Les garçons descendaient les marches du perron de l'hôtel et se dirigeaient vers le parking en discutant calmement. C'était le début de l'après-midi et malgré leur peu de motivation pour aller faire du shopping, ils étaient contents de se retrouver entre eux et d'aller se balader.

Peter était le seul homme qui restait au Complexe. Il avait argumenté que les demoiselles avaient besoin d'un chevalier servant pour veiller sur elle tandis que ces messieurs allaient faire leurs emplettes. Le groupe ne comptait donc que huit garçons.

Stiles ouvrit la portière de sa Jeep et s'assit derrière le volant. Il était chargé d'être le chauffeur de Scott, Isaac et Matt, tandis que Jackson et Danny montaient dans la Porsche du jeune blond. Derek se glissa dans sa Camaro et Boyd prit place à côté de lui.

Ce fut la Jeep qui se plaça en tête de file car l'adolescent aux cheveux courts fut le premier à démarrer. Malgré les moqueries de ses camarades, qui n'hésitaient pas à plaisanter sur son état de vétusté, le garçon adorait sa voiture. Et il fallait avouer qu'elle disposait de quatre places assises plutôt confortables quand la Porsche grise de Jackson n'en offrait que trois, dont un siège arrière particulièrement étroit.

Le groupe de garçons se dirigea vers une ville située à quinze kilomètres du Complexe, où les filles leur avait certifiés qu'il y avait un centre commercial dans lequel ils trouveraient leur bonheur.

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Lydia, Erica et Allison se retrouvaient une fois de plus dans le spa, se délassant dans un jacuzzi dont les bulles leur massaient agréablement le ventre et les jambes.

— Que fais Peter ? finit par demander la jeune brune en remuant ses doigts de pied.

— Aucune idée, avoua Erica, les yeux fermés.

— C'était bien la peine qu'il prétende rester pour nous défendre en cas de danger, persifla Lydia en examinant ses ongles qu'elle avait vernis avant de rejoindre ses amies. Si quelqu'un veut s'en prendre à nous, le temps qu'il arrive, on aura déjà été enlevé.

Allison secoua la tête, un sourcil levé.

— Je crois que tu nous sous-estimes trop, Erica et moi. On sait se battre, et on se défend plutôt bien. Tu n'aurais pas pu trouver meilleurs gardes du corps !

Son amie inclina la tête sur le côté, la bouche en cœur.

— Sans vouloir vous offenser, je pense que vous n'auriez même pas besoin de vous battre pour mettre hors service un quelconque agresseur. Il vous suffirait de sortir du jacuzzi pour arrêter le plus violent des psychopathes.

Devant les regards perplexes de ses amies, la jeune rousse lança un regard appuyé vers les maillots de bains qu'arboraient les jeunes filles et qui dévoilaient avantageusement leurs formes.

— N'importe quel homme ne pourrait s'empêcher de vous admirer pendant plusieurs secondes et d'oublier ses plans d'attaque, conclut Lydia en se calant contre le bord du jacuzzi.

La remarque ne sembla pas perturber Erica qui prit un air blasé, mais elle fit rougir Allison. La brune décida d'orienter la conversation sur un autre sujet et les trois filles embrayèrent sur la réconciliation de la chasseuse avec Scott.

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Confortablement allongé dans son lit, un oreiller lui rehaussant le dos, Peter avait l'ordinateur portable de Matt sur les genoux. Il avait demandé au photographe s'il pouvait lui emprunter son PC pour la journée et après avoir effectué plusieurs manipulations, le loup garou avait réussi à se connecter au réseau des caméras de surveillance du Complexe du Paradis.

D'un clic, il pouvait visualiser ce qu'il se passait dans le parc, dans le gymnase ou encore dans le restaurant. Peter n'était pas contre avoir un avant-goût de son repas du soir mais il était occupé à surveiller les trois filles qui barbotaient dans le jacuzzi.

La caméra de surveillance était astucieusement cachée derrière un miroir de la pièce, afin que les clients qui venaient au spa ne se sentent pas inlassablement surveillés et profitent pleinement de leur moment de détente.

Bien entendu, aucune des trois amies n'étaient au courant de l'existence de cette caméra et c'est ce qui rendait Peter encore plus heureux. Il adorait espionner les autres et découvrir, à leur insu, leur petits secrets. Ça lui donnait une impression de puissance, de toujours avoir un pion d'avance sur les autres.

Sa cible préférée était Derek. Epier son neveu lui permettait de toujours avoir un moyen de le faire chanter et par conséquent, d'obtenir ce qu'il voulait. Mais pour être tout à fait honnête, Peter n'avait pas souvent l'occasion de découvrir des ragots croustillants lui offrant un élément de pression sur l'alpha.

Jusqu'à ce jour béni où Stiles et Derek avaient commencé à se tourner autour, pour finalement finir par se rouler des patins dans les draps du jeune garçon.

Peter tenait enfin un scoop et il n'était pas près de louper l'occasion de s'en servir. Même si au fond de lui, il trouvait ça plutôt bien, de voir son neveu plus souriant et moins centré sur lui. Bon, il fallait tout de même relativiser les récents événements car la métamorphose de Derek n'était pas si flagrante.

Personne n'avait encore réalisé le changement qui s'était effectué entre l'alpha et l'adolescent. Mais Peter, lui, avait tout suivi depuis le début et était capable de déceler les indices les plus infimes, bien qu'ils soient rares. Comme, par exemple, les regards jetés en coin ou les frôlements de main sous la table.

Le loup garou était heureux de garder cette carte dans sa manche. Elle pourrait toujours lui servir. Savoir que Derek sortait avec Stiles constituait un avantage considérable dans sa quête perpétuelle d'emmerder son neveu. Et il n'était pas prêt de céder cet atout à qui que ce soit !

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— Stiles, qu'est-ce que tu penses de cette chemise ?

Scott émergea de la cabine d'essayage pour que son meilleur ami donne son avis sur la nouvelle tenue qu'il était en train d'essayer. L'adolescent aux cheveux courts était en train de regarder des articles accrochés à un présentoir et leva distraitement les yeux vers le jeune loup garou qui attendait qu'il donne son opinion.

— Pas mal, affirma Stiles avec une moue appréciatrice.

Scott parut se satisfaire de la réponse et retourna essayer d'autres affaires. Son meilleur ami jeta un coup d'œil autour de lui pour la énième fois. Il cherchait Derek. L'alpha avait disparu peu après qu'ils soient entrés dans le centre commercial et personne ne l'avait entendu ou vu s'éclipser. Aucun des autres membres du groupe ne semblait se soucier de son absence. Stiles devait donc faire comme si de rien n'était, bien que l'angoisse le ronge de l'intérieur.

Pourquoi son amoureux s'était-il éloigné de leur groupe ? Pourquoi ne revenait-il pas avec eux ? Où était-il passé ?

Alors qu'il se sentait de plus en plus inquiet, il sentit son téléphone portable vibrer contre sa jambe. L'adolescent glissa ses doigts dans sa poche et se saisit de son mobile. L'écran affichait un texto. Au nom de Derek.

Fébrile, Stiles lut le message.

« Pourquoi ton cœur bat si vite ? »

« Parce qu'il s'inquiète que tu sois si loin de lui. Où es-tu ? »

L'adolescent guetta avec impatience la réponse, se désintéressant totalement des chemises qu'il détaillait quelques secondes auparavant. Son cœur loupa un battement lorsque son IPhone vibra de nouveau.

« Quelque part. Cherche bien. »

« J'ai besoin d'un indice ! Ce centre commercial est immense ! »

« Si tu m'aimes vraiment, tu me trouveras. »

Stiles en resta bouche-bée. L'alpha était en train de le tester. Le loup garou n'était pas du genre boute-en-train qui organise spontanément des parties de cache-cache. C'était une épreuve, pour voir comment pouvait évoluer leur relation.

Le souffle court, le jeune garçon se précipita hors de la boutique où son meilleur ami essayait ses habits et s'arrêta un instant au milieu de la galerie pour essayer de repérer une enseigne susceptible d'intéresser son amoureux. Après avoir hésité, il se dirigea vers une échoppe qui proposait des blousons de cuir.

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Séparé de Lydia, Jackson essayait de passer son temps libre avec son meilleur ami. Mais Isaac ne l'entendait pas cette oreille. Il voulait profiter de cette sortie pour faire les magasins avec son copain, afin de connaître un peu mieux ses goûts vestimentaires. Après tout, l'anniversaire de Danny était le sept août et le loup garou frisé n'avait pas du tout les moyens de lui acheter un jeu vidéo et encore moins une console.

Matt était trimballé entre les trois garçons, suivant le mouvement plus par automatisme que par réelle envie. Bien qu'il soit officiellement rabiboché avec Scott, le photographe ne se sentait pas de rester trop longtemps avec lui. Il sentait que le garçon lui tenait encore une certaine rancœur même s'il avait pris soin de mettre une distance prudente entre lui et Allison.

Danny finit par se lasser du comportement de Jackson et Isaac, et alors que son meilleur ami et son copain se disputaient à propos de la couleur de la chemise qu'ils comptaient lui présenter, le jeune garçon attrapa le bras de Matt pour l'entraîner dans une autre boutique, afin de semer les deux autres adolescents.

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Scott tira de nouveau le rideau qui lui permettait de se changer en toute intimité, afin de présenter le T-shirt qu'il essayait à Stiles. Mais le jeune loup-garou se retrouva nez-à-nez avec Danny et Matt.

— Euh ... Où est Stiles ?

Ses deux amis se jetèrent un regard et haussèrent les épaules.

— Et Jackson et Isaac ? Ils n'étaient pas avec vous ?

Une nouvelle fois, Danny et Matt se regardèrent avant de hausser les épaules. Scott soupira et balaya une dernière fois le magasin pour s'assurer qu'il ne trouvait pas son meilleur ami.

— Bon bah, à votre avis, ce T-shirt me va bien ?

Matt hocha la tête sans vraiment avoir regardé mais le gardien de l'équipe de crosse leva un sourcil.

— Pas du tout ton style, commenta-t-il du bout des lèvres avant de s'éloigner dans un autre rayon.

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Stiles commençait à se sentir de plus en plus mal. Depuis dix minutes, il cherchait désespérément Derek mais il ne parvenait pas à le trouver. Le centre commercial lui semblait un peu plus immense à chaque pas qu'il faisait. Tournant et retournant sur lui-même, le garçon se sentait envahir par la nausée.

Il allait échouer. Il n'allait pas réussir à trouver son amoureux. Ils allaient se séparer.

L'adolescent était tellement paniqué qu'il faillit ne pas sentir son téléphone vibrer contre ses doigts.

« Tu chauffes »

Stiles observa les alentours. Si Derek lui envoyait un message dans le genre, c'est qu'il n'était pas très loin. L'alpha devait même certainement pouvoir le voir de là où il était. L'adolescent regretta amèrement de ne pas avoir accepté la morsure que Peter lui avait proposée, six mois plus tôt. Au moins, avec des capacités lupines, il n'aurait eu aucun mal à retrouver son amoureux.

Le jeune garçon se força à respirer calmement. Il devait se concentrer. Et réfléchir. Il scruta les alentours, détaillant chaque boutique. Dans laquelle Derek pouvait-il être allé se cacher ?

Une enseigne pour adolescents assez connue lui accrocha l'œil et il fixa l'intérieur du magasin. Son intuition lui soufflait que l'alpha devait se cacher dans les environs de cette échoppe mais sa raison lui indiquait que ce n'était pas du tout le genre de vêtements que le loup garou portait.

Son Iphone vibra encore une fois, l'arrachant à son hésitation.

« Tu chauffes encore plus »

Un sourire se dessina sur les lèvres de Stiles et il avança en courant presque jusqu'au magasin. Il jeta à peine un regard au message suivant, « Tu brûles », et arpenta les allées de la boutique, cherchant si son amoureux ne se cachait pas derrière les présentoirs.

Après plusieurs instants de vaine recherche, l'adolescent commença à attirer les regards suspicieux des vendeurs qui l'observaient errer dans les rayons sans faire mine de prendre des vêtements. Il commençait à se demander si Derek ne se moquait pas de lui et voulut sortir dans la galerie pour chercher dans les échoppes alentours quand un texto l'empêcha de mettre son plan à exécution.

« Tu refroidis »

Stiles fit aussitôt volte-face et comprit où se cachait son amoureux. Au seul endroit où il n'avait pas encore été aller fouiller. Les cabines d'essayages.

D'un pas rapide, le jeune garçon avança jusqu'au fond du magasin et se dirigea vers une des cabines dont le rideau était tiré.

— Derek ? murmura-t-il en approchant sa tête près du tissu.

Le rideau glissa le long de la tringle et les yeux bleu-vert de l'alpha apparurent. Un grand sourire dévoilant ses dents blanches éclairait son visage.

— Tu vois ? Je savais que tu réussirais à me trouver.

— Tu m'as drôlement aidé, aussi ... contra Stiles, la tête baissée.

Derek attrapa l'adolescent par le col de son T-shirt et l'attira dans la cabine d'essayage. Le loup garou referma le rideau et poussa doucement son amoureux contre le mur. Il posa ses mains de part et d'autre de sa tête, comme pour lui empêcher de s'échapper. Mais Stiles n'avait aucune envie de s'enfuir. Pas quand deux aussi beaux yeux étaient fixés sur lui. Pas quand un sourire aussi charmeur lui était adressé.

— Je n'ai pas été très bon joueur, tu sais ... admit l'alpha.

— De ... De quoi ?

Le jeune garçon n'arrivait plus à saisir le sens de ses propos, totalement hypnotisé par le regard ardent que posait Derek sur lui.

— Pour le jeu. Je t'ai laissé chercher tout seul. Sans indices. Ce n'était pas très équitable.

— Je ...

— Chut. Ne dis rien.

Le loup garou approcha son visage de celui de l'adolescent, qui ne put retenir les mots qui se pressaient contre ses lèvres.

— C'était un test, pas vrai ?

Le nez de Derek frôla celui de Stiles et son souffle chaud lui chatouilla le menton.

— Un test pour quoi faire ?

— Pour savoir si on pouvait rester ensemble.

L'adolescent déglutit avec difficulté. Il avait l'impression d'avoir échoué et il attendait la réponse de son amoureux, la gorge sèche.

— Le principal, c'est que tu aies gagné. Tu m'as trouvé, chuchota l'alpha en l'embrassant tendrement sur la joue.

— Non, je ... J'ai triché. Tu m'as donné des indices. Je ...

— Essaies-tu de me convaincre que l'on devrait se séparer ?

La voix de Derek était presque inaudible mais elle transperça le cœur de Stiles plus efficacement qu'une flèche d'Allison. Soudainement paniqué à l'idée que son amoureux ne s'en aille, le jeune garçon glissa vivement ses mains sur ses hanches pour le retenir.

— N... Non ... Non, je ne veux pas qu'on se sépare. Je t'aime, Derek. Je t'aime et je veux rester avec toi.

Le sourire que l'alpha lui adressa était encore plus tendre que tous ceux qui l'avaient précédé. L'adolescent se demanda brièvement s'il n'allait pas littéralement fondre devant les fossettes qui se creusaient sur les joues du loup garou et devant la petite étincelle d'amour qui dansait dans ses prunelles bleues. Avant qu'il ne puisse pousser sa réflexion plus loin, son amant captura ses lèvres et il oublia tout.

Les doigts de Stiles remontèrent dans le dos de Derek pour le rapprocher de lui tandis que leurs langues se liaient et de déliaient dans un ballet dont eux seuls connaissaient la chorégraphie. L'adolescent se sentit envahi par une chaleur qui naissait immanquablement en lui à chaque fois qu'il échangeait un baiser passionné avec son amoureux. Ses joues le brûlaient et lorsque l'alpha se recula pour rompre leur étreinte, le jeune garçon se sentait essoufflé.

Il posa sa tête contre le torse du loup garou, le temps de reprendre ses émotions. Son corps était parcouru de légers tremblements et ses lèvres avaient envie de sentir de nouveau la bouche de son amant se presser contre elles. Stiles finit par contempler l'image que renvoyait le miroir de la cabine d'essayage.

Derek l'observait dans le reflet, un léger sourire flottant sur son visage, ses mains lui caressant le dos. L'adolescent avait le nez enfoui dans son T-shirt et était à demi caché par son blouson de cuir.

— Tu sais que c'est la mode, chez les adolescents, de se prendre en photo dans un miroir avec leur téléphone portable ? lâcha le jeune garçon, sans vraiment avoir pensé à ce qu'il était en train de dire.

L'alpha soupira et tendit une de ses mains sous le nez de son amoureux.

— Donne-moi ton IPhone.

— Qu... Quoi ?

— Donne-moi ton téléphone. Tu veux qu'on se prenne en photo ensemble, non ?

Stiles eût du mal à assimiler ce que venait de dire le loup garou et le fixa la bouche entrouverte.

— C'est ma façon à moi de me faire pardonner pour t'avoir inquiété en te faisant croire que je me cachais pour te tester, expliqua Derek en embrassant le jeune garçon sur le front.

L'adolescent fouilla dans sa poche jusqu'à en extraire son mobile qu'il tendit à son amant, un grand sourire un peu niais sur le visage. Les yeux brillants de joie, il se colla contre l'alpha, le cœur tambourinant comme un fou contre ses côtes tellement il était heureux de prendre sa première photo de couple.

Le loup garou posa sa tête contre celle de son amoureux et sélectionna le mode « appareil photo » sur le téléphone avant d'appuyer sur le bouton pour immortaliser leur moment.

— Tiens, regarde si elle te plaît, fit-il en rendant son mobile à Stiles.

Le jeune garçon observa la photo. Il pensa qu'ils auraient dû attendre que ses joues reprennent une tête normale et qu'il avait un peu l'air bête avec son sourire qui courait d'un bout à l'autre de son visage, mais il trouvait que Derek était parfait sur la photo.

— Elle est géniale, murmura-t-il. Tu es magnifique dessus.

L'alpha leva les yeux au ciel et donna une petite pichenette sur le bout du nez de l'adolescent.

— Fais attention à ne pas l'envoyer à tout ton répertoire. Sinon, je te tue !

— Tu veux que je te l'envoie sur ton téléphone ? proposa Stiles, sans se soucier de la menace.

— Non. Je veux la mienne.

Le loup garou désigna son propre mobile avant de passer un bras autour du cou de son amoureux pour le rapprocher de lui et de l'embrasser. Le jeune garçon fut totalement pris au dépourvu. Son cerveau n'eut même pas le temps de réaliser que Derek s'était de nouveau éloigné et regardait si le cliché lui convenait.

— Montre-moi, supplia l'adolescent en baissant le poignet de l'alpha pour voir la photo. Oh ! Elle est trop bien ! Je la veux. Tu peux me l'envoyer ?

— Certainement pas ! Pour qu'elle finisse sur toutes les messageries de tes amis, qui sont, pour la plus grande majorité, aussi les miens ? Hors de question !

Une moue boudeuse apparut sur le visage de Stiles et il se renfrogna.

— Tu es injuste, rouspéta-t-il.

Le loup garou soupira et releva le menton de son amoureux pour croiser son regard.

— Tu pourras la regarder tous les soirs, si tu veux. Mais tu es trop maladroit pour que je puisse te donner cette photo.

Stiles garda son visage fermé et Derek leva les yeux au ciel.

— Arrête de faire la tête. Tu es ridicule. Ce n'est pas avec un tel comportement, digne d'un enfant de trois ans, que l'on risque de passer à la vitesse supérieure.

Le regard de l'adolescent s'illumina aussitôt mais il reste tout de même sur ses gardes.

— Ca veut donc dire que si j'arrête de faire la tête, on va faire ... ?

— Oui. On le fera. Dans deux ans.

Alors que le jeune garçon commençait à afficher un sourire plein d'espoir, ses traits se figèrent dans un rictus déçu. Avant qu'il ne puisse recommencer à se plaindre, l'alpha lui entoura le visage de ses mains.

— Les autres vont finir par se poser des questions s'ils ne nous voient pas réapparaître. Il va falloir qu'on aille les rejoindre. Tu veux passer les dernières minutes qu'il nous reste juste tous les deux à bouder ou tu préfères qu'on s'embrasse ?