Titre Original : Never Alone, Never Again
Titre français : Plus jamais seul, plus jamais
Auteur : Bored Beyond Belief
Bêta lectrice : Vif d'or
Bêta correctrice : Liselou
Rating : T
État de la fic original : Fini (42 chapitre)
État de la fic en français : 24; Traduit : 28,30; En cours : 29,31
Chapitre traduit par : violette
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Nous avons l'accord de l'auteur
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Petit mot:
Alors pour ce qui est de ma décision de quitté Paradise… je vais retarder ma décision jusqu'en juin. Bien que là, j'ai vraiment envie de tout lâcher!
La raison? Des chap qui n'arrivent pas, donc je vais passer une sorte d'appel comme mes mails restent sans réponse pour certaines
Petite poisson rouge, j'attends ton chap (le 16 de prince honor's) depuis la fin des vacances de noël!
Yepa, ( le 27 de réalization) depuis le 26 octobre/puis février!
Flore Risa , ( le 4 de a moment in time) depuis février, mais je connais ton problème de net, essaye d'envoyé ton chap par une amie
Y en a encore d'autres, mais là, les retard, sont moins important!
Et il n'y a pas que les chapitres en retards,
Exemple: y a aussi des personnes qui se proposent de nous aider, et au moment de rendre leur chap, m'annonce, que le chap n'est pas traduit et qu'en plus, elles ont réfléchit, et qu'elles préfèrent ne pas continuer avec nous, ok mais pourquoi pas le dire tout de suite!
Car voyant pas les chap arrivé, je mail et c'est là que j'apprend ça! Résultat, faut que je trouve des personnes pour traduire les chapitres non fait.
D'ailleurs, la fic Go with the tide est en pause justement à cause de cette exemple! Et je n'ai pas de traductrices de libres, désolé! Faudra patienter!
Ou encore mieux, je n'ai plus de nouvelles des nouvelles traductrices! Si vous n'êtes pas sérieuse, ne vous proposez pas! Et quand vous proposez votre aide, laissez bien une adresse pour vous joindre, n'oublier pas que Ff n'accepte pas les adresse, donc elles sont invisible! Ou quand on vous contacte, répondez nous, même si c'est pour dire: désolé mais enfin de compte je n'ai pas le temps suffisant ou la capacité, on ne mord pas!
Tous ça me donne envie, comme je l'ai dis plus haut, de tout laissé tomber car c'est de pire en pire.
Bref, ça m'étonnerai que quelqu'un à lu ce message, m'enfin j'ai dis ce que je devais dire
Au faites désolé que la new's arrive si tard mais tout ça, m'a pas du tout donné envie de la faire!
Onarluca
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Bonne lecture! Et à la prochaine
Eni et Onarluca
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Chapitre 25 Plans et Explications
Je ne peux pas croire que je suis en train de faire ça. Oui, oui, je sais, ceci est en train de devenir mon mantra, mais quand même… J'ai passé la dernière demi-heure dans un bateau avec Albus Dumbledore, en direction d'Azkaban, caché sous la cape d'invisibilité d'Harry Potter, m'interrogeant sérieusement sur ma santé mentale. Je n'apprécie même pas le garçon. Ce stupide Gryffondor a refusé d'utiliser son portoloin pour prouver le retour de Voldemort et l'innocence de son parrain. La quintessence du Gryffondor. Vraiment.
Je pense que mon bien-aimé Directeur a finalement craqué. Ecrasé par la pression. Trop de coups d'échecs dans sa tête et pas assez de joueurs. Une araignée au plafond. Des tours de vis qui manquent. La lumière allumée et plus personne. Alors pourquoi, me demanderez-vous, suis-je ici? Assis dans une misérable barque en bois vers un endroit que j'ai juré de ne plus jamais revoir de ma vie?
Parce qu'il me l'a demandé.
«Vous pensez trop fort» dit Dumbledore tranquillement dans sa barbe.
«Qu'espérez-vous accomplir?Croupton avait le droit de le faire. Echangez-nous et ce sera bon » je continue. Ce que Croupton a fait pour libérer son fils était brillant. Tout ce dont vous aviez besoin à portée de main était une mère mourante consentante pour prendre la place de son fils emprisonné. Comme je ne peux être qualifié de mère mourante, ni même de mourant tout court, je dois m'empêcher de me frapper le front dès que ces mots quittent ma bouche. Grand Merlin. Ai-je dis cela? La dernière fois que j'ai visité cet enfer, j'ai juré d'avaler ma langue plutôt que d'y retourner. Et ça a duré deux semaines. Y avait-il quelque chose dans la Pimentine qu'il a insisté pour que je prenne avant de venir ici?
«Vous ne réussiriez pas mieux que moi, mon ami, et cela n'est pas une option» répond-il doucement. Aussi bizarre que cela puisse être, je suis touché par son sentiment. Et reconnaissant. Je préfère ne pas avaler ma langue, merci bien.
«Je souhaite toujours que vous leur donniez ma baguette, et que vous gardiez la votre» je poursuis. Une condition pour quiconque visite Azkaban et de laisser votre propre baguette à l'entrée. En tant qu'assurance. En admettant, comme Crouch et moi-même le montrons, qu'il existe des manières de passer outre. Mais pourquoi Dumbledore a-t-il laissé sa propre baguette alors qu'il n'en avait pas besoin …
«Comme prouvé sur ma dernière carte de Chocogrenouille, j'ai découvert qu'il est payant de s'attendre à ce que les gens en sachent plus sur moi que ce qu'ils devraient réellement. De plus, je n'en ai pas besoin» répond-il, et hausse les épaules. Je secoue la tête avec regret en réprimant un sourire. Sur n'importe qui d'autre ce serait de la vantardise.
Les vrilles brumeuses tournent autour de nous quand nous les traversons. Je me souviens trop bien de mon temps ici. Le perpétuel brouillard oppressant, qui dissimule l'île, comment le froid imprègne tout. L'été semble ne jamais atteindre Azkaban. La pluie ne nettoie pas ici: elle enduit plus qu'elle ne nettoie, comme si les Détraqueurs avaient corrompu le temps, aspiré toute la joie et l'enthousiasme de chaque aspect de la vie, si complètement que même les oiseaux semblent tristes.
«Je n'ai toujours pas compris pourquoi votre grand plan est de me faire passer en douce devant les Détraqueurs» je continue, plus pour passer le temps. En fait, c'est le grand plan en entier qui n'est pas clair pour moi, mais je ne le dis pas à voix haute.
Maudits sorts anciens… Dénichés dans un texte enterré qui n'avait pas été utilisé depuis des siècles… Généralement il y a une raison à cela. Bien sûr, je fais implicitement confiance à Albus. Pourquoi moi? Mais probablement parce que je suis sûrement le record mondial de tenue sous Doloris sans perdre mon esprit. Mais qui compte? Juste, je suis probablement le plus capable de survivre à la Magie Noire qui circule dans les veines de Potter quand son lien avec Voldemort est actif, mais…
Bien, c'est ce qu'on appelle de l'ironie, non? De toutes les personnes faisant partie de la vie de Potter, je suis celui que Dumbledore pense le plus capable d'aider Potter à survivre à Azkaban. Quel chanceux. Devant toutes mes questions, plaintes, scepticisme, et simple ennui, Albus serre les lèvres vers le haut, énigmatiquement. Un trait horriblement ennuyeux si vous voulez mon avis. Mais personne n'en veut.
Je tourne mon attention vers le blanc flagrant du plan actuel d'Albus pour me faire entrer sur l'île. Les Détraqueurs, s'ils sont aveugles, sentent d'une manière que nous n'avons pas. Crouch a pu faire passer sa femme sans problème, en partie parce qu'elle était déjà mourante. Moi, à l'opposé, suis en parfaite santé, et je ne cherche pas à être ressenti comme une addition invisible et non autorisée dans l'entourage d'Albus.
«Restez près de moi, et tout ira bien» ajoute tranquillement Albus. Sa voix sonne étrangement plate, assourdie par le brouillard qui nous entoure. J'ai remarqué que le bateau ne tangue plus aussi fort qu'avant, et que les remous autour de nous sont plus petits et plus clapoteux. Je suspecte que nous sommes presque arrivés.
J'apprécie qu'il essaye de me soutenir moralement. En fait depuis que je l'ai trouvé dans mon bureau, je suis choqué par son comportement. Il m'a toujours semblé sage, mais maintenant il paraît si triste et solennel, bien qu'il le cache très bien. Mais je suis entraîné à remarquer les choses. La chute de ses épaules est plus prononcée, comme si le fardeau qu'il porte commence à être trop lourd. Son visage, déjà marqué par la vie, semble fatigué, et ses yeux, moins animés. Je reconnais les symptômes, ou du moins je pense que je les reconnais. La culpabilité.
«Rester près de vous? C'est votre plan?» je demande, en réalisant seulement quand mon esprit a rejoué la phrase deux fois son ineptie. «C'est comme cela que vous espérez me cacher?» j'interroge, stupéfait. Albus acquiesce, un gentil sourire sur les lèvres.
«Bien sûr» répond-il. J'attends plus de détails, une réponse plus élaborée. Rien ne vient.
«Vous pensez à un sort d'Encapuchonnage?» je continue de poser des questions après une pause. Il secoue la tête. «Distraction sensorielle?» j'essaie encore. Il secoue la tête. «Métamorphose sensorielle?» Je comprends maintenant. Il secoue la tête.
«Non. Juste, restez près de moi» répond-il. Je dois admettre, ma confiance commence à diminuer là.
«Et cela va fonctionner …» je le pousse.
«Parce qu'ils vont croire que tout est moi» dit-il.
«Mais ça fera deux fois la quantité normale d'énergie vitale… voir plus. Qui sait ce qu'ils sentent quand ils vous voient, de toute façon» je poursuis.
«Précisément» continue-t-il patiemment, comme si j'étais un enfant particulièrement lent qui vient de trouver par hasard la bonne réponse à une question de Sortilèges. Précisément?
«Et pourquoi cela va-t-il fonctionner?» je le presse.
«Parce que je suis moi» dit-il, et maintenant, je renifle.
«Bien qu'il n'y ait aucun doute sur le fait que vous soyez un sorcier remarquable… Qu'est-ce qui vous fait croire que ce sera suffisant?» je demande, incapable de croire que je plaisante même quand un frisson s'installe dans mon âme qui n'a rien à voir avec le temps froid.
«Il y a quelques… avantages annexes occasionnels à être moi. Si mon essence de vie est plus brillante que celle de beaucoup, qui va le réfuter? Les Détraqueurs ne vivent pas dans ce monde comme vous et moi le font, mais ils savent qui sont les personnages clés dans l'échiquier. Ils savent qui est Voldemort, et ils savent certainement qui je suis. Faites-moi confiance, Severus. Juste… ne faites pas trop de bruit en sortant du bateau, voulez-vous?» me demande-t-il. J'avale ma salive tandis que la côte apparaît devant nous.
Il n'y a pas de Détraqueurs. Ils réservent le comité d'accueil aux nouveaux arrivants. En fait, il n'y en aura pas pendant notre visite. Cependant, même la présence distante des Détraqueurs fait écho dans ma colonne vertébrale, et noue mes nerfs. Ils vont rester de l'autre côté de l'île durant toute la visite de Dumbledore.
Nous savons déjà exactement où est Potter. Les concierges d'Azkaban, qui vivent sur le continent, nous ont fourni une carte avec sa localisation. Ils ne viennent qu'une fois par semaine. L'eau et la nourriture sont préparées par des elfes de maison logés profondément sous terre, dans des quartiers séparés, protégés des Détraqueurs par la distance.
Le bateau arrive à terre, le bois frappe contre le rivage rocheux, et je descends tant bien que mal, reconnaissant à Albus de prendre son temps pour mon salut. Je suis également reconnaissant du fait qu'il a réussi à me détendre aussi longtemps. Je suspecte que les regrets que je porte avec moi ne sont rien en comparaison des tourments que mes anciens compagnons Mangemorts supportent tous les jours. Il y a quelques fois des avantages à être stupide, égoïste, et superficiel. Ah bien.
Je suis Albus silencieusement tandis qu'il marche avec confiance dans les murs qui renferment les pires individus de notre temps… et un garçon innocent de quinze ans. Il connaît le chemin. Il est déjà venu là. Pour me rendre visite. Mes jambes tremblent douloureusement, et je dois marcher voûté pour que la cape me cache complètement. Au cas où. Même si James Potter était grand, je le suis aussi, et je ne voudrai pas risquer de laisser dépasser quelque chose. Pendant que j'essaie de garder mon attention sur l'homme devant moi, mes sens se souviennent de l'endroit.
Des murs de pierre marqués par les intempéries, tenus par un mortier qui s'effrite, des barres de métal rouillées aux fenêtres et des portes métalliques décolorées. Les sols de pierre usés sont glissants d'humidité, et des odeurs de poisson mort et de moisissure remplissent l'air. Je tremble, je le réalise, et prend une inspiration vacillante pour calmer mes nerfs. C'est la partie difficile. Une fois que le sort est jeté… J'arrête de suivre le fil de ma pensée quand Albus stoppe devant une porte. Qui s'ouvre lentement par elle-même. Nous y sommes. Je retiens mon souffle, et attends de voir à quel point ça va mal. J'ai peu d'espoir pour lui. Je me rappelle trop bien l'effet que les Détraqueurs avaient sur Potter avant ses rêves de cet été.
J'entends Albus, le souffle coupé, foncer dans la chambre, s'emparer du corps mou de Potter au sol, et le bercer, contre lui, tandis qu'il le porte vers le matelas dans le coin de la petite cellule de dix pieds sur dix (soit en unités françaises, 3 mètres sur trois, approximativement). Ses membres pendent mollement, et les repas non mangés sont placés dans un coin, délicatement. Il y en a assez pour deux jours. Tout ceci témoigne de ce qui s'est passé. Potter n'a pas été conscient depuis son arrivée. Il n'a pas bougé depuis que les Détraqueurs l'ont jeté dans sa cellule.
«Severus» dit Albus, la voix tendue. Je cherche dans mes robes; la cape d'invisibilité déposée dans un coin maintenant que nous sommes en sécurité dans la cellule de Potter. Je sors le cartable rempli de potions que j'ai préparées ces deux derniers jours. Suppléments alimentaires, Pimentine, potions nutritives, de réhydratation, ainsi qu'une bonne quantité de chocolat, parmi d'autres choses. Je déballe un morceau, et le tend rapidement à Albus. Les robes de Potter sont glaciales et imprégnées d'humidité. Même à cette distance, je vois comme ses lèvres sont bleues. Pendant qu'Albus met un gros morceau de chocolat dans la bouche flasque de Potter, je marmonne des sorts de séchage et de chauffage sur ses robes et son matelas. Il reste mortellement raide. Je ne peux même plus voir sa poitrine monter et descendre.
«Harry?» l'appelle tendrement Albus. L'inquiétude dans sa voix est réelle. Je sais combien il se préoccupe de Harry, mais le voir le tenir… comme un grand-père, semble trop personnel. Je souhaite n'avoir jamais vu cette scène. «Harry? Peux-tu m'entendre? Viens, Harry. Il faut te réveiller» continue Albus, et je réalise qu'il le secoue doucement. Le chocolat a fondu dans la bouche d'Harry, Potter, quelques fragments coulent sur son menton. Je vois sa gorge fonctionner brutalement. Bon signe.
«Albus» je l'interpelle, et commence immédiatement à mélanger un cocktail pour l'occasion. S'il peut avaler, je peux l'aider. Hmmm. Supplément nutrition, potion calmante, et un peu de Pimentine pour donner un coup de fouet. Je tends le gobelet à Albus et le regarde le diriger vers les lèvres de Potter. Plus de liquide coule hors de sa bouche, sous son menton, pour tremper ses robes une fois de plus. Mais je vois sa gorge bouger faiblement. Au moins un peu est entré dans son corps.
«Harry? Ouvre les yeux, mon enfant. Il est temps de te réveiller» répète Albus calmement. Je réalise qu'aucune fumée ne sort des oreilles de Potter à cause de la Pimentine. Ma propre gorge se serre. Cela signifie qu'il est très proche de la mort. Je regarde l'un des doigts de Potter, pâle contre sa robe noire, qui commence à se contracter.
«Albus, sa main» je dis, et regarde la nourriture servie à Harry. Du pain et de l'eau. Pas d'attentions particulières pour le Garçon Qui A Survécu. J'ai pensé essayer de le faire manger avant que nous ne partions, mais mes potions seront plus efficaces. Nous avons besoin de lui conscient pour lancer le sort, et il faudra du temps avant que le lien et moi soyons suffisamment forts pour que je puisse m'assurer qu'il mange de manière consistante.
Mon attention se tourne vers Albus, qui tient le garçon contre sa poitrine, et utilise sa voix pour amadouer Potter, le faire revenir à la conscience. C'est plus une supplique qu'une demande, avec de l'espoir entrelacé. Sois en bonne santé, sois complet, sois Harry, prie sa voix en silence. Il ne peut pas être, je sais, et je crois qu'Albus le sait aussi. Pas avec ce que les Détraqueurs le forcent à voir.
Ses doigts se courbent, et je réalise que la mâchoire de Potter commence à montrer de la tension. Le soulagement m'envahit quand je vois de l'animation revenir sur son visage. En fait, il semble plus mort que vif. Ses tremblements redémarrent, et je réprime la pensée morbide que si cet état se maintient, il n'est pas allé trop loin… pas encore. Son corps lutte encore si les tremblements persistent. C'est dans le calme et la raideur que le combat est perdu, car le corps n'essaye plus.
«Harry, ouvre les yeux. C'est Albus Dumbledore, et je dois te parler» explique-t-il, d'un ton chaleureux et affectueux. Le souffle coupé, je tressaille quand le dos de Potter s'arque momentanément, sous l'effet d'un genre de spasme. Il lutte contre Albus, puis se calme. Albus continue à parler doucement, essaye de l'amadouer pour qu'il revienne de l'endroit obscur, quel qu'il soit, où il se trouve. «Harry, réveille-toi. Il est temps de te réveiller, maintenant» répète-t-il inlassablement, et soudain je me sens épinglé comme un papillon dans la collection d'un amateur, par deux yeux verts presque luminescents qui viennent de s'ouvrir.
Bien qu'il regarde dans ma direction, son regard n'est pas focalisé sur moi. Ce ne sont pas les yeux d'un garçon de quinze ans. En effet, ils me rappellent ceux de Black au cours de ces périodes de mélancolie les plus sombres. Ces yeux n'ont plus de paix, ou d'espoir, ni d'humour, ni de curiosité. Seule la douleur reste, et un côté perçant qui me rappelle trop Albus lui-même. Il fronce les sourcils quand je le vois lutter pour mettre au point sa vision. Ah. Où sont ses lunettes? Je les trouve près de là où nous avons trouvé Potter, et les replace gentiment sur son nez. Albus me sourit avec gratitude. Je reprends le gobelet, et le remplit de nouveau. Il a besoin de beaucoup plus qu'une coupe. Albus porte la potion aux lèvres d'Harry, et il l'accepte cette fois, en fermant les yeux quand il avale. Là encore, pas de fumée.
«C'est ça, Harry. C'est ça. Ca va t'aider. Peux-tu m'entendre, Harry? Tu sais qui je suis?» demande gentiment Albus, comme s'il parlait à un tout petit enfant. Voir son visage est douloureux. Espoir, peur, culpabilité, douleur, inquiétude … Je réalise que je retiens mon souffle et que j'attends une réponse, quelque chose, de Potter. Il est éveillé, ce qui est mieux que ce je craignais. Mais où est sa santé (mentale)? Ses yeux commencent à se fixer sur Albus, il cille avec tant de froncements et de grimaces que je me demande s'il n'a pas développé un tic nerveux.
Ses yeux commencent à observer autour de lui, comme s'il contemplait son environnement pour la première fois. Je remarque qu'il prend note des détails de sa cellule. Ses yeux cillent sur moi, et me rejettent aussi facilement qu'ils cillent. Je frissonne sous le regard qui passe. OK. Il me donne la chair de poule. C'est seulement quand son regard se pose sur Albus qu'il réussit à se focaliser véritablement. Ils s'observent pendant un moment. Albus sourit gentiment, et prend la main molle de Potter dans la sienne.
«Je t'ai. C'est bien, Harry. Je suis désolé qu'il m'ai fallu si longtemps pour venir ici» s'excuse-t-il. Je vois les doigts de Potter se recourber dans sa main, et Albus sourit, pleinement. «Peux-tu boire encore de la potion? Tu as besoin de forces» continue-t-il. Potter acquiesce faiblement, et je suis sous le choc. Il est réveillé, et mentalement éveillé. Je suis impressionné. Albus tient le gobelet jusqu'à ce qu'il soit complètement vide. Pas de vapeur. Je passe ma main dans mes cheveux, sous le stress. Il n'est pas en bon état.
«Harry, nous avons brisé le sort d'amnésie de Percy. Nous avons un rouleau de parchemin qui montre ce qui s'est réellement passé, et nous savons qu'ils t'ont donné du Véritaserum. Nous avons emmené quelques potions qui peuvent t'aider à annuler certains effets, mais j'ai besoin de savoir comment tu te sens. Je sais que c'est une question stupide, mais excuse-moi» poursuit-il gentiment. Le visage de Potter reste passif, il semble vouloir reprendre possession de lui-même.
«Ça brûle toujours» dit-il d'une voix râpeuse. «Mais ça devient froid maintenant, dans mon sang. Je… Le reste est comme avant, juste davantage» avoue-t-il. Court et précis. Tremblements, frissons, douleur dans sa cicatrice, picotements dans les nerfs, le début d'une vision partiellement obscurcie, spasmes musculaires, douleur à l'estomac due aux ulcères récemment développés, et qui apparaissent aussi rapidement qu'ils guérissent. Et la liste continue… Je soupire. Il a de la chance d'avoir duré deux jours.
Je tends à Albus un autre gobelet qui devrait neutraliser toute trace résiduelle de Véritaserum dans son sang. Potter le boit sans grimacer, mais je sais que le goût est amer, et hautement déplaisant. Après un moment, il ferme brièvement les yeux, le plus léger signe de soulagement, et acquiesce. «Ça m'a aidé» dit-il. Sa voix est plus de l'air qu'un véritable son. Son regard continue de capturer mon attention. La focalisation est distante, mais je peux jurer qu'il voit Albus parfaitement. C'est comme s'il le regardait du sol d'un profond cratère. C'est peut-être le cas.
J'observe Potter attentivement. Savait-il? Quand il a pris le risque, et fait face à la menace du Véritaserum, savait-il ce que cela pouvait faire? Est-ce qu'Albus le lui a dit? Une lobotomie magique. A-t-il des dommages? A le voir maintenant, aussi émotionnellement plat … Je peux encore voir des traces de ce garçon insolent. Du souci pour les autres, de l'empathie, connaissance de soi, créativité, autonomie, raisonnement abstrait, jugement, prévoyance, volonté, détermination, concentration… Ces traits, ces capacités sont détruites par une overdose. En considérant le fait qu'ils ont donné à ce frêle garçon dans un corps d'enfant un dosage adulte, je ne peux que m'étonner de ses capacités de guérison. Cela, ou un métabolisme pour lequel la plupart des sorciers seraient prêts à tuer. Pour ma part, j'aurai juré que nous aurions trouvé des œufs brouillés à la place de son cerveau.
«Harry, j'ai peur de ne pas pouvoir te faire sortir pour le moment» déclara Albus. Les yeux de Potter scannèrent le visage d'Albus, mais sans montrer d'émotions. Ni de déception, ou encore de peur. Je fronce les sourcils.
«Alors le Portoloin n'a pas fonctionné? Je l'ai encore» dit légèrement Potter, en cherchant le mouchoir dans ses robes avec une main faible. Dumbledore secoue la tête, ferme les yeux un moment, mais pas avant que je ne les voie étinceler d'une manière non naturelle. Regarde ailleurs. Je ne veux pas voir ça. Mais je ne le fais pas. Je regarde Albus prendre la main d'Harry et la guider dans sa poche.
«Garde-le en main. Des murs entourent Azkaban, mais si tu es dehors, ou s'ils s'évanouissaient pour quelque raison, ça fonctionnera» dit Albus. Potter acquiesce pour accepter. Il doit savoir qu'il ne survivra pas plus de quelques jours. Veut-il mourir? «Mais il y a quelque chose qui te maintiendra en vie jusqu'à ce que tu sois libéré» poursuit Albus. Potter ne semble pas s'en préoccuper. Albus hésite un moment, fronce les sourcils pensivement. «Harry… Penses-tu vivre?» demande-t-il après un moment. Potter secoue la tête, avec toujours le même regard, insondable.
«Non, Monsieur le Directeur. Je ne crois pas» répond-il doucement. Quinze ans. Merlin.
«Harry, bien que toi et moi ayons discuté de la possibilité de ce jour, je n'ai pas mentionné l'existence d'un plan de secours pour ceci» démarre Albus. Harry fronce légèrement les yeux. Finalement. A la fin, un peu d'animation. «Dans le cas où je ne pourrais pas te faire libérer immédiatement d'Azkaban, parce que Fudge est allé trop loin et que je dois lui faire quitter son poste, j'ai parlé avec Severus, et il a donné son accord pour m'aider à faire ça» explique Albus, le regard glissant vers moi, plein de reconnaissance. Pourquoi ai-je donné mon accord, déjà?
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«Faire quoi, Monsieur?» demande Harry d'une voix lasse. Les souvenirs et la douleur sont devenus comme un vortex tourbillonnant, qui continue de m'encercler, mais sans Harry dedans. Comme les cris continuent de s'estomper, de plus en plus de choses sont visibles. C'est ma cellule. Les cris légers promettent de revenir dès le retour des Détraqueurs, mais pour le moment… Dumbledore est venu. Ses mains ridées étaient chaudes au toucher quand il a pressé ses doigts contre les mains d'Harry. Sa peau semble si fine et fragile, s'étonna Harry distraitement, et pourtant il est considéré comme l'un des plus puissants sorciers en vie. La silhouette noire se déplaça pour tendre à Dumbledore un autre gobelet de potions, mais Harry força ses yeux à rester sur le Directeur. Aussi longtemps que vous êtes là, je ne revivrai rien. Avec Snape, je ne peux pas en dire autant.
«Je sais que bien que tu aies étudié la métamorphose Animagus, tu n'es pas en suffisamment bonne condition pour essayer» dit Dumbledore. Harry acquiesça et remarqua le bref air de surprise sur le visage de Snape. Dumbledore lui fit boire encore un peu de potion. Harry essaya d'avaler autant qu'il put, mais à dire vrai, il en avait déjà trop bu. Son estomac se souleva en protestation. Harry ferma les yeux et se sentit glisser quand le sort de chauffage de ses robes et du matelas commença à faire effet.
«Harry, réveille-toi maintenant. Je sais que tu ne vas pas bien, mais j'ai besoin de toi avec moi. Tu es un peu vert… Severus?» le pressa Dumbledore. Harry se sentit relevé en position assise. Un autre gobelet fut porté à ses lèvres. Il était si fatigué qu'il voulait juste se laisser aller, et chaque distraction était un rappel discordant et douloureux du fait qu'il était réveillé. Mais Harry avalait de toute façon, plus par habitude que pour quelque autre raison. Immédiatement, son estomac se calma. Harry rouvrit les yeux. L'expression de Dumbledore parut se calmer. Concentre-toi, Harry. Réveille-toi.
«Bon garçon. Comme je disais, bien que tu aies étudié, tu étais trop faible pour devenir un Animagus, et un essai aurait bien pu te tuer. C'est là que le Professeur Snape intervient» expliqua Dumbledore. Harry jeta un œil sur son professeur, qui restait à distance, l'air mal à l'aise. Harry pensa sympathiquement, je ne voudrais pas être là moi non plus.
«Oui, Monsieur le Directeur?» le pressa Harry, fronçant les sourcils en entendant sa voix. En fait, il trouvait difficile de rassembler suffisamment d'énergie pour être curieux, ou s'inquiéter. La seule émotion qui semblait filtrer des tremblements était un petit sentiment de confort dû à l'aide du Directeur. Le reste était… un grand vide.
«Il existe un sort ancien appelé Portus Animus. Ce sort permet de connecter deux personnes, en créant un lien entre elles. Il est mis en place par un sort et une potion, et peut être maintenu même à de grandes distances. Le Professeur Snape est d'accord pour pratiquer ce sort avec toi» expliqua Dumbledore. Harry fronça les sourcils, le premier frémissement de curiosité, aussi morbide soit-elle.
«Pourquoi?» demanda, ou plutôt croassa Harry. Il jeta un regard à Snape, qui semblait profondément mal à l'aise. Puis, après un instant de pensée, Harry secoua la tête comme s'il chassait l'idée. «Que se passera-t-il si je meurs?» continua-t-il. Snape se figea et Dumbledore se raidit sous Harry.
«Tu ne vas pas mourir. Même si tu es inconscient, le lien va permettre à Snape de se manifester dans ton corps, pour faire en sorte que tu manges et boives. Nous laisserons beaucoup de potions pour toi, et les robes et la couverture resterons chaudes indéfiniment» le rassura Dumbledore. Il fit une pause, et fixa Harry avant de continuer.
«Etes-vous un Animagus?» Harry interrogea Snape directement. Ses lèvres s'amincirent quand il secoua la tête.
«Non. Mais j'ai appris comment en devenir un. Tout le monde ne peut pas être un Animagus, Potter» répondit Snape. Harry était surpris de la capacité de son professeur à être amer même dans les pires circonstances. C'était bizarrement rassurant.
«Parce que ton père était un Animagus, je suis confiant dans le fait que tu peux en être un toi aussi» dit Dumbledore. Harry décida de ne pas évoquer les bizarreries. Il aurait parié que ça aurait été un 50/50. «Ce sort va permettre au Professeur Snape de te guider pas à pas, et de te fournir sa propre énergie, selon tes besoins, pour devenir un Animagus. De cette manière, tu pourras estomper certains effets des Détraqueurs». Harry fixa Dumbledore avec suspicion. Il pouvait être épuisé et malade, mais il n'était pas lent… au moins, pas tout le temps. Cela, ou alors, il commençait à lire à travers Dumbledore. Son sourire rassurant semblait un peu trop innocent.
«Mais si je meurs?» persista Harry. «Ou si on me donne le Baiser?»
«Alors Severus meurt aussi» répondit Dumbledore solennellement. «Mais tu ne vas pas mourir. Ce sort est là pour ça, Harry.»
«Pourquoi faites-vous cela?» demanda Harry à Snape directement. Cela devait être en rapport avec la dette de Snape envers le père d'Harry, et Harry n'en voulait pas. «Vous ne m'aimez même pas.»
«Croyez le ou non, mais cela n'a que peu à voir avec vous» répliqua Snape. Harry secoua la tête. Il était trop fatigué pour sentir beaucoup de colère, mais l'ennui commençait à percer. Oublie cela, pensa-t-il.
«J'ai beaucoup trop de morts sur ma conscience. Je préfèrerais ne pas avoir la votre» continua Harry doucement. Dumbledore resta silencieux, il les regardait tous les deux gentiment. Harry s'étonna, comme il l'avait souvent fait, de ce que Dumbledore avait planifié, ou prévu. Il n'en était pas amer, mais… parfois il se demandait si toutes ses conversations n'allaient pas directement dans les plans du directeur.
«Savez-vous…» commença Snape, les yeux rétrécis et dangereux, le visage endurcit parson intensité. Seules les faibles touches de couleur sur la nuque et les joues du Maître des Potions indiquaient qu'il était véritablement en colère. C'était assez. «… ce qu'est une Dette de Sorcier?» lança Snape. Harry acquiesça.
«Vous en avez une envers mon père qui vous a sauvé du Professeur Lupin» répondit Harry calmement. Vieilles nouvelles.
«Pourquoi croyez-vous que Pettigrew a été réparti à Gryffondor?» lança Snape brutalement, se débarrassant d'Harry. Harry qui fronça les sourcils. En fait, il s'était posé la question.
«Pourquoi croyez-vous qu'il a été aimé et accepté par les bien-aimés Maraudeurs? Comment pensez-vous qu'il était? Pourquoi vos parents l'auraient considéré comme leur Gardien du Secret s'il manquait de manière évidente de fibre morale?» l'interrogea farouchement Snape. Harry avait passé des nuits à essayer de trouver un moyen de poser la question à Remus et Sirius, mais n'avait pas trouvé une manière qui ne semble pas accusatrice. Harry haussa les épaules.
«Je ne sais pas pourquoi» répondit honnêtement Harry, en soupirant. Bien que la douleur du Véritaserum soit partie, la fatigue et les spasmes musculaires perduraient. Même si Harry reposait dans les bras de Dumbledore, enveloppé dans une couverture, il devait se positionner avec attention pour éviter les crampes musculaires. A cet instant, les deux mollets étaient crispés, et recourbaient de manière impossible ses orteils. Il savait que son attention totale était attendue, mais il sentit le gris de l'inconscience commencer à embrumer sa vision. Il savait qu'il ne pourrait pas rester éveillé longtemps. Mais c'était le plus qu'il avait écouté du pourquoi, et il voulait que cela soit fait aussi vite que possible. Faites le, juste ça, que cela soit fait. Harry ignora sa voix intérieure.
«Considérez-vous que Londubat soit un lâche?» continua Snape. Harry fixa le professeur, surpris. Heu?
«Non. Bien sûr que non. Juste… qu'il manque de confiance en lui» répliqua Harry, sa propre accusation distillée dans la réponse. Et qui est responsable de ce manque de confiance en soi?
«Pettigrew ressemblait beaucoup à Londubat. Simple, non complexe, mal à l'aise, mais loyal et courageux quand nécessaire» déclara Snape. Il resta silencieux un moment, le visage insondable comme ses yeux ne se concentraient plus sur Harry, mais plutôt sur quelque chose à distance, un souvenir. Il pâlit.
«Severus» l'appela gentiment Dumbledore. Ses yeux retournèrent sur le visage d'Harry. Il semblait furieux, mais bizarrement Harry pouvait sentir que beaucoup de cette colère ne lui était pas destiné. Bien sûr, la rage de son professeur ne le faisait plus trembler de peur comme par le passé. C'est juste une question de perspective, pépia son esprit. Harry se demanda quand ses pensées avaient commencé à parler sans son autorisation.
«Pourquoi croyez-vous que Pettigrew a révélé la cachette de vos parents? Ne croyez-vous pas qu'il était jaloux d'eux? Qu'il ne les aimait pas?» l'interrogea Snape. Il était étrange d'entendre le mot amour sortir de la bouche de Snape. Harry tressauta et, voyant que Snape donnait une réponse, acquiesça. L'homme qu'il avait rencontré dans la Cabane Hurlante et au cimetière avait été si… pathétique et faible. Il ne pouvait pas imaginer ce que ses parents, Sirius et Remus avaient vu en lui.
«Je ne sais pas» croassa Harry. Dumbledore donna à Harry une autre gorgée de la potion de Snape. Un peu de gris quitta son champ de vision, et l'image de Snape fut mieux focalisée. Bien. Il voulait se souvenir de cette conversation.
«Que faut-il pour qu'un homme trahisse ses amis et leur enfant? Il est un Gryffondor, donc il est connu pour avoir au moins un peu de stupide courage. Avec quoi Voldemort l'aurait acheté? La fortune? Le pouvoir? La célébrité? Que lui a-t-il fallu pour qu'il les trahisse?» redemanda Snape. Harry fronça les sourcils.
«Je ne sais pas. J'ai voulu savoir. Quoi? Que lui a-t-il fallu, Professeur?» demanda Harry, l'aspect direct de sa question sonnait comme une accusation. Snape tressaillit.
«Voldemort n'a pas obtenu l'information de bon gré. Il a brisé Peter Pettigrew. C'est ce que vous avez rencontré, Potter. Un homme brisé. Voldemort a utilisé mes potions pour le briser» déclara Snape. Harry se figea, une boule dans la gorge, et un cri de sa propre menace dans ses propres pensées. Heureusement, il n'émit pas un son. A la place, il fixa Snape avec une horreur renouvelée.
«Etiez-vous là?» l'interrogea Harry. Vous êtes un monstre. Snape secoua la tête.
«Si j'avais su… j'aurai fait quelque chose. Voldemort m'avait demandé ces potions des mois à l'avance. Je n'avais aucune idée de la personne sur qui elles allaient être utilisées. Mais je vous assure… Pettigrew n'avait pas la moindre chance» dit encore Snape. Harry commença à tousser, ses mains volèrent vers sa bouche. De la bile remonta dans sa gorge, et avec une facilité choquante, Dumbledore ajusta sa position pour pencher Harry devant le lit, et que son visage fasse face au petit récipient qui servait de latrine. Harry vomit toutes les potions qu'ils lui avaient fait boire, pendant que Dumbledore le soutenait, frottait son dos, murmurait des mots gentils. Harry ne put empêcher ses larmes de couler, mais il se sentait trahi par elles. Il détestait que Snape voie sa douleur.
«Shhh. C'est OK, Harry. Severus, pouvez-vous me passer l'eau ?» le pria Dumbledore. Quand la toux d'Harry cessa, Dumbledore le recoucha sur le matelas fin.
Il borda tendrement la couverture autour des épaules d'Harry, l'arrangea pour qu'il ne reste pas un centimètre carré non couvert. Un bol d'eau froide fut placé devant les lèvres d'Harry, qui sirota avec reconnaissance; son corps tremblait affreusement. Harry retourna son regard vers Snape.
«J'ai causé la mort de l'homme envers qui j'avais une Dette de Sorcier. Ma mort n'est pas de votre responsabilité, Potter, alors que celle de vos parents est de la mienne» déclara Snape. Harry l'observa un moment, incapable de dire quoi que se soit. Qu'y a t il à dire? Snape regardait attentivement Harry, ses bras enroulés autour de sa poitrine, en un geste défensif, comme si le frisson d'Azkaban l'affectait profondément lui aussi. C'est pour cela que vous m'avez traité aussi mal. 'Voici l'enfant des parents que j'ai tué. Apprenons-lui les potions, non?' Quelle ironie.
«Comme nous sortons tous les squelettes de nos placards» commença Snape, fixant à la fois Harry et Dumbledore, «j'ai une question pour vous, Potter. Pourquoi me faites-vous confiance? Vous savez que je suis un Mangemort, et pourtant vous prenez chaque potion que je vous donne. Pourquoi? Je ne vous ai jamais donné de raison de me faire confiance» termina-t-il. Son visage avait vraiment l'air étonné, comme s'il se posait cette question depuis longtemps, et qu'il avait finalement décidé de la poser. Harry réalisa qu'il n'avait jamais vu le Maître des potions avec aussi peu de défenses. Il ne le reconnaissait presque pas.
«Parce que je vous ai vu» répondit Harry. Snape se figea, les sourcils légèrement froncés. «La semaine dernière, je vous ai vu dire à Voldemort que vous ne m'aviez pas vu depuis la fin des cours. Pourquoi aime-t-il autant le Doloris?» demanda Harry. Snape recula de quelques pas, son regard glissa vers Dumbledore.
«C'est pourquoi vous avez refusé que je lise le journal de Potter. Parce que j'y suis» déclara Snape, les yeux écarquillés d'horreur. «Vous m'avez vu? Vous avez vu …» continua Snape; sa tête allait de Dumbledore à Harry, et d'Harry à Dumbledore, puis il ferma la bouche soudainement. Harry acquiesça. Snape passa une main tremblante dans ses cheveux, et les ramena en arrière distraitement. Fermant les yeux, il se calmait, visiblement.
Il est humilié, réalisa Harry. Il a honte que Dumbledore ait lu ce qu'il a du faire. Et bien sûr, c'est pourquoi Dumbledore ne lui avait pas dit. Harry regarda Snape reformer la coquille autour de lui, son visage regagna son impassibilité; seuls ses yeux révélaient quelque chose. C'était la seule partie de son corps que Snape ne semblait pas contrôler entièrement.
«Le Professeur Snape a des barrières si perfectionnées que si … il doit voir encore Voldemort et qu'il … utilise le Doloris, le sort ne rebondira pas sur toi» expliqua Dumbledore. Ses yeux semblaient fatigués. Harry pouvait y lire la douleur maintenant. Il déteste que Snape doive faire cela. Il déteste devoir lui demander cela. Et je me souviens quand il l'a fait … Juste après la Troisième Tâche.
«Alors, allez vous jeter ce sort, ou pas, Potter?» demanda Snape, sa voix étrangement sombre. Harry hésita.
«Comment cela fonctionne-t-il?» interrogea Harry, qui forçait son esprit à se concentrer.
«Severus sera celui qui initie le premier contact. Ça ne marchera peut-être pas toujours, mais je pense que ce sera plus facile quand le lien sera plus fort. Tu ne pourras pas complètement échapper à ce que font les Détraqueurs, mais il sera capable de l'estomper suffisamment pour travailler avec toi. Deux heures par jour jusqu'à ce que tu deviennes un Animagus. Davantage blesserait le Professeur Snape» expliqua Dumbledore en frottant les mains de Harry comme s'il voulait les réchauffer. Harry observa le Directeur, et soupira.
«Je sais que les Détraqueurs partent à l'heure des repas. En considérant l'état dans lequel nous t'avons trouvé, je suppose que tu seras inconscient. Le Professeur Snape vérifiera ton état, et si tu n'as pas mangé, il habitera ton corps et le fera pour toi. Il ne peut faire cela que lorsque tu es inconscient, et il ne peut le faire sans ta permission… mais souviens-toi, sa vie sera liée à la tienne» continua Dumbledore. «Vas-tu le faire?» l'interrogea Dumbledore, avec un regard perçant qui mis Harry encore plus mal à l'aise qu'il ne l'était déjà. Sa gorge brûlait à cause de la bile et des potions, et il savait que sa respiration devait être atroce. Dumbledore ne semblait pas dérangé, ni même le remarquer. Harry réussit finalement à dérouler ses orteils pris de crampes, mais les tremblements persistaient, et aussi fort que Dumbledore essaye de réchauffer les mains de Harry, le soulagement ne durait que quelques secondes.
Avec la même force que son entêtement voulait le forcer à refuser l'aide de Snape, Harry savait au plus profond de son cœur qu'il était terrifié à l'idée de mourir. Il espérait qu'en mourant il rencontrerait enfin ses parents, mais il n'était plus si confiant dans l'après-vie, ou le paradis, ou quoi que se soit. Les Dursley étaient religieux, mais seulement d'une manière hypocrite qui avait fait mépriser le concept à Harry. Ils allaient tous les dimanches à l'église jusqu'à ce qu'Harry ait huit ans, mais n'emmenaient jamais Harry car il était 'païen'. Dans leur esprit, sa magie le condamnait à l'enfer, où, Tante Pétunia le lui répétait souvent, se trouvaient ses parents. Harry préférait rejeter toute notion d'après la vie plutôt que de contempler ses parents en enfer. Bien sûr, rencontrer les fantômes de Poudlard avait changé sa perception d'un après la vie. Il préférait penser que ses croyances étaient maintenant en progression. Harry acquiesça. «Oui, je le ferai» murmura-t-il.
Dumbledore se relaxa, et commença même à sourire. «Excellent, mon garçon. Nous te sortirons d'ici aussi vite que nous pouvons, bien sûr, mais nous avons maintenant un peu plus de temps. Je suis curieux de voir quel genre d'animal tu deviendras» dit Dumbledore pendant que Snape cherchait dans ses robes, et sortait une petite fiole remplie d'un liquide bleu cobalt. Ça ressemblait beaucoup à de l'encre, mais la consistance semblait beaucoup plus épaisse. «Ce sortilège n'a pas été pratiqué depuis des siècles, donc vous devrez explorer l'étendue du lien. Il y a peu de documentation, mais tout ce qui existe a été lu par le Professeur Snape. Souvenez-vous que ceci est volontaire, et requiert votre coopération à tous les deux. Une fois que tu seras libéré, Harry, le sort pourra être retourné sans effets secondaires. Maintenant, prend une grande gorgée de ça, prend ma main, et répète ce que je dis» l'instruisit Dumbledore.
Snape tendit la fiole à Harry, en faisant attention à ce que ses doigts ne le touche pas. Harry prit une lampée de la fiole. Cela avait aussi mauvais goût que ça en avait l'air, et il se demanda si sa langue et ses dents étaient bleues maintenant. Quel genre d'animal vais-je être? C'était la première idée sympathique qu'Harry avait depuis un long moment. Il avait envié la capacité de Sirius à se transformer à volonté, et désirait être un Animagus non enregistré lui-même. C'était une défense secrète qu'Harry convoitait. Marcher en public, même en tant qu'homme recherché, sans être reconnu. C'était le genre d'anonymat qu'Harry appréciait définitivement.
Harry plaça sa main dans celle de Dumbledore. Dumbledore prit celle se Snape dans son autre main, servant de lien entre eux. Quand il prononça le sort, Harry et Severus répétèrent après lui, la voix de Severus plus profonde et sonore que le murmure râpeux d'Harry. L'air autour d'eux semblait chatoyer quant Harry parlait, et sa main devenait incroyablement chaude dans celle de Dumbledore. Il sentit une pression monter dans son esprit, comme une idée dont il ne pouvait pas se rappeler. Quand Dumbledore se tut, Harry et Severus achevèrent le sort. Sa vision devint floue un moment, et il aurait juré qu'il s'était vu depuis l'œil de Snape. Il avait l'air affreux. Puis il était revenu. Il se sentait comme avant, sauf quelque chose qui tourbillonnait au bord de ses pensées. Comme un rêve qui s'estompait. Dommage que les cauchemars ne s'estompent pas. Est-ce Snape? Harry fronça les sourcils. C'est plutôt décevant.
«Pour que Severus puisse rendre le lien complètement actif, il doit être aussi proche du sommeil que possible. Vous êtes connectés là, maintenant, mais l'un de vous doit être plus réceptif en premier pour solidifier le lien. Avec le temps, vous n'en aurez plus besoin. Mon temps est presque écoulé, Harry…» déclara Dumbledore. Ses yeux étaient tristes. Il ne veut pas me quitter, réalisa Harry, et il en fut étrangement réconforté. Il a fait ce qu'il a pu. Snape avait retiré sa main, et plaçait une variété étonnante de fioles de potions dans une déchirure du matelas d'Harry. Harry le regarda faire tranquillement. Dumbledore le reposa sur ce lit pathétique, et arrangea la couverture autour de lui. Harry était trop faible pour faire autre chose que regarder. A un moment, Snape se releva, et regarda Harry avec impatience.
«Merci, Professeur» dit-il. Snape eut l'air surpris une seconde, puis acquiesça courtoisement. «Monsieur le Directeur?» l'appela Harry, en fronçant les sourcils. Dumbledore s'était levé, pour permettre à Snape de garnir le matelas, mais il prit tendrement la main d'Harry. Harry en était reconnaissant, mais il était aussi incertain de comment le Directeur se sentait, et de combien il espérait pour Harry. Dumbledore s'inquiétait pour lui, et Harry n'en doutait pas. Mais ce geste, comme le tenir comme il l'avait fait, était quelque chose qu'il n'avait vu faire que par Madame Weasley. Harry était trop fatigué pour développer ses pensées complètement, et laissant filer, il se concentra sur ce qu'il avait voulu demander. «Quand les Détraqueurs sont là… je ne suis pas conscient. Je… Je suis dans un mauvais endroit. Je ne comprends pas comment ce sort va fonctionner et avec quoi?» demanda-t-il. Comment Snape pourrait l'atteindre?
«Parce que les fondations de ce sort sont basées sur votre haine mutuelle. C'est négatif par nature, mais non affecté par la magie des Détraqueurs» dit Dumbledore en réussissant à avoir l'air satisfait de lui même. Snape renifla fortement et apparut légèrement ennuyé. Harry secoua la tête. Comme c'est approprié. Le mystère final était résolu.
«Ah» répondit Harry, et il vit Snape se couvrir de la cape d'Harry. Snape l'observa un instant, et sembla vouloir dire quelque chose, sans y parvenir, avant de disparaître. Harry regarda l'endroit où s'était tenu le professeur qu'il détestait le plus et ne dit rien. Que pouvait-il dire? Bonne chance? Reviens ici? Courage? J'espère que je ne vous tuerai pas? Merci de risquer votre vie pour quelqu'un que vous détestez? Harry secoua la tête. Il commençait à disparaître. Quand son esprit vagabondait, il savait qu'il n'était pas loin de l'inconscience.
«Harry» dit Dumbledore, ramenant les pensées d'Harry sur le présent. «Nous reviendrons. Je te le promets» conclut-il. Harry acquiesça, et tapota sa main pour le rassurer. Dumbledore retira sa main, et Harry perçut un bref froncement de sourcils avant que le gentil sourire ne revienne.
«Oui, Monsieur le Directeur» répondit Harry. Dumbledore se leva et regarda derrière lui. Harry ne pouvait entendre Snape, mais il savait qu'il était là. «Au revoir» dit Harry, non désireux de voir le Directeur partir. Mais le frisson dans l'air croissait. Les Détraqueurs signalaient la fin de la visite. Harry essaya de sourire au Directeur, mais il ne put produire qu'une grimace, donc il abandonna. Dumbledore observa encore Harry un moment.
«Nous te ferons sortir d'ici» déclara solennellement Dumbledore. Harry reconnaissait un serment quand il en entendait un. Il acquiesça, et regarda Dumbledore se retourner et s'éloigner. La porte se referma derrière lui, et l'écho du métal qui claquait résonna longtemps après que les pas de Dumbledore se soient éloignés. C'était comme un son permanent. Comme un glas. Harry ferma les yeux quand le frisson le submergea, et le silence fut encore rempli par ses rêves.
A suivre…
