu t'es déjà douché banane ! tu en sortais quand je suis arrivé !

-J'ai peur que ta bêtise m'aie souillé, rétorqua Arthur en fermant la porte, tournant le loquet, laissant Karev seul dans la chambre, fixant la porte de la salle d'eau avec de grand yeux effarés et énervés.

Ce dernier poussa un soupir en se prenant la tête entre les mains, appuyant sur ses yeux avec ses doigts jusqu'à se qu'il voit des étoiles. Mais pourquoi était-il aussi con ? Pourquoi avait-il paniqué tout à l'heure, il n'y avait pas vraiment de raison. Ca ne lui était jamais arrivé de ne pas réussir à s'envoyer en l'air… Enfin si, une fois, avec Izzie, mais c'était un cas différent, c'était la femme qu'il aimait.

Soudain, se fut comme une révélation. Les paroles de l'étudiant, Desmond Miles, résonnèrent dans sa tête.

« Mon cousin Ezio n'est pas gay, c'est même plutôt un tombeur, mais il est en couple avec la personne qu'il aime depuis neuf ans, et c'est un homme ».

Le brun se leva d'un bond, la bouche entrouverte. Alors c'était ça la réponse ? Il avait l'impression que son cerveau devenait du chewing-gum, Il n'avait pas l'habitude de ce genre de chose, de ses sentiments qui se bousculaient en lui. Il avait le sentiment d'être sur le point de faire une crise d'angoisse, ce qui était inhabituel pour lui. Il devait en parler, lui dire, évacuer cette tension qui pressait ses poumons. Il le devait absolument.

Il resta un long moment debout, immobile, ne sachant pas que faire, et entendait l'eau coulé dans la salle de bain. Lorsque celle-ci cessa de tomber, et que le bruit du rideau de douche que l'on écarte se fit percevoir, le cœur d'Alex s'accéléra. Dans un instant, Arthur allait franchir cette porte, et il allait devoir lui dire quelque chose. Mais comment le faire, comment avouer quelque chose qu'il ne comprenait pas vraiment lui-même ? Il allait bien devoir trouver, car le loquet coulissa, et la porte s'ouvrit sur un Arthur en caleçon, les cheveux encore humide, un linge à la main.

En voyant Karev ainsi, debout sans bouger au milieu de la pièce, l'observant d'un air étrange, il s'arrêta et le fixa d'un air étonné. Le trouver encore là le surprenait. Il se serait attendu, vu le caractère de l'autre, à ce que celui-ci se soit tiré sans un mot. Mais non, il était resté. A son tour, son cœur s'accéléra légèrement. Voyant qu'Alex restait sans rien dire, mais avait envie de sortir quelque chose, il l'y incita en lâchant :

-Oui… ?

Alex ouvrit la bouche pour parler, la referma, détourna un instant le regard sur la pendule et l'horrible table en formica, puis reporta son attention sur Arthur avant de se décidé enfin.

Arthur, je…

C'était le début le plus pathétique de tout les temps, songea-t-il. Bien, maintenant qu'allait-il ajouter ? Il se creusa l'esprit à vitesse grand V et repensa soudainement à la manière dont Izzie l'avait amadoué quelques jours plus tôt.

-Je tiens… beaucoup à toi.

Il appuya ses mots en tendant la main, comme pour appuyer ou souligner une évidence. Arthur fut surpris et ne réagit pas tout de suite, poussant Alex à répéter l'action une fois de plus, avec plus de fluidité et d'assurance.

-Je tiens beaucoup à toi.

-Alex…

-Ecoute, fit Karev en levant les yeux au ciel, comme pour maudire le Créateur de le mettre dans une telle situation, avant d'avancer de quelques pas en direction de l'autre. Toi et moi, je… je sais pas ce qu'il se passe entre nous (il vit qu'Arthur tiquait de la paupière et du coin des lèvres, et tenta immédiatement de rectifier le tire). C'est vrai, je ne sais pas. Ca ne m'étais jamais arrivé avant, et du coup, je sais pas comment réagir, que dire, que faire ! Je ne sais même pas nommer ce qu'il se passe en moi quand je suis avec toi, mais je peux affirmer que… Je tiens beaucoup à toi.

En finissant son petit discours, il avait l'air d'un enfant hésitant, avec plein d'appréhension dans le regard, et cela toucha énormément Arthur. Il voulut parler, dire quelque chose, mais Karev le prit de cours en ajoutant :

-Je ne sais pas à quoi m'en tenir, parce qu'il y a Izzie, et Saddie, et qu'on est tous les deux des mecs… mais j'ai vraiment envie, de savoir, ce que ça peut donner.

Arthur ouvrit la bouche, baissa les yeux sur le sol un instant, puis reporta son attention sur Alex, qui n'était plus qu'à un demi mètre de lui et le regardait avec l'appréhension de la réponse.

-Je tiens, commença-t-il, aussi beaucoup à toi. Et, pour te dire la vérité, je ne sais pas non plus à quoi m'en tenir pour nous deux. J'aimerais pouvoir trouver une réponse, te la fournir. Mais, c'est… assez nouveau comme situation pour moi aussi et, j'ai peur.

-Peur ? De quoi ? De moi ? tiqua Alex en se redressant de toute sa hauteur.

-Non, de l'inconnu. D'aller plus loin dans cette fantaisie, et de se rendre compte qu'on s'est trompé. Tous les deux.

-Bein… Y'a qu'un seul moyen de vraiment le savoir, se risqua l'autre en détournant le regard.

Arthur eut un petit sourire nerveux et lâcha sur le ton de la plaisanterie.

-Pour ça, il faudrait que tu ne t'enfermes pas pendant des heures dès que l'on se touche, ou que tu fuies à chaque baiser volé.

Karev se renfrogna un peu, croisant les bras sur son torse et détournant la tête en faisant la moue. Arthur s'approcha, toujours avec un léger sourire aux lèvres, et approcha son visage du sien. Il pouvait presque sentir le stress du brun tant il était tendu par l'idée de ce qui allait se passé. Aussi, Newton décida de ne l'embrasser que sur la joue. Il sentit Alex frémir, et leurs regards se croisèrent.

-On n'a qu'à y aller en douceur, lui souffla-t-il.

-Ca me va, approuva Alex avec un petit haussement d'épaule.

-Parfait, fit Arthur.

-Parfait, répondit l'autre en posant ses lèvres sur les siennes.

Pas parfait, songèrent-ils, avec une sensation de déjà vu. En fait, ils savaient que, même s'ils étaient satisfaits de cette discussion, et du dénouement, ils auraient beaucoup de choses à régler dans les prochains temps. Il y avait, comme l'avait relevé Alex, Izzie et Saddie qui entraient en ligne de compte. Et, sans vraiment savoir pourquoi, l'histoire que Meredith lui avait raconté à propos du Chef Webber et d'Elis Grey revint en mémoire à Arthur. Devait-il s'attendre à renoncer à tout pour voir finalement Karev rester avec la blonde, ou peut-être les choses se passeraient à l'inverse. En tout cas, quel que soit la conclusion, deux personnes sur quatre seraient lésées dans cette affaire. Il le savait, et appréhendait cette idée. Il ne voulait pas faire souffrir des gens par égoïsme.

Mais pour l'instant, il était trop heureux. Il avait à peu prêt ce qu'il voulait depuis un moment.

Alex Karev.

C'était tout ce qui comptait pour le moment.

-On doit être à l'hôpital dans deux heures, fit remarque Arthur en rompant l'étreinte, désignant d'un mouvement de tête l'horloge.

-On devrait peut-être essayé de dormir un peu, non ?

-Bonne idée.

Ils se glissèrent dans le lit, et s'endormirent comme des masses, satisfait de leur mise au point.

oOoOoOo

Deux heures plus tard, lorsqu'ils arrivèrent à l'hôpital, ils échangèrent un regard assez complice en sortant de l'ascenseur, et se séparèrent, ne remarquant pas la présence de Saddie, un peu plus loin, au comptoir d'accueil, qui les observait. Le sourire qu'elle arborait, affiché en voyant son petit ami arrivé, s'effaça soudainement.

Un doute l'assaillit.


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