Bonjour tout le monde ! Bienvenue chez Maika en ce vendredi matin ! J'espère que vous avez passé une bonne semaine et que vous passerez quelques instants en la compagnie de ma chère sorcière.

Elle vous attend ! Bonne lecture !


-Allez ! Dépêche-toi ! Sinon on va être en retard ! Trépigna Maika.

-Mais y'a pas le feu !

La sorcière sautait presque sur place. Le shaman soupira de lassitude. Par les dieux des montagnes, ce qu'elle pouvait être fatigante. Le duo était rentré de Minas Tirith quand la plus jeune avait appris la survie des forces alliés. La sorcière n'avait pas particulièrement envie que Guilhem rencontre Eomer, du moins dans un premier temps.

Quelques jours auparavant, un messager était arrivé en Isengard, annonçant le couronnement prochain du roi Aragorn, descendant d'Isildur. Et la jeune fille y était attendue, avec quelques invités si elle le voulait. Elle avait opté pour deux Dunlendings et, bien entendu, Lilith.

-Tu devrais aller un peu plus vite fils. Sans quoi, je craindrais que notre sorcière ne vienne te chercher par la peau du cou !

Guilhem bougonna un moment. La demoiselle était insupportable quand elle s'y mettait, mais quand son père se joignait à l'équation, la vie dans la forteresse devenait invivable. Cela avait commencé à leur retour de la cité blanche, quand il avait tutoyé Maika devant les autres Dunlendings. Cela avait jasé et, depuis, chacun y allait de son petit commentaire. À commencer par Ulric et ses blagues relativement douteuses, et Oswald qui ricanait dès que les deux jeunes gens étaient ensembles. Même si Ade ne disait rien, elle n'en pensait pas moins, et Wulf n'arrêtait pas de sourire.

-Qu'est-ce qu'ils ont tous ? Avait un jour demandé l'apprenti à Maika.

-Comment veux-tu que je le sache ? C'est toi qui les connais depuis que tu es en couche-culotte !

Le garçon avait rougi quand elle avait dit cela. Ce n'était pas faux, mais ce n'était pas une raison pour l'annoncer ainsi.

-C'est parce que vous vous tutoyez ! Ils sont persuadés que vous formez un couple, plus ou moins officiel, leur avoua Lilith.

La démoniste n'avait pas dit que de nouveaux paris circulaient sur leur compte. Hors de question qu'elle dise qu'elle-même avait parié quelques gemmes, retrouvées dans le trésor de Saroumane, sur la date de leur mise en couple. Elle avait parié sur le premier mai, les autres un peu plus tard.

-Allez ! Pressa un peu plus Maika.

-Oui oui, j'arrive !

Guilhem finit de descendre les marches d'Orthanc. Il hissa Shérazade sur sa monture et se jucha sur la selle. Cela avait fait rire Lilith et Wulf quand ils les avaient vus revenir ainsi. Mais le familier n'aurait jamais tenu le choc en courant tout le long du chemin.

Et enfin, au grand plaisir de Maika, la petite troupe se mit en route. Ils traversèrent l'Isengard jusqu'à la porte Sud. Des petites bâtisses commençaient à fleurir ça et là. Ulric prévoyait déjà de faire une salle commune, une école également pour les futures sorcières et quelques magiciens, … Maika avait dû mettre le holà sans quoi elle aurait eu une ville fantôme au sein de la forteresse. Oswald avait ricané à ce moment.

Le Dunlending préparait un petit jardin au centre de ce qui aurait dû devenir un jardin dans les projets de son comparse. Il avait pris les quelques graines que la sorcière avait récupéré depuis Imladris et les avait plantées. La jeune fille avait hâte de voir ce que ça donnerait.

Il fallait pas moins de cinq jours pour aller jusqu'à la cité blanche. Même en partant maintenant, ils arriveraient bien en avance, mais cela n'était pas une raison. La sorcière était pressée de revoir ses amis de la Communauté qu'elle n'avait pas pu voir pendant leur premier passage à Minas Tirith, trop pressée de repartir pour éviter les ennuis à son compagnon.


-Maika, dites-moi ...

La sorcière leva les yeux vers Wulf. Ce soir-là était le quatrième depuis qu'ils avaient quitté l'Isengard. Jusqu'à présent, le trajet s'était fait dans une humeur bon enfant, rythmé par les plaisanteries du Dunlending envers son fils. C'était un peu comme si toutes les tensions dues à la guerre de l'Anneau s'étaient évaporées en quelques jours.

-Oui ?

-Combien de magies connaissez-vous ?

-De magies ?

-Oui. De ce que je constate, la magie des sorcières n'est pas la seule. La preuve en est qu'il existe des shamans chez nous et votre sœur ne semble pas partager votre magie.

Lilith et Maika échangèrent un regard. Le chef des Dunlendings était quelqu'un de perspicace. La sorcière laissa sa main droite se perdre dans le pelage de son familier avant d'entamer ce qui pouvait être assimilé à un cours.

-Autrefois, mon père m'a appris qu'il existait de la magie en toute chose. Pendant longtemps, jusqu'à mes dix ans, j'ai cru que cela expliquait seulement l'existence du petit peuple. Mais ce n'est pas tout à fait exact. Finalement, la magie des sorcières est assimilable aux éléments et à rien de plus. Mais il existe de nombreuses autres magies.

»Celle des shamans est un dérivé de celle des sorcières. De ce que j'en connais, ils sont élus par les esprits de la nature, en d'autres mots par les Invisibles, le petit peuple. Ce qui explique pourquoi Guilhem parvint à voir Diling sans aucun souci.

»La magie de Lilith en est une qui diffère grandement de celle des sorcières. Sa magie est un peu particulière. Sa magie ne vient pas d'elle mais plutôt d'une entité autre.

Lilith stoppa Maika qui commençait à s'emmêler les pinceaux. Il n'y avait rien de mieux qu'une démoniste pour expliquer ses pouvoirs.

-Je suis ce qu'on appelle une démoniste, commença la sœur de la sorcière. Pour faire simple, je n'aurais pas dû exister. À ma naissance, je ne respirais pas. J'étais considérée comme morte.

-Pourtant vous …

-Je suis en vie grâce à des entités très puissantes.

-Des dieux ? Demanda Guilhem.

-Non, mais le nom qu'on leur donne veut dire ''puissance divine'' mais qui ont une image relativement négative. Ce sont des démons. La démone qui m'a donné suffisamment d'énergie magique pour me permettre de vivre s'appelle Alrinach. C'était une druidesse. Le second est mon protecteur : Maimon.

-Les pouvoirs de Lilith sont liés à la nuit d'une certaine manière, reprit Maika. Ils sont le côté obscur mais n'ont rien de démoniaque pour autant. Chacun des démons avec lesquels elle s'est liée par un pacte respecte scrupuleusement ses souhaits et ses ordres.

Les deux Dunlendings hochèrent la tête. Ils avaient eu l'occasion de croiser le démon Elfe à de nombreuses reprises, il aidait souvent pour les lourds travaux. Alrinach était plus discrète, plus effacée.

-Et les druides ? Demanda le shaman.

-Un autre nom des shamans, tout simplement. Après, il existe bien des pouvoirs. Certaines personnes, hommes ou femmes, peuvent influer sur l'esprit des gens, se transformer en quelconque animal ou encore voir l'avenir. Ce sont des mages. Les femmes sont souvent caractérisées comme des sorcières, mais nous n'avons aucun lien. Les magiciens n'ont pas non plus de liens avec nous. Ce sont des Hommes qui ont réveillé leur potentiel magique.

-Avez-vous rencontré ces autres formes de magie ? Lança alors Wulf.

-Non. Mon père était un magicien, avec Gandalf et Saroumane, ce sont les seuls que je connaisse. Et je n'ai rencontré la magie de Lilith qu'une seule fois, quand j'ai eu dix ans. Le choc a été assez brutal.

-Comment ça ?

Lilith regarda Maika d'un air gêné. Cette dernière se tourna vers le jeune homme et lui répondit :

-Ma magie n'a pas toléré la proximité prolongée à celle de Lilith. Je suis tombée malade, pendant quelques jours. C'était une horreur. C'est Alrinach qui m'a purifiée avec ses rituels.

De toute sa vie, la sorcière n'avait pas rencontré d'autres communautés qui possédaient des pouvoirs, hormis le petit peuple et les Elfes. Elle était curieuse de rencontrer en Terre du Milieu des pouvoirs qu'elle ne connaissait que de nom, s'ils venaient à elle.


Il leur fallut encore un jour et demi de voyage avant d'arriver en vue de la cité blanche. Bien qu'elle l'ait déjà vue une fois, la sorcière resta émerveillée devant l'aspect immaculé de la ville. Même si la reconstruction avait à peine commencé, Minas Tirith ne perdait pas de son charme.

De nombreuses tentes étaient érigées à l'entrée de la ville. Beaucoup portaient des pavillons de familles nobles du Gondor. Quelques unes portaient des drapeaux comportant des caractères elfiques : les maisons d'Elrond et de la Dame des Bois d'or certainement.

La petite troupe longea les murs de la cité pour atteindre la porte. Mais ils furent interpellés par des connaissances de la sorcière.

-Maika ? C'est vous ?

La jeune fille tourna la tête vers les tentes. Deux Elfes venaient vers eux. Le premier était l'identique du second. Maika descendit de monture et s'approcha des jumeaux, le sourire aux lèvres.

-Elladan, Elrohir. C'est bon de vous revoir.

-Nous espérions aussi vous revoir. Mithrandir nous a dit que la forteresse de Saroumane était à présent sous votre surveillance, dit Elladan.

-Sous ma surveillance, c'est un bien grand mot. C'est surtout Sylvebarbe qui le surveillait.

-Au passé ? Remarqua Elrohir.

-Oui, il s'est échappé il y a un moment. Son bâton a été brisé par Gandalf. Il ne peut plus user de la magie dont il a abusé. Il n'est plus un danger.

-Espérons-le.

-Ne croyez-vous pas qu'il faudrait d'abord saluer le maître des lieux avant de parler à ses invités ?

La voix légèrement grondante de Gandalf fit se raidir Maika. Elle se retourna et prit un sourire mécanique, comme prise en faute.

-Bonjour Gandalf, dit-elle.

-Bonjour à vous aussi Maika. Venez, Aragorn vous attend !

La sorcière fit un signe de la main aux jumeaux avant que le magicien ne la ramène près des portes de la cité où l'attendaient encore ses compagnons de voyage. Cependant, Gandalf fronça les sourcils en reconnaissant l'un des cavaliers.

-Vous voyagez avec un Homme du pays de Dun ? S'étonna Mithrandir.

-Ne vous mettez pas en colère ! Wulf est un Homme bon, et son peuple également. Ils ont été manipulés par Saroumane. Ils sont même venus nous aider à réhabiliter Isengard !

Le vieil homme hocha la tête à l'entente des arguments de la sorcière. Oui, cela pouvait se tenir. Tout de même méfiant, il les invita à venir plus avant dans la cité.

La troupe gravit de nombreux niveaux, laissant leurs montures dans les étages les plus hauts. Ils ne tardèrent pas à déboucher sur le niveau supérieur, le plus haut de la cité. Cela se résumait à une immense place en fer de lance. Un arbre d'un blanc infini se dressait au milieu, son écorce était noueuse, mais des rameaux de jeunes feuilles s'épanouissaient au bout des branches. Un grand bâtiment portant les bannières du Gondor se dressait dans la partie la plus large de la place.

Le groupe entra dans ce dernier. Ils pénétrèrent directement dans la salle du trône. La pièce était longue, plus encore que celle d'Edoras. Deux séries de colonnes bordaient l'allée centrale qui menait à une volée de marches où se tenait le grand trône du roi, et plus bas celui de l'intendant. Une longue table avait été dressée à droite de l'entrée et bien des personnes y étaient attablées, mais chacune avait un sourire immense.

La sorcière reconnut chacun des visages souriants. Aragorn se tenait en bout de table, un sourire indulgent aux lèvres. À sa droite, dos aux arrivants, se tenait Faramir et son phénix perché sur son épaule. Elle reconnut les boucles foncées de Frodon et celles plus claires de Sam. Eomer se tenait aussi dos à elle.

À la droite du nouveau roi du Gondor, Legolas leva un visage heureux. À côté de lui, Gimli partit dans un grand éclat de rire qui ne semblait avoir aucune origine. Les deux derniers Hobbits se levèrent en les apercevant et s'approchèrent d'eux.

Maika ne résista pas à l'envie de les étreindre. Toute la Communauté était rassemblée. Tous étaient là, à sourire et à rire. La sorcière prit alors conscience que tout venait de finir, les épreuves qu'elle avait traversé depuis son arrivée en Terre du Milieu, son emprisonnement à Fondcombe, le voyage, le Caradhras, la Moria, les Bois d'or et enfin le gouffre de Helm. Tout était fini.

-Vous avez pu venir ! Se réjouit Aragorn en se levant.

-Je n'aurais jamais raté ça, pour rien au monde ! Certifia la demoiselle.

Les autres se levèrent peu à peu pour saluer les nouveaux venus. Cependant, un lourd silence alourdit l'ambiance un peu festive. Eomer, nouveau roi du Rohan, venait de reconnaître l'Homme que son oncle avait laissé partir après la bataille du gouffre de Helm. Ce même Homme que Théoden avait juré de tuer si jamais il foulait à nouveau le sol des rohirrims.

-Attendez ! Intervint la sorcière. Je pense que vous devriez discuter de ce qu'il s'est passé avant de vous sauter à la gorge ! Les traîtrises de Saroumane ont été nombreuses, et vous le savez parfaitement Eomer, tout comme ses sortilèges et ses manipulations. Les Hommes du pays de Dun ne sont pas aussi terribles qu'on a voulu le faire croire ces dernières semaines !

-Laissez Maika. Il est temps pour moi et mon peuple de prendre nos responsabilités.

Wulf se redressa de toute sa taille, imité ensuite par son fils. Ils ne se laisseraient pas faire pour autant. Pourtant, tout signe d'animosité avait disparu des traits du rohirrim. La guerre était à présent terminée, peut-être était-il temps de passer à autre chose. Eomer tendit la main dans un signe de réconciliation. Le geste fit sourire la sorcière et sa sœur, surtout quand Wulf accepta la poignée de mains.


-Maika !

La sorcière se baladait dans la cité blanche, s'émerveillant toujours de la splendeur de la cité. La petite troupe venant de l'Isengard était arrivée depuis déjà trois jours et le couronnement du roi ne serait pas avant encore deux jours, le groupe avait donc le temps de visiter. Wulf et Guilhem restaient souvent dans la salle du trône pour discuter avec Eomer pour s'accorder sur une entente entre les deux royaumes.

Guilhem écoutait plus qu'il n'intervenait en réalité. Même si souvent le shaman faisait office de chef, ce n'était pas le cas chez les Dunlendings. D'ailleurs, le fils aîné de Wulf aurait dû assister à ces négociations, mais n'étant pas en Isengard à ce moment, il ne pouvait pas assister à cette réunion très importante.

-Maika !

L'interpellée se tourna seulement la deuxième fois qu'on l'appela. Elle vit Lilith arriver en courant, Maimon et Alrinach sur les talons. La démoniste avait un regard relativement sombre. Quelque chose semblait l'inquiéter, quelque chose d'important, de très important et qui lui tenait à cœur.

-Qu'est-ce qui se passe ? Demanda Maika quand sa sœur arriva à sa portée.

-Un démoniste.

-Quoi ?

-Il y a un démoniste dans la cité.

-Comment le sais-tu ?

-Je reconnaîtrais l'énergie magique d'Abigor entre mille, révéla Alrinach.

-Lui qui s'était juré de ne se lier à personne …

-Maimon, ce n'est pas le moment ! Rappela Lilith. Allons-y !

Maika hocha la tête et elles partirent en courant vers les niveaux inférieurs. Cela avait commencé par des rumeurs d'un enfant maudit, à l'humeur aussi sombre que la nuit. En ces nouveaux temps de paix, il était encore facile de se méfier des autres. Maintenant que Sauron était tombé, certains cherchaient des bouc-émissaires pouvant accueillir l'âme du Seigneur Noir et cherchaient ensuite à le détruire.

Les deux sœurs arrivèrent bientôt devant une maison à l'aspect délabré, et cela n'était pas forcément dû à la destruction de Minas Tirith par les orques. La petite demeure était en retrait de la route principale, comme si l'on essayait de la cacher.

Un petit garçon jouait sur les marches menant à la porte principale. Ses cheveux étaient aussi noirs que la nuit et ses yeux étaient couleur améthyste, quand il les tourna vers elles.

-Bonjour, dit doucement Lilith en s'approchant de lui.

-Bonjour.

Il avait répondu d'une toute petite voix, comme s'il n'osait pas. Le cœur de Lilith fondit. Cet enfant lui rappelait celle qu'elle avait été au même âge, cinq ans.

-Comment t'appelles-tu petit Homme ? Demanda la démoniste.

Le garçon allait ouvrir la bouche pour répondre quand la porte d'entrée s'ouvrit à la volée. Une femme blonde d'une trentaine d'années sortit de la maison, un balai brandi devant elle. Elle prenait un air menaçant alors qu'elle indiquait à l'enfant de rentrer.

-Qui êtes-vous ? Vous voulez me l'enlever vous aussi ? Comme tous les autres avant vous ? Je ne vous le laisserais pas ! Yué est mon petit garçon, qu'importe ce que l'on dit !

-Nous ne vous voulons aucun mal, ni à vous, ni à ce petit Homme !

-Allez vous-en ! Hurla la femme de manière hystérique.

Ses yeux bleus étaient écarquillés et des larmes menaçaient de tomber.

-Sélène, calme-toi.

L'ordre avait été donné d'un ton calme par une voix grave, celle d'un homme sûr de lui. Ce dernier sortit de la pénombre qui emplissait la petite maison. Ses cheveux de feu avaient été ramenés en arrière, dévoilant un front haut et des yeux vert émeraude dont la pupille était fendue verticalement. Ses bras étaient croisés sur un torse musculeux et il n'était vêtu que d'un pagne.

-Bigor ! S'écria l'enfant en se jetant sur l'Homme qui posa une main sur la tête du plus petit.

-Abigor, salua Alrinach d'une voix parfaitement calme.

-Alrinach, Maimon. Je suis heureux de vous revoir. Votre protégée semble bien se porter.

-Je croyais que tu avais dit que tu ne te lierais pas ! Fit remarquer le démon Elfe.

-Un concours de circonstance.

-Comme pour nous tous, sourit la druidesse.

-Qu'est-ce qui se passe ? S'affola la mère de famille.

L'attention de tous se reporta sur elle. Ce fut Abigor qui reprit la parole, la femme l'écouterait plus que des inconnues.

-Sélène, la jeune femme aux yeux améthystes est la protégée d'Alrinach et de Maimon, deux démons.

-Vous aussi vous n'êtes pas née vivante ?

La question mit Lilith mal à l'aise, mais elle inclina la tête.

-Entrez, je vous en prie, les invita la blonde.


Le premier mai. Cette date était devenue très importante et cela pour deux raisons. La première fut un couronnement qui se passa dans l'après-midi, la seconde pour un événement qui se passa en soirée.

L'après-midi venait juste de débuter quand tous les habitants de Minas Tirith et les invités du roi furent convier à venir sur la place du niveau supérieur. L'endroit fut rapidement bondé. Les invités s'étaient placés par délégation.

Les émissaires du Rohan se trouvaient à droite de l'escalier en descendant du bâtiment. À leur gauche se trouvait la petite troupe de l'Isengard composée de Wulf et Guilhem habillés de leurs plus beaux atours. Pour Lilith et Maika, les servantes avaient dû piocher dans quelques gardes-robes. De ce fait, elles étaient vêtues dans de luxueuses robes. Elles osaient à peine bouger ainsi vêtues, de peur de les abîmer.

Plus loin, la sorcière avait aperçu la délégation elfique en la présence des jumeaux d'Imladris, d'Elrond et elle avait vu également que Legolas s'était joint à eux.

Maika avait également entraperçu les quatre Hobbits installés sur une petite estrade pour voir correctement.

Gandalf était installé en haut des marches. C'est lui qui procéderait au couronnement du roi. C'était un honneur qu'il avait accepté avec un grand plaisir.

Le dernier de la Communauté, Gimli, se tenait au côté du magicien. Il portait un coussin où était délicatement posée la couronne qui viendrait bientôt orner le front du roi.

L'instant fut très solennel. Quelques paroles elfiques furent prononcées, bien qu'elles ne furent pas comprises par tous. Puis, Aragorn entama un chant. Maika ne le comprit pas non plus, mais elle le trouva très beau.

Le nouveau roi se redressa et se tourna avec une lenteur infinie. Les délégations et les habitants de la cité blanche se poussèrent au passage de l'ancien Rôdeur. Quand il passa devant les deux filles, il les salua d'un sourire et d'un hochement de tête, auxquels elles répondirent de leur plus beau sourire. Puis il s'en alla, saluant de la tête plusieurs personnes importantes.

Quand il arriva près de la délégation elfique, il discuta quelque instant avec Elrond avant qu'une bannière change de mains. Bientôt, la Dame de Fondcombe se dévoila. Elle aurait dû partir au-delà de l'océan, elle n'avait jamais pu s'y résoudre. Quand on voyait le bonheur dans les yeux du couple, son départ aurait été bien dommage. Arwen et Aragorn échangèrent un baiser qui fit éclater la foule de joie. Les sœurs applaudirent bruyamment.

Puis le couple royal poursuivit sa route jusqu'à l'estrade des Hobbits. Ces derniers s'inclinèrent mais le Rôdeur leur pria de se relever. C'était grâce à ces semi-Hommes que la Terre du Milieu avait retrouvé une tranquillité longtemps méritée. Ce n'était pas à eux de s'incliner. Le roi courba alors la tête, suivit par l'intégralité des Hommes, Elfes, Nain ou magicien. Tous rendaient hommages au courage des Hobbits.


-Je ne laisserai pas un oreilles-pointues me vaincre !

Maika tira sa sœur dans le coin de la pièce où un terrible duel avait lieu. Un tonneau de bière avait été amené. À une table, apportée à la hâte, deux amis se faisaient face. Le premier était le Nain, dont la phrase énoncée plus tôt avait retenti dans toute la salle du trône, attirant les curieux. Le second était l'Elfe qui affichait un petit air arrogant. Il avait gagné la première fois, pourquoi pas la seconde ?

Les deux membres de la Communauté burent bière après bière, l'un après l'autre. Le Nain roula sous la table après une bonne vingtaine de pintes, et en tenant des propos incohérents sur la non résistance des Elfes à l'alcool. Ce à quoi Legolas répondit qu'il était encore invaincu à ce jour, ce duel n'étant que le second auquel il avait participé. La scène avait fait rire toutes les personnes qui s'étaient rassemblées autour du duo atypique.

Même s'il était tard, la fête battait toujours son plein dans le palais royal et la place juste devant. Un nouveau roi avait été couronné, l'arbre blanc fleurissait à nouveau et la Terre du Milieu avait été libérée de l'emprise du malin. Alors comment pouvait-on s'arrêter de faire la fête dans un jour si important !

Lilith vit sa sœur être tirée à l'extérieur par un Guilhem passablement éméché. Elle les suivit, curieuse. Elle fut rapidement rejointe par Wulf qui s'était libéré de la discussion à sens unique avec un noble du Gondor. Il détestait ces fêtes mondaines, bien que la présence étrange d'un Nain, d'Elfes et de Hobbits la rendaient des plus agréables, les rires et les chansons parcouraient la salle pour le plus grand plaisir du Dunlending. Mais un autre devoir l'attendait ailleurs : au dehors, avec Lilith pour savoir qui enfin gagnerait le pari qui avait commencé en Isengard.

Le grand chef des Hommes du pays de Dun ne tarda pas à ouvrir grand la bouche en exorbitant les yeux, le tout sous les ricanements de Lilith.

-Je crois que j'ai gagné Wulf ! Sourit largement la démoniste. Fermez la bouche, on croirait voir un poisson sorti de l'eau !

L'Homme bougonna. Comment son fils avait pu ainsi le trahir ? Il avait parié pour le dix mai par tous les dieux des montagnes ! Et puis, son fils cadet, Guilhem … il l'avait trahi. Sur un coup de tête, l'apprenti-shaman avait embrassé la sorcière et celle-ci, même si elle avait armé sa main pour le gifler, s'était laissée faire. Comment avait-elle pu le trahir ? Elle … celle qui l'avait aidé, celle à qui il avait apporté de l'aide pour reconstruire l'Isengard … elle l'avait trahi.

Même si la trahison, et la perte d'un paquet d'argent, lui avait été douloureuse, il n'en était pas moins heureux que Guilhem et Maika trouvent le bonheur auquel ils aspiraient.

''Il existe plusieurs types de magie. Mais elles ne le sont pas toutes ! Certaines sont des magies naturelles, qui viennent de n'importe quel être vivant. Mais chacune n'aspire qu'à une chose : apporter le bonheur à son utilisateur.''

Lilith hocha la tête. Aleth avait eu totalement raison quand elle avait conclu la leçon sur les magies à la jeune démoniste alors âgée de treize ans. Oui, Aleth avait totalement raison.


Et voilà, c'est fini pour cette semaine ! Peut-être le présentez-vous depuis déjà un moment mais ... nous atteignons l'épilogue !

Mais l'heure n'est pas à la tristesse ! Comme ce chapitre : il est à la fête !

Alors j'espère de tout coeur vous revoir la semaine prochaine pour revoir ma petite Maika !

Je vous souhaite un bon week-end et une excellente semaine ! A vendredi prochain.

Sur ce ...

Angel.