Merci à vous tous pour vos reviews, je n'ai pas beaucoup de temps pour vous répondre personnellement mais sachez que chacun de vos mots me touchent beaucoup. Merci particulièrement à haruhi-kyouya ; Maolisama ; holybleu ; Kytykat ; Maeva Cerise ; ofo ; brigitte26 ; stormtrooper2 ; L'amour bleu ; ptitcoeurfragile et AdelheidRei.


Merci également à baobabB612 pour sa correction sur ce chapitre :)


Building With Worn Out Tool - Chapitre Vingt-cinq : Draco and Blaise

By Lomonaaeren

Les guérisseurs pouvaient se déplacer rapidement quand ils le voulaient, Draco devait l'admettre. Il était apparu à l'extérieur de l'hôpital mais ils avaient dû être alertés dès qu'il était arrivé, car au moment où il pénétra à l'intérieur avec la bulle contenant sa mère et le corps d'Harry, ils l'attendaient.

Deux d'entre eux s'avancèrent immédiatement et lancèrent un sort qui dissipa la bulle. Narcissa gémit et tendit sa main comme si elle voulait s'accrocher à lui et le supplier de la protéger des étrangers mais Draco la serra dans ses bras, l'embrassa sur le nez puis la plaça dans les bras d'une femme forte et grande. Il se retourna pour regarder ce qu'ils faisaient avec Harry.

Les guérisseurs qui s'étaient avancé pour voir son état, reculèrent en secouant la tête. Draco eut la sensation, l'espace un instant, qu'une violente bête avait élu domicile dans sa poitrine et essayait de sortir en lacérant tout sur son chemin. Qu'Harry avait disparu, qu'Harry était mort…

Mais il est probable que ça voulait dire que les guérisseurs n'étaient pas qualifiés pour soigner un patient dans un tel état car presque aussitôt, un autre approcha, un homme aux cheveux gris et avec une expression curieuse qui rappelait irrésistiblement le professeur Flitwick à Draco. Il observa les chapelets de sang, hocha la tête puis agita sa baguette. En un instant, le sang retourna à l'intérieur du corps d'Harry et même les lambeaux de chair avaient l'air moins alarmant que ce qu'ils avaient été. Le guérisseur posa tendrement une main sur le front d'Harry. S'il remarqua la cicatrice, il ne sembla pas s'en soucier. Il dit un mot puis Harry et lui disparurent.

« - Où l'emmène-t-il ? » Demanda Draco au plus proche médicomage qui prenait son bras et semblait essayer de le faire s'asseoir.

La femme cligna des yeux. « - Au service des dégâts des sorts, bien sûr. » Dit-elle. « - Je vous rassure, il ira bien. » Elle sourit, peut-être supposant que les nerfs de Draco pouvaient être calmés par la conversation. « - Je suppose que le sort de stabilisation pour préserver sa vie était votre œuvre ? »

Draco hocha légèrement la tête. « - Et ma mère ? » Demanda-t-il, se tournant vers Narcissa. Les guérisseurs avaient réussi à la persuader de leur faire confiance et ils la conduisaient vers un escalier. « - Même si son esprit est endommagé, elle n'est pas dangereuse. Elle reste avec moi en permanence. C'est seulement pour ses blessures qu'elle a besoin d'être soignée. »

« - Alors elle ira rejoindre votre ami au service des dégâts des sorts. » Déclara fermement la médicomage. Bien qu'elle dût maintenant savoir qui ils étaient – les cheveux blonds Malfoy, pensa Draco, étaient inratables – elle le conduisit simplement vers la chaise la plus proche avec des gestes fermes et tendres. « - Vous devriez vous reposer. L'une des pires choses pour la famille des patients est de paniquer et d'essayer d'accomplir ce qu'ils n'ont tout simplement pas la force de faire. »

Draco aurait aimé ne rien faire d'autre que s'asseoir et se préoccuper uniquement de ce qui arriverait à Harry et sa mère mais il avait une autre tâche à accomplir. Il écarta les mains de la médicomage et se leva. « - J'ai quelque chose d'autre à faire urgemment. » Dit-il. « - Merci de prendre soin d'eux. » Il hésita puis ôta une bague de son doigt, tapota dessus avec sa baguette et lança un sort complexe. Il la tendit à la sorcière un moment plus tard. « - Si vous tenez cela et que vous pensez à ma mère ou mon ami, je pourrais sentir vos pensées et être en mesure de répondre. S'il vous plaît, ne le faites que s'ils sont en danger. »

« - Monsieur Malfoy, je… » La sorcière semblait dépassée, alors même qu'elle resserrait les doigts autour de l'anneau.

Draco hocha la tête vers elle et transplana. Il devait retourner au manoir et trouver un certain livre pour pouvoir prendre la revanche de ses rêves sur Blaise.

XXX

Le livre était exactement là où il l'avait laissé la dernière fois qu'il l'avait regardé. Draco prit quelques minutes pour l'étudier debout, appuyé contre une des étagères de la bibliothèque. Ça lui faisait bizarre de savoir qu'il était le seul qui eût le droit de posséder pleinement ces étagères maintenant que son père était mort et qu'il n'avait donc plus à se soucier du Manoir et de la sécurité de sa mère menacés par les apparitions soudaines de l'homme voulant les lui arracher, comme il l'avait toujours fait auparavant.

« Ou du moins, si quelqu'un doit posséder le manoir avec moi. » Pensa Draco alors qu'il nettoyait la poussière du livre avec la main. « Je déciderai de qui il s'agit. »

Il utilisa les quelques minutes qui suivirent pour mettre en pratique les incantations du sort qu'il voulait utiliser, puis hocha la tête et disparut, transplanant dans la maison où il avait laissé Blaise. Il ignora la grande tâche de sang étalé de l'autre côté de la pièce – il avait l'idée peut-être un peu puérile que s'il ne la regardait pas, il ne pourrait pas deviner à quel point la quantité de sang laissé dans le corps d'Harry était faible – et se concentra sur Blaise.

Blaise gémissait toujours, les yeux dans le vide. Il ne pouvait plus mettre ses mains sur son visage car elles étaient bloquées par le sort d'entrave mais elles tremblaient comme s'il essayait de les bouger. Sa gorge laissa soudainement échapper un cri et les muscles tressautèrent au point que Draco retroussa les lèvres.

Lui et Blaise avaient été amis autrefois, cependant comme l'avait rappelé Pansy, leur amitié avait commencé bien plus tard que son amitié avec elle ou avec Théodore, et encore plus tard que ses liens d'amitié avec Vincent et Gregory. Blaise avait décidé durant la Cinquième Année qu'il ne pouvait plus ignorer Draco plus longtemps et qu'il était préférable de coopérer avec lui et obtenir une part du butin plutôt que d'essayer de se faire des alliés parmi les élèves plus jeunes, qui n'avait pas autant de poids à Serpentard ou les élèves plus âgés qui quitterait l'école avant lui. Il n'avait jamais été quelqu'un de facile dans l'alliance avec Draco, il présumait trop, il contestait trop les ordres et il s'était parfois opposé à des choses qu'il aimait pourtant faire, comme ennuyer les Gryffondors, simplement parce que c'était Draco qui l'avait suggéré.

Ainsi, leur amitié était quelque peu bancale mais elle avait tenu pendant la guerre et au-delà et Draco l'avait jugé précieuse pour cette raison. Il n'avait jamais imaginé que Blaise finirait par lui en vouloir pour avoir fait son travail. Blaise avait sûrement dû s'attendre à ce que, puisqu'il n'avait pas pu embaucher Draco, puisqu'Harry l'avait fait avant lui, et puisqu'il s'opposait à Harry, alors il faudrait également s'opposer à Draco ?

Draco ne l'avait pas détesté pour cela.

Il le faisait maintenant. Peu importait que la loi dît que c'était légal et autorisé dans un cas de divorce. Draco avait ses propres idées à ce sujet et aucune d'elles ne comprenait l'enlèvement de sa mère impuissante. D'autres personnes auraient peut-être pu fermer les yeux. Draco avait trop de fierté et, comme l'occasion de se venger était à portée de main, il la saisirait.

Il agita sa baguette et mit un terme au sort de cauchemar de Blaise avec un léger pincement de regret. S'il avait été présent au cœur des peurs les plus profondes de Blaise, il aurait pu le laisser tranquille, mais Blaise marmonnait des choses à propos de sa mère et de vivre dans la pauvreté toute sa vie. Il était temps d'apprendre à Blaise à le craindre car il n'avait pas eu le bon sens de le faire de lui même.

Blaise haleta puis ouvrit les yeux et le regarda fixement. Draco assouplit le sort d'entrave pour qu'il puisse bouger ses membres dans une position plus confortable et il observa le visage de Blaise rougir d'humiliation. Il savait, tout comme que Draco en le faisant, que ce relâchement signifiait. Draco n'avait pas peur de lui et Blaise constatait que c'était plus embarrassant encore que la conscience de son propre échec.

« - Que comptes-tu faire de moi ? » Demanda-t-il doucement.

« - Eh bien. » Dit Draco. « - Je ne savais pas jusqu'à ce que je t'entende parler de ce que tu craignais le plus. Maintenant je sais. » Il posa le livre qu'il tenait au sol et vit les yeux de Blaise suivre le mouvement avec une fascination morbide qu'il aurait certainement montré en observant une Acromantula. « - J'ai l'intention de lancer un sort qui reliera ta fortune à la mienne. »

Le regard de Blaise se braqua à nouveau sur Draco. « - Ça ne semble pas si mal. » Déclara-t-il prudemment, puis sa hargne s'empara de lui. « - Puisque tu es riche et en bonne santé et tout ça. »

« - Ah, Blaise, tu ne m'as pas entièrement écouté. » Dit doucement Draco. Il fit apparaître une chaise et s'assit dessus, croisant les jambes en un mouvement que Blaise avait essayé d'imiter aux Trois Balais. Son visage avait l'air très sec, comme s'il avait pleuré des larmes de sable. « - C'est une mauvaise habitude chez toi d'interrompre quelqu'un avant qu'il ait pu tout dire. Ta fortune sera liée à la mienne mais dans le sens inverse. Plus je m'enrichirai et plus tu t'appauvriras. Si je perds une affaire de divorce, alors tu t'enrichiras mais pas de beaucoup. Et tu sais que je n'ai jamais perdu un procès. Pas même… » Ajouta-t-il délicatement. « - Quand mon adversaire kidnappe ma mère pour tenter de me faire perdre. »

Blaise ne dit rien du tout. Son souffle était rapide et soulevait les cheveux devant sa bouche pendant un moment mais ses yeux étaient calmes et il fixait Draco. Il savait maintenant, pensa Draco. Il savait, par ses instincts de Serpentard, que quelque chose avait changé de façon irrévocable et qu'il avait perdu la seule chance qu'il ait eue pour se tirer de là.

« - Et je suppose que tu pourrais penser pouvoir contourner ce sujet en me tuant ou soudoyant l'un de mes adversaires pour me tuer. » Dit Draco. « - Ne t'inquiète pas. Je vais lancer un autre sort. Si je meurs, tu mourras. Immédiatement, d'un coup. Les battements de ton cœur seront liés directement aux miens, comme ta fortune sera liée à la mienne dans le sens inverse. »

Il se pencha en avant. « - Et je sais où ton esprit se portera pour le prochain coup, Blaise, ce que tu penses et ce que tu vas demander. La réponse, en fait, est non. Je me soucie assez d'Harry pour le protéger de toi. Une troisième chose, Blaise, soit certain de cela. Si tu fais quoi que ce soit contre Harry, même si c'est juste chuchoter des ragots sur lui ou distribuer des informations dans les 'bonnes' oreilles, tu commenceras à perdre des parties de ton corps. Un doigt pour un potin. Une main pour la participation active à une tentative de meurtre. Ou peut-être que ça ne sera pas aussi simple que cela, ou aussi équitable. Peut-être que tu perdras la vue au moment même où tu envisageras de faire un geste contre lui. » Draco sourit. « - Je ne pense pas que tu auras la chance de trouver une copie du grimoire pour contrecarrer cela parce que mon père a délibérément brûlé les autres. »

Les yeux de Blaise étaient emplis de terreur. Il avait cessé d'essayer de se défaire du sort d'entrave et la majeure partie de son attention semblait être tourné sur l'acte de se lécher les lèvres, afin de les humidifier un tant soit peu. Draco attendait, les mains jointes sur ses genoux, le cœur battant d'une émotion trop sauvage pour être appelé de la joie. Il était sûr que Blaise avait des questions et il était impatient d'y répondre.

« - Pour quelle raison voudrais-tu faire cela ? » Murmura finalement Blaise. « - C'est cruel de faire ça, de contrôler ma vie de cette façon et je ne savais pas que tu étais cruel Draco. Si avide et égoïste. »

« - J'ai pris des leçons en cruauté depuis que tu m'as connu. » Murmura Draco. « - Tu n'as jamais pris la peine de corriger tes impressions sur moi depuis Poudlard, Blaise. J'ai appris la cruauté face aux autres Négociateurs et aux opposants durant un divorce. Et j'ai appris la cruauté de mon père et de ce qui est arrivé à ma mère. La différence, c'est que j'ai appris à vivre avec au lieu de crouler sous son poids. Tu ne feras rien parce qu'à chaque mouvement que tu feras, tu sauras que ta vie est sous mon contrôle. » Il sourit et il espéra qu'il ressemblait à son père à cet instant. « - Tu n'aurais pas dû m'inspirer, tu sais. Tu fus ma dernière leçon en cruauté, mon dernier exemple à égaler. »

L'horreur dans ses yeux… Draco devait se retenir pour ne pas fermer les siens et pousser un profond soupir. C'était si doux de savoir qu'il pouvait provoquer autant de terreur et de douleur.

« - S'il te plaît, non. » Murmura Blaise. « - Je ne suis pas sûr de ce que tu veux de moi, Draco mais quoi que ce soit, je te le donnerai. Je te promets de perdre l'affaire, si tu veux de ne pas venir au tribunal ou de me retirer de passer un an dans la maison de ma mère de dire à tous ceux qui le demanderont que tu étais dans le vrai et que je n'aurais jamais dû te remettre en question de laisser Potter tranquille pour le restant de sa vie de m'excuser auprès de ta mère. Mais pas cela. »

Draco se pencha vers lui. Blaise le regarda avec de l'espoir plein les yeux, mais aussi avec une haine que Draco savait être pour lui-même, pour avoir laissé transparaître son espoir.

« - C'est précisément pourquoi je veux te faire cela. » Murmura Draco, son souffle remuant à peine les cheveux de Blaise. « - Je tiens à te faire souffrir. Je tiens à ce que tu te rappelles, jour après jour, que tu ne contrôles pas ton propre destin et ne le feras jamais. Je veux que tu lises les journaux avec un mélange de crainte et d'espoir tous les matins, que tu craignes d'entendre parler de ma mort ou ma victoire au tribunal, mais que tu espères toujours des nouvelles de pertes afin de rendre ta vie un peu plus douce, Blaise. Cela fera beaucoup plus mal que si je coupais simplement toute possibilité de fuite. Tu ne trouves pas ? »

« - Combien de temps dureront les sorts ? » Siffla Blaise, les muscles tendus comme s'il pensait que la meilleure solution serait de tenter de résister.

Draco se pencha en arrière sur sa chaise et haussa un sourcil. « - Pour toujours, bien sûr. Quoi, tu crois que je voudrais utiliser des sorts qui pourraient finir dans quelques années ? »

« - Je vais revenir. » Dit Blaise et ses yeux brillaient d'une férocité que Draco avait vue dans les yeux de son père et parfois dans le miroir. « - Je me fiche du temps que ça prendra ou quels moyens tortueux je devrais trouver pour le faire. J'aurais ma vengeance. »

« - Je t'invite à essayer. » Déclara Draco et il leva sa baguette. « - Pourquoi penses-tu que je n'ai pas choisi un sort pour me protéger comme j'ai l'intention de protéger Harry ? Parce que j'ai hâte d'assister à chacun de tes coups, Blaise, car je suis sûr que je pourrais résister à tout ce que tu feras. »

Blaise ferma les yeux mais ne prit pas la peine de répondre alors que Draco jetait les sorts, incantant en latin à haute voix il aurait pu le faire mentalement mais il voulait que Blaise entende sa sentence. Lorsque le dernier sort, celui qui mutilerait Blaise si jamais il essayait de faire du mal à Harry, fut terminé, Blaise frissonna et se regimba contre le sort d'entrave.

« - Maintenant,» Dit Draco en s'asseyant sur la chaise. « - J'ai besoin de ta décision sur ce que tu feras en ce qui concerne la procédure de divorce. » Blaise le regarda avec incrédulité et Draco ne daigna que sourire. « - Oui, bien sûr que je considère toujours l'affaire. C'est une des façons dont j'ai l'intention d'agrandir ma fortune, après tout. »

Les yeux de Blaise se remplirent de dégoût à nouveau mais il dit seulement : « - Je ne sais pas ce que je ferais. J'ai besoin d'avoir la décision de Ginny pour ça. »

« - Sais-tu… » Commença Draco, décidant qu'il pouvait se permettre de planter un couteau dans la confiance de Blaise et de le retourner dans la plaie. « - Que ta maîtresse bien-aimée nous a demandé de la sauver de toi ? Elle a dit que ta tentative envers ma mère la rendu malade et qu'elle ne pouvait plus le supporter plus longtemps. Elle a envoyé une note à Potter et il a décidé, généreux qu'il est, qu'il devait l'arracher de tes griffes malfaisantes. »

« - Elle porte mon enfant… » Commença Blaise et il s'arrêta.

« - Et j'étais ton ami. » Répliqua Draco, étirant son cou comme un cygne. « - Mais cela ne t'a pas empêché de me trahir. »

Pendant un long moment, Blaise ferma les yeux et resta là, à respirer.

« - Dis-moi. » Demanda Draco avec un intérêt académique. « - As-tu vraiment eu un intérêt réel pour Weasley elle-même ou voulais-tu seulement l'argent de Potter ? »

« - Les deux. » Murmura Blaise et il ouvrit les yeux. « - Contrairement à certaines personnes, tout dans ma vie ne peut pas être ramené à des raisons simplistes. »

L'insulte était si pitoyable que Draco ne put rien faire d'autre que de rouler des yeux. « - Je suppose que tu auras besoin d'en parler avec Weasley. Après-demain, bien sûr parce qu'aucun de nous ne sera présent pour la session du tribunal demain. »

« - Je peux toujours y aller. » Déclara Blaise avec une rapidité stupide. « - Et tu le peux aussi. Je ne sais pas où est Ginny et bien sûr, les blessures de Potter l'empêcheront de venir mais… »

« - Tu vas être occupé. » Dit Draco, levant sa baguette. « - Et moi aussi. »

Il plongea Blaise dans un sommeil enchanté avant qu'il puisse protester davantage et il le regarda un instant. La tentation de le blesser physiquement de la manière dont Harry avait été blessé était là mais Draco se retint. Entre autres choses, s'il torturait Blaise autant qu'il en rêvait, alors l'élégante vengeance qu'il avait planifiée n'avait aucune de chance de prendre effet.

Il se détourna et transplana de nouveau à St Mangouste. Il devait récupérer sa bague des mains d'une certaine médicomage puis vérifier l'état de deux patients importants.

XXX

Narcissa allait très bien, avaient assuré les guérisseurs à Draco. Le bras avait été cassé net et ils l'avaient réparé avec quelques mouvements de baguettes. La grande blessure au niveau de son sein leur avait donné plus de mal mais ils avaient identifié la magie qui l'empêchait de guérir après avoir réalisé que l'attaquant pouvait être un Mangemort - ils avaient vu un certain nombre de sorts de ce genre durant la guerre - et maintenant il ne restait qu'une fine cicatrice et elle se reposait. Draco avait passé un moment à lui caresser silencieusement la joue avant d'aller voir Harry.

Les guérisseurs avaient fait tout ce qu'ils avaient pu pour lui, puis avaient jeté un sort modifié de Stagnation qui permettait à la magie de fonctionner sans que rien d'autre ne puisse l'influencer, pas même le passage du temps. Ils devaient éloigner Harry du fil du rasoir avant que leurs efforts puissent payer, comme l'avait expliqué un médicomage à Draco.

Draco pouvait à peine voir Harry à travers le flou créé par le sort de Stagnation mais il pouvait lire le rapport que les guérisseurs avaient laissé accroché au bout du lit. Il n'était probablement pas censé le lire. Mais un sort de confusion sur la stagiaire qui veillait sur cette partie de l'étage lui assura qu'il ne serait pas perturbé et puisqu'Harry était, à bien des égards, sien, il pensait qu'il avait tous les droits de le lire.

Le sort d'Écorchement avait détruit la moitié de la peau du dos la seule bonne chose à ce sujet était que les guérisseurs prévoyaient que cela guérisse sans cicatrice car ils auraient à entièrement restaurer la peau au lieu d'essayer de soigner les coupures. Et puis Lucius avait évidemment utilisé un sort dont Draco n'avait entendu parlé que par lui, Danse-Organe. Ça aurait dû tuer Harry sur le champ, comme les guérisseurs l'écrivaient dans le rapport, et c'était la raison principale pour laquelle ils devaient lancer les sorts un par un il fallait énormément de force magique et physique pour survivre à cela et ils avaient dû étudier le cas des deux ou trois survivants par le passé avant de pouvoir procéder, pour voir comment ils avaient été traités.

Mais le guérisseur qui avait conclu le rapport, le Médicomage Goode, se montrait confiant vis-à-vis de la survie d'Harry. S'il avait survécu au Danse-Organe en premier lieu, sa force magique était évidemment suffisante pour supporter le choc de la guérison.

Draco reposa le rapport et se pencha pour avoir un aperçu flou du visage d'Harry. Sa peau était pâle, ses yeux si fermement fermés qu'il semblait qu'ils ne pourraient plus s'ouvrir, et ses cheveux étaient placés de telle façon que la cicatrice en forme d'éclair se distinguait parfaitement. Draco se demanda vaguement s'ils s'étaient disposés naturellement ou si l'un des guérisseurs avait jugé prudent de rappeler aux gens qui s'occupaient de lui qui il était.

De telles pensées insignifiantes ne distrayaient pas Draco de sa contemplation principale : Harry avait presque donné sa vie pour sauver Draco et, le plus important à ses yeux, Narcissa. Il pouvait sans doute soutenir que Draco n'avait pas de dette de vie envers lui, parce que Draco lui avait jeté le sort de stabilisation qui lui avait sauvé la vie par la suite, mais il y avait toujours celle qu'il avait envers Harry parce qu'il l'avait poussé au sol pour éviter le sortilège de Mort de Lucius.

Et Draco n'avait pas besoin d'une dette pour lui faire sentir que la présence d'Harry dans sa vie était importante.

« Il a mis sa vie en jeu. Pour moi. Qu'il n'a soi-disant aucune raison d'aimer, pour qui son attirance est censée être infime et stupide. »

Draco sourit légèrement. Si Harry avait été réveillé, il aurait probablement eu la peur de sa vie avec ce sourire.

« Ce n'est pas seulement de l'attirance physique. Ce n'est pas seulement les dettes. Je veux qu'il reste. Et je ferai en sorte qu'il comprenne cela quand il se réveillera… ce grand balourd de héros imbécile. »

À suivre…