Chapitre 25 : 1975 : Et là, c'est le drame
Le truc plumé se trouvait être Dame de Cristofane et vu les regards soulagés des élèves de Serpentard, c'était elle qui avait causé ses hurlements terrifiés. Tous les regards étaient tournés vers Mona et Sirius. Le garçon s'en aperçut, il s'écarta vivement de Mona et sorti sans un mot ni un regard pour celle qu'il venait d'embrasser.
– T'en a pas marre de me foutre la honte ?grinça Mona en direction de sa chouette qu'elle tenait toujours dans les bras.
Voilà langage bien familier dans ta bouche d'aristo.
Elle arracha la lettre attachée à la patte et soma sa chouette de rejoindre la volière. Mona maudit ses parents qui ne pouvaient pas lui écrire en temps et en heure. Personne ne recevait jamais de courrier le soir, ou seulement pour des urgences. Un rappel de la liste de Marine Moon était-il vraiment urgent ? Elle déroula la lettre qui ne faisait que trois lignes.
« Ton arrière grand-père Augustin est mort vers dix-sept heures. À présent, il ne souffre plus.
Le directeur de l'école est averti pour que vous puissiez sortir du collège.
Tu es l'ainée, préviens tes frères.
Magda et Edgar Moon. »
Sacrebleu, le vieux a trépasseu !
Mona sentit un poids tomber dans son estomac. Elle releva la tête, tous les élèves s'étaient détournés d'elle à présent. Seul un élève la regardait encore. C'était Peter, devant lui se tenait un petit hibou qu'il caressait ; de l'autre main, il froissait une lettre.
« Préviens tes frères. »
Mona devait donc prévenir Terence et Hugh. Devait-elle aller les voir maintenant ?aller les chercher devant les autres ?ou attendre, agir le plus discrètement possible, ils pouvaient réagir de n'importe quelle manière. Et puis c'était une chose à régler en famille. Mona se tourmentait toujours lorsque Hugh tourna son regard vers elle. Elle lui fit signe de venir et montra Terence. Hugh se leva, s'arrêta au niveau de son frère et tous les deux rejoignirent Mona dans le hall.
– Qu'est-ce qu'il y a ?demanda Terence agacé. Encore une mouche ?
– Non, dit Mona tristement. C'est grand-père Augustin, il vient de mourir.
La surprise se lit sur les visages des deux frères. De longues secondes de silence s'écoulèrent sans que personne ne parle.
– Il était malade, rappela Hugh.
– Oui, approuva Mona. Il était malade et puis il était vieux.
Et pas franchement sympathique, c'est pas une grande perte pour l'humanité. Oui je sais c'est pas gentil de dire ça, mais c'est vrai, c'était rien qu'un vieux con encore pire que Edgar.
– Le directeur est prévenu, annonça-t-elle. On devrait pouvoir sortir de l'école.
Terence acquiesça en silence.
– Je vais me coucher, déclara Hugh en s'éloignant.
– Je vais prévenir mes amis que je monte dans la salle commune, annonça Terence.
– Tu veux bien dire à Grace que je suis également montée ?demanda Mona.
Il acquiesça à nouveau et passa les portes. Mona rattrapa Hugh dans les escaliers. Tous les deux marchèrent côte à côte sans échanger le moindre mots.
– Bonne nuit, dit-il en rejoignant son dortoir.
– Bonne nuit, répondit Mona en montant dans son propre dortoir.
Elle ne savait pas trop quoi dire, son rôle de grande sœur était pourtant de dire les choses qu'il fallait. Seulement voilà, Mona n'avait encore jamais été confrontée à un deuil.
Elle se déshabilla et se coucha. Son baiser avec Sirius lui semblait à des années lumières. Elle aurai bientôt d'autres préoccupations que d'insulter et se venger du Gryffondor. Elle repensa à son arrière grand-père. Sa mort n'était pas une surprise, cela faisait des mois qu'il était malade, des mois que tout le monde attendait cette mort qui ne venait pas. Augustin avait fait durer le suspense. Mona avait toujours craint son arrière grand-père, elle devait toujours faire honneur à la famille, c'était la seule chose sur laquelle ils avaient communiqués. Mona se retourna dans son lit, elle ne dormirait pas avant longtemps, mais préférait rester seule.
Aujourd'hui Augustin Moon, époux de Marine Moon succombait à une longue maladie.
Jour 3
Bon après la déprime de hier soir, on va peut-être s'éclater un peu ?
– Si tu veux pleurer son mon épaule, n'hésite pas, annonça Grace désinvolte.
C'est mal parti pour la franche poilade !
Mona releva la tête, mais son amie semblait déjà penser à autre chose. Grace se retourna et fronça les sourcils.
– Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Mona.
– Rien, répondit-elle tandis que Lily Evans doublait les deux filles.
– J'ai l'impression qu'elle nous suit, murmura Grace en désignant la Gryffondor d'un mouvement de tête.
Mona retint la panique qui menaçait de l'envahir.
– Qu'est-ce qui te fait croire ça ?demanda-t-elle en tentant de rendre sa voix la plus neutre possible.
– Depuis ce matin, on n'arrête pas de la croiser.
Mona aussi l'avait remarqué, elle avait d'ailleurs tenté à plusieurs reprises de s'échapper pour rejoindre Lily, malheureusement Grace veillait au grain et n'avait pas quitté Mona d'une semelle.
– Pendant les cours je veux bien croire qu'on se rencontre à plusieurs reprises, mais maintenant ?c'est curieux tout de même.
Ce qui est curieux c'est que tu as remarqué quelque chose de suspect. Franchement depuis le temps que Mona et Lily sont potes en cachette comment as-tu fais pour ne rien remarquer ?
– J'ai faim, annonça Mona. On va dîner ?
– Bonne idée, on pourra essayer de se placer auprès de Bertram.
Arrivées dans le hall, Mona agrippa le bras de son amie et la tira en arrière, elles se cachèrent derrière les escaliers.
Et là vous vous dites, ça y est Voldemort attaque Poudlard ! Ben non c'est juste Terence qui les oblige à se terrer.
– Quoi ?
– Regarde, dit Mona en désignant une partie du hall avec la tête.
Terence et Irène Clay étaient en train de se disputer, ils criaient et plusieurs élèves les contournaient.
– Tu vas voir qu'elle va le cogner et que ça va encore être de ma faute, dit Mona.
Non en fait c'est de la mienne, j'imagine toujours que Terence se fait taper. Irène ne doit être qu'un produit de mon imagination, elle réalise mes fantasmes.
Soudain, Irène leva sa main prête à gifler le Serpentard, mais elle stoppa son geste tandis que Terence reculait. Elle baissa sa main et tourna les talons. Surpris, Terence resta immobile un instant avant de prendre la direction de la grande salle. Irène, elle, arrivait droit sur vers les deux filles. Mona attendit que son frère disparaisse dans la grande salle pour sortir de sa cachette suivi de près par Grace.
– Ça va ?demanda-t-elle à la Serdaigle.
– Oui, répondit Irène une fois que sa surprise de voir Mona surgir devant elle fut passée.
Ça va ?t'ai sûr ?parce que normalement tu tapes Terence. Ne me dis pas que tu as perdu en agressivité, j'adore te voir frapper l'autre timbré. C'est l'un de mes petits plaisirs.
– Je me suis encore embrouillée avec ton frère, confia-t-elle.
– J'ai vu ça, dévoila Mona.
– À la base, je voulais être gentille avec lui... enfin du moins pas vraiment lui parler rapport à...
Rapport à la mort du vieux Augustin, je suis le seul à ne pas regretter ce nazi de la première heure ?
Irène ne termina pas sa phrase.
– Je ne sais pas vraiment comment on en est venu à se disputer, avoua Irène. Pour une fois que je faisais un effort.
Elle haussa les épaules avec déception et s'éloigna des deux filles.
– Je ne sais pas qui ils étaient dans une autre vie ces deux-là, mais ils devaient bien se haïr, déclara Grace.
En fait, je sais pas si tu as remarqué, blonde que tu es, mais ils se haïssent déjà dans cette vie là.
Un groupe de Serpentard mené par Mulciber entra dans la grande salle.
– Finalement, je n'ai plus faim, annonça Mona.
Pourquoi ? Y'a marqué que c'est Mulciber au menu ?
– D'accord, comprit Grace. Essaye de trouver les cuisines.
– Bonne idée, dit Mona platement.
Elle descendit l'escalier que les Poufsouffle montaient pour rejoindre la grande salle. Clive Hunting, le préfet de Poufsouffle...
Mais si c'est celui qui a nettoyé la salle du prof taré avec Mona. Vous ne vous rappelez pas ?c'était y'a à peine deux jours. Bref,
Clive Hunting avait un jour dit à Mona qu'à une ou deux reprises il avait entr'aperçut des elfes de maison dans un couloir inutilisé pas très loin de leur salle commune. Un couloir décoré de tableau représentant des natures mortes. Mona trouva bien vite ce couloir, elle ne pensait pas réellement trouver les cuisines, elle souhaitait simplement s'éloigner le plus possible de Mulciber et sa bande.
– Miss Moon ?
Mona se retourna brutalement, craintive, elle ne pensait pas avoir le droit de se promener par ici.
T'es folle ma vieille, y'a pas de raison. T'es libre tu fais ce que tu veux... avec tes cheveux.
Oui, elle est pourri mais, je me devais de la placer.
Le professeur Dumbledore adressait un sourire bienveillant à Mona.
– Oui professeur, répondit Mona.
– Votre mère m'a contacté, annonça-t-il. L'enterrement de votre aïeux est prévu pour demain. C'est samedi, donc vous pourrez y aller sans problème.
– Oh, dit Mona un brin rassurée.
– Vous devrez être dans le bureau du professeur McGonagall pour huit heures.
– Très bien, répondit Mona.
– Je pensais que l'un de vos frères vous aurait prévenu, annonça-t-il.
– Je ne les ai pas vus depuis le déjeuner, avoua Mona.
– Pourquoi n'êtes-vous pas en train de dîner ?questionna Dumbledore.
– Je... commença Mona ne sachant que répondre.
La pro du mensonge faillira-t-elle devant le mage blanc ?
Mage blanc oui, non pas Gandalf, ni Merlin mais Dumbledore on est dans Harry Potter vous vous souvenez ?
– Vous cherchez peut-être les cuisines ?suggéra-t-il avec un léger sourire.
– Non, protesta Mona. Je...
À nouveau elle ne su quoi répondre et le sourire de Dumbledore s'élargit. Il s'avança vers une nature morte représentant unecoupe de fruit, il chatouilla une poire, elle se mit à rigoler et une porte s'ouvrit.
– Ne le révélez à personne Miss Moon, dit-il avec un air sérieux.
– Je ne dirais rien, répondit Mona en faisant un signe négatif frénétique de la tête.
– Après-vous, dit Dumbledore en montrant l'entrée.
Mona hésita un instant puis entra dans les cuisines. Une centaine d'elfe s'agitaient dans tous les sens. Quatre tables identiques à celle de la grande salle s'étendaient dans l'immense pièce.
– Il y a une petite table à l'écart, montra Dumbledore.
Ils avancèrent vers un coin de la pièce. Dès qu'ils furent installés une demi-douzaine d'elfe leur apportèrent des plats. Dumbledore ne leur dit rien mais leur adressa de longs regards de gratitude.
De longs regards de gratitude... je sais pas trop comment on fait ça... mais bon, soit faite genre.
Dumbledore remplit son assiette, Mona se pressa de l'imiter. Elle était très intimidée, elle s'apprêtait à manger en tête-à-tête avec Dumbledore.
Même le grand Harry Potter n'aura pas droit à un tel honneur.
– Comment vivez-vous la mort d'Augustin ?demanda-t-il.
– Eh bien...tenta Mona. Je ne sais pas trop.
Ça explique pourquoi moi non plus je sais pas trop. Comment je peux décrire tes sentiments si toi-même tu ne sais pas où tu en es.
– Mes parents nous répétaient sans cesse qu'il était très malade, raconta Mona. Ils voulaient nous préparer je suppose.
– C'était une bonne initiative, dit Dumbledore légèrement pensif.
Mona commença son assiette, Dumbledore attendit qu'elle en soit rendue à la moitié pour lui poser une autre question.
– Malgré que ça ne soit pas une surprise, êtes-vous accablée ?
T'en a de ces questions toi !
– Je suppose.
– Vous ressentez de la peine fasse à cet événement ?
– Oui, enfin je crois, dit Mona de plus en plus mal à l'aise.
Dumbledore s'en rendit compte et piqua sa fourchette.
Perso, je n'éprouve pas la moindre peine pour la mort du vieux, il était con et tout ce qu'il y a de plus con. Mona n'a même pas pleuré, elle ne doit pas non plus avoir une masse de chagrin.
– Vous avez commencé à étudier les patronus ?demanda Dumbledore.
– Oui, répondit Mona plus détendue. Je n'ai pas encore réussi à en produire un corporel.
– C'est étrange, habituellement vous êtes plutôt douée en sortilège. Je dirais même très douée d'après votre enseignant.
Mona se mit à rougir, elle mélangea ses légumes distraitement.
– Je finirais bien par réussir celui-là, dit-elle. Je dois juste trouver le bon souvenir.
Le directeur sourit et piocha à nouveau dans son assiette, Mona remarqua que les jointures de ses doigts étaient blanches. Elle regarda discrètement le directeur de plus près. Il semblait tendu, les sourcils froncés. Le fait que Mona ne parvienne pas à réaliser son patronus le perturbait-il autant ?
Mona ce que tu peux être niaise à penser à des trucs pareils. Toi faire fonctionner cerveau !
À la fin du repas, ils se levèrent et quittèrent la cuisine, Dumbledore rejoignait probablement son bureau tandis que Mona décida d'aller faire un tour à la volière. Lorsqu'elle entra dans la volière, Dame de Cristofane plongea sur elle en manquant de lui crever un œil.
– Du calme, dit Mona.
Dame de Cristofane se mit à hurler bien fort, elle quitta violemment les bras de sa propriétaire. Mona sortit sa baguette magique et la dirigea au hasard de la pièce.
– Spero Patronum !
Jour 4
Mona bailla longuement sans aucune retenue.
– Dis-donc, reprocha Terence.
– Y'a personne, rappela Mona.
Effectivement, à sept heures quarante-cinq un samedi matin personne ne déambulait dans la salle commune des Serpentard. Tous étaient encore profondément endormis.
– Bon qu'est-ce qu'il fait ?râla Terence.
– Ne t'inquiète pas la poudre de cheminette ne partira pas sans nous, fit remarquer Mona.
– Ce n'est pas une raison.
Elle s'affala sur un canapé près de la cheminée. Des bûches y avaient récemment été déposée, surement par des elfes. En ce rappelant le nombre d'elfe qu'elle avait vu la veille dans les cuisines, Mona réalisa qu'elle n'en avait jamais vu aucun au château. Lorsqu'elle était chez elle, Mona cherchait souvent la compagnie de Tutic, l'elfe de maison de la famille.
– Va le chercher, suggéra Mona les yeux fermés.
– Je l'ai déjà réveillé, dit Terence.
– Tu as donc accompli ton quota d'aide à la famille pour la journée.
Les yeux toujours fermés, elle sentit Terence se retourner vivement vers elle avec fureur. Mona ne put s'empêcher d'esquisser un sourire.
Il va exploser le frérot.
– Le surdoué de la famille ne devrait plus tarder, arrête de paniquer, dit Mona.
– Je suis le surdoué de la famille ? dit une petite voix.
Mona rouvrit les yeux pour voir son petit frère Hugh.
C'est pas encore aujourd'hui qu'on verra Terence exploser.
– Je disais ça pour te faire venir, mentit Mona.
– Ouais c'est ça, dit-il.
– On ne dit pas « ouais », reprit Terence.
– Ouais, il a raison, dit Mona à Hugh.
Il sourit à sa grande sœur, tandis que Terence levait les yeux au ciel.
– On peut y aller ?
– Se coucher ?bien sûr, dit Mona en prétendant vouloir rejoindre son dortoir.
– Non, on va être en retard, dit sérieusement Hugh en regardant sa montre.
Mona regarda ses frères avec déception et finalement les suivi hors de la salle commune.
– Quelqu'un d'autre est malade dans la famille ?demanda Hugh à voix basse.
J'espère que Marine l'est en tout cas. Dommage qu'on est qu'en 1975 on lui aurait refiler la grippe A, la grippe aviaire ou le chikungunya.
– Non, répondit Mona. Tout le monde pète le feu.
Elle voulait le rassurer, mais réalisa après quelques instants que ce n'était peut-être pas une bonne idée. S'il devait y avoir un autre décès autant que Hugh y soit préparé.
– En fait je crois que Fidel n'est pas très bien, confia Mona.
Terence regarda sa sœur avec un air neutre.
Alors, le Fidel, il n'est pas malade mais alcoolique, le fait que sa petite sœur ai déshonoré la famille il y a plus de trente ans lui a miné le moral le pauvre. Bref, le monsieur est un grand tonton à nos trois loustics ici présent. C'est le fils ainé de Augustin et un joyeux nazi comme le patriarche décédé. Enfin joyeux c'est une façon de parler, c'est un con lui-aussi.
Note de l'auteur : Les publications vont être plus espacé que prévu, je sais j'avais promit quasiment une publication par semaine, j'ai encore fait un changement dans mes plans. Mais c'est pas de ma faute si ma vie change radicalement tous les trois mois. Une petite review ?ca me remonte le moral à chaque fois en plus.
