Elle inspire doucement, se préparant à l'épreuve qui l'attend, et enfonce ses lunettes de soleil sur son nez d'un revers de pouce avant d'ouvrir la porte et de sortir de chez elle. Aussitôt, des flash aveuglants se mettent à crépiter, des cris s'élèvent, une groupie s'évanouit tout bonnement derrière le périmètre de sécurité. Partout, les paparazzi l'interpellent, les journalistes la harcèlent de questions, un hélicoptère frappé des mots BFM TV tente de descendre au plus près. Elle ignore la voiture présidentielle, non loin, qui est arrêté, et le Président de la République qui tente d'attirer son attention avec un t-shirt rose où elle croit lire "Epousez-moi!". Elle parcourt la foule en délire, et monte dans sa voiture, démarrant pour les laisser dans la poussière en marmonnant "Car oui, c'est bien moi, Fantomas." Mais elle n'est pas Fantomas. Elle est DramioneInLove, et elle vient de publier un nouveau chapitre. Alors elle passe les vitesses et disparaît à l'horizon, avant de faire demi-tour au frein à main, de revenir sur son trajet, de s'arrêter au McDrive et, bras chargés de nuggets, elle disparaît à nouveau.
Je dois vous prévenir qu'il y a un passage dans ce chapitre qui heurtera peut-être certains d'entre vous. Il s'agit du quatrième "paragraphe", c'est à dire le passage après les trois petits points que je mets pour séparer les scènes, juste après le passage dans l'auberge. Je comprendrai que certains ne veuillent pas le lire et c'est pourquoi je vous préviens à l'avance, même si cela fait partie intégrante de l'histoire. On en parlera en bas, je ne mets rien pour l'instant pour ne pas gâcher la lecture de ceux qui voudront lire cette partie.
Bonne lecture.
...
Il ne se tourna jamais pour la regarder. À quoi cela servirait-il, si ce n'était lui renvoyer au visage son propre échec? La musique résonnait, beaucoup trop enthousiaste à ses oreilles, sonnant l'avenir d'une nation que ce jour prétendument béni annonçait.
Il aurait du la regarder, bien entendu. Elle était sienne, depuis plusieurs semaines déjà, et sous peu serait sienne de bien d'autres façons. Il avait entendu les louanges chantées au sujet de la jeune femme qui s'avançait, seule, vers lui, sans qu'il daigne la regarder, la force et le désir de le faire lui manquant- alors il préférait garder les yeux rivés devant lui, par-delà l'épaule drapée de rouge sang du Cardinal Severus Rogue.
Il était Roi de France et ceci était son devoir, sa place et sa destinée- la lignée des Malefoy s'éteindrait avec lui s'il n'emplissait pas la femme esseulée qui approchait lentement de son dos de sa semence, après un long règne- sa dynastie jouissait du trône depuis à présent plus de quatre cents ans, depuis que Armand Malefoy, alors duc de Bourbon, avait saisi le pouvoir pour lui-même.
Mais pourtant, il ne pouvait point, ne voulait point de son épouse. On lui assurait qu'elle était de toute beauté, qu'elle était sage et pieuse, qu'elle possédait toutes les qualités qu'il aurait autrefois rêvé de retrouver chez sa Reine- mais plus maintenant.
À présent, tout ce qu'il voulait était doté de grands yeux d'ambre et de boucles sauvages, et avait entièrement disparu de la surface de la terre depuis douze jours et leur dispute au sujet du duc de La Rochelle- toujours lui, le maudit hérétique qui ne cessait d'arracher grief à son souverain! Au début, furieux, il avait songé à emprisonner à nouveau le duc, afin à la fois de châtier son amante de son départ et afin de l'attirer de nouveau à Versailles pour y défendre son adoré cousin, puis il avait décidé que, La Rochelle étant la raison même pour laquelle Hermione l'avait quitté, il ne serait guère bon d'appliquer cette méthode qui ne ferait qu'empoisonner davantage les sentiments de haine que sa belle marquise semblait éprouver à l'encontre de son amant. Le Roi eut tout donné pour la retrouver, et depuis sa fuite, ses gens étaient à sa recherche, sans succès- ce fut comme si la marquise s'était évanouie de la surface de la terre, et pourtant, Drago ne put s'amener à penser que malheur eut pu échoir à la jeune femme. Non, elle était hors de Versailles, se cachant de lui précisément- et cela le rendait à la fois furieux, et plus malheureux qu'il ne l'eut été jamais.
Il était Roi de France, et avant cela, fut le Dauphin et seul enfant d'un Roi puissant. Il avait toujours obtenu ce que désirait son coeur, n'ayant jamais essuyé de refus en ce sens- voulait-il un nouveau carrosse? On le lui commandait aussitôt. Souhaitait-il remplacer son épée? Le forgeron royal s'y attelait immédiatement. Désirait-il les faveurs d'une dame? Elle se jetait sur lui, éperdue d'amour. Jusqu'à ce que Hermione de Royan paraisse en son entourage il ne connaissait guère la frustration de l'amour et à cette heure, eut franchement préféré s'en passer.
Il lui en voulait terriblement- de l'avoir délaissé ainsi sans un regard en arrière, sans un soupir au souvenir de leur liaison, au moment où la guerre frappait à leur porte, au moment où il avait le plus besoin de son soutien. Il lui en voulait de l'avoir rendu amoureux fou d'elle, pour finalement le laisser assumer seul les conséquences de cette relation aussi brève que passionnée, devant un mariage qu'il craignait et une épouse dont il ne voulait point. Peut-être que s'ils s'étaient abstenus, il eut pu trouver un semblant de bonheur avec Astoria...mais les choses ne devaient point être ainsi, et il lui en voulait d'avoir condamné ce mariage avant même sa consommation.
Mais par-delà tout, elle lui manquait. Son parfum léger n'emplissait plus ses draps, son rire mélodieux ne sonnait plus entre les rideaux de son lit, son sourire n'illuminait plus cette Cour de France où désormais, même les dorures et les marbres polis paraissaient sans éclat, ternes de l'absence de sa maîtresse.
Il sentit Astoria s'arrêter à ses côtés et l'ignora, sentant également qu'elle regardait devant elle. Le Cardinal procéda de sa voix glaciale à la cérémonie, point un bruit en l'immense nef de la cathédrale Saint-Denis pour troubler leur union. Le mariage par procuration- bien que le Roi songeait que le mot s'appliquant le mieux à la situation était contumace- avait été célébré afin qu'il n'y ait guère de possibilité pour l'un ou l'autre des fiancés de s'échapper à leur inévitable devoir, comme s'ils le purent, mais à présent, le véritable mariage se déroulait, qui serait suivi par une nuit de noces attendue avec enthousiasme par la Cour. Cour qui au demeurant ne cessait de jaser à propos du départ remarqué de la marquise- il se devait d'y mettre bon ordre à une date ultérieure. Malgré cela, pour une fois, il fut presque soulagé de l'état de guerre imminente- les courtisans avaient des conversations autrement plus profondes et inquiètes à ce sujet qu'à celui de la jolie marquise.
Enfin, guidé par la voix de Rogue, le Roi se tourna vers sa jeune épouse lorsque le Premier Ministre les annonça effectivement mari et femme. Il n'y aurait point de baiser, comme lors des mariages paysans- une Reine se devait de représenter une image chaste au public.
Étant donné l'imminence de la guerre, il avait été décidé que le mariage serait doublé du couronnement d'Astoria en tant que Reine consort, et le Cardinal bénissait à présent la jeune femme que Drago regardait pour la première fois.
Elle était aussi belle que le prétendait la rumeur. Drago avait entendu que lors de son entrée à Paris, elle avait séduit les foules si bien qu'un homme était mort, s'étant précipité sous les pas des chevaux du cortège dans l'espoir fou d'approcher l'Infante. Il ne doutait à présent plus de la véracité de cette information- elle était de ces rares beautés qui provoquent les émotions chez les plus féroces des hommes, telle, autrefois, la ravissante Hélène de Troie pour laquelle tant d'innocents étaient morts. Le monarque reconnut sa beauté spectaculaire pour ce qu'elle était- elle lui ressemblait tant, cette cousine à la peau diaphane et aux yeux clairs...si le Drago d'autrefois se fut aussitôt emparé de sa jeune épouse pour l'emporter sur-le-champ et consommer leur union, à présent, il ne ressentait rien face à ce visage si parfaitement dessiné, si ce n'est l'agréable sensation piquée d'admiration que partagent tous les humains lorsqu'ils contemplent quelque chose de beau. Elle était trop parfaite, par ailleurs- sa marquise n'avait point la peau si lisse, ni les cheveux de soie pure, mais elle était faite pour lui.
Elle était belle, ses yeux brillaient d'innocence, elle semblait l'accessoire parfait au bras du Roi de France.
Et elle était terrifiée.
Il le vit à ses pupilles un peu trop dilatées, à la manière dont ses doigts de porcelaine se crispaient par à-coups autour de la Bible qu'elle tenait, à la façon dont sa poitrine se soulevait et s'abaissait au rythme d'une respiration trop rapide. Elle l'observait également, mais il ne lut en elle aucunement l'admiration teintée de désir qu'il avait l'habitude de lire dans les femmes qui l'entouraient. Elle ne semblait guère plus heureuse que lui d'être là, devant l'autel, mais il aurait le loisir de s'appesantir sur ce constat intéressant plus tard- pour l'heure, il était trop plongé dans son propre malheur pour se soucier réellement des états d'âme de la belle princesse. Cela lui déplut que l'on puisse lire dans sa jeune épouse ses sentiments. Elle n'avait clairement point reçue une éducation la préparant à l'intrigue de la Cour de France, ou de n'importe quelle autre Cour par ailleurs. Les courtisans la déchireraient entre leurs griffes acérées.
Une salve d'applaudissements le tira de ses pensées, et il tourna la tête brièvement pour constater que l'ensemble des invités s'étaient levés d'un seul bloc. Le Cardinal ne disait mot, mais un rictus satisfait étirait ses lèvres minces. La Reine-mère, vêtue de bleu royal, la couleur des monarques français, souriait franchement, une expression excessivement rare chez elle.
Drago offrit son bras à sa Reine qui s'en saisit timidement, et glissa le long de la nef vers les carrosses qui attendaient dehors, la Cour à sa suite. Il avait décidé que les célébrations se poursuivraient au Louvre, et que l'on retournerait à Versailles le lendemain, craignant que la route ne soit trop longue.
Les cloches sonnaient, sonnaient sans cesser, et à travers la ville, d'autres cloches vinrent y répondre, se répandant à travers les campagnes. D'ici peu, chaque clocher de France sonnerait pour célébrer le mariage royal.
Cédant le pas à son épouse afin qu'elle monte silencieusement dans le véhicule royal, Drago ne put que se demander si Hermione les entendrait, et si elle s'en sentirait aussi morte à l'intérieure que lui.
...
-Le Roi est fort reconnaissant du rôle que vous avez joué dans la finalisation de son union avec la Reine Astoria, mon bon ami. Il a demandé à ce que, en récompense de votre excellent service, vous soyiez récompensé de la manière que vous exigerez. En somme, si vous souhaitez un duché, des coffres sonnants et trébuchants, un château...demandez, et vous aurez.
Aux mots posément énoncés du Cardinal Rogue, le comte de Calais, Théodore Nott, étouffa un éclat de rire glacial.
-Le Roi est fort reconnaissant du rôle que j'ai joué dans son mariage, cracha-t-il froidement avant d'avaler une nouvelle gorgée de Bourgogne aligoté. Ne m'insultez point, Monsieur le Cardinal.
Les yeux noirs du Premier Ministre ne clignèrent guère tandis qu'il fixait l'ami de son maître.
-Le Roi a tout de même demandé à ce que vous soyiez récompensé, soupira-t-il.
-Je n'ai que faire des récompenses offertes. Les ducs ont bien trop de charges, et j'ai suffisamment d'or pour m'octroyer n'importe quel château qui puisse accrocher mon regard.
-N'y a-t-il point quelque femme au-dessus de votre station que vous puissiez désirer épouser? Le Roi aurait toute union pour favorable.
-Je suis l'ami d'enfance, le camarade d'armes et l'ambassadeur du Roi de France, rappela Théodore avec une moue pincée. Aucune femme n'est au-dessus de ma station, fut-elle princesse lorsque je ne suis que comte...hormis peut-être la duchesse de Paris et la marquise de Royan, toutes deux hors d'atteinte et hors d'intérêt. Au risque de devoir me répéter, Monseigneur, je ne désire point les récompenses offertes.
Le Cardinal plissa les yeux, calculateur, et le comte secoua lentement la tête.
-Je sais ce que vous tentez de faire, l'avertit-il. Mais ne tentez point de comprendre mes motivations.
Severus Rogue ne répondit point immédiatement, croisant ses mains jaunâtres devant lui, sur le bureau les séparant.
-Vous devriez être au Louvre, à célébrer les noces du Roi, lança-t-il finalement. Alors pourquoi êtes-vous ici, à Versailles?
Pris de court, le comte avala une nouvelle gorgée de vin avant de tenter d'esquiver la question.
-Vous de même, rappela-t-il. Vous avez prononcé l'union, couronné notre nouvelle Reine et êtes aussitôt rentré.
-C'est que je suis Premier Ministre, Monsieur, et n'ai ni le temps ni le goût de me perdre en festivités insipides, rétorqua le Cardinal. Des affaires autrement plus importantes me retiennent ici. En revanche, ce mariage représente le point culminant de votre carrière et de votre pouvoir- vous devriez être en compagnie du Roi, de la Reine, et de la Cour, à la table d'honneur...et non occupé à vous saouler devant moi.
Le comte ne rougit point au reproche clair, choisissant d'avaler une nouvelle gorgée provocatrice.
-Où voulez-vous en venir, Monseigneur?
-Vous êtes amoureux de la Reine.
Théodore crut que son coeur allait cesser un moment de battre, et s'efforçant de ne point ciller- car il avait grande conscience du regard acéré du Cardinal sur lui- il reposa sa coupe de vin sur le bureau face à lui, ses gestes délibérément lents et calculés.
-Je sais quelle est votre place au sein de cette nation, Monsieur le Premier Ministre, le prévint-il d'une voix glaciale, mais tâchez de ne point oublier celle des autres. J'ai arrangé le mariage royal. J'ai vu grandir l'Infante. Je suis l'un des plus proches amis du Roi- et je dois avouer que je suis devenu l'ami de la Reine. Mon coeur ne porte point de noirceur à son égard, et loin de moi l'idée de causer à Leurs Majestés des ennuis...surtout, des ennuis nés de sentiments que vous me prêtez envers notre souveraine et qui n'ont d'autre racine que votre imagination débordante de vieillard célibataire.
Il se leva, l'outrage inscrit sur ses traits, mais Severus Rogue ne cilla guère.
-Vieillard? marmonna l'homme de Dieu avant de reprendre. Cessez d'utiliser la mantille de la colère pour tenter de me dissuader de ma pensée, Monsieur le Comte. Ne croyez-vous point que je ne vous ai vu? Vous vous pâmez devant elle- sa beauté, il est vrai, incite les hommes à la regarder plus qu'aucune autre dame de leur entourage, mais vous avez portée cette admiration jusqu'à l'intolérable. À la vérité, je crus un moment, durant la cérémonie, que vous alliez provoquer un scandale.
-Un scandale? Et au nom de quoi, je vous prie? Je ne suis point son époux, ni son amant. Je suis seulement ce que je veux être- son ami et serviteur, comme je suis l'ami et le serviteur du Roi son mari. J'ai épousé cette femme au nom du Roi de France- estimez-vous que, si j'en eusse été amoureux, je l'eusse remise ainsi sans mot dire? Ne pensez-vous point que si je devais faire scandale, je l'eusse jeté au-travers de mon cheval à Madrid, plutôt que d'attendre notre retour à Paris? C'est là grave accusation que vous portez à mon encontre, Monsieur, et une que je n'estime point mériter. Du reste-
Le Cardinal leva une main osseuse, perçant le courtisan du regard et le taisant effectivement.
-Soit, tiqua-t-il. Que vous soyez ou non amoureux de la Reine n'a que peu d'importance, dans le fond- tant que vous ne la touchez point. La dynastie même des Malefoy repose sur son ventre, vous le savez. Elle appartient à Drago.
Plissant les lèvres, le comte pencha la tête de côté.
-A propos des possessions du Roi, la Reine m'a interrogée à propos de la marquise de Royan lors de notre voyage. Je fus étonné de ne point constater sa présence lors de la cérémonie- on dit sa faveur bien grande, pourtant, et il faudrait que ce soit le cas pour que Sa Majesté la Reine en entende parler.
Un sourire fin vint relever les lèvres du Premier Ministre à ces mots.
-La marquise a quittée la Cour, expliqua-t-il. Sa faveur était fort élevée en effet, mais malgré mon réseau, Monsieur, je ne sais pourquoi elle a délaissé le Roi. Cela ne peut être qu'une excellente chose pour la nation- le Roi a besoin de son épouse et Madame de Royan n'était qu'une distraction à cela.
Se levant, le Cardinal salua le comte de la tête, lui signifiant son congé.
-N'oubliez point, Monsieur, ajouta-t-il lorsque Théodore eut accomplie sa révérence et se fut éloigné vers la porte, qu'elle est Reine de France. Soyez son ami si cela vous enchante- mais n'oubliez point sa place et la vôtre, car je m'en vais vous l'assurer, je vous garde à l'oeil.
Le comte de Calais dévisagea froidement le Premier Ministre Rogue, puis quitta la pièce sans répondre.
...
Le duc de La Rochelle mit pied à terre d'un mouvement leste, arrangeant sa cape de voyage brodée autour de ses épaules. Il y avait une certaine douceur dans les airs annonçant le retour d'un printemps précoce, et il s'émerveilla à l'idée de passer les premiers jours de la belle saison en sa maison, et non point derrière les murs de la Bastille. Bien qu'il se fut efforcé, depuis son arrestation, de se montrer poli, aimable et disponible envers son geôlier et les gardes de la prison royale, il avait commencé, lentement mais sûrement, à perdre tout espoir d'être un jour libéré. Seul le Roi de France avait le pouvoir de le maintenir ainsi sans procès, et il était prêt à parier que si sa chère cousine n'était point intervenue, il aurait vieilli dans sa cellule jusqu'à voir apparaître des cheveux blancs. En l'état, il peinait encore à croire à son bonheur.
Le jour tombait et le duc inspira longuement une bouffée d'air frais, si différent de celui, sentant la moisissure et le renfermé, de la Bastille. Des oiseaux chantaient bruyamment dans les arbres entourant la petite auberge, et une brise fraîche vint faire tournoyer sa cape tandis qu'il s'avançait sans attendre vers la porte de la bâtisse entièrement blanchie à la chaux. Derrière lui, il put entendre les gens de la comtesse de Béziers s'occuper des chevaux avec l'aide du palefrenier de l'auberge, et les petits pas de la comtesse le suivant, ce qui lui fit contracter brutalement la mâchoire.
La comtesse s'était tue depuis leur départ de Versailles, se contentant de chevaucher en arrière de lui sur son haquenée grise. Le duc était content qu'elle ne choisisse guère de cavaler en tête de cortège- non qu'elle l'eut fait, car ce n'était point la place des dames et que la comtesse, il le savait, était particulièrement sensible à l'étiquette, un devoir poli à la Cour- puisque cela lui permettait de ne point la regarder. La beauté éclatante de Ginevra Weasley attirait l'oeil, mais à chaque fois qu'il posait les yeux sur sa petite figure délicate, le duc sentait une colère sourde naître au fond de lui.
La comtesse avait été, autrefois, lorsqu'ils étaient enfants, partie intégrante de la vie du duc, et à la vérité, Harry Potter s'était épris d'elle au mépris de la mésalliance que cela pouvait causer. Ses parents avaient toujours espéré qu'il épouserait la fille d'un pair ou d'un prince, mais il ne voulait qu'elle- sans jamais lui admettre ses sentiments. Et fort heureusement, par ailleurs, car elle lui avait brisé le coeur et trahie sa confiance en elle en courant se mettre sous la protection de sa tante catholique. Depuis ce jour, le nom de la comtesse n'était plus prononcé, ni au sein de la famille Weasley, ni au sein du clan Potter, et Harry était parvenu à l'oublier jusqu'à ce que le maudit Roi de France estime bon de la désigner pour le garder en son nom. Le Roi ne pouvait savoir l'étendue des sentiments que le duc avait éprouvé pour elle autrefois, mais il savait en effet que les actes de la jeune demoiselle avaient été conçus comme la trahison qu'ils étaient, et il devait trouver cela de l'ironie la plus exquise.
À présent, le duc n'éprouvait pour la comtesse que dégoût et colère. S'il avait depuis longtemps enterré l'amour qu'il avait pu lui porter secrètement, il savait que la famille Weasley, en revanche, regrettait toujours le départ de la seule demoiselle de la maisonnée.
Chassant ses pensées, le duc pénétra dans l'auberge, se voyant immédiatement accueillir par le maître des lieux qui semblait prêt à se fendre en dix pour lui plaire. Il ignora la comtesse qui vint s'arrêter à ses côtés.
-Monsieur le duc de La Rochelle, le salua l'aubergiste.
Harry Potter haussa un sourcil surpris.
-Vous savez qui je suis? demanda-t-il.
L'aubergiste hocha la tête avec enthousiasme.
-Oh oui, Votre Grandeur, déclara-t-il en désignant l'attache de la cape du duc. Vous portez vos armoiries.
Sans y songer, le duc vint caresser du bout des doigts l'attache en bronze, frappé effectivement des armoiries Potter- de gueules à un lion armé lampassé d'or, coiffé de la couronne ducale- et répliqua,
-Vous avez de fort grandes connaissances en héraldique, Monsieur.
-Nous sommes à Orléans, rétorqua l'aubergiste avec un haussement d'épaules. Le monde passe par ici pour atteindre Versailles, Votre Grandeur. Il est naturel que je sache à qui j'ai à faire, afin de pouvoir offrir à mes clients le meilleur service possible.
-Je vois, répondit le duc. Alors en ce cas, Monsieur, veuillez je vous prie apprêter le repas, et faire préparer le dortoir pour les gens qui nous accompagnent.
-Naturellement, Votre Grandeur, vint la réponse accompagnée d'une révérence. Et je m'en vais également faire apprêter notre meilleure chambre pour Madame la duchesse et vous-même.
La comtesse laissa échapper une exhalation brusque, et le duc réprima un sourire. Tant mieux qu'elle se trouve gênée, il n'était point là pour la mettre à l'aise. Néanmoins, il corrigea l'aubergiste.
-Point si entraîné en héraldique que cela, Monsieur, rit-il. Madame la comtesse et moi-même ferons chambre à part.
-Oh!
L'aubergiste rosit avant de se confondre en excuses, et Harry tressaillit en entendant, pour la première fois depuis leur départ, la voix de la belle traîtresse s'élever.
-Ce n'est rien, Monsieur, déclara-t-elle en serrant sa cape bleu ciel contre elle. Faites préparer pour Monsieur le duc ce qu'il lui plaira, mais quant à moi, un simple lit dans le dortoir des dames suffira.
Le duc se tourna vers elle, un sourcil levé. Il put noter les joues rosées de sa gardienne, et remarqua également qu'elle refusait de le regarder. Il avait oublié que Ginevra était une Weasley, et puisqu'elle n'occupait ni emploi ni faveur à la Cour, elle devait se trouver davantage dépouillée encore que le restant de sa famille. Sa robe était de bonne qualité, songea-t-il, de même que sa cape, mais il ne doutait guère qu'elle devait cela à la générosité d'amis plus fortunés qu'elle, tels la marquise de Royan. Un instant de vice, il eut envie de laisser la comtesse coucher dans le dortoir, entourée par d'autres femmes qui ne seraient certainement point aussi élégantes et bien intentionnées qu'elle, mais se ravisa- sa mère ne l'avait point éduqué de la sorte.
-Vous ferez préparer vos deux meilleures chambres, et donnerez la plus belle à Madame la comtesse, commanda-t-il.
-Bien, Monsieur le duc, acquiesça l'aubergiste avant de s'éloigner.
La comtesse se tourna vers Harry, lèvres plissées et une colère sourde dans les yeux.
-Je ne suis point un projet de charité, Monsieur, et je coucherai où bon me semble, cracha-t-elle.
-Un simple merci m'aurait suffi, rétorqua-t-il froidement. L'on vous a peut-être enseignée à la Cour que vous êtes supérieure à quiconque, Madame, mais je suis un duc, et aurai toujours la préséance sur vous.
Elle lui jeta un regard noir et il rit tout bas.
-Mais certainement, Madame, ajouta-t-il, si vous désirez réellement coucher au dortoir, faites donc. Je ne vous pleurerai point si l'on vous coupe la gorge durant la nuit pour voler votre maigre bourse.
-Vous êtes un mufle!
-Et vous, certainement, une demoiselle noble, rétorqua-t-il avec mépris.
-Je vous hais, Potter, renifla-t-elle en ramenant sa cape à elle. Vous vous croyez tellement supérieur...
Voilà qui était nouveau. Harry leva les yeux au ciel.
-Est-ce le Roi qui vous a mis en tête de telles notions, Madame? Peut-être lorsque vous étiez repue de lui, encore allongée sur sa couche?
Elle laissa échapper un bruit outré et leva la main pour le gifler. Le duc, cependant, saisit son poignet au vol.
-Je vous le déconseille, Madame, siffla-t-il. Maintenant, veuillez cesser. Vous causez une scène.
Ginevra regarda autour d'elle et put noter qu'effectivement, les clients parsemant la salle principale de l'auberge regardaient le couple devant eux avec un intérêt non masqué. Lentement, elle retira son poignet ganté de la main du duc.
L'aubergiste choisit ce moment pour apparaître, déclarant que les chambres étaient fin prêtes, et la comtesse, jetant un dernier regard colérique à son ancien ami, le suivit dans les étages, laissant le duc étouffer un soupir.
La cohabitation avec la comtesse de Béziers allait s'avérer intéressante.
...
Les violons jouaient toujours quelque part dans le Louvre, assurant que la noce se poursuivrait jusqu'au jour levant, malgré l'absence des principaux concernés. Un éclat de rire s'éleva brusquement depuis la cour intérieure du château, et une demoiselle fort enivrée courut à travers la place tandis qu'un jeune seigneur la poursuivait, tous deux riant aux larmes. Nul doute, la nuit, pour eux, se terminerait de la plus agréable des façons. Demain, il leur faudrait à nouveau cacher leurs amours, mais en cette nuit de fête absolue, tout était permis.
Les clochers de Paris entamèrent leur chant nocturne, sonnant minuit.
Astoria était debout à l'une des hautes fenêtres à la française, regardant le couple illicite disparaître à l'intérieur du château pour y poursuivre leurs jeux. Elle arborait aux lèvres un sourire doux, mais elle ne trompa guère le Roi sur son état réel.
Il était, lui, debout à la porte qui venait de se refermer derrière lui. Ils se trouvaient tous deux bien seuls à présent, dans l'ancienne chambre des Rois de France avant leur déménagement à Versailles- celle qui appartenait autrefois à Lucius, son père, et où l'on attendait de lui qu'il consomme le mariage royal.
Il avait bu durant toute la fête qui avait suivie son union à l'Infante le matin même. Trop bu, certainement, quelque chose qui lui arrivait fort rarement car il détestait se trouver privé d'une partie de sa conscience, mais il avait éprouvé le besoin de s'enivrer afin d'affronter la tâche qui l'attendait.
Il dut réprimer un rictus à cette pensée. Autrefois, il se fut porté au-devant de sa beauté de femme avec clairvoyance. À présent...
Il avait goûté à la douceur de la peau de la marquise de Royan, dont le fantôme planait au-dessus de cette chambre nuptiale. Il n'y avait plus de doute possible, à présent- son amante ruinait son mariage, présente ou non. Il l'aimait à ne plus pouvoir en regarder une autre. Comment faire? Sa virilité ne s'éveillait point devant la beauté d'Astoria.
La Reine se tordait les mains, clairement nerveuse, et il savait qu'il aurait du tenter de la rassurer, de l'aider à passer cette épreuve. Mais il ne le pouvait guère, trop pris dans son propre malheur. Elle avait été déshabillée par ses dames, déjà, et ne portait qu'une longue robe de nuit blanche et simple, drapée autour de son corps aux lignes somptueuses telle une toge.
Finalement, le Roi s'avança, sachant qu'il valait mieux en finir. Elle se raidit à son approche, et, découragé, il s'arrêta devant une petite table finement ouvragée, recouverte de feuilles d'or, où se trouvaient vin de Champagne et coupes en cristal.
Elle sursauta lorsqu'il déboucha le breuvage, mais n'arracha point ses yeux à la fenêtre, et Drago sut qu'elle était terrifiée, encore davantage que le matin même. Il s'aperçut, alors, qu'il n'avait encore point adressé la parole à celle qui était à présent sa femme depuis leur rencontre devant l'autel.
Il servit deux coupes et s'approcha d'elle. Astoria se tourna vers lui à son approche, et il devina qu'elle se faisait violence pour ne point reculer. Ses yeux étaient écarquillés et sa respiration trop rapide, telle une biche devant un chasseur. Il se contenta de lui tendre une coupe et elle s'en saisit en le dévisageant toujours avant d'y réfugier ses lèvres, joues roses.
Il ouvrit la bouche, souhaitant détendre l'instant, rendre les choses plus faciles pour elle, mais ne trouva rien à dire. Comment l'eut-il pu, lorsqu'il avait lui-même l'impression de n'avoir rien à faire ici, dans cette chambre, avec cette étrangère? Il vida sa coupe d'une traite et la reposa, tournant le dos à sa femme. Expirant doucement, il retira son justaucorps d'or sur or, suivi de sa chemise. Il retira ses bottes de cuir noir, et sa culotte, mais choisit de garder son chemisier afin de ne point trop effrayer la demoiselle tout de même.
Il se tourna à nouveau vers son épouse, qui serrait sa coupe presque pleine si fort qu'il crut que le cristal allait éclater, et s'approcha d'elle, tentant d'ignorer la panique dans les yeux de la Reine. Encore une fois, il ne parvint point à la rassurer, et il regretta soudainement d'avoir autant bu. Ne sachant ce qu'il convenait de faire, il décida de faire ce pour quoi il était venu, afin de mettre fin à ce moment pénible pour tous les deux.
Toujours sans un mot, il saisit la coupe d'Astoria, et elle la lâcha à regrets. Il la posa sur la table avec la sienne, puis la prit doucement par la main et l'amena au pied du lit. Elle le suivit sans résister, mais il put sentir son tremblement prononcé, et pour la première fois de sa vie, Drago regretta d'être le Roi de France, et regretta ce qui était en train de se dérouler. Les femmes, à son sens, ne devaient que trembler de plaisir devant lui, point de peur.
Incapable d'arrêter la machine à présent pleinement en marche, il se tourna vers elle. Il devrait lui baiser les lèvres, la serrer contre lui et l'assurer de son amitié...mais ne le put. Il saisit la robe de la jeune femme entre ses poings et la leva, la faisant passer au-dessus de la tête d'Astoria qui gémit tout bas- son qu'il fit mine d'ignorer. Jetant la robe à terre, il promena brièvement le regard sur elle, notant la perfection absolue de son corps.
Son corps trop pâle, trop parfait, où manquait un grain de beauté au-dessus du nombril...
Lui prenant doucement les épaules, il la fit lentement basculer en arrière afin qu'elle se trouve allongée sur le lit marital, évitant soigneusement de regarder son visage. S'il voyait à nouveau la terreur virginale qui s'y trouvait, il ne pourrait point accomplir son devoir. Il fut cependant soulagé de constater que son corps réagissait enfin à la vue des seins d'Astoria, durcis par le froid de la chambre. S'il ignorait les spasmes de la jeune Reine, il pouvait presque s'imaginer qu'elle y prenait plaisir, et cela lui était nécessaire pour poursuivre.
Jetant son chemisier à son tour, il écarta les jambes d'Astoria, et sentit son manque de résistance. Elle avait été élevée toute sa vie dans l'optique de ce jour, dans la plus grande séverité, et il la savait vaincue d'avance. Se doutant qu'elle n'était point prête à l'accueillir, et voulant lui épargner davantage de douleur, il baissa la tête et cracha entre ses cuisses.
Il sentit le sanglot de la Reine plus qu'il ne le vit. Elle devait trouver un tel geste avilissant, et il ne trouva guère les mots pour lui expliquer le bien-fondé de ce qu'il venait de faire. Tentant d'occulter les réactions de la pauvre femme devant lui, Drago ferma les yeux et promena ses mains lentement sur les cuisses de la Reine, essayant d'imaginer que c'était Hermione qui était là, s'offrant pleinement à son désir insatiable pour elle. Cela fonctionna, et il se sentit durcir. Décidant d'en finir, il s'allongea à son tour sur Astoria, faisant attention à ne guère l'écraser, yeux résolument clos, et la pénétra vivement, sachant qu'elle souffrirait moins de la sorte que s'il prenait son temps.
Elle étouffa un cri déchirant et il s'immobilisa, tentant de lui laisser le temps de s'habituer à cette intrustion, mais il sentait son corps se secouer de tremblements sous lui et se rendit à l'évidence. Il n'y aurait point la moindre once de plaisir pour Astoria cette nuit. Dépité, se sentant atteint dans sa virilité et regrettant plus que jamais les petites mains de Hermione le maintenant contre elle, il entama un va-et-vient rapide, sachant que dans tous les cas, elle aurait mal, et souhaitant en finir le plus rapidement possible pour leur bien à tous les deux.
Dieu dut entendre son malheur, puisqu'il jouit rapidement. Il se maintint au fond d'elle, sans bouger, tandis qu'il se vidait de sa semence, espérant, priant même qu'il n'ait point besoin de la toucher à nouveau, qu'elle lui accorde un fils à l'issue de cette seule et unique nuit...
Lorsqu'il sentit son maigre orgasme quitter son corps, il se redressa et se retira, se retournant aussitôt, bile au bord des lèvres, pour saisir ses vêtements. Il la vit du coin de l'oeil se recroqueviller sur le lit, corps pris de spasmes, et se rhabilla hâtivement avant de rejoindre la porte à grands pas.
Il se retourna avec la main sur la poignée, sachant pertinemment qu'il ne pouvait décemment point la quitter sans un mot, et son coeur se serra.
Sa longue chevelure soyeuse éparpillée sur la couverture qu'ils n'avaient point pris la peine de défaire, du sang et de la semence tâchant ses cuisses laiteuses, le visage baigné de larmes, elle sanglotait en silence, et il eut soudainement la conviction profonde qu'elle pleurait depuis qu'il l'eut allongée sur le lit, sans qu'il s'en aperçoive, tout pris qu'il était par son propre misérabilisme. La nausée qui le saisit lui piqua les yeux, mais il était trop tard pour corriger le tir.
-Je suis désolé, murmura-t-il pour la première fois de sa vie.
Elle ne montra aucun signe de l'avoir entendu, et le Roi ne demeura point dans les parages pour déterminer si ce fut le cas. Pâle de malaise et de honte, il quitta la chambre au pas de course.
...
La Reine Bellatrix de Hollande parcourait les couloirs du palais royal d'une démarche déterminée, ses talons claquant contre les parquets vernis avec régularité. Mantille noire dans ses boucles sombres, robe également noire et traîne couleur de cendres, la maîtresse des lieux commandait une présence semblable à celle de la Mort en personne. Les serviteurs comme les nobles s'écartaient sur son chemin, yeux emplis de crainte, s'abaissant dans des révérences serviles, mais la souveraine les ignora- un autre jour, elle eut bien plaisir à choisir l'un d'eux pour l'humilier à la grande joie de ses amis. Mais en ce jour, elle était attendue, à leur soulagement palpable.
Bellatrix pénétra dans une grande salle aux voûtes ouvragées, se trouvant devant une longue table dont tous les sièges étaient occupés, sauf celui à la droite immédiate du fauteuil du Roi son mari au bout de la table. Elle prit place, ignorant les membres du gouvernement qui se levèrent à son entrée sans annonce, et son royal époux lui jeta un regard égal.
-Vous êtes en retard, clama-t-il froidement avant de faire asseoir l'assemblée d'un geste des doigts.
-Pendant que vous vous occupez de guerre, Sire, je m'occupe de ma fille, déclara-t-elle dents serrées.
Le regard du Roi s'assombrit et elle se redressa dans son siège, consciente qu'elle venait de franchir la limite.
-Je vous prie de m'excuser, Votre Majesté, murmura-t-elle.
Tom de Hollande arracha les yeux d'elle pour les poser sur un homme de grande taille, à la moustache trop huilée, qui était assis à sa gauche.
-Avez-vous entendu ce que vient de dire votre Reine, Monsieur le Premier Ministre? demanda-t-il d'une voix doucereuse.
-Il n'y a hélas, pour l'heure, nulle trace de la princesse Delphini, Votre Majesté, répondit doctement l'homme en question en jetant à la Reine un regard empli de crainte. Mais j'ai envoyé nos meilleurs pisteurs à sa suite.
Bellatrix serra la mâchoire, furieuse.
-Faites mieux que cela, Avery, ordonna-t-elle d'une voix glaciale. Je veux que ma fille revienne saine et sauve. Une semaine qu'elle a disparu et vous n'avez point la -moindre idée de son emplacement! Une princesse royale! Je devrais vous faire écarteler...
-Allons, allons, Bella, l'interrompit son époux avec froideur. Avery fait ce qu'il peut. Il sait le déplaisir que pourrait nous causer un échec qui se prolonge.
Le Premier Ministre baissa le regard, le silence régnant dans la pièce, et le Roi se leva, entamant les cent pas le long de la tablée soumise, Nagini à ses pieds tel un chien fidèle.
-Je ne vous ai point réunis pour parler de ma fille, déclara-t-il. Mais bel et bien pour le projet vers lequel nous travaillons depuis des années...
Un frémissement d'excitation passa dans l'assemblée, et celui surnommé Voldemort eut un rictus amusé.
-Nous y sommes, déclara-t-il. Enfin, nous allons agrandir notre territoire. Nous allons avaler la Flandres pleinement, nous allons prendre la Wallonie et le Brabant. Nous vaincrons le Palatinat et marcherons sur les terres du Luxembourg. Nous prendrons la France...et puis, si le Roi d'Espagne se révolte face au sort réservé à sa fille, Astoria- et nous pouvons féliciter sa pensée, puisqu'elle épouse le Roi Drago en ce jour béni...
Quelques ricanements s'élevèrent et Tom de Hollande accorda à son gouvernement un regard tolérant.
-...alors nous prendrons également l'Espagne, susurra-t-il. Lorsque notre fille...
Il jeta à ces mots une oeillade peu amène au comte de Louvain, Alfred d'Avery, qui se tassa sur son siège.
-...reviendra à Amsterdam, alors elle épousera l'héritier au trône impérial d'Autriche, le prince Sirius. Leurs enfants régneront sur une Europe unifiée sous la bannière des Jedusor et des Black...
Il cessa de marcher et se tourna vers un homme carré, à la courte barbe blonde.
-Monsieur de Gand, lança-t-il, vous enverrez sur l'heure une lettre à l'Empereur Cygnus déclarant la guerre débutée. Ensuite, vous irez prévenir mon cher invité, le Roi Vernon, que nos troupes se mettront en marche dès l'aube en la direction de Paris, en passant par Namur...cette cité sera la première à tomber.
-Oui, Votre Majesté, s'empressa de répondre Thorfinn Rowle, marquis de Gand, en se levant pour aller immédiatement obéir à l'ordre donné.
Excellent, se contenta de répliquer Voldemort. Vous pouvez disposer. Vous savez ce qui est attendu de chacun en mon absence...et en l'absence de la Reine, puisque Sa Majesté m'accompagnera, à sa demande, sur les routes du combat.
Bellatrix hocha la tête et regarda tandis que, chacun sa révérence, les ministres de son époux quittent la salle de réunion. Son mari regardait par la fenêtre, pensif, et elle se leva pour le rejoindre en silence. Nagini siffla de mécontentement, mais se poussa hors du chemin de la Reine.
-Nous travaillons depuis tant d'années à ce moment, murmura-t-elle doucement. Enfin, le voici venu.
-Ma chère Bella, ronronna son époux. Il m'eut été difficile d'accomplir tout cela sans vous.
Bellatrix crut se pâmer de plaisir sous le rare compliment et aveu de son mari. Elle savait, depuis toujours, que Tom l'aimait autant qu'il lui était possible d'aimer quiconque, ce qui était peu- mais elle aimait suffisamment pour deux.
-Nous allons tuer votre neveu, Drago, et nièce, Astoria, lança-t-il froidement. Pour faire bonne mesure, nous exécuterons également votre soeur Narcissa. Répondez-moi franchement, Madame- quelles émotions une telle vérité fait naître en vous?
Elle se tut un moment, réfléchissant à sa question, et il attendit patiemment. Son Roi lui avait demandé de répondre en toute franchise, aussi le ferait-elle.
-La hâte, répliqua-t-elle finalement avec un haussement d'épaules. L'empressement que cela soit achevé, que nous soyions maîtres de l'Europe entière.
Elle sentit son coeur s'emballer au sourire satisfait de son époux, et sut qu'elle n'avait fait qu'énoncer la vérité profonde- car elle les tuerait tous, soeurs, neveux, nièces, amis, jusque sa propre fille, si cela signifiait qu'il se montrerait heureux d'elle.
Avec un frisson d'excitation, elle laissa son Roi lui prendre la main pour l'entraîner vers son appartement, où elle savait qu'il la séduirait jusqu'à ce que sonnent les premiers tambours de guerre à l'aube.
...
Tiens, c'est marrant, d'un seul coup il y a beaucoup moins de paparazzi...ok, donc je vais le dire. Je. Suis. Désolée. Bon, vous avez peut-être compris pourquoi je vous avais prévenu en haut pour ce passage délicat- Astoria perd sa virginité au Roi et ça ne se passe pas bien du tout. Je ne parlerai pas de viol, puisque ce n'en est pas un- ou en tout cas, pas comme on peut le concevoir puisque Drago ne voulait pas coucher avec elle mais y était obligé, et d'autre part Astoria savait ce qu'elle devait faire et consentait malgré elle à cet épisode, malgré sa souffrance. A la limite, je dirais qu'ils ont été violés tous les deux par la raison d'Etat. Je sais que beaucoup d'entre vous ne vouliez pas que le mariage soit consommé, mais restons réalistes. Je vous assure, une fois de plus, que c'est un Happy End pour le Roi et sa marquise. D'ailleurs, si cela peut vous rassurer, sachez que c'est la seule et unique fois où Drago et Astoria coucheront ensemble- je ne peux pas vous en dire plus sans gâcher l'histoire.
Bon, cela mis à part, revenons à nos moutons. Donc plusieurs choses intéressantes dans ce chapitre. La première est l'absence de Hermione, que nous retrouverons plus tard bien entendu. Mais Hermione fait profil bas pour l'heure- après tout, elle est assez intelligente pour savoir que le Roi la ferait pister. D'autre part, Harry et Ginny vont avoir droit à une relation très compliquée, faite de haine et de mépris...et enfin, le plus important dans ce chapitre, Voldemort se met en guerre, ta-da-dam!
N'oubliez pas de me laisser une petite review. C'est la rentrée, vous n'êtes plus en vacances, plus d'excuses! Allez hop hop hop!
Bises et à bientôt
DIL
PS: le prochain chapitre sera moins long à obtenir.
